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Full text of "Catalogue des sculptures grecques, romaines et byzantines /"

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SCULPTURES 

GRECQUES, R0MA1XES ET BYZANTINES 




Ml’SfiES IMPERIALLY OTTOMANS 


CATALOGUE 

DES 

SCULPTURES 

GREGQUES, ROMAINES ET BYZANTINES 

PAR 

GUSTAA’E MENDEL 

CONSERVATEUn DES MUSEES IMPEBIAUX 

TOME SECOND 

arec -'<93 figures dans le texte 


CONSTANTINOPLE 

KN VENTE AU MUSfiE IMPERIAL 


1914 




AVERTISSEMENT 


En presentant le tome premier <le ce Catalogue , j'annonyais que le 
tome second et dernier ne tarderait pas a paraitre. Ii parait aujourd’hui, 
mais sera suivi d’un troisieme. II nous a semble qu'il y aurait avan- 
tage i ne pas mettre entre les mains du lecteur un livre trop pesant et k 
en repartir la matikre en deux volumes. 

Nous avons done reserve pour le tome III — qui est sous presse et 
paraitra dans quelques mois — les sculptures placees actuellement dans 
notre salle xxiv, la riche collection de nos reliefs votifs et funeraires, 
les antiques exposes dans le jardin, l’important appendice ou seront 
ddcrits les marbres entres au musee au cours de l impression du 
Catalogue , les index et les tables. 


HALIL EDHEM. 




SALLE VII 


MONUMENTS D'ASSOS 


L1C TEMPLE 


Les ruines d'Assos sont situees sur un pic volcanique de 23i metres de haut, 
sur la cote nord da golfe d’ftdrSmit, en face de l’ile de Motelin ; le temple se 
trouve au sommet de l’acropole, dans sa partie sud; la pente nord est occupee 
par le petit village lure de Behram (Report I 1 2 , pi. 1, p. 1 ; 4', p. 48 ; 5 et 6, 
p. 52; Investigations, pi. p. 13). 


Choiseul-Gouffier, Voyage pittoresque de la Grice, II, Paris, 1809, p. 86-88 ; pi. IX 
(plan leve par Raccord) ; pi. X (vue restaur^e par Meunier' ; — D r Hunt [et prof. 
Carlyle], dans Memoirs relating to ruropean and asiatic Turkey and other countries 
of the east, edited from manuscript journals, by Robert NValpole, 2' ed., t. I, Lon¬ 
don, 1818, p. 126-131 -; — O. F. von Richter, Wallfahrten im Morgenlande, aus 


1. Dans tout ce qui suit, nous designons sous la forme abregee Report I, Report II, et 
Investigations, les deux mimoires de Clarke et la grande publication de MM. Clarke, 
Racon et Ivoldcvey (dont nous nc connaissons, au moment oil nous ecrivons, que le pre¬ 
mier fascicule, paru en 1902); les litres complete sont indiques ci-dessous, p. 3. 

2. Reliefs signalds par Hunt, p. 127 : « three naked figures, with their arms extended, 
marching in the same direction ; and another loocking back to them... Si. R[einach], 
Repertoire de reliefs, I, Assos, n° 11, partie gauche ; two bulls lighting ; their horns are 
locked together [It., n° 6]; on another were three horses running [R., n° 7]; on another 
two winged sphinxes, resting each of them a foot on a kind of candelabrum placed between 
them and loocking towards each other [cf. It., n“‘ 17 et 19 (les deux dessins incomplets); la 
description de Hunt scmble indiquer que le bloc vu par lui n'etait pas encore brise]; a 
symposium or banquet... : a youth is. seen presenting a cup to a bearded man who is 
reclined on a couch; a large vase or amphora is near him [It., n* 12]; and various figures 
are in the back-ground forming altogether the representation of some funeral scene or 
ceremony [R., partie gauche du n” 11, dcjft dccrilc plus haut, ou n" 12-13, ou fragment dis- 
paru'.’] », 


I 



2 


monuments d’assos 


seinen Tagebuechern und Briefen dargestellt von J. Ph. G. Ebers, Berlin, 1822 
[non vidi; cite par Clarke, Report 1, p. 8, et note 1 & eette page] ; — W. M. Leake, 
Journal of a tour in Asia minor, 1824, p. 128 (aussi dans Walpole, l. supra l., t. II, 

1820, p. 253);_C le Ed. Raczynski, Malerisclie Reise in einigen Provinzen des osma- 

nischen Reiches, Breslau, 1825, p. 195-207 ; — Prokesch von Osten, Wiener Jahr- 
huch, 1832, II, Anzeiger, p. 59 ; Denkwuerdigkeiten und Erinnerungen aus dem 
Orient, aus Jul. Schnellers Xachlass herausgegeben von D p Ernst Muench, Stuttgart, 
1837, III, p. 380-402 1 ; cf. Annali dell' institulo, VI, 1834, p. 194; — Michaud et 
Poujoulat, Correspondence d'Orient, III, Paris, 1834, leltre lxix, p. 281-295 2 , 

Ch. Fellows, A journal written during an excursion in Asia minor, 1838, 1839, 
p. 46-56, 316-318; — Philip Barker Webb, Topographie de la Troade, Paris, 1844 
[non vidi; cite par Clarke, Report I, p. 8, et note 2 a cette page]; — Kind, Mitthei- 
lungen aus Justus Perthes' geographischer Anstalt, von D r A. Petermann, 1862, 
p. 233 (d’apres Phrearitis, Nsa IlavSciipa, i cr fevrier 1862); — Abbot, dans Murray s 
Handbook for travellers for Turkey in Asia, 4 e ed., Londres, 1878 (cit6 Report I, 
p. 12, el note 4 a cette page, et Investigations, p. 4-b; ne se retrouve plus dans les 
Editions posterieures ; cf. par exemple, Handbook for travellers in Asia minor, 
Transcaucasia, Persia, etc., par sir Charles Wilson, 1895, p. 64-66) ; — Schliemann, 
Reise inder Troas in Mai 1881, 1881, p. 19-23; —R. C.Jebb, A lour in the Troad, 
Fornightly rewiew, 1883, n° 196; — Buerchucr, dans Pauly-Wissowa, Real-Ency¬ 
clopaedic, II, 2 (1896), s. v° ylssos, col. 1748. 


Huyot avait passe 4 Assos en 1817, y avail fail quelques dessins et c’est lui, 
dit-on, qui attira sur ce point 1’aUenlion de Texier. Celui-ci visila Behram en 


1. Reliefs mcntionnes par Prokesch, p. 400-401 : 1. zwei kaempfende Stiere [R., n” 6]; 2. 
zwei Kentauren im Kampfe [R., n“ 8]; 3. vier Figuren, wovon die erste eine weibliche, 
diese winket, die andern folgen [R., n° 11, partic gauche] ; 4. ein Hirsch den ein Loewe so 
ebcn am Ruecken erfasst und niederreisset [R., n° 1, ou peut-etren’ 2]; 5. zwei gefluegelte 
Sphinxe, sich gegenueber ruhend [R., n 0 ' 15 ou 19; cf. ce qui est dit de cette plaque 4 la 
note prdcddcnte]; 6. eine gefluegelte Sphinx [R., n° 14]; 7. drei Kentauren [R., n° 7] ; 8. ein 
sitzender Amor, der die Hand auf den Bogen stuetzt [7; cf. Report 1, p. 34 ; Report II, 
p. 207-208]; 9. ein Slier, das Haupt zur Erde neigend [R., n" 5] ; 10. ein Mahl;zwei Maen- 
ner sitzen gegen einander, ueber auf Polstern... [R., n° 13] ; 11. abermal ein Mahl : zwei 
Maenner ruhen, die gehenkelten Becher in der Hand... [R., n° 12], 

2 . Poujoulat (p. 288) a donnd des quelques reliefs qu’il a vus une description « lilteraire » 
qui est assez rejouissante: « En parcourant ces precieux debris, j’assistais tour 4 tour 4 des 
danses, 4 des banquets, 4 des sacrifices. Ici des femmes, mollement dtendues sur des lits ou 
des divans, presentent leur coupe a des esclaves qui leur versent 4 boire, tandis que leurs 
longs cheveux, qui sont leur seul vetement, flotlent negligemment sur leurs dpaules [R. 
n" i }4 d autres femmes s avancent en cadence, les unes derriere les autres, en battant 
des mains ou folatrant ensemble sur des tapis ou sur le gazon [R., n' 11, partie gauche] • 
plus loin sont des groupes entoures de coupes et d'urnes [R., n° 13?]. J’ai 'vu deux femmes’ 
placdes en face l’une de l’aulre, dont la partie inferieure se termine en queue de poisson 
comme a femme dont parle Horace [les sphinx !] ; pres de 14, deux bceufs dont les tetes se 
touchent et qu. entrclacent leurs cornes [R„ n« 6], J ai reconnu, au milieu d’un tas dc 
decombres, unc sedne de famille, representant un hydropique, avec une tdte et des flancs 
enormes, ass.s sur un ht eleve; 4 cote du lit est un homme 4 longue barbe, qui offre au 
maladc un breuvage ; une femme, couverte d’un vetement semblable au costume des femmes 
d Orient, est assise en face du lit; derriere ellc se trouvent quatre femmes debout devant 
une grande urne ; une d elles est ddpouillee de ses vetements [R., n» 11, dont la partie 
gauche est dej4 deente autrement plus haut, et sans doute R., n“ 12, fragment de gauche]. 



LES FOL'ILLES 


3 


Juin 1835. Par l’entremise de Raoul-Rochetle (qu’accompagnail l’architecte 
-Morey, prix de Rome), et de l’un de ses anciens eleves, Roche, qui etait a ce 
moment secretaire intime de Rechid pacha, Sultan Mahmoud II donna au roi 
Louis-Philippe les reliefs qui gisaienl sur le sol ; ils furent transports en 
France a bord du brick de guerre la Surprise en septembre 1838. 


Ch.Texier, Description de I'Asie mineure, II, 1849, p. 193-207; pi. CVIII a CXV his ; 
/lsie mineure , dans la collection de L’univers pilloresque, 1862, p. 200-204, pi. 48, 
1'i, 17, 16; (— et R. Popplewell Pullan), L'architecture byzantine, 1864, p. 81; The 
principal ruins of Asia minor, 1865, p. 17-19, 37-39 ; pi. 1-11 ; — Clarac, Musee de 
sculpture, planches, II, 1828-1830, pi. 116 .1 et B ; texle, II, 2, 1841, p. 1149-1166; 
Clarac-Reinach, Repertoire de la statuaire, I, 1897, p. 6-7; — J. de Witte, Annali 
dell' inslitulo, XIII, 1841 [le volume porte sur le titre interieur le millesime 
mdcccxlii], p. 317-319; Monumenti inediti, III, pi. XXXIV; —E. Braun, Bullettino 
dell' instiluto, 1850, p. 71. 


Les fouilles de 1’institut archeologique americain commencerent le 19 avril 
1881 ; elles durerent jusqu’au 6 novembre, reprirent en 1882, du 8 mars au 
26 decembre, et s’acheverent en 1883 (28 janvier-l 01 ' mai). 


Joseph Thacher Clarke, Notes on greek shores, First annual report of the archaeo¬ 
logical institute of America, 1880, p. 145 sq.; Report on the investigations at .Usos, 
1881, Papers of the archaeological institute of America, classical series, I, Boston, 
1882; Report on the investigations at /lssos, 1882, 18S3, ibid., II, .New-York, 1898; 
Doric shaft and base found at /Issos, Baltimore, 1886; cf. Gargara, Lamponia and 
Pionia, towns of Troad, Baltimore, 1888 (ces deux derniers mdmoires aussi dans 
American journal of archaeology, II, 1886, p. 207-285, et IV, 1888, p. 291-319) ; 
[pour les ditferentes mentions dcs fouilles dans les publications de 1’institut ameri¬ 
cain, en particulier dans les Annual reports of the executive committee, cf. Archaeo¬ 
logical institute of America, index to publications 1879-1889, par William Stetson 
Merrill, Cambridge, 1891, s. v° -Issos] ; — les inscriptious sont publiees par 
J. R. S. Stern'll, Archaeological institute of America, Papers of the american school 
of classical studies at Athens, I, 1882-1883 [paru en 1883], p. 1-90 (cf. aussi Report 1, 
p. 133-142). 

Aux Reports de Clarke, qui ne traitent que du temple et ne consacrent que 
quelques pages (Report I, p. 121-131) & l’agora et k ses dependances (stoa, bouleu- 
terion, thermes), au gymnase, aux murs et aux portes, et a la voie des tombeaux, 
s’ajoule une publication nouvelle qui, annoncee des le 30 janvier 1897 American 
journal of archaeology, I, 1897, p. 70-72; ibid., pi. 1V-VIII, quelques vues pholo- 
graphiques et reductions des planches du futur ouvrage), doit comprendre cinq sec¬ 
tions (cf. ibid., V, 1901, p. 18-19) dont la premiere seule a paru sous le titre: Expe¬ 
dition of the archaeological institute of America, Investigations at Assos, drawings 
and photographs of the buildings and objects discovered during the excavations of 
I88I-I8S2-I883 by Joseph T. Clarke, Francis II. Bacon, Robert Koldewev, edited 
with explanatory notes by Francis II. Bacon, part I, 1902. 



MONUMENTS d’asSOS 


Sur les fouilles am6ricaines, cf. aussi: Thomas \Y. Ludlow, Revue archiologique, 
1882, II, p. 352-358 ; 1884, I, p. 53 ; — Robinson, Bulletin de correspondance helli- 
nique, VI, 1882, p. 195-196; — Centralblatt fuer Bauverwaltung, 1882, p. 48; 1883, 
p. 07 ; — R. C. Jebb, Fornightly rewiew, 1883, n° 196; — The nation , New-York, 
30 aout 1883 ; — S. Reinach, Revue arcMologique, 1883, II, p. 261-264 ; 1887, I, 
p. 106; Chroniques d’Orient, I, p. 31-34, 330; p. 57 (= The nation, New-York, 
lOjuillet 1884); Ripublique frangaise, 14 octobre 1886. 


En 1896, au cours d’une visile a Assos, M. Doerpfeld retrouva, gisant sur 
le sol, quelques pieces de Tepistyle qui furent envoyees 4 Constantinople. 
M. R. Norton, American journal of archaeology, 1897, I, p. 507 sq., ne 
mentionne que deux metopes (n os 264, 265); mais il est certain que, a ce 
moment, fut retrouve aussi l’arriere-train du sphinx n° 258, qui appartient au 
groupe de l’architrave est, attribue au musee de Boston apres les fouilles, en 
1883; les diflerentes pieces d’architecture, n os 267-274, furent expedites en 
meme temps au musee imperial par Eyoub Sabri effendi. 


Principals caracleristiques du temple: orientation ouest-est avec deviation 
vers le sud-estde 15° 14' 40" ; stylobate a deux degres reposant presque partout 
directement sur le roc (hauteur maxima des fondations a Tangle nord-ouest, 
l m 15) ; — periptere de 6X13 colonnes sans entasis, a seize cannelures ; — le 
chapiteau porte trois filets au gorgerin ; le profil de Techine est assez ecrase et 
presenle, malgre une methode presque uniforme dans le trace, des variations 
importantes ( Report II, p. 79-82); — Tarchitrave, ornee de reliefs, est limitee 
en bas par une plinthe, en haut par un bandeau, orne, sous les triglyphes, 
de regulae rectangulaires et sans gouttes; — la largeur des triglyphes varie 
de 0 m 48 a 0 m 575; leurs aretes verticales anterieures, en legere saillie sur le 
nu des joints, forment comme une coulisse dans laquelle s’insere la metope ; — 
les metopes ont une plinthe, ravalee a ses extremites pour s’engager dans cette 
coulisse, et un bandeau superieur termine par un petit talon ; elles presentent 
des variations de largeur considerables (de 0 ra 63 a 0 m 905 ; cf. la distance des 
regulae entre elles sur notre n° 257); il est vraisemblable, etant donne le 
petit nombre des metopes retrouvees, que seules celles des fapades etaient 
sculptees. L’entablement interieur est forme de trois assises nues, couronnees 
par un bee de chouette; le revers de Tarchitrave exterieure est evide dans sa 
partie inferieure, celui des blocs de la frise dans sa partie superieure ; des 
trois assises de Tentablement interieur, celle du bas et celle du haut etaient 
constituees par une pierre posee a plat, celle du milieu par une pierre posee de 
champ, s’appuyant contre le bossage que forme, sur son revers, Tentablement 



I.E TEMPI.E 


extdrieur et de la merae hauteur que ce bossage ( Report II, p. 87-92 ; fig. 12, 
p. 88 ; cette disposition est bien visible sur les blocs d’architrave n os 2.77, 
259, 260, 261, sur le triglyphe n° 267, mais ne se retrouve pas au revers des 
metopes). — La corniche repose directement sur la frise : c’est un larmier ter¬ 
ming par un bee de chouette ; les mutules, sans gouttes, sont disposees d’une 
maniere tres irreguliere; — au dessus du larmier, court un bandeau de terre 
cuite decore d'une grecque [Report II, p. 129, fig. 26;, sur lequel repose le 
dernier rang de luiles ; celles-ci sont en terre cuite, peinte en noir lustre, par- 
fois avec une teinte pourpre, et du type ordinaire : tuiles plates et tuiles de 
recouvrement ; les antefixes ont la forme de palmettes [ibid., fig. 27, p. 130; 
la toiture a ele restauree au iv e siecle, ibid ., p. 73;. — Le fronton est nu, peut- 
elreavec des ornements de bronze ; il avail un cheneau droit en terre cuite tres 
dure, orne de perles a sa base et de palmettes sur sa face verticale (Report II, 
p. 135, fig. 31); ce cheneau a, sur les longs cotes, un bref retour en tuf vol- 
canique orne d’une tete de lion [Report /, p. 94, pi. 12; cf. pi. 13, p. 9.Y. — De 
l’aerolere central, il ne reste qu’un fragment de volute dont le tracd rappelle 
le chapiteau proto-ionique de Neandria (n° 275; cf. Report II, fig. 33, p. 136; 
restauration, p. 270-271, note 1, fig. 63); les acroteres laleraux devaient 
etre des sphinx ou des griffons (on a retrouve une griffe de lion, ibid., fig. 34, 
p. 137 ; restauration, lig. 61-62, p. 268-269). — La cella, sans opisthodome, 
est precedee d’un pronaos motive par deux colonnes a dix-huit cannelures, 
entre deux antes couronnees par un chapiteau qui a le profil d’une cymaise 
ionique [ibid., p. 84-85 ; fig. 10 A, p. 81); 1’interieur de la cella a garde les 
traces d’une mosaique de marbre blanc et noir qui parait dater du iv‘‘ si&cle 
[ibid., p. 69-73; fig. 9, p. 70). 

On u’a relev6 d’autres traces de peintures que quelques restes de vermilion 
fonce sur les filets du gorgerin de trois ehapiteaux [ibid., p. 83); d’autre part, 
on voit, sur les volutes de la colonnette placee entre les sphinx de 1’ouest 
(n° 239), des traits incises qui etaient sans doute destines a guider le peintre 
[ibid., p. 173). Il ne parait done pas douteux que le temple elait revetu de la 
polyehromie ordinaire ; la pierre, soigneusement travaillee, avail un aspect tres 
different de celui qu’elle a pris depuis sous les actions atmospheriques, et la 
couleur y etait pos£e directement, sans couche de slue intermediate. 

Clarke a suppose que le temple etait dedie a Athena, patronne d’Assos qui 
figure sur la plupart de ses monnaies, t^v r.xzo iov ayvY,v -apSevov, 
comme elle est appelee dans la formule du serment a l’empereur Caligula, 
retrouve dans les fouilles americaines (Joubin, Bronzes et bijoux, n° 421, 
p. 58 ; Report I, p. 134). Bien qu’il soit toujours hasardeux de faire etat de la 
decoration d’un temple pour determiner la divinite a qui il est consacre, la 
place qu’occupe Heracles dans oelle du temple d’Assos rappelle d’une maniere 
si directe celle que le heros — d'ailleurs si frequemment associe a Athena par 



6 


MONUMENTS b’aSSOS 


les peintres de la figure noire — prend dans les temples arclia'iques dc l’acro- 
pole d’Athenes, qu’on est fort tente d’y trouver la confirmation d’une hypo- 
these vraisemblable en elle-meme. 

La presence d’un temple dorique en Asie mineure est un fait remarquable et 
sans analogue a l’epoque archaique. On doit peut-etre ici rappeler l’influenee 
qu’Athenes exer?a en Rolie depuis la fin du vii c siecle et la premiere prise de 
Sigeion par l’olympionique Phrynon; sa politique y devient plus active encore 
sous Pisistrate qui reprit Sigeion et favorisa les etablissements de Miltiade I 
dans la Chersonese; c’est a Sigeion qu’Hippias, expulse d’Athenes, se retira 
en 510 (cf. Busolt, Griechische Geschichle, 2° ed., II, p. 249, 374, 397). Cette 
explication n’est qu’une conjecture, mais elle rendrait compte a la fois de 
l’ordre adopte par 1’architecte, de la place importante que le sculpteur a donnee 
dans ses reliefs au cycle d’Heracles, et aussi du caractere hybride qui est celui 
de l’oeuvre consideree dans son ensemble. 

Dans ce temple dorique, le chapiteau d’ante a la courbe d’une cymaise 
ionique ; le motif place entre les sphinx affrontes des facades (n os 258 et 259) 
est une colonnette ionique; enfin et surtout, l’architrave est decorde de reliefs. 
On a voulu retrouver dans ces reliefs une imitation des constructions en bois 


recouvertes de plaques de bronze travaillees au repousse ; rien cependant n’y 
revele d’une maniere precise l’influence de la technique du metal; les caracleres 
du relief, en particular 1’ « execution plate et monotone », s’expliquent par 
la nature de l’andesite, et Ton peut se demander si beaucoup d’archeologues 
n’ont pas ete victimes d’une illusion inconsciente, produite par la couleur et 
l’aspect actuel de cette pierre, oubliant qu’autrefois elle etait peinte et ne res- 
semblait guere a ce que nous en voyons aujourd’hui. Les reliefs places sur 
l’architrave dorique d’Assos ne nous paraissent qu’une manifestation du gout 
ionien pour la decoration sculptee, comparable aux reliefs du cheneau d’fiphese 
(Hogarth, Excavations at Ephesus , p. 300 sq.) et d autres cymaises loniennes 
(cf. t. I, p. 67-68). 


Toute la decoration sculptee porte en eflet un caractere ionien tres accuse : 
le combat du lion et du sanglier (n° 260), du lion et du cerf (n° 261) sont 
parmi les motifs les plus frequents sur les vases ioniens et les sarcophages de 
Clazomenes ; il est inutile de multiplier les exemples ; rappelons seulement 
qu’Europe sur le taureau (n° 285) se retrouve sur les hydries de Caer6 [Bul¬ 
letin de correspondence hellenique, XVI, 1892, p. 254, n° s 5 et 6), et rappro- 
chons des taureaux affrontes d’Assos (S. Reinach, Repertoire de reliefs I 
p. 4, 6) ceux d’un cralere rhodien du musee de Constantinople (inventaire 
des vases, n° 2894) ; le groupe d’Heracles et de l’SXioc yspcov (S. Reinach, 
l. L, p. 5, 11) remonte probablement a une vieille oeuvre ionienne (Furlwaen- 
gler, dans Roscher, l. infra l., s. v° Herakles, col. 2192-2193), et probable¬ 
ment aussi 1 episode des centaures (n° 257), qu’on trouve en abrege sur la 



LE TEMPLE 


7 


cdlfebre plaque de bronze d’Olympie. D’autre part, ces combats d'animaux, les 
sphinx, le type mfime de Triton, la frequence des figures afTrontees temoigneut 
d’une influence orienlale qui n'a guere pu se faire sentir a Assos que par l’in- 
term^diaire de l’lonie (cf. pour la ceramique « eolienne », Boehlau, Aus ioni- 
schen und italischen Nekropolen, p. 86 sq.). De meme la diversity des sujets, 
le melange d’animaux decoratifs et de figures humaines est un caractere de la 
ceramique ionienne (Poltier, Cat. des vases antiques, p. 511). Toutefois, par 
ailleurs, se revele une certaine independence a l’egard de cette influence : il 
est curieux de voir ici, a cote d’^pisodes mythologiques, eomme Heracles et 
les centaures, une scene de banquet (S. Reinach, l. L, p. 5, 12-13) qui parait 
emprunl6e 4 la vie rdelle, et comme les deux memes sujets se retrouvent sur 
les fragments de frises en terre cuite decouverts a Larisa d’Eolie par 
MM. Boehlau et Kjellberg (encore inedits ; cf. Jahrhuch des archaeologischen 
Institute, W 1,1906, archaeologischer Anzeiger, col. 265), on est fort tente de 
voir dans ce detail un trait particulier d’ « 4olisme ». De toutes manieres, la 
nudite de presque toutes les figures de l’architrave est un faitdigne de remarque 
et dvidemment contraire au godt ionien. 

L’exdcution est en gendral molle et denude d’accent (cf. la pdnetrante cri¬ 
tique qu’en fait M. Lechat, Sculpture attique, p. 141-143), bien que, parmi 
les figures d’animaux, se renconlrent quelques morceaux estimables, traites 
avec la simplification que commande la matiere employee, mais non pas ddnues 
d’une certaine beauld de lignes et de vigueur decorative (cf. les sphinx, 
n 08 258 et 259, le sanglier, n" 260, l'arriere-lrain du lion, n° 261). Ici encore se 
manifeslent plusieurs tendances : a cote des personnages du banquet et du 
groupe Ileracles-Triton, courts, trapus, et tout 4 fait conformes au canon sud- 
ionien, apparaissent les coureurs svelles de la metope n° 264, et les centaures 
dont les corps chevalins sont d’une extreme gracilile. On notera a ce propos que 
les terres cuiles de la fabrique d’Assos sont toutes de proportions assez elan- 
cees et presentent une « redaction » tres personnelle et fort seduisante du type 
ionien (cf. Cat. des figurines grecques de terre cuite du musee imperial otto¬ 
man, p. 161 sq.). 

La composition est inorganique ; si la face est, avec ses deux episodes de la 
legende d’Heracles separes par le groupe central des sphinx, presente un cer¬ 
tain equilibre, plus satisfaisant du reste pour les yeux que pour l’esprit, par- 
tout ailleurs, nous n’entrevoyons plus qu’une suite de motifs sans rapports 
logiques entre eux ; chaque bloc parait avoir ete sculpte comme un ensemble 
isole ; certains d’entre eux portent meme sur leur bord vertical un listel saillant 
qui les s^pare du suivant ; si cet artifice peut s’expliquer encore 4 droite de 
noire n° 257, que rien ne rattache au groupe suivant des sphinx, comment le 
justifier 4 droite de la plaque de Boston )S. Reinach, l. L, p. 6, 16) qui pre¬ 
cede innncdiatement notre n° 257 et repr£sente le meme sujet? Sur une plaque 



8 


monuments d’assos 


du Louvre [ihicl., p. 4, 1), a cfite d’un groupe d’animaux lultant, on voit un 
lion immobile qui semble la simple copie d’un lion funeraire (cf. le lion de 
Perachora, Revue archeologique, 1897, I, pi. IV). 

L’ceuvre est certainement de plusieurs mains : cela resulte des observa¬ 
tions memes que nous avons presentees plus haut, et plus nettement encore 
d’un certain nombre de faits materiels : type double des centaures, qui ont 
sur la plaque de Boston (S. Reinach, l. L, p. 6, 16) des jambes anterieures 
humaines, et, sur notre n° 257, quatre jambes de cheval; differences de travail 
eritre les sphinx de Test (n° 258) et ceux de l’ouest (n° 259), entre le lion de 
la plaque n° 260 et celui du n° 261 ; variete des methodes employees dans le 
levage des materiaux (cf. Report II, p. 100-101). D’une facon generate, le tra¬ 
vail des metopes parait plus fruste que celui de l’architrave. Partout l’isoce- 
phalie est rigoureuse. 

On sait le role que 1’fiolie a joue dans l’histoire de la civilisation grecque, 
du vm c au vi e siecle (cf. Th. Reinach, Pour mienx connaitre Sappho, Comples 
rendus de I'Academie des inscriptions, 1911, p. 727); il semble qu’on puisse 
retrouver dans son art quelques unes de ces qualites de sensibilite el de viva- 
cite qui en ont fait la terre d’election du lyrisme et de la poesie personnelle: 
le temple d’Assos, avec ses elements si meles, eomme les chapiteaux « eoliens » 
de Neandria, de Lesbos, de Larisa (n os 275 sq.), temoigne d'un esprit singu- 
lierement eveille et curieux de formes nouvelles. II parait malheureusement 
avoir manque a ces artistes la logique et la ponderation necessaires a la crea¬ 
tion de formes classiques : il n’y eut pas, a proprement parler, d’ordre eolien, 
et il ne parait pas justifie de parler d’une ecole eolienne de sculpture. 

Clarke abaissait la date du temple jusqu’a la periode qui suit la bataille de 
Mycale (479 av. J.-C.); si retardataire que puisse etre le « provincialisme » 
d’Assos, cette date n’est pas admissible et, de fait, elle a ete unanimement 
rejetee. Nous croyons cependant que c’esl exagerer l’archaisme de ces sculp¬ 
tures que de les attribuer a la fin du vn e ou aux debuts du vi e siecle, comme 
1’ont fait MM. Perrot et Lechat. Brunn les pla^ait avant la 64 e olympiade ; 
Overbeck pensait qu’elles ne devaient pas etre plus anciennesque la 60 e ; cette 
derniere date coincide avec celle qu’a adoptee M. Collignon (540 av. J.-C.) et 
nous parait la plus vraisemblable. 


La pierre employee est l’andesite (Report II, p. 50), variete du trachyte, 
tres dure, granuleuse, poreuse, d’un ton gris noir leinte de rouge, melee de 
nombreux petits cristaux porphyriques, d’un blanc opaque et vitreux, « one 
of the most intractable materials ever chosen for architectural purposes » 
(ibid., p. 53 ; cf. American journal of archaeology, II, 1886, p. 270). 



I.E TEMPLE 


9 


Sur les sculptures d’Assos in generc, cf. : II. Brunn, Annali Jell’ insliluto, XXXII, 
I860, p. 482 ; Athenische Millheilungen, VIII, 1883, p. 93-94 (= Kleine Schriften, I, 
1898, p. 231 ; II, 1903, p. 243 ; cf. Ill, 1906, p. 237 ; —L. Stephani, Comple rendu de 
la commission impiriale archiologique pour fanner 186 7, 1868, p. 21 ; — C. 1-riede- 
riclis, a p. C. Schnaase, Geschichte der bildenden Kuenste, 2" ed. x 1866-1 n 7'.» , II, 
p. 126 ; — P. P. Krell, Geschichle des dorischen Styls, 1870, p. 21 ; — Fr. Reber, 
Kunstgeschichte des Alterthums, 1871, p. 213 ; — Fr. Lenormant, Revue arcMolo- 
gigue, 1874, II, p. 3 ; — Saglio, dans Saglio-Pottier, Diclionnaire des antiquiUs, I, 1 
(1877), s. v° barba, p. 667, note 4 ; — G. Semper, Der Slil, 2 ,: ed., I, 1878, p. 403- 
406 ; fig. p. 406 ; — A. S, Murray, A history of greek sculpture, 1880, p. 128-129 ; 
fig. 26, p. 128;— Sidney Colvin, Journal of Hellenic studies, I, 1880, p. 120; — 
V. Duruv, Ilistoiredes romains, nouvelle edition, III, 1881, p.602, fig. ; — E. Peter¬ 
sen, Annali dell' instiluto, LIV, 1882, p. 73-89 passim ; — Lucy M. Mitchell. .1 his¬ 
tory of ancient sculpture, 1883, p. 182-184 ; fig. 83, p. 183; cf. p. 212, 411, 636; — 
C. Fricderichs-P. Wolters, Gipsabguesse antiker Bildwerke, 1883, n 05 8-12, p. 3-8 ; 

— A. Raumeislcr, Dcnkmaeler des klassischen Altertums, I, 1885, p. 324, fig. 
338-339, p. 326-327 ;— K. Purgold, ’E?r);j.cj41:; aoyatoXoyixr[, III, 18x5, col. 243- 
240 ; — F. Studniczka, Athenische Millheilungen, XI, 1886, p. 66-67, et note 1, p. 67 ; 
p. 73 ; — A. F’urlwaongler, dans Roscher, Ausfuehrliches Lexicon der griechischen 
und roemischen Mylhologie, I, 2 (1886-1890), s. v“ Ilerakles, col. 2140, 1. 41 sq. ; 
2193, 1. 5 et 68; — F. Koepp, Jahrbuch des archaeologischen Institute, II, 1X87, 
p. 124; — P. Paris, La sculpture antique [1888J, p. 149-130; fig. 07, p. 149 ; — 
A. Brueckner, Athenische Mittheilungen, XV, 1890, p. 93, 98, 102;— B. Sauer, dans 
Rosclier,/. supra /., II, 1 (1890-1897), s. v° Kenlauren, col. 1048 icf. ibid., col. 1088); 

— M. Collignon, Hisloire de la sculpture grecque, I, 1892, p. 1X2-184; fig. S3, p. 183, 
et 86, p. 185 ; — J. Durm, Die Daukunst der Griechen, 2" ed., 1X02, p. 201-202; 
p. 109 ; fig. 83, p. 110, et passim (cf. l’index, s. v°.lssos) ; — Malmberg, Die Meto- 
pen der allgriechisclien Tempel, Dorpat, 1802 (en russe ; cf. Berliner philologische 
Wochenschrifl ,1893, col.781 sq.,820sq.; American journal of archaeology , IX, 1X04, 
p. 89); — F’.B. Tarbellet \V. X. Bates, American journal of archaeology, VIII, 1893, 
p, 20-21, n° 5 ; — M. Mayer, Jahrbuch des archaeologischen Instiluls, VII, 1892, 
p, 79, note 18; —J. Overbeck, Geschichte der griechischen Plaslik, 4 e ed., I, 1X03. 
p. 108-110; fig. 11, p. 109 ; — Th. Homolle, Bulletin de correspondancc helUnique, 
XX, 1896, p. 673-674; — Brunn-Bruckmann, Denkmaeler griechischer und roemischer 
Bkulptur, pi. 411-412 ; — Ad. Michaelis, fuehrer durch das archaeologische Museum 
der Kaiser Wilhelms-Universitaet, Strasbourg, 2'' ed., 1X97, n 05 123-132, p. 16 ; Kin 
Jahrhunderl kunslarchaeologischer Enldeckungen, 2' ed., 1008, p.89, 109, 171, 196; 

— G. Perrot, llistoire de fart, VII, 1898, p, 335-336, 420, note 1, 468, 560, 572,593 ; 
pi. XV, p. 389; XXXIV, p.473; XXXV, p. 477;XLVIII, 4, p. 533 ; XLIX, 5, p. 561 ; 
L, 7, p. 565; ibid., VIII, 1903, p. 236-208 ; fig. 101, p. 230 ; 102, 103, p. 261 ; 104, 
p. 202 ; 105, p. 263 ; 106, p. 264 ; 107, p. 203 ; 108, p. 267 ; Melanges Ilenri Weil, 
1898, p. 368-309 ; — A. Choisy, Hisloire de farchitecture [1899), I, p. 319-320; — 
K. Potlier, Catalogue des vases antiques de tcrrecuite, II, 1899, p. 510, 518 ; Le pro- 
blMne de fart dorien, 1908, p. 40, et fig. 17, p. 39; — F. Winter, Kunstgeschichte in 
Bildcrn, I, Das Alterlum, 1900, pi. XII, 2 ; — F. Durrbach, dans Saglio-Potlier, 
Diclionnaire des antiquitfs, III, 1 (1890 , s. v° Hercules, p. 90, fig. 3700; 95, fig. 
3766;— II. Lechat, Le temple grec, 1902, p. 08-70; fig. 8, p. 69 ; .lu musie de 
I'aeropole d'Athines, 1903, p. 51-52, 72, 73 ; La sculpture altique avant Phidias, 
1904, p. 31, note 1; 33, note 1 ; 43-46 ; 141-143 et note 1, p. 141 ; 144, 147, 149, note 



10 


MONUMENTS D’ASSOS 


2; Collection de inoulages pour Vhistoire de I'.irt antique, catalogue, 1011, n os 33- 
47, p. 10-11 ; — \Y. Klein, Gescliichle der griechischen Kunst, I, 1904, p. 181 ; — 
R. Bormann et J. Neuwirth, Geschichle der Baukunst, 1, 1904, p. 132, fig. 106 ; — 
\Y. J. Anderson et R. Phene Spiers, Die Architektur von Griechcnlnnd und Rom 
(lliersemanns Handbuecher, I), 1903, p. 33, 42; fig. 8, p. 24 ; — Springer-Michaelis j 
Hand buck der Kunslgeschichte, I, Allerlum, 8 C ed., 1907, p. 130 ; fig. 237-258, 
p. 131; p. 147 ; fig. 290, p. 146; p. 321, 323; — Luebke-Semrau, Grundrissder Kunsl- 
geschiclile, 14 e ed., I, Die Kunst des Altertums, 1908, p. 181, fig. 238; 217, fig. 274; 
218; — F. Baumgarten, F. Poland, R. Wagner, Die hellenische Kultur, 2 E ed., 1908, 
p. 140, fig. 147 ; — H. Thiersch, Wiener Jahreshefle, XI, 1908, p. 50; — E. A. Gard¬ 
ner, A handbook of greek sculpture, 2 e ed., 1909, p.36-37, 111-112, 273; — S. Rei- 
nach, Repertoire de reliefs, I, 1909, p. 3-6; — A. Kuhn, Allgemeine Itunstgeschichte : 
Geschichte der Baukunst, I, 1909, p. 137, 181 ; Geschichle der Plastik, I, 1909, p. 134; 
fig. 185, p. 133 ; — E. Katterfeld, Die griechischen Metopenbilder {Zur Kunslge¬ 
schichte des Auslandes, Heft 92.), 1911, p. 10-15, 16, 72, 77-79, 83, 85, 87-89,92, 93 ; 
— W. Deonna, Varchtologic, sa valeur, ses methodes, III, 1912, p. 138 ; — B. Laum, 
Neue Jahrbuecher fuer das klassische Alter!um, X\ , 1912, t. xxix, p. 639, 643. 

Surle theatre: W. Doerpfeld, Das griechische Theater, 1896, p. 148 ; — O. Puch- 
stein, Die griechische Buehne, 1901, p. 57. — Sur l’exposition dcs plaques aumusSe, 
Halil Edhem bey, Jahrbuch des archaeologischen Instituts, XXIII, 1908, archaeolo- 
gischer Anzeiger, col. 113. 


II existc, dans les publications les plus recentes, touchant le nombre exact des plaques 
connues et l’endroit oil elles sont conservees, une certaine confusion et pas mal d’inexac- 
tiludes (dues surtout, semblc-t-il, a I’ignorance ou sont beaucoup de savants du Report II 
de Clarke); il ne sera done pas inutile de dresser d'une manierc precise le « bilan » de ce 
que l’on connait. 

Le Louvre possddc « Irois metopes et dix morceaux sculptes 1 de la frise qui courait 
immediatement au dessus de la colonnade » (Heron de Villefosse, Marbres antiques, 
p. 161) ; ce sont les n"’ (nous donnons la correspondance avec le Repertoire de reliefs de 
M. S. Reinach, I, p. 4 sq.) : 


2825 = R. 15 2829 

2826 = R. 9 2830 

2827 = R. 4 2831 

2828 = R. 11 2832 


R. 12 +• 13 2833 

R. 8 -j- 10 2834 

R. 7 2835 

R. 6 2836 


R. 5 

R. 1, fragment de gauche 
R. 1, fragment de droite 
R. 3 


2837 = R. 14 


Clarke avait decouvert cn 1881 onze fragments [Report I, p. 105; Report II, p. 141 ), 


Architrave : 

1. Ileraclis et les cen- 

laures 

2. sphinx de Test 

3. lion et sanglier 

4. lion et eerf 

5. avant-train d’un 

sphinx de l ouest 

6. centaure galopant 


2 fragments Report I, pi. 15, 4 la p. 107 R. 16 


2 fragments 
1 fragment 
1 fragment 
1 fragment 


ibid. 

ibid. 

ibid. 

ibid. 


pi. 16, k la p. 

pi. 17, 4 la p. 

pi. 18, 4 la p. 

pi. 19, 4 la p. 


Ill 

113 

111 

115 


R. 17 

R. manque 
R. 18 
R. 19 


fragment ibid. pi. 20, 4 la p. 116 R. manque 


notre n* 260 
notre n° 261 
notre n° 259 
(partie) 
notre n" 257 
(partie) 


1. L expression est Equivoque ; la serie du Louvre comprend dix-huit fragments corres- 
pondant a dix (ou 4 neuf, blocs de l’architrave ; cf. plus loin, p. 11. 



LE TEMPLE 


11 


Metopes ; 

7. Homme poursuivant 1 fragment Report 7, pi. 21, a la p. 117 It. 20 noire n" 262 

un jeune homme 

8. deux liommes com- 2 fragmenls ibid. pi. 22, A la p. 117 R. 21 noire n" 263 

hatlant 

11 fragments 

l’our la campagne de 1882, Clarke declare ( Report II, p. 112 cinq fragments, ce sont : 

Architrave : 

9. centaures galopant 

10. corps d'un sphinx 

dc l'ouest 

Metope : 

11. arriAre-lrain d’un cen- 1 fragment ibid. fig. 39, A la p. 171 R. manque notre n“ 266 

latirc 

5 fragments 


3 fragmenls Report II, fig. 35, A la p. 112 R. manque notre n° 257 

(partie) 

1 fragment ibid. fig. 40, A la p. 172 R. manque notre n° 256 

iparlie) 


II s’est glissA une petite erreur dans le compte de Clarke, le fragment 6 de 1881 Atant 
compte A nouveau comme l’un des trois fragments qui constituent le n° 9 de 1882 
(notre n° 257). 

En 1896, on a trouvA sur l’acropole : 
architrave : le corps d’un sphinx derest(notren”258); 

metopes : deux hommes courant (notre n° 261); Europe sur le taurcau (notre n° 265). 

Les dix « morccaux » de Paris correspondent soil A dix, soit A neuf blocs de 1'architrave 
[si, comme le propose Clarke ( Report II, p. 274-276), on considire les n°* 2834 et 2835 comme 
parties d’un mime bloc; d’apres Clarke ibid., p 278-280), les n“ 2832 et 2833 se placcraicut 
non surf entablement dc la peristasis, mais sur celui de la cella, entre les antes et les eolonnes 
du pronaos]. 

Les fragments d’archilrave dAcouverts par la mission americaine sont au nombre de 
onze; ils ne representent que cinq nouveaux blocs, les n” 6 et 9 de la listc ci-dessus provc- 
nant d’une mfime piAcc, et les n" 1 5 et 10 sc raccordant ensemble et tons deux apparlenant A 
la plaque de Paris, n“ 2837. D'aillcurs, mime en faisant entrer en compte cesdeux fragment- 
5 et 10, le total des blocs sculptAs dc l'enlablement rctrouves en 1881 et ls82 (metopes com¬ 
prises) n’est pas de dix, comme l'ecrit Clarke ( Report II, p. 112), mais de neuf, savoir ; archi¬ 
trave (1) n” (de la lisle ci-dessus] 1, — (2) n° 2, — (3) n“3,— i n» i, — (5) n** 5 -J- 10, — (6) 
n 01 6+9; metopes (7) n° 7, — (8) n" 8, — (9)n* 11. 

La trouvaille de 1896 n'a pas augmente le nombre des blocs connus de 1'architrave, puisque 
le fragment de sphinx (notre n" 258). qui en provient, appartient au bloc n“ 2. 

Au total, nous avons, en tout ou en partie, quinze (on quatorze) blocs de 1’architrave, 
c’esl-A-dire moinsde la moitiA, qui serailde dix-sept. 

Les metopes connues sont ou nombre de huit : trois A Paris (n°' 2825, 2826, 2827) et cinq 
clout l’une trAs mulilAc (notre n“ 265), l'aulre reduite A un fragment (notre n° 266) A Constan¬ 
tinople; si, comme il para it probable, seulcs les metopes des facades etaient sculptees, la 
proportion des manques estici A peine plus forte : 12 sur 20. 

Le muscc de Roston possAde non pas un bloc unique, comme on l’a dit et repAte par erreur, 
mais deux, savoir : les deux premiers n" de la liste ci-dessus (cf.d’ailleurs S. Reinach,Reoue 
archeoloqique, 1883, II, p. 263; Chroniques d'Orient, I, p. 33; Clarke, Report II, p. 2s; le 
portage des dAcouvertcs fut eflcctuA en juin-juillct 1883 par Dcmosthenc bey Baltazzi, que 
Clarke, l. I., p. 26, appellc A tort Dcmctrios). 

D'aprAs cc qui prAcAde, on pourra complAter ou rectifier les indications donnAes par M. Col- 
lignon ( Histoire de la sculpture grecqtie, I, p. 182, note 3), par M. Perrot ( Histoire de l art, 
VIII, p. 258, note 2; p. 263, note 1; d'autre part, les reliefs, fig. 102, p. 261, et fig. 108, p. 267, 
ne sont pas A Constantinople, mais le premier A Boston et le second A Paris; le dessin dc ce 



12 


N° 2")7 ASSOS : BLOC DE L’ARCHITRAVE EST 


derniern’est pas emprunte 4 Clarke [Report I], pi. XX, mais 4Texier, pi. 114“', fig. u), et par 
M. S. Reinach [Repertoire de reliefs, I, note de la p. 6 ; c’cst 4 tort, d’autre part, que l’au- 
teur parle, p. 3, de l'« unique metope de la page 6 »(son n° 20); les laeunes de son conspec¬ 
tus sont indiquees dans la liste ci-dessus, p. 10-llj. 


257 (21-») Bloc de l’architrave est; centaures fuyant. 


Acropole d’Assos; fouilles de l’institut archeologique aniericain; le petit fragment de 
Tangle inferieur droit a ete recueilli le 8 aout 1881, pris des points marques AA surle plan 
de Clarke, Report I, pi. 2 4 la p. 29, c’est-4-dire au nord-est de l’acropole (et non au nord- 
ouest, comme il est dit ibid., p. 33, 1. 18-19); le reste a ete dccouvcrt dans la derniire 
semaine d’avril 1X82 [Report II, p. 8) sur un point mal defini de l'acropole : Clarke [ibid., 
p. 142) i-ci'it : « in the most recent of the fortification walls, hastily piled up of large stones 
without mortar, namely, those at the south of the temple site, several epistyle blocks were 
discovered, one of them sculptured ». Est-ce notre relief'.’Clarke dit d'autre part [ibid., p. 264) 
que notre bloc a eld trouve pr6s de cclui oil sont representes Heracles et Pholos, « at the 
southeastern corner of the building, just beneath its original position »; les deux indications 
ne concordent pas tris bien, et l un prut d’aillcurs soupfonner, en ce qui concerne la der- 
niAre, unc confusion entre notre relief et le grand fragment avec les trois centaures 4 jambes 
humaines qui forme la partie droile du bloc dont la partie gauche est occupee par 
Heracles et Pholos ; ce fragment a en cilct etc trouve au point C du plan citi ci-dessus, tout 
pres d’Heracles et Pholos, degages au point B (Report /, p. 29 ; cf. p. 33, in fine, oil il est 
parle 4 tort du « southwestern angle »); l’erreur est certaine quand Clarke [Report II, p. 142) 
compte les trois fragments dont se compose le bloc du niusee comme ayant cti tous trois 
decouverts en 1882; — entre au music en 1883. 


Le revers est ipannele et ivide dans sa partie infirieure sur une hauteur de 0 m 45 environ 

(cf. plus .haut, p. 4-5); faces latirales dressees 4 TavaOuptoots ; brisi en trois fragments_un 

grand etdeux petits, ceux-ci correspondent aux angles de droitc — qui se rajustent; incom- 
.el 4 PV. ‘ e ! ? u 11 reste dependant une petite partie de la surface du joint: angle supe- 
lieur droit brise ; manquent le bas des jambes posterieures et de la queue du dernier cen- 
taure (4 gauche), tout le corps de cheval du troisieme, reduit 4 des traces sur le fond; quelques 
laeunes sur le premier au joint des fragments ; plintl.e rabattue aux extremites; il ne reste 
quune petite partie desregulae de droitc et de gauche ; toute la surface est irodeesuper- 

nnlir^ i’ ~ ( ,aCCS d lme T‘' la,se rectan K lllaire P eu profondc sur la face inferieure, 
i ontre 1 arete anteneure, vers 1 extremite gauche; - sont restaures : Tangle superieur droit 

nient laenia , a . re 9 ula ' 1 extremite droite de la plinthe, les laeunes aux joints des frag- 
ments en particular 4 la naissance de Tarriere-train et sur le poilrail du premier centaure 
h saline ~ ha “ teU, ’ 1 0 P 1 i lon o uc ur actuelle, 2 - 60; ipaisscur maxima, en IZt 0 - 3 en 
bas 0™25o; hauteur de la taenia, 0-085 4 0-09; de la plinthe, 0-08; longueur de la reaull 
centrale, 0 j.'Sj , sa hauteur, 0-06; distance de cette reyula 4 celle de gauche 0-81 4 cello 

Uures 0- sw.' 3 ! dU ChamP ’ 8U b ° rd inf " ieur la rejnta, 0-58; des cen- 


I linthe a la part.e inferieure ; bandeau lisse en haut ; une requla. sans 
gouttes au milieu etdeux reyulae incompletes aux extremites; l'arele droite 
du bloc porte un l.stel plat, large de 0 - 045, qui, en Petal acluel, s’arrete au 
dessous de la main gauche du premier centaure, mais qui devait se conti- 
nuer jusquen haul ; Partite gauche a conserve, semble-t-il, les traces d'un 
l.stel semblable, mais tres reduites et se distinguant a peine aujourd’hui 
de la queue du quatneme centaure qui venait battre contre lui (cf. plus haut 
P- >), quatre centaures, buste humain, corps de cheval, s’enfuient e.’i 



N° 257 - ASSOS : BLOC DK [.’ARCHITRAVE EST 


13 


galopant vers la droite, d'une allure egale, les jambes posterieures joinles, 
les jambes anterieures jointes aussi et soulevees tres peu au dessus du sol ; 
le premier (a droite) les souleve un peu plus que les autres; chez le troi¬ 
sieme, les jambes se croisent avec celles du second et du quatrieme, de telle 
maniere que ses jambes anterieures passent devant les jambes posterieures 
de celui qui le precede et ses jambes posterieures derriere les jambes ante¬ 
rieures de celui qui le suit; tous quatre tendent le bras droit horizontale- 
menten arriere, a hauteur de l’epaule; le bras gauche est tendu en avant, un 
peu plus bas, sauf chez le troisieme, qui l’a plie, le coude au corps, comme 



s'il tenait une massue ou un tronc d’arbre appuve a l'epaule ; leurs teles 
sont de prolil it droite, sauf le dernier qui regarde cn arriere, profil it gauche ; 
ils paraissenl avoir la bouche ouverte (ce detail semble bien marque chez le 
troisieme); on ne distingue plus le travail des cheveux qui tombent en nappe 
sur la nuque; la barbe forme une masse pointue, parlagee en longues 
meches verticales, et, aulanlqu'on en peut juger, sans mouche ni moustache. 

Le relief represente les centaures du mont Pholoe fuyant epouvantes devant 
Heracles; le bloc, qui se place sur le deuxieme entrecolonnement sud de la 
facade est, fait suite au bloc du musee de Boston ou 1’on voit le heros, 
suivi du centaure Pholos (cf. Report II, p. 150-153), tirant Pare contre trois 
autres centaures it jambes anterieures humaines (Report I, pi. XV, a la 
p. 107; Report II, pi. lig. 37 a la p. 150; Perrot, Histoire de I'art, Mil, 
fig. 102, p. 261). 


Joubin, Sculpt, gr. et rom., n° 127, p. 52, fragment n° l [decrit par erreur la 
plaque de Boston, S. lteinach, Repertoire de reliefs, I, p. 6, 16] ; — J. T. Clarke, 
Report /, p. 33; p. 116 et pi. 20 h cette page [petit fragment de Tangle inferieur 
droit; la 16gende de la planche dit a tort « fragment of temple metope », mais, dans 
le texte, il en est parl6 correctement comme d’un « epistyle relief »]; Report II, 
p. 8, 112 sq. et pi. flg. 35 h la p. 142; p. 263-264 ; fig. 58 k la p. 263;—'Th'. \Y. Lud¬ 
low, Revue arcMologique, 1882, II, p. 356. 


Photographic il” 1623. 




u 


N° 2->8 — ASSOS : BLOC DE l’aRCIIITRAVE EST 


258 '779) Bloc de l’architrave est ; sphinx. 


Acropole d’Assos ; decouvert par XI. Doerpfeld en 1896, lors du voyage archeologiquc 
de l'institut allemand d’Alhenes; photographic par M. Wolters qui communique la dccoti- 
vcrle au mu see imperial oil le bloc fut envoye par Eyoub Sabri efl'ejidi, le 23 mars 1897, 
avec les n"> 261, 265, 267, 268, 269, 270, 271, 272, 273, 271. 

llcvcrs epannclc ; vers la partie superieurc, il sepaissit un peu, mais sans presenter la 
disposition caracteristique du bloc n” 257 ; il se peut d’ailleurs qu’il ait ete retaille, 1’epan- 
nelage, dans le haut, paraissanl plus grossicr que dans le bas ; joint droit dressA A l’avcdM- 
ptoii; ; brise A gauche, mutile en haut, ou presque toule la surface du lit d'attenle, le ban¬ 
deau et Tangle droit sont emportes ; manquent la tete du sphinx, la griffe anterieure droite, 
l’exlremite des ongles de cellc de gauche; on voit encore, au dessus de l'aile, les traces de 
l arcle inferieure de la regain; hauteur maxima actuelle, O'" 81 ; longueur actuelle, 1“31 ; 
dpaisseur, en haut, 0" 30 ; en bas, O'" 275 ; hauteur de la plinthe, 0“ 08 ; hauteur maxima 
actuelle de la figure, 0™ 375 ; longueur du sphinx, du poitrail A l exlremite de la croupe, 
environ 0“ 97 ; longueur de la palte anterieure allongee sue la plinthe, O'" 385. 


A l’extremite droite de la face inferieure du bloc, est gravee la lottre d'appa- 
reillage i_ (cf. d’autres marques, Report II, p. 92, fig. 13). 


Bloc semblable au precedent ; — sphinx allonge sur le ventre, profil a 
gauche, le corps de lionne est maigre, efflanque, sans modele, la cuisse est 
fennement dessinee, mais reste faible et plus semblable a celle d’un chien 
qu a celle d un felin (on notera que I’animal ne repose pas sur son arriere- 

train, mais seulement sur- la partie 
inferieure de ses paltes poslerieures) ; 
la queue se releve en S et se termine 
par une toufle de poils en forme de fer 
de lance; la tete etait feminine : les 
cheveux tombent sur le cou en une 
nappe unie, sur le bord de laquelle 
s’enlevait en relief une natte de che- 
veux qui se detachait derriere l’oreille; 

1 aile recoquillee se releve assez haut ; la surface en est lisse et les contours 
endeenvent une courbe reguliere et continue; elle s’attache en arriere de 
lepaule, moUvee a sa naissance par un listel ondule (cf. les sphinx peints 
sur certams vases eoliens, Boehlau, Aux ionischen und italischen Nekropolen, 
p. 00, fig. ol-JiLe travail ne manque pas de vigueur decorative 

cenlTeTT f °; me ! a r ie dr0UedU bl ° C P18C ' SU1 ’ ‘entrecolonnement 
la ia ? ade est; le reste avail ete decouvert en 1881 par la mission 

iTn nori" 6 . ™ ^ ^ B ° St ° n; ^ 06 SOnt deux niorceaux dont 

. . P ^ ‘ ete de n0tre s P hmx et 1’extremite de sa patte antdrieure droite 

1 autre un sphinx svmetnque, accroupi prolil a droite; les deux animaux 






N° 239 — AS80S : liLOC DE I.’ARCHITRAVE OlESI 


l.'i 


4laient affrontes de part et d’autre d’une petite colonnette ionique (cf. le n° 
suivanlj sur les volutes de laquelle repose l’une de leurs pattes anterieures, 
l’aulre (celle du premier plan) restant allongee sur la plinthe. 

Clarke avait cru pouvoir reconnaitre, dans ce motif, les « armes » d’As- 
sos, mais les monnaies de la ville portent, non pas un sphinx a tete humaine, 
mais un griffon a tele d’aigle, et Ton n’entrevoit pas les raisons qui auraient 
pu determiner ici une substitution, partieulierement grave et inextricable en 
matiere de blason. Le motif, qui est tres frequent dans la ceramique eolienne 
(cf. Boehlau, l. L, p. 99 sq., fig. 48 sq.), se recommandait au sculpteur a la 
fois pour sa valeur decorative et pour sa valeur a apotropaeiquc » ; celte der- 
niere consideration nous parait, bien mieux que l'hypothese de Clarke, rendre 
compte de la repetition, sur le petit c6te oppose, de la meme composition 
(n° 259); un motif semblable est sculpte sur une des metopes du Louvre 
(S. Reinaeh, /. infra l., p. 5, 15,. 


Pour les fragments de Boston, cf. J. T. Clarke, Report I, p. 29 .1.1 et p. 33; p. Ill 
et pi. 16 & cette page ; Report II, p. 8, p. 171 sq. ; pi. fig. 41 a la p. 173 ; p. 201-263 
et fig. 37, p. 261; — S. Reinaeh, Repertoire de reliefs, I, 1909, p. 6, 17 


Photographie n° 1572, A droile. 


259 (246) Bloc de l’architrave ouest ; sphinx. 


Acropole d’Assos ; fouilles de l'institut archeologique amAricain ; le fragment de droile a 
AtA trouve lors de la premiere campagnc, le 19 septembre 1881, A la surface du sol, au point 
E du plan Report 1 , pi. 2 A la p. 29; Clarke a suppose (Report II, p. 172) qu'il avait du etre 
vu et dessinA par Texicr; le frag¬ 
ment de gauche a ele trouve 1 , ie 
6 avril 1882, face contrc terre, eu 
dehors de la portc do la citadelle; 
cnLi'A au musee cn 1883. 


I.e revers est epannelc et AvidA 
dans sa partie infericure sur une 
hauteur de O'" 12 environ ; brise A 
droile ; face latArale gauche dres- 
seci l’avaS'jpwi!; ; deux fragments 
qui sc rajustent avee quelqucs la- 
cunes au joint; decelui de gauche, 
manque l'augle superieur gauche (il restc une partie dclaregala); celui de droile est brise 
cn limit, A hauteur du sommet de la tete du sphinx (les traits du visage sont tres erodes); 
du sphinx aHVonte A celui qui est conserve ici, il ne resle que les ongles de la grille ante- 
rieuredroite; hauteur, 0“ 82 ; longueur maxima, environ 1“ 68 ; Apaisscur, en haut, 0“ 32 ; 
cn has, 0 m 29 ; hauteur dc la taenia , 0“ 09 ; de la plinlhe, 0 m 08 A 0” 09; hauteur maxima 
du sphinx, O'" 565; A la croupe, 0“ 31 ; longueur, du poitrail A la croupe, environ 0“' 83; 




If. 


m° 2:;o — assos : bloc de l’architrave oeest 


longueur de la patte anlerieure allongic sur la plinthe, 0™ 11; hauteur dc la colonnette, 
supposee complete, 0 01 365 (il manque environ 0 m 015 pour l’extrimite brisee de anthe- 
mion). 

A l’ex tremite gauche du bloc, sur la face inferieurc, sont graves les signes d’appa- 
reillage lj_ (cf. d’autres marques, Report II, p. 92,fig. 13). 

Bloc semblable aux precedents ; sphinx allonge sur la plinthe, profil a droite; 
il est pared, sauf pour quelques details, au n° 258 : le corps est sensiblement 
plus court, les pattes anterieures plus longues, et, par suite, la patte anterieure 
gauche se releve selon un angle moins eleve ; le contour exterieur de l’aile 
decrit une ligne ondulee et se releve moins haut; la cuisse est plus faible et 
d’un dessin moins ferme ; tout le travail est plus sec et moins vigoureux, bien 
que Clarke ait certainement exagere, au profit de la plaque attribute au musee 
de Boston, la difference des deux oeuvres. 

Des traits du visage, on ne distingue plus que les levres minces, serrees 
et relevees vers Tangle exterieur, le menton saillant et l’oreille un peu grande 
et placee trop haut; les cheveux se terminent sur le front par un bandeau 
d’une certaine epaisseur dont les details ne sont plus apparents; sur le revers 
de la tete, ils sont disposes comme au n° precedent. 

La colonnette sur laquelle le sphinx pose la patte a un fut qui s’amincit beau- 
coup vers le haut, et deux larges volutes entre lesquelles se dresse la pointe 
d'un minuscule anthemion. Les volutes sont simplement massees ; on y voit 
encore les contours de la spirale, finement indiques par un trait destine a 
guider le travail du peintre. Le motif presente une remarquable analogic avec 
les chapiteaux eoliens (cf. ci-dessous, p. 28 sq.). 

Le sphinx symetrique a celui-ci et qui constitue la partie droite du meme 
bloc est conserve au Louvre (S. Reinach, Repertoire de reliefs, I, p. 5, 14) ; 
tous deux repondaient sur Tentrecolonnement central de la facade ouest au 
groupe semblable de la facade est. 


Joubin, Sculpt, cjr. et ram., n° 127, p. 51-32, fragment n»3J. T. Clarke Report I 
p. 29 Eetp. 33; p. 113-110 et pi. 19 a la p. 115; Report II, p. 142 171 SCI ’ . 

“iV ll ^l*l et cV 6k 13 P: 261; - Th - L udlow, Rerue arcLl! giq ue', 
, p - 3d6, M - Colhgnon, Ihstoire de la sculpture grecque, I, 1892, p. 182- 

i 83 = “ Ton tl d - r f’J ln ’ 19 ° 3 ’ P ’ 262 [le fragmenl du Louvref ibid., 

le fragment de droite]. ’ ^°"’ e * ^ ^ P ‘ 6 > 19 t ne donne 


Photographic n» 1572, a gauche. 



N° 260 - ASSOS : BLOC DE l’aRCHITRAYE OL'EST 


17 


260 (2Wj Bloc de l’architrave ouest; lion et sanglier. 


Acropolc d'Assos ; fouillcs dc l'instilut archeologique americain ; trouve le 12 oclobrc 
1881, dans les fondalions du rempart lure, & 1'ouest du temple, au point .Vdu plan. Report I, 
pi. 2 & la p. 29 (cf. p. 31 et Report II, p. 272; ; entri au mus£e en 1883. 


Le revers est epannele et dvidc dans sa partie inferieure sur une hauteur de 0“48 envi¬ 
ron ; brise & droite; face latdrale gauche soigneusement dressee, mais sans traces cerlaines 
d’ava0-jf.o>3!; ; angle superieur gauche mutile ; la taenia, mutilee & gauche (oil il reste une 
petite partie de la regula), est rabatlue sur toute la partie droite avec la regula centrale ; 
manquent les sabots antirieurs ct l'extremite du groin du sanglier ; l’extremite de la queue 
mutilee; — trois trous de bardage pour la mise cn place de la frise sur la face superieure, 
ct mortaise mutilee, pour un goujon fen partie conserve), vers l’extremite gauche de cette 
face ; sur la face inferieure, mortaise rectangulaire, ouverte sur l’arete anterieure a 0” 29 
dc Tangle gauche (pour la mise en place de l’architrave); — restaurations : l’extremilo 
droite du bloc ; la plinlhe sur une longueur de 1” 12 a droite ; — hauteur, 0“ 817 ; longueur 
(sans la partie restaurde), 2” 115; epaisseur, en haut, environ 0"305 ; en bas, environ 0”25: 
hauteur de la taenia, 0 m 09 ; de la plinthe, 0 m 075 ; longueur de la regula centrale, 0“ 575 ; 
de cette regula k celle dc gauche, 0“ 715 ; hauteur maxima des figures, 0"575. 



Bloc semblable aux precedents ; — un lion, pareil a un gros chien, avec 
une criniere courle formant collier en arriere de la gueule, profil & droite et 
are-boute sur ses 
pattes de devant, 
mord a la cuisse 
droite un sanglier 
(plus grand que lui), 
represente dans une 
altitude semblable, 
le groin baisse et 
labourant la terre de 

ses defenses ; la queue des deux animaux, celle du lion (baissee avec la pointe 
relevee) eomme celle du sanglier (relevee avec la pointe baissee), se termine 
par une loufle de poils en forme de fer de lance, pareille a celle des sphinx 
n us 258 et 259. On observera que la tele du lion, contournee a 90° sur l’axe du 
cou, se presente par la face superieure du crane, les deux yeux et les deux 
oreilles visibles sur une merae ligne verticale (cf. un sarcophage de Clazo- 
menes, Antike Denkmaeler, II, pi. 58), mais, par un lusus assez amusant, du 
au hasard des erosions, elle parait, au premier coup d’ceil, etre placee norma- 
lement de profil h droite ; les soies du sanglier formenl une Crete massive qui 
se prolonge de la tele a la queue, interrompue seulement au milieu du dos. 

Ge bloc est attribue par Clarke au deuxieme entrecolonnement nord de la 
facade ouest. 


Joubin, Sculpt. <j>\ el rom., n° 127, p. SI, fragment n° 1; — J. T. Clarke, Report I, 



18 


N° 261 - ASSOS : BLOC DE L'ARCHITRAVE 


p. 29 N et p. 34 ; p. 113-114 ; pi. 17 4 la p. 113 ; Report II, p. 270-272 ; fig. 64, 
p. 271 ; — M. Collignon, Histoire de la sculpture grecque, I, 1892, p. 184. 


Photographie n° 1624. 


261 (244) Bloc de l’architrave ; lion et cerf. 


Acropole d’Assos; fouilles de 1'institut archeologique americain; trouve le 8 octobre 
1881, au meme point quo le precedent; entre au mus4e en 1883. 


Le revers est ipaunele et evid£ dans sa partie inferieure sur une hauteur de 0" 45 environ; 
brise '4 droite ; face laterale gauche dressee 4 l'avaOuowjt; ; angles gauches mu tiles (il sub- 
siste de ce cote quelques traces de la regula) ; le lion est brise en de?4 de l’attache du 
metnbre anterieur, Barriere-train profondement erod4, la patte posterieure gauche, sauf 
la griffe, ravalie au niveau du fond; de la droite, il reste la partie moyenne, de la queue, la 
partie voisine de la naissance; — deux petits trous de bardage sur la face superieure, et 
traces, 4 l'extremite gauche, d’une mortaise pour un goujon de fer (en partie conservd) ; 
sur la face inferieure, mortaise rectangulaire, ouverte sur l’arete anterieure 4 0“ 44 de 
1’aplomb de l’arete gauche (pour la mise en place ou le levage de l’architrave); hauteur, 
0” 82 ; longueur maxima, 0 m 70 ; epaisseur, en haul, environ 0" 29 ; en bas, environ 0" 25 ; 
hauteur de la taenia , 0” 093 ; de la plinthe, 0“ 075 ; hauteur maxima de la figure, 0” 565. 


Bloc semblable aux precedents; — un lion, dont les pattes posterieures 
sont dans l’attitude de la marche, terrassait sous ses 
pattes de devant ou tenait entre ses crocs un cervide 
dont les pattes posterieures (seules conservees) se 
relevent en enserrant ses flancs ; — la marche lente 
et puissante du fauve est rendue avec assez de verite, 
mais le corps est faible et sans modele. 

Clarke atlribue ce fragment a une region voisine de 
1 angle nord-ouest, soit au premier entrecolonnement 
de la facade ouest, soit au second de la facade nord. 



n 29 V et n r 9 u, T',’ T ’ P ‘ ’ fragment n ” 2 ! ~ J - T - Clarke, Report 1, 
p. 29 Net p. 3 * 1 P-114 et pi. 18 4 cette page ; p. 115; Report II, p. 277 et fig 69 a 

cette page , — M. Collignon, Histoire de la sculpture grecque, I, 1892, p. 184 • — 
S. Reinach, Repertoire de reliefs, I, 1909, p. 6, 18. P ’ 


Photographie n“ 1580, 4 droite. 



N 8 202 


ASSOS : METOPE 


19 


262 (217) Metope ; horame poursuivant un 6ph6be. 


Acropole d’Assos; fouilles de l’institut archeologique americain ; trouvee le 15 aout 
1881 au nord-ouest du temple, rOcmployee dans la fortification byzantine, au point D du 
plan, Report I, pi. 2 A la p. 29 (cf. p. 3i ou il est parle de l'angle nord-est, en contradiction 
avcc lesdonnees du plan) ; entree ou musee en 1883. 


Kcvcrs epannelc ; l’cpaisseur va augmentant vers le bas dune maniere continue, mais 
sans presenter la disposition caraclAristique qu’on trouve sur les blocs de l’architrave; 
faces lalerales dress<5es A l'avaOupcooi; ; tous les angles mutiles, sauf l’angle superieur 
gauche ; toutes les aretes ebrdchAes ; surface usee ; homme : manquent le cou de pied et le 
talon droits ; les traits du visage indistincts ; erosions profondes sur la calotte du crane, 
sur le gras des mollets ; avant-bras droit rongA ; les parties sexuelles paraissent avoir cte 
volontairement martelAes (cavitc creusAe A cet endroit sur la face interne de la cuissc 
gauche) ; ephibe : manquent la main droite, les orteils gauches ; traits du visage confus ; 
avant-bras ct main gauches peu distincts ; Erosions sur le crAne, le haut de la cuisse 
droite, la face interne de la gauche ; — une mortaise pour crampon aux extrimites de la 
face supArieure et un trou de bardage transversal (pour la mise en place du larmier) A 0” 21 
environ de l’arete gauche ; — reslauralions : angles inferieurs, avec le pied et le bas de 
la jambe droite de 1’homme ; — hauteur, 0” 78 ; largeur, 0 m 795 ; epaisseur, en bas, 0 m 295; 
en haut, 0“23 ; hauteur du bandeau supArieur, 0"14 (avec une saillie de 0“ 015); de la plin- 
the, 0 m 07 (avec une saillie de 0 m 025); des figures, 0”555. 


Bandeau lisse a la parlie superieure (il ne subsiste aucune trace d’une 
moulure terminale); plinthe en bas; — un homme poursuit un ephebe qui 
s’enfuit; tous deux sontfnus; l’homme a la 
lete et les jambes de profil a droite, le buste 
de face (les deux pectoraux sont indiques), 
mais fortement incline dans le sens de la 
marche, le pied gauche en avant et pose sur 
la plinthe, le talon droit souleve ; de longs 
cheveux lui tombent en nappe sur la nuque ; 
sa barbe est pointue, partagee en grandes 
meches paralleles, sans mouche, semble-t-il, 
ni moustache ; on distingue encore la place 
de l’oeil qui Atait tres grand ; il plie le bras 
droit, relevant le coude a hauteur de 1’epaule et posant sa main allongee au 
dessus de la taille; de la main gauche tendue, il saisit le coude droit de 
l’iphebe ; celui-ci retourne la tSte vers lui, exactement de profil a gauche, 
leve, elfrayi, la main gauche qui se presente de face, la paume ouverte, les 
doigts allonges, et baisse la droite sur la hanche ; les details de la coiffure 
ne sont plus visibles : les cheveux paraissent avoir form£ au dessus du front 
un bandeau assez 6pais et etaient peut-etre ceints d’une bandelette ; les formes 
du corps sont plus 16geres que chez l’autre personnage ; d’autre part, il ay a 
plus trace des parties sexuelles et le martelage n’est pas certain : le sexe serait 
done sujet & quelquedoute, si la nudity meme du personnage n’etait, a l’epoque 
archaique, un argument presque deeisif pour le sexe masculin. 




20 


X° 263 — ASSOS : METOPE 


Joubin, Sculpt, gr. et rom,, n» 127, p. 53, fragment n° 1; — J. T. Clark e, Report 1, 
p. 29 D et p. 34; p. 117 et pi. 21 a cette page ; Report II, p. 208, 287, et fig. 76, 
p. 286;—M. Collignon, Histoire de la sculpturegrecque, I, 1892, p. 182; — Malm- 
berg, Die Metopen der altgriechischen Tempel, Dorpat, 1892, pi. I, 1 (en russe ; cf. 
Berliner philologische Wochenschrift, 1893, col. 781 ; — R. Norton, American jour¬ 
nal of archaeology, I, 1897, p. 509, note 5 ; — G. Perrot, Histoire de I’art, VIII, 1903, 
p. 263, et fig. 107, p. 265 ; — Br. Schroeder, Athenische Mitteilungen, XXIX, 1904, 
p. 39; — S. Reinach, Ripertoire de reliefs, I, 1909, p. 6, 20 ; — E. Katterfeld, Die 
griechischen Metopenbilder (Zur Kunstgeschichte des Auslandes, Heft 92.), p. 10, 4, 

Photographic n” 1571, 4 droite. 


263 (24-8) Metope; guerriers combattant. 


Acropole d'Assos; fouilles de l’institut arch6ologique americain ; trouvee aux environs 
du point .1 A du plan, Report I, pi. 2 4 la p. 29 ; cf. p. 33 ; d'autre part, Report II, p. 287, il 
cst dit que les deux fragments furent trouves enfouis dans la terre qui s'etait accumulAe 
surle stylobate du temple ; entree au musee en 1883. 


Revers grossiArement epannele ; deux fragments, tous deux incomplets 4 gauche, mesu- 
rant en hauteur, celui du haut, 0“ 345, celui du bas, 0 m 39, et sApares par une lacune remplie 
avec du plitre ; loute la partie gauche de la m At ope est completee de mime ; face laterale 
droite dressee 4 rivoc8upa><ji; ; angle superieur droit et plinthe nmtilAs ; du personnage de 
gauche, ilne reste que la tele (les traits du visage indislincts); de celui de droite, manque 
la partie moyenne du buste et des bras ; les pieds informes ; nombreuses erosions super- 
liciellcs ;— traces d’une mortaise pour crampon 4 l’extremite droite de la face superieure; 
hauteur tolale de la metope restaurec, 0 m 79 ; largeur maxima conservAe, 0 m 72 (la metope 
restauree a 0 m 80 de large); Apaisseur, environ 0 m 24 ; hauteur du bandeau superieur, 0 m 145 
(avec une saillie de 0“ 015 ); de la plinthe, environ 0“ 03. 


Bloc semblable au precedent ; le bandeau superieur y est couronne par un 
listel de 0 m 025 de haut; — deux homines com- 
battent, tournes de profil l’un vers l’autre; de 
celui de gauche, il ne reste que la tete, barbue et 
coiffee de longs cheveux qui tombent en nappe sur 
la nuque ; celui de droite, les jambes fortement 
ecartAes, les pieds a plat sur le sol, le buste de face, 
la tete de profil a gauche, tire de la main droite 
1 epee hors du fourreau qu’il tient horizontalement 
de la main gauche a hauteur de la taille; la tete 
est du meme type que l’autre, mais avec une barbe 
moms pointue et des cheveux moins longs; il parait 
vetu dune tumque tres courte qui tomberait a peine plus bas que la naissance 
des cuisses et que ne revelerait plus qu’une difference de niveau presque 
insensible; ce detail n’est pas certain et semble meme contredit par le fait que 
es figures masculines, sur la frise comme sur l’architrave, sont toutes nues. 




N° 264 — ASSOS : METOPE 


21 


Joubin , Sculpt, gr. et rom., n° 127, p. 53, fragments n°* 2 et 3; — J. T. Clarke, 
Report I, p. 33; p. 117 et pi. 22 & cette page; Report II, p. 287, et fig. 77, p. 286 ; 
— M. Collignon, Hisloire de la sculpture grecque, I, 1892, p. 182 ; — Malmberg, 1.1. 
au n° precedent, pi. I, 2 ; — R, Norton, American journal of archaeology, I, 1897, 
p. 509, note 4; — G. Perrot, Ilisloire de I’art, VIII, 1903, p. 263 ; — S. Reinach, 
Repertoire de reliefs, I, 1909, p. 6, 21 ; — E. Katterfeld, l. 1. au n° precedent, p. 10, 5. 


Photographic n” 1570, it gauche. 


264 (778) Metope; deux hommes courant. 


Acropole d’Assos; IrouvAe dans les monies circonstances que le n° 258 (cf. plus haul, 
p. 4 et 14); envoyie au musAe le 23 mars 1897 par Eyoub Sabri effendi, avec les n" 258, 
265, 267,268, 269,270,271,272, 273, 274. 


Revers grossi&rement epannele; face laterale droite Arodee ; traces d'ivaO-jowei; sur la 
gauche ; les quatre angles, les aretes droite et inferieure sont mutiles ; le listel du bandeau 
supAricur et la plinthe rabattus ; toute la figure de gauche est reduite & une silhouette et 
par endroits ravage au niveau du fond ; celle de droite n’a souffert sur le corps que d’Aro- 
sions superficielles, mais, de la tele, il ne rcste que des traces ; — longue mortaise trans- 
versale sur la face supArieure, contrc 1'arAte posterieure, A 0" 25 de 1’arAte gauche ; traces 
d’une mortaise pour crampon 4 chaque extremity ; — 
hauteur, 0” 775 ; largeur, 0™ 815 ; Apaisseur, environ 
0" 23; hauteur du bandeau supAricur, 0” 13; de la 
plinthe, environ 0 m 045; des personnages, environ 
0“ 57. 

Bloc semblable aux precedents ; traces d'un 
listel sur l’arete terminate du bandeau supe- 
rieur ; deux hommes nus s’avancent en courant 
vers la droite, le corps ne portant que sur la 
pointe du pied droit, le gauche projete tres en 
avant et legerement releve au dessus du sol ; le 
buste, qui est de face, s’incline dans le sens de la course, le bras gauche a 
demi tendu en avant, le droit violemment rejele en arriere; le premier coureur 
fa droite) ctait peut-Stre barbu. 



R. Norton, American journal of 'archaeology, I, 1897, p. 509 sq. ; pi. XXVII; — 
E. Katterfeld, /. 1. au n° 262. p. 10, 6. 

Photographic n* 1570, A droite. 


Le triglyphe place entre cette metope el la suivante est un moulage d'apres le 
n« 267. 




22 


N° 260 - ASSOS : FRAGMENT d'i’NE METOPE 


265 (780) M6tope; Europe sur le taureau. 


Acropole d’Assos ; trouvee dans les memes circonstances que le n° 258 (cf. plus haul, 
p. 4 et 14); envoyie au musee le 23 mars 1897 par Eyoub Sabri effendi, avec les n 8 * 258, 
264,267, 268, 269, 270, 271, 272, 273, 274. 


Revers epanneli ; joints lateraux dressis 4 rdva0'jp<i><jt;{4 droite, il lie subsiste qu’une tres 
faible partie de la face de joint, contre l’arete posterieure) ; brisee en haut; restent deux 
fragments rajustes et reunis avec du pl4tre ; celui de droite rouge et moussu ; manquent 
tout le haut du corps (jusqu’aux genoux’, et les pieds d’Europe, le bas de la jambe antirieure 
gauche du taureau et partie de sa queue ; l'avant-train et la t6te de l’animal forment une 

masse dont tousles ditails sont indislincts; erosions 
profondes sur sa croupe et sa jambe antirieurc 
droite; — petite reslauration 4 l’extremite droite de la 
plinthe ; — hauteur maxima, 0“ 52 ; largeur maxima, 
0“ 855 ; epaisseur, 0“ 235; hauteur de la plinthe, 0" 05. 

A la partie inferieure, plinthe dont la face 
portante est taillee en biseau ; — Europe, les 
jambes couvertes d’une tunique rigide, tres petite par rapport au taureau, est 
assise de face sur le dos de l’animal qui s’avance paisiblement 4 droite. 

M. Norton a cru (avec quelques reserves) que ce fragment appartenait a 
l’architrave; les traces du joint 4 droite, si rMuites et erodees soient-elles, 
nous paraissent a peu pres certaines; d’autre part, le sujet convient parlicu- 
lierement a une metope; on le retrouve au meme endroit au tresor delphien 
de Sicyone et 4 Selinonte. 



R. Norton, American journal of archaeology, I, 1897, p. 507-509; fig. 1, p. 508. 


Photographic n° 1580, 4 gauche. 


266 (242) Fragment d une mdtope; centaure. 


Acropole d Assos ; fouilles de l’institut archeologique americain ; trouvd en 1882 nris de 
1 angle sud-est du temple ; entri au musie en 1883. * ^ 

Brise parlout sauf 4 gauche et en bas ; face laterale dressee fsans trace, h" a- < 
hauteur maxima actuelle, 0“ 285; largeur maxima 0» a S , es d «va8upto<H{) ; 

de la plinthe, 0- 07 (avei une saillie de 0»“ ’ e P aisseul> - enviran 0- 30 ; hauteur 

II ne reste que le bas des jambes posterieures et l’extremite de la queue d’un 
°a 0{}an a r0,te ’ la P lln the sur laquelle il repose est coupee a 0 m 02 



N° 268 


ASSOS : LARMIER 


23 


de l'arete gauche, determinant une sorte d’encoche que recouvrait la saillic 
formde par le glyphe exlerieur sur la face de joint du triglyphe (cf. plus 
haut, p. 40). Tr6s vraisemblablement, le relief representait un cenlaure, 
semblable 4 celui que porte une metope du Louvre (S. Reinach, Reper¬ 
toire de reliefs , I, p. 5, 9); d’apres l'endroit ou il a ete decouvert, il appar- 
tiendrait a la partie sud de la frise est. 

J. T. Clarke, Report II, p. 1 170-171; flg. 39, p. 171 ; p. 286-287; fig. 73, p. 286. 


267 (19i3) Triglyphe. 


Acropole d’Assos; envoydaumusde par Eyoub Sabri efTendi 
le 23 mars 1897, avec les n”' 258, 264, 265, 268, 269, 270, 271, 
272, 273, 274. 


Revers dpannele et dvidd de 0" 115 environ sur une hauteur 
de 0'“ 50 4 partir du bord superieur; faces latdrales soigneuse- 
ment dressecs; les ardtes du glyphe extcrieur debordent ldgdre- 
ment sur le nu des joints de mani6re & recouvrir le bord de la 
mdlope contiguS (cf. n° 266 et plus haut, p. 4) ; l'anglc infd- 
rieur droit du triglyphe (aujourd'hui restaurd en pldtre) et 
les angles postdrieurs de la face superieure sont mutilds ; 
traces d’une mortaise pour crampon 5 chaque extrdmitd de 
cctte face; hauteur, 0” 078 ; largeur, 0 m 51 ; dpaisseur, en bas, 
0" 325 ; en haut, 0 m 21; largeur du glyphe, 0" 08 ; du canal, 
0 m 097 ; hauteur du bandeau supdrieur, 0“ 135. 



Le triglyphe porte, k la partie superieure, un bandeau nu, sans traces 
d’une moulure terminale. 


Cf. J. T. Clarke, Report II, p. 96, fig. 14. 

Photographie n° 1571, 4 gauche. 


268 (1923) Larmier. 


Acropole d'Assos; envoyd au music par Eyoub Sabri effendi le 23 mars 1897, en mdme 
temps que les n- 258, 264, 265, 267, 269, 270, 271, 272, 273, 274. 


Anddsitc ; brisd au revers et k gauche; & droite, le joint, conserve sur la partie saillante 
du larmier, est dressd arivaOuptoJi;; face supdrieure dpannelde grossidrement; traces d’une 
profonde mortaise rectangulaire sur la face latdrale droite de la partie portante; sur la 
face supdrieure, prds du bord antdrieur, deux petites mortaises, I’une 4 0“48 de l'ardte 
droite, 1’autre 4 0™ 07 environ de la cassure du bord gauche ; la cassure, au revers, montre 
les traces d’une grande cavitd destinde 4 recevoir l'extrdmitd d’unc poutre; hauteur, k la 
queue, 0“ 21; 4 la nuissance du porte 4 faux du larmier, 0“ 14 ; sur la face antdrieure du 
larmier, 0“ 225 ; largeur actuelle, 1“ 12 ; dpaisseur maxima actuelle, 0“ 85. 



24 


N 0 269 — ASSOS : COLONNE FUN'tiRAIRE 


La face inferieure du larmier est plane et nue, sans mutules nigouttes , elle 

se rattache a la face verticale de la partie 
portante par un profil en bee de chouette ; 
la face anterieure etait couronnee par une 
petite moulure aujourd’hui rabattue (bee 
de chouette ?). 

Les dimensions du fragment paraissent bien convenir au temple, mais 1 ab¬ 
sence de mutules rend cette attribution tres incertaine. 


mm 


FRAGMENTS DIVERS D’ASSOS 


269 (1918) Colonne fun6raire. 


Nicropole d’Assos ; fouilles dc l’institut archeologique am^ricain ; trouvte en 1882, & 130 
metres environ des murs, sur le cot6 de la voie qui aboutit a la grande porle de 1 ouest; 
„ the rock was here levelled and cut to a broad base, in the centre of which was sunk a 
deep socket of the same plan as the lower diameter of the shaft ; into this, the column 
was inserted, and set by a lead casting » (J. T. Clarke, pr. 1. infra l. y p. 268); envoy<5e au 
mus6e par Eyoub Sabri effendi le 23 mars 1897, avec les n 0B 258,264, 265, 267, 268, 270, 271, 
272, 273, 271. 


Andisite; bris^e enhaut; hauteur, 0" 73 ; diamitre, 0” 425; lettres de 0”01 environ. 


Vingt-cinq cannelures peu profondes, separees par des aretes vives ; la par- 
tie inferieure, lisse sur une hauteur variant de 0“ 085 a 0“ 010, formait tenon 
et s’encastrait dans une cavite, profonde de 0 m 11, creusee dans le rocher ; tout 
autour, celui-ci avait ete travaille de maniere a former autour du pied de la 
colonne une sorte de plinthe circulaire, en saillie de 0 m 034 sur la surface envi- 
ronnante, et d’un diametre de l m 06; faisant etat de ce fait, Clarke avait voulu 
reconnaitre dans la colonne une colonne proto-dorique a base, du type de celles 
de Beni Hassan (Springer-Michaelis, Handbuch der Kunstyeschichte, I, AUer- 
tum, 8“ ed., 1907, p. 27, fig. 66); sans merae rechercher si cette disposition 
n avait pas pour simple objet de proteger la colonne, il importe de noter que 
nous n avons pas de moyens pour determiner l’ordre auquel cette colonne 
appartient, les aretes vives des cannelures ne prouvent rien, puisqu’on les 
retrouve frequemment, a 1 epoque archai'que, sur des futs ioniens (exemples 
a Naucralis, a Ephese, a Delphes, a Delos, sur l’acropole d'Athenes), et l’ana- 
logie de la colonne des naxiens, a Delphes, invoquee par Clarke, se retourne 



N° 271 — AS30S : FRAGMENT dYn PF.T1T tPISTYI.E 2-‘> 

contre sa th&se depuis qu’a dtd retrouve le chapiteau ionique de cet ex-voto. 
La colonne d’Assos reste cependant interessante, et peut-elre unique, par le 
nombre impair de ses cannelures. L’inscription gravee au creux d’unedes can¬ 
nelures peut se lire : 

ANSTANVP^Ik:///// ’Api-TTavJce I*... 

SOMlIII •••*«»« 

R. Sitlington Sterrett, Papers of the american school of classical studies at Athens, 
I, 1882/3 (Boston, 1883), p. 3, n° I, pi. p. 2 (cf. W. Ramsay, American journal of 
archaeology, I, 1885, p. 149) ;— J. T. Clarke, American journal of archaeology, II, 
1886, p. 267-285 ; Report II, p. 77;— Perrot, Histoire de I'art, VII, 1898, p. 440-441 ; 
fig. 224, p. 442. 


270 (1921) Petit Epistyle A double face. 


Assos ; envoye au mus4c par Eyoub Sabri elTondi le 23 mars 1897, avec les n < " 258. 261, 
263, 257, 268, 269, 271,272, 273, 271. 


Andesite; faces laterales dress4es 4 l'avadjp'oat^ ; aretes droites mulilees ; 4 chaque 
cxtr4mit6 de la face supiricure, mortaise pour crampon en double T ; au milieu, mortaise 
rcetangulaire profonde et, 4 droitc de cette morlaisc, trou de bardage; sur la face infi- 
rieure, mortaise reclangulaire 4 chaque extremity ; hauteur, O’" 385; longueur, 1™ 22 ; epais- 
seur, en haut, 0“ 35 ; en bas, 0 m 335 ; hauteur de l'architrave, O'" 19 : de la frise, 0"'19 ; 
largeur du triglyphe, 0 m 11 4 0 m 115 ; de la metope, 0 m 16, 0 m 155 et 0°’ 115. 

Petit Epistyle monolithe; face principale : architrave unie, avec taenia et 
regulae a six gouttes ; frise de triglyphes et de metopes lisses, celles-ci cou- 
ronnees par un bandeau d'environ 0"'035, a peine saillant, mais accuse par un 
si lion horizontal; sur chaque triglyphe, une petite « goutte » descend du ban¬ 
deau superieur sur le pan exlerieur du premier et du dernier glyphe ; le bloc 
eomplet comprend Irois triglyphes, un demi-triglyphe a chaque extremite et 
quatre metopes ; — au re vers, architrave ionique a trois fasces et frise nue 
couronnde par une astragale. 

Nous ignorons de quel monument proviennent ce fragment et les suivants. 


271 (1920) Fragment d’un petit Epistyle. 

Assos; envoye au must'e par Kvoub Sabri elfendi le 23 mars 1897, avec les n“‘ 258, 261, 
265, 267, 268, 269, 270. 272, 273, 27 1. 


Anddsilc; brisi au rovers ,4 moilii dc son epaisseur) ct 4 gauche ; eomplet 4 droitc; 
face latirale dressiic ; hauteur, 0" 1 375 ; longueur maxima, 0“80 ; ipaisseur actuelle, envi- 



26 


N° 272 - ASSOS : PETIT EPISTYLE A DOUBLE FACE 


ron 0” 10; hauteur de I’architrave, 0" 175 ; de la frise,0“ 198 ; largeur du triglyphe, 0” 135; 
de la metope, 0” 175 et 0" 18. 

Semblable au precedent (il reste deux metopes et deux triglyphes avec un 
demi-triglyphe contre l’arete droite) ; quelques variantes : les regulae et le 
glyphe exterieur des triglyphes ne paraissentpas avoir eu de gouttes; le sommet 
de la metope porte un bandeau de 0 ra 02 de haut, a peine saillant, mais accuse 
par un sillon; malgre ces differences, les dimensions sont si voisines dans les 
deux fragments qu’il reste possible (la pierre ne comportant pas une taille bien 
reguliere) qu’ils proviennent d’un meme ensemble. 


272(1922) Petit Epistyle a double face. 


Assos ; envoye au musee par Eyoub Sabri effcndi le 23 mars 1897, avec les n°‘ 258, 264, 
265, 267, 268, 269, 270, 271, 273, 274. 

Andesite ; faces late rales dress£es (la droite 6 l’ivaOuptoot;) ; face superieure : aux extre¬ 
mities, mortaise pour scellement en double T; au milieu, profonde mortaise oblongue et, 4 
sa gauche, trou de bardage rectangulaire ; — face inferieure : a gauche, trou de bardage 
ouvert sur l'arite commune a cette face etilla face laterale; 4 droite, entre le linteau et 
l’arete lat4rale de l'epistyle, mortaise rectangulaire pratiqude au milieu d'un lit de pose 
faiblement ravale pour recevoir le pied-droit; au milieu, pr4s de l’arete posterieure, sous 



1 architrave lomque, mortaise circulaire ; — face posterieure : 4 l’extremite droite du lin¬ 
teau, mortaise rectangulaire profonde de 0-" 10 , large d’environ 0“ 08, et, 4 c6te, petite 
mortaise circulaire ; — hauteur totale, 0” 495 ; de l’epistyle proprement dit, 0” 38 : de 
1 arehdrave donque 0« 185 ; de larchitrave ionique, 0” 30 ; de la frise (face et re vers), 
ft” as’ll'asl e ? U ’t ■‘ > ’i totale, 1“ 225 ; du linteau, 0“ 92 ; epaisseur, environ 

0-15 e ( lO» l^fdelamSe0» 5 Ul ' geUP dU lri ’ ly > >he ' 


Epistyle monolithe, analogue au precedent, dorique sur sa face anterieui-e, 
lomque au revers; la partie du bloc qui correspond a la fasce inferieure de 
larchitrave ionique (hauteur, 0- 115) est evidee par une section bien dressee 



N° 274 - ASSOS : TAMROL'R dVm- COLONNETTE ENGAGER 


27 


qui l’arrete k 0 m 135 du bord lateral gauche, a 0 m 14 du bord lateral droit et 
O'" 14 en retraite du bord inferieur de l’architrave dorique ; elle constitue ainsi 
un petit linteau, qui, raltache par un profil (quart de rond, baguette, listeL a 
la face inferieure de l'architrave, devail former le couronnement d’une baie. 


273(1917; Tambour d’une colonnette engagde. 


Assos ; envoy£ au musde par Eyoub Sabri efTendi lc 23 mars 1897, avec les n" 258, 264, 
265, 267, 26R, 269, 270, 271, 272, 274. 


Andesite; mortaise rcctangulaire sur la face sup6rieure avec canal pour couler lc 
plomb) et sur la face inferieure ; hauteur, 1" 725 ; diamllre, O' 225 ; largeur du pilier, 
0" 255 ; 6paisseur, 0“ 20. 


La colonnette, engag6e dans un pilier dont la largeur depasse a peine son 
diametre, est creus^e, sur une hauteur de l m 10, de onze cannelures peu pro- 
fondes 4 aretes vives ; la partie inferieure (0 m 625) est lisse, non pas cylin- 
drique, mais taillee par onze pans coupes qui correspondent aux cannelures de 
la partie superieure (les aretes sont presque effacdes par l’usure de la pierre et 
ce travail n’npparait que sous une eertaine lumiere'. 


274 (1919) Tambour d’une colonnette engagde. 


Assos ;envoye au musie par Eyoub Sabri efTendi le 23 mars 1897, avec les n“‘ 258, 264, 
265, 267, 268, 269, 270, 271, 272, 273. 


Andesite ; cassure oblique 5 la partie inferieure ; revers, faces superieure et lateralcs 
dresses; la face laterale droile presente, conlre la face anterieure, une zone large de 0“ 10, 
et, au deli, un second niveau, ravaie d’environ 0” 01 et peut-elre dresse avec moins de 
soin (ou plus erode); sur la face superieure, mortaise ,rectangulaire, encore remplie de 
plomb, et canal pour couler le plomb ; hauteur, 0" 87 ;diamitre de la colonnette, enbas, 
0” 25 ; cn haul, 0“23 ; largeur de la dalle, 0* 385 ; epaisseur, de 0" 19 i 0" 20. 


La colonnette, creusee de onze cannelures, est engagee dans une dalle 
6troite qui la deborde, k gauche, de moins de 0“ 01, k droite de 0“ 123 (en 
bas) k 0 m 133 (en haul) ; sur toute la hauteur de la partie debordante, court 
un listel de section demi-circulaire dont la distance it la colonnette varie de 
0"’ 03 en bas it 0“ 05 en haut; ce listel fait, sous 1’arete superieure du bloc, un 
retour a angle droit, long de O'" 03 et dirigfi vers la colonnette. Cette disposi¬ 
tion semble indiquer avec certitude que la colonnette motivait une porte 
dont le pied-droit de gauche etait constitue par la partie debordante ; le bour- 



28 


CHAPITEAUX fiOLlEKS 


relet devait se continuer sur le linteau et y dessiner un chambranle factice a 
crossettes. On notera que l’arete ext^rieure du pied-droit et le listel, bien 
qu’exactement verticauxetparallelesal’axe de la colonnette,paraissent obliques, 
Jeur distance au bord de celle-ci augmentant 5 mesure que le fut s amincit ; 
il en resulte que la porte elle-meme devait donner 1 illusion de se retrecir 
vers le haul, conformement au parti generalement adopte par les architectes 
anciens, et bien que l’ouverture en fut exactement reetangulaire. 


CHAPITEAUX EOLIENS 


Ces chapiteaux doivent leur nom au fait que la plupart d’entre eux, et les 
plus caract^ristiques, out ete trouves en terre eolienne, soit surle continent, a 
Neandria (n° 275) et a Larisa (n os 277-280), soit dans l’ile de Lesbos (n° 276). 
Aux specimens de cette provenance reunis ici, il faut ajouter les autres frag¬ 
ments recueillis par M. Koldewey a Neandria et ceux qu’il a releves ou signa¬ 
ls dans la meme tie de Lesbos, au temple d’Apollon napeen (Die antiken 
Bauresle der Inset Lesbos, p. 45; pi. 16). La presence du meme motif k Assos 
montre combien il a ete en faveur dans cette region [Clarke, Report on the 
investigations at Assos, 1882, 1883 , New-York, 1898, p. 136-137; fig. 33 
(acrotere du temple ;cf. la restauration, fig. 63, p. 271); ansed’amphore, fig. 42, 
p. 176]. Cette belle serie constitue un document Ires important pour l’etude 
des origines du chapiteau ionique ; nous nous bornons a resumer ici les prin- 
cipaux elements de la question. 

Restauration du chapiteau. — La restauration de M. Koldewey ( Neandria , 
51. Programm zum Winckelmannsfeste, Berlin, 1891), qui a 6te adoptee au 
musee imperial, a ete contestee par M. Doerpfeld (ap. Perrot, IUstoire de I'arl, 
YU, P- 623 sq.). D’apres ce savant, le temple de Neandria etait periptere ; les 
volutes constitueraient a elles seules le chapiteau des colonnes de la perisla- 
sis ; le calice de feuilles retombantes et le kymation de feuilles closes, qui se 
placerad au dessous de lui, formeraient ensemble un second chapiteau, celui 
de lacella (Perrot, l. 1., fig. 277, p. 624). Les critiques de M. Doerpfeld ne nous 
paraissent pas convaincantes : la presence d’une peristasis a Neandria reste 
extremement douteuse (cf. Koldewey, l. 1 ., p. 30-31); l’analogie qu’il signale 
entre le chapiteau de la cella, tel qu’il le reconstitue, et un chapiteau helldnis- 
tique d’Aegae (Perrot, l. 1 ., fig. 278, p. 627), ne pourrait passer pour un argu- 



CHAPITEALX EOLIENS 


29 


ment que s’il etait 6labli que ce dernier est reellement un chapiteau complet; 
rappelons qu’un archeologue aussi competent en matiere d’art decoratif 
ancien que M. Meurer declare ne pas eonnaitre un seul exemple d’un monu¬ 
ment grec « qui puisse demontrer l’emploi, comme chapiteau, d’une couronne 
de feuilles retombanles sans volutes » ( Vergleichende Formenlehre des 
Ornaments und der Pflanze, p. 499, notej. L’objection la plus forte de 
M. Doerpfeld — l'absence de trou de scellement sur la face superieure du 
bloc ou est sculpte le calice retombant (cf. Koldewey, l. L, p. 33) — perd 
beaucoup de sa portee si Ton observe que Ies tambours de la colonne, dont 
les diamelres ne depassent pas 0 in 53, ne sont eux-memes lies entre eux par 
aucun tenon (ibid., p. 32-33); le kymation de feuilles closes, scelle au bloc des 
volutes, pouvait done reposer librement sur le calice retombant, scelle au tam¬ 
bour superieur, comme celui-ci surle tambour suivant. D’autre part, il est bien 
vrai que les volutes presenlent une face et un revers qui se distinguent tres 
nettement par le travail plus ou moins pousse ; mais en faut-il conclure necessai- 
rement qu’elles etaient placees dans le portique exterieur, le c6te le moins 
acheve 6tant tourn6 vers l’interieur ? Nous ne le pensonspas. Le chapiteau de 
Neandria, comme Fa bien vu M. Koldewey, etait employ^ comme support 
transversal: la cella n’ayant qu’un rang unique de sept colonnes dressdes sur le 
grand axe, les volutes se d6veloppaient perpendiculairement ace grand axe, et 
seul le plateau, form6 sur la face superieure du chapiteau par les feuilles 
mddianes de la palmelte, supportait lepoitrail longitudinal surlequel prenaient 
appui les poutres du plafond (Koldewey, p. 43, fig. 65). C’estSi tort, croyons- 
nous, que cette reslauration a ete contestee (von Groote, Die Entstehung des 
jonischen Kapitells, p. 10-11 ; cf. le dessin de Choisy, Ilistoire de Varchitec- 
ture, I, p. 257, fig. 3). Sans insister sur les raisons d’ordre technique d’ou 
M. Koldewey l’avait deduite, on peut faire observer qu’il y a une sorte d’absur- 
dit6 k faire porter le poids de l'6pistyle sur les volutes, element qui, par defi¬ 
nition, est conpu comme essentiellement flexible et d^nue de resistance. Si 
cette absurdite aet6 commise dans la suite (M. Koldewey en signale un cas a 
N6andria meme, l. 1., p. 43 ; cf. plus bas noire chapiteau de Metelin, n° 276), 
elle n’en est pas moins contraire au principe meme du chapiteau ionique et 
les maitres qui ont cree le chapiteau classique se sont bien gardes d’y tom- 
ber. D’ailleurs, si le plateau forme par les feuilles centrales de la palmette 
se trouve & Neandria h un niveau plus elev6 que les volutes et constitue ainsi 
une sorte d’abaque, e’est pr^cisement pour conserver aux volutes toute leur 
inddpendance; objectera-t-on que la meme explication vaut dans Femploi lon¬ 
gitudinal du chapiteau, il reste que celui-ci produit un effet beaucoup plus deco¬ 
ratif s’il est employ^ transversalement; dans l’hypothese opposee, l’^pistyle, 
bien que s6par6 de la volute par une distance de quelques centimetres, parai- 
tra, d’en bas, peser sur elle, en deformera le caractere et en alt^rera la franchise 
des contours. 



30 


CI1APITEAUX EOLIENS 


De toutes manieres, il importe de mettre en lumiere ce fait: les deux ele¬ 
ments dont est forme le chapiteau de Neandria ne sont pas reunis arbitraire- 
ment; on les retrouve sur les colonnes egyptiennes de baldaquins, si souvent 
representees sur les peintures murales (cf. par exemple, Puchstein, Die ionische 
Saeule, fig. 27 a-c, p. 25), et sur les chapiteaux achemenides qui sont plus 
recents que celui de Neandria, mais qui derivent d’un prototype ancien ; on les 
retrouvera de meme sur le chapiteau classique, qui est en realite un chapiteau 
composite, forme de deux parties distinctes, les volutes et le kymation. Trou- 
vant au meme lieu des fragments de ces deux parties, qui, rapproches, consti¬ 
tuent un organisme harmonieux, s’inserant logiquement dans revolution des 
formes ioniques, a-t-on le droit de les dissocier ? Nous ne le croyons pas , il 
semble d’ailleurs que la theorie de M. Doerpfeld ait rencontre peu de faveur ; 
parmi ceux qui se sont occupes recemment de la question, Michaelis seul a paru 
s’y rallier (Springer-Michaelis, Handbuch der Kunslgeschichle , I, Alterium , 
8 e ed., 1907, p. 137 ; fig. 272 a, 272 h, p. 136). La deeouverte a Larisa d’un 
calice de feuilles closes a cote du bloc des volutes est venue confirmer la 
restauration de M. Koldewey (cf. n° 277). 

Origine du motif. — Choisy expose en ces termes l’origine du chapiteau 
ionique : « le chapiteau ionique derive d’un couronnement de poteau... qui 
consiste 4 interposer entre le montant et le poitrail qu’il supporte une pifece 
horizontal faisant sous-poutre ou sommier. Que l’on arrondisse les extremites 
de ce sommier de bois, on arrive a la silhouette generale du chapiteau ionique » 
(Histoire de V architecture, I, p. 352). A cette « theorie du sommier » (Sat- 
lelholz), qui est encore soutenue par MM. Kawerau ( Jahrbuch des archaeolo- 
gischen Instiluls, XXII, 1907, p. 200-201) et von Lichtenberg ( Die ionische 
Saeule, 1907) et partiellement conservee par M. Noack ( Die Baukunst des 
Alterlums, 1910, p. 33-34), s’oppose avec toujours plus de force la theorie qui 
fait de la colonne ionique grecque un derive de la colonne vegetate egyptienne. 
Nous ne pouvons retracer ici, meme sommairement, les principales phases de 
cette evolution ; apres M. Dieulafoy ( L'art antique de la Perse, III, p. 31 sq.), 
Puchstein 1 a indiquee ( Die ionische Saeule, 1907), et les documents reunis 
en tres grand nombre par M. Meurer (l. supra l., Abteilung II, p. 51 sq., 
et XXI, p. 488 sq.) permettent de la suivre aisemenl depuis i’element pri- 
mitif egyptien jusqu’a la forme classique du chapiteau. Get element primitif, 
on avait cru le retrouver dans la liliacee qui est la plante symbolique de I’figypte 
du Sud, comme le papyrus est celle de la Basse-Egypte. Tout recemment, 
M. von Luschan a exprime une hypothese ditferente: s’appuyant principale- 
ment sur un relief heteen decouvert en 1908 par M. Garstang a Saktche Gueuzu 
(Annals of archaeology and anthropology issued by the Liverpool institute 
of archaeology, I, 1908, pi. XLI ; cf. Orientalistische Literaturzeitung, 



CHAPITEALX gOLIE.NS 


31 


XII, 1909, pi. II, aux col. 379-380, fig. 2 ; un motif semblable se retrouve sur 
un relief decouvert a Tell Halef par le B on Oppenheim), il a cherche k montrer 
que la pr6tendue liliacee etait un palmier-daties et que les volutes ioniques 
precedent d'une imitation stylisee de la feuille du palmier ( Entstehung und 
Herkunft der ionischen Saeule , Der alle Orient , XIII, 4, 1912) ; la meme 
demonstration a et6 faite en meme temps et independamment par M. G. Pinza 
(Annuario della associazione arlistica fra i culloridiarchitetlura, Rome, 1912, 
p. 74-79;. 

Le motif des volutes verticales se retrouve sur un grand nombre de monu¬ 
ments, non seulement en figypte, mais en Mesopotamie, en Phenicie, chez les 
Heteens, en Perse, dans les provinces de l’art mycenien et ionien (y compris 
l'Ktrurie), & Chypre et jusque dans la Grece archaique (cf. Puchstein, Meurer, 
Lusclian, ll. supra ll. ; pour la Palestine, ajouter Jahrbuch des archaeolo- 
gischen Inslituts , XXII, 1907, archaeologischer Anzeiger, col. 299-300, fig. 18, 
et 307-308, fig. 23); il s'est conserve tres longtemps dans l’Afrique punique 
(cf. Saladin, Nouvelles archives des missions , II, 1892, p. 464 sq. ; S. Gsell, 
Bulletin archeologique du comile , 1900, p. 379-381 ou Ton trouvera de nom- 
breuses references). 

Transformation des volutes « verticales » en volutes « horizontales ». — 
Dans le chapiteau 6olien, les volutes sont form^es par l’enroulement de deux 
tiges dressees qui se separent des leur naissance ; dans le chapiteau classique, 
les tiges ont disparu et un canal horizontal relie entre elles les deux volutes. 
Comment a-t-on passe de l’un & l'autre? Il est inutile, croyons-nous, de recou- 
rir a l’hypothese d’une double origine; il semble en elTetque, les volutes une 
fois tracees, l’id^e de les unir par un trait qui les enveloppe et ferme les con¬ 
tours de la figure soit de celles qui s'offrent spontanement a l’esprit. Les deux 
types apparaissent, en Orient comme en pays grec, des une epoque tres 
ancienne (Meurer, /. 1., p. 500-501, pi. 7); les reliefsde Mycenes(Perrot, His- 
loire de Tart, VI, fig. 361, p. 766; fig. 362, p. 767; cf. fig. 363) presentent 
d6jii des dessins curvilignes qui paraissent comme la projection lineaire d’un 
chapiteau ionique primitif; le chapiteau de Larisa (n° 277) reunit les deux 
types, le motif sculpte au dessous des grandes volutes se reduisanten somme a 
deux volutes rattach^es par une courbe. Or les volutes « verticales » avaient, 
au point de vue constructs, de grands inconvenients: inutilisables sur la colonne 
d’angle, elles ne presenlaient, pour une masse considerable, qu’un support tres 
reduit, si l’on admet qu’elles etaient employees comme support transversal, ou 
assez fragile dans l’autre hypolhese (une des volutes de notre n” 278 s’etait 
bris6e et a ete reparee des l'antiquite). D’ailleurs, elles avaient un carac- 
tere naturaliste qui contredisait les tendances g6om6triques et abstraites de 
l’esprit grec. Il 6tait done inevitable qu’elles se transformassent. Le chapi- 



32 


CHAPITEAUX EOLIENS 


leau de Larisa (n° 277) presente a cet egard un interet particulier, parce 
que, dans une silhouette qui ressemble encore beaucoup a celle du chapi- 
teau de Xeandria, il temoigne deja d’un esprit tout different, marquant un 
progres notable vers une plus grande stylisation et un recul sensible du carac- 
tere vegetal. 

Toute une serie de monuments nous permet de suivre cette transforma¬ 
tion qui eut pour effet de diminuer le volume du chapiteau en en augmentant 
la valeur active et en l’adaptant mieux aux besoins de la construction. Deja 
surles chapiteaux de Metelin (n° 276) et de Nape, toute la face superieure est 
de niveau et devenue surface portante. Si, d’autre part, dans le chapiteau de 
Larisa (n° 277 1 , on elimine le motif curviligne inferieur, qui, quelle qu'en soil 
l’origine, n’y apparait plus que comme une addition arbitraire, illogique, des- 
tineeii disparaitre, on sera naturellement amene a couper le bas des volutes, 
non plus par la ligne ondulee qui leur est imposee par les contours de ce 
motif, mais par une simple ligne horizontale, et Ton obtiendra un chapiteau 
qui ressemblera beaucoup aux chapiteaux « eoliens » de Delos (Perrot, Histoire 
de Vart, VII, pi. JLIII, fig. i) etde l’acropole d’Athenes (ibid., fig. iv ; cf. Meu- 
rer, l. p. 502, fig. 7). Un autre chapiteau delien (Perrot, l. /., fig. iii ; cf. 
British Museum, Cat. of sculpture, II, n° 443 ; Meurer, l. 1., p. 502, pi. 8, 3), 
qui est d6ja un chapiteau ionique, montre les tiges des volutes coupees plus 
haul encore, s’arretant, sous l'arele meme du bloc, en face l’une de l’autre, et 
separeespar une palmette tres reduite. Un chapiteau athenien (Jahrbuch des 
archaeologischen Instituts, III, 1888, p. 276, fig. 17) offre une solution diffe- 
rente, mais identique dans son principe. La solution definitive reside dans 
l’union des deux volutes par un canal dont l’inflexion vers le bas rappelle 
encore le mouvement vertical de la volute ionienne; elle est realisee dans les 


chapiteaux archaiques de Larnaca (H. Saladin, l. supra l., p. 462, fig. 76), 
d’Kphese (Hogarth, Excavations at Ephesus , pi. VI-VII; cf. Wilberg dans 
Eorschungen in Ephesos, fig. 199-203, p. 232-233), de l’acropole d’Athenes 
(Perrot,/. /., pi. LIII, fig. v), deLocres (Meurer, l. /., p. 489, fig. 2). Dans le 
chapiteau de la colonne des naxiens a Delphes, le canal est rectiligne (Perrot, 
/. /., pi. LIVj. En meme temps ces chapiteaux laissent voir clairement les deux 
elements distincts dont ils sont formes : volute et kymation se sont rappro- 
ches, se superposent immediatement, mais conservent encore une existence 
.ndmduelle (cf le chapiteau d’une colonne votive d’Egine, Mgina, I, p. 156; 

’.,- 7 r ’ 6 cha P lleau de M oschonisi, Athenische Mitteilungen, XXIX, 1904, 
P-~> ’ “&• *); le kymation, enserrant toute la circonference de la colonne, 
rorto„,„, co„v,« .1 parfois reer.uaa e„ , rehil manitealemenli mal . 

sre laspect ovo.d, de sea element,, son engine vegdtale et le, rapport, direct, 

L “T" * “" er '“ e de /“'"*” retombantes. On notera ,pec,element 

q»e ie, chap.te.n, du type de fEreehlheion av«r 1,„„ cd, p, r ,i e ,_ kj ,nation 



N" 27:; - CIIAPITKAl fiOLIEN 


33 


cl oves, tore decore d’entrelacs el volutes — reproduisent, avec un remarquable 
parallelisme, la composition de celui de Neandria; le cordon de perles, place 
uu dessous des oves, n’est qu’une interpretation decorative du tore place au 
sommet de la colonne de Neandria, comme celui-ci n’est lui-meme qu'une imi¬ 
tation du bourreletqui enserre le haut de la colonne vegetale egyptienne (cf. le 
chapiteau du monument des Nereides et un fragment de Berlin, ap. Puchslein, 
Das ionische Capilell, fig. 19 et 17, p. 28 et 26). 

Sur le temple de Neandria (6 x 11 colonnes ; cella a colonnade cenlrale unique 
sans pronaos ni opisthodome), cf. Koldewey, Neandria (51. Programm zum Winckel- 
mannsfeste, Berlin), 1891, p. 22 sq. 

Surles fouilles de Larisa (1902), dont la publication n’a pas encore paru, cf. L. Kjell- 
berg, Graefningarne i Larisa, Upsal, 1904 (Sprakvelenskapliga Saetlshapets i L'psala 
Foerhandlingar, 1900-1903) ; Jahrbuch des archaeologischen Instituls, XX, 1903, 
p. 201 ; XXI, 1906, archaeologischer Anzeiger, col. 265. 

Sur l’exposition de ces chapiteaux au musAe, cf. S. Reinach, Rerue archtolo- 
gigue, 1895, II, p. 343 ; Chronigues d'Orienl, II, p. 451; A. Joubin, Comples rendus 
de 1'Academic des inscriptions, 1898, II, p. 467; Ilalil Edhcm bey, Jahrbuch des 
archaeologischen Instituls, XXIII, 1908, archaeologischer Anzeiger, col. 113 ; G. Men¬ 
del, Revue de I'arl ancien et moderne, XIII, 1909, t. xxvr, p. 239. 


275 (704) Chapiteau Mien. 


Les volutes furent trouvAes le 21 septembrc 1882 par .1. T. Clarke, sur lc sommet du 
Tchigri dagh (entre Assos et Troie, A hauteur de TAnAdoset A 10km. environ de lu cote ; 
cf. Clarke, Report on the investigations at Assos, 1881, Boston, 1882, p. 115-117, A 
400 mitres environ de l’cndroit ou M. Koldewey dAgagca, en 1889, les substructions du 
temple de NAandria ; clles furent transportAes par M. Koldewey A Aklclie kcui, dans la 
fernie de M. Calvert qui en fit don au musAe le 1" mars 1895; les fragments qui out Aid 
utilises pour la rcstauralion de la partie infArieure proviennent des fouilles de M. Kolde¬ 
wey. 


Tuf volcanique A grains fins (liparite) ; manque la plus grande partie de la volute droite ; 
face anterieure : l enroulement infArieur de la volute gauche esl ArodA Ires profondAment: 
uombreuses Apaufrures sur lc listel qui horde la spirale et A la partie supArieurc de la pal- 
mette ccntrule ; face posterieure : la partie conscrvAe de la volute droite fe’est la gauche 
quatul on regarde cette face) est profondement mutilAe ; de la palmette centrale, il ne 
resle que 1'extrAmitA infArieure des pAtales ; Arosions sur le listel de la volute gauche et 
pres de l’ceil ; — mortaisc pour goujon sur la face infArieure du bloc des volutes; — la 
partie infArieure du chapiteau esl, sauf quclqucs fragments antiques — placAs sur la face 
antAricure — unc rcslauralion en plfttrc cxAcutAe d’aprAs les eludes et les dessins de 
M. Koldewey ; hauteur totale, Atat actuel, 1" 33 ; hauteur du bloc des volutes, 0" 60 ; lar- 
geur (supposed complete), mcsurAe sur le diametre horizontal de l’ceil de la volute, 1“ 19 ; 
distance entre le centre des yeux, environ 0 m 72 ; hauteur de la volute, 0“ 51 ; epaisscur de 
la volute, 0” 35 ; diamAtrc de l’ceil, 0” 12 ; diamAtre infArieur du bloc des volutes, mesurA 
sur l'axe antAro-postArieur, environ 0“ 35; sur l'axe transversal, environ 0“ 375 ; hauteur 
du calicc fermA, 0“ 24, dont 0" 07 pour le tore (restaurA) ; hauteur du calice retombant, 
0" 29, dont 0™03 pour le tore (antique). 



34 


N° iVS — CHAP1TEAU fiOLlEX 


Tel qu’il est restaure ici — avec des elements qui n’appartiennent pas les 
uns aux autres, mais selon un principe que nous croyons le vrai — le chapi- 
leau comprend trois parlies, taillees chacune dans un bloc distinct; au dessus 
de la colonne, qui porle un petit tore un peu au dessous de l’extremite du fut, 
s’epanouit une large collerette de dix grandes feuilles retombantes, a nervure 
cenlrale saillante el bordees d’un filet plat ; elle est surmontee d’une sorle de 
calice clos, d’un prolil fortement convexe, forme de douze feuilles droites en 

forme de large fer de lance, dont la 



base semble serree par un petit 
tore qui le separe de la premiere 
collerette et dont la pointe est ca- 
chee sous un tore plus epais qui 
motive le passage du calice aux vo¬ 
lutes (le petit tore est sculpte sur le 
bloc inferieur, le gros sur le bloc 
moyen). Les volutes sont taillees 
dans un seul bloc, de base a peu 
pres circulaire; adossees a leur 
naissance, elles se relevent verticale- 
ment en se creusant un peu, puis se 
recourbenl sur les c6tes, decrivant 
une triple spirale dont l’epaisseur va 
diminuant, etlaissant en leur milieu 
un grand ceil evide de part en part; 
la saillie de la volute est telle que 


la plus grande parlie de la spirale 
lombe en dehors de l’aplomb de la colonne et que le point le plus bas de 
l’enroulement exlerieur se lient a 0"’ 015 environ au dessus du joint des deux 
blocs superieurs ; les contours de la lige gdneratrice sont accuses par un petit 
listel saillant contre lequel elle vient mourir avec un profil legerement con¬ 
vexe ; le tympan, determine par l’ecarlement des deux tiges, est orne et 
rempli par une palmetle dont la feuille exterieure, a droite et a gauche se 
detache des autres et s’applique au dos de la volute jusqu’au point oii celle-ci 
commence a s’mflechir vers le bas; les cinq autres feuilles, unies en un fais- 


ceau compact, se terminent a un meme niveau, legerement superieur a celui 
qu altemt le premier enroulement de la volute, meme augmente de la feuille 
exterieure de la palmette ; il se forme ainsi sur la face superieure du chapiteau 
un petit abaque en saillie d environ O'” 04, long d’environ 0-51, et d’une 
epa.sseur egale a celle de la volute : e’est sur lui et sur lui seul que portait 
scellements) 1 .rch,.rave « loul I, poid, d, la fern,,. Le, feuille, del. 
palmette ,o„l de forme, ddttrente, : la f eui l le ex t6rieure e,t i arete 



X® 275 - flllAPITEAU EOLIIIX 


3-‘i 

vive. suns listel; les feuilles inlerieures, cernees chucune d'un listel plat, 
soul, la premiere et la cinquieme concaves, la deuxieme et la quatrieme con- 
vexes, la fcuille centrale ii arete vive. — Au revers, le travail est moins pousse, 
et il y manque le listel sur les aretes de la spirale. 

Sur la legitimile de la restauration adoptee ici, l’origine et le caractere du 
chapileau, cf. plus haut, p. 28 sq. ; — d’apres M. Koldevvey, le temple de 
•\6andria daterait encore du v» e siecle av. J.-C. 


J. Thachcr Clarke, American journal of archaeology, II, 1886, p. 1 sq., 136 sq. 
(imprim6 a part sous Ic titre A proto-ionic capital from the site of Seandria, Baltimore, 
1880,; Classical rewiew, II, 1888, p. 264 sq. ; Report on the investigations at Assos, 
1882, 1883 (Papers of the archaeological institute of America, classical series, II), 
New-York, 1898, p. 137, 175, 176 et note 3 a cette page ; — A. L. Frotingham Jr., 
American journal of archaeology, III, 1887, p. 37 ; — W. II. Goodyear, ibid., p. 271 
sq. ; — A. Furtwaengler, Collection Sahouroff, 1883-1887, I, introduction, p. 10-11; 
Deutsche Rundschau, l cr mars 1908, p. 370 sq. ; — O. Puchstein, Das ionische 
Capilell (47. Programm zum Winckelmannsfeste, Berlin , 1887, p. 35-56 ; fig. 46, 
p. 56 ; Jahrbuch des archaeologischen Inslituts, XXI, 1906, archaeologischer Anzei- 
ger, col. 57 ; Die ionische Saeule als klassisches Rauglied orientalischer Herkunft 
^Sendschriftcn der deutschen Orient-Gesellschaft, n° 4), 1907, p. 40-41 ; fig. 49, 
p. 40 ; — S. B. P. Trowbridge, American journal of archaeology, IV, 1888, p. 23, 
fig. & la note 1 ; — Allan Marquand, ibid., p. 42-44. ; — R. Koldewey, Die antiken 
Rauresle der Insel Lesbos, 1890, p. 45; Neandria |51. Programm zum Winckel- 
mannsfcsle, Berlin), 1891, p. 33 sq. (l’exemplaire du musfie, p. 38-39 ; fig. 62, 
p. 38); — Ch. Diehl, Revue des Uudes grecgues, V, 1892, p. 442; — II. Sala- 
din, Nouvelles archives des missions, 1892, p. 465, note 1, et fig. 82 a cette 
page; — J. Durm, Die Raukunst der Grieclien, 2 1 ' ed., 1892, p. 246 ; fig. 166, 
p. 243 ; — S. Reinacli, Revue archiologique, 1893, II, p. 224 ; Chroniques d'O- 
rient, II, p. 205 ; — F. Noack, Jahrbuch des archaeologischen Inslituts, XI, 
1896, p. 240 sq. ; Die Raukunst des Altertums [1910], p. 34, fig. 5 ; — G. Perrot, 
Ilisloirc de l' art, VII, 1898, p. 618-621, 622-628, 630, 637, 648, 660; pi. LII, fig. u, 
p. 619; fig. 275, p. 621; [la thdoric de M. Doerpfeld expos^e ibid., p. 623-627'; 
VIII, 1903, p. 256 ; — A. Clioisy, Ilistoire de l'architecture [1899], I, p. 237, fig. 2.1 ; 
— Collignon-Pontremoli, Pergame, 1900, p. 112 ; — B. Graef, Jahrbuch des archaeo¬ 
logischen Inslituts, XV, 1900, archaeologischer Anzeiger, p. 203 ; — F. von Reber, 
Ueber die Anfaenge des ionischen Raustils (Abhandlungen der histor. Klasse der kgl. 
bayerischcn Akademie der Wissenschaflen, 19004, p. 100 sq. ; fig. 1, p. 101; p. 110; — 
K. Woermann, Geschichle der Kunst aller Zeiten und Voelker, I, 1900, p. 232-3; — 
A. E. Henderson, Records of the past, I, 1902, p. 303, n° xvm, et fig. p. 302 ; — R. 
Bormanu et Neuwirth, Geschichle der Baukunst,\, 1904, p. 119, 136 ; — Br. Schroe- 
dor, Atlienische Mitteilungen, XXIX, 1904, p. 33 ; — L. Kjellberg, Jahrbuch des 
archaeologischen Inslituts, 1905, p. 193, note 34 ; — AV. J. Anderson et R. Phene 
Spiers, Die Archilektur von Griechenland und Rom, 1905, p. 58 ; — M. von Groote, 
Die Enlstehung des jonischen Kapitells und seine Redeutung fuer die griechische Bau- 
kunsl (Zur Kunslgeschichte des Auslandes, Heft XXXI Yj, 1905, p. 3 sq. et passim ; — 
Erwin Wurz, Plastische Dekoration des Stuetzwerkes in Baukunst und Kunstgewerbe 
des Altertums (Zur Kunslgeschichte des Auslandes, Heft XLIII;, 1906, p. 41, fig. 24; 



36 


N° 270 - CllAMTEAU tiOI.lKN 


_ R von I.ichtenberg, Die ionische Saeule a/s klassisches Bauglied rein hellenischem 

Geiste entwachsen, 1907, passim ; — Kawerau, Jahrbuch des archaeologischen Insti- 
tnts XXII, 1907, p. 201, fig. 7; — II. Thiersch, Zeitschrifl fuer Geschichie der 
Archileklur , I, 1907/8, p. 256 sq.; — Springer-Michaelis, Handbuch der Kunslge- 
schichte, I, AUertum, 8'<kL, 1907, p. 118 et fig. 239 5 cette page ; p. 137 et fig. 272 
a et b, p. 136 ; — H. Koch, Boemische Mitteilungen, XXII, 1907, p. 392-393 et note 3 
a la p. 393 ; — Meurer, Vergleichende Formenlehre des Ornaments und der Pflanze, 
1909, p. 488, fig. 12; p. 492, 498-499; pi. 6 a cette page, fig. 1 ; — F. Benoit, Var¬ 
chitecture antique, 1911, p. 363, fig. 245, n ; — F. von Luschan, Entstehung und 
Herkunfl der ionischen Saeule (Der a lie Orient, XIII, 4), 1912, p. 8, et fig. 4, p. 9;'— 
W. von Bissing, Der Anteil der aegijplischen Kunst am Kunstleben der Voelker 
(Festrede gehalten in der oeffentlichen Sitzungder kgl. Akademie der Wissenschaf- 
len am9. Maerz 1912), Munich, 1912, p. 9, 46-47. 

Photographic n“ 326. 


216 (985) Chapiteau 6olien. 

Trouve sur l'acropole de Mytilenepar M. Patou ; apporte au musce par S. E. Halil Edhem 
bey eu aoiit 1898. 

Calcaire grisjaune, tendre et poreux; la face anlerieure est cn assez bon etat, malgre 
d'assez nombrcuses erosions sur les aretes dc la spirale et sur la palmette centrale, mais 
lc rcvers est profondement mutil£ et l’epiderme de la pierre n’y est conserve en aucune 
partie ; deux mortaises rcctangulaires sont creusees sur la face superieure (0 m 05 x 0” 05 ; 
profondeur, environ 0" 06; distance cntre axes, environ 0 m 39); sur la face inferieure, mor- 
taise circulairc tris soigneusement preparce (profondeur, 0 m 065; diamitre, 0" 06); hauteur 

totale, 0” 58 ; largeur, mesuree sur 
le diam6tre horizontal de I'oeil de la 
volute, 1“ 26; distance entre le 
centre des yeux, 0“ 75 ; hauteur de 
la volute, 0" 51 ; 6paisseur de la vo¬ 
lute, environ 0”40 ; diam&tre de 
I’oeil, 0™ 105 ; diametre de la base, 
sur 1’axe antiro-posterieur, environ 
0 m 36; sur l'axe transversal, envi¬ 
ron 0" 39. 

II n’existe ici que les deux 
volutes ; elles ne se distinguent de eelles de Xeandria que par quelques 
details d’execution ; elles retombent a moins de 0 m 01 au dessus du joint 
inferieur ; les listels qui bordent la spirale interieurement et exWrieurement, 
detaches par un sillon plus profond, s’enlevent avec beaucoup plus de relief ; 
la convexite de la tige est par la meme plus accusee et Fensemble prend un 
peu l’aspect d’un tore d’epaisseur decroissante enroul^ sur lui-meme ; la 
palmette centrale est faite de feuilles uniformement convexes, cern^es d’un 
petit bstel ; la difference la plus notable porte precisement sur les feuilles 
exleneures de cette palmette ; plus longues qu a Xeandria, elles accompagnent 




N° 277 — CHAP1TEAU fiOLIKN 


37 


la volute jusqu’au point ou celle-ci commence a s’inflechir vers le bas, et, 
plac6es au meme niveau que le faisceau des cinq feuilies centrales, elles Tor¬ 
ment avec lui un large plateau sur lequel portait 1'entablement. La maniere 
dont sont reparlies les mortaises de la face superieure montre que le chapiteau 
£tait employe comme support longitudinal (cf. plus haul, p. 29), chacune 
d’elles servant a sceller l’extr^mite d'un bloc d’architrave (ou d'une poutre) 
dont les joints coi'ncidaient a peu pres avec l’axe du chapiteau. 

Cf. les chapiteaux du temple d’Apollon napeen a Lesbos (dont 1’oeil n'est 
pas evide), Koldewey, Die antiken Baureste der Insel Lesbos, p. 44-45, 
pi. 16-17. 

G. Perrot, Hisloirc de Part, VII, 1898, p. 621-622, fig. 276 4 la p. 622; — Halil 
Edhem bey, Jahrbuch des archaeologischen Instituts, XX1I1, 1908, archaeologischer 
Anzeigcr, col. 113. 

Photographic n° 393. 


211 (1924) Chapiteau 6olien. 


Larisa d’fiolie ; fouillcs dc MM. Kjellberg et Boehlau, 1902; entrd au musde en 1903. 


Tuf voleaniquc, & peu prds semblable A celui du chapiteau de Xdandria; sauf quelques 
cassurcs sans importance et quelques Erosions superficiellcs, la conservation de la face 
antdrieure est bonne ; le revers est un peu plus attaqud; la face infdrieure du bloc dcs 
volutes est creusde d’une mortaise (profondeur, 0" 115; diamdtre, 0“ 06); les deux faces du 
calice portent aussi une mortaise, mais retravaillde, remplie de plftlre pour fixer les 
tenons de fer qui maintiennent aujourd’hui l’ensemble, et dont on ne peut plus dire si elle 
est antique; hauteur totale, l m 015 ; du bloc dcs volutes, 0“ 665 ; largcur, mesuree au niveau 
de l’oeil des volutes, 1“' 30 ; distance entre les yeux, 0“ 88 ; hauteur de la volute, 0“ 435 ; 
epaisscur de la volute, 0” 385 ; dimensions dc 1’abaque, mesurees sur la surface portante, 
environ 0“ 38 x 0"' 31; mesurdes au fond du sillon qui le limite 4 droite et 4 gauche. 0“ 44 x 
0 ,n 36 ; diam6trc 4 la base du bloc des volutes, mesurd sur l'axe antero-postdrieur, environ 
0"' 38 ; sur l'axe transversal, environ 0" 42; hautcurdu calice, 0” 38 ; diametre superieurdu 
calice, 0"' 36 ; diametre inferieur, 0“ 315 ; saillie des feuilies du calice sur la circonference 
infdrieure, environ 0"' 035. 


Les volutes : la partie inferieure du bloc est occupee par un motif d’appa- 
rence assez compliquee, forme de plusieurs volutes naissant les unes des autres; 
les enroulements en S qui se relevent sur les c6t6s ne sont que le prolonge- 
ment de la tige qui forme les petites volutes centrales, et, du centre de ces 
volutes, naissenl deux autres spirales de sens inverse qui se rejoignent au 
dessus d’elles et les enveloppent d’un contour conlinu. Les grandes volutes, 
adossdes, mais separ6es des leur naissance, commencent au dessus de ce 
motif, dont elles sont isolees par un profond sillon, sauf en un seul point, place 



N° 277 — CIIAPITEAU ftOUEN 


exactement sur l’axe vertical de l’ensemble : elles paraissenl ainsi, par un sin¬ 
gular paradoxe, ne reposer sur rien, sinon sur la fragile extremite des enrou- 
lements en S, tangents a leur face inferieure ; leur tige, sans convexile, moli- 
vee par quatre sillons qui delerminent sur les bords un large listel, au milieu 
une nervure centrale, s’enroule sur les cotes avec une saillie telle que la spi- 
rale presque tout entiere se trouve en dehors de l'aplomb du fut; elle va 

diminuant progressivement d’6- 


Dans cetle figure, le calice de femlles est 
placi A contre-sens; c'est la face inferieure, la 
plus large, qui devrail se Irouver immediale- 
menl sous le joint du bloc des volutes. 


paisseur et s’acheve sans former 

[/ -1 / '/'f/f A\ d’oeil au centre de la volute; le 

( ! uW ((( fiC'm) ty m P an <J ue l es deux tiges lais- 

V m ' i i \ j sent entre elles en s’^cartant est 

C~\ 'v orne d’une palmetle de cinq 

Cj) (UJ feuilles, dessinees par un trait 

incise; l’abaque qui, sur la face 
I; |M superieure, correspond a celte 

1 1; l * Si palmette, est de niveau avec le 

\^|lt til/ I P sommet des volutes, mais en est 

V 1 nettement detache par une en- 

Dans celte figure, le calice de feuilles est taille transversale ; — le revers 
place a contre-sens; c esl la face inferieure, la 

plus large, qui devrail se trouver immediate- presente les memes motifs, mais 
ment sous le joint du bloc des volutes. d’une execution plus sommaire . 

Le calice de feuilles : c’est un 
bloc taille a part, de faible convexite, orne d’un double rang de longues 
feuilles lanceolees placees la pointe en bas, avec une nervure centrale et un 
rebord fortement accuses; les feuilles du rang interieur, en grande partie 
recouverles par les feuilles du rang exterieur, apparaissent entre celles-ci 
comine des sortes de dards. 

La reslauration pr6sent<5e ici est arbitraire, non pas seulement parce que 
les deux blocs n'appartiennent sans doute pas l'un a l’autre, mais surtout 
parce qu il manque entre eux un element de liaison; a la place qu’occupe sur 
le chapiteau de Neandna le petit caliee de feuilles closes, un kymation doves 
de la forme de notre n«283 semblerait assez approprie au caractere general du 
monument, qui temoigne, compare aux precedents, d’un fort recul du senti- 

ouToec 1 t 'I. m P T gr " S ' gal V6rS k SlyllSation - En Particulier, le motif 
qui occupe le bas du bloc des volutes ne semble qu’une transformation decora¬ 
tive du calice qui enserre souventla base de la volute egyptienne- a cet eeard 
la petite feu.lle logee entre la tige et la spirale des enroulements en S est tout 

Lng IT )" 0 nSt,qUe(Cf - ^ n ° mbreUX CXein P les - V- Meurer, l. infra L, Abtei- 
do^^s P ^LTT V ' aUCUn ; traCe de C ° UleUrS ’ mais lamani - e nidme 



N° 278 - C1IAPITEAI' DE PILASTRE f.OLIEN 


39 


Sur les fouilles de Larisa, cf. plus haut, p. 33 ; — mentions du chapiteau : Halil 
Edhem bey, Jahrbuch des archaeologischen Instituts, XXIII, 1908, archaeologischer 
Anzeiger, col. 113 ; —■ M. Meurer, Vergleichende Formenlehre des Ornaments und 
der Pflanze, 1909, p. 307 et 499. 


Photographies n 01 1550 (face; le calico de feuilles place k contre-sens), 2247 (face; le 
calicc pose normalemcnt), 2240 rovers), 2248 (face sup6rieure en raccourci). 


278 (1925) Chapiteau de pilastre 6olien. 


Larisa d'fiolie; fouilles de MM. Kjellberget Boehlau, 1902 ; cntrd au musde en 1903. 


Tuf volcanique; la volute droiteest brisde ; il en manque la moitie, qui avait ete rdparee 
d6s l’antiquite (mortaise rectangulaire sur les faces anUrieure et posterieure et deux mor- 
laises en queue d’aronde sur la face supdrieure); la volute gauche, mutilee sur le bord extd- 
rieur, est rajustoe avec deux crampons de fer modernes ; le revers, profoudement drodc, 
paralt avoir tHo moins soigneusement dressd que la face ; une petite mortaise circulaire est 
creusee sur la face anterieurc de la volute gauche, k l’endroit oil elle se relive pour 
former le second enroulement; hauteur, 0" 56; largcur (supposee complete', mesuree sur 
le diamfctre horizontal de l’ceil dcs volutes, environ l m 22; hauteur de la volute, 0“ 47; 
dpaisseur de la volute, 0“ 31; dimensions du bloc d la base : largeur, 0“ 385 ; vpaisseur, 
0 m 335. 

Les volutes naissent d’un bloc rectangulaire qui s’evase legerement vers le 
bas el dont le prolil concave annonce deja le mouveinent des circonvolutions ; 
la tige gendratriee de la volute, 
et d angles vifs, ne portc 
aucune ddcoralion, et l’enroule- 
ment n’est indiqud que par un 
sillon, profond de 0‘" 03 a 0‘“ 03 
et large de 0 m 015 it 0 ,n 04 ; l’oeil, 
qui n’est pas exactement circu¬ 
laire (diamelre vertical, 0 m 085 ; 
horizontal, 0 ,n 075), forme une 
cavite profonde de 0™ 02 que 
remplissail peut-etre une pierre de couleur; l’ecoinfon est ornd d’une palmette 
ii deux feuilles sommairement obtenues par une depression creusee ala gouge; 
il portail un motif melallique fixe par un tenon de fer encore en place dans 
sa mortaise; l’abaque, long de 0 m 33, est de niveau avec le sommet des 
volutes et distingue d’elles plus nettement encore qu’au chapiteau precedent. 

Le travail est tres sommaire ; on s'est contente de dresser la pierre pour la 
peindre ensuite; cf. les chapiteaux de Delos (Perrot, Histoire de lart, VII, 
pi. LI 11, p. 023, lig. i) et de l’acropole d’Athenes ibid., fig. iv ; mieux dans 




40 


N° 281 — FRAGMENT d’uN TORE d£COR£ DE FEUILLES 


Meurer, Vergleichende Formenlehre des Ornaments und der Pflanze, p. 502, 
fig. 7); —vi e siecle av. J.-C. 


Photographies n°‘ 1551, 2048. 


219 (1926, i) Fragment d’un chapiteau 6olien. 

Larisa d’fiolie; fouilles de MM. Kjellberg et Boehiau, 1902 ; enlre au musee en 1903. 

Tuf volcanique ; hauteur maxima, 0" 45; epaisseur maxima, 0 m 21; largeur de la volute 5 
hauteur de l’ocil, 0” 425. 

II ne resle qu’un fragment superfieiel d’une volute traitfte comme au n° pre¬ 
cedent, mais de dimensions tres legerement superieures ; l’oeil est indique par 
une petite cavile circulaire, profonde de 0 m 014 et large de 0 m 025. 


280 (1926, 2 ) Fragment d un petit chapiteau dolien. 

Larisa d’fiolie ; fouilles de MM. Kjellberg et Boehiau, 1902 ; entr* au musie en 1903. 

Tuf volcanique ; epaisseur (complete) de la volute, O'" 185; diam*tre de 1’oril, 0" 055; pro- 
fondeur, 0“ 04. 

II ne reste qu’un fragment de la volute ; elle est bordee d’un petit listel sail- 
lant, comme & (Neandria et a Mytilene; l’oeil est assez large et profond, mais 
non pas evide de part en part. 


281 (1926, 3 ) Fragment d un tore ddcord de feuilles. 


Neandria ; fouilles de M. 
connue. 


Koldewey, 1889 ; la date d’entr^e au mus6e n’est pas exactcment 


„ J,"[Z 0lCani , qUC ; , bris “ au revc ! s et 4 droite i le fragment est compos* de deux morceaux 
ny st*s , quelques lacunes au joint; faces superieure et infericure dressdes ■ le ioinl con 

; nombreuses 6rosions sur ^l £*. 

ment rern^e deplombdT" 1 a, ’° ite ’ enC °'’ e P artiellfi - 
aromniaj'.- 1 _i - . - infia, l ., declare ne pas connaitre d’autre 



N° 282 - FRAGMENTS r/l'N TORE DtCORt DE FEUILI.ES 


41 


Tore rectiligne ddcore de feuilles tombanles, terminees par une pointe 
arrondie, et plus larges & leur extremite qu’a leur naissance; elles ont une 
nervure cenlrale et un bord exterieur Ires saillant et se terminent sur la face 
inferieure du bloc avec une saillie d’environ 0 m 016 sur le lit de pose ; elles 
sont separees par une feuille ou dard sans arete vive, sur lequel elles se 
rejoignent presque dans leur partie la plus large. Le fragment provient pro- 
bablement de l’autel de Neandria et date du vi' r siecle. 

Ce type de feuilles, qui est celui d’ou derivent les rais de cceur, se retrouve 
frdquemment dans la decoration archai’que eolienne et ionienne : cf. le calice 
du chapileau de Larisa, n° 277, et les fragments de meme provenance, n°282; 
le tore qui couronnela base de la colonne d’fiphese (Perrot, Histoire de I'art, 
VII, pi. X, A, li, a lap. 610); une variante interessante a Neandria (Koldewev. 
1. infra l., p. 21, lig. 50) it rapprocher de celle qui motive l’arete interieure 
de la cuve sur un sarcophage de Megara Hyblaea (Meurer, l. infra /., p. 361, 
fig. 19) ; sur l’autel de Pisislrate (ibid., p. 366, fig. 25), la feuille est encore 
plus stylisee et se rapproche deja de la forme classique des rais de cceur. 

R. Koldewev, Neandria (51. Programm zum Winckelmannsfeste, Berlin), 1891, 
p. 29, fig. 59; — M. Meurer, Vergleichende Formenlehre des Ornamenls und der 
Pflanze, 1911, p. 361, 367. 


282 (1926, ■) Fragments d’un tore d6cor6 de feuilles. 


Larisa d’Bolie; fouilles <le MM. Kjellberg el Boelilau, 1902 : entres au musie en 1903. 

Tuf volcanique ; qualrc fragments, tous mutik's ; faces supirieure et inferieure et joint 
lateral (conserve sur l’un des fragments) Iris soigncusement dresses ; hauteur, 0“ 123 ; 
largeur des fragments, 0 ,n 38, O'" 23, 0 m 21, O’" 165 ; distance des feuilles, de nervure en 
nervure, 0“ 075. 


Tore rectiligne, decord de feuilles lancdolees retombantes, legerement etran- 
glees pres de leur naissance, plus larges au milieu, 
eflilees it leur extremite ; la nervure cenlrale forme une 
arete tres saillante, et le bord, d’une saillie egale, est 
dedoubld par un petit sillon ; entre les feuilles, appa- 
raissenl des dards it arete vive, dont elles decouvrent 
loujours une assez large partie. Les quatre fragments 
proviennent sans doute d‘un meme edifice, mais non pas 
d’une moulure unique, car ils presentent quelques variantes dans les details 
d’execution, en particulicr dans la saillie et Tepaisseurde la nervure centrale. 
Sur le motif, cf. le n° precedent; — vi" siecle av. J.-C. 



Photographic n“ 2049, A gauche. 



42 


N° 284 - GROT’PR D AMMAI'X ARCHAIQUE 


283 (1926, a) Fragment d’un tore circulaire ddcord d oves. 

Larisa d'Kolie ; fonilles de MM. Kjellberg et Boehlau, 1902 ; entre au musce en 1903. 

Tuf volcanique : brise a droite el 0 gauche ; lc revers presente un grand evidement rec- 
(angulaire, dont on pent douter qu'il soil antique ; hauteur, 0 m 145. 

Les oves, en forme de rectangle aux angles 
amortis, n'ont pas de coque et sont separes l’un 
de l'autre par un groupe de deux baguettes rondes ; 
cf. un fragment archaique trouve a Yaya keui, 
entre Ai'vali et Kdremit, Alhenische Mitteilungen, 
XXIX, 1904, p. 260, fig. 5; — vi c siecle av. J.-C. 

Photographic n" 2049, a droite. 

284 (1367) Groupe d animaux archaique. 

Cyzique ; trouve sur le continent en face de l’isthme ; entre au musee en juin 1903. 

Marbre blanc O gros grains ; le revers est poli par l’usure, mais n'a jamais etc travailli ; 
lc bloc est bris6 de tons cotes, sauf & la partie inferieure qui est profondement irodee et a 
perdu toute trace de sculpture ; la patte du lion de gauche, le haut de la cuisse de celui de 
droile, tout le fond au dessus de leur queue sont trOs gravement endommages ; grande 
mortaise circulaire (diametre, 0” 06; profondeur, 0™ 06) sur la face inferieure, au milieu, 
contre Parole anlirieure ; hauteur, 0” 60 ; largeur, environ 1” 25; 6paisseur, de 0 m 27 a 
0“ 35. 


Haul relief; le groupe complet representait deux taureaux accroupis dos a 
dos et deux lions egalement adosses qui les etreignent entre leurs pattes de 
derriere; des taureaux, il 
ne reste que l'avanl-train 
et le haut des pattes ante- 
rieures ; l’arriere-train , 
beaucoup trop court et 
trop faible, est indique 
sommairement et avec 
tres peu de relief derriere 
les pattes des lions ; les 
tetes, traitees presque en 
ronde-bosse, se plapaient sur les faces laterales du bloc of. les fanons sont 





N° 2H“, — YOUTH IONIQIE 


53 


indiques par ties sillons ondules ; les pattes posterieures des lions (moins les 
grilles) et leur queue (ramenee sur la cuisse sont seules conservees. 

Cel important fragment provient d’un groupe de grandes dimensions dont 
il esl malaise de reconstituer le motif et la destination; il ne semble pas que 
les lions pussent reposer leurs grilles de devant sur la tete des laureaux : les 
dimensions et le mouvement de leurs pattes posterieures paraissent indiquer 
que leurs pattes anterieures devaient deborder bien au dela ; nous croirions 
plulot qu’ils elaient represents bondissant au dessus de la tete des taureaux, 
qui leur servait d'appui, et retournant symetriquement leur mufle Tun vers 
1’autre. M. Ilasluck, rappelant le iu> jiaxaisa vajpoxTovouv Xsovtwv c * e 

Sophocle i Philoclele, 400; cf. Crowfoot, Journal of Hellenic studies , XX, 
1900, p. 118 sq.), a suppose, non sans vraisemblance, que le motif pouvait 
servirde base a une statue de la Grande Mere qui recevait a Cyzique un culte 
assidu(cf. Hasluck, Cyzicus , 1910, p. 210-222 4 la deesse auraitete representee 
assise ou (plulot) debout dans l'espace compris entre les deux lions. On en 
rapprochera la statue de Rhea, que, selon la legende, les argonautes avaient 
consacree, pres de Cyzique meme, sur le mont Dindymon : le type nous en est 
connu par un passage de Zosime (Titoii* vs*, ir, 31, ed. Bonn, 1837, p. 97): 
la deesse etait debout entre deux lions qu’elle paraissait tenir de la main 
(xarsyeiv... ooxo jij* to j; Xsovt*;), c'esl-a-dire, probablement, sur la tete desquels 
ses mains reposaient (cf. \Y. Amelung, Roemische Mittheilungen, XIV, 1899, 

p. 8-12). 

Travail archaique du vi" siecle av. J.-C. 

F. \V. Ilasluck, Annual of the brilish school at Athens. VIII, 1901 1902. p. 192- 
193, pi. IV, 2 ; XI. 1 90 1 190“», p. i:>l-i:i2. 

Photographic n" 1559. 


285 (1358) Volute ionique. 


Cyzique; trouvee sur le continent, en face de l istlimc. dans une cilerne on die etait 
cncaslrie ; entrie au musoc en juin 1903. 


Marbrc blanc ; brisic de tons coles, meme a u rovers; il manque l'enroulement exterieur 
de la volute ; hauteur maxima aetuelle, 0“ 51 ; largeur maxima actuelle, 0“ 71; epaisseur 
maxima actuelle, 0“ II ; diamHrc de l'cril, 0* 16. 


La spirale est formee par l'enroulement d'une grande tige de section con- 
vexe, comprise entre deux bourrelets ; 1'oeil est rempli par une petite rosette 



44 


N° 286 - PETITE FRISE 


a douze petales contigus et bouton central; traces d'une palmette dans 
l’ecoin?on. Le canal, convexe aussi, est inflechi vers le bas ; l’aspect compli- 
que de la volute provient de ce que les bourrelets qui le limitent haut et 

bas se prolongent tous deux jusqu'au troi- 
sieme enroulement de la spirale, alors que, 
dans la plupart des chapiteaux, meme 
archaiques, le bourrelet inferieur du canal 
se perd dans le bourrelet exterieur de la 
volute, des sa rencontre avec celui-ci, k 
la naissance du second enroulement. Par 
la meme, le fragment presente un certain interet, et, compare au chapiteau 
eolien de Melelin (n° 276), montre bien comment s’est opere le passage des 
volutes « verticales » aux volutes « horizontales » (cf. plus haut, p. 31-33). 

Cette volute ne provient pas d’ailleurs d’un chapiteau, mais tres probable- 
ment du couronnement d’un autel, du genre de ceux qui sont souvent reprd- 
sentes sur les vases peints ; cf. par exemple, S. Reinach, Repertoire des vases 
peints, II, p. 122, 5, et les exemples cites par M. Reisch, dans Pauly- 
Wissowa, Real-lincyclopaedie , I, 2, col. 1673 sq. ; rapprocher la terminaison 
d une stele attique, Perrot, Histoire de I’arl, V III, p. 649, fig. 633. 

F. \V. Hasluck, Annual of the hrilish school at Athens, VIII, 1901/1902, p. 195- 
190, pi. VI, 5 ; — II. Koch, Roemische Milleilungen, XXII, 1907, p. 393, note 3. 



286 (1613) Petite frise. 


Milas ; quartier Haitli; entree au musee en ddeembre 1905. 

Marbre blanc ; restent un bloc complct en deux fragments (a) et deux blocs brisks, (b) et 
(r); bloc (a): cassure en bas, vers l’extrOmitd gauche ; listel superieurmutile; faces supe- 
neure et laterales dressees A ravaflepwai; ; revers dresse ; sur la face superieure, 1’arOte 
postirieure est entaillee par un redent profond de 0 m 05 environ et large de 0” 07 • au 
m.l.eu morta.se rectangulaire ; centre l’arete laterale gauche, moitie d’une mortaise en 
queue d aronde ; contrecelle de droite, deux demi-mortaises de mOme forme (l’une muti- 
10e) , - le bloc b , contigu au bloc (a) (suite des deux mortaises), est un bloc d’angle 
dresse comme le premier, sculpte sur la face en retour ctbrise sur cette face a une distance 
de 1 angle egale A 1 epaisseur du bloc (a) ; — bloc (c) : brise A droite • reste A gauche une 
parUe dujomt dressd comme sur les autres blocs; revers epannele ; mortaise rJctangu’laire 
sur la face superieure. — £tat actuel des reliefs; bloc (a): lapithe 111 : restent 1’avaM-bras 
gauche et des traces de la tete ; centaure [2] : restent la tete, le buste le bras gauche le 

duWsagi"et 8 KJ UTfaUe^ 6111 ’ 6 ^ 11 ^ 5 i8P P e [3] 1 manqucnt ’ la Partie fnMrieire 
au usage et le bas des jambes; cimier et bras droit mutiles ; centaure 141 • irosions 

bondu'^pTfAeTol '■ surL P e arlle r nf rf rieUre , d / l '° minence de ter ™in au dessus de laquelle il 
ondit, lapithe [a] . surface profondement <§rodee ; centaure [6] • de la tete il ne reste one 

; f aP ^ e L 71 : T anquent Pi** moyenne 2 U 

Is ure du bloc n.i nar/ ? les i ambes ; *«■*<»»* sur la jambe gauche, prt. de la 
cassure du bloc qu. passe sur la cuisse droite ; centaure [8] : la cassure du btoc a emportd 



N° ->86 - l’KTITK KIUSK 


l.’i 


la tele, l'dpaulc ct le bras droits, le haut <!<■ la poitrinc, le has dc la jambc antericurc 
droite; surface Ires erodec ; lapilhe [9] : erosions supcrlicielles; lapithe 10 : manquent les 
traits du visage, la main gauche et partie des picds ; lapithe [11] : manquent le gcnou 
droit, la jambe gauche; erosions profondes sur la cuisse gauche et l'avant-bras droit; 
tdte mulilee ; centaure [12] : dc la tele, restent des traces; manque le bas des jambcs poste- 
rieures ; fond d£lite au dessous du corps animal du centaure ; centaure ’13] : manquent les 
jambes posterieures ; erosions profondes sur la tctc. 1’cpaule droite, tout le corps animal; 
lapithe [14J : manquent la jambc droite, brisee au dessus du genou, le pied gauche : ero¬ 
sions sur le casque, le bouclier, les fesses ; — bloc (b) : sur la face qui fait suite au bloc 
pr<Sc6dent, la partie inferieure est entaillee sur une hauteur de 0"07 et une profondeur de 
0"065 ; ('aspect des joints, sommaircmenl epanneles, montre qu'il ne s agit pas d une piece 
primitivement rapporlee, mais d’un travail posterieur, reparation ou reemploi, execute 
rapidemcnl; lapilhe [15] : manquent les jambes : Erosions profondes sur le dos et les bras ; 
centaure [16] : manquent les jambes posterieures et la partie inferieure du corps animal ; 
lapithe [17] : il nc reste que des traces confuses de la t£tc et une partie du bouclier ; cen- 
taure [18] : il ne reste que la partie humaine, erodec, le poitrail et la jambe antirieure 
droite ; manque la partie inferieure du tronc d’arbre place sur 1’arete de l angle: — face en 
relour du bloc : b : grec [19]: manquent les pieds et le bas de la jambe droite ; lete muti- 
Ice ; amazone [ 20 ] : manquent la tfite, l'avant-bras droit, les picds ; 6rosions sur les jambes 
ct la tunique ; — bloc (c) : grec [21]: tdte indistincte ; drosions sur les bras ; manque le 
pied droit; amazone [22]: tdte indistincte ; tout le corps et les jambes profondement ero- 
dds ; grec [23] : manquent les traits du visage, les pieds, la Peripherie du bouclier : surface 
drodde ; amazone [24] : manquent les deux pieds ; erosions superlicielles ; — hauteur, 
0“ 255 ; longueur du bloc (a), 2" 165 ; du bloc (b), 0 m 95 ; du bloc (c), 0“ 745 ; epaisseur du 
bloc (a), 0“455 ; du bloc (/>), 0“ 465 (longueur de la face en re tour ; du bloc (c , 0“ 21 ; 
hauteur des figures, environ 0 m 16. 


Lcttres d'appareillage : & I’extremito droite du bloc (a) et a 1’exlrdniite gauche 
du bloc (/>), la lettre A; — & l’extrdmitd gauche du bloc (ai, la lettre B- 


Blocs rectangulaires; listel saillanl sur l’arele superieure (la description 
pour chaque bloc va de gauche a droite ; les armes offensives ne sont pas 
indiqudes plastiquement). 

Bloc (a) ; combat des lapithes et des centaures : les centaures sont barbus, 
mais n'ont du type salyrique que les longues oreilles pointues — bien visibles 
aux centaures [2] et [13]; les lapithes sont tous imberbes, sauf le lapithe [11] ; 
— un lapithe [ 1 ], de protila droite, poursuit un centaure [2] qu’il saisit par les 
cheveux au revers du crane; le monstre leve le bras gauche, d’un geste de 
defense instinctive, et, du bras droit, rejete en arriere, cherche a saisir son 
agresseur; — duel d’un lapithe [3] et d’un centaure [4] : ils s’avancent l’un 
vers l’autre, se couvrant de leur manteau comme d’un bouclier; le lapithe, nu 
et portantun casque a cimier retombant et couvre-joues rabaltus, se tienl sur 
la defensive, la main droite a hauteur de la taille, dans l’attitude d’un boxeur 
qui va ddlendre son bras; le centaure, bondissant au dessus d’une eminence du 
sol, va, de la main droite relevee et rejetee en arriere, lancer une grosse pierre 
contre son adversaire ; — mdme sujet; le lapithe [o', casque comme le prece¬ 
dent (sans couvre-joues) et couvert par son bouclier, bat en relraite vers la 
gauche, menafant toujours le centaure de l’arme qu’il tienl dans la main 
droite relevee et ramenee en arriere; le centaure ^0], donl la main gauche 



N° 286 - PETITE FKISE 


touche le bouclier du lapithe, lance contre lui une grosse 
pierre ; — combat d’un centaure contre deux lapithes : 1 uu 
de ceux-ci [7], sans casque, porte au bras gauche un grand 
bouclier circulaire sur l'orbe interieur duquel se detache 
son buste nu ; il leve la main droite a hauteur de son front 
pour parer l’attaque du centaure [8] et riposter du meme 
coup; le centaure a ramene la main gauche sur le dos, 
comme s’il avait ele atteint par le lapithe [9] contre lequel 
il lance une ruade ; le lapithe [9], semblable au precedent, 
a le buste legerement rejete en arriere, tend le poing droit 
contre le centaure et tient au bras gauche un grand bouclier 
dont on voit l’orbe exterieur; — memesujet: un lapithe [10], 
coiffe du casque a cimier flottant et couvre-joues rabattus, 
vetu d’une tunique courle qui, serree a la taille, decouvre la 
partie droite du buste, le bouclier au bras gauche, la main 
droite a la taille, tenant sans doute l’epee, se hate vers la 
droite, au secours d’un de ses compagnons [11]; celui-ci, un 
lapithe barbu et qui semble plus Sge que tous les autres, est 
tombe sur les genoux, etreint par un centaure cabre [12], 
qui lui serre la gorge du bras gauche et leve la main droite 
au dessus de sa tete pour I’assommer ; le lapithe tient encore 
son bouclier sur le bras gauche, mais sa main droite est 
desarmee et cherche vainement a parer le coup fatal; sur le 
fond, un tronc d’arbre a deux branches effeuillees; — duel 
d’un centaure et d’un lapithe : le centaure [13] bondit sur 
son adversaire dont il touche deja le bouclier de la main 
gauche; le lapithe [14], le dos tourne vers le spectateur, la 
tete vers le centaure, se retire vers la droite ; il porte le 
casque a cimier, sans couvre-joues ; la main droite sur la 
taille, tenant une arme non visible, il se prepare & riposter. 
— Bloc (b) ; face conligue a la precedente; episode de Kai- 
neus : groupe symetrique de deux centaures [16 et 18], ecra- 
sant sous des rochers un lapithe [17] place entre eux et deja 
tombe sur ses genoux; a gauche, un lapithe [15] qu’on voit 
de dos, nu, coiffe du casque a cimier retombant et couvre- 
joues, portant le bouclier de la main gauche, leve l’epee 
contre le premier centaure [16J ; sur l’arele de Tangle, un 
tronc d arbre. Face en velour du meme bloc (b),* combat des 
grecs et des amazones : un grec [19] nu, de face et fendu 
vers sa droite, le manteau roule autour du bras gauche et 
s en servant comme d un bouclier, la main droite levee, prfite 



N° 287 — PERGAME t.INTEAE Dl THEATRE 47 

a frapper, est oppose a une ainazone a pied ’20 , vetue d’une iunique courle, 
serree aux reins et degageant le sein droit; elle se couvre de son bouclier — 
pella en forme d’ecu echancre sur le bord superieur — et leve le bras droit 
contre son adversaire ; pres de la cassure, a droile, traces confuses de l’avant- 
bras gauche d’un personnage tombe a terre. — Bloc (c): il est isole, mais 
appartienl soil au merne cote que la face en retour du bloc ( b) , soit a un c6te 
decore des memes representations : un grec 21], nu-tete, vetu d'une chla- 
myde ilotlant sur le dos, se precipile, pour l’achever, sur une amazone 22 
lombee a terre ; il la saisit aux cheveux de la main gauche, et, de la main 
droile, leve sur elle Tepee ou la lance ; l’amazone [22], vetue d’une tunique 
longue serree sous les seins et non degrafee, a les bras tendus sur les cotes ; 
de la main droile, elle cherche a parer le coup, et, de la gauche, tient encore 
son bouclier ; — un grec [23], nu et coilfe du casque a cimier tlottant et 
couvre-joues rabatlus, tenant le bouclier de la main gauche, et, de la droite 
baissee, une arme qui n’est pas indiquee plastiquemenl, poursuit a grands 
pas une amazone [24] ; celle-ci, vetue d’une tunique courte, serree sous les 
seins el non degrafee, avec un manteau qui lui flotle derriere le dos, s’enfuit 
vers la droite, la tele tournee vers son adversaire, la main droite levee dans 
un geste de defense ou de parade, la gauche baissee tenant le bouclier; — sur 
le bord de la cassure, en haut, traces confuses du bras (?) d’un personnage. 

Les petites dimensions de la frise indiquenl qu’elle ^tait placee a peu pres 
a hauteur de Toeil et la forme des blocs qu’elle decorait un soubassement rec- 
langulaire, peut-elre un autel ou un monument fun^raire. La composition est 
un peu monotone et les motifs banals, mais le travail, quoique rapide, est d'un 
bon style et cerlainement hclldnistique. 

Halil Edhem bey, Jahrbuch des archaeologischen Instituts, XXIII, 1908, archaeo- 
logischer Anzeiger, col. 113. 

Photographic n* la6(i. 


287 (344) Linteau de la parodos nord du theatre de Pergame. 


Porgamc ; trouve cn dccembrc 1883 & l'extromilc nord de /orchestra; entre au muscc 
cn 1881. 

Marbrc bleutd; bloc monolithc, complet en deux fragments qui so rajuslent; les faces 
latdrales, cn rctour dangle, sont travaillccs, ddcorees, et limitees par des joints soigneuse- 
mont dressds entre lesqucls le revers est ilvide et fruste ; face principalc : manque le 
masque central, emportii par la cassure, avec la partie du fond et de la moulure placee au 
dcssous de lui (le lout restauri cn pliUrc'; face laterale gauche : partie superieure gauche 
mutiloc ; face lntc'rale droite: la moulure qui sdpare l’architrave de la frise est rabattue 



48 


K° 287 - PERGAME t LLNTEAU DU THEATRE 


presque cntiirement; erosions sur la frise dans la partie voisine de l'aietepostcrieure ; trois 
mortaises rectangulaires sur la face superieure ; hauteur, 0"61, dont 0" 305 pour l'archi- 
trave ; longueur, 3” 225; ^paisseur sur la face inferieure, 0™ 305 ; lettrcs dc 0” 035 A 0 m Of. 





Le linteau comprend une architrave a trois fasces, separee par un corps de 
moulures — filet, quart de rond, listel — d’une frise 
qui est elle-meme couronnee par un profil a peu 
pres semblable — double filet, talon, listel; cette 
frise est ornee de quatre masques comiques au type 
de Silene chauve, a longues oreilles, alternant avec 
trois masques tragiques barbus, a grande perruque 
tombante; entre les masques, sont suspendues des 
guirlandes de feuilles et de baies de lierre; la face 
inferieure, soigneusement dressee, presente, pres de 
son arete posterieure, le depart d’un long caisson, 
continu et peu profond, qui regne a 0 m 25 de l’arete 
anterieure, et a O'” 42 et 0 m 43 des aretes laterales. 
Les divisions de l’entablement et la guirlande de la 
frise tournent sur les faces laterales ; a droite, l’etat 
de la pierre ne permet plus d’en voir la terminaison ; 
a gauche, elles viennent buter, a 0 m 27 de l’arete de 
Tangle, contre un listel vertical au deli duquel com¬ 
mence un motif qu’on ne peut plus determiner. Bohn 
a suppose que la corniche placee sur ce linteau etait 
celle qui est reproduite Alterluemer von Pergamon, 
IV, Tafeln, pi. XXIV, Geison vom Eingang zur Or¬ 
chestra . 

L inscription estgravee, en caracteres soignes, mais 
d une epoque deja assez avancee, sur les deux fasces 
superieures de Tarchitrave : 



V k 



Yl" 






A^oXXoSwpo; Ap-t£p,(i)vo<; ycvsp.ev0(; ypap.p.aT£u; 
yr,\).yj tov ituXwva xai to Iv wjtSk i\i.TiTao[j.% | Atovu- 

awt x«8r,Y£p.ovi y.ai -on 

SurDionysios kathegemon, cf. von Prott, Athenische 
Mitteilungen , XXVII, 1902, p. 161 sq. ; cf. ibid., 
XXXV, 1910, p. 462. 

Travail elegant, probablement du u e siecle av. J.-G. 


n ,. , . Joubin , Sculpt, gr. et rom., n° 128; — S. Reinach, 

fierce archeology, 1884, I, p. 347, n» 10 ; H, p. 96; Chronys d'Orient, I, p. 56, 




N° 288 - RELIEF : AltMES ET TROPHIES 


49 


n° 10; p. 84; — R. Bohn, dans Humann, Bohn, Fraenkel, Die Ergebnisse tier Ausgra- 
hungen zu Pergamon, 3. vorlaeufiger Bericht, 1883-1886, Berlin, 1888, p. 78; — 
Allcrtuemcr von Pergamon, VIII, 1890: M. Fraenkel, Zhe Inschriften, t. I, p. I hi, 
n° 236, flg. ; ibid., IV, 1896 : R. Bohn, Die Theater-Terraxse, p. 13 et fig. p. 1 ; —- 
Collignon-Pontremoli, Pergame, 1900, p. 171-172, fig. p. 171. 

Photographic n" 1013. 


288 (112) Relief; armes et trophies. 


L'inventairc du musee imperial donne la provenance Brousse, sans date d'entrec (voyez 
ci-dessous). 


Marbre blanc veinA de bleu; revers dressA ; les tranches latcrales prAsenlent les traces 
trAs mutilees d’un relief analogue A celui de la face principale ; brisA en deux fragments 
qui se raccordent; manque Tangle inferieur droit; arAte infArieure mutilAe: quelques Aro- 
sions superficielles ?A et lu (voyez la description) ; la tranche supArieure porle quatre trous 
de scellements : 4 chacunc do ses extrcmitAs, sur le bord posterieur, une mortaisc pour 
crampon, destinAe A fixer une plaque perpendiculaire A celle-ci; A hauteur du trophAe, une 
mortaise avee canal pour coulee lc plomb, destinAe A fixer une autre plaque qui complAlail 
la n6tre ; — restaurations : Tangle infArieur droit avec lc bas du tronc d’arbre du trophAe 
et de la hampc des lances ; hauteur, 0“ 925 ; largcur, 2” 29 ; Apaisscur, 0 m 16. 


Grande dalle rectangulaire, sans encadrement; elle Alait surmonlee d'une 
autre plaque ou s’achevaient les reliefs sculptes sur celle-ci : a droile et 
a gauche, un trophee dressA sur un tronc d’arbre noueux (la cotte a lamelles 



frangAcs de la cuirasse, sous laquelle depasse la tunique, est seule sculptee ici); 
derriere celui de gauche, posee obliquement sur le fond, une epee au fourreau, 
a lame triangulaire el poignee colelee (le ceinturon pend a droite du tronc) 
el une lance dont le fer occupe Tangle inferieur gauche, et dont l’autre extre- 
mite est cachAe sous un bouclier rond (la moitie seulement sur cetle plaque) 
dont l'orbe est dAcore d’un gros tore circulaire ; la pointe d’un fourreau 

1 





So N° 288 - RELIEF : ARMES ET TROPHEES 

depasse a droite sous le bouclier ; au dessous, jetee obliquement sur le fond, 
une cuirasse dont le thorax reproduit la musculature du buste ; deux bois de 
lance passent derriere l’epaule droite de la cuirasse et vont se perdre sous le 
trophee ; a droite de la cuirasse, en bas, un casque a timbre rond et couvre- 
joues (mutiles); puis un vexillum dont la courte hampe se termine par un 
saurotere (le sommet de l’enseigne etait sculpte sur la plaque superieure); 
une paire de cnemides, un casque a timbre conique termine par une pointe, 
avec visiere et couvre-joues (mutiles), et, au dessus, un grand scutum a umbo 
ovale, dont la partie superieure etait representee sur l’autre plaque ; un mince 
bois de javeline depasse en bas sous le bouclier et se termine derriere le 
casque conique ; entre le scutum et le trophee de droite, une 6pee au four- 
reau semblable a celle qui est placee derriere le trophee de gauche, mais posee 
verticalement — on voit le ceinturon muni, a l’une de ses extremites, d’une 
boucle a ardillon, a l’autre, termine par une petite frange; a cote, cach6 en 
partie par l’epee, un javelot avec rayxuVri; a droite du trophee, contre l’arete 
de la plaque, deux bois de lance ; — les tranches de la plaque ne prcsentent 
plus que des traces tres mutilees, ou Ton doit peut-etre reconnaitre des bou- 
cliers. 

Cette plaque decorait un soubassement rectangulaire qui devait etre consi¬ 
derable puisqu'une autre plaque etait superposee a la notre ; celle-ci en repre¬ 
sente done probablement le petit cote ; ce qu’etait ce monument, nous l’igno- 
rons, mais la presence d’un vexillum montre que l’armee romaine fut melee 
aux 6venements qu’il commemorait. D’autre part, la provenance Brousse, 
donnee par l’inventaire (entendez [vilayet de] Brousse ; cf. t. I, introduction, 
p. xiv et xix, note 1), permet de supposer que notre relief provient de Cyzique 
et cette supposition est d’autant plus vraisemblable qu’a l’epoque ou il est 
entre au musee (avant 1882, puisqu’il figure dans le Catalogue de M. S. Rei- 
nach), on eut peut-etre hesite a transporter a Constantinople un marbre de ce 
poids, s’il ne s’etait trouve au bord de la mer (la ligne de Brousse a Mouda- 
nia, construite de 1870 a 1875, n’entra en service qu’en 1892). Des lors, il se 
pourrait qu'il appartint a un monument eleve par les cyziceniens apres la 
retraite de Mithridate, la vicloire de Lucullus et la delivrance de leur ville 
(73-72 av. J.-C. ; cf. Th. Reinach, Mithridate Eupator, p. 325 sq. ; F. W. 
Hasluck, Cyzicus, p. 178). Si inverifiable que soit cette hypothese, la date 
qu’elle implique conviendrait bien aux representations comme au style du 
relief. 

S. Reinach, Cat., n° 260. 


Photographic n” 1569. 



N° 290 — TRALLES ‘ RELIEF DL THEATRE 


31 


289 (2324) Bloc de frise. 


Provenance et date d'entric inconnues. 


Marbre blanc; revers 4pannel4 ; face laterale droite dressie; brise A gauche ; le profil 
supArieur est presque complAtement rabattu ; plinthe mutilee ; manquent l'extremite de la 
tdle du fauve de droite, la patte poslArieure droite du taureau; du lion de gauche, restent 
les patles postArieurcs et des traces du corps; mortaise rectangulaire, aveccanal pourcou- 
lcr le plomb, 4 1’extrAmitA gauche de la face supArieure ; hauteur, 0“ 60 ; longueur, 1“ 335; 
Apaisseur, environ 0“ 18 ; hauteur du taureau, 0" 31. 


A la parlie superieure, talon decore de rais de cceur; en bas, petite plinthe 
epannelee ; un taureau, de 
profil a droite, arc-boute sur 
ses patles de devant, poinle 
contre un fauve — peut-etre 
une lionne, bien que la queue 
Ires courle ne soit pas celle 
d’un felin — qui bondit contre 
lui, les pattes anterieures 
posees sur ses cornes ; le pelage du fauve est indiquA par des boudes recour¬ 
ses ; — S. gauche, traces d’un lion dans une attitude semblable, la queue 
baissAe entre les pattes. 

Le taureau est d’un bon style, le fauve plus gauchemenl traile ; le travail 
peut etre encore d’Apoque hellAnistique. 

Photographic n° 1703. 



290 (404) Haut relief du thddtre de Tralles; Nik6. 


Ai'diii; plateau dc Tralles; fouilles de MM. Humann, Doerpfeld et von Kaufmann ; 
trouve au IheAtre, lc 25 oclobrc 1888 ; entrA au musee la mAme annee. 


Marbre blanc 4 grains cristallins; revers soigneusement dressA et poli; brisA de tous 
coles ; manquent la lAte, les avanl-bras et les jambes brisees aux genoux ; ailes mutilecs ; 
la draperie est travaillAe au (repan; hauteur maxima, 0”69; Apaisseur du fond, 0“08 ; 
saillic du relief, environ 0 m 33. 


L'ne NikA aux ailes rabattues derriere le dos est reprAsenlee debout et de 
face (fepaule droite avance lAgerement), vetue d’une lunique fixee sur les 



52 


N° 291 - TRALLES : RELIEF DU THEATRE 


epaules par une agrafe ronde et serree sous les seins — dont la saillie est a 

peine sensible — par une large ceinture decoree 
d'une grecque incisee; le bras gauche etait tendu 
sur le c6te a hauteur de l’epaule, le droit baisse 
(gros tenon rectangulaire sur la cuisse) ; cette 
attitude est l’inverse de celle qu’on trouve le 
plus souvent chez ce type de Nikes, qui, en 
general, levent la couronne de la main droite et 
tiennent la palme dans la main gauche baissee ; 
l’anomalie s’explique sans doute par le fait 
qu’il y avait deux reliefs symetriques entre eux, 
decorant peut-etre les deux montants d’une des 
portes ouvertes dans le mur du proscenium. 

C. Humann, Athenische Mitlheilungen, XVIII, 1893, p. 402 ; — cf. W. Doerpfeld, 
ibid., p. 411. 

Photographic n° 2045. 



291 (403) Fragment d’un haut relief du theatre de Tralles. 

Aidin; plateau de Tralles; fouilles de MM. Ilumann, Doerpfeld et von Kaufmann ; 
trouve au theatre, le 25 octobre 1888 ; entre au musde la meme annee. 

br,sfi s f ur ( oula sa hauteur A droite et A gauche ; bord antcrieur de la 
’ reste du cheval que le corps, brise A 1'arriAre-train, l’cncolure, la 
jambe anteneure gauche, le pied postcrieur gauche, et, sur une masse de marbre, laissee 

main^rie nicd'drn ’t trac ® a d ' a <-rachements du sabot anterieur droit; de l’homme, la 
mam et le pied droits : entre Ihomme et le cheval, ainsi que sur la plinthe, le fond est 
sommairement epannele ; — la pierre a etA reemployee; le re vers est poli • un profil sculnte 
sur 1 arete inreneure lors du reemploi, a depuis etA rabattu; - hauteur 1» 03 • ’ largeur 
maxima actuelle, 0“69; epaisseur, de 0“ 07 A 0“ 11 ; saillie maxima du relief, 0“ 20. 


Fragment d’un haut relief rectangulaire ; a la partie superieure, traces d un 
bandeau nu ; plinthe epannelee enbas; un cheval a criniere courte s’avanpait 
vers la droite la tete tournee vers le spectaleur ; a droite, un homme etait 
deboul qui, de la main droite, tient l’extremite de la bride. 

Ce fragment, comme le precedent, provient de la decoration du mur du 
proscenium. 


C. Humann, W. Doerpfeld, l. 1. au n* precedent. 



N° 292 — FRI8E DgCORfiE d’aTTRIRI'TS DIONYSIAQUES .'13 

292 (1421) Frise d6cor6e d’attributs dionysiaques. 

Ourfa Kdessc ; vuc au conak par NI. V. Chapot ct M. von 
Oppenheim ; entree au musee cn 1901. 


Calcairc blanc tendre; brisee en deux fragments qui se 
rajuslent; les faces laterales sont dpannelees et, semble-t-il, avec 
un joint ilresse le long du bord anterieur ; la face inferieure 
parait simplenient dpannelde et ne devait pas etre visible ; le re- 
vers est partiellement dvide, de sorte quc la pierre presente 4 peu 
prds la coupe d’un cbeneau ; surface usee ; les traits du visage 
de plusieurs Idles, quelques details sont peu distincts ; hauteur, 

0 m 333 ; longueur, 2 nl 10; epaisseur, 0 m 315 ; dimensions du champ 
dccorc, 0“ 2i5 X 2"' 28. 

Bloc rectangulaire, Ires allonge ; surun champ ravale, 
limite par un cadre uni, sont sculptes divers altributs 
dionysiaques (les teles sont certainement des masques: 
cela est Evident pour les figures 7 et 13, qui ont la 
bouche ouverte, et ne Test pas moins pour les autres, 
soit par la maniere mcrae dont elles sont reprdsentdes, 
reduiles au visage seul et sans cou, soit par la fagon 
dont elles sont poshes sur le fond — figures 6 et 15) ; de 
gauche a droite: 1. une paire de crotales ; 2. tele de 
femme, vue de face ; l’expression grimafanle du visage 
et l’asymetrie des traits ne sont dues qu’a une negligence 
d'exdcution ; les cheveux, disposes en bandeaux plats sur 
le devant de la tele, forment, sur les cotds, deux masses 
boullanles partagees chacune en trois grosses meches par 
des sillons dtroits etprofonds ; une meche, arquee comme 
un croissant, unit, sur le sommet du crSne, ces deux 
parlies laterales de la coiffure ; une tresse en torsade 
descend de chaque cote du visage; deux longues boucles 
d'oreilles pendent sur les cotes de la joue ; 3. une outre 
gon!16e, faile d’une peau de mouton nouee aux patles; 
i. tele de Silene barbu, vue de face; le sommet du crane 
est chauve; les cheveux, sur les cotes, sont indiques par 
Irois rangs de pelites boucles en chapelet de perles qui 
descendent sur les tempes et au dessus des oreilles; 

5. un pedum recourbd en crosse d'eveque ; 6. lete de 
femme posde obliquement sur le champ, et inclinde & droite; les cheveux 
couvrent les oreilles et sont noues sur le haut du crane en un chignon 
rond comme une pomme; 7. lete de femme, profil a droite, la bouche ouverte ; 




N o 293 — frise dEcorEe de combats d’animaux 


31 

la coiffure rappelle celle de la figure 2, mais les cheveux foment, au dessus 
du front et sur le sommet du crane, deux petites masses rondes; pendants aux 
oreilles; 8. petit vase pansu a large col evase; a la partie inferieure de la 
panse semble fixe un court ruban (?) termine par un gland cireulaire; 9. tele 
de Meduse; les cheveux foment, d'une joue a l’autre, un large bourrelet par- 
tage en trois ou quatre rangs de petites boucles rondes; deux ailettes se 
dressent sur le sommet du crane; 10. rhyton a tele de bouquetin, tourne a 
gauche; 11. tete de femme vue de face; les cheveux disposes comme a la 
figure 9, avec deux longues boucles en torsade comme la figure 2 ; 12. paire 
de crotales analogues a la figure 1 ; 13. tete de femme a droite, semblable k la 
figure 7 ; 14. pedum recourbe, semblable a la figure 5 ; 15. tete de Pan, posee 
obliquement sur le fond, penchee a droite ; la barbe traine sur le bord infe- 
rieurdu cadre ; deux longues pendeloques descendent sur les cotes du visage ; 
deux cornes presque droites se dressent au sommet de la tete. 

Lecaractere du monument a ete meconnu parM. Strzygowski (/. infra l.) ; il 
n’a rien de parthe ni de copte ; c’est un travail romain ordinaire d’apres des 
types hellenistiques banals, mediocre, mais moins eependant que ne le pour- 
raient faire croire les quelques mots de M. Chapot; il peut dater du u e ou du 
in' siecle ap. J.-C. 


V. Chapot, Bulletin de correspondance helUnique, XXVI, 1902, p. 202, fig. 6 ; — 
J. Strzygowski, Mschatla, Jahrbuch der kgl. preuszischen Kunstsammlungen, XXV, 
1904, p. 337, fig. 106 ; — S. Reinach, Repertoire de reliefs, II, 1912, p. 108, 3. 


293 (228) Frise d6cor6e de combats d’animaux. 


Goold, Catalogue manuscrit , p. 2, sous la provenance « Constantinople, diblais du Se- 
raskerat», dte.t les deux reliefs suivants : « n» 31 : animaux luttant; longueur, 0“ 87; 
largeur [fiscz hauteur] 0« 32; - n» 32 : animaux luttant ; longueur, 0- 73; largeur (hau- 

in,, ^= den ■' n T, L r P . ie n 4 '? UCUn doute ; ‘’‘nsigniliante difference de hauteur 
s exphque par les inegahUs de la taille; la difference de longueur fl“ 60 au lieu de 53) 
par e fa,t que Goold, ayantmesur* les deux fragments isolemcnt, a prfs pourchacun d el 
la plus grande dimension ; il na pas note qu'ils sc raccordaient, mais la parentfdes deux 
pieces enregistrees par lui rOsulte avec evidence de 1'identitO des sujets et des hauteurs^ 
nai a it T mUn n U d 0, '?r etde ,a sequence memo des numeros de catalogue laSle 
Some enSloXtl llt ‘™nsportees ensemble“u mlsee sans 
mentionnies dans^e Cafadpyue^iwBinwrn 

lant; prov. des degagements du SeraskOrat. » 59 et 60 :« animaux lut- 


Marbre blanc ; surface noircie et lustrde oar r.ic,,™, . , . 

faces laterales frustes; le bloc, bris6 en deux frae-mPHt’/ ° su P <Sneure dressee; revers et 
rations en pl&tre aux joints) est complet 4 draft p ♦ qU1 rajustent (quelques restau- 

tranche J, Jig T.VcTu Sf” !?• “ 

de 1 ours mort, les pattes du laureau, 1 oreille droite He r 1 ‘ ’ P . atte an ^ rieure droite 

celui-ci sont mutiies; mortaise pour crampon 4 Textreiff H° P P,° S6 b ° UC 6t U t6te de 
gueur,l-53;e P aisseur,enhaut, 0” 21 ; enbas, 0 - 09 dP ° ,te ’ hauteur - °" => 0 ; ‘on- 



N° 291 — CONSOLE DfiCORgE DE RELIEFS 55 

Bloc allong6; la face antArieure presente une obliquity rentrant vers le 
bas et se termine en haut par un profil saillant; le relief est assez haut; le 
fond se releve irregulieremenl vers le bas pour indiquer le sol; 4 gauche, 
sous un arbuste feuillu qui semble un figuier, un ours mort est Atendu sur le 
dos, les pattes allongees a droite; le pelage, comme celui du suivant, est rendu 
par un semis de points incises; au milieu, un autre ours bondit a droite sur 



un laureau, le mord a Pencolure, et lui plante ses griffes sur la tele et le dos; 
le taureau s’abat, la patte anlerieure gauche pliee contre terre, la tele touchant 
le sol, la langue pendanle; au dela, un ours reste en arret devant un bouc 
qui pointe contre lui, dresse sur ses pattes de derriere ; entre les deux ani- 
maux, une petite plante feuillue. 

D’apres l’endroit ou il a die trouve, le relief pourrait appartenir a un edifice 
du forum de ThAodose — le Tauros — elevA par l’empereur en 393; le style 
des sculptures, exAcutees sans l'aide du trepan, d'une facture grasse et molle, 
indique une date plus tardive, tin du v e ou vi e siecle; mais le Tauros fut 
Aprouve a plusieurs reprises au cours du v° siecle par les tremblements de 
terre et Pincendie (cf. F. W. Unger, Quellen der byzantinischen Kunslge- 
schichte , I, p. 169, au n° 402), et notre fragment peut provenir d’une recons¬ 
truction. 

S. Reinach, Cnl., n° 275. 

Photographic n° 1554. 


294 (376) Console d6cor6ede reliefs. 


Thasos (fouillcs de Th. Bent !); cntrAe au mus4e en 1887. 


Morbre blanc ; facesuperieure soigncusement dressAc: uncmortaise circulaire (diamitre, 
0 m 08 ; profondcur, 0“ 045) y est crcusAe au milieu, A 0" 18 environ de 1’extrAmitA postA- 
rieurc ; traces d’une autre, semblable, A la cassure mAme de la queue ; entre elles, 4 0“ 15 de 
I’extrAmilA, mortaise rcctangulaire (ou trou de bardage); les faces latArales, mAme au delA 
des reliefs, sont drcssAes cl polies ; la face infArieure de la queue est piquAe ; elle prAsente, 
4 0” 10 du champ sculpte, une gorge creusee grossiArement, comme si l’on avail voulu 
commeneer 4 couper la pierre; —l’extremitA de la queue, la moulure superieure des faces 



56 


N°“ 295-296 


SUPPORTS D’UNE TABLE 


laterale droilc ct anterieure, et sur celle-ci le haut de la feuille d’acanthe sont mutilis ; 
hauteur, 0” 31; longueur, en bas, 0“ 95; en haut, 1” 21 ; epaisseur (en bas), 0” 23. 

Console en forme de poutre rectangulaire, termini par un profil de dou- 
cine que recouvre une feuille d’acanthe dont les nervures sont indiquees par 
des sillons, recreuses au trepan de petits trous reguliers ; sur la face inferieure, 

deux caissons peu pro- 
fonds, occupes chacun par 
un dauphin k queue trilo- 
bee ; sur les faces laterales, 
&'{£':dans un champ legerement 
concave que limile, en 
haut, une moulure d’un 
profil tres mou(listel, cavet, talon), sont sculptes quelques animauxempruntes 
a la faune marine : & gauche, d’avant en arriere, petit poisson nageant vers 
le haut; dauphin nageant a droite, la queue trifide et relevee; seiche ou 
calmar ; peigne de la forme des coquilles Saint-Jacques; au dessus, poisson 
nageant vers le bas ; coquillage en cornet torse, du genre melanie ou turritelle; 
au dessous, poisson nageant & droite; les memes sujets, avec quelques 
variantes, se repetent sur la face droite. 

Travail decoratif du v® ou du vi e siecle ap. J.-C. 

Pholographie n' 287. 



295-296 (Ii27, 1428) Supports dune table. 


Cyzique ; trouvis au village de Ieni keui en 1893; signals par M. Henderson et entr&s au 
musde en 1903. 


Marbre blanc; le n" 295 est intact, sauf quelques mutilations sur la griffe de lion (dont un 
mafrTm™r^r COl u 6 T les moulurcs d « partic inferieure ; tranche posterieurc som- 
sula^n 0-TTl ; K t ? nchl ) *“peneure, fmement piqude, porte une mortaise rectan- 
un Detit hnrH IV' , postencur; la face inferieure, sans mortaise, estpiquee, avec 
0"87 loneueur en de SeS ar6tes lon gHudinales et anterieure; hauteur, 

0-175’ " S len* * 1 “j b f’ °" 96 5 ****** en haut, 0- 16 ; sous la plinthe! 
0” 4‘> ■ longueur coniDlelp P Vn h ^n Fagme ? lts ( v °y ez ci-dessous): (a) hauteur maxima, 
\b : hauteurmaxima, 0“ 2^; longueur maxima* 0-'iTs*^ ^ “ P lin «^e (e° m p. 6 te), 0-175; 


Les supports de cette table etaient constitues par deux dalles rectangulaires, 
de profil legerement concave sur leur tranche anterieure et dont 1’epaisseur va 
s amincissant vers le ba.; I, tranche anterieure est traitie comme un pied 
decore de quatre rndenture. centime, et termini par de. grilles d. lion ; 



>i 0 " 29S-29B - SUPPORTS d’i'NE TABLE 


.')7 

dans Ie haut, au dessus des rudentures, un ornement est delicalement cisele : 
au milieu, un bouton de lotus, la pointe dirigee vers le has, et, contre chaque 
arete, un demi-bouton semblable; entre eux, dans l’espace limile par la 
retombee des petales voisins, une capsule traitee dans le style de la decoration 
melalliquc et ornee de godrons finement incises; la tranche posterieure est 
fruste, ce qui indique que la table etait adossee a une paroi; — la face exte- 
rieure de la dalle est profilee en bas et sur les c6tes (le profit de l’arete pos¬ 
terieure va se perdant peu a peu); elle esl parlagee en deux panneaux inegaux 
par une moulure horizontale (listel, talon, filet) qui court a 0 m 27 du bord 
superieur; sur le listel, repose un rang de rais de coeur, la pointe en haut ; 
le panneau inferieur est vide; les extremites gauche et droite du panneau 
superieur sont remplies par une volute dont la tige generatrice, qui vienl mou- 
rir telle quelle contre l’arete superieure de la dalle, donne naissance vers 
l’interieur a une petite palmette, vers l’exlerieur a un gracieux rinceau; — 
la meme disposition se repete sur la face 
interne de la dalle, mais le panneau du 
haut y est divise en deux parties, anle- 
rieure et posterieure, par une profonde 
entaille verticale, creus6e en son milieu, 
sur toute sa hauteur, et deslinde 4 rece- 
voir la traverse de marbre qui liaisonnait 
les deux supports et soutenait avec eux le 
plateau de la table ; le motif de rais de 
coeur n’est execute que sur le listel de la 
partie anterieure et se continuait sur la 
traverse, comme le prouve le joint en 
biseau qui le termine; sur la partie pos¬ 
terieure, il est remplace par un profil sans ornement; les memes volutes se 
retrouvenl aux extremites (celle de gauche, cachee par la traverse, n'etait pas 
visible), mais & droite, tout 1’espace compris entre la mortaise et la volute 
est rempli par une palmette et un rinceau d’une elegante complication, qui 
naissent derriere trois feuilles inegales, aux contours tres decoupes, jetees 
horizontalement sur le fond et traitees dans la maniere realiste ; les dentelures 
des contours sont accusees par de pelits trous creuses au trepan. 

L’autre support n'est plus represente que par deux fragments : (a) partie 
inferieure de la dalle, avec le bas du pied et les grilles de lion de la tranche 
anterieure ; ( b ) partie posterieure du panneau superieur, brisee selon la gorge 
creus6e pour recevoir la traverse, et tres mutilee au revers; il reste, sur chaque 
face, le profil horizontal et une partie de la volute. 

Travail elegant et soigne, d’un tres joli style helienistique. 



Photographic n° 1710. 



RELIEFS LYBIENS 


:;8 

297-298 ( 229.'i, 2296) Supports d une table. 


Magndsic du Meandre; fouilles de Demosthene beyBaltazzi, 1887 ; entres au musee en 1890. 


Marbre bleu; n" 297 : face exterieure soigncusemcnt dressee; face interieure epannelde; 
la tranche posterieure est dressee, mais n’a conserve sa surface primitive que sur une hau¬ 
teur de 0" 27 ; au dessous, la pierce a ete grossicrement retaillde et devait l’dtre comple¬ 
ment, car la face interieure porte encore, surtoute sa hauteur, le sillon que l’ouvrier avait 
creuse pour se guider dans son travail ; hauteur, 0” 60 ; longueur, en haut, 0” 96 ; longueur 
actuelle, en bas, 0 m 92 (la longueur primitive devait etre d’environ 1 metre); epaisseur, 
en haut, 0“ 16; — n“ 298 : semblable, mais brise A la partie posterieure ; longueur maxima 
actuelle, environ 0 m 63. 


Dalles rectangulaires; la tranche anterieure, couronnee par un bandeau nu, 
est decoree de trois cannelures dont les aretes se terminent par quatre griffes 
de lion; un listel saillant, qui tourne sur les cotes, enserre la partie cannelie 
un peu au dessus de lanaissance des griffes ; la face exterieure etait decoree, en 
bas, d’une moulure qui, sur les deux supports, a ete rabattue volontairement; 
1’arete de cette face contigue a la tranche posterieure est evidee en quart de 
rond ; la partie superieure de la dalle est evidee sur une longueur de O” 1 67 et 
une profondeur de 0 m 10 pour recevoir et maintenir le plateau de la table. 

Ct. des pieds decores de meme it Magnesie du Meandre, Magnesia am 
Maeander, p. 109, lig. 104; —pour le systeme d’assemblage, cf. aussi Priene, 
p. 177, lig. 170. 


RELIEFS LYBIENS 


Albert Dumont qui,le premier, a decrit les reliefs suivants, sous le titre de 
« bas-reliefs du cirque », les eroyait de Constantinople 1 . Dethier les attri- 
buait a la Cyrenaique (cf. CIL, III, 745) ; d’apres Ch. Tissot (Geographie 


bal'-rdicirrpuis a ptsfnu e : / Udci Be, ''r e !lr f iolo 9 i ^ H), p. 257, parlc de trente 

decrit quehuU £ 258^ Tc enzio CaT 165 P ' US remarqllables *>, U "’en 

6-17 mais ses 12 ,scrt< ' f 9 > donn e 12 reliefs de cette sirie (n“ 

une seme plaque, notre t “310 U mTnoull 13 , {a “ truche J et «) ne correspondant qu’4 
jourd'hui au musee, soit le n»’ 300 soit l e n^SOS^-^im ^ ^ plaques qul sont exposies au- 
derniers numeros sont menUonnis oar Dumont e'l ^ ° m,SS, ° n d ai,,eurs - car «*■ deux 
rieu.s. On admettra difflcilcmenL qu’entre 1868 et ® 8 ™ t r i °“): entdansles cata loS“esposte- 
fragments; il est beaucoup plus vraisemblable de P “ 86 perdre 17 P laques ou 

carnet, Dumont a icrit ou lu trente pour trli-e CcfmmT qUe ’ F^ SUlte dune erraur de 
etaient alors brisecs et non raiusties ce chitTm Hn t ? certain nombre de plaques 

valent aux douze plaq SiSJirSrTj^ co ? sid ^ comme 6qui - 

r \einacn, par M. Joubin et par nous-mSme. 



BELIEFS EYBIENS 


r;n 


comparee de la province romaine d'Afrique, I, p. 353;, « la notice turque les 
donne comme provenanl du Darfour, mais la tradition les fait venir de ia 
Tripolitaine » ; CIL, VIII, 10970 (inscription du musee imperial qui fait cer- 
tainemenl partie du meme « lot » que nos reliefs) : « ex Darfur venisse tur- 
cice tilulo inscriplum est; significari ita in regione Fezzan quam turcae regioni 
Darfur interioris Africae adscribere solent, locum aliquem (exempli causa 
Gharia el-Gharbia) observavit Tissot probante Kieperto. » On peut considerer 
comme certain qu’ils proviennent de Tripolitaine; ils presentent d’autre part 
de si grandes ressemblances avecceux de Ghirza, deeouverts par M. de Malhui- 
sieulx ( Nouvelles archives des missions, XII, 1904, p. 22 sq., pi. X-XI), en 
particulier avec ceux du monument C (ibid., p. 24-25, pi. X ; XI, fig. 1), qu’on 
est fort tent6 deleur atlribuer la meme origine; cette hypolhese est confirmee 
encore par l’analogie des formules qui reviennent sur l’inscription du musee 
citee plus haul et sur la d6dicace de ce meme monument C (ibid., p. 25). 

Ils doivent provenir d’un — ou plusieurs — de ces mausolees qu’aimaient a 
se faire construire les chefs puniques et lybiens et dont le plus celebre est 
celui de Dougga (H. Saladin, Nouvelles archives des missions, II, 1892, 
p. 455 sq.; cf. en dernier lieu Poinssot, Comples rendus de VAcademie des ins¬ 
criptions, 1910, p. 780). Ce sont des monuments rectangulaires, parfois conte- 
nanl une chambre fun6raire enlouree d’un portique, parfois 4 plusieurs etages 
et surmont^s d’une pyramide. M. Clermont-Ganneau en mentionne plusieurs 
a Kasr ed-Dou6irat, dans le sud de Khoms, et toute une serie entre Khoms et 
El Mergeb (Recueil d'archeologie orientate, VI, p. 49 el 52). M. Lecoy de la 
Marche en a d^couvert un, ruine et d6cor£ de curieuses sculptures en calcaire 
tendre, 4 El-Amrouni, pres de Bir-Fatnassia, sur l’ancienne route romaine de 
Tunis 4 Ghadames (Ph. Berger, Revue arcMologique, 1895, I, p. 71-83). Les 
plus remarquables sont ceux que M. de Mathuisieulx a vus et photographies 
dans la necropole de Ghirza (l. supra l. ; cf. Strzygowski, Spalalo, ein Mark- 
stein der romanischen Kunst , dans Studien aus Kunst und Geschichte Frie¬ 
drich Schneider gewidmet, 190G, p. 328; H. Thiersch, Jahrbuch des archaeo- 
logischen Instituts, XXV, 1910, p. 95). 

Ces reliefs sont d’une extreme barbarie ; on en peut rapprocher 4 cet egard 
les steles du Vieil Arzeu (Doublet, Musee d'Alger, pi. Ill—IV), la celebre 
stele lybique d'Abizar (ibid., pi. VI), les curieux reliefs funeraires de Diar 
Mami etde Tala Isli (ibid., p. 32; CIL, VIII, 9005, 9006),les reliefs de Bordj 
Messaoudi (La Blanchere et Gauckler, Cat. du musee Alaoui, Sculpture, 
n" 103, pi. XVI), du Kef (ibid., n os 104, pi. XVI, et 753, pi. XX), de Ghar- 
dimaou (ibid., n° 863, pi. XXIII), et meme ces carreaux de revetement 4 reliefs 
estamp6s, si frequents dans l’Afrique du Xord (la bibliographie ancienne ap. 
La Blanchere, Revue archeologique, 1888, I, p. 303 sq.; cf. La Blanchere et 
Gauckler, Cat. du musee Alaoui, 1897, p. 208 sq.; Stuhlfauth, Roemische 



60 


RELIEFS LYBIENS 


Miltheilungen, XIII, 1898, p. 291, note). Le sculpteur n’a aucune notion de 
composition ni de perspective; ses figures humaines ressemblent a s'y me- 
prendre a des dessins d’enfant; elles n’onlni proportions, ni modele, ni verite 
analomique; certains animaux, au contraire — en particular les chameaux et 
les autruches — sont d’une silhouette juste, de proportions exactes, etparfois 
saisisavec un realisme surprenant; il est nature! de retrouver cette opposition 
chez des artistes barbares, comme on la trouve chez les primitifs, mais rare- 
ment elle s’exprime avec autant de force. On constatera d’autre part l’absence 
presque complete de Finfluence classique qui est si evidente dans les reliefs 
d’El-Amrouni. 

Inleressants comme monuments de Fart indigene, ces reliefs le sont aussi 
soit par les scenes religieuses qu’ils represenlent, soil par les scenes de la vie 
africaine qu ils nous metlent devant les yeux ; les premieres sont d’une inter¬ 
pretation malaisee et reclameraient la competence d’un specialiste ; les autres 
nous montrent, en une serie de tableaux naifs, la vie de « grands seigneurs » 
l-'biens, banquetant, chassant et faisant valoir leurs troupeaux et leurs terres. 

L architecture des mausolees de Ghirza denote une date deja tardive ; nous 
les attribuions au in 0 siecle ; de son c6te, M. J. Toutain a bien voulu nous 
faire savoir qu’a son avis Finscription du monument C, dont il a eu en mains 
Festampage, ne peut guere remonter plus haut que le m c siecle de lere chre- 
tienne et qu’elle pourrait etre de la fin de ce siecle; la meme date vaut pour 
les reliefs du musee imperial. 


MenUons sommaires de ces frises : De Ceuleneer, Athenaeum beige, II, 1879, 

L, x U JT e : Acaden 'V> 9 aoflt 1890 • cf. American journal of archaeo- 

gy, , 1890, p. .i-c-327 (les reliefs sont cites a la page 327) ; S. Reinaeh Revue 

bev °j°hrb Ue ’h T 2 ’ l ’h i3 . 9 ' 1401 Chroni 1 ues d'Orient, II, p. 73-70 ; — Halil’Edhem 
^r ’col l .3 arc haeologischen Institute, XXIII, 1908, a rchaeologiseher Anzei- 


Les plaques presentenl entre elles des variations notables de hauteur et de 
decoration ; s> done elles appartiennent a un meme monument, elles en ornaient 

u ::rrr rA ~ " pe " ,i ‘ ieni ^«« ^que, P i„ s ». 

blablement elles prov.enneat de plesi.ur, «„„„ enU , D allies,rs. „„„ 

' ,d “‘ e P ™" e d * 11 *'“>>>'= “•» q-'»n puisee v reconnallre le .ravail 
de plusieurs ma.ns. Noe, disti„ e ao„,, d'ap™ les hae.eers, ci„ q .dries • 


1° hauteur, 0“ 295 : 
2° hauteur, 0“ 380 : 
3° hauteur, 0“ 490 : 
4° hauteur, 0“ 535 ; 

5° hauteur, 0“ 490 : 


une plaque, n° 299 ; 

trois plaques, n“ 300, 301, 302; 

une plaque, n» 303 ; 

ZtfZZ. m - •“>. bloc 
serie a denticules ; cinq plaques, n os 306 a 310. 



N° 2!KI - RELIEF LVBIEN 


61 


£laut donne la nalurc de la pierrc cl letat de conservation, ces mesurcs peuvcnt nc 
representor qu'une approximation des dimensions primitives ; il faut tenir compte aussi du 
fait que ces plaques ont pu 6tre retaillecs pour cn faciliter le transport ou quc les bords ont 
pu en fitre egalisds ; l’aspect du revcrs ou des tranches, sur certains exemplaircs, parait con¬ 
firmer celte hypothec. 


La matiere est uniformement un calcaire gris jaunatre, tendre, leger et 
poreux, tres friable, presque partout use et souvent erode profondement. 


Serie /. 

299 (“32, Relief lybiea. 


Uevcrs mulil6 ; face laterale droite dress<Se, mais erodec; briso 4 gauche ; surface tres 
usee; hauteur, 0“ 295; largeur maxima, 0“37 ; epaisseur, environ 0“ 08. 


Petite plaque rectangulaire; le fond sc releve vers l’arete superieure, for¬ 
mant comme un encadrement en haul du relief; un epais bourrelet, peut-etre 
un tronc d’arbre, remplit le meme office sur l’arete droite ; — deux homines 
en tunique courte, serree Ires bas sur les reins par une ceinture indiquee en 
relief, s’avancent vers la gauche; le 
premier est imberbe; la masse des 
cheveux, qui couvre la nuque, est 
separde du visage par un trait incis6; 
le bras gauche est plie k angle droit 
sur la taille ; du bras droit, on ne 
voit que la main, plac^e un peu plus 
haut que la gauche et reduite a une 
masse indistincte (peut-fitre tienl- 
elle un objet); devant lui, s’avan- 
(aient deux animaux, sans doule des 
bceufs, dont il ne reste que les queues (tres longues et qui viennent battre 
contre lui) etune parlie tres erodee dela jambe posterieure de celui du premier 
plan 1 ; le second personnage marche a la suite du premier, relevant le pied 
droit; il semble barbu; 1'attitude est la meme; la main droite parait tenir 
quelque chose ; la gauche ne porte rien; on notera, sur les deux figures, la 



1. On c'Di-eigera sur noire figure le dessin,leg£rement inexact, dc la queue qui vient battre 
contre lepnuie du personnage; I'exlreinite superieure devrait s’infiechir un peu etse perdre 
derriere la queue de I'animal du premier plan. 




62 


N° 300 — RELIEF LYBIEN 


maniere naive dont les bras sont distingues par une petite cavile creusee au 
milieu du buste. 


S. Reinach, Cat., n° 559; — Joubin, Sculpt, gr. et rom., n° 132, v. 


Photographie n“ 1719, & gauche. 


Serie II. 


300 (731) Relief lybien. 


Revers mutile ; faces superieure et laterale gauche dressees, mais erodies ; brisd & 
droite; angle inferieur gauche mutile; hauteur, 0° 38; largeur maxima, 0" 365; epaisseur 
actuelle, environ 0” 065- 


Plaque rectangulaire sans encadrement; — dans le haut, sur une sorte de 
banc, sont placees c6te a c6te trois tetes imberbes, a faces rondes et plates, 
aux traits sommairement indiques (les traces conservees a la cassure per- 
metlraient de supposer qu’il yen avait au moins une quatrieme sur la partie 

manquante) ; au dessous de ce « banc », un 
homme s’avance a droite ; il est imberbe ; 1’oeil 
a la forme d’une grande amande cernee d’un 
petit bourrelet; les cheveux sont courts et 
divises en petits carres; il est vetu d’une tunique 
qui tombe a mi-cuisses et dont les plis sont 
indiqu6s par des sillons verticaux et paralleles ; 
il tient des deux mains une phiale, a c6te de 
laquelle est une oenochoe qui semble flotter sur 
le fond (pres de la cassure, traces tres reduites 
d un autre ustensile); un peu au dessus, a hau¬ 
teur de sa tete, un petit gueridon a pieds droits 
est pose a meme sur le champ; derriere lui, un animal, biche, chevre ou 
bouquetin, est attache au pied du « banc » par une longe a laquelle il parait 
suspendu. 

Cette representation d’apparence enigmatique s’explique aisement, croyons- 
nous, si l’on veut reconnaitre, dans les tetes du haut, non pas un « trophee 
de trois tetes coupees mais des betyles, en forme de gros galets sculptes, 
du type de celui qui est conserve au musee Alaoui (La Blanchere et Gauckler, 
Cal. du musee Alaoui, p. 47, Sculpture, n° 1, pi. XI, ou l’on en signale 
deux autres semblables a Carthage); cf. aussi la tete circulaire surmontee d’un 




S° 301 


KELIEF LYBIEX 


f)3 


croissant, sculplee sur un rocher « dans les montagnes qui dominent l'oasis de 
Kriz, sur la rive septentrionale du Chott el-djerid » Ch. Tissot, Geographic 
comparee de la province romaine d’Afriqve, I, p. 479-480, lig. 48); — le 
relief de Sidi Salah el-Balthi, ou « sur la tranche de la pierre, a droite, est 
representee une tete de divinile, Baal Hamon probablement » (Gauckler ap. 
S. Reinach, Bulletin archeologique du comile, 1896, p. 150; Musee Alaoui, 
p. 60, Sculpture, n° 106, pi. XVI^ ; — la tete humaine de de hauteur, 

sculptee sur un rocher qui se dressait a l’extremite de la necropole indigene du 
Djebel er-Rebia (Musee Alaoui, p. 60, Sculpture, n° 108). 

Des lors, le relief represente simplement une scene de sacrilice, avec les 
diviniles placees sur une sorte de base ou de table, l’autel (qui est le « gueri- 
don »), le « camillus » portant l’cenochoe et la phiale, et la victime; l’objet 
dont quelques traces sont conservees & la cassure etait peut-etre tenu par le 
sacriiianl lui-meme : ce sont la — la forme des dieux mise a part — les per- 
sonnages et lesaccessoires d’une scene de sacrifice classique, mais trailes d’une 
telle maniere qu’on ne peut guere supposer que le sculpteur ait eu sous les 
yeux une oeuvre grecque ou romaine. 

A. Dumont, Musie Sainte-Irdne ( lievue archeologique, 1868, II), p. n° 

XXXII, 8;— S. Reinach, Cal., n° 567 ; —Joubin, Sculpt, gr. et com., n° 13‘2, xn. 

Photographic n° 1553. 


301 (737) Relief lybien. 

ltcvcrs mulile ; brise d gauche; faces latcrale et superieure drcssics ; surface usee ; 
hauteur, 0” 38; largeur maxima, 0“46 ; dpaisseur, 0“ 075. 

Plaque rectangulaire sans encadrement; au milieu, est un homme a barbe 
courte partagee en petites boucles ; il est debout et de face, vetu d’une tunique 
qui se termine aux genoux par un bord decoupe en dents de loup, et d’un 
manteau, plus court que la tunique, pose de biais sur l'epaule gauche et sous 
l’aisselle droite; il leve, de la main droite, un gobelet evase; de la main 
gauche, il tienl un objet cvlindrique ou Ton est tente d’abord de reconnaitre 
un volumen roule ; I’objet indique sur le fond, au dessous du volumen, serait 
alors un faisceau de calami avec la theca calamaria placee dessus ; mais il est 
peut-etre plus vraisemblable d’admetlre que le premier de ces objets, qui 
parait clos par un couvercle conique, est le goryte ou est enferme 1‘arc, et le 
second, le carquois rempli de lleches et muni d’une plaque ou s'attache le 
goryte quand tous deux sont porles sur le dos ; le carquois est suspendu a 



gi N° 302 — RELIEF LYBIEN 

deux courroies dont 1'une, celle de droite, remonte verticalement jusqu’a la 
main gauche du personnage, et dont l'autre passe sous son bras, puis s’infle- 
chit et se perd derriere son epaule gauche; derriere cette memo epaule, 

tombent aussi, sur le c6tedu corps, deux 
bandelettes ou courroies terminees en 
torsade — peut-etre les extremites de ce 
baudrier auquel est attache le carquois; 
deux baguettes (fleches ?) sont indiquees 
obliquement sur le fond, entre le carquois 
et la jambe gauche du personnage; — a 
droite, une femme (?) en tunique courte, 
la tete et les jambes de profil a gauche, 
tient, de la main droite baissee, deux 
objets allonges qui semblent noues l’un a 
l’autre, comme des infulae; sur son epaule 
gauche (qui est representee de face, la droite restant invisible), un enfant est 
assis, le bras droit pendant, le gauche plie contre la poilrine, la tete encadree 
d une abondanle chevelure ; — pres de la cassure, a gauche, il reste la main 
d’un personnage lendant une cenochoe. 

II est diflicile de dire si la scene est prise a la vie reelle et monlre le chef 
entre sa femme et son echanson, ou si elle represente le mort heroi'se avec les 
personnages habituels du « banquet funebre ». 

S. Reinach, Cat., n° 368 ; — Joubin, Sculpt, gr. el rom., n° 132, hi. 



Photographies n”‘ 1556, 1719, 4 droite. 


302 ( 735 ) Relief lybien. 


Le revere, en partie erode, paralt dressfi (ou re- 
taille ?) ; face laterale droite dressee; brise 4 gauche • 
angle inferieur droit mu tile ; hauteur, 0" 38 : larceur 
maxima actuelle, 0“ 325; epaisseur, 0 m 09. 


Plaque rectangulaire sans encadrement; scene 
de vendanges : un jeune homme imberbe, profil 
a gauche — buste tres long, tete petite a cheveux 
courts, bras minuscules, jambes etiques — vetu 

U. U „T 'IT'"" d0 " 1 pli * ”" 1 P” d- sillons verticaux, 

’ dS l;> m,ln -"“ Che »» «bj.l mal defini _ peul . 6u . e un pelil 






N° 303 - RELIEF LYHIEN 


65 


panier et, de la droite legerement relevee, une grande serpe avec laquelle 
il va couper une grappe colossale, pendue & un cep aussi grand que lui-meme 
et dont la tige se courbe sous le poids. 


S. Reinach, Cat., n° 366; — Joubin, Cat., n° 132, xi. 
Photographic n" 171 i, a gauche. 


Serie III. 


303 (728) Relief lybien. 


Re vers frustc; faces laterales dressecs ; angles inferieurs brises; manquent la jambe 
droite du premier personnage de gauche ct le pied gauche du premier personnage de 
droite ; drosions superficiclles ; hauteur, 0 m i‘J ; largeur, 0“ 85 ; epaisseur, 0"' OX. 


Plaque rectangulaire ; le fond se releve legerement vers le haul, formant un 
profil en biseau ; au milieu, un homme est assis, de profil a droite, sur un 
trone a dossier renverse, sorte de Suppo; strie de sillons verticaux el pose sur 
une plinthe rectangulaire qui a 
l'aspect d’un cadre grossiere- 
ment et incompletement mou- 
lure et rempli par un cable 
ne semblent 
pas poses sur un tabouret, 
niais s’appuient sur le support 
du siege ; le corps est 
une masse eourte, mais tres 
large et tres trapue ; aucune 
forme anatomique n’est expri- 
m6e; l’ceil, d'un dessin barbare, est enorme et de face, et fortement releve 
vers Tangle interne; les cheveux sont indiques par trois, la barbe par deux 
rangs de petites boucles, plates et rondes; le vetement ne parait comprendre 
qu'une lunique dont le sculpteur a naivement rendu la richesse par plu- 
sieurs rangs horizonlaux de zigzags en dents de loup. II leve, de la main 
gauche, une coupe dvasee et profonde qu’il tient par le pied et, dans la main 
droite, il porte un objet qui ressemble a un volumen froisse par la pression de 
la main ; a droite, un serviteur imberbe, dont la tete arrive presque h hauteur 
de la sienne, mais de proportions plus greles, lui presente, de la main droite, 


£pais; les pieds 






66 


N° 303 — RELIEF LYlflEN 


une grande oenochoe, dont la panse est decoree de cotes verticales, l’epaule et 
le col de cotes horizontales; de la main gauche, il tient, sur le c6te du corps, 
un grand carquois rempli de fleches ; a la boite du carquois, decoree de stries 
obliques, est accole un etui cylindrique ou Ton doit sans doute reconnaitre, 
malgre sa petite taille, le goryte destine a recevoir l’arc; a gauche, trois 
personnages de dimensions inegales, mais plus petits que les deux precedents, 
s’avancent vers le personnage assis (qui leur tourne le dos) ; le premier, peut- 
etre barbu, est place a 0 m 01 environ au dessus d’une petite plinthe, traitee 
comme celle de la figure centrale ; il est vetu d’une tunique a manches longues 
et d un manteau plus court que la tunique ; il est coifie, semble-t-il, d une 
sorte de bonnet rond ou de tiare ; le collier a double rang qu’il parait porter 
sur sa poitrine n’est peut-etre qu’un ornement du vetement ; il est chausse de 
souliers dont la tige se termine au dessus de la cheville par un bourrelet ; il 
tient des deux mains devant lui une longue hampe, recourbee legerement 
& l’extremite superieure, ornee vers le bas de plusieurs renflements de formes 
variees et terminee par une sorte de cupule ; le suivant, imberbe et plus 
petit, avec de longs cheveux (peut-etre pris dans une coifie) qui lui 
retombent sur la nuque, semble vetu de deux tuniques inegales (celle de 
dessus plus courte, serree aux reins et a bord inferieur dentele) et leve 
des deux mains, a hauteur de sa tete, un grand cratere evase — ou un 
panier? — dont la surface est decoree de stries et de dents de loup ; le 
troisieme, tres mutile, un peu plus grand que celui qui le precede, coifie 
comme lui et vetu a peu pres de meme, ne parait rien porter; le second est 
place au dessus d une petite plinthe, qui a la forme d’un cadre traverse de 
deux croisillons; il ne repose pas directement sur elle, car il en est separe 
par un espace d environ O'” 01, et le pied qui est en arriere deborde et touche 
du talon la rosette, aujourd hui tres mutiiee, placee au dessous du troisieme 
personnage ; au dessus d eux, trois rosettes sont sculpt6es sur le fond. 

On aurait pu etre tente de reconnaitre ici des diviniles, et peut-etre meme 
des statues de divinites, a cause des plinthes isol^es sur lesquelles sont poses 
les personnages; cette interpretation nous parait devoir etre rejetee parce 
quelle s’accorde mal avec l’action du serviteur de droite et qu’elle n’explique 
pas la petite taille des trois figures de gauche ; les motifs places au dessous de 
ces trois figures, comme les rosettes placees au dessus d’elles, ne sont proba- 
blement qu’un ornement de remplissage, destine a meubler le fond que 
laissenl vide leurs dimensions reduites ;c’est ainsi qu’au dessous de la derniere, 
une rosette a pu se substituer a la plinthe. L’espece de piedestal place sous le 
personnage central est destine a mettre en valeur son importance que signale 
deja la masse meme de son corps: c’est le chef banquetant — sans doute 
avant le depart pour la chasse ; d’un cote, son echanson lui prdsente l’aiguiere 
et ui apporte ses fleches; de l’autre, s’avance la theorie des serviteurs, price- 



N° 304 — RELIEF LYBIEN 


Ii7 

des d un majordome qui lient, soit le biton insigne de ses fonctions, soil une 
arme destinde au maitre. Le sujet pourrait aussi elre interprets, mais avec 
moins de vraisemblance, comme une sorte de « banquet funebre » ou le mort 
serait assis au lieu d’etre couche. 


A. Dumont, Musee Sainte-Irine (Revue arcMologique, 1868, II), n° XXXII, 
p. 258, 1°; — S. Reinach, Cat., n° 561 ; —Joubin, Sculpt. gr. el rom., n° 132, jv. 


Photographic n“ 1558. 


Serie IV. 

304 (734) Relief lybien. 


Revers et faces latSrales dressds (la droite mutilee); les angles brises & droile ; manque 
lc pied gauche du personnage de droite ; visages indistincts ; surface tris drodee; hau¬ 
teur, 0” 535 ; largeur complete, 0” 65; dpaisscur, O'”085 ; hauteur du listel superieur, 0“ 04; 
de la plinthe, 0“ 06. 

Plaque rectangulaire ; listel en haul; plinthe en biseau en bas; deux per- 
sonnages sont represents cdte a cote, debout et de face ; ils sont coiffes d’un 
bonnet conique au dessous duquel, chez celui de droite, les cheveux sont indi- 
ques par des dents de Ioup ; leur tunique tombe au dessus des chevilles, 
delaillee sur la poitrine par des 
sillons en aretes de poisson, sur les 
jambes par des sillons verticaux ; 
aucune forme anatomique n’est ex- 
primee ; leur visage ressemble a une 
galette ovale ou les traits 6taient in- 
diques en creux; tous deux ont le 
bras droit plie sur la taille, le gauche 
baisse et dearth; l’avanl-bras gauche 
de l’un est cache derriere un m6- 
daillon circulaire, orne de quelques 
incisions irregulieres, qui remplit le 
fond entre les deux figures; un medaillon semblable, orne d’une incision 
cruciale, est place entre les deux teles ; l’autre (celui de droite) pose la main 
gauche sur le bord d’une rosette concave a bouton central et aux petales 
grossiferement indiqu^s; une autre rosette, de type analogue, mais plus grande 
et sommairement divis^e en qualre petales ou segments, est jetee sur le fond 




68 


N° 305 


RELIEF LYBIEN 


a hauteur de sa tete. A l’extremile gauche de la plaque, un palmier au tronc 
grele, termine par un bouquet de feuilles retombantes. 

On a propose de reconnaitre ici deux guerriers portant des boucliers : mais 
ils les porteraient d’une fa?on bizarre ; la forme de rosette donnee au bouclier 
de celui de droite serait etrange, et 1’on ne comprendrait guere que ces soldats 
n'eussent pas d’armes offensives. Nous serions plutdt tentes de reconnaitre ici 
deux divinites, deux « Dioscures » du pantheon lybien et d’atlribuer aux 
rosettes la valeur de symboles stellaires. 


A. Dumont, Musie Sainle-Irine (Revue archdologique, 1868, II), n° XXXII, p. 258, 
4° ; — S. Reinach, Cat., n° 565; — Joubin, Sculpt, gr. et rom., n° 132, x; — Ch. 
Tissot, Giographie compare de la province romaine d'Afrique, 1,1884, p. 495, fig. 54. 


Photographic n° J715. 


305 (Til) Relief lybien. 


Face principale: brisfie A droite; mutilec enhaut; hauteur, 0" 53; longueur maxima, 0" 18 ; 
face en rctour : joint A gauche ; hauteur, O’” 53; largeur, 0”265; — arete superieure muti- 
14e ; surface trfes crod^e. 


Bloc d angle travaille sur ses deux faces; le fond se relfeve legerement vers 
le bas, formant une plinthe rudimentaire en biseau ; — face principale : un 
homme vetu d une lunique courte serree sous les reins par une ceinture en 
relief, decoree de stries et de dents de loup, est represents de profil a droite, 

la main droite relevee derriere la 
tete, dans l’attitude d’un tireur 
d’arc; l’objet qui depasse derriere 
son epaule gauche pourrait etre 
l’extremite de son carquois; contre 
le bord de la cassure, traces d'une 
hampe terminee par un renflement 
(l’arc?). Au dessus, l’inscription : 

ISICVA[Rj on ISKVA[R] 

Pour la forme de la troisieme 
lettre, voir notre figure ; l’R final 
a ete lu par tous nos predecesseurs et a ete emporte partiellement par une 
erosion recente. 

hace en retour : a la partie superieure du champ, un cavalier, arme d’un 






N° 306 - RELIEF LYBIEN 


69 


6pieu, galope vers la droite ; au dessous du cheval, un chien bondit dans le 
merae sens et, au dessous du chien, fuit une biche qu'on croitpouvoir recon- 
naitre aux traces bifides de ses sabots. 

Dumont, Musee Sainte-lrine [Revue arcMologique, 1868, II , n° XXXII, p. 237 
ct p. 238, 8° ; — S. Reinach, Cat., n® 360; — Joubin, Sculpt, gr. et rom., n° 132, i; 
— CIL, III, 745 <cf. Suppl., fasc. I, p. 1109, in pr.) — VIII, 10972. 


Photographies n°* 1720, a droite face principale), 171 i. 4 droite (face en retour). 


Serie V r (a ilendenies). 


306 (733) Relief lybien. 


Re vers sommairement dresse; bris4 4 gauche; face latcralc droite 4rodee; angle sup6- 
rieur droit bris4 ; sur le bord sup4ricur, manque lc filet; sur lc bord infirieur, presque 
tout le filet et tous les denticulcs ; t6tes informes ; les jambes des cavaliers et des chevaux 
mutildes ; toute la surface tr4s erodee ; hauteur, 0“49 ; largeur maxima, 0“62; 4paisscur, 
0»075. 


Plaque rectangulaire, decoree, haut et bas, d’un filet sous lequel est place 
un rang de denticules; — deux cavaliers s'avancent vers la droite ; le cheval 
de gauche ne touche le filet inf^rieur 
que par son sabot ant^rieur gauche; 
l’autre plane un peu au dessus; le 
harnais est indiqu^ plastiquement; les 
cavaliers semblent reposer sur leur 
bete 4 hauteur de la taille, et le pied 
droit de celui de droite est au niveau 
des sabots du cheval; ils semblenl 
vetus d’une cuirasse a cotte dont le 
thorax (chez celui de droite) est orne 
d'un motif de dents de loup ; ils tien- 
nent les renes de la main droite; l’autre main est cachee derriere l’encolure ; 

_a la partie superieure du champ, deux rosettes, et traces d’une troisieme 

pres de la cassure de Tangle droit. 

A, Dumont, Musi'c Sainte-lrine ( Revue archiologique, 1868, II', n° XXXII, p. 238. 
7” ; — S. Reinach, Cat., n° 564 ; — Joubin, Sculpt, gr. et rom., n® 132. ix. 


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Photographic n* 1712, 



70 


N° 308 - RELIEF LYBIEN 


307 (738) Relief lybien. 


Revers et face laterale dresses; brise k gauche; ce qui reste est en quatre fragments rajus- 
tes ' bord infirieur tres mutile; manquent le haut de la tctc du laboureur, le bas du visage 
du semeur ; surface tres erodee; hauteur, 0" 50 ; largeur maxima, 0»48 ; epaisseur, O'"065. 


Plaque rectangulaire, decoree comme la precedente; les personnages reposent 
directement sur le filet inferieur; — a gauche, un laboureur, de profil k gauche, 
vetu d’une tunique courte serree aux reins, guide sa charrue (r6duite S un 

troncon de la partie sup^rieure); il semble 
courir, le corps reposant sur la jambe 
droite flechie, le pied gauche releve et 
rejet6 en arriere, mais cette apparence n’est 
due sans doute qu’a la maladresse du 
sculpteur qui aura voulu representer ainsi 
l’effort que fait le personnage, soit pour 
peser sur le manche de la charrue, soit 
plut6t pour atteindre de l’aiguillon, qu’il 
devait tenir dans la main gauche tendue, 
la tSte d’un des animaux de l’attelage; a 
droite, et de profil a droite, un paysan, 
vetu comme le premier, ensemence le 
champ que l’autre laboure; il porte le grain, de la main gauche, dans un sac 
ou plut6t dans un pli releve de son manteau, et le jette de Ja main droite 
levee; il semble imberbe ; ses cheveux sont courts et traverses de quelques 
larges sillons; l’oeil enorme est indique par une saillie ovale qu’un sillon grossie- 
rement incise separe du reste du visage. 

Cf. la scene de labourage sur un relief de Ghirza, Mathuisieulx, Nouvelles 
archives des missions, 1904, pi. X, 1 j l'attitude du personnage central, ihid., 
pi. X, 2, et du personnage de gauche, ibid., pi. X, 3, se rapproche beaucoup 
de eelle de notre semeur etde notre laboureur. 

S. Reinaeh, Cat., n° 558 ; — Joubin, Sculpt, gr. et rom., n° 132, n. 

Photographic n” 1718. 



308 (729) Relief lybien. 


Revers el faces laterales dresses ; complet en deux fragments raiustds : les deniicules du 
has sont bns^s jceux du haul tres mutiUs; manquent .a tetc et le bas de la jambe gauche 

u ch * mei ' 1 et celles du Prehear tres mulilees ; toute fa sur- 
face profond6ment erodde; hauteur, 0 - 495; longueur, 0-825 ; epaisseur, environ 0- 09. 



X° 309 - BELIEF LYBIEN 


71 


Plaque rectangulaire, decoree comme les precedences (n 0 ’ 306 et 307 ; —a 
gauche, un laboureur, de profit a droite, vetu d’une tunique courte, tient de la 
main droite un aiguillon ou un fouet, et, de la gauche, guide la charrue, 
trainee par un cha- 
meau & une bosse 
qui semble planer 
sur le fond, au mi¬ 
lieu de la plaque ; 
on distingue, tout le 
long du cou, la lon- 
ge, a la base de l’en- 
colure, le joug, sur 
les flancs, les traits 
du harnais d’atte- 
lage, et, peut-elre, 
sur la bosse, un b&t indique par une ligne incisAe ; la tete du chameau touche 
la tete d'un paysan placA dans la partie droite de la plaque; les cheveux courts, 
probablement imberbe, vetu comme le premier et comme lui de profile droite, 
il pioche la terre avec un hoyau, h cote d’une plante feuillue qu’il semble vou- 
loir dAraciner; — la ligne du sol est indiquee par un bourrelet, en partie 
mutilA, qui part de l’extremite droite de la plaque et s’arrete contre la jambe 
droite du laboureur, lequel repose directement sur le filet de l’encadrement 
inferieur. Cf. Mathuisieulx, l. 1. au n° precedent, pi. X, 1, etpl. XI, 1. 

S. Reinach, Cat,, n° 562 ; — Joubin, Sculpt, gr. et rom., n° 132, vi. 

Photographic n° 1 r>r>7. 



309 (736) Relief lybien. 


Itevers mutilA ; face lalArale gauche dressee; brisA & droite ; denticules infArieurs en par- 
tie brisAs ; fllet supArieur trAs mutile ; manque le bas de la jambe post6rieure gauche de la 
chamelle; surface trAs ArodAe; hauteur, 0" 17 ; largeur maxima, 0"375 ; Apaisseur, 0" 08. 


Plaque rectangulaire, dAcorAe comme les prAcAdentes (n°* 306, 307, 308); 
une chamelle, placAe de profil a gauche dans la partie superieure du champ, 
la tete de profil a droite, allaile son petit (profil & droite) debout au dessous 
d’elle et reposanl directement sur le filet inferieur; elle Atait sans doute atte- 
lee, car on distingue encore, outre la longe attachAe a la bouche, les restes du 
joug, des traits et peut-Atre du bat, disposAs comme au n° 308 ; reconnoitre 



72 


310 


RELIEF I.VlilEN 


-- A 


ici, comme on l a voulu faire, des piquets de tente, est une precision qu au- 

loriserait diflicilement l’etat du relief et qui d’ail- 
leurs parait conlredite par les traces que l’on voit 
et par la comparaison avec le n° precedent; — le 
petit bourrelet de pierre qui se dresse a cote de la 
queue de la bete doit appartenir k l’aiguillon du 
chamelier. 





A. Dumont, Mu see Sainte-Irine (Revue archtologique, 
1868, II), n° XXXII, p. 258, 2°; — S. Reinach, Cat., 
n ° 569 ; — Joubin, Sculpt, gr. et rom., nM32, vm ; — 
Ch. Tissot, Geographic compare de la province romaine 
d'Afrique, 1,1884, p. 353, fig. 22. 


Photographic n° 1720, 4 gauche. 


310 (730) Relief lybien. 


Revcrs mutihl ; faces laUralcs drcssecs; brise en deux fragments qui se rajustent ; 
manque Tangle superieur gauche ; Tangle supOrieur droit et les denticules inf6rieurs muti- 
les ; premiere aulruche (4 gauche): manque la tete ; col firode ; seconde all true he : manque 
le bee; col et patte gauche mutiles; antilope : manque le museau; pattes antdrieures mu- 
tilies ; hauteur, 0” 495 ; largcur, l m 02 ; epaisseur, environ 0" 08. 


Dalle rectangulaire, decoree comme les preeddentes (n os 306 a 309) ; les 
figures reposent directement sur le listel place au dessus des denticules inf6- 



rieurs; — de gauche k droite : une autruche, de profil a gauche, le col baisse 
vers la terre comme pour y chercher sa nourriture ; elle est suivie d'une 
seconde autruche, le col dresse, la tete tournee a droite, et d’un quadru¬ 
ple, qui a le cou dune girafe, mais dont le corps et la tete semblent plut6t 



X° 310 - REI.IEF LYB1EN 


73 


d’une antilopc ; il s'avance vers la gauche, la tete tournee k droite, trottant 
des pattes de devant et semblant galoper de celles de derriere, relevees toutes 
deux au dessus de la plinthe; — a la partie superieure de la plaque, trois 
rosettes sont jetees sur le fond. 

A. Dumont, Musde Sainte-lrdne (Revue archdologique , 1868, II), n° XXXII, p. 258, 
3° [« deux autruches ; au dessus deux rosaces » ; lisez : « une autruche et une anti¬ 
lope... »] et6°;— S. Reinach, Cat., n° 563 ; — Joubin, Sculpt.gr. etrom., n° 132, 
vii ; — Ch. Tissot, Gdographie comparde de la province romaine d'Afrique, I, 1884, 
p. 338, fig. 16. 

Photographic n° 1818. 



PAL1ER DES PETITS MARBRES 


311 (787) Statuette de Cybfele. 

Isnic; entree au mus^e le 15 juillcl 1897. 

Marbre blanc k grains serres et peu cristallins; manquent la main et le poignet droits; 
nez, livres, menton, pouceet index gauches leg4rement Erodes; la tSte.avec le sommet du 
dossier, et I’avant-bras droit, rajustes; traces d’arrachements, correspondant au tenon qui 
soutenait le poignet droit, surl'angle anterieurdu siege ; le revers du tr6ne est epannele; 
plinlhe arrondie 5 tranche <5panneI6e, creusee sur les c6t.es d’une mortaise destin6e 4 rece- 
voir le crampon qui la fixait sur une base ; hauteur, 0" 53, dont 0" 04 pour la plinthe. 

La ddesse est assise de face sur un trone a haut dossier angulaire; un cous- 
sin peu epais est place sur la caisse du siege; ses 
pieds, chausses de bottines fermees, reposent — le 
gauche en avant — sur un tabouret plat et profile qui 
se presente par une de ses aretes ; la tete, legerement 
tournee a gauche, est coiftee de bandeaux ondules et 
orn^e d’une stephane en croissant et d’une couronne 
murale ; la tunique, a manches courtes, est echancr^e 
sur la poitrine et serree sous les seins; le manteau, 
releve sur la couronne, retombe sur l’epaule et le 
bras gauches, derriere l’epaule droite et revient sur 
les jambes; elle devait tenir une phiale de la main 
droite baissee, et elle abandonne la gauche sur un 
epais tympanon, pose sur le cote exterieur de la 
cuisse, la tranche en avant; a droite et a gauche, un 
lion de face est accroupi sur son arriere-train. 

La statuette, quoique d’un travail assez soignd, est une tres mediocre 




N° 3(2 — STATUETTE DE CYBtLE 


75 

oeuvre romaine, probablement du 11 ' siecle, mais elle semble reproduire un ori¬ 
ginal de bonne Apoque, d’une tres belle composition et d'une grande noblesse. 

Photographie n“ 429. 


312 (1157; Statuette de Cybdle. 


Cutaya; entree au musAe en janvier 1901. 

Marbre blanc A pros grains cristallins; manquent lc bras droit depuis lc coude, la main 
gauche avec le tympanon ; Arosions sur le chignon, lc nez, les lAvres, la draperie du man- 
tcau pris du bras gauche, le mufle du lion placA 4 gauche de la deesse. l aretc infArieure 
de la plinlhe et sur le sommet du trftne ofi un fragment est rajuste; traces d'un tenon 
rectangulaire, qui devait soutenir la maindroitc, sur la tete du lion place de ce cMA; lc 
rovers du trfine est dresse; hauteur, 0” 41, dont 0™ 05 A 0“ 01 pour la plinthe ; lettres irre- 
guliAres de 0” 015 environ. 

La deesse est assise sur un trone dont le haut dossier s’arrondit au sommet: 
ses pieds, chaussAs de bottines fermees, reposent sur une plinthe peu Apaisse; 
elle tient de la main gauche un tympanon qui, pose 
surle c6tA extArieur de la cuisse, se prAsentait par 
la tranche, et, de la droite, elle tendait sans doute 
unephiale; A ses cotes, deux lions de face sont 
accroupissur leur arriAre-train; elle est vAlue d’une 
tunique a manches courtes, serree sous les seins ; 
l'himation, posA sur l’Apaule et couvrant le bras 
gauche, revient sur les jambes en degageant le 
buste; le visage est encadrA d’un Apais bourrelet 
de cheveux ondules sur lequel est poseun diademe 
plat; elle ne portait pas, semble-t-il, de couronne 
murale,mais un haut chignon conique qui sedres- 
sait sur le vertex du crane; deux boucles lisses 
lloltchl sur les Apaules. 

Sur la plinlhe, ('inscription (gravee sur la face principale et le cote droit) : 

' X'tv.zyzz ’A|x;j.tx MujTp: @£<ov vjyryi. 

Travail provincial grossier du n" ou du iii 0 siecle ap. J.-C. 



Photographic n* 127. 



76 N° 313 - STATUETTE d’aPHRODITE D£TACHANT SA SANDAl.E 

313(1182) Statuette d’Aphrodite ddtachant sa sandale. 


Saida (? ; la statuette a ete vue dans la cour du serail de Beyrouth par Th. Macridy bey 
4 qui cette provenance a et£ indiquee ; entree au musee en octobre 1901. 

Marbre blanc a grains serres et peu cristallins ; le travail est moins pousse au revers; 
manquent la main et le poignet droits, les doigts de la main gauche, lajambe droite bris6e 
ft hauteur et la gauche au dessous du genou, le haut du pan de draperie que tenait la main 
gauche (rapports par deux tenons de fer conserves), l’extremite inferieure du tronc 
d’arbre et la plinthe; erosions sur le nez, le menton, la cuisse droite ; la tftle, le chignon, 
le buste, le bras droit, la cuisse gauche, le bras gauche (en deux fragments), le tronc 
d’arbre sont rajustes ; sont restaures en plfttre : une partie de la natte tombant sur le dos, 
la partie anterieure du cou, le tenon qui unit le coude gauche au flot de draperie, le coude 
lui-mftme et la region voisine du haut du bras ; l'avant-bras droit elait uni 4 la face int6- 
rieure de la cuisse gauche par un tenon de marbre qui s'etait brisci dans l’antiquite et avait 
fttft repare (ou rcmplace) au moyen d’un goujon de fer encore en place au milieu des traces 
d’arrachements visibles sur la cuisse ; l’ftpiderme du marbre fttaitlustrft ; quelques concre¬ 
tions calcaires sur le cote droit du buste et de la tete ; les cheveux sont travaillfts au tre¬ 
pan ; hauteur acluelle (y compris le tronc d’arbre — c’est, 4 quelques centimetres pres, la 
hauteur primitivei, 0 m 65 ; hauteur actuelle de la statuette scule, 0 m 5l. 

La deesse esi nue ; elle incline Idgerement le buste en avant, suivanl le 
mouvement de la main droite avec laquelle elle va detacher la sandale du pied 
gauche ; elle souleve celui-ci et le ramene devant la jambe 
droite sur laquelle porte tout le poids du corps ; le bras 
gauche, pli6 et ecarle, forme contrepoids et tient une dra¬ 
perie qui retombe sur un tronc d’arbre ; la tete est tournee 
de trois quarts a gauche; les yeux sont incises; ils ne 
suivent pas le geste de la main droite, mais portent leur 
regard plus au loin, eomme si l’immortelle craignait 
d’etre surprise aux petits mysteres de sa toilette; son 
visage est encadre de bandeaux ondules que separe une 
raie et qui bouflent sur les oreilles; sur la nuque, est 
noue un chignon carre, au dessous duquel une large tresse 
rigide et simplement massee descendait sur le dos ; une 
petite boucle frise sur le front au dessous de la raie. 

Travail mediocre d’epoque romaine ; — sur le type, cf. J. de Mot, Bevue 
archeologique , 1903, II, p. 10 sq. ; S. Reinach, Comptes rendm de VAca- 
demie des inscriptions, 1906, p. 306. 


Th. Macridy bey. Revue biblique, I, 1904, p. 403, pi. XII, 1 ; - Ahmed Refik 
bey, Uuyuk larikh-i-oumoumi (Histoire gintrale , en lure), t. II, 1911, p. 439, fig. 



Photographic n” 825. 



X° 31"> — ISL'STE D I NK STATUETTE UE NIKE 


314 (765) Statuette au type de Nik6. 


Pergame; don de Madame Humann; entree au musAe en novembre 1896. 


Marbre blanc lAgArcment bleule, A gros grains crislallins; le revers est trfes sommaire- 
menl travaillA; manquent la tAte, le bras droit, la main gauche, les extremitAs flottantes 
du manteau ; erosions sur les seins, la cuissc gauche, les orteils droits, plusieurs plis de la 
draperie ; la plinthe est brisec en arrierc et A gauche; la partie antArieure, avec le bas de 
la jambe droite, est rajustAe ; hauteur, 0" 66, dont 0 m 025 pour la plinthe (mesuree en avant). 


Une jeune femme, de formes tres sveltes, semble voler — on notera tou- 
tefois qu’elle n’a pas d’ailes ; la plinthe, sur laquelle ses pieds nus ne touchent 
que de la pointe, s’abaisse d’arriere en avant, et lout le 
corps, incline dans le meme sens, parait planer dans un 
vol qui la porte doucement vers la terre ; son pAplos, A 
apoptygma serre k la taille, s’est degrafe sur l’Apaule et 
dAcouvre tout le sein droit; I’etoffe, soulevAe par le 
mouvement, s’applique Atroitement sur les jambes et 
forme derriere elles, sur les cotes de la figure, une 
masse, creusAe de larges plis profonds et recourbes, que 
le sculpteur, au revers, a laissee unie A la plinthe et dont 
il a volontairement exagere le volume pour compenser 
l’inclinaison de la statuette et en assurer 1’Aquilibre ; les 
deux bras Ataient baissAs et portaient en ch&le un Atroit 
mantelet dont les extrAmites devaient Hotter sur les cotAs 
(traces de tenons). 

Le travail est dAcoratif, mais AlAgant et assez vigoureux, sans doute d’epoque 
hellAnistique. 

Altertuemer von Pergamon, VII, 1908 : F. Winter, Die Skulpluren, t. 2, p. 239, 
n° 293. 

Photographic n” 617. 



315 (1426) Buste d une statuette de Nikd. 


Ancien fonds ; provenance et date d'entrAe inconnues; enrcgislrAe dans le nouvel inven- 
tairo sous le n° ci-dessus et A la date de 1903. 


Marbre blanc A grains scrrAs, traverse de quelqucs wines schisteuses; il rcste, en deux 
fragments rajustAs. le buste de la deesse avec l'attachc de l aile droite et le bras droit 



78 


N° 316 — STATUETTE d’hERMES 


iusqu'au poignet; le rovers est abatlu par une section nette 4 mi-epaisseur environ dc la 
figure ; erosions surle sein droit; quelques lacunes aux joints des deux fragments surl axc 
d„ bus'tc ; lcs draperies sont travaillees au trepan ; hauteur, 0 m 215. 


La deesse etait represenlee volant, de face, le bras gauche tendu sur le 

cote a hauteur de l’epaule, le droit baissd, le 
coude ecarte du corps et inflechi; sa tunique 
d’etoffe legere, agrafee sur les epaules et serree 
sous les seins, a glisse sur le haul du bras et 
decouvre toutle sein droit; les cheveux flottaient 
librement sur les epaules; le poignet droit porte 
un bracelet. 

Les draperies sontd’une facture seche et dure; 
travail deeoratif d’epoque romaine. 

Photographic n° 1992, a gauche. 



316 (759) Statuette d'Hermes. 


fialdji han (?), village du caza Azizie, vilayet de Brousse ; entree au musde le 16 sep- 
lembre 1896. 


Marbrc blanc;le travail est moins pousse au revers ; manquent le bras droit, la moilie 
superieure ducaducee, l’cxtremilc inferieure du pan de draperie qui tombe du bras gauche, 
le bas de lapatte anterieure droile du belier ; la parlie correspondante de la patte gauche 
est reduite 4 un tenon tres mince ; tout l’4piderme du marbre, atlaquc par le feu, est por- 
fondement erode et ronge ; la tetc est rajustee ; plinthe demi-circulaire, mouluree (scotie 
entre deux listels); les plis de la draperie sont creuses au trepan; hauteur, 0"61, dont 
0“ 055 pour la plinthe. 


Le dieu, de formes tres elancees, est debout et de face; il repose sur la 
jambe droile avec un discret dehanchement qui rejelte legeremenl le buste 
du cote oppose ; le pied gauche en arriere ne touche le sol que de la plante ; 
la tete imberbe est tournee a droile et porte des cheveux courts au dessus 
desquels pointent deux petites ailetles ; le corps est nu ; un manteau, jete sur 
1 epaule gauche ou les plis en sont retenus par une agrafe ronde, passe d’ar- 
riere en avant sous l’aisselle, tombe sur la saignee dubras gauche, et, de la, en 
un epais faisceau de plis verticaux rattaches au c6te de la cuisse par un fort 
tenon rectangulaire ; le bras gauche est plie a angle droit, le coude ecarte du 
corps, la main tenant un caducee dont la tige, terminee en bas par une tete de 
belier, est ornee en son milieu d’ailettes, a hauteur et au dessus desquelles 
deux serpents entrelaces forma ient la double boucle connue sous le nom de 



N° 317 — TORSE D UNE STATUETTE d’aPOLLON 


79 


nceud d’Mercule; le bras droit etait baisse nalurellement (tenon au dessous de 
la hanche), et la main portait une grosse bourse, pareille a une outre gonllee, 
encore adherente a un tronc d’arbre, creuse de sillons 


profonds, qui sert de support ct la jambe droile; au 
pied de l’arbre, un belier est deboul, le corps de trois 
quarts a gauche, la tete relevee vers le dieu. 

On ne peut plus, en l’elat acluel, juger de la valeur 
de la statuette ; elle est d’epoque romaine, comme l’in- 
dique le profil de la base ; le type en est interessant en 
cequ’il associe aux formes et aux proportions lysipeennes 
la ponderation et le rylhme polycleteens (cf. E. Legrand, 
Bulletin de correspondance hellenique, XVI, 1892, 
p. 167 ; Mahler, Polyklet und seine Schule, p. 144 sq.; 
Amelung, Die Sculpturen des vaticanischen Museums, 
I, p. 506-507); pour le motif, rapprocher S. Reinach, 
Riper Loire de la staluaire, II, 1, p. 159, 7. 



Photographic n° 569. 


317 (987) Torse dune statuette d’Apollon. 

Tripoli de Barbaric ; enlrd au musce en aout 1898. 

Marbre blanc & grains tres fins ct Ires serrds; lc revers est soigneusement travaille; 
surface lustrde ; manquent la lete, le bras droit depuis le biceps, la main ct lc poignct 
gauches, la plus grande partie de la lyre, lc membrc viril, les jambes brisees au dessous des 
gcnoux ; cuisse gauche rajustee (lacunes profondes au joint'; 
traces d'arrachemcnts sur la face exlerieure de la cuisse droite 
(place de la main) et de la cuisse gauche (restes d un support); 
hauteur, 0“38. 

Le dieu nu, de formes tres juveniles, avec de longs 
cheveux boucles qui flottent sur les epaules, est repre- 
senle debout et de face, porlant, avec un leger dehan- 
chemenl, sur la jambe droite ; laissant pendre natu- 
rellement le bras droit (l’epaule s’abaisse legerement), 
il tienl, dans le bras gauche plie et un peu ecarte du 
buste, une grande lyre dont l’un des monlanls est ap- 
puye contre l’epaule. 

La statuette reproduit un type qui parait avoir ete en 
grande faveur a la fin du v" siecle ou au commencement du iv e , et qui, lui- 
meme, derive (avec interversion de la jambe portante) du type de 1'Apollon en 




SO 


N° 318 - STATUETTE DASCLEPIOS 


bronze de Pompei; toutefois les formes tres molles du buste, le dessin presque 
infantile de la region pubienne, qui s’allient d'ailleurs assez mal avec les 
contours nettement virils de la hanche droite, montrent que, si le sculpteur 
a copie une oeuvre determinee, celle-ci est beaucoup plus recente et sans 
doute de la fin du iv'siecle; cf. un petit torse trouve a Perinthe, Wiener 
Jahreshefte, I, 1898, Beihla.lt, col. 119, fig. 31. 

Photographic n° 120. 


318 (1548) Statuette d’Ascl6pios. 


Cos; fouilles de M. Herzog a l'Asclepieion; campagne de 1903; entree au musec en sep- 
tembre 1904. 

Marbre blanc k grains screes et cristallins; rovers tres sommairement travaille ; brisee 
a la cheville droite et & mi-hauteur de la jambe gauche; manquent la tete, le bras droit, 
la main gauche qui itaient rapport^s (petites mortaises circulaires au cou, k Taisselle droite, 
au poignel gauche) ; la main droite, mutilee, est sculptee dans le bloc principal; la partie 
inferieure du pan de draperie tombant le long de la jambe gauche est brisie ; Erosions pro- 
fondes sur le surplis du manleau ; hauteur, 0 m 47. 


Le dieu repose avec un dehanchement assez marque sur la jambe droite, 
flechissant et ecartant legerement la gauche ; le busle, nu, 
est vigoureux et bien muscle, mais les proportions generales 
restent sveltes et elancees ; le manteau, jete sur l’epaule 
gauche, couvre tout le bras gauche — baisse et eloigne un 
peu du corps, avec une legere inflexion du coude— et re- 
tombe en plis lourds le long de la cuisse gauche ; il passe 
d autre part sur le dos, revient sur la hanche droite, couvre 
les jambes et, formant sur 1 abdomen un surplis recreuse de 
plis profonds, remonte vers l’aisselle gauche, devant laquelle 
1 etoffe se masse en un petit « chou » irregulier. 

Travail ordinaire, d’apres un type du iv e siecle. 

R. Herzog, Jahrbuch des archaeologischen Institute, XVIII, 1903, archaeoloqi- 
scher Anzeiger, p. 196 (colonne de droite, I. 2); cf. ibid., XX, 1905, p. 10. 



Photographic n° 1961, k gauche. 



N° 320 - £rOS DORMANT PARS DES ATTRIBUTS D IlfiRACLES 


SI 


319 (2065) Eros ivre et endormi. 


Samsoun ; fouillcs de Th. Macridy bey; entrdau musee en 1908. 

Marbrc blanc 4 grains serres et crislallins; manquent la tdte, les orteils. le contour 
exterieur de l’aile droitc, la tele du lezard dont le corps est mutile ; erosions sur l'abdomen. 
la cuissc gauche, les deux genoux ; les plis de la draperie sont creuses au trepan ; longueur, 
0- 53. 

Bros, alourdi par de trop copieuses libations, dort, etendu sur l'epaisse 
draperie qui reeouvre le sol; son corps d’enfant est nu, ses jambes allongees 
a gauche et croisees (la gauche sous la 
droile); satete, aux longs cheveux bou- 
clds, repose lourdement sur le bras 
gauche ; ses ailes sont repliees derriere le 
dos; la main gauche, surle sol,estposee 
sur la guirlande de ileurs, entouree 
d’une bandelette, qu’il a enlevee de son 
front, et la droite tient encore l’anse 
d'une petite cruche a vin renversee sur la draperie ; a ses pieds, rampe un 
petit lizard. 

La statuette decorait une fontaine : l’eau, amenee par une conduite logee 
dans une large gorge creusee sous la face inferieure, penetrait dans le petit 
vase et s'ecoulait par l'orifice ; — travail decoralif d’epoque romaine; — sur 
le motif, qui est tres frequent et a parfois ete employe comme motif funeraire, 
cf. musee de Berlin, Beschreibung, n° 111!; Collignon, dans Saglio-Pottier, 
Dietionnaire des unliquites, 1 , '2, s. v° Cupido , p. 1610. 

Photographic n" 1782. 



320 250) £ros dormant, par6 des attributs d’H6racl6s. 


Tralles ; cull'd au musde en lssl. 


Marbrc blanc ; manquent les pieds, lc haul de 1'aile droite et le membre viril ; erosions 
legires sur l'avant-bras gauche et lc bord de la pcau de lion: surface grenue ; longueur. 
0-58. 


Le petit dieu enfant est 6tendu sur la peau de lion qui couvre les asperites 
du sol et dont la gueule coiffe sa tete ; il dort, les jambes allongees a gauche 


6 



82 


321 — enfant deboet et dormant 


et croisees (la gauche sur la droite), les ailes deployees contre lerre, la tele 
appuyee sur la main gauche, la droite ramenee devant la poitrine et tenant la 

massue ; son carquois est sur le sol, 
derriere satete; les formes sont rondes 
et potelees, le visage joufflu et enca- 
dre de cheveux boucles, le travail 
elegant, mais un peu mou, sans doute 
des environs de l’ere chrelienne; — 
sur ce type dont il existe de nom- 
breuses repliques — une d'elles, au 
musee de l’ecole evangelique a Smyrne, provient aussi de Tralles — cf. Furt- 
waengler, Bullettino dell' instiluto, 1877, p. 121 sq.; Collignon, l. 1. au 
n° precedent. 



Mentioned par £dhum bey, Bulletin de correspondence helUnique, XXVIII, 1904, 
p. 61, note 3. 

Photographic n° 1784. 


321 (774) Enfant debout et dormant. 


L’inventaire porte: «Salonique; trouv4 dans les murs de l’arsenal; fevrier 1897. » II 
convient peut-etre d’identifier cette statuette avec celle qui fut decouverte 4 Salonique 
en 1880 et qui est mentionn4e en ces termes dans le II apvaaeo 5 , IV, 1880, p. 167 : « ’Ev 
®£oaaXov!xr) Iv xf} xp 05 ttjv youaijv TtuXrjv otYOuai) oSiii avgupeSq xax' aura; ayaXpa 76 
Ex«t05T(uv udou? Jtapioxavov tov “EptoTa azuDptuiiov xxl ujcgi xoijj.ojp.gvov gx Ilaptou jj.apji.dpou, 
xt/vr); St Xtav xaXr,;. <l>aivg?at St on to ayaXpa touto 'antar.aallr) lx auij.rrXeYjj.aTO? jj.gi£ovo? »; 
cf. Dimitsas, ‘H MaxeSovia, Ath4nes, 1896, p. 418 et p. 421, 9 °, oil il est dit, 4 propos 
de cette statuette d'Eros ; « .,.jj.ETqvgjidlq gt? to jxouagiov KojvaTavTtvou 7 r 6 Xgo>?. » 

Marbre blanc 4 gros grains crislallins ; le travail est moins pouss4 au revers ", manquent 
le bras gauche, une partie de la main droite, les deux jambes brisdes aux gcnoux; nez et 
menton mutiles; erosions sur le visage et la fessc droite; la cuisse droite, depuis la 
hanche, est rajuslee: la statuette avait du se briser des I antiquitc et a ete reparse au 
moyen de tenons dont les mortaises sont encore visibles : 4 la cassure de la jambe gauche, 
mortaise pour tenon : au revers de la cuisse droite, mortaise pour crampon ; sur le cot 4 
exterieur de la cuisse gauche, les arrachements qui correspondent 4 la place de la main 
gauche sont creuses d’une mortaise circulaire ; une mortaise semblable est pratiquee entre 
les omoplates, sans doute pour consolider l’ensemble contre une paroi ; hauteur, 0“ 55 . 


Il est nu et repose avec un dehanchement tres marque sur la jambe droite, 
flechissant fortement la gauche qui ne devait toucher le sol que de la plante 
du pied , le bras gauche pendait naturellement (la main ne devait etre appuyee 
sur rien, car il ny a pas, sur la cuisse, de traces d’arrachements correspon- 
dant a un pilier); la main droite, ramenee pres de l’epaule gauche, soutient la 



,N® 322 — STATUETTE DE .NY.MPHE ENDORMIE 


83 


tele qui s’abandonne de ce cote, les yeux clos, les Idvres eclairees d’un demi- 
sourire ; le visage, petit et rond, est encadre de longs ehe- 
veux bouclds ; une natle est tressee sur l’axe du crane; les 
formes ont les rondeurs habituelles des Eros hellenistiques et 
romains. 

Le motif est celui de l’Amor-Somnus si frequent en Italie, 
mais le type est assez different, l’Amor-Somnus etant presque 
toujours reprdsente aile, les jambes croisees, l’aisselle gauche 
appuyee sur une torche renversee ; noire statuette doit re- 
monter a un original plus ancien, qui date probablement des 
debuts de 1’epoque hellenistique, puisqu’a Myrina on trouve 
ddja le type ordinaire imild par les modeleurs de figurines 
(Collignon, dans Saglio-Pottier, Dictionnaire des anliquites, 

1, 2, s. v° Cupido , p. 1610 ; Pottier-Reinach, La necropole de 
Myrina , p. 384-385). 

Peut-etre menlionnd dans lellapvaaijdj et par Dimitsas, ll. II. in pr. 

Photographic n" 1963, A gauche. 



322 (82) Statuette de nymphe endormie. 

L'inventaire ne porte ni provenance ni dale d'entrde ; on lit, dans un article du 
Ilapvaaod?, IV, 1880, p.657, dcrit A propos de l'inauguralion du musde de Tchinili Kiosk : 
« ,..-i ev ©EesaXovtxj] euptfiEvra slvs -\v.gxo. xal xaXXteTa, aXr,9£{ 8e ipKrcojpYxijxa rj 
xoipKopEvri Ilspeefdvr) » (of. Dimitsas, 'II MaxtSovta, Alhdnes, 1896, p. 418 et 421, 
10°). Nousne voyons pas, dans le musce, de monument autre que cetle statuette, auquel 
puissent se rapporter ces quelques mots. 


Marbre blanc A gros grains cristallins ; revers fruste ; il ne rcste que le buste, la tele et 
le bras droit, Iravaillds dans un seul niorceau de marbre qui s'encastrait sans tenon dans 
le bloc des jambes (le joint etait dissimuld sous le bourrelet du bord supdrieur de la dra- 
perie); manque le bras gauche qui dlait rapporte (mortaise A la section du joint'; main 
droite brisde (traces du tenon de l'un des doigts sur le cote gauche du crAne; la partie de 
la chevelure que recouvrait la main est reside lisse); cassure A la hanche droite ; erosions 
ldgdres sur le nez, la ldvre superieure, le menton ; la surface du marbre dtait lustree, mais 
a presque partout perdu le poli antique ; les cheveux, la cavitc du nez, des oreilles, de la 
bouche sont creusds au trepan ; hauteur, 0“52 ; dc la tdtc, 0” 125. 


Rile etait assise sur uu rocher ou elle s'appuyait de la main gauche ; le buste, 
nu et tournd de trois quarts a gauche, est incline a droite; les jambes, qui 
etaienl couvertes d’une draperie, etaient rejetees du cote oppose ; la main 
droite relevde sur la tele, qui, penchde vers l'epaule gauche, s'abandonne en 
arriore, elle dort, les yeux clos, les levres entr’ouvertes ; les cheveux, ddtail- 



84 


N° 323 — STATUETTE DE BARBARE 


les sur le crane par de legers sillons, Torment sur le front deux bandeaux 
ondules, separes par une raie, maintenus par une bandelette, 
qui vont s’epaississant sur les cotes, recouvrent les oreilles 
et se nouent en chignon sur la nuque ; une boucle flotte 
librement sur l’epaule gauche ; le haut des bras et le poi- 
gnet droit sont ornes d’epais bracelets en torsade. 

Les formes du buste sont assez gracieuses ; le travail de la 
tete est beaucoup plus mediocre; l’ceuvre est d’epoque ro- 
maine, sans doute du u e siecle de l’ere chretienne. 

S. Reinach, Cat., n» 4a ; — Joubin, Sculpt, gr. et rom., n» 12; 
— Ilapvaood;, Dimitsas, ll. II. in pr. ; — S. Reinach, Riper- 
toire de la statuaire, II, 1897, p. 408, 2. 

Photographic n° 1792, a gauche, 

323 (770) Statuette de barbare (?). 

Coufisquee en douanc de Smyrne; la provenance exacte est inconnuc; entree au muscr 
le 12 novembre 1896. 

Marbre blanc & grains cristallins ; rovers sommairement travaille ; manqucnt la tele, le 
haut desepaules, tout le bras droit, les pieds, brisks au dessus deschevilles, la main gauche 
qui dtait rapportce (mortaise circulaire k la section); hauteur, 0"> 44. 

II est deboul, le corps portant avec un leger dehanehement sur la jambe 
droite, le buste incline du cote oppose, la jambe gauche fortement avancee et 
pliee — le pied devait etre pose sur un objet assez preeminent, 
peut-etre le bas du tronc d’arbre que le sculpteur a place 
comme support en arriere de la jambe gauche ; le bras gauche 
est plie a angle droit, le coude au corps, l’avant-bras tendu en 
avant; le bras droit devait etre releve, car il ne reste, sur le 
c6te du corps, aucune trace ni de tenon ni d’arrachements; le 
vetement comprend une ample tunique d’etoffe legere, echan- 
cree discretement sur la poitrine et serree a la taille par une 
large ceinture a Hot retombant; le manteau, jete sur l'epaule 
gauche, couvre tout le bras gauche, au dessous duquel un pan 
descend comme une masse rigide, presque semblable a un 
pilier lisse qui se prolonge comme un support le long de la 
cuisse jusqu’a sa rencontre avec le tronc d’arbre ; il couvre 
d’autre part toule la hauteur du dos, revient sur la banche droite et relombe 





N° 32"> M7STE D I VE STATT'ETTE S.” 

sur la jambe gauche, d^gageant tout le buste et laissant voir la parlie infe- 
rieure des jambes couvertes par des braies ; ce dernier detail parait indiquer 
un barbare, mais la designation reste cependant douteuse, car la forme et la 
disposition du manteau sont purement grecques. 

Assez bon travail, peut-etre encore hellenistique. 

Photographic n° 1792, A droite. 


324 ('>70 1 Statuette d’enfant. 


Collection Radowitz; entree au musEe en aoiit 1892. 


Marbrc blunc; revcrs travaillE ; manquent la t£te, lea jambes, brisecs, la droite au des- 
sous, la gauche au dcssus du gcnou, la tete et le col de l’oiseau; membre viril mutile; Ero¬ 
sions sur l’index droit; toute la face est recouverte de concretions terreuses et a pris un 
aspect grenu ; la jambe droite avait dfl subir une reparation dEs l’antiquite (mortaise circu- 
lnire A la cassurc); hauteur, 0" 47. 


II est debout et de face, portant, semble-t-il, sur la jambe droite ; les formes 
de la poitrine sont molles, l’abdomen gonfle, le bas-ventre infantile ; il ramene 
la main droite a hauteur de la taille, recourbant les doigts, et tient un oiseau 
de la main gauche, posee un peu plus bas sur le cote de l’abdomen. 

Macridy bey suppose que ce fragment pourrait provenir de Saida ou M. de 
Radowitz avait acquis plusieurs marbres et ou les ex-voto de ce type, ou d’un 
type analogue, se sont rencontres en grand nombre au sanctuaire d'Echmoun 
(plusieurs exemplaires dans les depots du musee; cf. Wochenschrifl fuer 
klassische Philologie, VIII, 1904, col. 198); si cette provenance etait etablie, 
la statuette ne serait ni un motif de genre, ni un motif funeraire, maisrepre- 
senterait sans doute Aselepios jeune ou un enfant de sa famille (cf. Svoronos, 
’Iv4Y,|X£pU ipy aioXoyixij, 1909, col. 133 sq. >. 


325 (I iS'») Buste d’une statuette. 


Saida; Bostan ech Cheich (temple d'Echmoun ; fouilles de Th. Macridy bey. 1903 ; entre 
au musEe cn 1901. 

Marbrc blanc A grains cristallins ; le travail est moins poussc au revers; brisE A la taille ; 
manquent la tEte, la main gauche, la plus grande partie de la main droite ; hauteur. 0“2o. 


Buste de face, vetu d’une lunique et d'un manteau formant pelerine, dont 
les bords sont unis sur la poitrine par deux agrafes en forme de croissant; la 



86 


N° 326 


t£te de femme 


main droite, ramen^e a hauteur de 



la taille, tenait probablement un oiseau 
dont il ne reste que la queue, visible au 
dessous de la main : fragment d’une sta¬ 
tuette d’enfant, ex-voto au dieu Echmoun 
pres de qui ce genre d’offrandes paratt 
avoir ete en grande faveur; de tous les 
exemplaires trouves par Macridy bey, 
celui-ci est le seul & porter le costume 
phenicien ; — sur le motif, cf. le n° pre¬ 


cedent. 


Photographic n° 585. 


326 (48) Tete de femme. 


Pergame; trouvie en mat 1883 dans les deblais 4 l’ouest et au dessous du grand autet ; 
entrfe au mus4e en 1885. 


Marbre blanc; bris6 vers le bas du eou ; les traits du visage sont indistincts; le cote 
gauche du cr&ne est plus us4 que le droit, et il semble que le travail y ait M moins pouss4; 
il l’est moins encore au rovers; le sommet du crane et le chignon de cheveux sur la nuque 
4taienl rapporUs et fixtSs chacun par deux tenons dont trois sont conserves; hauteur, 
0“ 3i; du visage, 0“ 235. 


Visage de formes rondes et pleines; il est legerement penche a droite sur le 
cou incline a gauche; les cheveux, partages sur le devant en deux bandeaux 
plats, s’enroulent sur les cotes et se relevent aulour 
d’un mince diademe annulaire, divisSs en longues 
meches fines et irregulieres, d’un travail un peu dur, 
mais d’une composition tres realiste et tres color6e; 
petit chignon sur la nuque; une boucle en accroche- 
coeur au dessous de la tempe droite; frison irr%ulier 
sur le cou, au dessous et en arriere de l’oreille droite. 

La tete appartient peut-etre aux reliefs du grand 
autel, bien que la presence de pieces rapporlees au 
sommet etau revers du crime paraisse plutdt indiquer 
une sculpture de ronde bosse (l’observation est de M. Winter); de toutes 
manieres, elle est de la meme epoque. 

Joubin, Sculpt. <jr. et rom., n° 62; — Allertuemer von Pergamon, VIII, 1908: 
F. Winter, Die Skulpturen, t. 2, p. 118-119, n° 91. 



Photographie n* 334. 



X° 328 — MASQUE TRAG1QUE 


87 


327 (405; TSte de ddesse. 


Soultan hissar iN'yssa): entree au musee le 23 mars 1889. 


Marbre blanc 4 gros grains cristallins; brisec vers le bas du cou; revers sommaircment 
travaillA ; sur le haul du cr4ne, grande mortaise rectangulaire pour l'insertion d'un polos; 
le haut de la stAphanA Atait sculpte dans le blocdu polos. 

Traces de rouge brun sur les cheveux. 

Hauteur, 0"28. 


Le visage esl rond et sans expression ; le cercle de l’iris est incise ; les levres 
sont lAgeremenl entr'ouvertes ; les cheveux, partagAs 
sur le front en deux bandeaux ondulAs, couvrent les 
oreilles; une petite meche frise sur la tempe; deux bou- 
cles se dAtachaient derriere chaque oreille; la deesse 
— peut-etre Cybele — porte une stAphanA en croissant, 
derriere laquelle se dressait un polos. 

Travail mediocre et sans caractAre d’epoque romaine. 

Joubin, Sculpt, gr. et rom., n° 30. 

Photographie n° 2075, au milieu. 



328 (1207) Masque tragique. 


Ai'din; plateau de Tralles; fouilles d'lSdhem bey; trouvA le 5 avril 1902 (et non cn 
automne, comme il est dit par erreur dans le Bulletin, l. infra l.); entrA au musee lemfime 
mois. 

Marbre blanc; brisA au revers et i l’attache du visage et du cou: manque le nez ; perruque 
mutilec: traces d'arrachements au sommet de la tAte; travail au trApan; hauteur, 0“27. 

La bouche est ouverte, les yeux perces de deux petits 
trous cylindriques, le visage encadrA d’une haute perruque, 
partagee en tresses regulieres qui tombent, rigides, sur le 
front et les cotes du visage ; l’aspect du revers semble 
indiquer que ce masque a etA arrachA d'un fond et provient 
d’un haut relief. 

Mauvais travail dAcoratif d’epoque romaine. 



fidhem boy, Revue arehtologique, 1904, II, p. 353; Bulletin de correspondence 



88 


N° 330 - TftTE DE JEL'NE FEMME 


hellinique, XXVIII, 1904, p. 71 ; pi. VI; — American journal of archaeology, IX, 
1905, p. 105. 

Photographie n" 106. 


329 (1228) Tfite denfant. 


A'idin ; plateau deTralles; fouilles d’]5dhem bey ; campagne d’automne 1902 ; entree au 
mus4e le 23 septembre 1902. 

Marbre blanc 4 grains serres et cristallins; briseei l'attache du cou sur le buste ; reste 
un fragment de lepaule gauche; fortes erosions sur le menton et tout le cote gauche; 4 
droile, le marbre a conserve son epidcrme lustre ; le travail du revers et du sommet de la 
tete est peu pousse ; les cheveux sont travailles au trepan; hauteur, 0 m 24. 

Elle s’incline a gauche et sourit, les levres legerement 
entr’ouvertes, les joues creusees d’une fossette; les che¬ 
veux, noues sur le devant de la tete, retombent en longues 
boucles sur les cotes; les yeux ne sont pas incises. 

Style ordinaire d’epoque romaine, probablement du 
ii e siecle. 

fidhem bey, Bulletin de correspondence hellinique, XXVIII, 1904, p. 70 ; pi. IV ; 
— American journal of archaeology, IX, 1905, p. 105. 

Pholographie n" 107. 



330 (1523) T6te de jeune femme. 


Trouvee dans la region d Apollonia, sandjac de Berat, vilayet de Janina ; envoi du direc- 
teur de l'instruction publique du vilayet; entrde au musde en juillet 1904. 

Marbre blanc 4 grains serres et cristallins; brisee versle bas du cou ; nez, 14vres, ban¬ 
deau droit, chignon mutiles; surface usee; hauteur totale,O m 29; du visage,0" 17. 

Le visage est d’un ovale un peu rond, les yeux petils, 
les paupieres fines, le front bas; les cheveux sont par- 
tages en deux bandeaux qui s’dpaississent sur les oreilles, 
divis^s en grosses meches que separent de profonds 
siHons creuses au trepan, et se nouent sur la nuque en 
un petit chignon saillant; une masse de cheveux se 
detache sous le chignon et tombait sur le dos; les yeux 
ne sont pas incises. 

Travail insignifiant d’epoque romaine. 

Photographie n*2081, deuxiime 4 droite. 




N° - TfcTE o’lIERMES 


89 


331 (1105) T6te d’une ville ou d’une province personnifide. 


Cette t£te dtait conservde au konak de Durazzo, d’oii elle a etc envoyee au musee cn mai 
1900. 

Marbre blanc a gros grains cristallins: revers tres sommairement Iravaillc : brisee sur le 
cou; nez, Idvres, partic anterieure et posterieure de la couronne mutilcs; erosions sur la 
joue ctle sourcil gauches; cheveux travailles au trepan; hauteur totale, O'"253 ; du visage, 
0” 165. 

Le visage est d’un ovale tres fin, les traits delicats, le 
cercle de 1’iris indique par un cercle incise; les cheveux, 
d’un travail rapide mais assez adroit, sont partages en deux 
bandeaux crepes qui s’epaississent sur les cotes de la tete, 
couvrent le haut des oreilles et se nouent sur la nuque; 
ils sont ornes d’une couronne murale de forme evasee. 

Assez bon travail d’epoque romaine. 



Photographic n" 138'"’. 


332 (409) T6te d’Herm6s. 


Thasos ; fouilles de Th. Bent (?); date d'entrde inconnuc [1887 ?]. 

Marbre blanc 4 gros grains cristallins (thasien); brisee vers le bas du cou ; ailettes, 
nez, Idvres et menton drodds ; glandes lacrymalcs, narines, oreilles creusdes au trdpan : 
hauteur, 0 m 30. 


Le visage est imberbe, les yeux dtroits et longs; le front presente, au 
dessus de Tangle interne des yeux, deux protuberances 
separ£es par une depression et limitees par le sinus frontal; 
les cheveux sont partages en petites boucles rondes qui for- 
ment, sur le front, deux rangs etages au dessus desquels 
se dressent deux petites ailettes divergentes; un leger 
duvet frise au dessous des lempes ; le revers du crane est 
tres aplati, sans doute a cause des dimensions du marbre 
dont disposait le sculpteur. 

(.’expression que donnent au visage lemodele du front et 
la forme des yeux est telle que la tete semble, 4 premiere 
vue, une tele de jeune satyre, malgre la forme lout humaine des oreilles, el 
cette impression est confirmee en quelque maniere par Taspect des ailettes 




90 


N° 333 - TftTE DE TIBtRE 


dont la masse confuse a pris, sous les erosions, l’apparence de deux cornes 
basses et recourbees; cependant, on voit encore a la naissance de l’ailette 
gauche les sillons qui dessinent les plumes et ce seul detail sufifit a assurer la 
designation. 

Travail mediocre d’epoque romaine. 


Joubin, Sculpt, gr.et rom., n° 2. 


Pholographie n° 188. 


333 ( 385) T§te de Tibfere. 


Cyme ; fouilles de D. Baltazzi bey, novembre 1887 (cf. n°* 382, 597-600, 803-806) ; entree 
au musde en 1888. 

Lc devant de la t6te et du cou sont en marbre blanc; le revers en marbre legirement 
bleule ; le visage est rajuste sur le cou, le revers du crfinc au visage, 1’oreille droite rajustee 
k part; manque le revers du cou ; nez inutile; ourlet de 1’oreille gauche bris6; cassure au 
bord de la poitrine a gauche; la surface de la partie en marbre bleu est simplement piquee. 

Traces de couleur sur l’iris. 

Hauteur totale, 0“37 ; de la tete, 0 m 23, 


L'empereur, encore assez jeune, 6tait reprSsente sacrifiant, le manteau 
relevS sur le derriere de la tele; il portait une couronne metallique, fixee dans 
plusieurs pelites mortaises, creusees seulement sur les che- 
veux de la partie droite du crSne; — la designation nous 
parait certaine ; de toutes manieres, celle de M. O. Rossbach, 
qui y voyait Laodicee, mere de Seleucus II, ne supporte pas 
l’examen, la tete 6tant manifestement masculine. 



Joubin, Sculpt, gr .et rom., n° SI ; — S. Reinach, Revue archio- 
logique, 1888, I, p. 85, 383 ; pi. XV en haut; Chroniques d'Orienl, 
I, p. 426, 477; frontispice en haut; — Th. Reinach, Revue de s 
itudes grecques, 1,1888, p. 114; — American journal of archaeo- 
IV, 1888, p. 86-87 ; O. Rossbach, Jahrbuch des archaeologischen Instituls, 
XVI, 1901, archaeologischer Anzeiger, p. 99-100 ; Berliner philologische Wochen- 
schrtft, 1901, col. 1179 ; — Alan J. B. Wace, Journal of hellenic studies, XXV, 
1905, p. 95-96. 


Photographies n»> 116 et 116**- (face), 191 (profil k droite). 



N° 333 — ansf: DE LOLTROPIIORE 


9i 


334 (2328) T6te d’une ddesse. 


Milel; fouilles des musses royaux de Berlin ; campagne de 1901; entree au musee en 1909. 

Marbre blanc; manque toule la moitie postericure du crine ; brisee, sur Ie c6te gauche, 
selon les conlours du visage (manque l'oreille), k droite, k mi-hauteur du cou; Erosions 
sur le ncz, les 16vres, le menton ; emploi Ires modern du trepan dans la chevelure ; hau¬ 
teur totale, 0” 29 ; du visage, 0“ 21. 


Cette t&te 6tant in6dite 


, nous nous bornons & en donner la description. 


Le visage, d’un ovale plein, est tourne legerement Si 
gauche sur le cou incline & droite; deux dpais bandeaux 
ondulds, sdpards sur le front, couvrent le haut des 
oreilles dont le lobe est perce ; une petite meche frise 
sur la lempe ; la coiffure est ornee d'une stephane en 
croissant derriere laquelle le voile dtail relev6; les yeux 
ne sont pas incises. 

Photographic n° 1992, au milieu. 



335 (576) Anse de loutrophore. 


Trouvic 4 Spata (Attique); collection de l'astronome Julius Schmidt A Athene*? puis 
collection Radowitz ; entree au musiic en aoflt 1892. 


Marbre pcntdlique; revers dressd. sans decoration; bris6e en haut par une cassure rec- 
tiligne dans la moitie voisine du col; cassure oblique en bas ; quelques epines du dragon 
sont mutiiecs, en particulier au sommet qui est partiellemcnl 
rctailld; hauteur, 0" 58; largeur maxima, 0" 32; 6paisseur (non 
comptdela sailiiedu relief), 0*035 ; hauteur de la figure,0”195. 


L’anse pleine est bordee exterieurement par un 
gros bourrelet traite comme un corps de serpent a 
haute Crete 6pineuse ; il s’enroule en volute vers le 
haut et se termine par une lete fanlaslique de dra¬ 
gon ; a la partie inferieure, il decrivait un enroule- 
ment symetrique et s’achevait par une queue de pois- 
son a deux pointes; derriere la pointe superieure, 
se detache une feuille recourbee sur laquelle danse 
un jeune satyre nu ; le corps, de formes tres sveltes, 
repose sur la jambe gauche ; le pied droit en arriere 
ne touche que desorteils; le buste est de trois quarts, 
h gauche, imberbe et coifKe de cheveux courts : il leve le 



la tele de profil 



92 


N° 336 - PIED DE I,IT 


bras droit et baisse le bras gauche, l'ecartant avec une legere inflexion du 
coude, et tenant, dans la main, l’extremite d'un baton recourbe (lagobolon); 
un manteau etroit, jete en chide sur le haut du bras droit, retombe sur la 
saignee du gauche ; — le col du vase est forme d’un gros tore recouvert d'une 
imbrication de larges feuilles lanceolees, maintenues, de distance en distance, 
par de petites bagues (il n’en reste qu’une, mutilee, vers le bas); on voit, pres 
de la cassure, les traces tres reduites d'une representation svmetrique sur 
l'anse droite. 

Tres joli travail attique du iv e siecle. 

A. Milchhoefer, Athenische Mittheilungen, XII, 1887, p. 92, n° 49 ;— A. Brueckner, 
Ornament und Form tier altischen Grabstelen, 1886, p. 33, 2 ; — A. Conze, Die 
atlischen Grabreliefs, n° 1730, p. 367 ; pi. CCCLXX1Y; — S. Reinacli, Repertoire de 
reliefs, II, 1912, p. 171, i. 

Photographie n° 563. 


336 (982, 0 Pied de lit. 

Achete a Constantinople comme provcnanl d’Amasra, le 10 juillet 1898. 

# Marbre blanc a grains cristallins; rcvers dpannclc; brise en haut ; arete inferieure muti- 
lee, quelqucs drosions sur 1 ardte superieure, 1’ailc droite du sphinx, 1’une de ses eriiTes ; 
hauteur totale, 0 a 455; du sphinx, 0 m 20. 

Le pied est decore d’un sphinx accroupi sur son arriere-train, a tete et a 
poitrine feminines, aux ailes recourbees ; la tete est encadree 
d une abondante chevelure ondulee; une boucle descend sur 
chaque epaule; lesquatre patles, ramenees l’une pres de l’autre, 
chacune tres puissante et terminee par un ongle unique, pren- 
nent 1’aspect d’une grille de lion sur laquelle reposerait direc- 
tement le buste de femme ; le motif est surmonte d’un double 
hstel, l’un plat, l’autre a arete aigue ; il porte lui-meme sur un 
listel saillant, au dessous duquel regne une doucine renversee, 
ornee d’un double rang de feuilles stylisees, a nervure centrale 
accusee par un sillon et petit rebord plat et saillant; la partie 

qui porte sur le sol est plus etroite et limitee en bas par un listel. 

Le pied n est pas exactement cylindrique, mais de section irreguliere ; la 
partie epannelee du revers n’est pas dans l’axe de la face principale, mais 
sensiblement a gauche de cet axe ; le cote gauche du sphinx (a droite pour le 




N°" 338-310 - FRAGMENTS DE t.A FRISK DE PR1ENE 93 

spectateur) est plus developpe que le cole droit et separe de la surface epanne- 
I6e par une surface dressee large d’environ 0 m 06; cette disposition indique 
que le pied etait employe a 1'angle anterieur droit d'une caisse de lit massive, 
le sphinx tourne de trois quarts a gauche, repondant a celui de Tangle syme- 
trique qui etait tourne de trois quarts a droite ; — cf. les xXtvac /p'-isx? wtyyo-o3e; 
mentionnes par Athenee, v, 197 A ; Caroline L. Ransom, Couches and beds 
of the greeks, etruscans and romans, Chicago, 1905, general index, s. v° 
sphinxes . 


Photographic n° 1963, a droite. 


337 (982, 2 ) Pied de lit. 


Mcme provenance que le prdcidenl. 

Marbre blanc ; revers ipannelc ; hauteur lolale, 0“ 42 ; du sphinx, 0“ 18. 

Plus petit que le precedent, mais semblable dans tous les motifs; le sphinx 
devait avoir le buste presque de face avec la tele tournee legerement a gauche. 


338-346 Fragments d’une frise provenant du temple d’Athdna, k Pri6ne. 


Pullan, cn 1868-1869, avail recueilli a Priene, dans I’inUricur de la cella du temple 
d’Ath6na, un certain nombre de fragments d'une frise qui sont conserves au muste bri- 
tannique; les fragments suivants — trouves en 1897-1898 dans les fouilles des musdes 
royaux de llerlin et entres au music imperial en avril 1899 — appartiennent au mime 
ensemble; ils out die ddcouverts, non pas dans le temple memo, » sondern in dcr Naehe 
des Hciligtums, insbesondcrc unter dcr... Schutthalde der englischen Ausgrabung dort, 
wo in der Mitte der Tcrrasse dcr aeltere Teil der Mauer eingestuerzt isl und wo beson- 
ders viel Sclnitt vom Tempel herabgekommen scin muss. » 


On trouve dans ces fragments les restes d’une gigantomachie et d’une 
amazonomachie. M. Wolters a pense qu’ils decoraient une balustrade a Tin- 
t6rieur de la cella ; M. Schrader, qui n’a pas admis cette hypothese, a montre 
d’autre part qu’ils ne pouvaient pas appartenir a la base de la statue de culte : 
la seule chose certaine est qu’ils faisaient parlie de la decoration interieure du 
temple. Bien que destine ii etre vu de pres, le travail est rapide, parfois meme 
asscz grossier, et probablement posterieur a la construction du sanctuaire. 


Cf. Rayet-Thomas, Mitel et le golfe latmique, 1877-1885, pi. 15, fig. 11-14, 16-18; 
— Antiquities of Ionia, IN', 1881, pi. lit; — A. Kurlwaengler, Archaeologische 



91 


N° 339 — FRAGMENT DE LA FRISE DE PRIENE 


Zeilung, XXXIX, 1881, col. 306 310 sq. ; — E. Kuehnert, dans Roscher, Ausfuehr- 
liches Lexicon der griechischen und roemischen Mythologie, I, 1884-1890, col. 1668 ; 
— P. Wollers, Jahrbuch des archaeologischen Insliluts, I, 1886, p. 57 sq. ; — 
J. Overbeck, Geschichle der griechischen Plaslik, 1894, 4° ed., II, p. 136, 405, 
fig. 217; — Schrader, dans Wiegand-Sclirader, Priene, p. Ill sq.; — S. Reinacli, 
Repertoire de reliefs, I, 1909, p.229; — Altertuemer von Pergamon, III, 2, 1910 : 
H. Winnefeld, Die Friese des groszen Altars, p. 136. 


338 ( 1041 ) Deesse comhatta.nl. 


Marbre blanc 4 gros grains cristallins ; traces d’arrachements sur toute la hauteur du 
rcvers; manquentla tele, le bras droit depuis le gras de I’epaule, le gauche depuis le biceps, 
les orteils du pied droit qui etaient peut-etre rapportes avec une partie de la plinlhe 
(petite morlaise circulaire creusee dans l’cpaisseur de la plinthe au dessous de la plante du 
pied); traces d'arrachements sur le cot6 exterieur du pied gauche et la partie voisine de la 
draperie ; nombreuses erosions superficielles ; l'cpiderme du marbre a pris un aspect 
grenu et un ton jaune ; plinthe mutilee; la draperie est travaillee au trepan ; noter les 
petites cavitis circulaires crcusees sous les aisselles, sur la hanche gauche, sur le cou de 
pied gauche. 

Traces douteuses en certains endroits d’un pigment jaune. 

Hauteur, 0“ 575, dont 0” 035 environ pour la plinthe. 


La deesse s’avance d’un pas violent, de trois quarts a gauche, le pied droit 
en avant, le gauche ne portant que des orteils, le buste 
presque de face, l'epaule droite legerement rejetee en 
arriere par le geste du bras qui se levait, brandissant une 
arme ; le bras gauche est baisse et s’ecartait du corps; la 
tete regardait a droite; elle porte une lunique sans man- 
ches, echancree discretement sur la poitrine ; l’apoptygma, 
qui laisse voir le colpos, est serre a la taille parune large 
ceinture; le manteau, qui s’enroulait en haut du bras 
gauche, passe sur le dos et retombe sur la jambe droite 
en larges plis agites par le mouvement de la marche. 


Priene, 1904, p. 112, n° 2 ; fig. 81, p. 114 ; — S. Reinach, 
Repertoire de reliefs, l, 1909, p. 229, texte; Repertoire de la 
statuaire, IV, 1910, p. 444, 6. 



Photographic n" 901. 


339 ( 1040 ) Ge'anl combattant. 


Marbre blanc a gros grains cristallins; traces d'arrachements sur toute la hauteur du 
revers ; manquent la jambe droite brisee au genou, la tete du serpent de la jambe gauche • 
la mam droite est mutilee, l’exlremile de l’arme brisie, le profil du visage les<5, presque 
tout 1 epiderme du marbre erode, grenu et bruni; bras droit rajuste ; de la plinlhe, il ne 



N° 340 


FRAGMENT DE LA FRISE DE PRIENL 


93 


reste qu’une parcelle, large de 0“ 20 et adherer)te 4 la jambe gauche ; elle ne presente pas 
de cassure sur sa tranche laterale droile par rapport au speclaleur), et le corps du geant, 
de cc cote, ne porte aucune trace d'arrachements : il semble done que le fragment soit 
complet 4 droite et appartienne 4 l'extremitc d’une plaque; emploi du trepan sur la tete 
et les parties sexuelles; hauteur, 0" 59, dont 0“ 035 pour la plinthe. 

Un geant anguipede lutte conlre un dieu qui se trouvait a sa droite ; ses 
cuisses, squameuses depuis leur naissance sur le pli de 
l’aine, sont violemment ecartees; le buste, large et 
vigoureusement muscle, est de face, mais fortement 
rejete 4 droite (du spectaleur) par le mouvement du 
bras droit, relev£ au dessus de la tete et brandissant 
une arme, peut-etre une massue; la main gauche bais- 
see serre, d’un geste crispe, un pan du manteau jete 
aulour du bras gauche; un cri semble sortir des levres 
entr’ouvertes; la tele, de trois quarts a gauche et 
rejetee en arriere, est d’un modele brutal ; la glande 
lacrymale, les coins de la bouche y sont accuses par \ 
de profondes eavites creusees avec le trepan qu’on a 
employe aussi sans plus de managements pour la barbe 
et les cheveux et autour des parties sexuelles; — le serpent de la jambe 
gauche dressait sa tete menafanle contre l’adversaire. 

Priene, 1904, p. 112, n° 1 ; fig. 82, p. 114; — S. Reinach, Repertoire de reliefs, I, 
1909, p. 229, texte ; Repertoire de la staluaire, IV, 1910, p. 18, 3. 

Fhotographic n° 907. 



340 ( 1047 1 Tete de geant imberbe (ou d'amazone ?). 


Marbrc blanc; le travail est moins pousse sur le cote droit; traces d'arrachements au 



re vers du cr4ne; brisee 4 la base du cou; manquent la 14vre infe- 
rieureet le menton ; surface noircie; emploi du trepan dans les che¬ 
veux et la cavite orbiculaire ; hauteur, 0“ 15. 

La tete est faite pour etre vue de trois quarts a gauche; 
comme le montrent les plis de la peau qui se Torment au 
revers du cou, elle 6tait rejetee en arriere avec une incli- 
naison beaucoup plus forle que celle que lui a donnee le 
restaurateur en la montant sur sa base ; le personnage. 


sans doute un jeune gdant, imberbe, aux cheveux irregu- 
liers et ramen^s vers la nuque, a re?u un coup mortel ; ses yeux, profonde- 



96 


N° 342 - FRAGMENT DB LA PRISE DE PRIENE 


ment enfonces dans la cavite orbiculaire, levent un regard charge de crainte 
et dedouleur; les levres ouvertes laissent echapper un cri; la masse de marbre 
informe qui est conservee sur la partie anterieure du crane, correspond sans 
doute a la main droite qui se relevait dans un geste de defense instinctive. 

Priene, 1904, p. 112, n° 8; fig. 88, p. 113. 

341 ( 1046 ) Torse d'amazone. 

Marbre blanc 4 gros grains cristallins; manqucnt la tete et les deux bras ; brise a mi- 
hauteur de l'abdomen; surface erodee, brunie et grenue; traces d'arrachements au revers ; 
le travail est moins pousse sur le cotd gauche; la forme du marbre, a la cassure inferieure. 
pcrmet de supposer, sans l’assurer, que l'amazone etait mont4e; hauteur, O'” 17. 

Elle etail representee dans un mouvement tres violent, le bras droit ramene 
devant le corps et le gauche releve sans doute au dessus 
de la tete; le buste, qui est fait pour elre vu de trois 
quarts a droite, s’inflechit du cote gauche (par rapport au 
spectateur); elle est vetue d’une lunique serree a la taille 
et decouvrant les deux seins ; les bords en forment comme 
des bretelles qui passent sur les epaules et se croisent entre 
les seins sous une agrafe en forme de medaillon circulaire. 

Priene, p. 112, n° 7; fig. 87, p. 113. 

342 ( 1042 ) Clieval d’une amazone (?) 

Marbre blanc4 gros grains cristallins ; brise de toutes parts sauf au revers qui est pique; 
il ne reste que la partie moyenne et le poitrail du cheval, le bas de l’abdomen et des traces 
de la cuisse droite de l’amazone; hauteur maxima du 
fragment, 0" 24 ; longueur maxima, 0“ 35 ; epaisseur du 
fond (complete), 0” 12 4 0” 19; saillie maxima du relief, 

0 “ 12 . 

Le cheval — une forte bete au poitrail tres 
muscle — s’avanfait a droite, tournant la tete de 
trois quarts ou de face vers le spectateur; le per- 
sonnage qui le monte porte une tunique courte 
serree a la taille et formant colpos sur la ceinture ; c est le costume ordinaire 
des amazones ; cependant, en 1’etat actuel, cette designation ne peut etre 
donnee que pour probable. 

Priene, p. 113, n° 9 ; fig. 89, p. 113. 





N° 345 — FRAGMENT DE I .A FRISE DE PRIENE 


97 


343 (1044) Busle d’un guerrier grec. 

Marbre blanc 4 gros grains cristallins ; brisi de toutes parts sauf au revers qui est epan- 
nelc ; il nc reste que le haut dubuste, trds erodd, l’abdomcn informe, 
et Ies plis de la chlamyde qui flottenl derrierc le dos ; hauteur du 
fragment, 0” 33; dpaisseur du fond, 0™ 06 4 0“ 07; dpaisseur totale, 

0” 20 environ. 

11 s’avanfait d’un mouvement rapide vers la droite, 
incline en avanl (dans le sens de la marche) et tourne de 
trois quarts (vers le spectateur) ; la chlamyde, passee au- 
lour du cou,flotte enplisagiles sur le fond, derrierele dos. 

Priene, p. 112, n° 4; fig. 84, p. 114. 



344 (1045) Busle d’un guerrier grec. 

Marbre blanc 4 gros grains cristallins; revers fruste ; traces, 4 la cassure inferieurc, du 
tenon qui ratlachait la figure au fond; il ne reste que le buste, du 
cou au nombril, sans l’avant-bras droit, le bras ni I'epaule gauchcs ; 
hauteur, 0“ 22. 

Torse nu d’un homme vigoureusement muscle ; le haut 
du bras droit est baisse ; le gauche etait leve ou ecart6 
du corps (aucune trace d’un tenon ni d’arrachements); le 
cou est incline 4 droite, mais la tele devait regarder a 
gauche. 

Priene, p. 112, n« 3; fig. 83, p. 114. 

345 (1043) Fragment. 

Marbre blanc 4 gros grains cristallins; brisd de toutes parts sauf au 
revers qui est dpanneld; il ne reste que la moitie de l’orbe du bouclier, 
mutile 4 la pdriphdrie, et la paume de la main passee dans la boucle; la 
plaque se continue au dcssous de la plinthe, sur une hauteur de 0“ 07 en¬ 
viron; hauteur totale du fragment, 0"> 28; dpaisseurdu fond, 0“ 135; saillie 
maxima du relief, 0“07. 

Main gauche tenant un bouclier qui repose verticalement 
sur le sol. 




Priene , p. 112, n° 3 ; fig. 83, p. 114. 



98 


N° 349 — FRAGMENT DE LA FR1SE DE LAG1NA 


346 (1048) Fragment. 



Marbre blanc; le cole droit du casque, plus sommairement 
travaille, porte les traces d’un tenon ; le cimier est inutile ; de 
meme le pouce de la main dont les aulres doigts (qui n’etaient 
pas visibles) ne sont pas ddlailles; un fragment du couvre- 
nuque rajustd; surface drodee; hauteur totale, 0"155; du casque, 
0 » 12 . 

Casque lenu a l’interieur du timbre par une main 
droite. 


Priene, p. 112, n° 6 ; fig. 86, p. 115. 


347-357 Fragments divers provenant de la frise de Lagina. 

Cf. t. I, p. 428 sq. 

347 (1938) Tete de guerrier. 


Marbre blanc 4 gros grains crislallins ; il ne rcste qu’un gros eclat superficiel apparte- 
nant 4 l’angle supdrieur gauche d’une plaque ; le nez et les levres 
du guerrier sont mutilds; cassurc au front cl au menton; hauteurs 
maxima actuelle, 0"' 315; largeur maxima actuelle, 0“ 235. 

Les rais de coeur sont sculptes sur un talon en saillie 
sur le champ du relief et limites en bas par un listel (cf. 
t. 1, n° 214, p. 497); il ne reste qu’une tete de guerrier, de 
trois quarts a droite, coiflee d’un casque a timbre rond, 
couvre-joues rabattus et panache retombant. 

Photographic tr 1962, 4 gauche. 

348 (1929) Tete de guerrier. 

Brisee a mi-hauteur du cou; bouche et menton informes ; nez et cimier mutiles: hauteur. 
0 m 13. 



Tete imberbe, de trois quarts a droite, coiflee d’un casque a timbre rond. 


349 (1935) Tele de guerrier. 


Brisee 4 l’attache du visage et du cou; surface usde; profil ldsd ; le bouclier rdduit 4 des 
traces; hauteur, 0“ 135. 



s° 3:')i — FRAGMENT DE LA FRISE DE LAGINA 


09 


Tele de prolil a droile, coiflee du casque a timbre rond ; il semble que le 
personnage tenait son bouclier leve au dessus de sa tele. 


350 (1936) Tele de guerrier. 


11 rcste lc timbre du casque, une parlie du couvrc-joues et l'ceil gauche; hauteur, 0“10. 
La tele etait de profil ou de trois quarts a gauche. 

351 (1933) Tele d'homme ou de dieu. 


Brisce A mi-hauteur du cou ; hauteur, 0™ 145. 

Elle est presque informe, lant elle est rongee par les erosions; imberbe, 
tournee de trois quarts & gauche, elle portait, sur des cheveux courts, une 
couronne, peut-etre m^tallique, fixee dans six petites mortaises; cette parti¬ 
cularity ne se rencontre pas ailleurs sur la frise. 


352 (1934) Tele de guerrier ou d’amazone. 


BrisAe A la base du cou; des traits du visage, on nc distingue plus que la eavitA des yeux; 
cimier du casque mutilA ; hauteur, 0“ 16. 

Elle est inclinee vers l’epaule droile et porte un grand casque corinthien. 


353 (1941) Tele de femme. 


Brisce A mi-hauteur du cou; quelques Arosions sur le sommet du 
crAnc; hauteur, 0 m 11. 

Tele de trois quarts a droite, coiflee d’epais bandeaux 
partagAs en grosses meches et couvrant le haul de l’oreille ; 
joli style. 



Photographic n” 1962, & droite. 


354 (1931) Tele de femme. 


Brisce A l'attache du visage ct du cou ; manque le nez; Arosions sur le front, les yeux et 
le mentou; surface noircie; hauteur, 0" 1 i. 



100 


N° 339 — STATUETTE d’APHRODITE 


Elle est de trois quarts & gauche; le manteau est releve sur la tele ; le 
visage a des formes roudes et joufflues, assez rares sur la frise. 

355 (1928) Tele de femme. 

BrisAe A la base du cou; les traits du visage sont complAtement eilaecs, sauf la cavitii 
orbiculaire; hauteur, 0” 16. 

Elle est inclinee vers l’epaule droite et coiffee d’epais bandeaux ondules qui 
couvrent les oreilles et se nouent sur la nuque. 

356 (1932) Fragment d'une tele de femme. 


£clat superficiel: restent la partie droite du crane et du front, lajoue et 1 ceil droits ; 
hauteur, 0" 085. 

Elle etait de trois quarts ou de profil a droite ; les bandeaux ondules de la 
coiffure s’epaississent sur les c6tes de la tete et v recouvrent la bandelette qui 
les maintient au dessus du front. 


35? (1930) Fragment d’une tete de femme. 


Informe ; tout le visage est rabattu ; il ne reste qu’une partie des bandeaux sur les cotes 
du crAne ; hauteur, 0" 115. 


358 (1937) Grec combattant; fragment de la frise de Magndsie du Meandre. 

Marbre blanc A gros grains cristallins ; restent la tele et le torse brisA A la laille, sans les 
bras; hauteur, 0“ 27. 

Torse d’homme nu, vu de dos, la tete de trois quarts a gauche, les traits du 
visage a peine degrossis ; d’apres le caractere du travail, il doit appartenir a 
la partie ouest de la frise nord (cf. t. I, p. 371). 


359 (1052) Statuette d’Aphrodite. 


PriAne ; fouilles des musAes royaux de Berlin; campagne 1897-1898; entree au musee en 
avril 1899. 

Marbre blanc A gros grains cristallins ; revers sommairement travaillA; manquent le bras 
droit et l'avant-bras gauche qui elaient rapportAs; cassure au revere du crAne ; Arosions 



N° 360 — STATITTTE d’aPHRODITF: 


101 


sur le sein droit, l’nbdomcn, lcs orteils, 1'arefe anterieure du pilier et lc pan de draperie 
qui tombe devant lui; le t4te esl rajustde ; la surface en cst noircie et le cote gauche recou- 
vert de concretions calcaires qui se sont ddposdes aussi sur toute la hauteur du revers ; la 
plinthc, mutilce A la pdripherie, est rajustee, rcstauree et encastrde dans une base antique, 
qui ne doit pas appartcnir A la statuette. 

II ne reste aucune trace des couleurs ; un frottis ivoire semble avoir etc pose sur leg 
chairs; la draperie n'cst pas polie pour mieux retcnir la peinture. 

Hauteur (sans la plinthc), 0"5I. 

La deesse est debout, a cote d’un haut pilier profile sur lequel elle s’appuie 
de l’avant-bras gauche, et sur la base duquel elle pose le pied gauche ; le 
bras droit etait baisse; le corps porte, avec un dehan- 
chement assez marque, sur la jambe droite; la tete est 
inclinee vers l’epaule droite et tournee du meme cote ; 
le visage, de formes rondes, est encadre de bandeaux 
ondules que maintient une bandelette ; le buste est nu ; 
le manteau, qui couvre les jambes, remonte obliquement 
vers l’avant-bras gauche, s’enroule aulour de lui et , 
retombe en longs plis jusque sur la base du pilier ; un l 
dessin du tissu est indique par quelques groupes de 
sillons incises (enlre le bord infdrieur de la draperie 
et le sol, on a laisse, comme support, un dpais tenon de 
ntarbre); les pieds sont chausses de sandales a semelles 
minces; le pilier portait sans doute une petite idole ou 
un Kros fixe par un tenon dans la mortaise creusee sur 
sa face supdrieure. 

La statuette, qui est d’un travail assez mediocre, 
reproduit un type frequent dans les lerres cuites hellcnistiques et direclemenl 
inspire de la tradition praxitelienne; in-ii 0 siecle av. J ,-C. 

Winnefeld, dans Wiegand-Schrader, Priene, 1904, p. 370-371 ; flg. 466, p. 372; -- 
S. Roinach, Repertoire de la staluaire, IV, 1910, p. 201, 4. 

Photographic n° 90S. 



360 (1003) Statuette d’Aphrodite. 


IVicne ; fouillcs lies musi cs royaux de Berlin; campagnc 1895-1S96; lrouv6c dans la mai- 
smi placcc A l'ouest de la maison XXXIX; entrde au musee en janvier 1899. 


Marbre blanc A gros grains crislallins ; revers fruste; manquent le sommet du crftne, 
I'index droit, tons lcs doigts de la main gauche, la partie anterieure (rapportde) du pied 
droit; la tele, le bras droit (en deux fragments), l'avant-bras gauche (rapporte sonl rajus- 
les ; toule la moili^ gauche de la tele, les epaules, le haut de la poilrine, le sein gauche, 



102 


K° 361 - STATUETTE n'APHRODITE 


certaines parties de la draperie pres de la jambe droite sont recouverts depaisses con¬ 
cretions calcaires; traces de brulures; plinthe mulilee A la peripheric et placde sur line 
base moderne en pl&tre patind. 

Frottis ivoire sur les chairs ; traces de rouge brun sur les cheveux et les yeux ; la drape¬ 
rie dtait peinte en bleu ; sur le bord inferieur, lisere lie de vin (quelques traces d’or entre 
les jambes) et, un peu au dessus, une zone peinte, semble-t-il, du mdme ton; traces de 
rouge vif sur la cuisse gauche ; rouge sombre sur le rocher. 

Hauteur (y compris la plinthe), 0” 46. 

Elle est assise sur un rocher aux formes tourmentees, le buste de face, les 
jambes de trois quarts a gauche, le pied droit ecarte sur le c6te, le gauche ne 

touchant le sol que de la plante, le bras droit 
tendu d’un geste imperatif dans la meme direc¬ 
tion que les jambes, le regard fixant au loin 
l’objet que sa main d^signe ; elle s’appuie du 
coude gauche sur la partie la plus elevee du 
rocher, laissant pendre la mainavec un elegant 
abandon ; un ample manteau, jete sur l’dpaule 
et couvrant le haut du bras gauche, revient sur 
les jambes et tombe sur le rocher; elle est 
chaussee de sandales; les cheveux, disposes en 
bandeaux ondules et formant sur la nuque un 
chignon arrondi, sont ornes d’une stephane. 

Le mouvement de la figure est d’une compo¬ 
sition assez heureuse ; les formes menues, l’ele- 
gance purement humaine de la statuette font 
un contraste amusant et spirituel avec 1’ampleur et l’autorite divine du geste; 
mais elle souffre d’un grave defaut de proportions entre le buste et les 
jambes el le travail rapide manque un peu de force et d'accent; m e -ii c siecle 
av. J.-C. 

Winnefetd, dans Wiegand-Schrader, Priene, 1904, p. 372; fig. 469, p. 373 ; — 
G. Cultrera, Saggi sull' arte ellenistica e greco-romana, I, La corrente asiana, 1907, 
p. 168 ; — S. Reinach, l. 1. au n° precedent, p. 228, 1. 

Photographic n° 905. 



361 (746) Statuette d’Aphrodite. 


Pri^ne ; fouilles des musees royaux de Berlin ; Irouvie dans la maison XXIX; entree au 
musee le 7 dficembre 1895. ’ 


Marbre bleute i gros grains cnstallins; revers fruste; manquent les bras, le pied droit 
toute la boucle flottant sur l’epaule gauche, la partie d«5tachee de la boucle de droite une 
grande partie de la plinthe; Erosions profondes sur les cheveux, le nez, lY-paulc, la lianche 
^. ®.? r0S ° rt ®' 1 e ® uches ’ les pfis de la draperie, le rocher ; presque toute la surface est 
o rcie par le feu et recouverte depaisses concretions calcaires ; la tete et le buste sont 
rajustes ; hauteur, 0“ 33 . su,lt 



N° 362 - STATUETTE DAPIIRODITE ANADYOMgiNE 


103 


La jeune dAesse est assise sur un rocher; les jambes de face, la droite lAge- 
rement ecartee, le buste de trois quarts a droite, la tete regardant le specta- 
teur, elle tendait le bras droit, d’un geste imperieux, en 
avant et a hauteur de l’Apaule, et baissait le gauche qui 
s'Acarlaildu corps, mais dont la position nese laisse plus 
exactement determiner; le buste est nu ; une draperie, 
jetee sur le dos, revienl sur les jambes et s’y creuse de 
profonds d’une composition pittoresque et coloree ; 
le visage est encadre de bandeaux ondules qui s’epais- 
sissent sur les oreilles et forment sur la nuque un chi¬ 
gnon saillant et rectangulaire ; une boucle flottait libre- 
ment sur chaque epaule ; les pieds sont chaussAs de san- 
dales minces. 

Le type se rapproche beaucoup de celui de la figure 
prAcAdente et le caractere en est le meme; mais, dans 
ses petites dimensions, cette statuette est de proportions beaucoup plus justes 
et d’une execution beaucoup plus vigoureuse; c’est, au musAe, la meilleure des 
petites sculptures de Priene; iii-n e siecle av. J.-G. 

Winnefeld, dans Wiegand-Schrader, Priene, 1901, p. 372 ; Qg. 468, p. 373 ; — 
G. Cultrera, l. 1. au n° prAcAdent; — S. Reinach, l. 1. au n“ 359, p. 228, 3. 

Photographic n* 4t8. 



362 (1053) Statuette d’Aphrodite anadyomfene. 


PriAne ; fouilles des musecs royaux de Berlin; campagne 1897-1898 ; IrouvAe dans lamai- 
son XIII; entrAe au musAe enavril 1899. 


Marbre blanc gros grains crislallins ; reversfruste sur les draperies, trAs sommairement 
travaillA sur les parlies nucs; la statue est faite de deux pieces, buste et jambes, ratta- 
chAes I’une A l’autre sans tenon; le joint est recouvert d’un stuc trAs dur (moderne) qui 
se distingue A peine du marbre; le bras droit brisA ne se rajuste plus exactement A la 
cassurc : manqucnl une partic du biceps et la boucle de chevcux tenue par la main droite ; 
la main gauche est rajustAe; une partie de la boucle de cheveux qu’elle tient et une partie 
dc l’avant-bras sont restaurAes en plfttre ; plinthc irrAguliAre A tranche frusle. 

Les cheveux et la draperie Ataient peinls et la surface enest finement striAe; les chairs, 
polies, sont ivoirAes par un frottis A la cire. 

Hauteur, 0” 125. 

La dAesse est debout et de face; le corps portant, avec un dAhanchement 
tres marque, sur la jambe gauche, la droite flechie, le pied en arriere et ne 
touchant le sol que des orteils; le buste est nu, les pieds chausses de san- 
dales; tournant la t£te A gauche, la dAesse est occupAe A parer sa chevelure, 



■104 N° 363 - STATUETTE d’aPHRODITE CESTOPHORE 

et, de chaque main, elle en tient une longue boucle ;'mais tandis’ qu’ellereleve 
le bras droit tout entier, elle baisse le coude gauche pour maintenir sur la 
hanche la draperie qui couvre ses jambes; il en resulte un 
mouvement des epaules, inverse de celui des hanches, qui 
communique au buste une inflexion tres gracieuse. 

Le travail est d’ailleurs tres »6glig6, les cheveux masses 
sommairement, le visage peu pousse ; le modele du buste 
est d’aspect plus agreable, niais les draperies sont dures et 
seches ; enfin, toute la statuette souflre d’un defaut de pro¬ 
portions presque ridicule entre le buste trop grele, les han¬ 
ches trop larges et les jambes demesurees, surtout la 
gauche que le dehanchement du buste fait paraitre plus 
longue encore; l’oeuvre est hellenistique, du ni e ou du 
n c siecle. 

Winnefeld, dans Wiegand-Schrader, Priene, 1904, p. 371 ; 
fig. 467, p. 372 ; — S. Reinach, l. 1. au n° 359, p. 201, 7. 

Photographic n° 1785, 4 gauche. 

363 (1234) Statuette d’Aphrodite cestophore. 

Rhodes, Orta Varosch ; jardin de Ihsan effendi; entree au musee en 1903. 

Marbrc blanc; le travail, surtout celui de la draperie, est moins pousse au revers; 
manquent la tete et les mains qui etaient rapportees et fixees par des tenons de fer encore 
en place ; la tete s est bris6e, non pas au joint de la pi4ce rapportee, mais plus bas, 4 la 
naissance du cou ; le bras gauche est rajuste avec une petite restaura- 
lion en pl&tre au joint; plinthe mutilee sur les bords ; hauteur, 0 m 35 . 

La deesse, debout et de face, repose sur la jambe droite ; 
la gauche est flechie fortement, le pied ^carte et en arriere, 
portant de toute sa longueur sur le sol; le buste nu s’in- 
cline en avant et 1 epaule droite s’abaisse un peu ; le haut 
des bras est baisse, les coudes ecartes du corps, les avant- 
bras releves, les mains esquissant le geste de serrer sous la 
poitnne un ceste qui n’est pas represente plastiquement ; les 
jambes sont couvertes dune ample draperie qui forme sur la 
hanche droite un gros nceud maintenu par la pression du 
coude ; les pieds portent des chaussures souples. 

La silhouette de I. figure, dont le buste est eldgau, et gracieus, est alourdie 





N° 3 On — oroi pf d’apiiroditf. ft d’eros 


I OS 


et empat^e par les draperies qui sont massives et trop volumineuses ; assez bon 
travail d'epoque hellenistique. 

Photographic n” 1783, 4 droitc. 


364 (21 i.'i; Torse d’Aphrodite ddtachant sa sandale. 


Andrinoplc; entrc au musie cn mars 1910, 

Marbrc blanc 4 grains cristallins : manquent la tele, qui etait rapportce ou avait 4te 
rcpar6e d4s l'antiquile (mortaise 4 la cassurc), les bras, brises au biceps, les jambes 4 la 
naissance de la cuisse droite et au dessus du genou gauche: hauteur actuelle. 0- 1 12. 

La ddesse reposait sur la jambe droile et relevait le pied gauche assez haul 
(la cuisse gauche est horizontalej; le buste se detourne 
fortement vers sa gauche ; la main droite etait baissee, 
allant toucher la cheville gauche, et le bras gauche 
s’ecartait du corps, formant contre-poids. II resle sur 
la face interieure de la cuisse gauche, au bord de la 
cassure, des traces d’arraehements assez reduites qui 
doivent correspondre a peu pres au poignet droit, et, 
sur la fesse gauche, des arrachements plus considera¬ 
bles, correspondant au support place a gauche de la sta¬ 
tuette ; la poitrine est maigre et le buste peu developpe 
par rapport 4 l’abdomen. 

Travail ordinaire d’epoque romaine. 

Photographic n° 1969, rang superieur, 4 gauche. 



365 (498) Groupe d’Aphrodite et d’£ros. 


A’idin, Carn-pounar; entrc au nms<5e le 3mai 1891. 


Marbrc blanc, vcine de violet lie de vin .Synnada ; la partie correspondant au corps de 
la decssc est sans vcines : le travail est moins pousse au revers ; manquent la tete de la 
deesse, qui <5tait rapportce, ou plutot avait etc reparec d4s lantiquitc (mortaise profondc 
creusce dans l epaisscur du coul. et le disque du miroir qu’elle ticnt de la main gauche ; le 
visage d’liros est use, la houppette et une partie du front rajustees, la llamme de sa lorche 
4rod4c; cassures 4 la moulurc infericure de la plinthe; hauteur. 0”265, dont 0 m 01 pour la 
plinthe ; hauteur d'firos, 0 m 12. 


Le groupe est pos6 sur une plinthe profilee, formee d’une scotie profonde 



106 


N° 366 — GROUPE DE DEUX PETITS EROR 


entre deux listels saillants, rectilignes sur le devant, legerement convexes sur 
les cotes et frustes au revers; — la deesse repose sur la jambe droite, flechis- 
sant la gauche et ramenant le genou vers l’axe du corps ; elle tourne un peu le 
buste a droite, plie le bras gauche a angle droit en l’ecar- 
tant legerement, et tenait dans la main un miroir que lui a 
donne le petit Eros, debout a sa gauche; il leve verticale- 
ment le bras droit et touche encore de la main l’extremite 
inferieure du manche, tenant lui-mesme, de la main gauche 
baissee, une torche dont la flamme brule sur le sol; une 
ample draperie, posee sur l’avant-bras gauche d’Aphrodite, 
lombe jusque sur la base entre les deux personnages, & qui 
elle sert enmeme temps de support, passe derriere lesjambes 
de la deesse et revient en avant, couvrant toute la hauteur 
de la jambe droite ; de la main droite baissee, elle en tient 
l’extremite pour cacher son sexe; il reste sur ses epaules 
l’exlremile de deux boucles de cheveux ; — tiros est nu ; 
ses cheveux, qui se dressent en houppette au dessus du front, tombent en 
masses bouclees sur le cou el la nuque. 

Mediocre travail romain ; sur le type, cf. S. Reinach, Revue archeologique , 
1901, I, p. 371 sq.; W. Amelung, Die Sculpluren des valicanischen Museums, 
II, p. 112 sq. 



Photographic n° 1786, au milieu. 


366 (501) Groupe de deux petits Eros qui font boire des eygnes. 


Magndsie du Sipyle ; trouve « A Testde MagnAsie, non loin de la statue de Niobd », dans 
un sanctuaire de la MAtAr PlastAne (cf. S. Reinach, l. infra. I .) ; entrA au musAe le 14 avril 


Marbre blanc : les traits des visages indistincts; Arosions sur les pieds, sur l’ardle late- 
rale droite de la base; dimensions de la base: 
hauteur, 0” 055; longueur, 0" 18; Apaisseur, 0” 10 ; 
longueur maxima des firos, 0 m 09 ; hauteur au 
dessus de la base, 0” 05. 


Deux minuscules firos, ailes et nus, sont 
gracieusement etendus sur une base rec- 
tangulaire, l’un — celui de droite — sur le 
cote droit, les pieds ramenes vers I’arete 



anteneure, l’autre sur le ventre, les pieds rejetes du cot6 oppose ; chacun 
deux, levant vers le spectateur sa tete aux longs cheveux boucles, enlace de 



N° 3C8 - ENDYMION ET SEt-fixE 


107 


ses deux bras le col d’un cygne qui s’efforce de boire dans une grande ecuelle 
ronde, plac^e enlre lesdeux enfants et de laquelle coule un mince filet d'eau ; 
la base n’est pas profilee, mais la face superieure en est encadree d une mou- 
lure simple. 

Travail rapide, mais adroit et spirituel, peul-etre encore hellenistique. 


Monileur oriental, 28, 30, 31 mars, 2 mai 1887 ; — S. Reinach, Revue archtolo- 
giquc, 1887, IT, p. 96; Chroniques iVOrient, I, p. 369 ; — American journal of 
archaeology, III, 1887, p. 436 ; — Athenische Mitlheilungen, XII, 1887, p. 271-272. 

Photographie n» 1879, a gauche. 


367 (2282) Petit £ros endormi. 


Cymi ; dale d’cnlrcc inconnue. 


Marbre blanc ; surface legerement Arodde ; hauteur totale, 0 m 195 ; dimensions de la base : 
hauteur, 0 m 055; largcur, 0 m 105 ; ipaisseur, 0”08. 


Sur un petit bloc rectangulaire, sans profil, mais soigneusement dresse sur 
ses quatre faces, un petit Eros nu est etendu et 
dort, les jambes allong6es a gauche, la gauche 
crois^e sous la droile; sa tele repose sur la 
main droite, ramenee sur l’epaule gauche ; le 
bras gauche, abandonn6 sur le sol, tient des in- 
fulae ; un gros lezard rampe a ses pieds; les 
irrdgularittSs du terrain sont grossierement indi- 
quees par quelques sillons creuses au trepan; — 
cf. n° 319, p. 81. 

Travail rapide et mediocre d’epoque romaine. 



Photographie n° 1965, A droite. 


368 (895) Petit groupe pittoresque d’Endymion et de Sdldnd. 


Ileraclcc du Pont ; entre nu music en juin 1898. 


Marbre btnnc ; manquent la partie inferieure droile du rocher, la partie droite el toute 
In moulurc inferieure de la plinthc : Endymion : les traits du visage informes; Irosions sur 
le bras droit el sur les jambes ; 1 evtrimite du baton brisce i Selene : manquent la tele et 
les bras ; de ses chcvaux : la tele, l’encolure, la jambe antlrieure droite de celui du pre- 



108 


N° 368 - EXDVMIOX ET SKLKXK 


mier plan, la partie superieure du tronc d’arbre sur lequel s'appuient les jambes (ldgAre- 
ment mutilees) de celui du second plan ; manquent la tote de la chAvre accroupie en haut, 
A droite ; la patte posterieure gauche du bouc qui est en bas, au rovers, et le tronc de l’ar- 
buste qu'il broute ; la surface etait polie et a garde par endroits l’epiderme antique (corps 
et tete d'Endymion, corps de Selene) ; tout 1c reste a passeau noir ; hauteur totale, 0 n, 135. 


Le groupe reposait sur une plinthe ovale comprenant sans doute une scotie 
entre deux moulures saillantes ; — Endymion dort dans une anfractuosite des 
rochers du mont Latmos; assis, les jambes croisees, la gauche pliee contre 

terre, le genou droit releve, le buste inclind a 
droite, la tete penchee vers l’epaule gauche, illaisse 
pendre la main gauche surle sol et pose sur l’epaule 
gauche la droite qui lient un baton pastoral ; par 
une singularity dont il n’existe peut-etrepas d’autre 
exemple, il est vetu et porte un costume a demi 
oriental: tunique courte a manches longues, peut- 
etre unechlamyde jetee autour des epaules, bonnet 
« phrygien » a vastes pans qui lui tombent sur le 
dos comme un manteau ; les jambes sont nues, les 
pieds proteges par des chaussures monlantes; au 
sommet du rocher, surgissent, visibles seulemenl jusqu’a mi-corps, les chevaux 
bondissants (profd a droite) du char de Selene; plus bas, au flanc gauche du 
rocher, Selene s’avance, vetue d’une tunique serree sous les seins et sur les 
hanches, et, semble-t-il, d’un etroit mantelet dont on ne voit qu’un pan sur 
l’epaule gauche; le sculpteur, qui l’a representee a peine a mi-grandeur d’En- 
dymion, a donne a tout son corps une forte obliquite vers la droite, de sorte 
que la deesse semble descendre en planant vers l’objet de son amour; la posi¬ 
tion des bras est incertaine : il est vraisemblable qu’elle laissait pendre le 
droit (traces d’arrachements sur la handle droite) et que, de la main gauche, 
elle tenait une torche dont il reste des traces a peu pres certaines sur le ro¬ 
cher, entre elle et le berger; — sur la partie droite du rocher, vers le haut, 



une chevre (ou un bouc) est accroupie au pied d’un arbre qui s’elevait au 
sommet et contre lequel s’appuient les jambes du cheval place au second plan 
(au revers du tronc est incise le signe S) ; a la partie superieure du revers, 
qui est egalement travaille, un bouc est accroupi (profil a droite, la tete 
tournee a gauche); en bas, un autre bouc (profil a gauche ; la tete tournee a 
droite) se dresse contre un arbuste ; un lezard, un escargot rampent sur le 
rocher. 

Travail decoratif du n e siecle apres J.-C. ; sur les types, cf. C. Robert. 
Die antiken Sarkophag-Reliefs, III, p. 153 sq. 


Photographic n° 1776, A gauche. 




N° 370 - STATUETTE DE DEESSE 


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369 (I0:;0) Statuette de Cyb61e. 


Priinc ; fouiltcs dcs musics royaux de Berlin; campagne 1897-1898 ; entree au musee en 
avril 1899. 


Marbrc bleutc a gros grains crislallins ; revers ct cotes frustes; a la partic inferieure, 
tenon destind & encastrerla figure dans une base. 

Tout le corps dtait peint en rouge brim ; traces du meme ton sur les levres et les yeux. 
Hauteur, 0” 38, dont 0“08 pour le tenon d'encastrement. 


Figure informe, taillee a aretes vives ; !a deesse est debout ; lout le corps, 
vetu d'une tunique sans manches, a colpos et apopLygma serre 
sous les seins, forme une surface plane, sans aucun modele, qui 
va s’dlargissant vers le bas; les bras baisses sontcolles au corps 
et n’en sont sdpares qu’a hauteur des poignels, par une petite 
cavite creusee au trepan; les pieds nesont pas indiques; les plis 
de la draperie sont dessines grossierement a la pointe ; le bas 
de la tunique est decord d’un zigzag, le tour de cou de lignes 
irrdgulieres ; les traits du visage sont d’une extreme grossie- 
rele; la tete, encadrde d’une 6paisse chevelure qui tombe sur 
les epaules, porte une couronne murale ; il semble qu’un collier 
soit incis6 autour du cou. 

Travail barbare, mais tres probablement d’epoque hellenis- 
tique. 

11. Winnefeld, dans Wiegand-Schrader, Priene, 1904, p. 373-374. 

Photographic n° 126. 



370 (698) Statuette de ddesse. 


Gordion ; don de M. Kapp ; entree au musee le 30 janvicr 1893. 


Gris rouge; brisie 4 la taille ; oreille droite, bouche, chcveux mutiles ; toute la sur¬ 
face profondiment irodie; hauteur, 0“ 223. 


Ce magol informe represente sans doute une femme drapee ; on distingue 
encore le bord de la tunique autour du cou et sur le coude gauche ; de la main 
droite, elle tienl sur la poilrine un objet peu distinct, peut-etre un fruit, et, 
de la gauche, sur la taille, un oiseau qui semble une colombe ; le buste n’a 
aucun modele ; la tete, beaucoup trop grosse pour le buste, n’est pas moins 




110 


X° 371 - STATUETTE d’aTHENA 


grossiere ; elle semble taillee a la scie: do grands yeux plals, a lleurde tete, sans 
paupieres, un nez prismatique, des oreilles demesurees et 
placees trop haut,des levres indiquees par un sillon creuse 
a mi-hauteur du visage, une large face sans proportions 
que surmonte, comme un abaque, une chevelure massive 
taillee a aretes vives et roulee sur la nuque en un enorme 
catogan. 

II est difficile de dater une couvre si barbare, produit 
naif de l’art phrygien indigene ; comme elle parait repro¬ 
duce le type ordinaire des cores ioniennes archa'iques, il 
se pourrait qu elle appartint elle-meme au vt° ou au debut 
du v c siecle av. J.-C. 

S. Reinach, Revue arcMologique, 1895, II, p. 345, 13° ; Chroniques d'Orient, II, 
p. 434, 13° ; — American journal of archaeology, XI, 1896, p. 510, 13°; — A. Koerte, 
Athenische Mittheilungcn, XXII, 1897, p. 23-28, pi. II. 

Photographies n“‘ 1788, u gauche (face), 1117 (face, 13 X 18), 1116 (profil, 13 X 18). 

371 (118) Partie sup^rieure d’une statuette d’Athdna. 

Provenance et date d’cntree inconnues. 

Marbre blanc a grains serres et cristallins ; le travail est moms pousse au revers ; brisie 
a la ceinture ; manquent tout le bras gauche et l'avant-bras droit; tete rajustee; nez, men- 
ton, cimicr mutilcs ; une petite masse de marbre est restee fruste sur le cot6 gauche de la 
tete (traces d’un tenon ?); quelques laches noircs sur le cote droit; les cheveux et quelques 
plis de la draperie sont travailles au trepan ; la surface du marbre etait lustree, mais a 
presque compl6lement perdu le poli antique; hauteur, 0" 26. 

La deesse, vetue d’une tunique a manches, serree sous les seins, et formant 
un petit colpos sur la ceinture, s’appuyait de la main 
gauche sur sa lance et baisse le bras droit qui s’ecarte 
legerement du corps; l’egide ecailleuse, echancree haut 
et bas sur le devant, decoree du gorgoneion et bordee 
de serpents, tombe egalement sur le dos et sur la poitrine 
qui est presque plate; la tete, coiffee d’un casque corin- 
tbien a haut cimier de crins, est legerement tournee it 
gauche ; les cheveux, disposes sur le front en bandeaux 
qui vont s’epaississant sur les cotes du crane, lombent 
en nappe sur le dos. 

Travail assez elegant d’epoque romaine — sans doute 
du n B siecle —d’apres un type du v e siecle av. J.-C. 

S. Reinach, Cat., n° 57 ; — Joubin, Sculpt, gr. et rom., n° 24. 

Photographic n° 1786, k droite. 





S° 37 i 


PETITE siaitette de femme 


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372 (20) Statuette de d^esse assise. 


Cyme ; envoi de D. llallazzi bey ; entree au musee cn ins l. 

Marbre blanc ; rovers frustc ; manque la partie superieure du corps depuis la taille qui 
scmble avoir <7t6 rapportie ou reparce, car la cassure presente les traces d une mortaise 
(la surface de joint est mutilec) ; manque aussi le pied gauche qui etait rapportc sans 
tenon ; le sol formant plinthe est brise autour de la tunique ; erosions sur la draperie ; les 
angles inferieurs de a base, au revers, sont rabattus ; la face inferieure cn est fruste et 
devait 6trc encastrie dans un socle ; hauteur. 0" 31a. 

Une femme, sans doute une deesse, velue d'une lu- 
nique serree a la taille et d’un manteau qui tombait sur 
le dos et couvre les jambes, est assise de face sur une 
large base ou autel rectangulaire profile haut et bas 
(sur la moulure superieure des faces laterales, est in- 
dique, par deux filets, un petit fronton surmonte d'un 
acrolere); les pieds, qui portent des chaussures fer- 
mees, reposent directement sur le sol, le gauche en 
avant, lc droit ne touchant que de la pointe ; — travail 
rapide, probablement d’epoque hellenistique. 

Photographic n° 1967, au milieu. 


373 (1517) Partie inferieure d’une statuette de femme. 

lldraclee du Pont ; quarticr Ghirmanli; entree au musee le 14 septembre 1904. 

Marbre blanc; revers tris sommairement travaille ; brisee au dessus des genoux ; ero¬ 
sions profondes sur la draperie ; surface jaunic ; hauteur, 0" 28, dont 0” 03 pour la plinthe. 

Mile est debout, portant sur la jambe gauche, la droite flechie, le pied ecarte 
et pose a plat; la tunique est longue et ample ; le manteau tombe derriere le 
dos ; chaussures fermees ; — travail tres mediocre. 

374 (1887) Petite statuette de femme. 


Lindos; fouilles de MM. Kinch et lllinkenberg; entrie au musee en 1906. 

Marbre blanc : manquent la tete, le bras droit qui etait rapporte sans tenon, la main 
gauche, les jambes, brisiies au dessus des genoux ; (irosions sur le haut du bras gauche, 1’4- 
paule et lc sein droits ; la base de marbre sur laquellc la statuette a 4te rajustee par Fin- 




112 


x° 375 - TORSE DINE STATUETTE D’lIERMES 


termediaire d’une certaine hauteur de pl&tre no lui apparticnt peut-etrc pas; hauteur de la 
figurine, 0™ 095 ; dimensions de la base: hauteur, 0™ 053 ; largeur, 0” 045 ; epaisseur, 0” 03. 

Une jeune lemme est debout et de face, portant sur la jambe gauche, la 
cuisse droite legerementavancee ; elle est vetue d une tunique de 
dessous et d’un peplos a long apoplygma, fendu sur le cote, serre 
a la taille, et degrafe sur l’epaule droite ; un manteau leger et 
tres etroit est jete en chale sur le haut du bras gauche (plie a 
angle droit), passe obliquement a mi-hauteur du dos, puis sous 
l’aisselle droite, s’enroule autour de l’epaule el retombe sur le 
cote droit du dos; sur la partie du manteau qui passe sur le 
bras gauche, est creusee une minuscule mortaise, assez pro- 
fonde, sans doute pour un ornement metallique rapporte; 
travail rapide, probablement d’epoque hellenistique. 

Pliotographie n« 1970, rang superieur, au milieu. 

375 (146) Torse d’une statuette d’Herm^s. 

Provenance et date d’entree inconnues. 

Marbre blanc 4 grains serves et cristallins; revers et c6t4 exterieurdu bras gauche som- 
mairement travaillds ; manquent la tele, le bras droit, la jambe droite, bris6e en haut de 
la cuisse, la gauche au dessus du genou, l'extrcmite de la draperie qui pend de l’avant-bras 
gauche, le bout de l’index gauche, les deux extrdmitis du kerykeion dont les serpents sont 
brises du c6te tourne vers le spectateur ; surface noircie par endroits ; hauteur, 0“ 225. 

Le dieu est de face el repose sur la jambe gauche ; le buste, vigoureusement 
muscle, est nu ; une draperie, posee sur l’epaule gau¬ 
che, oil les plis en sont retenus par une agrafe ronde, 
passe par derriere sous l’aisselle et retombe sur l’avant- 
bras gauche, baisse avccune legere inflexion du coude; 
le bras droit pendait naturellement; le kerykeion que 
tient la main gauche est orne en son milieu d’ailettes 
au dessus desquelles deux serpents s’entrelacent en de- 
crivant la figure connue sous le nom de nceud d’Her- 
cule ; il presente, tant dans sa forme que dans ses 
dimensions, de grandes analogies avec celui que porte 
le petit Hermes, n° 316, et Ton peut supposer qu’il se terminait aussi, k son 
extremite inferieure, par une tete de belier. 





N° .'177 — STATUETTE d'EPIIEBE 


113 


Le buste e9l d’un assez bon travail, mais la draperie, creusee au trepan, est 
d’une execution rapide et dure ; epoque romaine. 

S. Reinach, Cal., n° 53 ou 34 ; — Joubin, Sculpt, gr. et rom., n° 67. 

Photographic n° 1786, A gauche. 


376 (499) Statuette de Dionysos. 


Denizli; enlrAc au music lc 28 septembre 1883. 

Marbrc blanc; rovers Ires sommairement travaillA; croutc terreuse ; plinthc arrondic, 
frustc au rovers ; hauteur, 0”15,dont 0 m 0J5 A 0”025 pour la plinthe. 

Le dieu, alourdi par le vin, repose sur la jambe droite avec un dehanchement 
assez marque, et, flechissant la gauche, s’appuie de l'avant-bras gauche sur un 
pilier; le buste est nu ; un manteau, dont l’extremite apparait 
sur l’epaule gauche, tombe sur le dos, revient sur les jambes et 
couvre le support; il tient de la main gauche une grappe de 
raisins et, de la droite baissee, un canthare; la tele, penchee 
sur la poitrine, est coitFee de longs cheveux qui flotlent sur 
les epaules, ornAs d’une guirlande de baies de lierre ; les pieds 
portent des chaussures FermAes; — les jambes trop courtes, 
les bras trop longs donnent a cetle minuscule figurine une 
apparence presque grotesque, due uniquement a la maladresse du sculpteur; 
le travail est grossier el reduil au minimum ; — Epoque romaine. 



Photographic il 0 1936, a gauche. 


377 (1657) Statuette d’dph^be; fragment d un groupe. 


Tenedos ; trouvee dans les ‘dAblaiements executes sur la place Kilidj Mcidani; sep¬ 
tembre 1907. 

Marbrc blanc, lAgArement bleute, A gros grains cristallins ; revers sommairement tra¬ 
vaillA ; manquent la lAte, qui Atait rapportee dans une large mortaise circulaire (ou avait etc 
rdparAc), et les jambes brisAcs au dessous des genoux ; Arosionssur la draperie qui pendau 
dessous de l’avant-bras gauche; de la seconde figure, il ne reste que le bras droit et quelques 
traces d’arrachemenls sur Ic c6tA gauche de la premiAre. 

Traces de rouge brun sur la ccinture et, trAs rAduites, de rose sur le manteau, d'orangA 
en differents endroits du manteau et de lattinique. 

Hauteur, 0“ 195. 



114 N° 379 - .MAIN DROITE D’ENFANT TENANT UN OISEAU 

Un jeune homme est debout et de face, le corps reposant sur la jambe 
gauche, la droite legerement ecartee etflechie; sa (.unique courte est serree a 
la taille ; une chlamyde d’etoffe epaisse, agrafee surl’epaule droite, lui couvre 
presque tout le buste et retombe en plis lourds sur le dos 
et l’avant-bras gauche ; il laisse pendre naturellement le 
bras droit; la main percee tenait peut-etre un attribut 
metallique ; sur la main gauche, tendue en avant, il porte 
un lievre, qui, accroupi sur son arriere-train, de prolil a 
gauche, semble grignoter un fruit qu’il tient enlre ses 
pattes de devant; — cet ephebe etait groupe avec un 
second personnage, sans doute une jeune fille, dont il ne 
reste que le bras droit, familierement appuye sur son 
epaule gauche, et la main droite qui tient entre le pouce 
etl'index un objet peu distinct, sans doute un fruit; cf., pour la composition, 
le groupe de Sophia publie par M. Reinach ( Gazette des beaux-arls, 1898, 
II, p. 107-117 ; Repertoire de la statuaire, III, p. 134, 4 ; cf. Revue des etudes 
grecques, XII, 1899, p. 204-205). 



Photographic n° 1779, a droite. 


378 (1466) Fragment d’une statuette d’enfant. 


Saida ; Bostan cch Gheich; fouilles de Macridy bey; campagne 3903; entre au musee en 
1904. 


Marbre blanc a grains serres el cristallins ; brise & la taille et i V mi-cuisses; parties 
sexuclles mulilies; le travail est moins poussi au revers; hauteur, 0“15. 


Le corps est nu, l’abdomen gonfle, le bas-ventre infantile, les formes rondes 
et potelees; — hellenistique ? — cf. plus haut, n os 324 et 325, p. 85-86. 

379 (1472) Main droite d’enfant tenant un oiseau. 

Smda ; Bostan ech Cheicli; fouilles de Macridy bey ; campagne 1903 ; entree au musee en 


Marbre blanc ; erosions sur les doigts; le bee de l’oiseau brise; hauteur, environ 0”12. 
Sur le type d’ou provientce fragment, cf. plus haut, n° s 324 et 325, p. 85-86. 



,n° 382 — pild i.aiciie ll.'i 

380 (1G1G) Base d’une statuette de jeune satyre. 

Provenance iuconuue ; envoi de la douane de Galata; entree au musee en decembre 1905. 

Marbre blanc ; il ne rcste sur la plinthe, arrondie sur ses petits c6tes, que le pied droit et 
leg orteils gaudies du satyre, le bas du tronc d'arbre avec i'extrdmite du lagobolon et le 
bouc ; la partie inferieure de la patle anterieure droite de l’animal est brisec, la tOte tres 
drodec ; revers pique ; hauteur, 0” 215, dont 0"055 a 0" 065 pour la plinthe. 

Ce fragment provient d’une statuette d’un type tres repandu ; le satyre est 
debout, croisant la jambe gauche devant la droite; il s’accoude sur un arbre 
place a sa gauche et tient des deux mains une flute de laquelle il joue ou va 
jouer ; le lagobolon, et souvent une (lute de Pan, sont suspendus a l’arbre a 
cotd duquel se tient un bouc. 

381 (717) Pied gauche colossal. 

Pridne; fouilles des musces royaux de Berlin ; enlre au musee le 7 decembre 1895. 

Marbre blanc ; rcste la partie anterieure dupied qui etait rapportdc; profonde mortaisc 
rcctangulaire A la section du revers (0" 02 x 0” 02 x 0" 06); joint 
dpanneld ; gros orteil rajuste et partiellement restaurd ; legdres muti¬ 
lations sur la sandale ; hauteur, 0 m 15; longueur, 0™2i. 

Il est chaussd d’une epaisse sandale « tyrrhenienne »,fixee 
par des courroies elegamment travaillees, que maintenait 
enlre les deux premiers orteils un coulant metallique scelle 
dans une petite mortaise ; — bon travail, certainement helle- 
nistique. 

Photographie n° 1901. 

382 (391) Pied gauche. 

Cymd ; fouilles de D. Baltazzi bey, novembre 1887 ; entrd aumusde en 1888. 

Marbre blanc ; il reste la 'parlie anterieure du pied, rapportee sans tenon ; les deux pre¬ 
miers orteils et la partie dela sandale placde sous le gros orteil sont mutiles. 

Traces de rouge brun sur la sandale. 

Hauteur, 0™ 07; longueur, 0“ 12. 

Il est chausse d’une sandale mince a semelle debordanle ; — bon travail 
hellcnistique. 



Cf. n 333, p. 90, la bibliographie des fouilles de D. Baltazzi k Cymd. 



116 


IS 0 386 — PIED GAUCHE d’uNE STATUETTE 


383 (1146) Pied droit. 


Cos; fouilles de M. Herzog; entre au musce en novembre 1900. 


Marbre blanc; il reste la partie antdrieure du pied, qui clait rapportee sans tenon; joint 
piqu6 ; hauteur, 0“ 095 ; longueur, 0“ 17. 


11 est chausse d’epaisses sandales « tyrrheniennes », maintenues par une 
courroie transversale ; — assez bon travail. 

R. Herzog, Jahrbuch des archaeologischen Instiluts, XVI, 1901, archaeologischer 
Anzeiger, p. 135, col. de gauche, 1. 5 a partir du has. 


384 (2140) Pied droit colossal. 


Provenance inconnue ; porte dans 1'invenlaire sous la date 1909 qui est cello ou il a etc 
cnregislrc. 


Marbre blanc ; il reste la partie anterieure du pied qui etait rapportee par un fort tenon ; 
mortaise reclangulairc (0 m 015 X0* 03 X 0“ 035) ; joint piqud; hauteur, 0” 09 ; longueur, 
0 m 19. 


Il est nu, sans sandales; — bon travail. 


385 (1588) Pied gauche d une statuette. 


Saida ; Calaat el Foca; fouilles de Macridy bey A laforteresse de Sidon ; entre au musec 
en juillet 1905. 


Marbre blanc ; il ne reste que la partie anterieure du pied qui etait rapportee ; mortaise 
rectangulaire encore remplie de plomb sur la section posterieure ; longueur, 0 m 065 , 


Pied chausse d’une sandale ; — travail assez mou ; les ongles a peine 
indiques. 


386 (1121) Pied gauche d’une statuette. 

Constantinople ; Ahyr capou ; entrd au musee en juillet 1900. 


Porphyre rouge; gros orteil mutile; brise k la cheville; traces darrachements 
sur la face inferieure ; hauteur, 0" 07 ; du pied seul, 0” 05 ; longueur, o-15. 


de la plinthe 



X° 388 — if.TE d' ARTEMIS 


117 


387 (59) Tfite d’Athena. 

Cyrine ; temple d’Aphrodite ; fouilles de Smith et Porcher (1860-1861); la figure a passe 
par 1c musie britannique oil elle avait repu len° 60 ct la cote 11 -^27 ", elle est encore pla- 

cic sur le piidouchc porlant en anglais 1’indication de la provenance. M. Arthur E. Smith 
a bien voulu nous faire savoir 4 la suite de quels incidents s'etait produite cette cession : 
quand Ch. Newton se trouvait 4 Constantinople en avril 1869, il fut avis# par les autorites 
britanniques ct oltomanes que la Porte se plaignait de ce qu’il n’avait jamais it# envoy# 4 
Constantinople, malgr# les conventions stipulees dans le firman, aucun des duplicate trou- 
vis dans les fouilles de Smith et Porcher; Newton, 4 la suite d une entrevue avec le grand 
vezir Aali pacha, transmit ces observations au British Museum dont les trustees diciderent 
d’olTrir au gouvernement imperial un certain nombre de marbres de Cyrine et d'fiphisc 
et une petite collection de vases, de tcrres cuites et de lampes ; tous ces objets furent 
priscntes au music en juin 1870. 


Marbre blanc 4 grains scrres et peu cristallins ; pointe du nez ct bord anterieur de la 
visierc du casque mutilis ; irosions ligires surlementon, quelques bouclesde la chevelure, 
le bord du buste; manque le cimier du casque qui itait rapport# et fixe par un tenon metal- 
lique (petite mortaisc circulaire au vertex); la tite, travaillee 4 part, s'encastrait dans une 
statuette ; chevcux travaillis au trepan ; hauteur totale, 0“ 215; du visage, 0“ 085, 


La d6esse, dont la tete, couverte d’un casque corinthien, est legerement 
tournee a gauche, est coiffee de larges bandeaux divises en 
grosses meches par des sillons creuses au trepan ; ces ban¬ 
deaux, qui ne laissent voir des oreilles que les lobes, perces 
pour recevoir des pendants metalliques, se reunissent sur la 
nuque el y formaient une large tresse qui deseendait sur le 
dos; deux petites patles de cuir sont fixees et relevees sur les 
elites du casque. 

Travail insignifiant d’#poque romaine. 

S. Reinach, Cat., n° 32S ; — Joubin, Sculpt, gr. et rom., n° 23 ; — R. Murdoch 
Smith et E. A. Porcher, History of the recent discoveries at Cyrene (1860-1S6I), 180i, 
p. 103, n° 75. 



Photographic n“ 1790, 4 droite. 


388 (2281, peul-Stre identique au n° 161 de I'invenlaire ) TSte d Art6ffilS (?). 

Cvrine ; temple d’Apollon; fouilles de Smith et (Porcher (1860-1861); la figure a passe 
par le music britannique oil elle avait re?u le n° 131 et la cote 11 -j—y 27 ; elle est encore 

posie sur le piidouchc portant en anglais l'indication de la provenance ; entree au musie 
en juin 1870 (cf. ci-dessus, n" 387). 


Marbre blanc ; rovers frusle ; brisie 4 mi-hauteur du con ; eassure 4 la nuque ; nez, men- 
lon, nivud de chevcux mutilis ; emploi modiri du tripan dans la chevelure ; hauteur, 0“19. 



118 


N° 389 — TfcTE D’ATlUtNA 


Tete legerement inclinee a gauche sur le cou penche k droite ; les cheveux, 
partages en deux bandeaux ondul^s qui vont s’epaississant 
vers lesoreilles.sont maintenuspar une bandelette etnoues, 
sur le sommet de la tete, par un nueud large et bas; le nom 
d’Artemis qu’elle avait repu au musee brilannique lui con- 
viendrait bien ; c’est une ceuvre romaine tres ordinaire, 
d’apres un type qui doit remonter a la fin du iv siecle. 

S. Reinach, Cat., n° 329; — Joubin, Sculpt, gr. et rom., 
n o 17 ; _ R. Murdoch Smith et E. A. Porcher, History of the recent discoveries 
at Gyrene {1860-1861), 1864, p.dOO.n" 23. 

Photographic n° 1791, a gauche. 



389 (1536) T6te d’Athena. 


Cos; fouilles de M. Herzog ; le cou trouvi en 1902, la tete en 1901; entree au musee en 
septembre 1904. 

Marbre blane 4 grains semis et cristallins ; la t4te s’cncastrait dans une statuette ; lc 
sommet du cr4ne lui-meme avec le casque (sauf le couvre-nuque) etait sculpte dans une 
pi4ce rapportee qui manque (mortaise circulaire au milieu de la face de joint) ; la naissancc 
de l'epaule, 4 gauche, est brisiie; le nez, les levres, le menton, l’arcade sourcili4re gauche, 
les cheveux sur les tempes sont mutil4s ; le visage est rajuste sur le cou. 

Tres faibles traces de rouge brun sur les cheveux, devant l’oreille droite. 

Hauteur totale, 0” 24 ; du visage, 0 m 13. 


CeLte tete semble reproduire, mais dans un travail tres mou et denue de 



tout caractere, un type du v e siecle; les cheveux, non de- 
tailles, couvrent les tempes et descendent, sous le couvre- 
nuque du casque, en une petite nappe unie dont l’extre- 
mite etait sculptee sur la statuette meme. 

R. Herzog, Jahrbuch des archaeologischen Institute, XX, 
1905, archaeologischer Anzeiger, p. 10, col. de dr., 1. 7-9 a partir 
du bas. 


Photographic n" 1780, au milieu. 



N° 391 - TfcTES DE LA TRIPLE HfiCATE 


119 


390 (31 r, ; T6te d’H6cate (?). 

Collection Radowitz; entrie au musee en aout 1892. 

Marbre blanc 4 grains serres et cristallins; le travail est moins pousse au revcrs ; brisee 
4 la base du cou ; pointe du nez mutilce ; quelques ligferes Erosions sur les cheveux ; hau¬ 
teur totale, 0” 255; du visage. 0“ 135. 

Le visage d’un ovale un peu rond, est encadre d'un epais bourrelet de che- 
veux ondules d'une execution peu poussee, mais adroite ; 
mollement separes au milieu, ils couvrent le haul des 
oreilles et forment sur la nuque un petit chignon carre, 
d’ou descend sur le dos une tresse etroite ; ils sont, au som- 
met du crine, rapidement indiques par quelques sillons on¬ 
dules ; la tete porle un petit calathos bas, evase et de profil 
legerement convexe, taille dans le meme bloc qu’elle ; la 
designation en resle tres douteuse: Cybele parait exclue 
par le type virginal du visage et la disposition de la coiffure ; 
le nom d’Hecate que nous proposons n’est qu’une hypo- 
these. 

Travail assez soigne, mais froid et sans caractere, peut-etre encore d’epoque 
hellenislique. 

Joubin, Sculpt, gr. et rom., n° 35. 

Photographies n 01 853, 1791, au milieu. 

391 (II13) Tfites de la triple H6cate. 

Samothrace ; don du D r Fardys; entries au musee enjuin 1900. 

Marbre blanc 4 tr6s gros grains cristallins, pareil au thasien ; surface tres erodee; tous 
les profils mutiles ; hauteur, 0“ 115. 

Trois tetes de femme reunies sous un meme calathos cylin- 
drique ; les visages sont encadres d’un bourrelet uni de che- 
veux qui se continue jusque sur le cou en une tresse rigide 
commune aux deux tetes voisines ; —travail barbare. 

Photographic 1957, premiere 4 droite. 





120 


n° 393 


TfcTE DE CYBELE 


392 (2676) Tfites de la triple Hdcate. 


Provenance et date d'entrie inconnues. 


Marbre blanc ; l’une des tfttes a le nez inutile et est brisfte ft hauteur de la bouche, les 
deuxautres ft l’attache du cou et du visage; surface usee ; croute terreuse; 
hauteur, 0” 08. 

Trois tetes reunies sous un meme calathos evase ; les visages 
sont encadres d’un epais bourrelet de cheveux, mollement 
separe au dessus du front ; — travail rapide et mddiocre 
d'epoque romaine. 

Photographic n" 1969, rang superieur, deuxiftme ft gauche. 


393 (1049) T6te de Cyb&le. 


Priftne ; fouilles des musftes royaux de Berlin; campagne 1897-8 ; entrfte au musee en 
avril 1899. 


Marbre bleutft ft gros grains cristallins ; brisee irrdgulierement ft mi-hauteur du cou et 
au revers ; manquent le nez, la lftvre supftrieure, la boucle et l’oreille droites ; oreille 
gauche mutilfte; le pan rigide du voile brise ft gauche et ft 
droite. 

Traces de rouge brun sur les cheveux et le calathos; les 
yeux sont peints en rouge brun avec point central plus foncft. 
Hauteur totale, 0” 19 ; du visage seul, 0” 11. 


La deesse porte un petit calathos, au dessus du- 
quel s’arrondit un voile rigide sur lequel la tete se 
detache comme sur le fond d’un relief; deux 6pais 
bandeaux ondules, mollement separes au milieu, enca- 
drent le front et couvrent le haut des oreilles; une 
boucle descendait de chaque cote sur les 4paules ; le 
visage est d’un ovale qui s’amincit fortement vers le bas, les yeuxen amande, 
le menton un peu fort et osseux; — travail ordinaire d’epoque heltenistique. 

Cf. Winnefeld, dans Wiegand-Schrader, Priene, 1904, p. 373 , 

Photographie n* 1791, ft droite. 





N° 396 - PETITE TfcTE DE DfiESSE 


121 


394 (1147) Tfitede Cyb61e (?). 


Calymnos ; don de M. G. Michas ; entree au musAe en novembre 1900. 


Marbre blanc; cassurc A la partie gauche du calathos ; surface du visage indistinctc; hau¬ 
teur, 0” 085. 


Tete portant un calathos bas et encadree d’une abondante chevelure qui 
tombe en masse epaisse sur les cotes du cou. 


395 (132) TSte d’une ville personniftee. 


La provenance CyrAne, donnee hypothAtiqucment par M. S. Rcinach, affirmativement 
par M. Joubin et l’invenlaire, ne nous parait pas devoir ctre acceptAe sans reserves ; on 
peut se deinander si cette tete ne faisait pas partie d'un envoi d'Ismid, annonce au musAe 
en 1873 (DAthier, Journal manuscrit, f* 17, n“ 124; 8/21 septembre 1873) ct parmi lequel sc 
trouvait « une belle tAte tourrelee reprAscntant probablement la ville de NicomAdie » 
( ibid ., f" 29, n° 174; 2 mars/18 fevrier 1874). 


Marbre blanc a pel its grains cristallins ; brisAc a mi-hauteur du cou cl rctaillee A la 
cassurc ; nez, lAvre superieure, bord superieur de la couronne 
murale mutilAs ; Arosions sur les cheveux ; tout l’cpiderme du 
marbre use ; hauteur, 0“ 245 ; du visage seul, 0" 12. 

La tete, au visage allonge et inexpressif, est coilFAe de 
cheveux irrAgulieremenl boucles qui couvrent en partie 
les oreilles ; elle porte un diademe circulaire, bas et lisse, 
qui sert de base a une haute couronne murale ; — travail 
insigniflant d’^poque romaine. 

S. Reinach, Cal., n° 320; — Joubin, Sculpt, gr. ct rom., 
n° 30. 

Photographic n° 1997, A gauche. 


396 (531) Petite tfite de ddesse. 


Collection Rudowitz ; entrAe au musAe en aout 1892. 

Marbre pentAlique ; manque le dApart de la boucle gauche; lAgAres Arosions sur le nez et 
lc mcnlon ; hauteur, 0“ 05. 



Le visage, long et d’un ovale arrondi, estencadre de larges bandeaux ondu- 



122 


x° 397 


PETITE TfeTE DE DfiESSE 


les, separes au milieu, couvrant le haut des oreilles et maintenus par une 
baudelette qui fait le tour de la tete ; ils se reunissent sur la nuque eu une 
tresse large et epaisse qui descendait sur le dos 5 une boucle flotte de chaque 

cote sur l’epaule ; au sommet du 
crane, les cheveux sont indiques par 
des sillons ondules qui rayonnent de 
part et d’autre de la raie mediane. 

Cette charmante petite tete pre¬ 
sente une cerlaine analogie, surtout 
dans le profil, avec une tete du mu- 
see d’Athenes, trouvee a l’Heraion 
d’Argos ; c’est probablement une excellenle copie romaine (de l’epoque d’Au- 
guste ?) d’apres une grande statue du V siecle; le travail semble trop egale- 
ment pousse, trop minutieux pour qu'on y puisse voir un original d’une 
epoque ou les petites oeuvres, reliefs, statuettes (celles-ci d’ailleurs tres rares) 
ont presque toujours, en certaines de leurs parties, quelque chose de volon- 
lairement inacheve ou sacrifie ; de petits details de technique decelent aussi 
la copie : la ligne de la paupiere superieure accusee par un trait, incise avec 
une extreme delicatesse et prolong^ jusque sur la tempe, la commissure des 
levres par un tres petit trou creuse avec une pointe tres fine. 

Photographies n°* 1783, deuxiime a gauche (face), 1779, au milieu (profil A droite). 



397 (1000) Petite tete de ddesse. 


Tripoli de Barbarie ; entree au mus£e en janvier 1899. 


Marbrc blanc i grains serres et cristallins ; revers tr£s sommairemcnt travailld ; brisee 4 
la base du cou ; ) manquent les boucles flottantes ; erosions sur la 
st^phane ; hauteur, 0" 075. 


Elle est de face et coiffee d’une haute stephane ; deux epais 
bandeaux couvrent les oreilles ; deux boucles detachees flot- 
taient le long du cou ; — travail tres mediocre ; insignifianl. 



Photographic n° 1969, rang inferieur, deuxiAme 4 gauche. 



N° 400 — t£te de femme 


123 


398 (1195) T6te de ddesse. 


Azizid, sandjac d’Afioum Cara Hissar ; entree au musee en mars 1902. 

Marbre blanc ; revcrs trds sommnirement travaille ; hauteur, 0” 08. 

f La tete, tres grossiere et coiflee de bandeaux sommai- 
rement travailles, porte une haute couronne de feuillage (?) 
dont la tranche superieure est creusee de quatre petites 
mortaises destinees sans doute a recevoir des ornements 
metalliques ; — insignifiant. 

Photographic n° 1909. rang inferieur, deuxidme 4 droite. 


399 Ml 48) Petite tete de femme. 


Cos; fouilles de M. Herzog ; cntrdc au musde en novcmbrc 1900. 


Marbre blanc ; brisdc 4 1’aUachc du visage et du cou; sommet et rcvers du crine muti- 
16s (traces d’unc morlaise 4 la cassure du sommcl); drosions sur le nez 
et le menlon ; hauteur, 0 m 06 j. 

Tete encadree d’epais bandeaux, sommairement trnites, 
qui se reunissent sur la nuque et tombent en nappe sur le 
dos; — travail tres mediocre d’epoque romaine. 


Photographie n” 1970, rang inferieur, premiere 4 gauche. 


400 (996) T6te de femme. 

Pri6ne ; fouilles des mus6es royaux de Berlin ; campagne 1894-0; 
enlrde au musee en janvier 1899. 

Marbre bleute 4 gros grains cristallins; revers tr6s sommairement 
travaillO : erosions au rovers du crane ; dpaisses concretions cal- 
caires sur le cold droit; surface usee ; hauteur, 0" 09. 

La tete, de formes rondes, est inclinee vers l'epaule 
gauche cl coiffee de bandeaux ondules, maintenus par une bandelette ; — 
travail ordinaire d’epoque hellcuistique. 




Photographie n* 1970, rang supdrieur, 4 droite. 



124 


N° 503 - PETITE TfcTE DE FEMME 


401 (1151) Petite tfite de femme (?). 

Indjirli, lie de Nisyros ; entree au musde en novembre 1900. 

Marbre blanc; sculptee dans un fragment de marbre irregulier ; traits du visage indis- 
tincts ; hauteur, 0 m 01. 

Inclinee vers l’epaule droite; bandeaux ondules; — insignifiant. 


402 (1194) Tete de femme. 


Sarepta, entre Tyr et Saida; entree au musee en 1878. 

Calcaire ; traces d’arr&chements au revers ; brisee k mi-hauteur du 
cou ; erosions profondes sur tout le visage et les cheveux; hauteur, 
0 ” 10 . 

Cette petite tete, qui semble porter une couronne ou un 
diademe, est trop mutilee pour qu’on en puisse juger; le 
travail en parait mediocre; elle provient sans doute d’unrelief 
ou d’un sarcophage. 

Photographie n" 1783, premiere k droite. 



403 (526) Petite tdte de femme. 


Collection Radowitz; entrie au mus^e en aout 1892. 

Marbre blanc k petils grains cristallins; nez et chignon mutiles; epiderme du visage lus- 
tr<5 ; hauteur, 0 m 06. 


Petite tete, 



coiffee de bandeaux regulieremenl ondules qui couvrent les 
oreilles et forment sur la nuque un chignon carre ; les che¬ 
veux, au sommet du crane, sont soigneusement detailles par 
des sillons ondules ; les yeux sont legerement incises ; — tra¬ 
vail mediocre, mais assez soigne, du n c siecle ap. J.-C. 


Photographie n° 1969, rang inKrieur, premiere k droite. 



n" 406 — i f:n: de femme 


12.‘i 


404 (1534) TSte de femme. 


Cos ; fouilles de M. Herzog; entree au musee en 1904. 

Marbre blanc 4 grains serres et peu cristallins ; brisde 4 la base du cou: manque le nez ; 
Erosions profondes sur le front, la joue et l’oeil droits, le menton, le sommet du crane ; hau¬ 
teur, 0” 14. 

Elle est de face; le visage est d’un ovale un peu gros, les joues larges, Ies 
yeux mollemenl dessines ; les cheveux, disposes en ban¬ 
deaux sur le front triangulaire, s’enroulent sur les cotes 
autour d’une bandelette invisible, forment sur la nuque un 
chignon aplati et descendent sur le dos en une large 
nappe ; sur le sommet du crane, ils sont detailles par des 
sillons ondules ; une boucle se detachait derriere chaque 
oreille et flottail surl’epaule; — travail ordinaire d’epoque 
hellenistique ; le type du visage derive d’un type du 
iv° siecle ; la disposition de la chevelure temoigne de remi¬ 
niscences du v e . 

Photographic n° 1783, deuxi6me4 droile. 



405 (997) Petite tfite de femme. 


Priene; fouilles des musees royaux de Berlin ; campagne 1895-6; entree au musee enjan- 
vicr 1899. 

Marbre blanc; brisec 4 mi-hauteur du cou; Erosions au revers du cr4ne; concretions 
tcrreuscs sur le cold droit de la ItHe ; hauteur, 0“ 06. 


Les cheveux, disposes sur le front en bandeaux ondules, qui vont s'epais- 
sissant vers les oreilles, sont pris dans un cecryphale qui se noue sur le devant 
de la tete ; — travail rapide, mais assez fin, d’epoque hellenistique. 


406 (994) T6te de femme. 


Priene ; fouilles des musees royaux de Berlin: campagne 1895-6; entree au musee en jan- 
vicr 1899. 


Marbre blanc; le travail semble moins poussu sur la joue gauche; manque tout le cote 
gauche du cr4nc; nez. lAvres, menton, parlic droile du front, bord du manteau, revers du 
crAne mutilAs; surface noircie; hauteur, O” 105. 



,N° 408 - TETE DE FEMME AL' CECRYPHALE 


l^G 

Tele de jeune femme; elle est faile pour elre vue de Irois quarts a droite et 
provient tres probablement d’un haut relief ; le manleau 
releve laisse voir les cheveux qui, maintenuspar una ban- 
delelte, formaient sur le front deux bandeaux ondules qui 
vont s’epaississanl sur les oreilles, sont noues par un 
roban sur la nuque et flottaient librement sur le dos; une 
longue et fine meche frise sur la joue droite ; —assez bon 
style d’epoque hellenistique. 

Photographie n" 1960, premiere a gauche. 


407 (717) Petite tete de femme. 

Melhymna, ile de Lesbos ; fouilles de Fahry bey ; entree au musec le 21 avril 1890. 

Marbrc blanc; brisee 4 la base du cou; nez niutile ; erosions sur le cote gauche du crane; 
les cheveux tres sommairement travailles ; hauteur, 0 m 10. 

Le visage, de formes pleines, est encadre d’un epais 
bandeau de cheveux qui couvre les oreilles; travail rapide 
hellenistique. 

Sur la collection de Fahry bey, gouverneur de Lesbos, ac- 
quise en 1890 par le musee imperial, cf. Th. Reinach, Revue 
(les dtucles grecques, III, 1890, p. 322 ; — S. Reinach, Revue 
archiologique, 1892, I, p. 149 ; Chroniques d'Orient, II, p. 85; — 
Athenische Mittheilungen, XV, 1890, p. 353. 

Photographie n” 1790, au milieu. 


408 (317) Tete de femme au ceeryphale (Aphrodite?). 

Athenes; collection Radowitz; entree au mus6een aout 1892. 

Marbre blanc; brisee a l’attache du visage et du cou; erosions surle nez, le menlon, le 
cole gauche du cou, le sommet du chignon; hauteur, 0 m 125. 




Le visage est d’un ovale Ires pur; un regard humide et doux tombe des 
yeux longs et etroits ; les levres sont un peu lourdes et sensuelles ; deux ban- 



N° 409 - TKTE DE FEMME AE < EOUPIIAEE 


127 


deaux, mollement ondules, encadrent le front Iriangulaire; les cheveux, sur la 
nuque, sont pris et soutenusparun cecryphale qui, nouesurle devanlde la tele. 


laisse voir, au som- 
met, la massede lache- 
velure parlagee par 
une raie etmaintenue 
par une bandelette. 

Tres joli travail 
grec, de style praxi- 
telien ; iv siecle. 





Joubin, Sculpt. gr. et rom., n° 61 ; — A. Micbaelis, Fuehrer (lurch das archaeolo- 
gische Museum der Kaiser-Wilhelms-Universitael Slrassburg, 2° ed., 1897, n°799 ; — 
J. Sicveking, Kurze Beschreibung de s kgl. Museums fuer Abguesse klassischer Bild- 
wcrkein Muenchen, 5 e ed., 1909, n° 1333. 

Photographies n' ‘ 1968 (face), 1681 trois quarts 4 droite , 16 s i bis prolil a gauche . 


409 (1093) TOte de femme au cecryphale. 

Achat; provenance indiquee par le marchand, Sinope; entrde au muscc le lojanvier 1900. 

Marbre blanc ft grains semis et cristallins ; nez et protil niutiles; erosions superficiellcs; 
hauteur, 0"' 12. 


Le visage est de formes pleines ; l’ceil, profondemenl enfonce sous 1’arcade 
sourciliere, a une expression grave et fixe; une sorle de 



coifie, noude sur le devant de la lete, en couvre le sommet, 
degage la nuque et le chignon et Iaisse voir les bandeaux 
qui ondulent sur le front et le haut des oreilles ; une petite 
meche en accroche-coeur frise sur les joues. 

Le travail est joli et peut dater encore du iv siecle ; celte 
petite tele est a rapprocher du n° precedent, mais elle releve 
de Tart de Scopas et du Mausolee plutot que de celui de 


Praxitele. 


Photographic n° 1781, A gauche. 



128 


N° HO - TETE DE JEUNE FILLE 


410 (53) Tete de jeune fille. 


Ephese : fouilles de Wood ; la figure a passe par le musee britannique cl porle encore, 
au dessous de 1'oreille droite, la cole, 5 demi eflac^e, qu’elle y avait re?ue; clle doit faire 
parlie des marbres retroc<id6s au musee imperial dans les conditions rappelees plus haut, 
n° 387, p. 117, et, par suite, y etre entree en juin 1870. 


Marbre blanc, a grains serres et peu cristallins ; brisee a mi-hauteur du cou ; nez mutile; 
Erosions sur la Ievre inferieure et en diflerents endroits de la chevelure; celle-ci est dis- 
cretement travaillee au trepan ; hauteur, 0"’ 215. 


Elle est legerement inclinee a gauche sur le cou penche a droite ; le visage 
est petit, d’un joli ovale arrondi, avec des traits fins et une expression de dou¬ 
ceur virginale, legerement melancolique, qui serait char- 
mante si elle n’etail un peu gatee par le regard fixe et vide 
des yeux incises ; les cheveux, d’un travail tres libre et tres 
beau, s’appliquent de pres au crane ; partages par une 
raie, doucement ondules, maintenus par un large ruban, ils 
descendent sur le front, formant deux bandeaux qui s’e- 
paississent sur les oreilles dont ils ne laissent voir que le 
lobe, sont reunis sur la nuque par une etroite bandelette et 
tombaient en tresse sur le dos ; une petite meche s’avance 
sur la tempe, relevee a gauche en accroche-cu?ur ; — bon travail romain, 
probablement du n e siecle et d’apres un type du iv e siecle ou des debuts de 
l’epoque hellenistique. 

C’est presque certainement cette tete qu’Eugene-Melchior de Vogue a decrite 
dans une page amusante de « litterature archeologique », citee par M. S. Rei- 
nach (Teles antiques , p. 124 et note 1), mais rapportee par ce savant a notre 
n° 610; les expressions employees par Vogue : « melancolie... Ievre sensuelle, 
ironique un peu... oeil vague... nuage de tristesse... tete penchee a demi tour¬ 
nee... etc. » conviennent directement a celle-ci et en aucune maniere a l’autre; 
M. Reinach a d’ailleurs identifie a tort ce n° 610 avec le n° 324 de son Cata¬ 
logue — qui est en realite la tete decrite ici (les dimensions concordent) —; 
notre n° 610 correspond a son n° 333. 



S. Reinach, Cat., n° 324; —Joubin, Sculpt, cjr. etrom., n° 15; — E.-W. de Vogue, 
Syrie, Palestine, mont Athos, 1875, p. 9. 


Photographies n°‘ 163 et 161. 



N° 412 - TflTE DE FEMME 


129 


411 (128) T6te de jeune femme. 

flphisc ; cctte provenance, donnee par l’inventaire et par M. Joubin, qui ajoute « fouilles 
de Wood ■<, est ignoree de M. S. Reinach et ne pent etre consid4ree comme certaine : la 
dale d'enlree au musee cst inconnue. 

Marbre blanc ; brisec 4 mi-hauteur du cou et relaillee ; manquent le sommet de la tele, 
qui 4tait rapporte sans tenon, et les extremites de la bandelette sur la nuque ; l epiderrne 
du marbre I4g4remcnt erod4; le lobe des oreilles, mutile, laisse encore voir un petit trou 
creuse pour les pendants metalliques ; hauteur, 0" 17. 


\.a lete, d’un ovale tres (in, est coifTee de cheveux qui semblent avoir ete 



ramenes et noues vers le sommet du crane; ils sont 
ceints d’une bandelette qu’ils recouvrent sur les cotes 
et qui reparait sur la nuque ou les extremites en sont 
unies par un simple nmud ; les traits sont menus et 
d’un dessin un peu mou ; le travail est rapide, mais 
parait de bon style et influence, surlout dans le dessin 
des yeux, longs et voiles, par les types praxiteliens ; 
— travail hellenislique. 


S. Reinach, Cat., n° 328 ; — Joubin, Sculpt, gr. cl rum., n° 63. 
Photographic n 1 ' 1790, 4 gauche. 


412 (1535) T6te de femme. 

Cos ; fouilles de M. Herzog; entree au musee en seplembrc 1904. 

Marbre blanc 4 gros grains cristallins; brisee 4 la base du cou ; manquent le revers du 
crftne, qui dtait rapporte sans tenon, et le nez; erosions sur les 
14vres et toute la partie gauche de la tote ; la moilie droite 
de la chevelure mutiliie ; une mortaise (pour imc pi4ce rappor- 
t4e ?) est ereusde non loin de la raie, sur le bandeau droit ; 
hauteur, 0" 23. 

Legerement inclinee a droite, cette tete, d’un ovale 
assez elegant, est coillee de bandeaux ondules, main- 
lenus par une bandelette et couvrant le haul des 
oreilles ; les yeux sont petits et elroils, les levres en- 
tr’ouvertes; — insignifiant. 

R. Herzog, Jahrbuch <lcs archaeologischcn Instituls, XVIII, 1903, archaeologischer 
Anzeiger, p. 196, col. de droite, ligne 1 (?). 

Photographie n* 1997, au milieu. 





130 


N° 414 — PETITE TETE D’ASCLtfPIOS 


413 (1439) TSte d’Ascldpios. 


Saida ; Bostan ech Cheich ; fouilles de Th. Macridy bey ; campagne 1901 (trouvcc le 20 
juin); entree au musee en 1904. 


Marbre blanc k grains serres et peu cristallins; il ne reste, en deux fragments, que le 
visage moins la partie gauche du front, le nez brise, la barbe profonde- 
ment crodie; hauteur, 0” 225. 

Tete barbue ; les yeux, petils, mais profondement enfonces 
sous l’arcade sourciliere, out une expression grave et pensive ; 
— imitation d’un type du iv e siecle. 

Th. Macridy bey, Revue biblique, XI, 1902, p. 809; XII, 1903, p. 76, 
n° 25 ; pi. X, 23 ; tirage k part, Le temple d’Echmoun & Sidon, p. 28 et 41, n° 25; 
pi. X, 25. 

Photographie n” 1778, k gauche. 



414 (1533) Petite t£te d’Ascl6pios. 


Cos ; fouilles de M. Herzog; entree au musee en septembrc 1904. 


Marbre blanc; revers sommaircment travails; manque le nez ; erosions sur le front et 
les moustaches ; emploi discrct du trdpan dans la barbe ; hauteur, 0" 125. 


Le dieu a une barbe bien fournie, des moustaches tombantes et une abon- 
dante chevelure qui se releve au dessus du front et des¬ 
cend sur le cou et la nuque, simplement massee au som- 
met et au revers du crane ; elle est maintenue par une 
bandelette indiquee par une legere depression creusee dans 
le marbre , 1 ceil droit est place sensiblement plus haul que 
le gauche, tous deux incises ; l’expression est vide et sans 
caractere ; — travail mediocre et insignifiant d’epoque ro- 
maine, d’apres un type du iv e siecle. 

R. Herzog, Jahrbuchdes archaeologischen Instituts, XVIII, 1903, archaeoloqischer 
Anzeiger, p. 196, col. de droite, 1. 1 (?). 



Photographie n» 1967, k droite. 



K® U6 - TETE DE SERAP1S 


13t 


415 TSte d’H6racl6s. 


Colleclion Radovvilz ; entree au musee en aout 1892. 

Marbrc blanc ; manque un fragment de la partic gauche du crane qui etait rapporle sans 
tenon ; les cheveux sommairement travaillAs au somniet ct au revers 
du crane ; surface usee et noircie"; hauteur, 0“ 165. 

Le dieu, aux cheveux courts, porte une barbe abondanle, 
mollement partagee sous le menton ; le crane est rond, le 
profil droit, le type attique ; — le travail est assez bon et 
semble encore du iv B siecle. 

Joubin, Sculpt, ijr. el rom., n° 65. 

I’hotographie n° 1781, 4 droite. 



416 (1226) TSte de Sdrapis. 


Aidin ; fouilles d’Edhem bey ; campagne d’automne 1902; entree au musee en septembre 
de la mime ann£e. 

Marbrc blanc 4 grains serres et peu cristallins ; brisee A mi-hauteur du cou ; manque le 
calathos qui etait rapporti et 6x6 par un tenon de marbrc encore en place dans la mortaise ; 
ccllc-ci, creusAe au sommet du crAne, est bordec d’un petit bourrelet de marbre surlcquel 
reposait le calathos ; nezmutilei; quelques erosions sur les cheveux ; l'extremitede quelques 
boucles brisce ; traces dc brulures sur le coti droit de la tete; Ic trepan a etc employe 
pour crcuser les « yeux » dc la barbe et ceux des boucles dc cheveux. 

Les yeux (itaient peints. 

Hauteur, 0” 15. 


Le visage, large el calme, a une belle expression de gravite majestueuse ; la 
barbe est assez courte, mais bien foumie et partagee, 
sous le menton, en deux masses egales; les cheveux, 
sur lesquels etait pos£ le calathos, sont plaques sur le 
crane, descendent sur le front en six meches nette- 
ment separees l’une del’autre, et tombent autour de la 
tete en boucles longues et epaisses, tordues en spirale; 
— sur le type, cf. YV. Amelung, Revue archeolo- 
gique, 1903, II, p. 1"7 sq. 

Travail soign6, mais un peu mou, sans doute du 
n* siecle ap. J.-C. 




132 


N° 418 - TKTE DE DIONYSOS 


S. Reinach, Comptes rendus de I'Acaddmie des inscriptions, 1903, p. 79; Gazette 
des beaux-arts, 1906, I, p. 333-334;— M. Collignon, Monuments Plot, X, 1903, p. 6 ; 
— Edhem bey, Revue arcMologique, 1904, II, p. 359, 5°; pi. XIII, 4 ; Bulletin de cor¬ 
respondence helUnique, XXVIII, 1904, p. 70-71, pi. V; — American journal of 
archaeology, IX, 1905, p. 105. 

Photographie n* 100. 


417 (1422, peut-etre identique au n" l ">9 de I'invenlaire'j P6tite tfite de ZeUS. 


Ourfa (?); date d’entree inconnue. 

Marbre blanc 4 grains serrds et cristallins; revers trfes soramairement travaille ;brisec ala 
base du cou ; erosions sur le nez, la barbe, les cheveux, la couronne ; traces d’un large 
tenon sur le cot<5 gauche du crane ; barbe, cheveux et guirlande travailles au trepan; 
hauteur, 0" 135 ; du visage, 0" 06. 


Le 


visage, 


d’un relief assez tourmente, avec le front fortement bombe, les 
levres entr’ouvertes, est encadre d'une barbe touffue et d’une 
abondante chevelure de petites meches irregulierement re- 
courbees qui descendent sur le cou ; une haute et epaisse 
guirlande de feuilles de ehene est posee sur la tete et nouee 
au revers par deux bandelettes qui flottent sur la nuque ; — 
travail romain mediocre. 


S. Reinach, Cat., n° 370 ('?). 
Photographie n° 1960, deuxiime 4 droite. 



418 (1196) T6te de Dionysos. 


Azizie, sandjac d’Afioum Cara Hissar; entree au musee en mars 3902. 


Marbre blanc a grains serres el cristallins ; revers tres sommairement travaille; cassure 
au sommet du crane ; nez, levres, menton, couronne mutiles ; quelques cavitds circulaires 
creusees au trepan dans la couronne ; hauteur, O'" 10. 



Le dieu imberbe est couronnS d’une 6 norme guirlande 
de pampres, de grappes de raisins, de feuilles et de baies 
de lierre; les cheveux forment sur la nuque un chignon 
plat; deux boucles epaisses tombaient sur les epaules ; 
les yeux sont incises; — travail tres mediocre d’epoque 
romaine. 


Photographie n* 1960, premiere 4 droite. 



N° 420 - TftTE DE JEt'NE SATVRE 


133 


419 (1051) Masque de Dionysos. 


Pri4ne ; fouillesdcs mus4es royaux de Berlin ; campagne 1897-8; entre au musee en 1899. 

Marbre bleutc ; revers plat et frusle ; tranches laterales dressees ; manque la partie infc- 
rieure du visage, brisie par une cassure oblique ; drosions sur le nez; stephane mutilee: 
deux trous de suspension creusds l'un 4 cote de l'autre, au milieu du bord inferieur de la 
stdphand ; hauteur, 0" 205; largeur maxima, 0“175. 


Le dieu barbu porte une stephane de forme presque rectangulaire; les cheveux, 
disposes sur le front en bandeaux ondules, sdpares par une raie, sont presque 
entierement recouverts par une epaisse guirlande de 
feuilles et de baies de lierre dont la tige passe horizon- 
talemenl sur le sinus frontal ; les oreilles, de face, se 
ddtachent sur une bandelette rigide qui descend de 
chaque cote du visage; au dessous de celle de gauche, 
une feuille de vigne (pendant d'oreille?) est sculptee en 
faible relief. 

Cette Ires mediocre plaquette, destinee a etre accro- 
ch4e au mur, reproduit un type qui a frequemment ete employe par les coro- 
plastes hellenistiques pour des masques de decoration interieure ; un exem- 
plaire en terre cuite, de style excellent, a ete trouv£ a Priene mcme f Priene , 
p. 343, fig. 400 ; Cal. des figurines grecques de terre cuile du musee imperial 
ottoman , n° 2247, pi. VI, 5). 

Photographic n* 1788, 4 droite. 



420 (157) T6te de jeune satyre (?). 


Provenance inconnuc d’apris M. Joubin ; jfiphise, d'apr&s M. S. Rcinach et l'inventaire ; 
la date d’entrOc est inconnue. 

Marbre blanc 4 gros grains cristallins; le travail est moins pousse au revers ; la lete, 
travnillee 4 part, 4tait fixee dans lastaluelte par un tenon aujourd'hui mutil4; sourcils, nez, 
li>vre inferieure, menton, joue droite, cornes et cheveux Erodes ; lesions profondes sur le 
cote droit du cr4nc, superficielles sur le cote gauche ; surface jaunie; le trepan a 414 employe 
discri-tement dans la chevelure ; hauteur totalc, 0“ 21 ; de la tete seule, 0“ 12. 


II est imberbe, porte des cheveux courts sur le devant, plus longs sur la 
nuque oh ils semblent maintenus par une bandelette indiquee par une 16gere 
depression; deux cornes de belier qui s'attachent au dessus des tempes, se 
recourbent sur les c6tes du erfine ; les oreilles ne sont pas visibles; le visage 



134 


N° 422 — T#TE DE JEUNE HOMME 


est ovale, un peu osseux ; le caractere salyrique, tres attenue, s’y reconnait 
cependant a la forme busquAe du nez, aux levres un peu 
fortes, a la saillie des parties basses du visage; les yeux, 
non incises et d’un dessin Ires mou, ont une expression 
douce et meme legerementmelancolique ; la designation de 
la figure resle douteuse ; M. Reinach y reconnaissait un 
Bacchus jeune et M. Joubin un ephebe en Ammon; — 
travail rapide, peut-etre encore hellenislique. 

S. Reinach, Cat ., n° 345 ; — Joubin, Sculpt, gr. el rom., n° 3. 
Photographic n° 1780, A gauche. 


421 (1430) T6te de jeune satyre. 

Idni keui, Capou dagli (Cyzique) ; dccouverte cn 1893 et signalAe au rnusee par M. Hen¬ 
derson en 1903 ; enlrAe au mois de novembre de la meme annAe. 

Marbre blanc ; brisee A mi-hauteur du cou ; nez mutilc; erosions sur les joues, les levres, 
lc menton ; la petite mortaise creusee au milieu de la cassure est moderne ; glande lacry- 
male, narines, fossette entre lc nez et les lAvrcs, coins de la bouche, cavitA des oreilles creu- 
sAs au IrApan ; hauteur, 0 m 125. 

Tele de jeune satyre imberbe, aux cheveux courts et sommairement traites ; 
le \ isage est large et carre, les levres souriantes, les oreilles longues et poin- 
tues;— mediocre travail romain. 

422 (581) T6te de jeune homme. 

Collection Radowitz ; entrAe au musAe en aout 1892. 

Marbre blanc 4 grains serres et cristallins; manque la moitie 
postAneure du crAne ; hauteur, 0" 225. 

Tete de jeune homme imberbe ; les cheveux, partages 
en meches courtes et irregulieres, se dressent autour du 
front; insignifiant; l’authenticite elle-meme n’est pas 
au dessus de tout soup^on. 




Photographie n« 1997, A droite. 



X° t2.'i - TfeTE D’fiPHfcBE 


135 


423 (1538) Fragment d’une tftte d’homme. 

Cos; fouilles de M. Herzog : entrc au musee en septembre 1901. 

Marbrc blanc; il ne reste que le masque du visage, complet a droile sauf l’oreille, brise a 
gauche par une cassurc verticale qui passe en de?A de Tangle externe 
de Toeil et au milieu de la joue ; nez mutile ; surface Iris erodde ; le 
coin des ldvres crcuse au trepan ; hauteur, 0” 225. 

Tele de jeune athlete ou de h6ros imberbe; les cheveux 
courts se relevent au dessus du front; — fragment insigni- 
fiant, d’apres un type du iv e siecle. 

Photographic n" 1964, k droite. 


424 (1240) Tfite d'homme. 

Sd'id Ghazi, prds Eski Chdhir ; trouvde en creusant un puits ; entrde au musee en 1903. 

Marbre blanc k grains serrds et cristallins; la partie posterieure est fruste et ldgdrement 
convexe; il est vraisemblable que le revers du cr&ne dlait taille dans 
lc mdme bloc que le corps sur lequel s'encastrait la tdte (sans tenon) ; 
les cheveux sont drodds au dessous de Torcille gauche et brisds au 
dessus du front; cassure au bord du cou; hauteur, 0“ 115. 

La tele, inclinde vers l’epaule gauche, est imberbe et en- 
cadrde d’une abondante chevelure de meches courtes et 
irr6gulieres; elle semble une imitation tres mddiocre d’un 
type apparent^ aux Alexandres idealises et pathdtiques. 

Photographies n°* 1783, au milieu, 1970, rang infdrieur, au milieu. 


425 (1087) T6te d’dphSbe. 

Envoi de la douane de Beyrouth; trouvde, dit-on, k Rhodes, par un 
certain Ibrahim bey d’figypte ; entrde au musee en 1899. 

Marbre blanc i gros grains cristallins; brisce k la base du cou ; 
manque la partie postdrieure de latdte; nez, ldvres et menton mu- 
tilds; surface usde; croute deciment; hauteur, 0“115. 

Tele legerement tourn6e k droite d’un ephebe aux cheveux 
courts; — travail rapide, mais de bon style d’epoque hell6- 
nistique. 

Photographic iv’ 1783, premidre k gauche. 






136 


N° 428 — PORTRAIT D’HOMME 


426 (1183) T6te d’homme. 


Tripoli de Barbarie; don de Hussein bey j entree au musee en novembre 1901. 


Marbre blanc; la tete, travaillee a part, s’encastrait dans une statuette; le revers est 
plat et fruste, mais ne presente pas de traces d’arrachements ; il semble qu’il devait etre 
caclnl dans la concavite d'un manteau releve sur la tete; cette hypothese semble confirmee 
par l’aspect fruste de la partie postericure du cou et par la presence de 
deux tenons, Tun conserve au sommet du crane, l’autre dont il ne reste que 
la mortaise, creusee sur le devanldu crOne; nez legerement mutile ; ero¬ 
sions sur la poitrine & gauche; hauteur totale, 0" 18; de la tdte seule, 0“ 12. 

Tete d’homme imberbe (ou d’ephebe ?),aux cheveux courts et 
releves sur le front; Ies yeux etaient peints ; l’oeil droit est plus 
grand que le gauche ; — travail grossier d’epoque romaine. 

Photographic n° 1957, au milieu. 



427 (2103) T6te d’homme. 


Confisquec en douane de Galata; entire au musde en 1909. 

Marbre blanc ; le travail est moms pousse au revers; bris^e au sommet du cou ; nez 
mutil£ ; ipiderme lustri; barbe et cheveux travailles au trepan ; hauteur, 0” 105. 


Portrait d un caractere individuel tres accuse; la tete et le regard sontlege- 
rement tournds a gauche; le visage est large, le nez 
semble busque; laprunelle et le cercle du cristallin sont 
incises ; la barbe est courte et bouclee; les cheveux 
longs, plaques sur la calotte du crane, tombent sur le 
cou et descendent d’une tempe a l’autre, sur le front, en 
petites meches tortillees, d’un travail monotone et de- 
sagreable ; — la tete presente, non pas une ressem- 
blance, mais une certaine analogic de style avec le type de Lucius Verus ou 
de Septime Severe ; n e -in e siecle. 



Photographie n« I960, deuxieme a gauche. 


428 (2673) Portrait d’homme. 

Milas ; entre au musde en 1892; ces renseignements sont empruntes 4 M. Joubin, dont 
nous ignorons la source,n ayant pas retrouv4 ce marbre dans l’inventaire oil il a reports 
recemment sous le n° ci-dessus. r 



N° 430 


TfeTE D’ENFANT 


137 


Marbre blanc; le travail eat moins poussA au revers ; pointe du nez brisee; erosions 
sur la barbc; Apiderme du visage lustre ; emploi moddre du trepan; hauteur, 0” 16. 


C'est lc portrait d’un homme d’age moyen ; le front est traverse de quelques 
rides; les moustaches, la barbe frisee sont courtes; les 
cheveux, courts aussi, recouvrent le crane d'une masse 
fournie de petites meches drues et irregulieres; les sourcils 
sont indiques par incisions; la prunelle et le cercle du 
cristallin sont creuses; le caractere individuel est tres ac¬ 
cuse et parait fidelemenl rendu; — travail soigne, de 
l'epoque des Antonins ou des Severes. 

Joubin, Sc.ulpt. gr. el rom., n° 88. 

Photographic n° 1780, 4 droite. 


429 (1160) Petite tete d’homme (?). 

Provenance et date d’enlree inconnues, 

Marbre blanc ; erosions superficielles; hauteur, 0" 015. 


Tete imberbe de travail sommaire et grossier. 


430 (518) T6te d’enfant. 


Collection Radowitz ; cntrAc au musAe en aout 1892. 

Marbre blanc ; nez et lAvres mutilAs ; cassure au revers du crAne; erosions sur les che¬ 
veux ; les bords de la poitrine mutilAs; la tele, travaillAe a part, s’encastrait surunc sla- 
luetlc ; tenon dc fer, encore cn place, sur le vertex du crAne, trAs probablement destine A 
fixer la tresse cenlrale qui Atait rapportee: la place qu'elle recouvrait 
sur le haut du crAne est restAe lisse; peut-Atrela profonde Araflure qu’on 
observe sur le devant du crAne correspond-elle A une ancienne mor- 
laisc ; hauteur totale, 0” 18 ; de la tete, 0 m 125. 

Tete d'enfant joufllue et doucement souriante; les differences 
qu’elle presente dans le dessin des yeux et la 16gere asymA- 
trie des deux parlies du visage s’expliquent par le fait qu'elle 
devait elre legerenient inclinee a droite et regarder a gauche, 
la partie droite de la tete n’etant vue qu’en raccourci; les che¬ 
veux d'une execution rapide, mais assez souple, sont coupAs courts sur le 





138 


N° 432 — t£te d’enfant 


devant, couvrent lanuque, et etaient nattes sur le milieu du crane ; les yeux 
ne sont pas incises; — assez bon travail d’epoque hellenistique. 


Joubin, Sculpt, gr. et rom., n° 39, 


Photographies n os 1957, a gauche, 1788, au milieu. 


431 (995) T6te d’enfant. 


Priine; fouilles des musses royaux de Berlin ; campagne 1895-6; entree au mus6e en jan- 
vier 1899. 


Marbre blanc legercment bleule ; brisee 4 la base du cou ; manquent la partie sup^rieure 
du crane qui etait peut-etre rapportee, et le nez; cheveux Erodes ; toute la partie droite 
du crAne recouverte de concretions calcaires; emploi modiire du 
trepan dans lachevelure; hauteur, 0" 10. 


Le visage, de formes pleines, est incline vers l’epaule 
gauche et encadre d’une abondante chevelure de grosses 
boucles qui se relevent au dessus du front et tombent sur 
la nuque et le cou ; les yeux, mollement dessines, semblent 
a demi clos et donnent a l’expression un air reveur 
qu accuse encore le pli melancolique des levres; — travail rapide, mais de 
bon style hellenistique. 



Photographic n“ 1970, rang superieur, premiere ;1 gauche. 


432 (415) T6te d'enfant. 


Melhymna, ilc de Lesbos; « envoi de D. Battazzi bey d’apris M. Joubin ; cette tfite 
ne proviendrait-elle pas de la collection Fahry bey ? cf. plus haut, n° 407, p. 126. 

Marbre blanc a gros grains cristallins; brisee a mi-hauteur du cou ; nez mutile ; Erosions 
legeres en dilrerents endroits du visage; surface Ires usee ; hauteur, 0 m 115. 

lete souriante, aux cheveux courts ; le travail est tres rapide, les cheveux 
simplement masses, les oreilles a peine modelees, mais le style est bon et pro- 
bablement hellenistique. 


Joubin, Sculpt, gr. et rom., n° 40. 



N° 43”) - TfcTE fl’ENFANT 


139 


433 (1586) T6te d’enfant. 

Saida; Calaat el Foca ; fouilles de Th. Macridy bey k la forleresse de Sidon: entree au 
musee en juillet 1905. 

Marbre blanc k gros grains cristallins; les narines cl toute la partie infcrieure du visage 
informes; erosions sur lc sommet du crine ; surface jaunie et noircie : hauteur, 0” 125. 


Tete joufflue, aux cheveux courts, inclinee vers l’epaule droite ; les yeux ne 
sont pas incises ; le travail des cheveux est rapide, mais assez adroit; — hel- 
Idnistique (?). 


434 (H74) T6te d’enfant ou d’6ph6be. 


Saida; Bostan ceh Chcich (temple d’Echmoun); fouilles de Th. Macridy bey: campagne 
1903 ; enlrie au musee en 1901. 


Marbre blanc 4 grains serres et peu cristallins ; brisee k mi-hauteur du cou ; tous les 
traits du visage mutiles ; Erosions sur le sommet du crine ; surface usee et couverte de 
radicclles noires; hauteur, 0”10. 


Elle etait inclinee vers l’epaule gauche ; le visage, rond 
et gras, est encadre d’une dpaisse chevelure bouclee qui 
cache en partie les oreilles et recouvre toute la nuque ; la 
tete est coiflee d’un bonnet conique, mollement distingue 
de la chevelure ; les yeux ne sont pas incises. 



\V. von Landau, Mitlcilungcn dor I'ordi'rnninlhclit'n Genelhchafl, X, 1905, l,p. 12; 
pi. 5 ii droite. 

435 (U75) T6te d’enfant. 


Saida ; Bostan ech C.heich (temple d'Echmoun); fouilles de Th. Macridy bey ; campagne 
1903; entrde au music en 1901. 



Marbre blanc a grains serres et peu cristallins ; ncz et menton 
mutilis ; surface usee et couverte de radicelles noires ; hauteur, 
O'" 08. 


Elle etait legerement inclinee vers l’epaule gauche; le 
visage est rond et joufilu, les levres epaisses et maussades, 
le revers du cr&ne tres ddveloppe, les cheveux courts et 
plaques, rapidement traites; les oreilles semblent porter 



140 


N° 437 — TFTTE DE N^GRE 


des pendants sommairement indiques ; les yeux ne sont pas incises; — travail 
mediocre. 

\V. von Landau, Milteilungen der vorderasiatischen Gesellschaft, X, 190S, t, p. 12 
pi. :> a gauche. 


436 (2067) Tete d’enfant. 


Samsoun; fouilles dc Th. Macrkly bey ; entree au musce en 1908. 


Marbre blanc 4 grains serres et peu cristallins; il ne reste quo le visage (moins la joue 
gauche et le menton), le haul et le cote droit du crflne ; erosions sur la tresse cenlrale 
hauteur, 0" 085. 



Petite tete joufflue et souriante ; longs cheveux, boucles 
sur les cotes du crSne, avec une tresse mediane qui se ter- 
mine sur le front par deux petites meches divergentes ; les 
yeux sont creuses de deux petites cavites circulaires ; le 
fragment provient peut-etre d’un sarcophage; — travail 
romain, assez adroit et vivant, probablement du n e siecle 
ap.J.-C. 


Photographie 1969, rung inferieur, premiere 4 gauche. 


437 (607) Tfite de n6gre. 

Achetee, comme provenant d'Adana, le 25 novembre 1894. 

Marbre noir; le travail cst un peu moins poussO sur la joue droite, et le cote droit du 
crine presente des traces d’arrachements (correspondant 4 un support ou 4 un attribul porte 
sur I epaule?); cassure profonde sur le c6te gauche du cou ; erosions sur le nez, la bouche 
et le menton , manque la lamelle de nacre de l’ceil droit ; cheveux, narines, levres creuses 
au trepan ; hauteur, 0" 11. 

Cette petite tete est faite, semble-t-il, pour etre vue de trois 
quarts a gauche ; le caractere realiste s’y mele, comme il 
arrive dans ce genre de representations, a une certaine re¬ 
cherche du grotesque : la racine du nez est ecrasee, les 
narines epatees, 1 oreille grande, le bas du visage tres pree¬ 
minent, le prognathisme tres accuse, la bouche enorme, le 
menton ecrase, les cheveux abondants, courts et crepus ; le 
globe de l ceilesl indique par une lamelle de nacre, rapports entre lespaupieres 




N° 139 - STATI ETTE DE FEMME AHCIIAKJI'E 


m 


et legerement creusee a la place de la prunelle ; ces « yeux blancs », aux 
irisations glauques, font un contraste aniusant avec la matiere sombre el male 
du marbre; — travail de genre, du n e siecle ap. J.-C. 

Photographic n” 311. 


438 ( 10 .'».')) Petite tfite dgyptienne. 


Pri6ne ; fouilles ties musees royaux de Berlin ; achetee, au cours de la campagnc 1897-8, 
corame ayant eti trouv6e dans la necropole; entree au musee en avril 1899. 


Marbre noir; brisec 4 la base du cou ; erosions profondes sur la jouc gauche et 4 l'anglc 
externe de Tceil gauche; oreilles mutilccs ; hauteur, 0" 095 ; du visage, 0“ 018. 


Tele d’ephebe ou d’enfant imberbe de type egyptien, provenant d’une sta¬ 
tuette adossee a un pilier rectangulaire; crane aplati el 
dolichocephale, visage large, nez deprime 4 la racine, narines 
epatees, pommettes saillantes, levres epaisses ; les cheveux 
recouvrent la boite osseuse d’une masse unie, en legere 
saillie sur le front, ou elle est couple par une ligne hori- 
zontale, et avanpant sur les tempes, ou elle se termine par 
un contour arrondi; — importation egyptienne d’epoque ptolemaique. 



Photographic n* 1789, 4 droile. 


439 (4 .'507) Statuette de femme archaique. 


Saisie 4 la douane de Beyrouth ; envoyie au minist&re de l'instruction publique le 
21 juillet 1891 et remise au musee le 23 aout suivant; la provenance chypriote semble 
certainc. 


Calcaire chypriote; maquetle mince, plate et non travaill6c au revers ; manque la moilie 
inferieurc du corps, brisee par une cassure horizontale qui a emporte aussi la main gauche; 
nez et menton mutiles ; le haut du bras gauche ct une parlie des contours exterieurs de 
Tavant-bras sont restaures en plfttre ; hauteur, 0” 265. 


La statuette reproduit, dans la matiere el le style chypriotes, le type des 
cores archai'ques ioniennes ; elle est debout et de face ; la jambe gauche etait 
sans doute legerement avancee; la tete regarde droit devant elle; le bras 
gauche est baisse et colie au corps; entre les doigts allonges dela main droite, 



142 N° 440 — TETE d'hOMME ARCHAIQUE 

clle tient, un peu au dessous des seins, unobjetrond qui semble une pomme; 
les cheveux, detailles sur la calotte du crane par des sillons rectilignes qui ne 
rayonnent pas du vertex, y sont noues en un petit chignon; ils forment, sur 
le front, un bandeau continu de trois rangs de petites 
boucles indiquees par un quadrille de traits incises; une 
meme bandelelte, ornee de trois pompons au dessus des 
oreilles, ceint la tete et passe autour du chignon en se 
croisant sur le devant du crane ; collier a pendeloque ; le 
visage a les traits lourds et inexpressifs des figures 
chypriotes, en particulier de longs yeux fendus en amande 
dont le globe deborde l’ourlet epais des paupieres, et les 
levres serrees, relevees par un sourire niais; — le vete- 
ment comprend un chiton a manches courtes et un 
himation pose de biais sur l’epaule droite et sous l'aisselle 
gauche ; les plis de la draperie sont indiques par quel- 
ques sillons, plus profonds et plus espaces sur le manleau ; — vi e siecle 
av, J.-C. 

Photographic n° 1778, au milieu. 



440 (1119) T6te d’homme archa'ique. 


Arhelee A Tyr ; entree au musec en 1903. 

Calcairc tendre ; revers plat et non travaille; lie/, mutile; quelques erosions superil - 
ciclles; loute la surface a passe au brun; hauteur, 0” 11. 


Le visage imberbe esl large et rond ; les yeux, sans paupieres, ont la forme 



d une amande plate; les levres sont droites et serrees, le 
menton large et osseux, les oreilles tres grandes et simple- 
ment massees; les cheveux forment, d’une tempe a l’autre, 
un bandeau de deux rangs de petites boucles rondes au dela 
duquel ils sont ornes d un diademe radie pose a plat sur le 
crane ; au sommet de la tete, ils sont detailles par des 
sillons rectilignes qui divergent de part et d’autre d’une raie 
mediane; — style chypriote archa'ique ou imitation pheni- 
cienne de ce style ; vi' siecle av. J.-C. 


Photographie n» 1789, au milieu. 



N° Hi — TfiTE d’hEUMES ARCIIA1SANT 


113 


441 (1001) Hernias archaisant. 


Priinc ; fouilles dcs musics royaux dc Berlin ; campagne 1895-6 : trouve dans le,'I epo; 
oTxoj ; entri au music en janvier 1899. 

Marbrc bleuti ; manquent la plus grande partie de la boucle flottant sur l’epaule gauche 
les tenons laliraux et le phallus qui etaient rapportes (pelites mortaises circulaires) ; 
quclqucs cassurcs aux arites du fut; sont rajustes : la tite, brisie 4 hauteur dc la bouche, 
I’ipaulc gauche et une partie des cheveux an dessus de cette epaule, la boucle qui tombe 
sur l’ipaulc droite (deux fragments), le fut (trois fragments), dont la partie inferieure est 
restaurie et rcplacie sur la base ; quelques lacunes aux joints; la pointe du nez est refaite 
cn plAtre ; dipit terreux sur l’ipidcrme du marbre; hauteur, 0”685, dont 0”073 pour la 
base ; hauteur de la tete (barbe comprise), 0" 115. 

Termede forme archaique, sans indication des epaules ; le fut reclangulaire, 
pose sur une base cubique, s’amincit legerement vers le haut ; 
la tete imite librement un type de la seconde moitie du v c siecle; 
les cheveux, aux ondulations tres simples, sont separes sur le 
front, couvrenl les tempes de plusieurs meches qui descendent 
l’une sur l’autre verlicalement, et, ceints d’un bandeau, retom- 
benl sur la nuque en une nappe sommairement travaillee; deux 
boucles epaisses descendent de chaque cote du cou ; la barbe, 
rectangulaire et peu proeminente, est partagee en boucles qui 
se recourbent a leur extremite ; le modele du front rappelle 
plutit les formes du iv° siecle; le dessin des yeux, cernes d’un 
ourlet assez epais, est Ires mou; cf. les hermes de terre cuite, 
trouves dans le 'IspA? oixo; et les maisons privees de Priene, 

Priene, fig. 172, p. 178; fig. 401 et 404, p. 344; Catalogue des 
lerres cuiles grecques du musee imperial olloman, n os 2088- 
2092; pi. VI, 2; VII, 9. 

Travail joli, mais rapide, d’epoque hellenislique ; iif'-n'’ siecle av. J.-C. 


II, Winnefeld, dans Wiegand-Schrader, Priene, 1904, p. 179-180; Bg. 175, p. 180. 



442 (1054) Tfite d’hermes archaisant. 


Priinc; fouilles des musics royaux de Berlin ; trouvie dans le voisinage du lombcau 
remain de la nicropole de Test ( Priene , p. 55) ; campagne 1897-8; entree au music en avril 
1899. 

Marbre rouge; brisie en avant 4 la base du cou, en arriire 4 la limite de la nappe de 
cheveux; rexlrimiti de la barbe et les boucles du cou sont brisics, le nez motile ; ero¬ 
sions sur les boucles du front et des tempes; hauteur totale, 0” 155 ; du visage (la barbe 
comprise), 0" 105. 



144 


N° 443 - PETIT BUSTE ARCHAISANT 


Cette petite tete, qui provient d’un hermes analogue au precedent, repro- 
duit, en l’attenuant, un type archai'que bien connu; dans les traits du visage, 
cet archai'sme ne se relrouve guere que dans la largeur de la face, peut-etre 
aussi dans celle de l’arete du nez, et surtout dans la lourdeur 
de la paupiere superieure; au contraire, le sinus frontal est 
sommairement indique; la barbe formait une longue masse 
rectangulaire, peu proeminente, partagee en boucles verticales 
regulierement recourbees a leur extremite ; les moustaches 
sont longues et pendantes; les cheveux, detailles sur le crane 
par des sillons ondules, sont ornes d’une bandelette ou cou- 
ronne annulaire qui fait le tour de la tete; sur le front, ils 
sont disposes en un haut bandeau continu de deux rangs 
etages de petites boucles rondes ; derriere l’oreille, qui reste visible, se deta- 
chait une boucle qui flottait sur l’epaule et,devant 1’oreille, une meche epaisse 
descend sur la tempe; ee detail de la coiffure, assez frequent dans les tetes de 
Dionysos, permettrait de reconnaitre ici ce dieu plutot qu’Hermes; — bon 
travail hellenistique. 

II. Winncfeld, dans Wiegand-Schrader, Priene, 1904, p. 374-373 ; fig. 472, p. 375 ; 
— M. Collignon, Les statues funiraires dans I'art grec , 1911, p. 191, note 3. 

Photographic n» 1789, A gauche. 



443 (520) Petit buste archaisant. 


Collection Radowitz ; la provenance n’a pour garant que l’inscription IIEPrAMON, 
gravAe en lettres dorees sur le socle moderne cn marbre de coutcur ; entrc au musAe en 
aoAt 1892. 


Marbre Wane; le travail est moins pnussc au revers ; surface lcgArement noircie et ero- 
dee ; nombreuses traces de radicelles ; hauteur, 0 m 125; du visage, 0“ 055. 


Le buste, coupe au dessous des pectoraux, sans 
indication des epaules, parait provenir d’un terme 
representant Hermes jeune ; la tete imberbe reproduit 
un type archaique du v e siecle; l’imitation est surtout 
fidele dans la chevelure qui, detaillee sur le crane par 
des sillons ondules, tombe en nappe sur la nuque et 
se termine, sur le front, par un rang continu de 
grosses boucles en torsade, recourbees et creusees, a 
leur extrdmite, d un petit trou de trepan; deux longues 




N° 145 - FRAGMENT D IN HERMES FORMANT PIED DE TABLE 1 15 


boucles descendent sur les epaules; une bandelette fait le tour du crane; le 
visage est plein, les paupieres lourdes, l’arete du nez large, les levres epaisses, 
le menton osseux, le travail d’ailleurs assez mou, sans rien de la vigueur ni de 
la precision arehaiques. 

Joubin, Sculpt, gr. et rom., n° 11; — Allerluemer von Pergamon, VII, 1908 : 
F. Winter, Die Skulpluren, t. 1, n 0 34, p. 56. 

Photographie n° 190. 


444 (1939) Fragment d’un hermds formant pied de table. 


Provenance et date d’cnlrcc inconnues. 

Marbre blanc tris cristallin ; revers epannele; faces laterales dressies et polies ; il ne 
reste que la partie du visage placee au dessous des yeux et le sommet du fut; morlaises 
sur les c6tcs pour 1’insertion des tenons latiraux ; hauteur, 0“ 255. 

L’hermes, a tete imberbe et juvenile, d’un ovale presque feminin, aveedeux 
longues boucles qui flottent librement sur les Epaules, represenle sans doute 
Dionysos jeune ; il est adosse a un petit pilier qui s’elevait au dessus de sa tete 
et devait servir de support a une table. 


445 (1940) Fragment d’un herm^s formant pied de table. 


Provenance et date d'cnli'6e inconnues. 


Marbre blcute, 4 grains serres ; revers cpannel£ ; faces laterales dressies et polies ; 
grande mortaise rcctangulaire sur la face superieure ; moulure sup6rieure rabattuc sur la 
face gauche, mutilee sur les deux autres; il ne reste que la tele, moins le haul du crane; 
tous les trails du visage mutilis ; hauteur, 0“265 ; de la tete, en l’elat actucl, 0“115. 


Cette tete barbue, adossee a un pilier rectangulaire profile a son extremite 
superieure, provient certainemenl d’un pied de table ; elle surmontait sans 
doute un hermes et reprdsentait, autant qu’on en peut juger en l’etat actuel, 
H6racles coiire d’une peau de lion dont les paltes devaient se nouer sur le haut 
du ful. 


to 



146 


N° 447 


HALTERE 


446 (1445) (Eil votif. 

Saida ; Boslan ech Cheich (temple d'Echmoun) ; fouilles de Th. Macridy bey; campagne 
de 1901 ; entr4 au musee en 1904. 


Calcaire a grains tres homogfenes, tres scrres et tres durs ; petite cassure 4 la partie pos- 
tirieure; hauteur, 0" 023 ; largeur, 0" 015. 

QEil, plus grand que nature ; la sclerotique est indiquee par la couleur 
blanche de la pierre; le cristallin, 1’iris et la prunelle etaient represents par 
une pierre ou une pate de couleur, aujourd’hui perdue, fixee 
dans une cavite circulaire (diametre horizontal, 0“’ 023) 
ereusee a cet effet ; il constitue sans doute un ex-voto inde¬ 
pendent ortert a Echmoun-Asclepios a la suite d’une gue- 
rison ; l’cjuil devait etre primitivement enferme dans une sorte de cornet de 
bronze donl les bords decoupes imitaient les cils (plusieurs exemplaires de ce 
genre d’offrandes sont exposes dans notre salle des bronzes). 

Photographic n" 1969, rang superieur, premier 4 droite. 

44T (500) Haltere. 

Village de Tapa'i, pres OEdemich, vilayet de Smyrne (ancienne Ilypaepa) ; fouilles de 
Demosthene bey Baltazzi ; entre an musee le 12 fevrier 1885. 

Marbre blanc ; la partie courbe de la poignee est brisee ; les quatre faces tres erodees et 
peu distinctes ; hauteur maxima actuellc, 0“ 125; dimensions du bloc : hauteur 0” 08 • lon¬ 
gueur, 0” 165; dpaisseur, 0” 085. ’ ’ 

11 comprend un petit bloc de marbre rectangulaire, muni, sur sa face supe- 
rieure, d une poignee courbe et evidee, dont il ne 
reste que les attaches, separees par une distance 
de 0 m 06; les quatre faces en sont decorees de 
reliefs d un travail rapide: sur I’un des longs 
cotes, deux chiens galopant l’un vers l’autre ; sur 
le petit cote droit, un bouc (?) debout, tourne de 
profil vers la face principale; a gauche, un gros 
oiseau, de profil vers le revers ou deux pois- 
sons (?) monstrueux sont affrontes. 

Entre les attaches de la poignee, la surface est ereusee d’une cavite peu pro- 
fonde a laquelle on a donne la forme d'une petite coupelle a quatre auses hori- 






N° 448 — t£te DE FEMME 


117 


zonlales ; elle devait permettre aux doigts de se recourber sans s ecorcher ; 
l'evidement de la poignee serail suffisant a la rigueur pour la prise d'une main 
d’enfant — le poids et les dimensions de l’appareil indiqueraient d'ailleurs 
qu’il est destine a un debutant — mais il est plus vraisemblable d y voir un 
ex-voto sans usage pratique. 

S. Reinacli, Revue archeologique, 1885, II, p. 103, n° 11; Chroniques d'Orienl, I, 
p. 152, n° 11. 

Photographic n° 1965, 4 gauche. 

448 (135) T6te de femme ; fragment d’un haut relief. 

Fonds de Sainte-Irine; provenance ct date d’entree inconnues. 

Marbre blanc; brisde 4 mi-hauteur du cou ; le revers ct le cote droit sont masses, sans 
indications de details; nez bris4; erosions sur le bandeau de cheveux qui couvre l'oreillc 
gauche ; iraflure sur les joues ; manque le chignon ; la t4le n’4tait rattachce an fond que 
par deux tenons qui ont laissd quelques traces au revers ; hauteur, 0“ 165. 

Tele de jeune femme; le visage, allonge et d’un ovale un peu anguleux, est 
l^gerement penche a gauche sur le cou incline a droite ; il etait tourne de trois 
quarts a gauche, comme le prouve le travail sommaire 
de la chevelure au revers et sur le cote droit; deux epais 
bandeaux, separ^s par une raie et librement ondules, vont 
s’6paississant sur les cotes, couvrent les oreilles et la ban- 
delette (visible seulement sur le haut de la tele) et se 
nouent tres bas sur la nuque en un petit chignon ; une 
meche s’avance de chaque cote sur la joue ; deux petites 
meches divergentes serpenlent sur le front, de part et 
d’autre de la raie ; les yeux sont incises; la tele semble 
provenir d’un sarcophage et dater du n° ou du m e siecle ap. J.-C. 

S. Reinacb, Cat., n°344; —Joubin, Sculpt, gr. el rom., n° 16. 



Photographic n” 1967, 4 gauche. 



148 


N° 450 — FRAGMENT DE SARCOPHAGE 


449 (1172) Fragment de relief provenant d’un sarcophage. 

Beyrouth ; envoi de la douane ; entre au musee en mai 1901. 

Marbre blanc, 4 grains serres et cristallins ; il ne reste que la tete d’un personnage, 
bris4e a l’attache du visage et du cou (arcade sourcilifere 
gauche, nez et menton mutiles), et le bras droit, du biceps 
au poignet; la glande lacrymale, les narines, l’extremite des 
Ifevres, lesyeux, les cheveux sont creuscs au trdpan; hauteur 
maxima, 0“ 19; de la tete, 0" 12. 

Tete de lapithe imberbe, tournee de profil a gau¬ 
che ; le bras droit est releve au dessus de la tete, 
dans l’attitude d’un homme qui porte un coup de 
hache ou d’epee ; — ce fragment et le suivant pro- 
viennent d’un meme sarcophage romain (n e siecle?) 
representant le combat des lapithes et des centaures. 

Photographic n° 1958, 4 gauche. 



450 (1173) Autre fragment du m€me sarcophage. 


Beyrouth; envoi de la douane; entre au musee en mai 1901. 


M4me marbre; tout le bas du visage est informe; le nez manque ; la technique comme 
au n« prdeddent, sauf les cheveux, travaillds uniquement au ciseau, et les yeux qui ne sont 
pas incises; hauteur maxima, O'" 115; de la t6te, 0 1 " 12. 



Tete de centaure violemment rejetee a gauche 
par la main d’un lapithe qui la saisit par les che¬ 
veux au dessus de 1’oreille gauche ; l’avant-bras de 
ce personnage est recouvert d’une epaisse draperie 
travaillee au trepan, et il reste une petite partie de 
son buste pres de l’oreille droite du centaure; celui- 
ci est imberbe et porte des cheveux courts, mais le 
modele tourmente du front, le dessin de l’oreille, 
longue et charnue, le designent avec une grande vraisemblance. 


Photographic n" 1958, a droite. 



x° m 


FRAGMENT DE SARCOPHAGI: 


149 


451 (1479 j T6te d’firos ; fragment de relief. 


SaVda ; Bostan ech Cheich (temple d’Echmoun); fouilles de Th. Macridy bey; campagne 
de 1903 ; entrAe au musce en 1901. 


Marbrc blanc, A grains serrAs et peu cristallins ; il ne reste, avec une partie de l'aile droite, 
dont un fragment est rajustA, que la tete, brisAe A 1’attache du cou et arrachee du fond 
auquel clle adhArait; hauteur, 0” li; largeur, 0“ 205. 



Tete d’firos enfant, de profil a droite; le 
visage est joufflu, le nez petit, deprime a la ra- 
cine, releve et epate aux narines, les levres en- 
tr’ouvertes, les ailes petites et relevees; les yeux 
ne sont pas incises; — assez bon travail, sans 
doute hellenistique. 


Photographie n° 1964, A gauche. 


452 (1478) Tfite d'firos; fragment de relief. 


Saida ; Bostan cch Cheich (temple d’Echmoun); fouilles de Th. Macridy bey ; campagne 
de 1903 ; entrAe au musAe en 1904. 


Marbrc blanc, A grains serrAs et peu cristallins, travcrsA dc quelques veines schistcuscs ; 
il nc reste que le haut de la tAte, brisAc A mi-hauteur du nez ; hauteur maxima, 0” 10; 
largeur maxima, 0” 213. 


Type symetrique au precedent, tourne de profil 4 gauche ; le front est plus 
haut et plus degage ; — ces deux fragments proviennent d’un meme monu¬ 
ment, peut-etre d'un sarcophage. 


453 (1092) Fragment de sarcophage. 


AchclA, comme provenant de Sinope, le 10 janvier 1900. 

Marbre blanc; brisA de toils c6tAs ; surface ArodAe ; hauteur, 0“ 115 ; .longueur, 0 m 25 : 
Apaisseur, 0 m 175. 


Ce fragment provient d’une cuve de sarcophage decoree de guirlandes sou- 
tenues par des firos; il ne reste que la tete de l’un d’eux, joufflue, souriante, 



150 


N° lot 


RELIEF VOTIF 


inclinee a gauche et coiffee de longs cheveux boucles, avec le depart d'une 
guirlande nouee par une bandelette qui apparait au dessus de la courbure de 
1’aile droite; les yeux sont incises ; — travail ordinaire d’epoque romaine. 


454 (496) Relief votif a Cyb^le et Hermes cadmilos. 


MagnSsie du Sipyle; trouve en meme temps que le n” 366 (of. plus haut, p. 106) ; enlrd 
au musee le 14 avril 1887. 


Mai-bre blanc ; revers fruste ; faces laterales dressees ; brise en deux fragments qui se 
rajustent; acrotferes et sommet du fronton mutiles ; tenon d'encastrement (0”025x 0“ 09); 
hauteur, 0“295; largeur, en bas, 0 m 195; en haut, 0 m 18; epaisscur, 0"0i; dimensions du 
champ, 0" 21 X 0“ 155. 


Stele terminee par un fronton angulaire, flanque de deux petits acroteres 
massifs; dans un champ legerement ravale, encadre d’un bandeau uni, Cybele 
est representee debout et de face, tenant de la main droite baissee une phiale 
a ombilic et portant sur la gauche, & hauteur de sa tete, un grand tympanon ; 

elle est vetue d’une tunique a manches courtes, formant 
apoptygma et colpos, et porte un polos evase sur lequel 
est releve un long voile qui tombe sur le dos; a ses cotes, 
deux lions assis sur leur arriere-train sont tournes de 
profil et levent la tete vers elle; h gauche, Hermes cad¬ 
milos (cf. Conze, Archaeologische Zeitung, XXXVIII, 
1880, p. 1 sq. ; XXXIX, 1881, col. 59-60; Furtwaengler 
reconnaissait pluldt Attis dans le suivant de la deesse, 
Collection Sabourof, texte de la pi. cxxxvii), de taille 
legerement reduite, semble s'avancer vers la deesse; il 
porte la tunique courte, la chlamyde agrafee sur l’epaule 
droite et un p^tase a grands bords; la tSte et les jambes 
sont de profil (la jambe gauche cachee derriere un des lions, le bras gauche 
derriere la deesse), le buste de face, la main droite plaeee a hauteur de la 
hanche. 

Le travail, qui n est peut-etre pas posterieur a l’ere chretienne, est rapide 
et grossier; il est curieux cependant de noter, dans la figure de la deesse, 
1 imitation d un type du v p sieele, qui se reconnait moins encore au costume 
meme, qu au contraste entre la jambe libre, qui apparait comme nue sous la 
tunique, et la jambe portante que recouvrent les cannelures rigides de la dra- 
perie; — cf. un petit relief du Louvre, salle de Magnesie, MND, 448. 




N° V:,C> — BELIEF VOTIF A HERMES 


151 


Joubin, Cat., n° 118; — A. Conze, Athenische Mittheilungen, XIII, 1888, p. 202, 
fig-J — pour la bibliographic de la decouverte, cf. plus haut, n° 366, p. 107. 


Photographic n° 1776, au milieu. 


455 (1630) Relief votif A Artemis. 


Constantinople, quartier Sultan Bayazid ; achat; entri au musee en octobre 1906. 


Marbre blanc ; revers ipannele ; faces laterales piquees ; brisd 4 la partie superieure, un 
peu au dessus de la taille de la deesse ; surface us4e ; concretions calcaires ; hauteur, 0" 25 ; 
largeur cn bas, 0“20 ; epaisseur, 0” 075 ; relief, 0” 13 (hauteur actuelle) X 0” 155; lettrcs de 
0 ” 01 . 


Fragment d’une petite stele de forme pyramidante; champ ravale encadre 
d’un bord uni; — la deesse est debout (jambe droite d’appui, la gauche ecar- 
tee), en tunique courte et chaussee d’endromides ; de la main droite, elle 
verse le contenu d’une phiale sur un autel rectangulaire ou brule une flamme; 
de la gauche, levee, elle s’appuyait sur une haute lance (ou torche); a l’extrfi- 
mite droite, presque indistinct, un chien de profil a gauche, accroupi sur son 
arriere-lrain. Au dessous du relief, l’inscription (dont le debut etait grave 4 
la partie superieure) : 

vy)(o ei^apwiYipisv 

11ellenistique (?). 


456 (155) Relief votif & Hermes. 


Provenance cl date d'entrec inconnucs. 


Marbre blanc ; revers et faces laterales frustes ; surface 4rodee; hauteur, 0“ 225; largeur, 
cn bas, 0” 17; en haut, 0“ 11 ; dpaisseur, en bas, 0“ 08 4 0” 09; 
en haut, 0” 03 ; hauteur de la figure, 0” 13;de la plinthe, 0” 05. 

Le relief est seulpte sur un morceau de marbre 
sommairement taille dont l’epaisseurva diminuant vers 
le haut; le bord sup^rieur est grossierement cintre; 
a la partie inf6rieure, une plinthe peu saillanle sur 
lnquelle est pose un petit Hermes, de face, les jambes 
l£g6rement 6cart6es, nu, sauf le haut de la poitrine 
couvert par la chlamyde; le visage est encadr6 d’une abondante chevelure; 




152 


N o 45g — RELIEF YOTIF A DIONYSOS 


deux ailettes sur le haut de la tete ; de la main gauche, il tient un grand 
caducee dont les serpents decrivent la figure connue sous le nom de noeud 
d'Hercule, et, de la droite, une bourse tres grossierement sculpt6e et qui res- 
semble plutot a une grappe de raisins; — travail grossier d’epoque romaine. 

Photographie n° 2082, A droite. 

457 (2287) Relief votif & Apollon citharSde. 

Provenance et date d’enlree inconnues. 

Marbre blanc A gros grains cristallins ; revers fruste ; faces lalerales dressees ; brise en 
bas, A hauteur des cuisses de la figure; visage erode; hauteur maxima, 0 m 225 ; largeur, 
0” 24 ; Apaisseur, 0” 06 A O'”075 ; relief, 0 ra 17S (hauteur actuelle) X 0” 165. 

Na'fscos rectangulaire, compris entre deux piliers a chapiteau dorique sim- 

plifie, portant un entablement profile a la 
partie superieure; — Apollon citharede est 
represente debout, de trois quarts a droite; 
il est vetu de la tunique et du manteau qui, 
agrafe sur l’epaule droite, retombe egalement 
sur le dos et le buste, ne decouvrant que le 
c6te droit du corps ; les cheveux forment, 
sur le front, deux pelits bandeaux au dessus 
desquels ils sonl noues par un nceud bas, et, 
sur la nuque, un petit chignon en catogan; 
une longue boucle descend sur chaque epaule; 
le dieu tient, de la main gauche, une grande lyre dont il joue de la main 
droite qui tient le plectre ; — travail ordinaire, peut-etre encore hellenistique. 

Photographie n° 1776, A droite. 



458 (2286) Relief votif a Dionysos. 

Provenance et date d’entree inconnues. 


Marbre blanc; revers poll; faces laterales dressees ; brise en bas, A hauteur des genoux 
u dieu ; surface usee et noircie ; traces de brulures; hauteur, 0” 175; largeur, 0™ 16 ; epais- 
seur, 0“ 045; relief, 0“ 155 (hauteur actuelle) X 0” 14 ; lettres de 0" 006. 




N° 459 - HERMfeS ARCHAISANT 


1o3 


Na'fscos rectangulaire, compris entre deux minces piliers qui supportent 
une architrave rectiligne ; — Dionysos, debout et de 
face, vetu de la tunique et du manteau qui passe sur 
l’epaule gauche et sous l'aisselle droite, s’appuie, de la 
main gauche relevee, sur un long thyrse, et tient la 
phiale dans la droite eeartee et baiss£e; la tete, bar- 
bue et coiff^e d’une abondante chevelure, est tournee 
k droite ; k gauche, contre le pilier, un terme k tete 
juvenile, place de trois quarts a droite. L’architrave 
portait une inscription qui se continue sur le champ du relief (lecture dou- 
teuse): 

N. o: A [to] sur le champ ; vei| r ff]ii>. 



Photographic n° 2082, 4 gauche. 


459 (1477) Hermes archaisant; relief. 


Sa'ida ; Bostan ech Chcich (temple d’Echmoun); fouilles de Th. Macridy bey ; campagne 
1903; entrd au mus6e en 1904. 


Marbrc blanc & grains serrds et cristallins ; brisc dc tous cotes: le fragment conserve est 
coupii, 4 moiti4 de sa hauteur, par une cassurc horizontale, en deux morceaux qui se 
rajustent; lacunes superficielles au joint; manque le tenon droit dc l'hermes; la base 
mutilie; visage use. 

Traces (incertaincs) de rouge orange sur la tranche gauche (pour le spcctateur du fill. 

Hauteur, 0"13; longueur maxima, 0” 19; ipaisseur, 0 m 09: hauteur de I'hermis, 0" 10. 



Petit hermes barbu de style archai'que 
attenu6 ; une boucle en torsade descend 
sur chaque epaule ; un haut bourreletde 
cheveux partagesen petites boucles court 
d’une tempe a 1’autre; le fut, ithyphal- 
lique, est muni de tenons lateraux et place 
sur une base profile (scotie entre deux 
tores) ; il n’est pas pose sur le fond d’une 
manikre exactement normale. 


\V. von Landau, Mittcilungon der vorderasialischen Gesellschafl, X, 1905, 1, p. 12; 
pi. 5, au milieu. 




151 


N° 460 — RELIEF ARCIIAISTIQL'E 


460 (ifii) Dionysos ; fragment d un relief archa'istique. 


AVdin ; ditache par D. Baltazzi bey du mur d’une mosquee oil il etaif encastre ; entre au 
musee le 2 aofit 1890. 


Marbre blanc ; revers fruste et delite : face laterale sommairement dressde ; il ne reste 
que l'angle inferieur droit de la plaque, brisee en haul par une cassure ondulee qui a em- 
porte la moitie superieure du corps et le haut du bras gauche, k gauche par une cassure 
irrigulitre qui a enleve le bras droit, la moitie de l’abdomen et le haut de la cuisse droite ; 
quelques erosions sur les plis de 1'apoptygma et les orteils du pied droit; quelques legers 
depots de ciment; hauteur, 0" 315 ; largeur maxima, 0 m 205; epaisseur actuelle, environ 
0" 045. 


Le relief, sans encadrement lateral, est place sur une plinthe saillante ; il 
represente Dionysos; le dieu, de proportions Ires sveltes, s’avance vers la 
gauche, dans l'attitude caracteristique de ces reliefs, les deux pieds ne portant 
que de la pointe, le droit en avant; il tient, de la main gauche baissee et rejetee 
en arriere, un long thyrse dont l’extremite repose sur le sol, et il s’y appuie assez 
fort, car la hampe s'incurve sensiblement sous le poids ; de la main droite, 
l^geremenl tendue en avant, il tenait un canthare; ses pieds sont ehausses de 

sandales minces ; le costume comprend un chiton 
lalaire k manches longues sur lequei est pose un 
second vetement un peu plus court, peplos a 
apoptygma qui, drapant les jambes et formant 
entre elles quelques plis superposes, etait pose de 
biais surl'epaule droite et sous l’aisselle gauche — 
on le voit sur les reliefs du meme type conserves 
a Morillon el dans la collection Barracco — et 
tombait sur le buste en plis regulierement etages, 
degageant lepaule et la partie gauche de la poi- 
trine, que ces memes reliefs montrent couvertes 
d un chiton epais, aux plis serres et ondules, pareil 
a un tricot pelucheux ; le dieu porte en plus un 
man lelet etroit, pose en chale sur les bras, adap¬ 
tation tres libre de 1’ « epiblema dont sont vetues certaines cores (cf. 
Lechat, Au musie de VAcropole , p. 180 sq.) ; on n’en voit plus ici que les 
extremites, celle de droite qui tombe devant la jambe en formant deux rangs 
parallels de phs regulierement etages, termines par un rhombiscos, et l'autre 
qui s enroule autour de Lavant-bras gauche et se termine par un pli en 
queue d aronde. Sous ces affectations d archaisme, le travail des draperies 
reste tres libre et tres souple: si, par un effet voulu, la jambe droite semble 
nue sous la double epaisseur d etoffe qui la recouvre, les formes de la jambe 
gauche, mises en valeur par l'ombre blonde qui en accuse les contours 




N° 401 - RELIEF ARCHAISTIQUE 


1.M 

int^rieurs, apparaissent sous le vetement en un effel de transparence Iris jus- 
tement observd et tr&s adroitement rendu par les plis « mouilles » du peplos ; 
l’exdcution est tres fine et tres soignee dans tous les details : noter en parti¬ 
cular les pieds, etcommele talon, en se soulevant, se detache de la sandale, 
le soin avec lequel sont ciseles les orteils, et, sur le pied gauche, le petit 
coulant en forme de coeur dans lequel s’inserent les courroies. 

Sur le type, cf. Hauser, Die neu-attischen Reliefs , n° 10 ; — le fragment 
de Morillon (Suisse), propriety de M. fitienne Duval, ad’abord ete signale par 
M. von Duhn ( Jahrbuch des archaeologischen Instituts, X, 1895, archaeolo- 
gischer Anzeiger , p. 54, fig. '10), puis rapproche de notre fragment par 
M. Cecil Smith ( Annual of the hritish school at Athens, III, 1896 7, p. 168- 
169, pi. XII b), et republie par M. G. Nicole (.Vos anciens el leurs cenvres , 
recueil genevois d'art, 1908, p. 43, fig. 15) qui a fait connaitre aussi le frag¬ 
ment de la collection Barracco (ibid., p. 44, fig. 16). 

Tresjoli travail, probablement du i er siecle av. J.-C. 

Joubin, Sculpt, gr. et rom., n° 143; — P. Perdrizet, Annual of the british school 
at Athens, III, 1896/7, p. 168, pi. XII a. 

Photographic n* 205. 

461 (465) Fragment d'un relief archa'istique. 

Aphrodisias ; entrA au musAe imperial le 2 aout 1800. 

Marbre blanc A grains semis et crislallins; revers et tranche lalcrale dresses ; brisc par- 
tout sauf A gauche ; traces nombrcuscs de rape fine (pour rctenir la couleur?) ; hauteur 
maxima, 0” 15; largcur maxima, 0* 20 ; tipaisseur, 0” 032 ; longueur maxima acluelte du 
bras, 0" 31. 

Fragment d’une dalle reclangulaire ; il ne resle, avec une 
petite partie des contours du cote droit du buste, qu’un 
bras droit nu, dont la main (les trois premiers doigts mu- 
lilds) tient un lagobolon appuye a l’epaule ; la position du 
bras, rejete enarriere et baisse avec une I6gere inflexion du 
coude, la mantere dont il tient rattribut, les caracteres 
meme du style — autant qu’on en peut juger sur un frag¬ 
ment si reduit — semblent indiquer avec certitude un 
relief archa'istique ; il representail un personnage diony- 
siaque, salyre ou Pan, qui s'avancait vers la droite en sautillanl sur la poinle 
des pieds ; — le travail est elegant et nerveux. 



Photographic n° 1961. A droite. 



N° 463 - RELIEF ARCHAISTIQI'E 


462 (2053) Fragment d’un relief archaistique. 

Lindos; fouilles de MM. Kinch et Blinkenbcrg, campagne 1904 ; entrd au musee en 1906. 

Marbre blanc 4 gros grains cristallins ; rovers epannele ; face laterale gauche dressee ; 
brise partout sauf en bas et 4 gauche ; surface tres usee ; traces, sur la face inferieure, 
d’une grande mortaisc reclangulaire oil s’encastrait le tenon qui fixait le monument ; hau¬ 
teur maxima, 0” 18 ; largeur maxima, 0" 165 ; epaisseur, 0” 09. 

11 ne reste que Tangle inferieur gauche d’une petite stele rectangulaire 
encadree par un bord etroit et saillant; plinthe en bas; — un personnage, 
dont la moitie inferieure est seule conservee — peut-etre une muse ou une 
nymphe, peut-etre Dionysos ou Apollon — s'avance vers la droite en mar- 
chant sur la pointe des pieds; il porte une tunique et un manteau qui lui 
drape les jambes ; une masse de plis, en forme de demi-queue d’aronde, 
flotte derriere la cuisse gauche ; les pieds sont chausses de sandales minces ; le 
style, autant que permet d’en juger l’etat actuel, etait fort joli et Texecution 
tres delicate. 

463 (1986) Fragment d’un relief archaistique. 

I.indos; fouilles dc MM. Kinch cl Blinkenberg, campagne 1904-5 ; entre au musee en 
1906. 


Marbre blanc 4 pelits grains cristallins; revers et tranche laterale dresses ; brise en 
haul, ou il reste cependant une petite parlie de la surface superieure, et 4 gauche; erosions 
superficielles sur la moiti6 superieure de la figure; hauteur (complete:, 0 m 235 ; largeur 
conservee sur la face antdrieure, 0-055 4 0-06; dpaisseur, 0 m ll; hauteur de la figure, des 
pieds 4 l'4paule, 0" 153. 

Extremite droite d’une stele rectangulaire, encadree d’un lislel etroit, sail¬ 
lant d’environ 0 ra 02 ; petite plinthe en bas; — il ne reste (sans la tete) 
que la moitie du corps, brise selon l’axe vertical, d'une jeune femme, 
sans doute une nymphe ou une muse, qui s’avan?ait vers la droite, 
le pied droit en arriere et ne touchant le sol que de la pointe, la 
main gauche a la hanche ; vetue d’une tunique longue, dont on ne 
voit que la partie inferieure, finement plissee et bordee d’un galon 
uni, elle est drapee tout entiere dans un grand manteau dont deux 
pans flottent en arriere de la jambe droite et parallelement a elle, formant des 
plis plaques longs et etroits, regulierement etages a la maniere archaique ; —■ 
tres jolt style neo-attique; cf. Hauser, Die neu-attischen Reliefs , type n° 13. 



Photographie n° 2083, 4 droite. 



N° 465 - BELIEF ARCriAISTIQL'E 


i:;7 


464 Petite tfite d’homme; fragment d’une stele attique. 


Collection Radowitz ; entree au music en aout 1892. 


Marbre pentclique ; brisee 4 l’attachc du visage et du cou ; pointe du nez mutilcc; 
quclques Erosions sur la barbe; hauteur, 0" 155. 



Tete d'un homme age, provenant sans doute d’une stele 
funeraire ; elle est tournee de profil a droite ; le front est 
ride, l’ceil enfonce sous 1’arcade sourciliere ; les cheveux 
courts, la barbe sont d’une facture rapide, mais traites avec 
une reelle maitrise et un admirable sentiment de 1’efTet; — 
ires beau style attique du iv e siecle av. J.-C. 


Photographic n" 1781, au milieu. 


465 (745) Relief h6roique au type du banquet. 


Priinc ; fouillcs des musees royaux de llci'lin; trouvd dans la ville, au nord du magasin 
11; entrd au musdc 1c 7 decembre 1895. 


Marbre bleutc 4 petits grains cristallins; revers fruste ; tranches laterales dressces pris 
des arfetes antdrietires; la tranche droite profonddment attaquee, la gauche mulilec sur 
1’arete postdricure; drosions sur lc cadre en haul et 4 droite; cassures rdeentes sur 1’avant- 
bras droit du mort (dont la tete est erodeei, sur la tete et le bustc du petit serviteur (qui 
ont Hi rabattus volonlairement) et au dessus de la tite de cheval; hauteur, 0 m 18 ; largeur, 
en bas, 0“ 25 ; en liaut, 0 m 235 ; ipaisseur maxima, 0" 09; relief, 0“ 15 x 0”21. 


Petit bloc rectangulaire, legerement pyramidant; le relief est encadre d'un 

lislel uni; — le heros (ou le mort), barbu, 
est etendu sur un lit pareil a un banc massif; 
un matelas est pose sous lui; le buste est nu ; 
les jambes, allongees a gauche, sont recou- 
vertes d’une draperie; de la main gauche, 
placee sur la taille, il tient une cylix et leve 
de la droite un 

femme est assise de profil a droite sur le lit 
meme; elle 6carte de la main gauche le bord 
de l’himation qu’elle a releve sur la tete, et laisse pendre la droite sur la cuisse 
gauche; ses pieds sont pos£s sur un long tabouret massif; devant le lit, est 


rhyton; a ses pieds, une jeune 




N° 467 — STELE FUNERA1RE 


158 

place uii gueridon bas, porte sur trois pieds courbes; a droite, un petit servi- 
teur, les bras baisses, se tient debout, au second plan, derriere un cratere 
pose sur une petite plinthe et dans lequel il puisait peut-etre de la main 
droite ; a Tangle superieur gauche, une tete de cheval, de profil a droite, 
apparait dans une petite lucarne accusee par un bourrelet de faible saillie. 

Les circonstances de la decouverte permettent de supposer que le monu¬ 
ment est votif plutot que funeraire; — travail rapide, mais de bon style, 
d’epoque hellenistique. 

H. Winnefeld, dans Wiegand-Sclirader, Priene, 1904, p. 375, fig. 473. 


466 (1563) Fragment d une stele fuiteraire. 

Constantinople, Yeri batan ; entre au mus6e en janvier 1905. 

Marbre 16g6rement bleute, veine de noir, 4 gros cristaux (Proconn&se) ; revers dresse 
faces lat6rales mutilees; brise 4 gauche et en bas; il ne reste que le buste, la tete et les 
cuisses du personnage, et Tangle superieur droit de la st£le; surface usee; hauteur maxima, 
0 m 17; largeur maxima, 0 ra 19 ; epaisseur, O'" 05. 

Fragment d’une stele rectangulaire ; dans un nai'seos compris entre deux 
piliers doriques (le chapileau simplifie n’est indique que par le profil de Techine 
qui deborde sur le champ et en remplit Tangle superieur) et surmonte d’un 
fronton tres bas, orne aux angles lateraux d’acroteres massifs, un jeune homme 
imberbe, aux cheveux courts, est etendu, les jambes allongees a gauche, sur un 
lit ou soplia muni au chevet d’un haut rebord, le buste releve et appuye sur 
un coussin, dans Tattitude ordinaire du personnage couche des banquets 
funebres; il parait avoir lenu de la main gauche un gobelet auquel les erosions 
ont donne Taspectd'un fruit rond ; Tavant-bras droit est allonge sur la cuisse ; 
il porte une tunique a manches courtes et un himation qui, pose sur Tepaule 
gauche, couvrait le bras gauche et les jambes; — travail mediocre d’epoque 
romaine. 


467 (826) St£le fuiteraire. 

Pounar bachi, sandjac d'Alexandrette ; trouvee avec les n- 468-170, au pied d'un tumulus, 
pendant les travauxde dessechement d’un marais; entree au musee le 8 avril 1898. 


Marbre blauc; revers et faces latdrales dresses; surface us6c et rougie (par le feu?); 
hauteur, 0”315 ; largeur, 0 m 185; epaisseur, 0-035; relief, 0-205 X 0- 145 ; lettres de 0-013. 


Mince plaquette rectangulaire, comprise entre deux petits piliers ioniques ; 



N° 408 - STELE FLWERAIRE 


l on 

la base et le chapileau ne sont indiques que par la saillie du profil sur le 
champ; ils portent un fronton simule par des listels de 
faible saillie, orne aux angles d’acroleres massifs el, dans 
le tympan, d’une rosette a quatre petales; — une femme 
est assise, la tete et le buste de face, les jambes de profil 
a droite, sur un siege massif & dossier droit; elle est vetue 
d’un chiton a manches longues et d'un himalion drape sur le 
buste comme une sorte de mantille ou de pelerine; la main 
droite, sur la cuisse, semble tenir une bandelette; le,bras 
gauche est plie contre la poitrine. Au dessous du relief, 
finscription: 

'J'suTsivta ixK'jzi | yjxlpi. 

Travail grossier d’epoque romaine. 



Photographic 11° 2116 , 4 gauche. 


468 (827) St&le funtSraire. 


Pounar haclii, sandjac d'Alexanclrcttc; Irouvde dans les memos conditions quc les n" 167. 
■169, 170 ; entrdc au nntsde Ic 8 avril 1898. 


Murbrc bleutc A gros grains crislallins ; revers drcsstS; tranches laterales frusles; brisc 
par une cassure oblique qui va du chapitcuu du pilier gauche au milieu du pilier droit et a 
emportd le bras droit et les jambes du personnage. 

Traces de rouge sur les rampants du fronton et la rosette du tympan. 

Hauteur maxima, 0” 225 ; largeur, 0” 205 ; epaisscur, 0* 03; hauteur actuelle de la figure, 
O’" 135. 


Plaquette a terminaison angulaire; le relief est sculpte dansun petit nai'seos, 
compris entre deux piliers ioniques; le chapileau n’est indique que par le pro- 
iil de la volute inlerieure qui deborde sur le champ et en remplit les angles 
superieurs; ils portent un fronton, simule par des listels de faible saillie, orne 
aux angles d’acroteres massifs et, dans le tympan, d’une rosette sommairement 
traitee; — lemort, un jeune enfant, dont la tete aux cheveux courts est plutot 
d'un ephebe, est debout et de face, vetu d’une tunique dont les manches des- 
cendent aux coudes, le bras gauche plie, le coude au corps, la main relevee et 
tenant des fruits peu distincts, sans doute une grappe de raisins ; — travail 
grossier d’6poque romaine; ce type de stele est frequent en Syrie ; cf. de 
Saulcy, Voyage aulour de la nier Morle , atlas, pi. IV, en bas au milieu. 



160 


N° 471 - ST^LE FUN^RAIRE 


469 (828) Fragment d’une st61e funeraire. 


Pounar bachi, sandjac d’Alexandrelte; irouve dans les memes conditions que les n*’ 467, 
468, 470 ; entre au musde le 8 avril 1898. 


Mai'bre gris bleu ; rovers poli; brisc de lous cotes; hauteur, 0”205 ; largeur, 0" 12 ; epais- 
seur, 0 m 015 ; lettres de 0" 015. 

Mince plaquelte de marbre; il ne reste que le chevet d’un lit a haul rebord, 
muni d’un coussin et porte sur des pieds moulures; le mort etait represente dans 
1’attitude ordinaire du « banquet funebre » ; le travail est barbare, le relief obtenu 
par un ravalement grossier du fond, les details indiques par incisions; de l’ins- 
cription, gravee en caracteres detestables, il ne reste que les lettres [...aXu7t?]e 
/aloe ; — pour le type, cf. de Saulcy, l. 1. au n° precedent, en bas a droite. 


470 (829 ) Fragment d une st61e fundraire. 


Pounar bachi, sandjac d'Alexandrettc; trouvd dans les memes conditions que les n°‘ 467- 
469; entre au musde le 8 avril 1898. 


Calcaire; revers dressd ; brisc en haut et a droite; il ne reste que l’angle infcrieur gauche 
avec les jambes du personnage; erosions sur les tranches et la surface; hauteur, 0-155- 
largeur, 0” 13 ; cpaisseur, 0“ 035; lettres de 0 m 015 environ. ' 


Fragment d’un type analogue au precedent; — dans le champ legerement 
ravale d’une plaquette rectangulaire, un personnage etait etendu, les jambes 
allongees k gauche el drapees, sur un lit a rebords courbes et pieds profiles. 
Au dessous du relief, l’inscription : 

Acvyave a[Xu~e -/alps.] 


471 (078) Stele fundraire. 



Mai tepe (golle d'Ismid); entree au musee le 16 fevrier 1894, 

Marbre blanc 4 gros grains cristallins; revers fruste- faces laternlrs 
sommamemenl dressees; hauteur, 0»32; largeur 0- 9 dpa sseir 
0 005 ; relle 0 0” 18 X 0 m 14; lettres de 0- 015. ’ 6palsseur ’ 

Stele rectangulaire; le relief est sculpte dans une niche 

face iambe * u'T™ d * C ° ral ' 0n ^hitectonique; - jeune homme de 
tace, jambe gauche d appu,, la droite flechie legerement et ecartee, le visage 



N° 472 — STELE FlNfiRAIRE 


161 


imberbe, les cheveux courts ; lunique et manteau entr'ouvert sur le haul du 
buste ; les bras sous la draperie : le droit plie contre la poitrine, le gauche 
baissd, demi-plie ; a sa gauche, un petit serviteur en lunique courte, debout, 
de trois quarts a gauche, les jatnbes croisees, l’avanl-bras droit pose horizon- 
talement sur la taille, la main gauche relevee vers la tele. Au dessus du 
relief, l’inscription: 

Msvs y.px~r,z llpac- 
z./.et iij 

Travail mediocre, probablement des environs de l’ere chretienne. 

Photographic n° 2083, 4 gauche. 


41U (1638) Stele iuntSraire. 


Provenance inconnue ; achat; entree au musec cn dcccmbrc 1906. 



Marbre blanc; rovers poli et use; faces laleralcs sommairement 
dressees; surface usee el rougie; visage indistinct ; hauteur, 0“ 293; 
largeur, cn bas, 0™ 16 ; en haul, 0” 113; epaisscur, 0” 09 ; relief, 
0“ 185 x 0“ 11. 


St61e du meme type quo la precedenle; meme represen¬ 
tation; a la partie superieure, traces d’une inscription en¬ 
ticement illisible. 


Photographic n° 2083, au milieu. 


472 (2284) Fragment d’une st61e funeraire. 


Provenance et date d'cntrAe inconnucs. 


Marbre blanc k gros grains cristallins ; revers et faces laleralcs muliles; tranche supe- 
riourc polio; bris6 A gauche et en bas au dessus des chcvitlcs de la figure ; trois fragments 
rajuslos. 

Traces de rouge sur les cheveux. 

Hauteur maxima, 0 m 265 ; largeur, 0™ 223 ; epaisscur maxima, 0“ 06; hauteur actuelle de 
la figure, 0” 19. 


Stele reclangulaire ; — sur un fond legerement concave, suns decoration 
archilectonique, une jcune femme est representee de face, le corps portant 
sur la jambe gauche, la droile llechie legerement; elle est vetue de la lunique 


li 



162 


N° 473 — STELE FLNErAIRE 


talaire a apoptygma 



serre sous les seins ; l’himation est pose sur le dos; de la 
main droite, relevee sur le cote a hauteur du visage, 
elle en lient une extremite, tandis que l’autre retombe 
sur l'avant-bras gauche baisse avec une legere inflexion 
du coude, la main tenant une pomme; le motif rappelle 
celui de la « Venus genitrix » ; — travail grossier 
d’epoque romaine. 

Photographic n° 2084, au milieu. 


473 (2288j Stdle fun6raire. 


Provenance et date dentree inconnucs. 


Marbrc blanc & grains series et cristallins; rovers fruste ; faces laterales sommairement 
dressees; la surface, sans etre 6rodee, est tres usee comme si la pierre avail sejourne long- 
temps dans une eau courantc, les silhouettes des personnages confuses et les visages indis- 
tincts ; quelques epaufrures sur les bords ; hauteur, 0 m 25 ; largeur, 0 ro 21 ; epaisseur, 0“ 045 ; 
relief, 0 m 18 x 0® 19; lettres de 0 ra 015. 


Plaquette reetangulaire ; champ ravale, limite par un cadre uni qui, sur les 
bords verticaux, va diminuanl de largeur vers le bas; — a gauche, une femme, 
de profil a droite, est assise sur un escabeau ; ses pieds 
reposent sur le sol; vetue de la tunique longue, elle ecarle 
de la main gauche le bord de l’himation releve sur la tete, 
et elle donne la droite a un jeune ephebe, sensiblement 
plus petit qu’elle ; debout, le corps de face et portant sur 
la jambe droite, la main gauche posee sur la poitrine, il 
semble n’avoir d’autre vctement qu’un manteau pose de 
biais sur l’epaule gauche et le cote droit; devant le siege, 
une minuscule servante, en tunique longue et de profil a droite, tient dans 
ses deux mains un vase profond ou panier a laine. A la partie superieure, traces 
presque illisibles d’une inscription : 

.Xovixsi; 

Hellenislique. 



Photographic n» 2084, k droite. 





N° 473 


FRAGMENT D UN REl.ltF 


163 


474 (2283) St61e au type du cavalier. 


Provenance of. ci-dcssous; el date d’entree inconnues. 


Marbre blanc ; revers frustc ; quelques erosions sur les bords ; hauteur, 0” 215; largcur, 
0" 17 ; Apaisseur, 0”' 02; hauteur de la figure, 0 m 175. 


Mince plaquette arrondie a la partie superieure ; une petite plinthe, de tres 
faible saillie, est menagee dans le bas ; le relief est Ires plat; — un cavalier 
galope 4 droite, le corps de trois quarts, la tete presque de 
face ; il n’est velu que d’une chlamyde agrafee sur l'epaule 
droite et indiquAe seulement par un faible relief sur la partie 
gauche du buste; la main droite, relevee, brandit la lance ou 
l’epieu; l’arme du cavalier et la jambe anterieure gauche du 
cheval ne sont pas indiquees plastiquement; la janibe poste- 
rieure gauche est indiquee par un relief a peine sensible; — 
la stele est probablement votive ; elle pourrait provenir de la region de Silivri 
ou les ex-voto de ce genre sont nombreux (cf. Seure, Bulletin de corres- 
pondance hellenique, XXWI, 1912, p. 582 sq.); travail grossier d'epoque 
romaine. 

Photographic n“ 2084, A gauche. 



475 (1127) Fragment d’un relief. 


Confisque en douanc dc Smyrne ; provenance indiquee : Scala nova; enlre au musAe en 
aoiil 1890. 


Marbre blanc A gros grains cristallins ; revers pique ; brise parlout, sauf en haut; sur¬ 
face ArodAe ; traces d’une mortaise sur la moulure de la face anterieure ; hauteur actuellc, 
0” 275; largcur maxima, 0“ 27; Apaisseur, 0” 06 ; lettres de 0“ 02. 

Fragment profile a la partie superieure (bandeau nu rattache au champ par 
une face en biseau); — deux personnages s’avancent l’un 
vers l’autre d’un mouvement rapide : a gauche, un homme 
dont il ne reste que la tete barbue et coiffee de longs che- 
veux irreguliers, et une main tenant un baton appuye a 
l’epaule — peut-etre Pan ou un satyre; a droite, unejeune 
lille en tunique longue a manches courtes, coiffee de ban¬ 
deaux ondules et d’un chignon noue sur la nuque, l’avant- 
bras gauche pose horizontalement sur la laille, le bras droit tendu et en partie 




164 


N° 477 — CHAPITEAU DE PJLASTRE 


cache derriere le premier personnage; contre la cassure, a droite, traces d’un 
troisieme personnage. Sur le biseau de la moulure, 1 inscription : 

.05 Neix... 


Photographic n“ 2082, au milieu. 


476 (68) Petit chapiteau de pilastre. 


HAraclee de Marmara; date d'entree inconnue. 

Marbre blanc A grains serres et peu cristallins ; revers et tranches latArales frustes ; 
brisA A l’angle inferieur droit; tete d’firos mutilee ; quelques Apaufrures sur le feuillage ; 
oves et acanlhe travaillAs au trepan ; deux petites mortaises sur la tranche superieure ; 
hauteur, 0" 285 ; largeur A 1’abaque, 0 m 36 ; Apaisseur, de 0“ 05 A 0“ 085. 

Chapiteau de parement; aretes laterales profilees et legerement concaves ; 
le kymation d’oves, a la base du chapiteau, est en partie cachA par deux demi- 

feuilles d’acanthe qui remplissent les an¬ 
gles inferieurs et se dressent jusqu’aux 
volutes formees, aux angles superieurs, 
par l’enroulement des caulicoles; au 
milieu, un petit Eros nu, les pieds poses 
sur la coquille de l’ove central, s’avance 
vers la droite, pressant contre lui, du 
bras gauche, une Anorme grappe de rai¬ 
sins, et levant, de la main droite, un 
rameau de trois grandes feuilles d’olivier 
ou de laurier qui forment motif au milieu de l’abaque profile; — travail rapide 
et decoralif d’epoque romaine ; — cf. n os 1341 sq. 

S. Reinach, Cat., n° 136; — Joubin, Sculpt, gr. et rom., n° 153, 

Photographie n° 1777, A gauche. 



477 (1213) Petit chapiteau de pilastre. 


Adiat; trouve aux environs de Maori kcui ou de San-Stefano; entre au musee en juillet 


Marbre blanc; revers fruste ; faces latArales dressees ; brisA en haul; manquent 
abaque, la volute terminate du caulicole de gauche, l'angle inferieur gauche ; Arosions sur 
1 acanthe de 1 angle infer.cur droit; surface jaunie et grenue ; hauteur, 0- 245 ■ largeur 
maxima actuelle, 0" 335 ; epaisseur, 0“ 035 A 0“ 05. ® 




N° 479 — TfcTE DE LION 


1 Go 

Chapiteau de parement, legerement trapezoidal; la decoration est encadree, 
en bas et sur ies cotes, d’un listel nu qu’elle deborde vers les angles supe- 
rieurs ; elle comprend, k droile et a gau¬ 
che, une demi-feuille d’acanthe et un cau- 
licole a double enroulement en S; au 
milieu, un jeune satyre, imberbe, vetu 
seulement d’une nebride floltante, s'avance 
en gambadant, de trois quarts vers la gau¬ 
che, le pied gauche pose sur la volute 
inferieure du caulicole de gauche, le droit 
crois6 derriere le gauche et pose sur celle 
du caulicole de droite; de la main droite, 
il agite le lagobolon au dessus de sa tete ; de la main gauche, il souleve par la 
queue une panthere qu’il regarde et qui elle-meme releve et tourne la lete 
vers lui ; — travail ddcoratif d’epoque romaine. 

Photographic n° 1777, 4 droite. 

478 (1927) Tdte de lion provenant dun chdneau. 

Larisa d’fiolic ; fouillcs de MM. Bochlau et Kjellberg, 1902; entree au musee en 1903. 

Tuf; brisie en deux fragments qui se rajustent; mfichoirr infirieure et collier de poils 
mutilds; erosions superficielles; traces d'arrachements au revers ; hauteur, 0” 155. 

Mufle de lion encadre d’un collier rigide de poils d^tailles par des sillons 
reguliers ; les yeux sont ronds, tres saillants et cernes de fines paupieres; la 
gueule est ouverte et partiellement evidee par une cavite circulaire; — travail 
archal'que mediocre. 

479 (664) T6te de lion. 

Magnesie du Mramlre; fouilles de Ilumann, 1890/1 ; entree au mus4e en 1893. 

Marbre blanc 4 gros grains cristallins; le revers est drcss6 et etait fixe sur le cheneau 
par trois tenons de fer dont deux sont encore en place dans leur mortaise: oreille droite 
mulildc; quelqucs Erosions leg4res sur la m4choire, les narines, 1‘arcade sourciliire; sur¬ 
face recouverte de concretions calcaires: hauteur, 0“ 33; largeur maxima, 0” 27. 

C'esl une tete d’un type particulier, qui ressemble un peu 4 une tete de 




166 


x° 180 - TftTE DE LION 


eneadree d’un collier de poils, avec de hautes oreilles velues et dressees , 
la gueule, aux babines charnues et pendantes, est armee de fortes machoires ; 
les yeux, profondement enfonces dans la cavite de 1 orbite, sont surniontes 
d'arcades sourcilieres d’un dessin tres tourmente et separees par une depres¬ 
sion profonde. 

Cette tete provient de la fontaine construite a l'extremite sud du portique 
ouest de l’agora (Magnesia am Maeander, fig. 117-119, p. 112-113, et fig. 141- 
143, p. 135); la facade de cette fontaine s’ouvrait par 
deux colonnes comprises entre deux piliers, exacte- 
ment a Tangle ouest du petit cote sud dece portique ; 
deux autres colonnes, a Tinterieur, soutenaient la 
toiture; le fond etait occupe par une grande niche 
voutee, dont le socle etait couronne par une corniche 
ornee de gargouilles en forme de teles de lion; la tete 
du musee, plus grande que celles-ci, fut encastree en- 
suite au dessous de la corniche, dans la paroidu socle, 
peut-etre encore avant Tachevement de la fontaine, 
quand on prit le parti d’etablir, a hauteur des colonnes 
interieures, une cloison transversale pour creer ainsi un reservoir ( Magnesia , 
p. 137). 

Beau travail decoratif de la fin du m e ou du commencement du n e siecle 
av. J .-C. 



Joubin, Sculpt, gr. et rom., n° 136; — .1. Kohte, dans Magnesia am Maeander, 
1904, p. 137; fig. 144, p. 136. 


480 (1942) T6te de lion. 


Didymes ; date d’entrie inconnue. 

Marbre blanc a gros grains cristallins erosions sue le mufle ; hauteur, 0“ 09; longueur 
maxima, 0 m 12. ' ' 

Cette petite tete, d’assez bon style hellenistique, est placee a Textremite 
d une tige de marbre cylindrique, conservee seulement sur une longueur de 
0 055 , tres probablement, elle constituait 1 ornement terminal de Taccoudoir 
d’un siege. 



N° i83 - TETE DE f.A PAN AGHIA 


167 


484 (2290) T6te d’oiseau. 


Saida ; Bostan ech Gheich temple d'Echmoun ; ; fondles de Th. Macridy bey; eampagne 
de 1‘J03 ; enlrde an musie en 1904. 


Marbre blanc; cxtrdmite de la liouppe mutilee; hauteur maxima, 
0"‘ 055. 

Hec crochu; sur la tele se dresse une double huppe re- 
courbee a son extremite superieure. 

Photographic n° 1969, rang superieur, deuxiemc 4 droite. 



482 (497) Fragment d’un vase de marbre & reliefs. 

Roumeli cavac (Bosphore); entr£ au musce le 20 juillel 1891. 

Marbre blanc, & grains semis ct pcu cristallins ; brise partoul: l’enfant est complet, mais 
lcs trails du visage sonl muliISs, les cynibales incomplAtes, lcpiderme du vase usd; les 
yeux, lcs coins de la bouchc, la cavilc de l'orcille sont indiquds, le gros ortcil detaclic par 
de pet its trous creusds au trepan ; hauteur du fragment, 0"’ 25 ; de l'enfant, O'" 103 ; largcur 
maxima, 0"' 1 K>; dpaisscur maxima, 0"' 05. 

II ne reste qu'un fragment de la panse dont la partie inferieure est decoree 
de cotes et le haut de bas-reliefs ; seule est conservee une 
figure d'enfant qui s’avance vers la droite, en dansant et en 
frappant des cymbales; le corps repose sur la jambe droite, 
fiechie legerement et qui parait ne porter que de la pointe 
du pied; le pied gauche, en avant, semble releve au dessus 
du sol ou ne le toucher que du talon ; la tote aux cheveux 
courts est rejetee en arriere ; un manteau agrafe sur l’e- 
paule droite llotte sur le cote gauche et le dos, laissant nue 
toute la partie du corps tournee vers le spectateur ; — assez 
bon travail decoratif, probablement d’epoque romaine. 

Photographic n* 1778, & droite. 



483 (4096) T6te de la Panaghia; fragment d’un relief. 

Constantinople; entrie au mustie le 31 janvier 1900. 


Marbre blanc A gros grains cristallins ; revers dresse ; brisec partout, exactcment scion 
lcs contours du crftnc ; nez, levees, menton, joue droite erodes. 

Quelques traces de rouge brun ct d'or sur le manteau, de bleu (?) sur la cape ; filet noir 



168 S° 484 — PLAQUETTE nECOREE D’l’X BUSTE D’ARCHANGE 

(ou brun) a la limite de la cape et du visage ; brim sur les sourcils et les contours de l’oeil; 
les laches de coulcur bleu clair sont un accident moderne. 

Hauteur maxima, 0 m 19 ; epaisseur, 0"'085 ; hauteur du visage, 0 m 115. 

Relief bas ; la tete, ronde et joufflue, est inclinee vers l’epaule gauche ; elle 
semble coiffee d’une cape qui en epouse exactement la 
forme et qui est decoree de plusieurs groupes de trois 
sillons paralleles; on n’en voit que le bord, car elle est 
recouverte par le manteau dont les plis aplatis s’etagent 
regulierement de chaque cote du visage ; les yeux en 
amande, d’un dessin tres mou, sont creuses d’un petit 
trou ; une mortaise, praliquee sur la partie du manteau 
qui recouvre le cote droit du cou, indique l’existence 
d’un ornement metallique rapporte; une petite croix 
(sans doute d’une epoque posterieure) est gravee sur la draperie au dessus du 
front; — travail byzantin tardif. 

Photographic n° 1964, au milieu. 

484 (1091) Plaquette ddcorde d'un buste d'archange. 

Constantinople ; entrie au musee le 10 janvier 1900. 

Marbre blanc 4 gros grains cristallins ; revers fruste ; tranches sommairement dressees; 
angles superieur gauche (avec le haut de l'aile) et inferieur droit brisks ; angle sup^rieur 
droit mutile ; hauteur, 0 m 12 ; largeur, 0 m 105 ; epaisseur, 0 m 01 4 0 m 025. 

Petite plaquette rectangulaire ; — buste d’archange aile, pose de face et coupe 
a la taille ; il est vetu d’une tunique qui paralt sans man- 
ches; le manteau, jete sur l’epaule gauche, decouvre 
l’epaule droite et une partie de la poitrine, couvre le 
bras droit et revient sur la taille; la main droite, dega- 
gee, est posee sur la poitrine, la paume ouverte et tour¬ 
nee en avant ; le bras gauche est baisse ; la tete, aux 
longs cheveux boucles, est tournee legerement a gauche 
et se detache sur un nimbe lisse f — travail byzantin, tardif et mediocre. 




Photographie n“ 1956, 4 droite. 



N° 48B - FRAGMENT d'cNE ARCHIVOLTE 


109 


485 (2100) Bord de table ou de bassin. 

Provenance inconnue ; achat; enlri au musee en 1910. 

M.-nbre blanc ; brise en haul (bord interieur, A droite et k gauche; face inferieure 
drcssee, non polio ; hauteur, 0“ 15 ; largeur maxima actuelle, 0" 165; epaisseur, au bord 
exlcrieur, 0" 023; au bord interieur, 0"05. 

Bord plat, provenant d’une table ou d’un bassin circulaire ; la cassure 
s'est produite exactement a l’altache du bord, 
laquelle est minagee par une petite gorge ; le 
bord interieur est motive par un listel saillant, 
le bord exterieur par un rang de pirouettes 
allongees alternant avec deux perles ; — David 
s’avance d’un pas resolu vers la droite, le buste 
de face, la tete de profil, imberbe et aux che- 
veux courts, la jambe droite en arriere et forte- 
ment tendue ; il est vetu d’une tunique courte, serree a la taille, et porte des 
chaussures montantes ; de la main gauche, a demi tendue en avant, il s'appuie 
sur un baton, et de la droite, violemment rejetee en arriere et baissee (le 
coude a hauteur de l’ipaule), il brandil la fronde dans laquelle on voit encore 
la pierre qui va frapper Goliath; une petite masse de marbre triangulaire, 
conservee k droite, pres de la cassure, appartient sans doute a l'arme du giant; 
— iv“ sieele ap. J.-C. ; — cf. plus bas, n os (>."> i sq. 

Photographic n" 1936, au milieu. 

486 (1621) Fragment d une archivolte. 

Abandonne cn douanc de Galala; enlrd au musee cn fevrier 1906. 

Calcairo; revers sommairement dresse: face latirale gauche 
drcssee et laillee en biseau; brise en haul. 

Traces de rouge sur le fond du lympan et sur les enlrelacs. 
Ilauleur. 0” 235 ; epaisseur maxima, 0“ 063; largeur, en bas, 
0“ 10; en haul, 0“ 17. 

11 reste un tympan gauche et le depart de l’archivolte, 
decoree d’un motif d’entrelacs qui se continuent hori- 
zontalement au dessous du tympan ; celui-ci, ravale assez 
profondement, est orned’un mouton a grosse queue, tres 
hautsur pattes (la tete ressemble plut6t k celle d’un veau), au dessus duquel 





170 


N° 488 — LION fiGORGEANT IN CYGNE 


on voit les jambes nues et brisees au dessous du genou d’un personnage 
debout; — provient d’un petit ciborium ou d’undessus de porte ou de niche; 
epoque byzantine tardive. 

Pliotographie n' 1959, A gauche. 


487 (1622) Fragment d’une archivolte. 


Abandonne en douane de Galata ; entre au musee en fevrier 1906. 


Calcaire; revers dresse ; on a laisse une plus grande epaisseur de picrre sur to bord 
dc l’archivolte et autour dcs parties ajourees ; brise de toutes parts, sauf sur l’arc, el pro 
fondement Orodc. 

Traces de rouge sur l’ange et le fond du tympan. 

Hauteur maxima, 0™ 22 ; Epaisseur maxima, 0“ 085; largeur maxima, 0” 16. 



Fragment d’un tympan droit; l’archivolte est ornee d’un 
motif d’entrelacs; sur le tympan, dont le fond est ajoure en 
certains endroits, il reste le corps drape d’un ange aile, 
tourne de profil a gauche et tenant entre ses bras un objet 
assez volumineux, indistinct; — provient sans doute du 
meme ensemble que le precedent 


Photographie n° 1959, A droite. 


488 (2283) Lion Ggorgeant un cygne. 


Provenance et date d’entree inconnues. 

Marbre blanc; hauteur, 0“ 065 ; longueur, 0™ 095. 

La figure, d’un travail sommaire et de basse epoque, est traitee comme 
un haul relief sculpte sur un fond tres mince et 
dresse au revers ; petite plinthe arrondie aux an¬ 
gles ; le lion, accroupi de profil a gauche, la tele 
de face, tient entre ses grifFes anterieures un cygne 
(ou une oie), place sur la face laterale du petit bloc 
de marbre, le corps de profil a gauche, la tete tour¬ 
nee a droite. 



Photographie n° 1970, rang inferieur, premier k droite. 



N° 401 


COFFRET DE MARBRE 


171 


489 (696 ) Tfite d’ovidd. 


Confisqu6e en douane de Beyrouth ; entree au musee le 25 novembre 1891. 


Calcaire tendre ; brisee sur l'encolure; mufle et guirlande mutiles; les yeux. les narines, 
les coins et le milieu de la bouche sont creuses au trepan ; hauteur, 0“ 145, 


Tete d’ovide incertain (sans cornes), ornee d'une guirlande ;—travail bar- 
bare. 


490 (82 i) Ours (?) 


Dardanelles; don de Eyoub Sabri clTendi; entre au musee le 12 mars 1 n‘j8. 


XIarbre blanc J gros {-i-ains; manquent le museau, brise au dessejus des yeux, les pattes 
antrricures et la plinthe sauf sous les pattes posterieures; toute la partie gauche du corps 
de l'aiiimal est recouverte de concretions calcaires; mortaise sur la face inferieurc de la 
partie conscrvee de la plinthe ; hauteur, 0” 295 ; longueur, 0" 32. 


L’animal, assis sur son arriere-train, semble fait pour etre vu de prolil a 
gauche (le travail parait moins pousse sur le cote droit du corps) ; il leve et 
tourne legerement vers sa droile une gueule menafante en laissant voir ses 
crocs; le corps est unifornicment reconvert d’un long pelage; les formes en 
sont peu earacterisees et la mutilation du mulle ne permet plus une designa¬ 
tion certaine ; — travail tres mediocre et tardif, peul-etre byzantin. 


491 (1134) Coffret de marbre. 


Trouve dans la province d’Amasia, entre Merzifoun et Tchoroum, pendant la construc¬ 
tion dela chaussee; entre au musde le 16 aoiit 1900. 


Murbre blanc, a veines noires et lie de vin ; manque le couvercle; hauteur, 0“ 1 i; lon¬ 
gueur, O'" 325 ; largeur, 0” 14 ; dpaissour de la paroi, 0“ 02. 

Colfrel reetangulaire ; les quatre faces sont encadrees de moulures d'un pro- 
fil peu accuse, entre lesquelles s’insere un rang de perles rondes et plates ; au 
milieu des longs cotes, une croix longue et pattee est inscrite dans une cou- 
ronne de feuilles de laurier, ornee en haut d’un medaillon ou camee, et nouee 
par une bandelette ou tige vegetale qui serpente au dessus du cadre inferieur 



172 


N° 492 — GRAND RELIEF Dl « CAVALIER THRACE )) 


rr-T-ryj ri-xtr rii u 


et se termine par une feuille de lierre ; sur l'un des petits cotes, un petit 

panneau rectangulaire est indique par 
un sillon sans profondeur; sur la face 
opposee, ce panneau est ravale a envi¬ 
ron 0™ 012 et forme une cavite regu- 
liere ou se logeait sans doute une pla- 
quette mdtallique qui la debordait le- 
gerement et etait fixee par cinq clous 
de fer encore conserves; c’est de ce 
cote qu’on introduisait le couvercle qui glissait dans une gorge creusee sur la 
face interieure des trois autres; — imitation en marbre d un cotTret divoire j 
travail soigne, probablement du vi e siecle de l’ere chretienne. 



, TIP : ~ ■ 


Photograpliie n° 1966. 


Sur le palier de I’escalier qui descend a la salle XX : 

492 (31) Grand relief au type du « cavalier thrace ». 


Salonique; «le musde imperial turc de Sainte-Irene, lit-on dans le Grand diclionnaire 
Larousse, XIV [187 i], s. v° Salonique, p. 139, col. de droite, vient de s’enrichir de la ddcou- 
vcrte faite 4 Salonique de trois bas-reliefs remarquablement sculptds et dans un Ires bon 
dtat de conservation. Ils faisaient originairemcnt partie du portique de Constantin qui 
fait face a I'entrcc de l’est du bazar modcrne de Salonique et se trouve pros de l’ancienne 
via Ignatia [sic); ils onl etc, A ce qu'il parait, detaches du monument par mesure de pre¬ 
caution pour empccher qu’ils ne fussent enleves du pays, comme cela est arrive pour lant 
d'autres debris de l’art grcc et romain. Les bas-reliefs qui viennent de s'ajouter A la collec¬ 
tion turque sont de si grandes dimensions qu'il a fallu les deposer provisoirement dans la 
cour de Sainte-Irene... » La provenance Salonique est certaine, maison peutse demander 
quel est le monument que l’auteur de cette notice — copiant sans doute un article d’un 
journal de Salonique ou de Constantinople — designe sous le nom de « portique de Cons¬ 
tantin »; il nc peut guere etre question que de 1’ « arc de triomphe de Constantin »,attribud 
par XI. Kincli A Galere — cf. L'arc de Iriomphe de Salonique, Paris, 1890 — qui s’elAve non 
pas prds de la via Egnatia, mais exactement sur cette voie (aujourd’hui la Grand’ rue de 
Salonique, Yassiyol ou Djadde yolou), et A son extremite est, non loin de la porte de 
Kalamaria, fort loin par suite du bazar moderne. D’autre part, il semble peu probable que 
la decoration de l’arc de Galere comportAt des sculptures reemployces, et il serait bien 
etrange que nos reliefs n’eusscnt etc signalds par aucun des voyageurs qui en ont decritou 
dessine de moins importants A la porte du Vardar (cf. Pococke, A description of the east, 
trad, allemande, Erlangen, 1755, III, p. 219; Clarke, Travels, II, 3, vol. VII (1818), p. 459; 
Beaujour, Tableau du commerce de la Grece, I, p. 34 ; Yoyage militaire dans VEmpire otho- 
man, I, p. 201; Cousinery, Voyage dans la Macedoine, I, p. 29; Leake, Travels in northern 
Greece, III, p. 244 ;— XL Heuzey, Mission de Macedoine, p. 272 sq., ne parle pas de Fare de 
« Constantin »). En tout etat de cause, la conservation remarquabic de ccs reliefs ne permet 
pas de supposer qu ils aient ete exposes pendant tant de siecles aux outrages du temps et 
des homines : ou ils avaienl ete reemployes comme parement, la face sculptie tournee 
vers 1 interieur, ou ils ont ete pris par la suite dans quelque construction adventice qui les 




N° W2 - GRAND RELIEF DU « CAVALIER THRACE » 


173 


aura protigds, ou ils ont et£ recouverts par les terres ; —ils sent entres au miiscc dans Ic 
second semes!re 1873, ainsi qu’il results d'une note de D4lhier, Journal manuscrit, f" 21. 
n” 160, 3 janvicr 187 i, ou sont mcnlionnees « les trois grandcs piices de l’arc de triomphe ■ 
comnie recues de Saloniquc parl’entremise de Giovannaki,posterieurement au 3juillet 1873. 


Marbre blanc 4 gros grains cristallins; faces laterales piquees; seulptc sur trois dalles, 
une grande (au milieu) et deux plus petites appareillces 4 la dalle centrale par un joint 
oblique ; le fond des petites dalles presente une convexite assez accusee qui n’exisle pas 
sur la dalle centrale ; toutefois, le rapprochement ne peut prefer 4 aucun doutc ; cassure 
aux angles superieurs de la dalle de gauche, 4 l'angle superieur droit de la plaque cen¬ 
trale, 4 l’extremite gauche de la plinthc, sur cette plaque et celle de gauche ; jeune bar- 
bare : nez, oreillc droite et pan de la draperie mutiles; Erosions sur les pectoraux; vienx 
harbare : nez et barbe mutiles; t6te rajustee ; cavalier : nez mutile ; surface de la tete et 
pied droit 6rod<5s; tele rajustee ; erosions sur la tete du cheval dont la jambe anterieure 
droite (cn deux fragments) esl rajustee; manque la tele du serpent; — deux encoches en 
queue d'aronde sont creusees sur l’arcte superieure de la plinthe de la plaque centrale; 
une encoche semblable, sur la tranche superieure de la plaque droite, 4 Tangle ant4rieur 
droit ; la tranche superieure de la plaque centrale porte, au milieu, une mortaise pour 
goujon ; 4 scs extremites, une mortaise pour crampon, 4 laquclle correspond une mortaise 
semblable 4 Tcxtremitc gauche de la face superieure de la plaque droite ; hauteur, 1”80; 
longueur, dalle de gauche, en bas, 0“ 93a; cn haut, 0" 805 ; dalle centrale, en bas, 1“57; en 
haul, 1“69 ; dalle de droite, cn bas, 0 m 55 ; en haut, 0“ 56; largcur totale, en bas, 3 m 055 ; 
epaisscur du fond, 0 m 09 4 0” 15; saillic de la plinthc, 0“ 125 4 0“ 26 ; hauteur du cavalier, 
1“ 54 ; des deux barbares, l m 40. 


Grand ensemble rectangulaire, sans encadrement; la plinthe, epaisse et rec- 
langulaire, prdsente a l’extremile droite, sous la racinede l’arbre, undecroche- 
ment en saillic de O'" 09 ; tr4s haut relief ; — au milieu [plaque centrale ], un 
jeune cavalier imberbe galope 4 droite; il porte une tunique courte, serree 
aux reins; sa chlamyde, fixee sur l'epaule droite par une agrafe ronde, flotte 
largement derriere lui; il est ehausse de sandales fixees par un lacis de cour- 
roies, formant tige sur le bas de la jambe; maintenant son cheval de la main 
gauche cachee derriere 1’encolure, il leve de la main droite une lance (qui 
u’est pas indiquee plastiquement) et la dirige contre un sanglier [plaque de 
droite ] accroupi sur son arriere-train derriere un arbre feuillu ; un serpent 
enorme, au corps squameux, s’enroule autour du tronc noueux ; un grand 
chien de chasse bondit sous le cheval ; celui-ci est un etalon de race petite, 
mais vigoureuse, un « cheval de Roumelie », bas sur pattes, avec une enco- 
lure epaisse, une tete courte et forte; ses flancs sont couverls d’une peau de 
fauve (lionne?) dont la tete apparait au dessus de 1’attache du membre ante- 
rieur; — le cavalier est suivi de deux valets de chasse [plaque de gauche] 
d’un type barbare tres accus6, visages energiques, au front bombe, aux longs 
cheveux irreguliers et incultes : tous deux sont vetus de l’exomis qui decouvre 
l’epaule droite et la plus grande partie du busle, et qui, fendue tres haut sur 
le cote (les coins inferieurs sont orn£s d’un petit pompon), laisse voir toute la 
cuisse droite; ils sonl chausses des memes sandales que le cavalier; le pre¬ 
mier, barbu et dejtt age, s'avance It grands pas vers la droite, le corps, de trois 



174 


N° 492 — GRAND RELIEF DU « CAVALIER THRACE » 


quarts et legerement incline en avant, pesant lourdement surla jambe gauche 
llechie, la droite tendue, le pied droit ne portant que du c6le inlerieur de la 
plante ; la tete de profil, bien droite sur les epaules et meme un peu rejetee 
en arriere, porte au loin un regard ferine et intrepide ; laissant pendre sans 
effort le bras gauche, il serre dans sa main droite baissee le manche d’un large 
coutelas triangulaire, dont on apercoit, surle cote gauche, la gaine suspendue 
a un baudrier qui passe sur l’epaule droite ; son compagnon, jeune et imberbe, 



se tient derriere lui, dans une attitude plutot defensive : le buste legerement 
detourne a gauche, la tete dirigee a droite, les jambes ^cartees, la gauche 
tendue, la droite legerement llechie, il porte au bras gauche un bouclier rond, 
en grande parlie cache derriere le dos du personnage precedent, et de la main 
droite, placee a hauteur de la taille, tient la poignee d’une epee dont la lame 
disparait sous 1 orbe du bouclier; le baudrier du fourreau passe sur l’epaule 
droite. 

Le relief provient-il d’un monument funeraire ? En interpretant les rensei- 
gnemenls fournis par le Diclionnaire de Larousse, en tenant compte que 
Curtis ecrit (l. infra /.) qu il a ete detache des murs ext^rieurs de la ville, 
on pourrait supposer que tel etait bien son emplacement primitif et qu’il 
constituait, pres dune des portes de Salonique, un ex-voto au Iieros propylaios 
(cf. en dernier lieu 0. Weinreich, Athenische Milteilungen, XXXVIII, 1913, 
p. 62 sq.). Cependant une destination funeraire reste la plus vraisemblable: 
on peut rappeler, a l’appui de cetle interpretation, que la region de la porte 
de Calaman correspond a une necropole antique (cf. Texier, Description de 
lAsie minenre, III, p. 55 sq.) et que c’est de la que provient le celebre sar- 
cophage du Louvre (S. Reinach, Repertoire de la slatuaire, I, p. 9). 



,\° 402 — GRAND RELIEF DU << CAVALIER THRACE » 17') 

Le relief de Salonique est le plus grand des « cavaliers thraces » connus 
(cf. le cavalier de Kara aghalch, au musee de Sophia, Comptes rendus de 
I'Academie des inscriptions, 1900, p. 362 sq.,pl.); a l’ecuyer ou valet de 
chasse, qui accompagne souvent le cavalier, se substituent ici deux barbares, 
ou Dethier s’etait avise de reconnaitre Ilarinodios et Aristogeiton : c'est sous 
ce nom que le relief est designe dans Particle anonyme du riapva uuo; cite 
ci-dessous, et recemment encore on signalait en eux une reminiscence- du 
« motif attique des tyrannicides » ; il nous parait certain que ce groupe est 
emprunte, mais, selon toute vraisemblance, a une oeuvre pergamenienne ou 
de style pergamenien; les tetes y ont ce realisme « interprets » qui est celui 
des gaulois de l’ex-voto d’Attale, et la composition meme du groupe montre 
clairemenl que l'inspiration n’en peut remonter a un modele plus ancien que 
l'epoque hellenistique. Cette parlie du relief est d’un travail tres superieur au 
reste qui est mediocre ; l’oeuvre, malaisee a dater, pourrait ne pas etre tres 
eloignee de l'ere chretienne. 


S. Heinach, Cal., n° 122, et p. 90 ; — Joubin, Sculpt, gr. et rom., n° 113 ; — 
P. Larousse, Grand dictionnaire universel du XIX' siiclc, XIV [1871 , s. v° Salonique, 
p. 139, col. de droile [passage signale pour la premiere fois par M. S. Reinach, 
terlio l. infra I.]; — Ilapvagod;, IV, 1880, p. 638;— Ph. A. Dethier, h'.tudes 
archiologiques (oeuvre posthume|, 1881, p. 118-119; —S. Reinach, Gazette archto- 
logique, VIII, 1883, p. 250 ; Revue archiologique, 1883, I, p. 71 ; 1893, II, p. 264 ; 
Clironique s d'Orient, I, p. 105-106 ; II, p. 244 ; Repertoire de reliefs, I, 1909, p. 3S7 ; 

— Papadopoulos Kdrameus, 'O it KuvoTavnvoundAet eXX^vixo? ptXoXoftxdj 
XuXXoyot, Ttapaptripa du t. XVII (Constantinople, 1886), p. 68 ; — C. G. Curtis, 
ibid., p. 159, pi. Z', 4 (plaques centrale et droile) ; — Ch. Picard et A.-.T. Reinach, 
Bulletin de correspondance helUnique, XXXVI, 1912, p. 318, note 3 de lap. 317 ; 

— G. Seure, ibid., p. 544. 


Photographies n°" 39 (ensemble), JbO (plaque de gauche : les deux barbares). 



SALLE XX 


Les salles VIII-.XIX occupenl litage du musee el renfermenl les collections de porce- 
laines provenanl du palais de Yildiz, les series palesliniennes, les terres cuites el les vases 
grecs , les collections egyptiennes, mesopolamiennes , hymiarites, palmyreniennes, el les 
bronzes. 


MONUMENTS D’APHRODISIAS 


Les monuments exposes dans cette salle — sauf le n° 516 — proviennent 
des fouilles executees en 1904 et en 1905 a Ghere (Aphrodisias) par M. Paul 
Gaudin; ils ont ete decouverts — sauf les n os 511-515 — dans les dependences 
des thermes. 

Pour plus de details, nous renvoyons a la Note parue dans les Comptes 
rendus de l Acndemie des inscriptions , 1906, p, 158 sq. ; nous nous bornons a 
indiquer ici ce qui est indispensable pour eomprendre la restauration des 
grands fragments architectoniques. 

L’edifice principal des thermes communique avec une grande cour, qui regne 
a 1 est du monument, par une porte colossale comprise entre deux pylones 
[Comptes rendus , l. I pi. I a la p. 159; dans la legende de cette planche, il 
faut substituer aux mots « plan des fouilles » le titre « cour de l’est » qui a 
ete donne par erreur a la pi. II, p. 169, dont la vraie legende serait « aleip- 
terion »j. Ces pylones, construits en blocs de calcaireappareilles et reconverts 
d un parement de marbre, etaient motives, & Tangle interieur, par un grand 
pilastre engage dans la maconnerie et dont les deux faces visibles etaient 



MONUMENTS D'API!RODIS[AS 


177 


decorees de reliefs (n° 493); ce pilastre reposait, par Tinlermediaire d’une 
base de marbre blanc, sur un piedestal de marbre noir, et supportait un grand 
chapiteau a personnages qui se prolongeait par une sorte de frise jusqu’au 
chapiteau d’acanthe corinthien, place sur la colonne qui motivait Tangle 
exterieur des pylones (n os 49i et 495j; au dessus, s’elevait un entablement 
complet, et sur cet entablement, a 1’aplomb des pilastres, naissait un grand 
arc dont plusieurs voussoirs ont ete retrouves et dont la clef de voute esl 
peut-etre la protome de lion n° 496. La hauteur de la clef au dessus du sol est 
de 16“ 74; la distance entre pilastres, 14'“ 52. La cour de l est etait entouree 
sur ses quatre cotes d’un portique corinthien ; au nord et a Test, le plafond 
de ce portique reposait d'une part sur Tenlablement de la colonnade, de 
Tautre sur de grandes consoles figurees (n os 497 sq.) ; a Test, le portique etant 
adosse a un autre portique, que nous designons sous le nom de galerie de lest, 
les consoles, portant sur le mur mitoyen, etaient doubles, figurees a leur 
exlremite tournee vers le portique, courbes avec le profil ordinaire a leur 
exlremite donnant sur la galerie. 

Quant aux reliefs de la gigantomachie (n os 511-514), ils ont ete decouverts 
dans un vaste edifice, tres sommairement explore en 1904 par M. Gaudin qui 
y reconnaissait le gymnase ; ils ont ete retrouves in situ, non pas a leur place 
originale, mais tels qu’ils avaient ete reemployes des Tauliquit6 pour la deco¬ 
ration d’une fontaine 

La plupart de ces monuments sont du u" siecle ap. J.-C. ^les thermes sont 
dates exactement par plusieurs dedicaces a Tempereur lladrien: cf. Comples 
remlus , l. L,p. 168,169, note 1; p. 173) ; ilsnous permettent de nous faire une 
idee assez precise de Tecole de sculpture qui lleurit a ce moment a Aphrodi- 
sias (cf. Collignon, Hisloire de la sculpture grecque, II, p. 677 ; Springer- 
Michaelis, Hand buck der Kunstgeschichte , 1, Allertum, 8 e ed., p. 471 ; 
K. Loewy, Inschriften griechischer Hildhauer, n°* 364-373 ; F. Hauser, Die 
neu-allischen Reliefs, p. 188 ; G. Mendel, Revue de Vart ancien et moderne, 
XIII, 1909, t. xxvi, p. 259-260; P. Arndt, Einzelaufnahmen, texte, serie VI, 
1912, n os 1517-1520, col. 4). En tant quesculpteurs proprement dits, cesartistes 
paraissent n'avoir 6le que d’honnetes et banals copistes, d’un Ires large eclec- 
tisme : a cet egard, nos statues de femme, n os 503-505, sont tres significative?, 
reproduisant trois types nettement caracterises du v e siecle, du iv e siecle et de 
Tepoque hellenistique. Leur defaut le plus notable est peut-etre la lourdeur, 
sensible dans les proportions, plus sensible encore dans le travail des drape¬ 
ries, en particulier au n° 505 ou le sculpteur a si maladroitement rendu ces 
transparence? d’etolFe qui avaient exerce la virtuosite des maitres hellenis- 
tiques. Le contraste entre le type de la tete et celui du corps — blessant sur- 
lout au n° 503 — montre d’autre part qu'ils n’ont pa? le gout tres sur, el 
qu'abandonnes a eux-memes, ils ne s’elevent guere au dessus du mediocre. 


i-2 



178 sioNLJJfc.vfs u'At’iinoDisiAS 

Comme decoraleurs, ils valent davantage : le grand pilaslre (n° 493) est une 
a;uvre remarquable : on peut lui preferer l’elegance discrete et precise d’un 
autel augusteen, le pilier aux roses du Latran, voire la composition a la fois 
si copieuse et si claire de la frise attribuee au forum de Trajan (Helbig, 
Fuehrer, 2“ ed., n° 651) qui est certainement d’un travail superieur (comparez 
aux grossieres figures de nos chapileaux, n 05 494 et 495, les delicals Eros dont 
le corps s’acheve en acanthe, ibid., n os 6i9, 650), il n’en reste pas moins, en 
Asie mineure, le plus beau specimen connu de son genre : ni a Ephese, ni a 
Milet, ni dans les villes de Pamphylie, ni a Aizani, ni meme a Pergame (nous 
pensons au pilastre du temple ionique, Allertuemer von Pergamon, IV, pi, 
XXXIX), on n’a rien trouve qui l’egale ; les sujets de genre places sous la 
corbeille d’acanthe, les petits details realisles et pittoresques — ici l’oiseau 
sur son nid, la l’escargot, la sauterelle, le lezard (cf. H. Thiersch, Roemische 
Mitleilungen, XXIII, 1908, p. 160-163) — peuvent bien elre empruntes a des 
oeuvres hellenisliques [rappelons que Poiseau sur le rinceau se retrouve deja 
au cheneau de lTleraion d’Argos (Waldstein, The argive Heraeum, I, p. 124) 
et memo sur les vases meliens (cf. Riegl, Slilfragen, p. 205)], l’ensemble n’en 
constitue pas moins quelque chose d’original et temoigne d’une jolie imagina¬ 
tion et d'une singuliere adresse a associer la figure humaine ou animale a la 
decoration vegetale, a encadrer celle-la dans celle-ci, a animer celle-ci par 
celle-la. Ee motif de fare de Titus, avec ses animaux surgissant regulierement 
du rinceau (Rossini, Archi trionfali..., pi. 34 en haut, a gauche) fait triste 
figure a cote de cette inepuisable variete. 

Pour les consoles, il faut, aux exemplaires reunis ici, ajouter : plusieurs 
consoles a lete de Meduse, une console a tete de lion, deux consoles a tele de 
taureau (cf. t. I, p. 543, el ajoutez Archaeologisch-epigraphische Miltheilun- 
gen a us QEslerreich-Ungarn, XV, 1892, p. 161, n° 65); une grande « Flore », 
a demi degagee en 1905, qui faisait sans doule pendant a notre nereide n° 502 
(cf. Cumptes rendus, l. 1., p. 169, note) ; un « Minotaure » (different de notre 
n° 500; cf. ibid., 1. 1. ; Collignon, Revue de Vart ancien et moderne, X, 1906, 
t. xix, p. 43, fig. 5) qui parait se ratlacher plutot a la serie de la nereide — 
tous laisses a Ghere avec d aulres fragments. La forme de console double (cf. 
p. 177 et 190) parait remonter a l’epoque hellenistique (cf. Aegae , Jahrbuch 
des archaeologischen Instiluts, Ergaenzungsheft II, p. 30-31, iig. 29) ; l’emploi 
de la figure humaine n est pas une nouveaule; tout au plus peut-on signaler 
ici quelques types assezrares. Au point de vue plastique, ces sculptures, meme 
les meilleures, ont le defaul de n etre pas modelees en figures colossales, d’etre 
trop rondeset tropmolles, de manquer d’accentetde vigueur (cf. t. I, p. 544); 
on peut meme se demander si elles ne sont pas hors de proportions avec le 
portique, large de 3“ 43, ou elles etaient placees — et cependant l’ensemble, 
par sa richesse meme, par son caractere d enormite, constitue un parti original 
dont actuellement nous ne connaissons pas d’equivalent ailleurs. 



S" 193 — flLASTHK .SCULPT^ 


179 


La piece la plus caracteristique nous parail le chapileau-frise, n os 494-195: 
il constitue une nouveaute dans l’archileclure antique : enlre les deux cha- 
pileaux engages aux angles du pylone, au dessous de (’entablement qu’ils 
supportent, on n’attendait rien que la paroi nue, d'autant plus que la facade, 
entre les deux supports, etait creusee d'une niche ou devait etre placee une 
statue : addition inutile et illogique d’une figure colossale qui s’encadre mal 
entre deux chapiteaux de type si different*, qui « tue », n’etant pas a leur 
echelle, les petites figures du chapiteau de pilastre, elle n’en est que plus 
significative de l’amour intemperant de ces artistes pour la decoration sculp- 
tee. Nous retrouvons ici l’influence du gout ionien qui a cree les chapiteaux 
du Didymeion (n os 234, 235, 235 a ), mais outree et portee a l’extreme par le 
temperament asiatique : l’originalite de l’art decoratif d’Aphrodisias est moins 
dans les motifs qu’il emploie que dans son abondance meme et dans sou carac- 
tere colossal. 

II convient de mettre a part les n os 506-508 : precieux, parce qu’ils datent 
d’une epoque ou les statues deviennent extremement rares, ils nous per- 
mettent pour la premiere fois de nous representer d’une maniere exacte ce 
qu’etait devenue la sculpture de ronde bosse au iv e siecle ap. J.-C., dans les 
ateliers d’Asie mineure. 

Toutes ces sculptures sont travaillees dans un marbre local; les carrieres 
antiques se trouvent a moins d’une demi-heure de la ville, vers le nord-est, 
et l'ournissent, c6te & cote, le marbre blanc et le marbre bleute cf. la mention 
d'ivopsavTat? [xapp,ap!vou;... ap.poS e mtaxou; dans une inscription d'CJEdemich- 
Ilypaepa, S. Reinach, Revue archeologique, 1885, II, p. 110; Chroniques 
d'Orient, I, p. 160). 

Les dficouvertes de la premiere campagne ont 6le signalees dans I'Aitj du 6 19. 
septembre 1901, mais comme ayant ete faites 3 l'Aphrodiseion de Smyrne : cf. Ame¬ 
rican journal of archaeology, IX, 1903, p. 103 ; sur les fouilles en general, cf., outre 
la bibliographic cilee aux n 05 suivants : Conze, Jahrbucli ties archaeologischen Ins- 
liluls, XX, 1905, archaeologischer Anzeiger, p. 30 ; cf. p. 53 ; — S. Reinach, Gazette 
ties beaujc-arts, 1906, I, p. 334 ; — Wochensclirift fuer klassiselie Philologie, 1906, 
col. 198 ; — sur fexposition de ces monuments au musee, Halil l^dhem bey, Jahr- 
buch des archaeologischen Institute, XXIII, 1908, archaeologischer Anzeiger, col. 112. 

493 (2272) Pilastre sculpts. 


Aplirodisias ; thermos, cour de Vest ; fouilles de M, P. Gaudiu, 1901 ; enlre au musee 
on 1906. 


Marbre blanc, dcs carriiies d’Aphrodisias ; pour la facilito du transport, les trois tam¬ 
bours ont etc d'abord scies scion Tune de leurs diagonales, de maniere & faire tomber les 



180 


N° 493 — P1LASTRE SCULPTfi 


deux faces non decorces, puis evides au revers ; les faces abatlues ctaient CpannelCes ; 
dans l’ensemble, la conservation est bonne, et meilleure sur la face sud que sur la face est, 
ct dans les parlies hautes que dans les parties basses ; nous ne signalons pas les cassures 
sans importance ni les erosions du feuillage ; — 1'arCtc contiguii aux deux faces sculptCes 
est brisee partout, sauf sur la moitiC superieure du premier tambour; les autres son plus 
ou moins mutilees ; la moulureinferieure de la face est etait sculptee sur une piCce rapportee 
et la partie moyenne de la moulure droite de cette meme face, deuxiCme tambour, a CtC 
reparec dans l'antiquite ; de meme la tele de la lionne, face est, premier tambour; — toute 
l arete gauche de la face sud, premier tambour, est rajustee, ainsi qu’une partie de Pareto 
droite sur la face est du meme tambour. 

Face est; premier tambour : manque Tangle inferieur droit; les personnages [1] sous la 
corbeille tres mutiles; £ros [2] : manquent l’avant-bras gauche et les attributs ; les aigles 
[3] de la corbeille tr6s mutiles; de memo les serpents [4] et Vaigle de gauche [5] ; £ros [6] : 
manque le bras gauche ; lion [7] : mufle et pattes antCrieures mutiles ; — deuxieme tam¬ 
bour ; HeracUs et la biche [8] : manquent la tete, les cornes, la palte antCrieure gauche 
de la bete, la main et Tavant-bras droits d’HeraelOs; taureau [9] : manquent les cornes; 
lion [10]: manquent le mufle, la patte antcrieure droite ; — troisieme tambour; aigle [11] : 
restent les pattes et l’extremitC de Taile droite ; lion [12] : manquent toute la tile, la 
palte anterieure droite ; lionne [13] : manque toute la tete ; chien [14] : manque Textre- 
mite du muscau ; taureaux [15] : de celui du premier plan, manquent la tCte, l encolure et 
les pattes anterieures ; deTaulre, les cornes ; bustede deesse [16] : manquent les avant-bras, 
la torche. 

Face sud; premier tambour ; moulon [17]: manque la tCte ; pulto [18] : manque le sommet 
du cr4nc; putlo [19] : manque la tete ; chienne [20] : manquent la tOte et partie des pattes; 
lezard [21] : rcslent des traces; Itros [22] : restent le buste, les bras, Taile gauche ; Pan 
[23] : restent le buste, le haul du bras gauche, les cuisses tr£s mutilCes; oiseanx [24] : 
manquent, 4 chacun, la tete et la patte extCrieurc ; serpents [25] : reste un petit segment 
du corps; lionne [26] : manque la palte anterieure droite ; taureau [27] : manquent la tele 
et la patte anterieure gauche; serpent [28] : manquent certaines parties du corps et de la 
tete ; oiseau [29] : manquent la tfite, les pattes, une partie de la queue ; lion [30] : manque 
la patte anterieure droite; cerf [31] : manquent la tele, les pattes droites; — deuxieme 
tambour; cerf [ 32] : manquent la cornc droite, la patte posterieure droite, la queue; 
sanglier [33] : groin brise; lionne [34] : manque la patte antcrieure droite ; chien [35] : 
restent la patte antCrieure droite et une partie du corps; ours [36] : manque la patte ante¬ 
rieure gauche ; chasseur [37]: manquent le nez, Tavant-bras droit ; drosions sur la main 
gauche; leaner [38] : manquent la patte antcrieure et Toreille gauches; biche [39]: manquent 
la tete et la patte antCrieure gauche; levrier [40]: museau mutile ; sanglier [41] : extremity 
du groin brisde; — troisieme tambour ; lionne [42]: manquent le mufle, la patte anterieure 
droite ; lion (43J : manque la patte anterieure droite. 

Assemblage ; premier tambour, face sud : grande mortaise rectangulaire avec long canal 
pour couler le plomb ; - deuxieme tambour, face est : reste la moitie d’une mortaise sem- 
blable a\ec le canal ; face sud : le canal seul est conserve, la mortaise a Cte emportee par 
,dement du revers; — la face superieure du troisiime tambour ne porte, en l’etat actuel, 
aucune trace de scellement. 1 

r aces a e ^ a ? e sont nombreuses ; le trepan n’est employe, et sans excCs, que dans la 
decoration vCgetale, la cnmCre des lions, le plumage de I’aigle (face sud, troisiCme tam- 


Ilauteur totale du pilastre, 5” 89; dimensions des tambours 


hauteur 

1 90 

2 29 
1 70 


largeur totale 
en bas 


face est face sud 
? •> 


: 0 88 
7 


; 0 83 


largeur totale 
en liaut 


largeur en bas 
a l interieur du cadre 
premier tambour 


largeur en haul 
5 Tinterieur du cadre 


face est face sud face est 

face sud 

face est 

face sud 

0 89 0 87 0 60 

0 60 

0 585 

0 57 

deuxieme tambour 

0 855 0 82 0 58 

0 57 

0 55 

0 52 

troisieme tambour 

0 855 0 82 0 52 

0 515 

0 51 

0 465 



N° i'l3 - PILASTRE SCI I.PTE 


181 


Ce pilastre decorait l’angle nord de la porte monumenlale qui faisait com- 
muniquer les thermes avec la cour qui" regnait devant leur facade est (cf. plus 
haut, p. 176) ; le pilastre symetrique, plus mulile, a ete laisse a Ghere. 

Les trois tambours du pilastre — dont la largeur diminue vers le haut — 
sont exposes l'un a cole de l’autre; dans la description suivante, nous distin- 
guons la face est — face principale tournee vers la cour — et la face sud, 
tournee vers le passage, et nous suivons la meme face d'un tambour a l’autre, 
comme s’ils avaient ete replaces dans leur position primitive. 

Face est : la decoration comprend une scrie de figures, personnages et ani- 
niaux, places 4 l’interieur et autour d’un epais rinceau d’acanthe ; elle est 
encadree par une moulure qui comprend un listel exterieur et un rang de rais 
de cceur alternant avec des palmettes dont les feuilles se recourbent tantot vers 
l'interieur et tantot vers l’exterieur ; ces deux types de palmettes comporlent 
d’ailleurs, d’une face a l’autre et meme sur la meme face, de legeres variantes ; 
le pilastre repose directement sur sa base, et se rattache au chapiteau par un 
grand talon nu. 

A la parlie inferieure, s’epanouit une epaisse corbeille d'acanthe, formee de 
trois grandes feuilles dressees, dont l’une de face et les autres de profil; au 
dessous, dans une sorte de grotte figuree par une feuille retombante, une jeune 
femme, sans doute une nymphe [1], vetue d’une longue lunique, est elendue a 
lerre, les jambes allongees a gauche, la main gauche appuyee sur le sol, et 
semble jouer (aux osselets ?) avec un satyre [1] accroupi a droite et lourn<5 vers 
elle; 4 gauche, un Kros ['2], debout et nu, tient, de la main droite baissee, une 
lorche renversee, et en levait sans doute une autre de la main gauche ; la 
figure symetrique & droite a ete emportee par la cassure de l’angle; a la base 
memo de la corbeille, un oiseau est perche sur son nid rempli d’ceufs ; a droite 
el k gauche, deux aigles ";{] eployes, tres mutiles ; a la meme hauteur, a 
gauche, sur le fond, un escargot; plus haut, au milieu, deux serpents [4] 
fampent sur le champ enlre les feuilles et vont menacer deux aigles [5 dont ' 
l’un, celui de droite, a les serres planteesdans le corps du reptile ; au dessus, 
deux Kros, velus d’une chlamyde qui laisse leur corps nu, chnssent unelionne 
qui bondit entre eux, vers la gauche, a travers les feuilles de l’acanthe ; tour- 
nanl la tele vers l'animal, tous deux dans l'attitude d’un mouvement rapide 
vers la gauche, le buste de face, la jambe droite flechie, la gauche tendue, le 
bras exterieur baisse, l’autre releve, ils sont armes, celui de droite, d’une massue, 
celui de gauche [6), d’un javelot. 

G'est k cette hauteur que commence a proprement parler le rinceau, qui 
deerit six enroulements que nous designons par des chitlVes romains : i, dans 
l'enroulement, lion L 7] bondissant k gauche, comme pour venir au secours 
de la lionne placee au dessous de lui jici s'acheve le premier tambour] ; entre 
i et ii, en dehors, a droite, traces confuses sur le fond d’un animal bondissant; 



182 


K° 493 — PILASTRE SCULPT)!: 


dans ii, Heracles enfant etouffant les serpents ; il 
estagenouille sur les deux genoux, nu, potele, mais 
tres vigoureux; la lete, aux cheveux courts et bou- 
cles, tournee a droile et baissee, regarde la tele du 
serpent qu’il tient serre de la main gauche baissee 
et dont il etreint la queue de la main droite rele¬ 
vee ; le reptile s’enroule autour de ses bras et 
passe derriere son dos ; dans m, Heracles [8], sous 
les formes d’un athlete nu et imberbe, au corps 
puissant et trapu, arretela biche aux pieds d'airain : 
il l’a saisie aux cornes, tandis qu’elle fuyait vers la 
gauche, et pesant du genou droit sur le dos de la 
bete, il l’abat sur le sol; entre ii et in, en dehors, a 
gauche, une fleur et une capsule de pavot; entre iii 
et iv, a gauche, une chouelte ; a droite, un Eros 
emergeant jusqu’aux hanches d’un calice defeuilles, 
et tenant, de la main droite, le rinceau, de la 
gauche baissee, une torche renversee; au dessous 
du calice, un oiseau ; dans l’enroulement iv, un tau- 
reau bossu [9], fuynnt a gauche, mordu ft la palte 
par un levrier, tous deux visibles seulement jus- 
qu’a mi-corps; entre iv et v, ii gauche, un liros nu 
brandit de la main droite une torche enflammee; 
une draperieesl enroulee autour de son bras gauche; 
dans l’enroulemenl v, un lion [10] bondit a droile, 
tournanl la tete a gauche [a ini-hauieur de cet 
enroulement , commence le Iroisieme tambour j ; 
entre v et vi, en dehors, a gauche, traces d’un 
aigle [11]; a droite, traces d’un animal, sans doute 
un lion [12], bondissant a droite; dans le vi e enrou¬ 
lement, bonne [13] bondissant a droile et tenant 

entre ses pattes de devant un levrier renverse;_ 

au dela du vi e enroulement, l’acanthe pousse encore 
deux tiges feuillues qui vont secartant l’une de 
l’autre ; a gauche, un chien [14] bondit de face, 
hors du fond, comme pour aller au secours du le¬ 
vrier elrangle par le lion dans le dernier enroule¬ 
ment ; entre les tiges divergentes, deux taureaux 
[15 galopent vers la gauche ; derriere eux, se 
dresse, comme emergeant du fond, le buste d’une 
jeune femme [16], vetue dune tunique sans manches 





X° 403 


pn.ASTni: snt i.p-rf: 


183 



fixee sur les epaules par deux tres gros boutons ; la 
tete, legerement inclinee vers 1'epaule gauche, est 
coiffee de eheveux releves et noues sur le haut du 
crSne ; elle ramenait l’avant-bras gauche horizonta- 
lement devant la taille, et, de la main droite, levait 
une torche dont on peut reconnaitre la flamme 
dans quelques traces conservees a l’angle superieur 
gauche; au dessus de ses epaules, remontent deux 
appendices (celui de gauche mutile), etroits et recour- 
bes comme les cornes d'un croissant, mais qui ne 
sont peut-etre qu’une derniere feuille de 1’acanthe ; 
le nom d’Artemis-Hecate, qu’on serait tente de lui 
donner, reste done sujet au doute. 

Face sud : meine disposition d'ensemble que sur 
la face est ; sur la moulure inferieure du cadre, 
apparait un nouveau motif, comprenant un calice a 
deux sepales d’ou sort une feuille decoupee, ean- 
tonnee a droite et a gauche d’une rosette ; ce motif 
parait avoir alterne entre les rais de ccrur avec les 
palmettes. Sous la feuille retombante de la corbeille, 
et poses sur le bord meme du cadre, on voit, It 
gauche, une ehevre ou un mouton [17] (la tete est 
brisee), accroupi de profil a gauche ; a droite, une 
chienne [20] aux mamelles gontlees qui s’avance 
vers la droite, et, sur le fond, les restes d’un lezard 
[21]; au milieu, un groupe de deux putti, accroupis 
a lerre : l’un, celui de droite [10], tient dans un pli 
de son manleau des lleurs et des fruits, et, de la 
main droite, repousse son petit camarade [18] qui, 
le buste plie en avant et les bras tendus, semble 
vouloir lui disputer son bien ; a hauteur de la cor¬ 
beille, a droite, un Eros [22], agenouille sur le genou 
gauche, tient de la main droite, sur la poitrine, une 
flute de Pan et, de la gauche baissee, une guirlande ; 
a gauche, un Pan chevre-pieds [23], tres mutile ; 
sur une petite bractee, devant la feuille centrale 
de la corbeille, une saulerelle ; plus haut, a droite 
et a gauche, un oiseau 24] combattait conlre un 
serpent [2.Y ; a hauteur de la naissancedu rinceau, 
It gauche, une chouette, It droite, une bonne [26J 
mordant sur l’encolure un taureau abattu 27 ; 



184 


N" 493 - P1LASTRE SCULPTS 


autour de la tige generatrice du rinceau, s’enroule un serpent [28] donl la 
tete allait menacer un oiseau [29] place au dessus de la chouette. 

G’est a cette hauteur que commencenl les enroulements : i, lion [30] bondis- 
sant a droite, la tete de face ; ii, vers le bas, cerf [31] bondissant a gauche ; — 
[deuxieme tambour ] au milieu, lionne etreignant un cerf [32]; entre n et hi, 
a droite, sanglier [33] bondissant hors du fond ; m, lionne [34] bondissant a 
droite ; entre m et iv, a gauche, traces d’un chien [35]; a droite, emergeant 
du rinceau surson contour exterieur, un ours [36] releve la tete vers un chas¬ 
seur [37] dont le buste, seul visible, sort d’un calice de feuilles au milieu de 
l’enroulement iv; imberbe, vetu d’une chlamyde, le bras gauche baisse, le 
buste penche vers l’animal, il brandit contre lui une arme qu’il leve de la main 
droite ; v, levrier [38] mordant a l’oreille une biche [39] qui fuit & gauche; 
entre v et vi, a gauche, un levrier [40], a droite, un sanglier [41], tous deux 
visibles jusqu’a mi-corps et s’elanijant l’un contre l’autre ; — [ troisieme tam¬ 
bour] vi, lionne [42] bondissant a droite ; vii, lion [43] bondissant dans le 
meme sens ; vm, grand aigle de face, la tete de profil a gauche, les ailes 
eployees et baissees. 

Cette decoration est l’oeuvre de deux mains differentes : l’une a sculpts 
toute la face est, et tres probablement aussi la partie inferieure du premier 
tambour de la face sud, jusqu’a la naissance du premier enroulement: le reste 
de cette face serait l’oeuvre de l’autre; dans la premiere, l’acanthe est plus 
legere, 1’enroulement plus large et moins stylise, la decoration figuree plus 
importante et plus ingenieuse; tout l'ensemble de la composition plus varie, 
moins charge, plus aere ; dans la seconde, les enroulements sont plus etroits, 
le rinceau plus lourd, plus saillant, d’une composition un peu monotone, la 
feuille plus grasse et creusee d’ombres plus profondes, le detail moins soigne 
et sacrifie a l’effet deeoratif, le fond presque entierement recouvert par le 
decor; d’autre part, le rinceau y est dessine d’une main plus sure, y forme des 
spirales rdgulieres, tandis qu’a plusieurs reprises, surla face est (enroulements 
i et n), le trace de l’acanthe est hesitant et decrit des courbes bosselees peu 
agreables a l’ceil; dans l’ensemble le sculpteur de la face est n’en est pas moins 
le plus remarquable, et en particulier le premier tambour de la face sud (que 
nous lui attribuons) peut passer pour un chef-d’oeuvre de composition libre, 
spirituelle et pittoresque (cf. plus haut, p, 178). 

fipoque d’Hadrien. 

M. Collignon, Comptes rendus de VAcadimie des inscriptions , 4904, p. 707 ; Tterue 
de Vartancien et moderne, X, 4906, t. xix, p. 43 sq. ; fig. 7-9, p.47-49; — G. Men¬ 
del, Comptes rendus de VAcadimie des inscriptions, 4906, p. 460 sq. ; Revue de I'art 
ancien et moderne, XIII, 4909, t. xxvi, p. 289-260. 

Photographies n 0- 1618 (face est, tambour inKrieur), 1621 (id., tambour moyen,) 1622 
(id., tambour supirieur), 1620 (face sud, tambour infirieur), 1619 (id., tambour moyen), 
1617 (id., tambour superieur). 



N° 404 - CHAP1TEAU-FIUSE 


185 


(2271) Chapiteau-frise. 


Aphrodisias; thcrmcs, cour de I'esl ; fouilles dc M. P. Gaudin, 1904 ; entrd au musee en 
1900. 


Mnrbrc blanc 4 gros grains cristallins, dcs carrieres d'Aphrodisias ; lc revers a ete 4vide 
pour la facflilc du transport; la face superieure est sommairement dressee el legeremrnl 
ravalie sur le chapitcau, dans la moiti4 la plus rapprochee de l'arete posterieurc : 4 l’extre¬ 
mite gauche de la frise, rcstes d’une mortaise pour crampon qui appartient 4 la reparation 
antique; sur la partie correspondant au chapitcau, face principale, une grande et profonde 
mortuisc rectangulaire; sur la face en rctour, deux mortaises peu profondes (Irons de bar- 
dage ; ; — frise et chapiteau sont taillcs dans un seul bloc qui, bris4 d4s Tantiquite, sans 
doute 4 la suite d'un tremblenient de terre, a etc grossierement rajusle par deux forts cram¬ 
pons de fer, scelles sur les sculptures memes (1’un est tout entier conserve; de l’autre, il ne 
reste que les crochets dans leurs mortaises); — brise 4 Textrcmite gauche; Tangle exterieur 
du chapiteau, sur la face principale, est mutile 4 la partie superieure : manquent la tete de 
la Nike, ses bras, la partie gauche du buste et Taile gauche ; profondes drosions sur la face 
cxtericure de la cuissc gauche; la pointe de Tangle sur Tabaquc parail avoir ete rapportee ; 
le fragment voisin, sur le retour, est rajuste ; — deesse de la frise ; le basde lajambe est 
conserve sur un petit bloc rapporte; les ortcils dtaient sculptes sur un bloc indipendant 
qui n’a pas ctd retrouvd ; erosions sur le nez, le genou gauche, les fleurs quo tient la main 
droitc; Textrdmitd infirieurc dc la corns, le haul du bras (profonddment mutild) et la main 
droite sont rajustes; le sornmet de la tele prdsentc une surface plane, piquee et ldgcrement 
ravalde, sur laquellc ctait posd le polos, qui, relrouvd dans les fouilles, a etc laisse 4 
Ghcrd ; — le trepan a etc employe pour crcuser les nervures des feuilles, dans les chcveux 
et la draperie de la deesse ; nombreuses traces de ciseau et dc rape ; — hauteur, sur la frise, 
0°‘ 965; sur le chapitcau, 0“ 875; longueur du grand cote, 3“ 06 ; de la face en retour, 1"' 24 ; 
largeur du chapiteau aux angles de Tabaque, face principale, environ 1“ 26. 


Ce bloc d^corait le pyldne sud de l’entree des thermos ; sur la disposition de 
l’ensemble, cf. plus haut, p. 176; — le chapiteau est taille dans le me me bloc 
que la frise et ne s'en distingue que par un ldger ressaut et par la difference 
de niveau des arfites inferieures, celle du chapiteau etant a 0“ 09 au dessus 
de celle de la frise. 

Le chapiteau, comme le pilaslre, n'est travaille que sur deux de ses faces; 
la moulure superieure est decoree d’un rangde godrons surmontes d'un cable ; 
aux trois angles, une Yieloire est debout sur une sphere, la main droite relevee 
vers la tete, la gauche baissee et portant, sur la face principale, un trophee, sur 
la face en retour, une palme ; toutes trois sont vetues d’une tunique longue, 
serree sous la poilrine et laissant nu le sein droit; les cheveux sont releves et 
noues sur le haut de la tele ; le meme parti decoratif so repete sur les deux 
faces du chapiteau : en bas, deux feuilles d’acanthe droites, collees au fond et 
separees l’une de l’autre par un espace vide; au dessus et entre ces feuilles, 
une corbeille d’acanthe h feuilles retombantes, d’ou emerge le buste nu d’une 
jeuno femme tenant dans chaque main la tige d’un rinceau qui nait de la cor¬ 
beille meme et se developpe sur le fond (le rinceau de la face lalerale est plus 
maigre et plus rapidement execute que celui de la face anterieure); la tote 
diborde sur l’abaque et forme motif en son milieu. 



186 


N° 494 — CIIAP1TEAU-FR1SE 


I.e fond de la frise est legerement en retraite surcclui duchapiteau ; profilee 
a la partie superieure, elle est decoree d’une grande figure en haut relief, 
representant ou la Tyche de la ville ou Aphrodite avec les attributs de Tyche : 
etendue sur le sol, le busle releve, la poitrine de face, les jarnbes a demi allon- 
gees a gauche, la gauche croisee sous la droite, elle est vetue d’une tunique 
serree sous les seins par un cordonnet orne d'un petit pompon a ses extremi- 
tes ; le tissu leger decouvre tout le haut de la poitrine et l’epaule droite, et 
laisse transparaitre la depression ombilicale; les jarnbes sont couvertes du man- 
teau dont un pan, qui descend de l’epaule gauche, s’enroule autourde 1’avant- 
bras, au dessous de la saignee, et se developpe en eventail sur le fond ; de la 
main droite, qui pend negligemment sur la cuisse droite, la deesse tient des 
fleurs et des fruits, dont une Ague, et, de la gauche, une come d’abondance 



decoree de cannelures torses et de feuilles d’acanthe; un gMeau pyramidal, 
une pomrae de pin, une pomme comestible, une figue, une grappe de raisins 
recouverte par une feuille de vigne sorlent ou pendent du recipient; la tete 
est tournee a droite et regarde vers le bas; les yeux sont incises ; le front est 
presque entierement cache sous une bandeletle epaisse que recouvrent en par- 
tie les ondulations des cheveux ; ceux-ci, sur les cotes, descendent tres bas et 
forment une masse boufTante qui cache les oreilles; deux boucles flottent libre- 
ment sur lesepaules; une couronne de feuilles (de laurier ?) est posee autour 
de la base du polos (ce polos, qui etait rapporte sans tenon, a ete laisse a Ghere : 
il etait polygonal et decore sur sa face prineipale d’une etoile a six rais; cf. les 
figures up. Collignon, ll. infr. II.). 

La deesse est une bonne sculpture decorative, largement traitee, faite « a 
elTet »» el dont les duretes devaient s’atlenuer quand elle etait vue a sa place; 
surle chapiteau, les Xikes sont d’une execution tres negligee et l’acanthe, rapi- 
dement travadlee au trepan, est d’un aspect sec, pen agreable (cf. plus haut, 
p. !/.(;; — epoque d'Hadrien. 


M. Collignon, Conipt 
Revue de I'art a ncien el 


es rendus de iAcademic des inscriptions, 1904, p. 708, pi. IV; 
moderne, X, 1906, t. xix, p. 43-44; fig. 6, p. 45 en haut (cf. 



N° 40.-, 


CIIAPITF-AL'-FRISK 


1ST 


fig. 8, p. 48, qui montie le chapiteau de cc Jdoc replace, par un artifice photogra- 
phique, sur le pilastre du pylone word ; -- G. Mendel, Comples rendu.* de I'Arade- 
mie des inscriptions, 1906, p. 161 ; /("rue de I'art ancien el moderne, XIII, 1909, 
t. xxvi, p. 260; — S. Keinacli, Ilfperloirc de reliefs, I, 1909, p. 1, 0. 

Photographic n” 1 a 71 . 


495 (2270) Chapiteau-frise. 


Aphrodisias; thermcs, cour de Vest: fondles dc M. P. Gaudin, 1904; cntre au mu see en 
1906. 


Marbre blanc (i gros grains crislallins, des carrieres d'Aphrodisias; le rcvcrs a etc evide 
pour la facilite du transport: la face supericurc est soigneusement drcssAe pour former lit 
d'altcnlc de l’entablement; il ne resle. en l'ctat aetuel, quun trou de scellement sur la par- 
tie correspondant a la frise, et un trou de bardage sur le chapileau ; le chapiteau ct la frise 
scsont detaches l'un de l’autre lors de laruine des thermcs; les joints dc la cassurc sc 
rojoignent exactement, avec quclques lacunes; nianquent les deux angles exterieurs du 
chapileau (qui sont lombds en emportant les Nikis et la surface voisine des aretes), le bras 
gauche, la main droitc du busle de femme de la face en rclour, le bras gauche et le bas des 
jambes de la Nike placee sur Tangle contigu A la frise : le corps ct la tete de celte Nike, la 
tele du bustc de femme sur la face anlirieure sont recouvcrts d'unc epaisse croule de 
eiment; — dieu de Id frise : manque la main gauche ; la main droite, avec Texti-emite de la 
cornc, le bas du recipient ct de l’avant-bras sont rajustes : I'extremite du pied droit est 
sculptie sur un petit bloc a part, incomplct en haul, restauie en bas (manque le talon); 
les fruits de la cornc mulilis ; quclques cassurcs aux plis de la draperie ; le sommet de la 
lete prisente une surface plane, piquee et legirement ravalee. sur laquelle etnit pose lc 
polos qui, retrouvi dans les fouilles, a eti laisse A GhirA: mime technique qu'au n" prici- 
ilent; hauteur, sur la frise, 0“ 965 ; sur le chapiteau, 0” 815 ; longueur, 3” as (ajouter 0” 16 
pour le petit bloc rapportc); largeur du chapiteau suppose- complet, environ l m 22 ; largcur 
maxima acluelle de la face en retour, 0” 97. 


Ce bloc decorait le portique nord de l’entree des thermes; le chapileau se 
playait au dessus du pilastre seulpti, n° 493; sur la disposition de l'ensemble, 
cf. plus haul, p. 176. 

Le chapiteau presente la meme disposition que le precedent, avec quelques 
variantes de detail dans la decoration : a la partie superieure de l'abaque, le 
cSble est remplace par des oves; la seule Nike conservee — celle qui est voi¬ 
sine de la frise — porte une tunique agrafee sur les deux epaules, et, comme 
ceinlure, une draperie roulee en bourrelet; a la difference de la figure syme- 
trique de l’autre chapiteau, elle devait tenir, non un trophee, mais une palme ; 
sur les faces, le busle de femme est de proportions plus massives, et, sur la 
face antdrieure, deux boucles de cheveux lui descendent sur les epaules ; la 
corbeille d’acanthe, d’ou dmergenl ces busies, se continue jusqu’au bas du cha¬ 
piteau, remplissant l’espace entre les deux feuilles droites collees a la partie 
infdrieure du champ ; le rinceau leuu a la main est d’un dessin different. 



],X8 x° 49;; — CIIA PtTEAU-FRISE 

Sur la frise, dont le profil superieur est simplement masse, un dieu, coille 
d’un polos polygonal a bord crenele (cf. la figure ap. Collignon, II. infr. ll.),e st 
etendu dans une attitude symetrique a celle de la deesse preeedente; la tete, 
tournee a gauche, regarde vers le bas (les yeux sont creuses); il a une longue 
barbe bouclee et des moustaches lombantes ; les cheveux, tres abondants, net- 
tement partages par une raie sur le devant de la tete, s’abaissent, en deux 
epaisses meches divergentes, sur le front vigoureusement modele et tombent sur 
le cou en longues boucles d’une tres belle composition ; le busle releve et de face, 
velu d’une tunique a petites manches, les jambes, a demi allongees & droite 
1 la droite eroisee sous la gauche) et couvertes d’un manteau qui s'enroule 
sur le haut du bras gauche, il laisse pendre nonchalamment la main gauche 



sur le genou gauche, et devaittenir un atlribut (guirlande ou infulae ?) auquel 
correspondent sans doute les traces d’arrachements visibles sur le genou droit; 
s appuyant du bras droit sur un quartier de rocher, il tient de cette main une 
corne d abondance slriee de cannelures torses el remplie de raisins, d’epis, de 
pommes de pin, de grenades et d’autres objets muliles, parmi lesquels un 
gateau en forme de pyramide. 

Le dieu represente probablement le demos d’Aphrodisias ou le genie de la 
ville, sous une forme qui permettait au sculpteur d’etablir, entre cette figure 
et la preeedente, une exacte symetrie, a la fois dans l’attitude etdans les attri- 
buts ; il s'est inspire sans doute d’une figure de dieu fluvial; le type de la tete, 
qui est tres beau, parait reproduire assez fidelement un original de la fin du 
iv siecle; on peut supposer que, si la composition de la draperie, surtout celle 
de la tunique, est si pauvre, si 1 execution en est si mediocre, e’est precisement 
parce que le modele choisi par le sculpteur avait le torse nu et peut-etre une 
partie des jambes decouverte. 


M. Collignon, Comptes rendus de V Acadtmie des inscriptions, 1904, p. 708 pi III • 

fTfl n w; H m ° derne ’ X - 1900 > t- P- 43-44; fig. 6, p. 45, en bas ; - 

ne, . . au n“ precedent; —S. Reinach, Repertoire de reliefs, 1,1909, p. 1, 2, 


Photographic n° 1573. 


GRA.NDES CONSOLES FIGURfiES 


189 


496 (2277j Grande protome de lion. 

Aplirodisias : Uiermes, cour de l est ; trouvec a peu pres au milieu de la cour, dans 
l’axc de l'entrec principalc des thermos; fouilles de M. P. Gaudin, 1904 : entree au musee cn 
1906. 

Marbrc blanc, descarriercsd’Aphrodisias; la queue du bloc, qui etait fruste, a dte coupee 
pour faciliter lc transport, et lc revers evidc ; la tranche gauche est entaillce par un redent 
sur toute sa hauteur, la tranche droite taillee obliquement; manquent les extremites des 
grands crocs et les grilles <jui avaient etc retrouvees en 1904 ; erosions sur les narines ; 
deux mortaiscs rectangulaires sont crcusecs a droite, Tunc sur le fond, l’autre sur le haul 
de la patte gauche; nombreuses traces de rape ; la criniere est sobrement travaillcc au tre¬ 
pan ; hauteur, 1" 10 ; largeur, en bas, 0 m 57 ; en haut, 0“78. 

Le lion, visible jusqu’a l'attache de 1’avanl-train, bondit hors du fond, sous 
une abaque decoree d’oves, la gueule 
ouverte et tournee a droite, les paltes 
tendues en avant; la criniere, tres 
abondanle, se prolonge sur tout le poi- 
trail et entre les pattes. 

On a suppose que ce lion formait la 
clef de la voute jelee au dessus de 
l’enlree principale des thennes, entre 
les deux grands pylones (cf. plus haut, 
p. 177) ; celte hypolhese aurail besoin 
d'etre confirmee par une elude minu- 
lieuse sur les lieu x ; il est certain lou- 
tefois que le lion n’apparlient pas a la 
serie des consoles ddcrites aux n os sui- 
vants. 

lion travail decoratif de l’epoque d'Hadrien. 

M. Collignon, Comptes rendus de VAcademie des inscriptions, 1904, p. 707 ; Revue 
de I'arl ancien et moderne, X, 1900, t. xix, p. 42. 


497-501 Grandes consoles figurdes. 

Aplirodisias; thermes, cour de Vest ; fouilles de M. P. Gaudin, 1901-1905. 

Marbre blanc, des carriires d'Aplirodisias; tous les blocs ont (He coupes en arriere de la 
partie qui forme console figurde, et dvides au revers pour en faciliter le transport; le reste 
du bloc a die laisse A Ghdrd; la face supirieure de la console est piquee ; la partie corrcs- 
pondant 4 la tele est 4 un niveau un peu plus eleve que le reste et plus sommairement 
drcssec. 




190 


GRANGES CONSOLES FlGCR^ES 


Ges consoles sont des poutres de section rectangulaire, decorees, sur leur 
face anterieure, d’une tele en haut relief qui la remplit tout entiere; en arriere 
de la lete, les faces laterales du bloc presentent chacune un panneau compris 
dans un cadre profile et rempli par une double volute en forme d’S, ornee 
d’une petite palmette a la naissance de l'enroulement inferieur; au dessus du 
panneau, court un rang d’oves surnionte d’un listel uni dont la hauteur varie 
sur les diflerents exemplaires ; la face inferieure est ornee de deux caissons a 
rosette centrale et cadre d’oves ; elle parait avoir ete decoree aussi de rosettes 
melalliques dont la presence est attestee par de petits tenons de fer qu'on 
retrouve dans tous nos exemplaires (sauf le n° 500), scelles dans le cadre des 
caissons. 

Sur la place de ces consoles, cf. plus haut, p. 177; —• les n os 498 et 499, 
trouves en 1905, etaient des consoles doubles, terminees, a l'extremite oppo- 
see a celle qui porte la figure, par le profil courbe ordinaire; elles appar- 
liennent done certainement au portique est de la cour ; les n os 500 et 501, 
degages en 1904, elaient simples, avec une queue fruste ; ils proviennent pro- 
bablement du portique nord ; quant au n° 497, decouvert la meme annee, il 
provient, croyons-nous, d’une console double, et noussommes tentes de 1’attri- 
buer au portique est. 

Cette attribution est confirmee en quelque maniere par le style de la sculp¬ 
ture : les consoles du portique est sont d’un travail tres superieur a celles du 
portique nord ; on en jugera facilement en comparaiit le Persee (n° 499) au 
Minotaure (n° 500\ et surtout les deux Heracles, dont l’un (n° 498), quoique 
un peu trop « rond », est une bonne sculpture decorative, et dont 1’autre 
(n° 501) est une oeuvre fort mediocre ; on notera d’autre part que, dans la 
premiere serie, la saillie de la figure sur le fond est beaucoup plus forte que 
dans la seconde (elle varie de 0 m 49, au n° 499, a 0“ 27, au n° 500). Par la 
hauteur du relief (0 m 35) comme par la qualite du travail — e’est incontesta- 
blement la plus belle des consoles recueillies dans la cour des thermes — la 
Meduse n° 497 doit etrejoinle a la serie du portique est sur le style de ces 
sculptures, cf. plus haut, p. 178. 

On rapprochera de cette Meduse trois tetes du Vatican (W. Amelung, Die 
Sculpluren des vaticanischen Museums , I, Braccio nuovo, n os 27, 40, 93), 
dont la comparison est particulierement interessante parce qu’elles sont de 
memes dimensions que la noire (l’une mesure 0“ 68, les deux autres 0“ 64), et 
que, decouverles, dit-on, a Rome, pres du temple de Venus et de Rome cons¬ 
truct par Hadrien, elles pourraient etreexactementcontemporaines (nous avons 
deja signale, t. I, p. 545, le rapprochement avec la frise du Didymeion) ; — 
le Minotaure se retrouve a la Porta aurea de Spalato (Hebrard-Zeiller, Spa- 
lato, le palais de Diocletien, Paris, Mussin, 1912, fig. p. 39 et 40), et sur une 
console conservee au musee de Brescia ; - on peut rapprocher peut-etre de 



N" 497 — GRANDE CONSOLE IIGIIII.E 


191 


nos Heracles un masque de Zeus qui s’est rencontre a Milet dans un emploi 
presque seinblable (Jahrhuch civs archaeologischen Instiluls, XXI, 1900, 
archaeologischer Anzeiger, col. 21). 

Ces motifs ne paraissent pas choisis au hasard : le fait qu’on trouve un 
Persee a cote d’une Meduse (repetee, il est vrai, plusieurs fois), deux teles 
d’Heraeles a cote d’une tete de lion et d’une tele de taureau, nous autorise a 
restituer un Thesee a cole du Minotaure, et a supposer que les sculpteurs 
s’etaient inspires des travaux executes par les grands heros de la fable. 


497 ( 2279 ) Console dccoree d’une tete de Meduse. 


Trouvec cn 1904 pris du dernier piedeslal (a l'est) du portique nord ; entree au musee cn 
1906. 


Le visage est intact, sauf l’cxtrcmite du nez qui est rajustee; quelques erosions et menus 
fragments rccolles sur la chevelure, au dcssus du serpent de gauche 'pour le spectateur); 


le cadre cxlcrieur du caisson de 
gauche, sur la face inferieure, est 
mutile ; nombreuses traces de r&pe; 
— sur la face supericure, contre l'arete 
de la section posterieure, grande mor- 
taise rectangulaire ; sur le listcl pos- 
tdrieur du cadre des caissons, 4 droite 
el 4 gauche, petit tenon de fer cncas- 
tr4 duns sa mortaise (pour un orne- 
ment mOtallique) ; hauteur, 0“ 655 ; 
largeur cn bas, 0”' 70; saillie de la 
figure sur le fond, environ 0” 39. 


Meduse du « beau type » : la 
face est large et pleine, les joues 
charnues, la ligne de l’arcade 
sourciliere tres tourmentee et sty- 



lisee a la maniere d’un masque 

de theatre ; les yeux ne sont pas incises ; les levres entr’ouvertes laissent voir 


les dents qui ne sont pas detaillees ; les cheveux, releves tres haut comme une 
llamme au dessus du front, flottent en boucles epaisses de chaque cote du 
visage ; sur le haul de la tete, deux ailettes tombantes, au dessus desquelles 
se dressenl deux tetes de serpents dont les corps sont uoues sous le menton. 


M. Collignon, Comptes rendus de I'Academie des inscriptions, 1904, p. 707; /ter ue 
de I'arl ancien et moderne, X, 1900, t. mx, p. 42-43 ; — G. Mendel, Comptes rendus 
de I'Acaddmie des inscriptions, 1906, p. 178. 



192 


K° 499 — GRANDE CONSOLE FIGURINE 


498 (2276) Console dccoree d'unc tetc d'Heracles. 


Trouvec cn 1905 dans la nioitie sud de la yalerie cle l est (cf. plus haul, p. 177; ; entree au 
musiSe en 1906. 

Surface grenuc ; erosions sur I'oeil et l’areade sourciliire gauches ; couronne mutilee ; 
quelqurs feuilles rajustees au dessus de la partie droite du front ; l’arele superieurc des 
faces laterales manque 4 droite et est rajustee a gauche ; sur la face inferieure, en arriirc 
du caisson de droite, petit tenon dc fer encastre dans sa mortaise (pourunornement metal- 
lique); hauteur, 0" 805;largcur cn bas, O'" 75 ; saillie de la figure sur le fond, environ 0" 37. 

Tete barbue, a cheveux courts, 
releves sur le front; les levres sont 
enlr’ouvertes, le front bombe, le sinus 
frontal tres accuse; l’iris est cerne 
d’un cercle incisd et la pupille creu- 
s6e; l’expression du visage est un 
peu vide, bien que le sculpleur ait 
cherche a lui donner l’air de majeste 
et de douceur grave qui convient au 
heros victorieux; la tele est ceinte 
d’une couronne de feuilles de pla- 
lane, ornee d’un lemnisque floltant 
sur le fond; la designation nous pa- 
rait certaine, les grands dieux ne 
semblant pas avoir eu de part dans 
la decoration du portique. 

G. Mendel, Comples rendus de I'Acadimic des inscriptions, 1908, p. 178, et fig. 9 

I /fi. 1 > O 1 


499 (2274; Console decoree d'unc tete de Persee. 



Trouvee en 1905, devant le portique est 
en 1906. H ’ 


non loin de 1 angle nord-est; entree au musde 


la JourdrouTeTlTs cfitfsde'Ta I^ 6ra j es mu f il<;es 1 erosions surle nez, sous le menton, sur 
lions terreuses sur la face i„t 1 6V6 U u° ’ *i ne res *' e 9 ue des traces des ailettes ; concre- 
une cassure nette est rainsf ’ ^ ° ? auc ,e ’ * a P lus S ran de partie du visage, emportde par 
SUP la face inferieure Zt ’ q^lquesremplissages en platre aux joints des fragments; 
tenon de fer encastrd’dans le . posterlel,re du listel contigu aux deux caissons, petit 

0 “ 66; largeur en bas o» 605 °qi* lS j P°!! r un orn enient mdtallique) : hauteur actuelle, 
’ largeur en bas, 0" 69a; saillie de la figure sur le fond, O'" 49. 



N° 500 — GRANDE CONSOLE 1'IGl'REE 


193 


La tele, imberbc, esl tres legerement tournee a droile; le visage est d'un 
ovale un peu plein, les joues char- 
nues ; les levres sont enlr’ouverles, les 
dents indiquees; le front est bombe 
dans sa partie inferieure ; l’iris est 
cerne d’un cercle incise, la pupiile 
creusee, le regard dirige vers le haut 
et a droile ; deux ailettcs divergentes 
sont novees dans la chevelure, irregu- 
lierement bouclee, courte, mais abon- 
dante et tres plasliquement traitee; a 
la partie inferieure, en bas relief sur 
le fond, une harpe. 

(j. Mendel, Complcs rendus de I'Academie des inscriptionsi, KHUi, p. 178, et fig. 6, 
p. 177; Revue de I'art ancien et moderns, XI, 1007, t. xxi, tig. p. 35. 


500 (2275) Console decorce d'unc tele de Minotaurc. 

Trouvde en 190i, devant le porlique nord ; entree au musce en 1906. 

Inlaclc sauf la corne droite (qui avail ele retrouvee dans les fondles ; erosions li-gvres 
sur les chevcux et la corne gauche; sur la face superieure, mortaisc peu profonde Irou dc 
bardage ?) sur la tele, et grande mortaisc rectangulaire coupee par la section postcrieurc ; 
hauteur, 0” 65; largcur en bas, O'" 77 ; saillic de la figure, environ 0“ 27. 

La tete est celle d’un bel ephebe au visage plein el encadre d'une abon- 

dante chevelure bouclee qui des¬ 
cend de chaque cote ; le caractere 
animal du personnage n’est indique 
que par la toison, tres legerement 
sculptee surle front, par des oreilles 
de taureau et les petites comes qui 
poinlent sur les cotes du crane ; 
l’iris est cerne d’un cercle incise ; 
l’ceil droit est moins long que l’icil 
gauche et la saillie de la paupiere 
au dessus de Tangle externe y osl 
plus accusee. Cette console est la 
seule (de celles qui sont exposdes ici), 
on le prolil des faces laterales tourue, simplement masse, sur la face anterieure. 

13 






194 


N° 702 — CONSOLE COLOSSALE 


II a ele trouve en 1904, a l’angle nord-ouest de la cour de Test, une aulre 
tele de Minotaure, mais plus grande et appartenant a une aulre serie de con¬ 
soles (probablement celle de la nereide et de la « Flore » ; cf. plus bas, n° 502 ; 
Collignon, Comptes rend as de I'Academie des inscriptions, 1904, pi. II a la 
p. 708 [cf. ibid., 1906, p. 169, note 1] ; Revue de Vart ancien et moderne, X, 
1906, t. xix, p. 43, fig. 5) ; — le meme motif a Spalato, H6brard-Zeiller, 
Spalato, 1912, p. 39-40 (cf plus haut, p. 178). 


501 (2278) Console decoree d'une tele d’Heracles. 


Trouvce en 1901, au milieu de la cour, a cole de la console k tele dc lion (laiss^e & Gheri; 
cf. plus haut, p. 178); entree au musee en 1906. 


Inlacte; les faces laterales sont inacheviies, lcs volutes placees dans les panneaux et les 

proiils superieurs simplement masses; ddpot 
de ciment sur la face laterale droile ; les 
mortaises de la face superieure comme au 
n° precedent; sur la face inferieure, sur le 
listel contigu aux deux caissons, petit tenon 
de fer encastre dans sa mortaise (pour un 
ornemcnt metallique); hauteur, 0“ 77 ; lar- 
geur en bas, 0 m 775 ; saillie de la figure, envi¬ 
ron 0“ 30. 


Type analogue au n° 498, mais le 
visage est carre et aplati, le profil de¬ 
prime, le modele tourmente et cepen- 
dant l'expression vide et sans carac- 
lere; les yeux ne sont pas incises; le 
travail est rapide et denote une main 
moins habile et une moindre entente de 
Feiret decoratif. 



502 (2280) Console colossale ddcorde d’un buste de ndreide. 


Aphrodisias; thermes, cour de Vest-, trouvee vers 1’ 
de XI. P. Gaudin, 1904 ; entree au musee en 1906. 


angle nord-ouest dc la 


cour; fouilles 


rc ^idlnon faefii^‘ L d Aphro , dlsias i la 'lueue, qui etait fruste, a ete couple, et le 
nez la narGe flon/n.. . l ’’ manc * uclU b«>s gauche, du biceps au poignet, le 

le menton de k K.? ! T * d , r0lte; 4rorion8 sul ' les >eux, lajoue droite, les UvrW, 
est placd k sa eauche • ’sn^l G f°‘ PS c u ropnstre qu elle presse contre elle et sur celui qui 
en evie nar a section d , h.' ^ ce « u Pdneure, grande mortaise rectangulaire en partie 



S® 503 — STATUE DE FEMME 


19 ." 


La nereide, nue et visible jusqu'aux seins, ne sort pas normalemenl du fond; 
le buste se tourne & droite, Tepaule droile avancc, la tele est relevee ; sur les 
epaules, tombcnl librement de longs cheveux niouilles, desquels emergent, 
au dessus du front, deux teles de canard 
tournees 1’une vers l’autre; les levres etaient 
entr’ouvertes; l’iris est cerne d’un cercle 
incise, les prunelles creusees ; la main gau¬ 
che est posee a plat sur le haut de la tete, 
la paume tournee vers le dehors ; le bras 
droit, plie horizontalement sous la poitrine, 
presse contre les seins un dragon de mer 
dont la tete monstrueuse, munie de crocs 
formidables, est tenue par la main droite 
de la jeune femme, tandis que le corps 
s’enrouleen replis tortueuxsur le cote gau¬ 
che (pour le spectateur) de la console, et 
s’y termine par une large queue en even- 
tail ; sur le cdt6 droit, est sculple en has 
relief un autre monstre marin, a peu pres semblable, mais plus petit, pose la 
tete en bas et d’un travail maladroit et neglige ; sous la face inferieure, un 
hippocampe galope vers la gauche ; — travail decoralif, d’une execution rude, 
de Tepoque d’lladrien. 

La place exacte qu’occupait celte console dans la decoration du porlique 
n’a pas ele determinee par les fouilles; il est probable qu’elle repondait, dans 
la region de Tangle nord-ouest, au buste semblable d’une « Flore », a demi 
degage, vers Tangle nord-est, h. la fin de la campagne 1903. 



M. Collignon, Comptes rendus de l'Academic dcs inscriptions, 1904, p. 707-408 ;pl. 
I il la p. 708 ; lievue de tart ancien et modernc, X, 1906, t. xix, p. 42 ; fig. 4, p. 41 ; 
— G. Mendel, Comptes rendus de VAcadimie des inscriptions , 1906, p. 169, note 1. 


503 (2208) Statue de femme. 


Aphrodisias ; thermes; trouvie dans la parlie nord de la galerie de test cf. plus liaut, 
p. 177); fouilles de M. P. Gnudin, 1905 ; entree au music en 1906. 


Marbre bleule A gros grains eristallins, des carrieres d'Aphrodisias; surface rougie et, 
par endroils, grenue ; revers sommairement travaille ; manquenl le nez, qui etail rapporte 
tpotitc mortaise circulaire au joint), Pavant-bras gauclie qui l'etait aussi [tenon de fer 
conserve), 1'uvant-bras droit; erosions sur les levres, le menton, l'arcade souroiliere ; la 
tele est rajustdc ; une petite partie du chignon est restaurce ; traces de brulurcs ; les 




196 


N° 503 - STATUE DE FEMME 


parties nues etaient lustrces (restes de 1 epiderme antique sur le bras droit et au crcux du 
cou) ; le trepan n’a ete employe que sur le diadfeme de cheveux, 4 creuscr les « yeux « des 
boucles ; plinthc arrondie en avant. . 

La statue est presque enti6rement recouverte d'un enduit ocre jaune, soutien de la dorure 
dont il reste quelques vestiges ; traces d’une bordure rouge et bleue sur le bas de la tunique, 
de rouge au bord de la manche droite, de bleu clair et de rouge sur le bord route de l’hima- 
tion qui passe sur la cuisse droite. 

Ilauteur, 1"96, dont 0™125 pour la plinthe. 

Une femme encore jeune, mais d’aspect matronal, est representee debout, 
le corps de face et portant sur la jambe gauche, la droite flechie legerement 
en arriere et sur le cote ; elle tourne la tete a gauche en la baissant un peu (les 
yeux etaient peints et ne sont pas ereuses ; les sourcils sont indiques par 
quelques stries incisees, encore visibles a l’ceil gau¬ 
che), laisse pendre naturellement le bras droit (tenon 
sur le bourrelet de la draperie) et plie le bras gauche 
a angle droit; elle est vetue d’une tunique de dessous, 
dont on ne voit que la manche, agrafee sur le haut du 
bras droit, et d'un peplos a colpos et apoptygma, 
celui-ci tombant egalement en avant eteu arriere, fixe 
sur l’epaule par une agrafe cachee sous un nceud 
d’etofl'e, orne a Tangle, sur la hanche droite, d’un 
pompon, et pique sur le bord inferieur; l’himation, 
ourle aussi sur les bords, est pose sur l’epaule gauche 

— un pan descend sur le bras et le long de la jambe 

— passe sur le dos et revient couvrir les jambes; le 
bord superieur, plie sur lui-meme, forme un epais 
bourrelet qui remonte obliquement sur l’abdomen et 
relombe en plis chiffonnes sur l’avant-bras gauche ; les 
angles en sont ornes de petits pompons ; les pieds 
portent des chaussures fermees ; les cheveux, disposes 
selon une mode frequente des l’epoque flavienne, tor¬ 
ment au dessus du front un haut diademe arrondi de 

petiles boucles rondes, et sans aucun doute postiche; sur le crane, ils sont 
parlages en huit cotes longitudinales (les trois c6tes medianes ne sont pas de- 
taillees) qui se reunissent sur la nuque en un petit chignon. 

Imitation d’un type de la fin du v e siecle, cree sans doute pour Hera ; ce 
type comporte ou un fin chiton ou un peplos leger, auquel le copiste a 
subslitue ici un peplos d’etoffe tres epaisse qui alourdit beaucoup la statue ; 
la construction des plis sur l’apoptygma, entre les seins et au dessous d’eux, 
la transparence des plis du colpos denoncent d’autre part l’influence des 
modeles hellenistiques ; les chaussures de cuir souple sont naturellement une 
addition etrangere a l’original. 




x° 304 - STATUE DE FEMME 


197 


La tele, petite pour le corps et portee sur un cou long et grole, esl d’un 
style si different qu'elle donne d'abord l'impression de ne pas appartenir a la 
statue ; c’est une « creation » du sculpteur qui donne une piteuse idee de ce 
qu’il peut faire quand il n'est plus soutenu par ses modeles : le travail est mou, 
l’evpression vide et sans caractere. Le corps et les draperies sont largement 
traites, d une execution un peu lourdeet dure, niais vigoureuse et decorative. A 
cet egard, la statue se rapproche du style de l’epoque de Trajan plus que de 
celui de l’epoque d’lladrien, et la disposition de la coiffure est aussi en faveur 
de la date la plus ancienne: mais il est probable que les modes, alors comme 
aujourd’hui, avaient dans les provinces une vie plus longue que dans la capi- 
tale; le lustre brillant pose sur l’epiderme des parties nues, le fait que la sta¬ 
tue a ele retrouvee dans un edifice conslruit sous Hadrien nous engagent a 
adopter la date la plus recenle. 

G. Mendel, Comptes rendus de V Acadimie des inscriptions , 1906, p. 174-173, n° 4. 

Photographic n° 1033. 


504 (22G9) Statue de femme. 


Aphrodisias ; thermes, galerie de Vest \ trouvee & cole de la prectklonte; fouillcs de 
M. P. Gaudin, 1905; entree au musec en 1906. 


■4 r v 

■ 


Marbrc bleutc & gros grains crislallins, des earrieres d'Aphro- 
disins ; rovers sommairemcnt travaille ; manque la main droito 
qui olail rapportee (mortaise circulaire a la section); tote rajus- 
tee ; nez mulild; croOtc terreuse surle visage et presque touto la 
draperic; l'epiderme antique, qui 6tait lustre sur los parties nues, 
n’est conservO que sur le pouce gauche ; plinlhe arrondie en 
avant. 

Quclques traces d’une couvertc ocrc jaune, soutien de ladorurc. 

Hauteur, l m 98, dont 0™ 13 pour la plinthe. 


Une femme, du meme age it peu pres que la prece- 
dente, mais d'allure plus svelte, est debout, le corps de 
face et portant sur la jambe droite, la gauche tlechie for- 
tement et trainant en arriere, le pied ne touchant le sol 
que de la pointe, la tete legerement tournee a droite; elle 
est vetue d'une tunique talaire et drapee dans un hima- 
tion releve sur le derriere de la tete, entr'ouvert sur le 
sein droit par le mouvement du bras plie sur le cote du 
buste, rejete sur fepaule gauche, et releve sur la cuisse 
gauche par la main gauche qui tient en menfle temps deuxepis et une capsule 




198 


N° riO.'i - STATUE DE FEMME 


de pavot; les coins du manteau sont decores de petits pompons ; les pieds 
portent des chaussures fermees; la tete, coiflee comme la preeedente, a la 
meme expression vide et impersonnelle ; le travail des cheveux est un peu plus 
pousse; les yeux ne sont pas incises; les sourcils sont indiques par un petit 
bourrelet slrie comme un cable. 

Replique d’un type tres repandu, cree au iv e siecle pour Demeter et souvent 
repris a l’epoque imperiale pour les statues honorifiques et les portraits (cf. la 
lisle des repliques ap. Hekler et Furtwaengler-YVolters, ll, infr. II., ou Ton 
trouvera aussi la bibliographie anterieure); la tele de l’original n'est pas con- 
nue ; celle que le sculpteur a donnee a sa statue est semblable & celle de la 
preeedente, mais d’un travail un peu meilleur; les deux oeuvres doivent elre 
exactement contemporaines. 


G. Mendel, Comples rendus de VAcadimie des inscriptions, 1906, p. 475, n" 5 ; 
fig. 4, p. 174; Revue de I'art ancien el moderne, XI, 1907, t. xxi, fig. p. 3\ ; — A. 
Ilekler, Muenchener archaeologische Studien dem Andenken Adolf Furlwaenglers 
gewidmet , 1909, p. 176, n» 3; p. 178, n° 2 ; p. 228, n° xxr, b ; — S. Reinach, Reper¬ 
toire de la staluaire, I\ , 1910, p. 411,3; — Furtwaengler-Wolters, Besclireibung der 
(ili/ptolhek, 2' Ad., 1910, p. 370-371. 


Photographic n° 1031. 


505 (2267) Statue de femme. 


M A n lir J? dlS ! aS ’ thermes > ff-’/erie de Vest ; trouvee A c6te des n°" 503 et 50 i ; fouilles de 
M. 1 . Gaudin, 1905; entrie au musde en 1906. 


Marbre Wane a pros grams cristallins, des carrieres d’Aphrodisias ; revers tres sommaire- 
ment travaille ; manquent la tete, la main droite, les doigts (rapportOs ; mortaise A la sec- 
tion de la mam gauche, sauf l’mdex, les orteils du pied gauche ; Arosions au coude gauche ; 
plinthe trAs mince, bnsAe sur les bords ; hauteur, 1-615, dont 0-045 pour la plinthe. 


Debout et de face, avec un leger mouvement de l’epaule gauche en avant, 
le bras gauche plie horizontalement sur la laille, la main soutenant le coude 
droit, le bras droit releve vers le visage, elle repose, avec un petit dehanche- 
ment, sur la jambe droite, ecarlant assez fortement la gauche sur le cote, le 
pied ne portant que du cote interieur de la plante, la pointe ouverte ; elle est 
vetue dune tunique talaire qui relombe sur les pieds (chausses de sandales), 
etdrapee tout entiere jusqu’aux genoux dans un himation releve sur la tete ; 
la mam droite tenait le bord du manteau qui descend de ce cote du cou ; il est 
orne, aux angles, de pompons, et ourle sur les bords ou orne d’un galon de 



N° liOfi - STATUE DE EEMPEREUR VALKNTISIEX I[ 


199 


passementerie et d'une frange 6paisse ; 1’etofle legere laisse transparaitre les 
plis de la tuniquc. 

Replique d’une des variantes les plus repandues du type de la « Pudicite ■> ; 
le motil lui-meme remonte au inoins aux debuts du 
iv e siecle (on le trouve sur le sarcophage des « pleureuses », 
sur des steles attiques, sur la belle statue du Louvre, 

Collignou, Les statues funeraires dans Varl grec, p. 158, 
tig. 90), mais sous la forme qu'il prend dans les nom- 
breuses statues d’epoque imperiale, il procede d’une oeuvre 
hellenistique, creee sans doute au n e siecle et qui, tout de 
suite, conquit une faveur donl temoigne la decouverte, 
a Magnesie du Meandre, de plusieurs statues de ce type 
datanl de ce siecle et du suivant. Dans l’exemplaire 
d’Aphrodisias, les proportions du corps — buste court et 
grele, larges hanches — et le caractere de la draperie re- 
velent avec evidence le modele hellenistique ; le travail 
est « honnete », mais lourd, en particulier dans le rendu 
des transparences de l’etoffe ; — la statue est contempo- 
raine des deux prec^dentes; sur le type, cf. Collignon, 
l. supra l., p. 290 sq., ou Ton trouvera la bibliographie recente. 

G. Mendel, Comples rendus de l’Acadtmie des inscriptions, 1906, p. 175, n° 0. 

Pholographie n“ 1029. 



506 (2264) Statue de l’empereur Valentinien II. 


Aphrodisias ; thermes, gelerie de Vesl : tniuw i cot6 des n°‘ 503, 501, 505 ; fouilles de 
M. P. Gaudin, 1905; entree au mus6e en 1906. 


Marbre bleute 4 gros grains cristallins, des carriires d'Aphrodisias; re vers tris som- 
mairement travailli ; la statue a ete rctrouvde en quatre fragments : trie, buste, jambes et 
pieds adliercnls A la plinthe ; la cheville gauche, une partie du pied droit et du support, 
quelqucs lacunes aux joints des fragments, l’arAte de quelques plis sur le haut du bras 
droit sonl restaurecs en plAtre ; manquent l’avant-bras droit, la main gauche, quelques pans 
de la draperie, en particulier celui qui tombait de l'avant-bras gauche et celui qui debor- 
dait les contours du corps A droite ; nez et menton mutiles ; erosions profondes sur le haut 
du bras gauche ; partie inferieure du haut du bras droit et avant-bras gauche rajustes ; 
tout rdpiderme du marbre, qui etait lustre, est maintenant recouvert d’une croiile terreuse; 
plinthe arrondie, brisee A l’angle posterieur droit et A gauche spour le spectateur) du pied 
droit; hauteur, 1"' 89, donl 0” 105 pour la plinthe. 


L’empereur est debout, le corps de face et portant sur la jambe gauche, le 
pied droit ldgerement ^carte, pose A plat, la pointe ouverle, la tete tournee A 



200 


p;0 ;;Q(; _ STATUE DE L EMPEREUR VALENTINIEN II 


gauche [notre figure 
gauche a angle droit, 



est faite pour montrer la tete de face] ; il plie le bras 
l’avant-bras tendu un peu vers 1’exterieur; il tenait un 
sceptre court appuye sur l’epaule (traces d’un tenon a 
cet endroit); le bras droit pendait naturellement avec 
une legere inflexion du coude : il ne reste aucune trace 
d’un tenon correspondant a l’avant-bras (qui etait peut- 
etre rapporte) ou a un attribut (qui, s’il a exisle, nepou- 
vait guere etre que la mappa). 

Le costume est celui qui, depuis Constantin, fut le cos¬ 
tume officiel des hauts magistrats ; il comprend une lu- 
nique de dessous dont on ne voit ici que les manehes 
longues et etroites, et une tunique de dessus a manehes 
courtes et amples ; cette seconde tunique, contrairement 
a l’usage ordinaire, est ici plus longue que la premiere ; 
elle est serree a la taille par une ceinture cachee sous un 
pli retombant de l’etofle. Le manteau est la trabea : po- 
see de biais de l’aisselle droite a l’epaule gauche, elle 
contourne ensuite le dos, apparait a peine sur l’epaule 
droite derriere laquelle elle retombe en debordant un 
peu les contours du corps; en avant, elroitement ser¬ 
ree au buste, elle couvre la jambe droite, jusqu’a mi- 


hauteur du tibia ; le bord inferieur, degageant la jambe gauche, remonte vers 


la taille, s'y reunit avec le large pli qui se forme sur l’abdomen, et tous deux, 


confondus, retombent sur l’avant-bras gau¬ 
che ; la bande qui, sur le bord superieur du 
manteau, passe comme une echarpe sur la 
poilrine, celle qui se detache sous cette 
icharpe, descend sur le c6le gauche du 
buste et reapparait au dessous du bord in¬ 
ferieur du manteau, n’ont pas encore Ins¬ 
pect de parements rigides et cousus sur la 
toge, mais sont plutot traites comme des 
plis de 1 etoffe meme. Les pieds sont chaus- 
ses des calcei aurei ; deux courroies plates 
se croisent sur l’empeigne; d’autres, plus 
epaisses, s’enroulent autour de la tige mon- 
tante et retombent sur les cotes exterieur 
et interieur de la jambe. 

La tete est imberbe et juvenile ; l’iris est 



cerne d un cercle incise, la prunelle creusee d’une cavite circulaire au som- 


met de laquelle on a laisse un petit point en relief; les cheveux courts, rame- 



N° 506 - STATl'E DE I. EMPEREL’R VALFXTIX1EX II 


201 


n6s en masse et coupes droit sur le front, sont ceints d’un diademe, fait d'un 
double rang de grosses perles fixees sur les bords d'un bandeau, et decore, 
sur le devant, d’un camee ou pierre precieuse, serti lui-meme de perles plus 
petites. 

La designation n’est pas certaine ; — il a ete trouve, au mois de septembre 
1905, dans la galerie de Vest , deux bases cylindriques sans profils et portant 
chacune une inscription : l’une au sud de la porle centrale qui fait communi- 
quer la galerie avec le portique est de la cour de Vest cf. plus haul, p. 177): 

[’AyaOiji] 

Tsv tv); is’ r t Aim vyj; Xjzzv.pyzzpy. 
v.y\ -zz~zz r y/yi cjcr-ir/jv yjimjv 
<I>X. ’Apv.ii'.z't tsv a’.omsv AV'tvttsv 
groupe de $ Hynes martelees 
groupe de l lignes m&rtelies 

L’autre fut trouvee au nord de la meme porte : 

’AyaOij t j*/r, 

Tbv Tfj; : yp ■■f l ; 

a!)Tcy.p«Topa v.x. -pzr.tz-j/z-i 
zziT.zvrpi i;p.ojv 
OuaXsvTiviavov 

TSV «i<t)VlOV AvyOSTTSV 
3 lignes martelees 

La seconde inscription se rapporte presque certainement a Yalentinien II 
(375-392); elle se trouvait dans la partie nord de la galerie, c’est-S-dire dans la 
region meme ou ont ete recueillis les fragments de notre statue ; il paraitra 
done legitime de les rapprocher, bien que la statue n'ait pas pu reposer — du 
moms directement — sur le tambour de O m 52 de diametre sur lequel est gravee 
l’inscription. Grace a l’obligeance de M. Babelon, nous avons pu, au Cabinet 
des medailles, comparer les photographies de la tete avec les monnaies: cette 
comparaison n’a pas etc defavorable k noire hypothese. mais, comme on devait 
s’ v attendre, elle ne lui a pas apporte de confirmation decisive; tous les coins 
d’empereurs frappes au iv° siecle sont inlluenc6s par le type constantinien, et 
de li vient sans doute qu'il n’y ait pas un buste imperial de cette epoque, en 
dehors de Constantin lui-meme et de quelques membres immediats de sa mai- 
son, qu’on ait pu identifier avec certitude. 

Quoi qu'il en soil, il reste certain que la statue represente un empereur de 
la fin du iv e siecle, et par la elle a un int£ret archeologique considerable ; il est 



202 


N 0 507 - STATUE d’i'N M AG1STPAT MUNICIPAL 


curieux de retrouver a cette epoque une oeuvre qui temoigne d’un sentiment 
plastique encore aussi vivace : si les formes du buste et de la jambe gauche 
ne se laissent plus guere deviner sous le vetement, le mouvement de la jambe 
libre est justement rendu et traduit dans la draperie; celle-ci parait etudiee 
sur le modele vivant et Ton y retrouve l’influence des traditions classiques ; 
le travail, il est vrai, a quelque chose de maigre et de sec, mais il est exempt 
de ce schematisme, de cette rigidite anguleuse qui caracterise par exemple 
les « ediles » du musee des Conservateurs (Helbig, Fuehrer , 2 e ed., n os 583- 
584): il suffira de comparer les deux oeuvres pour juger de la superiorile que 
gardaient toujours les ateliers d’Asie mineure sur les ateliers romains. La tete 
est d’un tout autre style que le corps : c’est evidemment la copie du type 
ofliciel « constantinisant » (sur ce type de tele, cf. Riegl, Die spaelroemische 
KunslinJuslrie in QEsterreich-l’ngarn, p. 109 sq.). 

La Irahea est interessante : par le caractere de l’etoffe, elle se rapproche de 
la loge dum e et du commencement du iv c sieele (cf.,en dernier lieu,C. F. Ross, 
American journal of archaeology , XV, 1911, p. 24 sq.); par la disposition, 
par la maniere dont les plis y sonl conslruits, elle est plus voisine des man- 
teaux representes sur les diptyques consulaires du debut du siecle (cf. 
L. von Sybel, Christliche Antike, II, p. 231) ; — sur le diademe, cf. Saglio, 
dans Saglio-Poltier, Dictionnaire des anliquites, II, 1, s. v° diadema, p. 120- 
121 . 

G. Mendel, Comptes rcndus de I’Acadtmie des inscriptions , 1906, p. 174, n° 3. 

Photographies n°‘ 1031 (ensemble), 1035 (tete, profil k gauche), 2212 (tete, de face). 


507 (2260) Statue d un magistrat municipal. 


Aphrodisias ; thermes, galerie de Vest ; trouvde a coti des n»" 503 a 506 ; fouilles de 
M. P. Gaudin, 1905 ; entree au musee en 1906. 


Marbre blanc k gros grains cristallins, traverse de quelqucs veines noires, des carrieres 
d Aphrodisias ; la statue a tres peu d’epaisseur; 1c revers en est a peine travaille; manquent 
les doigts des deux mains, 1 extremite du pied droit, une partie du bord de la plinthe ; ncz 
mutile ; avant-bras droit (en deux morceaux) rajuste ; l'^pidermc du marbre etait lustre ; 
croute terreuse sur le visage et en plusieurs endroits du corps; traces de brulures ; les 
boucles de cheveux sont creusees au trepan; plinthe arrondie sur le devant, sans profil; 
hauteur, 1” 87, dont 0“12 pour la plinthe. 


Il est debout et de face, reposant sur la jambe gauche, la droite legerement 
ecartee, le pied pose a plat, la pointe ouverte ; le bras gauche, pli6 a angle 
droit, est cache sous la draperie et en souleve un pan qui retombe egalemenl 



n° r,07 


STATI'E I) I N MAfilSTH.VT MUNICIPAL 


203 


tie pari el d’aulre tie l’avanl-bras degage ; le bras droit, tout entier visible, 
est ramend devant la taille k laquelle il est rattache par un tenon ; les deux 
mains sont ouverles et avaientles doigls allonges ibague a chaton circulaire a 
1 annulaire de la main droite). II est vetu de la chlamvde longue, tombant 
jusqu aux pieds et fixee sur l’epaule droite par une 
fibule metallique (petite mortaise circulaire); il porte, 
en dessous, une tunique a manches taillees dans la 
mime piece que le corps du viitement, amples enhaut, 
etroites sur l'avant-bras ; elle est serree par une large 
ceinture donton voit au dessus de la hanche droite la 
boucle a deux ardillons ; cetle tunique s'arrete un peu 
plus bas que le genou ; il est probable que les jambes 
sont protegees par un maillot, mais, au dessous du 
bord inferieur de la tunique, aucun detail n’est plus 
indique, et, entre les bords legerement ecarles du 
manleau, le marbre est uni, sommairement travaille ; 
les pieds sont ehausses de hotlines lermees ; contre 
le pied gauche, un support bas, forme d’un faisceau 
de volumens roules. 

La tete, qui regarde droit devant elle, est d’un re- 
marquable realisme; c’est le portrait d'un homme 
d'une cinquantaine d’annees ; le sculpteur semble avoir 
scrupuleusement reproduit la laideur de son modele, 
en particular dans le dessin de la bouche aux levres epaisses et proeminentes; 
le front est ride et traverse, au dessus de la racine du nez, par deux fourches 
verlicales ; les yeux sont creuses d’une double eirconference, l’une cernant 
l'iris et l'autre la prunelle ; les moustaches, la barbe et peut-etre les sourcils 
sont indiques rapidement par un semis de points incises; le sommet du crSne 
semble rase ; autour de cette tonsure, les cheveux courts, mais abondants et 
crepus, forment comme une couronne qui descend sur le front et couvre les 
oreilles. 

Le costume du personnage represente —- sans doute un magistrat municipal — 
n'esl pas plus ancien que la tin du iv e sieele ; la tunica manicata est adoptee a 
cette 6poque par les romains de distinction ; la chlamvde longue (qu’il fautdis- 
linguer de la chlamvde militaire, qui est courle) etait devenue, des le m e sieele, 
le vetement imperial proprement dit; dans la suite, on la voit portee par les 
hauls fonctionnaires et elle devient 1’insigne des patrices diptyque de Flavius 
Felix, t-S, deuxieme feuillet v \ on Sybel, Chrislliche Antike, II, p. -'.V2 ; dip¬ 
tyque anonyme d’Halberstadt (ibid., tig. tiS : diptyque de Rufus Probianus, 
deuxieme feuillet, personnages places a cote et au dessous du consul ^Molinier, 
Les ivoires , p. 10, n° .">0, pi. I\' ; cf. sur cette question, \Y. Meyer, Zivei antike 




20i N° 507 - STATUE d’iN MAC.ISTRAT MUNICIPAL 

Elfenheintafel {Abhandlungen der kgl. bayerischen Akademie der Wissen- 
schaflen, I. Classe, XV. Bd., I. Abth., Munich, 1879), p. 29 du tirage a part, et 
surtout C. Jullian, Melanges d'archeologie et d’histoire, II, 1882, p. 8 sq.; sur 
la fibule, ibid., p. 16]; les cheveux« coupes ras sur le haut de la tete, s'allon- 
geant et s'arrondissant sur le front pour l’envelopper comme d'un bourrelet » 
sont une mode theodosienne (diplyque de « Stilicon », de Felix, mosaiques de 
Saint-Pierre Chrysologue ; personnages representes sur le disque de Theodose a 
Madrid ; d’apres C. Jullian, l. supra l.) ; on notera enfin que l’attitude de notre 
statue est exactement celle du consul Felix et se retrouve sur le diptyque ano- 
nyme de Novare qu’on attribue au commencement du v e siecle (Venturi, Sloria 
dell' arte italiana, I, p. 358, fig. 331). II n'est done pas permis de douter que 
cetle statue et la suivante, qui sont certainement contemporaines entre elles et 
sorties du meme atelier, sont aussi, a peu de chose pres, contemporaines de la 
precedente. Ce sont des sculptures rapides, du « travail courant», mais par la- 
meme plus representatives de Part de celte epoque que la statue de l’empereur; 
elles contrastent singulierement avec lui: le realisme brutal de la tete, directe- 
ment oppose au type stereotype de l’autre, se ratlache aux traditions du 
m e siecle; elle est d’une execution pauvre, raboteuse, mais e’est encore une 
sculpture de ronde bosse; le corps n’a plus droit 4 ce nom : travaille sur une 
plaque de marbre de tres faible epaisseur, plat au revers, il n’est fait que pour 
etre vu de face ; le sculpteur ne se preoccupe plus de la profondeur, ne cherche 
plus a rendre les formes physiques; toute sa figure est ramenee sur un plan 
unique dont la surface n'est entamee que par les mouvements necessaires a la 
production des ombres. Peu de monuments montrent plus clairement cette 
substitution de la conception « optique » a la conception « tactile », et ce 
retour a la « frontalite » ou Riegl reconnaissait justement les caracteres 
essentiels de la transformation subie par la sculpture au iv e siecle ( Die spaetroe- 
mische Kunstindustrie in GEsterreich-Ungarn, p. 107, 111) ; peu de statues 
antiques ressemblent plus a une statue du moyen age. On notera toutefois 
dans la composition de la draperie aulour de l’avant-bras gauche une survi- 
vance de la maniere antique ; au n° suivant, un detail — la main gauche indi- 
quee par transparence sous le manteau — temoigne encore du gout que ces 
sculpleurs conservaient pour les « gentillesses » du marbre. 

G. Mendel, Comptes rendus de VAcademic des inscriptions, 1906, p. 173-174, n° 2. 

Photographies n o, 1030 {ensemble, sans Tavant-bras droit), 1613 (ensemble, avec l'avant- 
bras droit rajuste), 2216 (tete, de face), 2213 (t6te, profil 4 droite). 



N° 300 - TfcTE DE LAPIIRODITE U APHRODISIAS 

508 (2265) Statue d un magistrat municipal. 

Aphrodisias ; thcrmes. galerie de lesl ; trouvee k cote des n°‘ 503 4 507 ; fouillcs de 
M. P. Gaudin, 1905 ; entree an nnisee en 1906. 

Marbre bleute k gros grains cristallins, des carrieres d'Aphrodisias ; la staluc a Ires pen 
d epaisseur; lc revers n’est pas travaillc ; nez inutile; tele rajustee ; l’epiderme du marbre 
etait lustre; traces de bnilures; les clieveux travailles au trdpan ; plinthe arrondie sans 
prolil; hauteur, 1*81, dont 0*115 pour la plinthe. 

Cette statue reproduit presque exactement le type de la precedenle : debout 
et de face, le corps portant sur la jambe gauche, la droite 
flechie et legerement en arriere, le pied pose a plat, la 
pointe ouverte, le personnage tient, de la main droite 
baissee, un baton court, insigne de ses fonctions muni- 
cipales, et plie le bras gauche a angle obtus; la main 
gauche, cachee sous la draperie, n’apparait qu'avec des 
formes estompees; il est veto comme l’aulre, avec celte 
dillerence que la ceinture est cachee et que la tunique 
est plus longue; la tele, tournee a gauche, parait plus 
Agee; le caractere individuel n’v est pas moins accuse: 
les levres, fines el serrees, semblent couvrir une bouche 
edenlee ; le front est ride; lesyeux,cernes d’une boutlis- 
sure, sont creuses d’une double circonference el regar- 
dent legerement vers le haut; moustaches, barbe et 
sourcils sont indiques par un semis de courtcs incisions; 
le sommet du crane est degarni ; les cheveux plaques. 

Ires sommairemenl travailles au revers, laisseul voir les 
oreilles et sont ramenes sur le front et les tempos (on 
notera, dans les sillons creuses au trepan pour separer 
les meches, les petits tenons de marbre que le sculpteur a neglige de faire 
dispa raitre). 

Sur le style et la dale de cette statue, cf. plus haut, p. 201. 

G. Mendel, Complex vendus de I'Acadimie des inscriptions, 1906, p. 173, n° 1. 

Photographies n°' 1032 (ensemble), 2219 v tele, de face), 2220 (tetc, prolil a droite 1 . 



509 (1614) Tfite de 1’Aphrodite d'Aphrodisias. 

Aphrodisias ; thermos, galerie de I'est ; trouvee vers rextremite sud de la galerie ; on 
decouvrit en m£me temps un ^rnml bras de femme — laissd 4 Gheri — qui doit appartenir 
4 la statue dont le corps n’avait pas encore ele rctrouve quand les fouilles prirent fin ; 
fouillcs de M. P Gaudin. 1905; entree au musee cn 1906. 



206 


y o ;; 10 - I’feTE DE l’aPIIHODITE d'aPHRODISIAS 


Marbre blanc 4 gros grains cristallins, des carrieres d’Aphrodisias ; la tete, sculptde a 
part, s'encastrait dans une statue; elle avail conserve, au moment de la dccouvcrle, le 
grand tenon dc fer qui la fixait au buste; manque un fragment de la calotte du crane, dont 
une partie est rajustcc ; cassure sur le bord du cou a droite ; grande cavite creusee au 
sommet de la tete, pour l’insertion d’un polos ; epiderme lustre ; traces de brulures ; les 
cheveux sont sommairement travailles sur le crane et au revers ; bandeaux etboucles sont 
execute's au trepan. 

Faibles traces de rouge sur les cheveux. 

Hauteur totale, 0-45; de la racine des cheveux au menton, 0“ 245. 




La tete est de face, le visage est long et plein, le front lisse, les yeux (non 

incises) mollement dessines, 
les levres entr’ouvertes ; les 
cheveux forment deux ban¬ 
deaux ondules, separes par 
une raie, couvrent le haul 
des oreilles et se rejoignent 
sur la nuque en un petit chi¬ 
gnon carre; une petite boucle, 
tordue en spirale, d’aspect 
presque metallique, descend 
sur les tempes.el deuxgrandes bouclessemblables se detachent derrierel’oreille 
et tombent sur chaque epaule ; un polos cylindrique etait pose sur la tete. 

Travail correct, froid et banal de l’epoque d’Hadrien ; le sculpteur semble 
s’etre librement inspire d’un type de la fin du v® siecle — modele lisse, grands 
yeux, joues charnues, boucles rigides; tout au moins, il a voulu donner a sa 
deesse cette expression de serenite et de gravite qui est propre aux oeuvres de 
la grande epoque classique; mais elle est ici detruite par le regard vide des 
yeux et le dessin maladroit des levres qui, separees par un sillon d’ombre pro- 
fonde, semblent sourire d’un air niais et etonne ; d’autre part, le modele des 
chairs est mou et sans caractere; le travail des cheveux, ravine de profonds 
sillons creuses au trepan, est franchement mauvais. 


G. Mendel, Comptes rendus de I’Acadimie des inscriptions, 1906, p. 17:>, n° 8 ; 
pi. Ill; — American journal of archaeology, X, 1906, p.338, fig. 1. 

Photographies n 0> 791 (face , 792 (profit 4 droite). 


510 (1624) T6te de 1’Aphrodite d'Aphrodisias. 


Aplirodisias; thermes, galerie de Vest ; trouvee dans la partie sud de la galerie ; fouillcs 
de M. P. Gaudin, 1905; entree au musee en 1906. 


Marbre bleute a gros grain^cristallins, des carrieres d'Aphrodisias ;la tete, avec le haul 
de la poitrine, est sculptec 4 part et s’encastrait dans une statue ; manquent une partie du 



UDUKES DE LA GIGANTO.MAUIIE 


207 


rcvers du crAnc, qui Alait cvidA, sans doute pour rcccvoir un polos rapporlc, une parlic du 
nocudde chevcux, la bouclc llottanl sur lc cole droit du cou; erosions A droite, sur l'loil, 
le nez, le front ct lc bandeau dc chevouv ; au moment de la dAcouverte, le cou et la poi- 
trine se sont brisAs en plnsieurs morceaux, le marbre Atant devenu tres friable sous lac- 
tiou du feu ; ccs morceaux ont Ate rajustes : une partie du cou et de la boucle flottant sur 
le cote gauche du cou a Ate restauree en pliitre ; les chevcux, sur le sommet du crane, sont 
sommairement travailles ; bandeaux ct boucles sont executes au trApan. 

Les ycux Ataienl peinls. 

Hauteur totale, 0" 55 ; de la racine des cheveux au menlon, 0 m 235. 


La tele s’incline gracieusement vers l’epaule gauche; le visage 
ovale un peu rond; les levres, assez fortes, sont 
legerement entr’ouvertes et eclairees d’un sourire 
discret; les yeux (non incises) sont longs, avec un 
regard reveur et doux ; les cheveux, separes par 
une raie, encadrent le front lisse de bandeaux irre- 
gulierement ondules, couvrent le haut des oreilles 
et sont releves et noues sur le sommet du crane; 
deux boucles flotlent librement sur les epaules ; 
une petite meche descend de la lernpe sur la joue ; 
un polos etait pose derriere le nceud de cheveux. 

Les cheveux sont d'une execution dure et le 
modele des chairs est sec ; cependant l'ensemble 
reste assez agreable et garde un peu de la grace du 
modele hellenistique qu’a reproduit le sculpteur. 


est d’un 



G. Mendel, Comples rendus de VAcademic des inscriptions, 1906, p. 176-1*7, n" 9 ; 
pi. IV. 

Photographies n°* 790 (visage scul), 10 A droite (la tele avec lc cou el le fragment de 
la poilrine rajustAs). 


511-514 Reliefs de la gigantomachie. 


Aphrodisias; ces reliefs ont etc trouves dans les ruines de l'ediflce dAsigne provisoire- 
ment sous le nom de gymnase (cf. plus haut, p. 177' ; ils y avaient AtA reemployes comrae 
parement d’un bassin (cf. Collignon, pr. 1. infra f., une vue d'ensemble — un peu « arran- 
gec s dans la partie cenlrale, entre les bases — montrant les plaques in situ ); fouillcs de 
M. P. Gaudin, 1904 ; entrAs au musAe en 1906. 


Ces reliefs sont seulptes sur des dalles rectangulaires, ornees haut ct bas 
de moulures dont les prolils inachevcs varient legerement de l'une a l’autre; 
ils representent le combat des dieux contre les geanls ; ceux-ci, barbus ou 



208 


N o - relief de la gigantouaciiie 


imberbes, avec des cheveux longs et incultes ou courts et crepus, ont un buste 
humain vigoureusement muscle et des cuisses squameuses, continuees par des 
corps de serpents qui collaborent parfois a la lutte ; sur la plaque n° 511, leurs 
oreilles sont humaines; sur la plaque n° 512, elles sont longues et pointues 
comrae celles des satyres. — Les cheveux et les draperies sont travailles au 
trepan. 

L'teuvre a certainement subi l’influence de la frise de Pergame, soil dans le 
type des geants, soit meme dans les motifs (rapprocher, en particulier, les deux 
geants du n° 512 de ceux de Pergame, S. Reinach, Repertoire de reliefs, I, 
p. 209, 10), mais elle n’en est pas une copie, meme tres libre. La composition 
tres elairsemee, qui resout la lutte en une serie de combats singuliers et 
decouvre une large partie du fond, indiquerait plutot l’imitation d’une 
oeuvre sensiblement plus ancienne ; l’absence du decor pittoresque, qui dis¬ 
tingue tres nettement ces reliefs de la gigantomachie du Vatican (W. Amelung, 
Die Sculpturen des vaticanischen Museums, II, Belvedere, n° 38), temoigne 
de la meme tendance classiciste ; mais, d’autre part, la petite figure d’Arte- 
mis (n° 513), placee dans l’eloignement d'un second plan sur une eminence de 
terrain, revele une influence, attenuee et lointaine, mais evidente, du relief 
hellenistique. Nous croyons done pouvoir altribuer Poriginal d’ou derive notre 
gigantomachie a un sculpteur neo-attique des environs de l’ere chretienne ; 
1’echarpe deployee en evenlail que portent la deesse debout au n° 511 et Athena 
au n° 512 est presque une signature d’ecole (on la retrouve d'ailleurs chez la 
deesse du chapiteau-frise, n° 491). Les reliefs eux-meines doivent dater du 
n® siecle ap. J.-C.; Louvre est mediocre, d’une execution dure et rapide. 

Itappelons queTexier a dessine a Aphrodisias plusieurs reliefs d’une autre 
gigantomachie (Description de I'Asie niineure, III, pi. 158 ler ; S. Reinach, 
l. /., II, p. 100, 3-5) : en 1904, M. Gaudin a trouve, sur la surface du sol, 
une ou deux plaques, tres mutilees, d’un Iroisieme ensemble. 

M. Collignon, Comptes rendus de VAcadtmie des inscriptions, 1904, p. 710; pi. V, 
p. 709 ; Revue de I'art ancien el moderne, X, 1906, t. xix, p. 38-40; fig. 2, p. 37, et 3, 
p. 39 ; — Allertuemer von Penjamon, 111, 2, 1910 : H. Winnefeld, Die Friese des 
groszen Altars, p. 136. 


511 ( 1613 ) Relief de la gigantomachie. 


Marbre blanc tres legerement bleute, 4 gros grains cristallins, des carrieres d'Aphrodi- 

H 18 : ;J eV ' el 'n , ! b ™ een , haut ; man< J u e tout* la moulure superieure, sauf 4 l’extrcmitd 
droiU: ou elle est mutilee; la moulure mfeneure presentc, en plan, une legere concavity, 
due 4 une erreur de ta.lle ou a son etat d’inacl,4vement; deux ouvertures y sont creusees 
! . d eduction ; l ean coulait aussi directement d’mi Iron irregu- 

lier, perce sur le champ meme, et a laisse, au dessous dc l’orilice, d’abondantes concri- 



X° 511 


RELIEF DE LA GIGA.NTOMACHIE 


209 


lions calcaircs ; un autre Irou, plus petit, est encore pratique sur le champ, entre les deux 
deesses; vers l'extremite gauche, la moulure infcrieure est creusee d une sortc de cuvette, 
produitc vraisemblablcment par lc frottement dcs piedg ; le revers de la dalle, k hauteur 
de la tile de la deesse [2], presente une cavite scmblablc ; e’cst Ik sans doute l endroit d’oii 
Ton puisait l’eau k mime dans le bassin ; — geant [1] : manquent les doigls de la main 
gauche et lc sommct du crftne 'qui ctait sculpte sur une plaque perdue;; deesse [2] : 
manquent la tete et les bras; le pied droit use par le frottement, le gauche deforme par 
les concretions de l’eau ; giant [3] : manquent les bras et les parties sexuelles ; profit lese; 
deesse [ij; manquent le bras droit et le visage; main gauche erodee: geanl[k] : manquent 
le nez et le bras gauche; main droite mutilee ; toutes les tetes de serpents sont brisees; 
hauteur maxima actuellc, 1“ 175; longueur actuelle, 1“ 98 ; epaisseur, environ 0“14; hau¬ 
teur du champ, 0 m 81. 


A l’extremite gauche, est un geant mort [1], visible seulement jusqu’aux 
hanches ; le buste est encore debout, mais fortement incline a gauche, et la 
tete, imberbe, avec de longs cheveux irreguliers, se renverse inanimee sur la 
poitrine ; les bras pendent inertes et croises enX; a cote, une deesse aux 
longues boucles flottantes [2] combat, le corps de face, la jambe droite llechie, 
la gauche tendue; elle est vetue d’une tunique talaire qui, serree sous les 
seins, laisse 
transparaitre 
ses formes svel- 
tes, son buste 
un peu grele et 
ses longues jam- 
bes; un etroit 
manteau sesou- 
leve et s’arron- 
dit autour de sa 
tetecomme une 
echarpedonlles 
plis se deploient 

en evenlail sur le fond ; elle a saisi son adversaire aux cheveux, de la main 
gauche, et leve sur lui la lance quelle tient de la main droite (traces d’un 
tenon sur le pan du manteau qui descend devant 1 epaule droite) ; le geant ^3 , 
imberbe et crepu, place au milieu de la plaque, cherche vainement a faire 
lacher prise a la deesse ; son buste s’incline en avant (a gauche pour le spec- 
tateur), pret a lomber sur le sol, tandis que le serpent de sa cuisse droite se 
dressait encore menacant ; derriere lui, visible seulement jusqu’a mi-jambes, 
une deesse [4], semblable a la premiere, vole vers un autre geant, la tete et 
le buste de protil, les jambes rejetees & gauche et ne touchant pas le sol; ses 
cheveux sont noues sur la nuque ; son echarpe s arrondit autour d'elle comme 
un cintre ; elle en tient un bout de la main gauche baissee et tendait le bras 
droit pour frapperl’adversaire ; celui-ci 3j se presenle de dos, la tete tournee 



14 



210 


512 — llELtEE HE LA GlGANTOMACIl IE 


vers la deesse, le buste rejete en arriere; se couvrant du bras gauche, sur 
lequel retombe la peau de lion nouee par les pattes sur l'epaule droile, il 
saisit de la main droite, sur le sol, une pierre qu il va lancer contre elle ; il 
est, com me le precedent, imberbe avec des cheveux courts et boucles. 


S. Reinacli, Repertoire de reliefs , 1, 1909, p. 2, 2. 
Photographic n° 1024. 


512 ( 1613 a ) Relief de la gigantomachie. 


Marbre bleutd k gros grains crislallins, des carriires d’Aphrodisias ; revers fruste ; plaque 
complete en deux fragments; les aretes verticales ont et<5 retaillees ; epais depot de ciment 
contrc celle de gauche; la moulure superieure est brisee A droite et mulilce a I'extremite 
gauche ; la moulure infirieure presentc les deux memos ouvertures que celle de la plaque 
precedentc, mais sa concavile est moins accusie ; deux autres trous, places sur la ligne 
memo dc la cassurc, sont creusis l’un au dcssus dc l’autre sur le fond ; — Athena [1] : 
manque le bras droit; erosions sur le visage et la poitrine ; peripheric du bouclier mutilee ; 
geant [2]: manquent la main gauche, le pouce et rextremile de l’indcx droit, les parties 
sexuellcs; bras droit, en deux fragments, rajuste ; geanl [3] : manquent le bras droit, les 
teles des serpents ; le corps du serpent de la jambe droile mutile ; — morlaise pour cram¬ 
pon & 1’extremite gauche et, un peu en defd, traces d’une mortaise pour tenon ; hauteur 
complete, 1“ 19 ; longueur complete, 2“ 10. 


A gauche, Athena [1] s’avance d’un pas rapide contre deux geants; elle est 
velue d’une lunique longue, a apoplygma serre sous les seins ; un manleau 
etroit, jete sur l’epaule et le haut du bras gauche, passe derriere l’epaule 

droile et flotte 
sur le fond, se 
deployant en 
even tail; la poi¬ 
trine protegee 
par une petite 
egide, la tete 
coifleed’un cas¬ 
que a cimier et 
panache retom- 
bant, elle tient 
de la main gau¬ 
che un bouclier 

rond, dont on voit la concavite, el, de la droite, brandissait la lance ; elle a 
deja atteint l’un des geants qui fuit devant elle, le buste de face, tendant der¬ 
riere lui sa main droite desarmee, comme pour eviter le coup supreme ; les 




N° 313 — RELIEF t)E I.A GIGANTOJIACIIIIJ 


21 i 


serpents de ses jambes menacent encore la deesse, mais deja s,i tete, penchee 
vers 1 epaule gauche, indique qu'il est frappe mortellement ; il porte les 
moustaches, une barbiche au menton et deux touffes de poils frisent sur ses 
joues ; ses cheveux, assez longs, se relevent au dessus du front; une peau 
de lion pend sur son bras gauche plie, et il devait tenir de cette main un 
epieu auquel semblent correspondre la masse de marbre adherente au dessous 
de son pectoral gauche et les arrachements visibles au dessus du coude gauche 
de son compagnon ; celui-ci [3], place a l’extremite droite, est un vieux geant 
a la barbe touffue, aux cheveux boucles; tournant le dos au spectateur, il fait 
face a Athena, lan?ant contre elle un quartier de roc et se couvrant d'une 
peau de lion roulee autour de son bras gauche releve ; — un tronc d’arbre sans 
feuilles se dresse sur le fond, a l’exlremite gauche, et un autre, au milieu, 
entre Athena et le premier geant. 

S. Ileinach, Repertoire de reliefs , I, 1909, p. "2, 1. 

Photographic n u 1025. 


513 (1613*») Relief de la gigantomachie. 


Marbre blanc a gros grains cristallins, dcs carrieres il'Aphrodisias ; brise parloul, sauf a 
droite ; revers fruste ; face latcrale epannelce ; en bas, une partie de la moulurc est cou- 
servee ; manquent la main gauche du giant, ses parties sexuelles, la tete du serpent de 
la jambe gauche, la tele et les bras d’Artemis ; erosions profondes sur le visage el le bias 
gauche du giant; concretions calcaires sur le corps d'Artemis ; hauteur actuellc, 0“ 98; 
longueur actuelle, 0"'79. 

Un geant imberbe, aux longs cheveux incultes, s’apprete a lancer un quartier 
de roc qu’il souleve de la main droite contre un 
adversaire qui etait place a gauche ; sa tete et son 
epaule droite sontrejelees en arriere, le buste vio- 
lemment tordu par I’eHort; sur la peau de bete, 
qui pend de son bras gauche releve, un lion vivant 
posait sa patte qu’un des serpents mord au jarret; 
il semble done que Cybele devait etre representee 
sur la partie de la plaque qui a disparu ; elle etait 
sans doute montee sur un char conduit par un ou 
deux lions qui combaltaient pour elle; a droite du 
geant, placie au second plan sur une eminence du 
terrain et representee en dimensions reduites, Artemis court-vetue, le sein 
nu, les pieds proteges par des endromides, brandit sa lance contre un geant 
qui dtait sculpte sur la plaque conligue. 




212 


N° 516 — RELIEF DE L APHRODITE d’aPHRODISIAS 


M. Collignon, Revue de I'art ancien et moderne, X, 1906, t. xix, fig. p. 23, p. 39 ; 
— S. Reinach, Repertoire de reliefs, I, 1909, p. 2, 3, A gauche. 

Photographic n° 1026, 4 gauche. 


514 (1013°) Relief de la yiyantomachie. 


Marbre insensiblcment bleute, a gros grains cristallins, dcs earriercs d’Aphrodisias ; 

revers fruste ; brise partout sauf en bas; hauteur actuelle, 
0 m r>3 ; longueur actuelle, 0 m 90 environ. 

Jambes squameuses d’un geant qui s’avanvait 
vers la gauche, le buste de face, et partie infe- 
rieure de la peau de lion qui pendait de son bras 
gauche. 

S. Reinach, Repertoire de reliefs, I, 1909, p. 2, 3, a droite. 

Photographic ir 1026, k droite. 



545 3273 i Aigle colossal. 



Aplu odisias ; trouvc pres de la porte sud-cst de la ville; fondles dc 
M. P. Gaudin, 1904 ; entr<5 au musee en 1906. 


Marbre blanc 4 gros grains cristallins, des carrieres d’Aphrodisias ; 
manquent tout le revers du corps, emporte par un ddlit regulier, le 
bee, les ailes, toute la patte gauche, la serre droite; erosions sur la 
t6te ; cuisse droite rajust6c ; hauteur actuelle, environ l” 18. 


II etait represents debout, les pattes ecarlees, les ailes 
eployees, la tele relevee, le bee ouvert et menafant ; — tra¬ 
vail decoratif d’epoque romaine. 

Photographie n° 1991. 


516 (238) Relief de l’Aphrodite d’Aphrodisias. 


L’inyentaire porte : . Sevdi keui [14 kil. de Smyrne, sur la ligne d’AVdinl ; envoi de 
. allazzi , la provenance reelle, dcj4 donnde par M. Joubin, est Gh6r4-Anhrodisias 

M. Joubin, en a iL5 l . e ™ Par ^ (lamoi S na e e oral >! il entr* au musde, d’apris 



n° 3* 1 ' — relief de l’apiirodite d’aphromsias 213 

Marbre blanc, A pros grains cristallins ; brisA A droite par une cassure verticale qui -nit 
les contours de la figure, A gauche par une cassure irregulicre ; lc relief est cn deux frag¬ 
ments qui Be rajuslent ; manquent la tete, quiitait peut-elre rapportee, les avant-bras. les 
pieds ; la moulure est presque entierement rabattue ; toute la surface tri- Arodee. les 
reliefs tie la galne peu distincts dans les details; le fond de la plaque est pique, non poli; 
hauteur. 0" 88; largour maxima, 0" i 1; Apai-x ur, 0” 13 : hauteur dc la figure, 0“ 70: saillie 
du relief, 0" 08. 

Dalle mouluree A la partie superieure; la deesse est representee dans une 
attitude hieratique et rigide qui rappelle celle de l’Artemis d’fiphese et d’autres 
diviniles orientales ; elle est debout et de face, les bras baisses, les coudes au 
corps, les avant-bras tendus en avant a angle 
droit; la tete porte le polos ; le costume com- 
prend trois parties : un chiton a manches, lege- 
rement echancre sur la poitrine ; un himation 
releve sur la tete et retombant sur le dos et les 
avant-bras en longs plis qui s’etagent jusqu’a 
terre ; enfin une sorte de tablier qui, de la taille 
aux pieds, enserre tout le corps conime dans 
une gaine ; il semble fixe par cinq bandelettes 
epaisses conime des bourrelets, dont deux cons¬ 
tituent, haut et has, la bordure du « tablier » 
et dont les trois autres delerminent quatre zones, 
decorees de reliefs oil Ton doit reconnaitre 1'imi- 
tation de broderies : I. le groupe des trois 
Graces; bouton decoratif a droite et a gauche ; 

2. bustes, coupes A mi-corps, de Selene (crois¬ 
sant derriere les epaules), et de Helios (traces 
d’une couronne radiee) ; 3. monstre marin (tete 
cornue, avant-train de taureau, corps et queue de poisson', nageant a gauche ; 
au dessus, a droite el a gauche, bouton decoratif; 4. animal monstrueux, 
mutile et indistinct, s’avanfant a gauche; bouton decoratif a droite et (traces 
A gauche ; — sur la poitrine de la deesse, pend un collier auquel est attachee 
une pendeloque en forme de croissant. 

Travail decoratif d’epoque romaine, probablement du i er siecle ; le relief 
represenle la statue de culte de la deesse, telle qu’elle apparait sur plusieurs 
monnaies de la ville ; cf. British Museum, Cal. of greek coins, Caria, pi. V. 

11 ; VII, 1 et 3, etc. 

Joubin, Sculpt, gr. el rom., n° ll.'i ; — C. Fredrich, Alhenische Millheilungen, 
XXII, 1897, p. 3G1-80 (en particulier p. 365), pi. XI, P. 



l’holographie n° 316. 



SALLE XXI 


517 (37i) Statue archa'ique d’Apollon. 


Aliki (ile de Thasos); fouilles de Tli. Bent, 1886-1887 ; IrouvAe dans un temple (cf. J. IT. 
Baker-Penoyre, t. infra l., p. 237, pi. XVI, 7) que Bent croyait dodiA A Apollon et quiest 
en rAalitA un temple de Poseidon : « The width of the chamber towards the sea was 32 ft. 
7 in. and at the southwest corner of this, we found a raised platform on which had undoub¬ 
tedly stood an archaic statue of Apollo, the trunk of which we found at a little distance 
from the platform. It has fifteen braids of hair down the back, and measures from the 
neck to below the trefoil-shaped knee-cap 4 ft. 5 in. [l m 343]; round the shoulders, it mea¬ 
sures 4 ft. 10 1 /2 in. [1" 480], and round the waist 3 ft. 4 in. [1“ 01 i]. Strength is curiously 
shown by a rude development of the chest and the leg-sinews, and an inscription to 
AAO-AIIOAA [/G, XII, 8, n» 592] was on the base of the pedestal on which the statue 
stood. » Les mesures donncespar Bent correspondent A moins d’un centimetre prAs avee 
celles de notre statue ; la forme Ireflee des rotules y est en effet tres accusee ; si Bent 
n'indique que quinze tresses sur le dos, e’est que la seiziAme, reduite a un bourrelet IrAs 
tenu sur l’oinoplate droite, lui a sans doute echappc. La statue est entree an rausee en 
1887 ; l'annee suivante, Bent l’y revit et se plaignit mAme qu'on 1’eOt laissAe exposee dans 
le jardin ( Classical review, II, 1888, p. 329). 

Si ancun doute n est possible sur l’idcntite de 1’ « Apollon » decouvert par Bent avec 
celuidu musAe imperial, la veritable provenance n’en a pas moins etc contestce. M. Charles 
Picard, qui avait exprime ses doutes sur l’origine do « kouros d'Aliki » ( Comptes rendus de 
l Academic des inscriptions, 1912, p. 207, note 4 ; on les retrouvera exposes dans un 
article, acluellement sous presse, que le meme savant doit publier dans les Monuments 
Piol, 1913, p-,41, note 8), a bien voulu, A ce sujet, nous communiquer la note suivante : 

« En 1910, j ai passe un jour A Aliki et commence l’Atude architecturale du temple de 
Poseidon, appele improprement temple d’Apollon, par M. W. Deonna, Les Apollons 
archa)ques, p. 14, et p. 226, note 1 : le temple est de la periode romaine et d’une construc¬ 
tion tres negligee; il semble dater de 1 Apoque oil [exploitation du marbre thasien amenait 
frequemment les embarcations sur la cote sud de l’ile (cf. Fredrich, IG, XII, 8, p. 71). 
Toutes les inscriptions qui ont AtA trouvees aux entours du sanctuaire sont dc ce temps. 
Au point de vue architectural, 1 unique chapiteau que j’aie note jusqu’ici (d’ordre dorique) 
est dun profil mediocre et tardif; le systAme des scellements atteste egalement une date 
rAcente (crampons en queue daronde, goujons carrAs A canal de coulee); aucune substruc¬ 
tion arcliaique ne se remarque ; les fondations romaines portent directement sur le roc. 



X" .117 - STATUE ARCIIAIOI K d'aPOLI.ON 


21 o 

Dans ccs conditions, il faut adracttrc que, si le koitros de Constantinople vient d’Aliki. il y 
a <Ste apporte d’ailleurs. Ilya deux hypotheses : 1 ; un transport fait dans l'antiquite ; on 
connalt des exemplcs dc statues archnVqucs conscrvees comme reliques dans des temples 
auxquels elles n’appartenaient pas primitivcment; 2;une fausse indication de Bent. Bent 
avail commences ses recherchcs a Limenas ; il a fouillc sinon au temple d’Apollon pythien 
de l'acropole, du moins sur les pentes, ou unc statue tombee de la terrasse a pu sc retrou- 
ver ; ensuite, il est parti avec toutc sa cargaison a Aliki; la confusion a dti se faire ais4- 
ment, Bent ne voyant pas a priori pourquoi un « Apollon archaique » n’a pu que diflicile- 
menl prendre place dans un temple romain de Poseidon. » 


Marbrc thasien ; manquent la tete, le bras droit brise au defaut de l’epaule, le gauche sur 
le biceps, les jambes au dcssous des genoux, le membre viril ; l’epiderme du marbre a 
souflcrt d’erosions assez profondes ; hauteur, 1" 35. 


Cette statue appartient au type connu sous le nom generique d’Apollons ; 
les circonstances de la decouverte (meme en admettant l’hypothese de 
M. Picard, indiquee ci-dessus) permettent de supposer ici qu’elle representait 
le dieu lui-meme ; homme ou divinite, le type reste identiquea lui-meme et ne 
varie que dans les details d’execution, selon l’education ou l'habilete du scul- 
pteur. L’ephebe de Thasos avance la jambe gauche, conformement au schema 



le plus r6pandu ; les formes du buste sont encore carrees ; les pectoraux 
forment un plan uni, divise par la depression du sternum, limite en haut par 
la ligne des clavicules, rattaehe par un meplat assez adroitement modele aux 
muscles de l’epaule, et se detachant nettement sur la cage thoracique ; celle-ci 
etail indiquee par une ligne peu accentuee ; de 1’appendice xiphoide it l'attache 



216 


N° 'Ml — STATt'E ARCHAIQI'E d’aPOLLON 


du membre viril, le corps presente une surface presque plane qui rentre 
legerement au dessus du nombril et se releve insensiblement sur l’abdomen ; 
la ligne blanche et deux inscriptions horizontales — correspondant aux apone- 
vroses des muscles droits — semblent avoir ete sommairement marquees , les 
plis de l’aine, releves beaucoupplus hautque dans la nature, donnent au ventre 
une forme triangulaire j le nombril y est naivement dessine par une petite 
depression circulaire; l’etranglement de la taille et le creux des reins sont 
tres accuses; le rachis brutalement rendu par une large gouttiere ; les cuisses, 
d’une longueur disproportionnee par rapport au buste, sont plates sur le 
devant, tandis qu’au revers le gras en est d’une convexite exageree, presque 
egale a celle de la fesse ; sur la face exterieure, le sculpteur semble avoir 
cherche, par un rudiment de modele, a traduire 1’efTort des tenseurs gonfles 
et saillants sous la peau ; les genoux sont traites avec un soin particulier, 
d’une maniere schematique qui donne aux rotules une forme treflee, mais qui 
suppose cependant une etude attentive et la connaissance de la nature ; les 
cheveux retombaient sur le dos en une nappe formee de seize tresses egales. 

L’Apollon de Thasos rentre dans la calegorie des « Apollons » dits « de la 
seconde maniere » : il n’avait pas les bras baisses verticalement et. colies au 
corps; il n’existe en eifet, sur la face exterieure des cuisses, aucune trace 
d’arrachements correspondant aux mains, et bien que l’epiderme, acet endroit, 
soit gravement attaque, les erosions n’y sont pas assez profondes pour les avoir 
fait entierement disparaitre si elles avaient exists : il faut done admettre ou 
que les bras etaient plies a angle droit, avec les avant-bras tendus symetrique- 
ment en avant, ou toutau moins qu’ils etaient legerement inflechis au coude 
et detaches du corps sur toute leur longueur. 

Cette attitude plus libre s'accorde bien avec certaines particularity du 
modele, dont on n’a pas encore retrouve l’equivalent sur les autres monu¬ 
ments de cette classe : on observera en effet, en se plagant exactement devant 
1 axe du corps, une legere mais indeniable dissymetrie des pectoraux ; le droit 
est un peu plus releve que le gauche et il semble aussi que l’dpaule droite fut 
un peu plus haute que la gauche : negligence involontaire du sculpteur, ou 
premiere et timide tentative pour s affranchir des lois de la « frontalit6 », il est 
difficile d’en decider. 

On a propose de raltacher ce marbre a une ecole insulaire, sans doute 
parienne, et d y voir une oeuvre apparentee a 1’ « Apollon » d’Orchomene et 
au plus developpe des grands Apollons trouves au Ptoi'on. Ce qui est certain, 
c est que la statue de Thasos presente a la fois certains caracteres propres aux 
« Apollons » insulaires — en particulier la forme de l’abdomen — et, d'aulre 
part, une carrure et une vigueur qui la distinguent nettement des figures de 
Thera et de Melos. 

Autres « Apollons » thasiens : a) tete vue et photographiee a Thasos en 



N° !i 1S REI.1EF ARCIIAirUE d'h^RACLES 


217 


1892 par M. de Ridder (Revuedes iludes grecques, l. infra. 1.) ; — h) tele vue 
et photographiee par nous en 1899, a Panaghia, dans la collection de feu le D r 
Chrislidis ; les traits du visage etaient a peu pres indislincts ( Bulletin de cor- 
respondance hellenique,XXlY, 1900, p. 553, note 5; Picard, all. 1. infra 
p. 06, fig. 7) ; — c) tele de la collection de M. Wix de Zsolna, a Vienne, vue 
d’abord par MM. Fredrich et Deonna a Cavalla ( Alhenische Milteilungen. 
XXXIII, 1908, p. 215, fig. 7 ; Revue archeologique, 1908, I, p. 38; fig. 7. 
p. 36 ; Les « Apollons archaiques », p. 227, n° 128, fig. 156) et publiee par 
M. Sitle ( Wiener Jahreshefle, XI, 1908, p. 142 sq.; fig. 36-38, 40; pi. I-II) ; 
— d) fragment de lete et plusieurs fragments trouves par M. Picard en 191 1 
au temple d’Apollon pythien sur l’acropole de Thasos (pr. 1. infra, /., p. 2d7, 
fig. 6 — inventaire des marbres du musee imperial, n° 2635 . 

Joubin, Sculpt, gr. el rom., n° 8; — Th. Bent, Athenaeum, 1887, II, 23 juillet, 
p. 123; Journal of Hellenic studies, VIII, 1887, p. 434 ; American journal of archaeo¬ 
logy, III, 1887, p. 431 (cf. Athenaeum, 1887, I, 23 juin, p. 839; Classical review, 1, 
1887, p. 210-211 ; II, 1888, p. 329); — Journal des debats, 4 septembre 1887 ; — 
Chronique des arts, 24 septembre 1887; — llerliner philologische Wochcrischrift, 
1887, col. 1139;— S. Reinach, Ilevue archeologique, 1888, I, p. 79 ; 1889, II, p. 112 ; 
Chronique s d'Orienl, I, p. 419, 430 ; Repertoire de la statuaire, II, 1897, p. 78, 2 ; — 
P. Orsi, Monumenli antichi puhblicati per cura della reale Accadernia dei Lincei, I, 
1889, col. 790 ;— A. Joubin, Bulletin de correspondence hellenique, XVIII, 1894, 
p. 09, note 1 ; — K. Sittl, Archaeologie der Iiunst (Ilandbuch der klassischen Aller- 
tumswissenschafl von J. von Mueller, VI), 1893, p. 921, addition 3 la p. 331 ; — 
M. G. Dimitsas, 'II MaxtSovia, Athenes, 1890, p. 853; — G. Mendel, Bulletin de 
correspondence hellenique, XXIV, 1900, p. 533, 570; XXVI, 1902, p. 407 - 473, pi. IV; 
XXXI, 1907, p. 190-191 ; — Walter A. Mueller, Xacktheit und Entbloessung in der 
altorientalischen und aelteren griechischen Kunsl, 1900, p. Ill; — II. Sitte, Wiener 
Jahreshefle, XI, 1908, p. 14, note 4; — C. Fredrich, Athenische Milteilungen, 
XXXIII, 1908, p. 243, 244; — W. Deonna, Revue archeologique, 1908, I, p. 38 ; 1909, 
I, p. 14; Les « Apollons archaiques », 1909, p. 226, n° 127, fig. 154-155; cf. p. 14, 
39, 69, 73,74, 149,156, 325, 320, 330, 331, 334, 338 ; pi. II, 33 (p. 67); III, 01 (p. 711; 
’Kf?ip.epl; ap^aioXoytxTj, 1909, col. 2, note 2; — A. de Ridder, Revue des etudes 
grecques, XXII, 1909, p. 282, fig.; — Ch. Picard, Comptes rendus de l'Academic des 
inscriptions, 1912, p. 207, note 4; Monuments Piot, XX, 1913. p. 41, note 8 ; p. 65-06. 

Photographies n 0 ’ 1 11 (face), 113 ,dos', 113 (profd 4 gauche), 142 (trois quarts 4 droite), 
138 dos, trois quarts 4 gauche). 


518 (718) Relief archaique; H6racl6s archer. 


Osmanieh-bimenas (11c de Thasos'; le relief a 6t6 trouve en 1866 dans la porte du mur 
ouest, marquOe .1 dans le plan de M. J. IT. Baker-Pcnoj-re (Journal of hellenic studies, 
XXIX, 1909, pi. XIV ; cf. p. 223, fig. 13 ; \V. Deonna, Revue archeologique , 1908, 1, p. 27 sq., 
fig, 1-6) ; la ihSeouverle fut signalde 4 l'Acadeinie des inscriptions par Miller: « dos off!- 



->18 


N° o 18 RELIEF ARCIIAIQUE d’hERACI.ES 


ciersturcs, charges dc construire des fortifications, sont venus, Acrit Christidis, an port do 
Limena pour se procurer des materiaux ; ils ont enleve tous les blocs de marbrc qu’ils out 
pu retirer des ruines antiques ; cette operation a fait decouvrir deux bas-reliefs ; ...on 
recommit, dans l’un de ces bas-reliefs, qui a 0“ 70 de hauteur sur 0” 60 do largeur, un 
Hercule agenouille, tirant de l’arc ; dans l’autre (1” 20 de hauteur sur 1““ JO de largeur 
[dimensions inexactes ; le relief de Dionysos mesurait 1™ 10 de liaut sur l m 50 de long ; cf. 
It. Bergmann, Hermes, III, 1869, p. 231; S. lieinaeh, Revue archeolotjique, 1885, I, p. 69 ; 
Studniczka, Wiener Jahreshefte, VI, 1903, p. 182]), un Bacchus vein pres duquel se tienl 
un groupe de femmes dont le dieu est cepcndant separe par unc petite niche, entouree 
d’un chambranle... Ces sculptures ont etc envoyees A Constantinople... » La leltre de 
Christidis contenait aussi copie d’une inscription trouvee au meme endroit ( Comptes 
rendns , 1866, p. 324; dans la meme seance, LongpArier, ibid., p. 325, signalait l'analogic 
du relief d lleracles avec les monnaics ; l’inscription 10, XII, 8, n° 265; cf. Ch. Picard, 
Bulletin de correspondence hellenique, XXXVI, 1912, p. 240 sq.). 

Une lettre de Christidis A M. Conze ( ap . Bergmann, l. supra l.), prccisait davanlagc, 
disant que les trois marbres avaienl ole trouvcs « ev Tip jrpo; try zaipriv Tjr/Ei e!; tt)v 
f«ivo;j.Evr,y p-EyaXrjv -jXijv ». Cette porte fut rapidement recouverte par les terres et la 
vegetation ; ni M. S. Rcinach en 1882, ni Th. Bent dans l’hiver 1886-1887, ni M. de Ridder 
en 1892, ni nous-mome en 1899 n'avions pu l’etudier ; on 1903, A la suite de quelques tra- 
vaux executes par des paysans, elle l-eapparut partiellement, et le D r Christidis y copia le 
texte dc l'inscriplion archaiquequi mentionne les dieux fils de Zeus, d’AlcmAneet de SAmAlA 
(Bulletin de correspondance hellenique, XXVII, 1903, p. 391-393 ; IO, XII, 8, n“ 356); elle 
a Ate depuis vue et relevee, en 1904, par M. C. Fredrich ; en 1907, par MAI. Deonna et 
Baker-Pcnoyre, et systemaliquement dAgagee on 1911 par MM. Picard et Avezou. 

Les bas reliefs docouverts en 1866 Ataient oublies depuis longtemps quand, au dAbut de 
1’annAe 1885, M. S. Reinach en rappela le souvenir et publia les dessins naifs qu'en avait 
pris Christidis ; le 12 aout 1885, DAmoslhenc bey Baltazzi lui Acrivait: « Dans votre Chro- 
mque d'Orienl des mois de janvier et fevricr, vous appelez 1’attention du monde savant 
sur deux bas reliefs trouves en 1866 A Thasos; ces deux objots, ainsi que d’autres anti¬ 
ques, se trouvent renfermes dans les magasins de FamirautA A Constantinople. L’an passe, 
vers le mois dejuin, S. E. Ilamdy bev m’envoya A l’amirautA avec lc sous-directeur du 
musee Ivadri bey, A l'dlet d'examiner les antiquites qui se trouvaient dans les chantiers et 
que le minislre de la marine mettait A sa disposition ; on me fit voir A FamirautA le bas 
i olief d Ilercule agenouille tirant lie Fare, ainsi que cclui qui represente une procession 
bacclnque... A cause des reparations nAccssitees par FAtatde vAtuste de Tchinli-Iviosk, les 
deux bas reliefs de Thasos resteront encore pendant quclque temps A FamirautA. » Au 
tomoignage de 1 inventaire des marbres, notre relief est entre au musee imperial en 1885, 
o osl-A-dire Fannee meme ou Baltazzi Acrivait cette lettre : ce fait rend plus singuliAre 
encore la disparition du relief dionysiaque. Quant A l’inscriplion, on n’en a iamais retrouve 
la trace. 


Marbrc blanc (parien d'apres M. Joubin) A gros grains cristallins ; revers scie ; la face 
laterale droite, aujourd hui presque tout enliere recouverte d’une croute de ciment, est 
dressee ; elle est lAgerement oblique sur le plan de la face antArieure ; la face gauche est 
ri l I-fl* 01SneUSemCUt drcss6e encol-e et polie ; la face supericure n’est pas preparAe a 
mais, semble-t-il, a etc partiellement piquec apres avoir ete polie; elle ne 
P ?'' L ? pas ‘, ra< : cs de seellements; le champ du relief est pique ; la moulure et la bande 
p < e au e a son pohes; toute la parlie droite du fond a ete emportAe par un large 
!nn ! , ; -! ,1 f n k Ue ? t . leS . PledS ’ CeqUOnVoyaitdubras S auchc ’ 1’avant-bras droit d’HAraclAs, 
nrnfnnHX , < e ,!® T” Ure ^terale ; la tele du hcros, le mufle de la pcau de lion sont 

Lt";? ' Cr ° deS , ’ < S taches no “’ cs sont du goudron tombA surle monument pendant 

f°"p“ J r r a a T enal ’ Ia ™ m l >ai ' aison avec >e dessin de Christidis montre que presque 
durellef sont posterieures A la dAcouverte; hauteur, 0” 708 ; largeur 

rale'eauche' r o.n a M- p0St , erl , em ' e de Ia . face superieurel, 1 mAtre ; Apaisscur, sur la face latc- 
e gauche, 0 23a , sur la face supeneure, A gauche de la tctc d’Heraclcs, 0 ” 26 . 


Bloc a peu pres rectangulaire ; il portait a la parlie inferieure une plinthe, 
haute d’environ 0“ 023, laquelle venait buter contre la moulure verticale 



N° .'',18 - RELIEF ARCIIAIOI E d’hKRAF.LES 


210 


(listel et talon) qui court parallelement a 1’arete gauche du bloc a 0 m 062 <le 
cette arete ; de celte plinlhe, il ne reste qu’une petite partie sous le genou 
droit d Heracles et une autre contre la moulure ; dans l'angle qu'elles forment 
a leur rencontre, est creusee une petite mortaise circulaire ; — Heracles, de 
prolil a droite, agenouille sur le genou droit, tient l’arc de la main gauche et 
decoche sa fleche de la main droite ; il est velu d une lunique tres courte, dont 
on voit les plis, delicatemenl detaidcs et regulierement etages, tomber entre 
ses cuisses et sur l'epaule droite ; le mulle du lion couvre le sornmet du crime 
comme une cape et la criniere s’elale au revers de la tete comme une enorme 
perruque ; les patles anterieures, nouees sur le cou, pendent sur la poitrine 
(on voit 1 une des grilles posterieures au dessousdela cuisse gauche); la peau, 
toute lisse, s’applique exactement sur le dos et colie sur les cuisses ; la queue, 
relevee, est prise 
sous une ceinture 
nouee autour de 
la ladle ; on ne dis¬ 
tingue presque rien 
des traits du vi¬ 
sage ; il n’est meme 
plus possible de 
dire si le heros 
etail barbu ou non, 
et il serail hasar- 
deux de faire 6lat 
ici du dessin de 
Christidis qui a pu 
prendre pour la 

barbe la machoire inferieure du lion ; il faut noter toutefois que, sur les mon- 
naies qui reproduisent le me me type, Heracles est represents barbu. Le busle 
est court, le dos voiite, le creux des reins tres accuse, les cuisses enormes, le 
gras du model, tres saillanl ; pour exprimer la force herculeenne, le sculpteur 
a nai'vement dessine des formes lourdes et trapues, mais il n'a pas su faire 
sentir, sous cette piiteuse enveloppe de chairs, la force de l armature osseuse 
et la tension des muscles; de meme la tete et le buste restent verticaux, les 
jambes soul pliees exactement a angle droit; rien, dans Tattilude, n'exprime 
l’eirort que demande la manoeuvre de bare. 

L'umvre est ionienne, mais elle paralt se rattacher, non pas a 1'ionisme des 
lies de l'archipel, mais a 1’ionisme asiatique cf. sur 1'ionisme de Thasos, 
Ch. Picard, Monuments Piol, XX, 1913, p. 63 sq.i; elle presente avec les mon- 
naies de Pile, d’ailleurs Ires posterieures (British Museum, Cal. of greek coins, 
Thrace, p. 219', une complete analogie dans le motif, et des differences ti es 



220 


N° 518 - RELIEF ARCIIAIQt E d'iiERACLKS 


sensibles dans les proportions et le style ; celles-ci s’expliquent d'elles-memes 
par la difference des epoques; l’analogie est due probablement k l’imitation 
d'une oeuvre ancienne et celebre dans la ville (cf. Joubin, pr. 1. infra. Z., 
p. 66-67; Mendel, pr. 1. infra l., p. 571, note 3 ; M. Studniczka a soutenu que 
l’oeuvre imitee sur les monnaies etait notre relief meme, ce qui est hors de 
toute vraisemblance; l’attribution qu’il en fait a Tart de la Grece du nord ne 
nous parait pas acceptable). — Le relief, a qui nous avons eu le tort autrefois 
d’ « assigner une date assez avancee dans la premiere moitie du v e siecle », 
doit appartenir encore a l’ancienne enceinte de Thasos, celle qui fut detruite 
partiellement en 492 par l’ordre de Darius (d’apres M. Fredrich, IG, XII, 8, 
n° 356, l’inscription citee ci-dessous daterait de la fin du vi e siecle). 

Les recherches recentes ont elabli avec certitude l’emplacement occupe par 
le relief et nous dispensent de discuterla reconstruction de M. F. Studniczka 
(Z. infra /.), qu’on regrelte de voir adoptee encore par M. C. Fredrich (ZZ. infra 
ZZ.); il decorait le cote est d’une des portes qui s’ouvrent dans la partie sud- 
ouest de l’enceinte (marquee A dans le plan de M. Baker-Penoyre, Z. infra Z.), 
le relief tourne vers le passage, la face laterale droite (qui devait avoir pri- 
mitivement uneepaisseur double de celle qu’elle a aujourd’hui) formant retour 
sur le parement exterieur du mur; a gauche du relief, s’ouvrait une niche k 
l’encadrement de laquelle apparlient la moulure verticale placee a l’extremite 
gauche de notre bloc; de ce cote, sa face laterale, soigneusement polie, for- 
mait la paroi laterale droite de la niche (sur les details de cette restauration, 
cf. Deonna, pr . Z. infra l .; Ch. Picard, ZZ. infra ll.). Le cote oppose dela porte 
etait decore par le relief de Dionysos (aujourd’hui perdu), qui r^pondait a 
Heracles, ici comme sur les monnaies de la ville; une inscription, encore en 
place sur le montant est (et peut-etre repetee sur le montant ouest), designait 
aux passants les deux dieux, protecteurs de la cite : 

Z rp'oq v.xi xoci ’AXx|Mjvvj; xavuxfitXo 

eataatv TtaCoj; • xfjffSs ~£7vsu)? ^u)xaqst. 

Deux autres portes thasiennes sont decorees de meme : l’une connue depuis 
longtemps {Bulletin de correspondance hellenique, XXIV, 1900, p. 560 sq., pi. 
XIV-XV; V'. Deonna, Revue archeologique , 1909, I, p. 2, fig. 1 ; Gh, Picard, 
ibid.. 1912, II, p. 43 sq., 385 sq.) represente, non pas comme nous l’avions 
cru, Demeter, mais tres probablement Zeus avec Nike; l’autre, degagee par 
MM. Picard et Avezou en 1911, est ornee d’un grand satyre ithyphallique, 
portant un canthare (cf. Picard, pr. 1. infra l., p. 203; fig. 4, p. 202); il y faut 
ajouter une porte de l’acropole (Ch. Picard, Monuments Piot, XX, 1913, p. 39 
sq.), et la porte du « prytanee » a laquelle M. Picard {ibid., p. 58 sq. et p. 69) 
attribue lescelebres reliefs du Louvre; sur ce type de portes, qui parait remon- 



N° 519 - RELIEF ARCHAIOI'E d’h£RACL£:S 221 

ter par l’intermddiaire de l'lonie & une origine orientate, cf. Bulletin de cor¬ 
respondence hellenique, I. supra l., p. 567, note 5. La niche ouverte sur le 
passage, qui se retrouve a Thasos meme sur trois autres portes, se rencontre 
assez frdquemment: exemples a Priene (Priene, p. 44), a Messene ( Expedition 
de Moree, pi. 47) et (si nos souvenirs ne nous trompent pas; a Heraclee du 
Lalmos ; elle est probablement destinee ii recevoir les menues oflrandes des 
passants. 

Joubin, Sculpt, gr. el rom., n° 133 ; — Emm. Miller, Comples rendus de lAcade¬ 
mic des inscriptions, 1866, p. 324; — Longpdrier, Desjardins, ibid., p. 325 ; — A. 
Bertrand, Revue archeologique, 1866, II, p. 359 ; — R. Bcrgmann, Hermes, III, 1869, 
p. 233 sq.; — S. Reinach, Revue archeologique, 1885, I, p. 69-73 ; 1886, I, p. 152- 
153 ; Chroniques d'Orient, I, p. 103-107, 210; Repertoire de reliefs, I, 1909, p. 423, 
et fig. p. 426, 5; — A. Joubin, Bulletin de correspondence hellenique, XVIII, 1894, 
p. 64-69, pi. XVI; La sculpture grecque entre les guerres mediques et I’epoque de 
Periclds, 1901, p. 268; — II. Lechat, Revue des etudes grecques, VIII, 1895, p. 408 ; 
La sculpture attique avant Phidias, 1904, p. 147; — M. G. Dimitsas, 'II MaxsSovta, 
Athines, 1896, p. 847 ; — F. Durrbach, dans Saglio-Pottier, Dictionnaire des anti¬ 
ques, III, 1 (1899), s. v° Hercules, p. 119 ; — G. Mendel, Bulletin de correspondance 
hellenique, XXIV, 1900, p. 553, 563-564, 570-571; XXVII, 1903, p. 391-393; Revue 
de Part ancien et moderne, XIV, 1910, t. xxvii, p. 406 ; — G. Perrot, llisloire de 
Part, VIII, 1903, p. 353-354 ; — F- Studniczka, Wiener Jahreshefte, VI, 1903, p. 180 
sq. ; fig. 107, p. 181 (cf. ibid., VII, 1904, p. 239 sq.); — \V. Klein, Geschichle der 
griechischen Kunst, 1,1904, p. 184-185, 417; — C. Fredrich, Athenische Mittcilungen, 
XXXIII, 1908,p.221-222, 244; IG, XII, 8 (1909), lemmes des n°» 265 et 356 ; — W. 
Dconna, Revue archeologique, 1908,1, p. 25 sq.; 1909,1, p. 2-4; ’Efqgxcpi; opyxto- 
Xoyocrf, 1909, col. 2, note 2, et col. 4; — J. IT. Baker-Penoyre, Journal of hellenic 
studies, XXIX, 1909, p. 222-223; — R. M. Dawkins, ibid., XXXI, 1911, p. 299; — 
Ch. Picard, Comples rendus de PAcademie des inscriptions, 1912, p. 200-201 ; cf. 
p. 655-656; Revue archeologique, 1912, II, p. 386, 388, 390 ; Bulletin de correspon¬ 
dance hellenique, XXXVI, 1912, p. 240; Monuments Piot t XX, 1913, p. 41, 45-46, 
53 sq., 55, 57 sq. 

Photographic n° 556. 


519 (1211) Fragment de relief archaique; H6racl6s combattant. 


Ai'dindjic, caza d'Erdek (Cyzique); trouve pendant la demolition de la vieiile eglise 
arminienne ; envoi du caimakam d’Erdek ; juillet 1902. 


Marbre blanc, legirement bleuld Proconnise) ; surface tris usee et comme rongee par 
une eau courantc ; rovers ipanneli; brise partout sauf 4 droite; manquent lc bras gauche, 
la main droite, les jambes depuis la moitid des cuisses; hauteur, 0"5S; largeur, 0“39 ; 
epuisscur (Iris inigale) maxima du fond, 0”05 ; saillie du relief, 0“055. 


Heracles s'avance en combattant vers la gauche, la tele et les jambes de 



222 N° 520 — STELE ARCIIAKJCE DE CVBELE 

profil, le dos de face, le bras gauche letidu en avant (la main devait tenir 
l'arc), la main droite relevee derriere la tete et brandissant la massue ; il est 
vetu d’une tunique dont on ne voit que les manches 
courtes sur le haut des bras ; la peau de lion couvre la 
tele comme un casque el s’applique etroitement sur le 
dos el la cuisse gauche ; un glaive pend sur le cote 
gauche, suspendu a un baudrier qui passe sur l’epaule 
droile ; — travail archai'que de style ionien, probable- 
ment de la fin du vi e siecle. 

F. W. Ilasluck, Annual of the hritish school at Athens, 
VIII, 1901 1902, p. 190-191, pi. IV, 1 ; Cyzicus, 1910, p. 238. 



520 (12) St61e arphaique ; Cybele tronant. 


CymA; fouilles de M. S. lleinach; trouvee le 15 mars 1881, dans line nAcropole situee 
dans lc champ d’un certain Mehmct clTendi, « prAs des sources du Frenk-Asmak, et A l'est 
de la colline qui marque a peu pros le centre de l’anciennc ville »; outre les n 0 ’ 520, 521 et 
522, il fut trouvA trois » fragments mutilAs ot 5 peine reconnaissables, provenant de 
monuments analogues » A cclui que nous decrivons ci-dessous et au suivant (S. Reinach, 
l. infra /., p. 543 el 541; sur ces fouilles dc Cyme, cf. aussi Bulletin de correspondence 
hellenique , X, 1886, p, 492 sq., et .Xecropole de Myrina, p. 15, 506) ; ces fragments n'ont pas 
etc transportes A Constantinople oil les n 01 520-522 sout arrives, des 1881, par les soins de 
D. Dallam. 


Calcaire gris poreux, avec quelques concretions de ealcairc dur; loutes les faces du 
monument sont drcssecs de memo ; Panic, le fond du naiscos et la plinthc sont mutiles A 
gauche; Arosions sur le visage ct la poitrine dc la clAesse; le faitage du toit mutile ; hau¬ 
teur, 0 ,n 60 ; largcur, 0 m 365 ; epaisseur, 0 m 31; hauteur dc la figure, Agate A celle de la niche, 
0“ 35 ; largeur de la niche, 0 m 28. 


La stele a la forme d’un naiscos a deux antes, couvert par un loit a deux 
pentes qui deborde Iegerement sur les parois verlicales et dont l’arete portait 
une faitiere de section cylindrique ou rectangulaire; l’antique deesse anato- 
lienne, Cybele, y est assise, dans une attitude hieratique, sur un banc qui en 
occupe toute la largeur ; elle tient des deux mains un lion accroupi sur ses 
genoux (profil a droite, la tete de face) ; son vetement comprend une tunique 
et un ma_nteau : celui-ci, releve sur la tete (coill'ee peut-etre d’une tiare cylin¬ 
drique), descend sur les epaules qu’il recouvre d’un pan arrondi, puis derriere 
les bras, et semble revenir sur les jambes : le sillon vertical qui distingue 
celles-ci marque sans doule en meme temps la separation des deux bords; 
quant a la partie de 1 etofle qui traine a terre et s’arrondit autour des pieds, 
elle appartient selon toute vraisemblance a la tunique ; aussi bien, l’artiste 
s est peu soucie de rendre clairement tous ces details ; sa figure est grossiere 
et sans modele; la tete est une boule ronde ou de legeres entailles ont creuse 



N" .'120 — S1*£lE AHCHAUjli; t>E CVISKI.E 


les yeux el fail saillir le nez ; la poilrine forme un angle aigu, sommairement 
decoupe dans la pierre ; les cuisses sonl ridicu- 
lement courles, les genoux places a peu pres a 
hauteur de la ladle, les jumbes demesurecs; 
tout le corps, large et Irapu, est enserre par le 
vetemenl comme par une gaine rigide ; les bras 
ne sont pas detaches et a peine distingues du 
buste ; le lion esl une masse informe ou seul un 
petit sillon marque la separation de la tete et du 
corps ; la matiere du monument ne comporle 
pas d'ailleurs une execution tres poussee ; el le 
etait probablement recouverte d une couche de 
slue sur laquelle la peinlure suppleait, dans une 
cerlaine mesure, aux insuflisances du ciseau. 

Sur le type, cf. S. Reinach, /. infra /., p. 5(8 ; Collignon, lerliu l. infra /., 
p. 05 sq. ; des slides semblahles se sonl rencontrees a Milet (ci-dessous, n° .723 , 
a Clazomenes (Collignon, Iievue archeologique, 11)00, II, pi. XVI; Perrot, II is- 
loire de I'art , VIII, p. 326, fig. 139), a Amorgos (Treu, Jahrbuch des archaeo- 
logiselten Instil tils, XIII, 1898, archaeologischer Anzeiger , p. 53. fig. 1 ; 
11 iener Jahreshefle , II, 1899, p. 200, fig. 102 ; cf. la slaluelle de Rhodes, 
Perrol, /. /., p. 32.3, fig, 138; la 1 taskalopetra de Chios (Athenische Mitthei- 
lunr/en, XIII, 1888, p. 103); a Thasos, Picard, /. infra /., p. 17 sq. : pour 
les terres cuiles, cf. Ileuzey, Figurines antiques du Louvre , p. 239-210; 
sur les slalueltes marseillaises du lueme tvpe, a I’ancienne bibliographic, 
cilee par M. S. Reinach, I. infra /., p. 5.71 sq., ajoulez G. Perrot, Hisloire de 
I'art, \ 111, p. 308 sq., el 31. Clerc, Camples rendus du emigres interna¬ 
tional d'archeologie , / ro session, Athene#, 1903, p. 189. 

Comme les deux n" s suivanls, celte slide est tres probablement un monu¬ 
ment votif; le fait qu’elle a ete trouvee dans une necropole n’est pas un argu¬ 
ment en faveur d’une autre destination, car la necropole de Cyme etait rela- 
livemenl recente, el ces petits monuments ont pu facilement y elre trans¬ 
port's ou reemployes. Rappelons l’ingenieuse conjecture de M. Joubin qui 
dans Strabon, xm, 41, ]). 601 — itoTAa 3; xaiv apyziuv xr,; AO t,v5; ;oaviov 
x«07)(ji.£v« osixvuxai, xaOixep ev 'huxaia, MasaaXta, c Pa)g.y|, Xip, aXXa;; -Xsioxiv 

— propose de corriger 'Piojayi en Kua/-, ; il est d’ailleurs impossible de recon- 
natlrc ici une Athena, car la presence du lion (quoi qu’en ait dit M. Joubin) 
esl cerlaine dans cetle stele comme dans la suivante et la statuette n"522. 

Travail archaique ionien du vi l siecle av. J.-C- 

S. Reinach, Cat., n° 47 [ b , c ou </]; cf. p. 88 ; — Joubin, Sculpt, gr. et rom ., n° 32 ; 

— II. Sayee, Academy, 1881, 1, U avril, p. 202 ; — O. Benndorf, Heisen in Lykien 




22i N° 521 - Sl’fiLE ARCHAKJUE DE CYIS^LE 

und Kerien, 1884, 1; p. 16, note 2 ; — A. Furtvvaengler, Berliner philologische 
Wochenschrift, 1888, col. 1516; — S. Reinach, Bulletin de correspondence helli- 
nique, XIII, 1889, p. 543 sq. (en particulier, p. 546, n° n) ; pi. VIII, a droitc (cf. 
Rerue erchtologique, 1890, 1, p. 292-293 ; Chroniques d'Orient, I, p. 650) ; — M. Col- 
lignon, Histoire de le sculpture grecque, I, 1892, p. 168 ; Revue ercMologique, 1900, 
II, p. 374 ; Les statues funiraires dens I'art grec, 1911, p. 66-68 ; — A. Joubin, Revue 
erchiologique, 1893,11, p. 282 (cf. S. Reinach, ibid., 1894, II, p. 98; Chroniques 
d'Orient, II, p. 330); — A. Koerte, Athenische Mittheilungen, XXIII, 1898, p. 95 ; — 
G. Perrot, Histoire de Vert, VIII, 1903, p. 409; — A. von Salis, Jehrbucli des ercheeo- 
logischen Insliluts, XXVIII, 1913, p. 20; fig. 9, p. 21; — mentionnee ainsi que les 
suivantes par Ch. Picard, Monuments Piot, XX, 1913, p. 47 sq. et p. 61. 

Photographie n° 559. 


521 (311) St61e archa'ique ; Cybfele tronant. 

Cyme; trouvec au meme endroit et dans les memos circonstances que la precedente; cf. 
plus haul, p. 222. 

Calcaire blanc, plus fin et plus homogene que celui de la stdle precedente ; toutes les 
faces sont egalement dressees ; surface noircie et moussue (la pierre a ete pendant quelques 
anndes cxposee dans lc jardin du musee); brisde 5 la partie superieure par une cassure 
oblique qui va du depart du toit a droite au banc de la deesse d gauche, et a emporte sa 
tetc et son epaule droite ; angle infdrieur droit inutile ; hauteur, d gauche, 0"30; d droite, 
0”53; largeur, 0” 455 ; dpaisscur, 0"27; hauteur maxima actuelle de la figure, 0"32. 

Type analogue a celui de la stele precedente, mais d’execution un peu moins 
grossiere ; le buste reste court et tres large ; la poitrine est forte, mais les seins 

sont separes et d’un modele un peu moins rudi- 
mentaire; les membres inferieurs sont mieux 
proportionnes, quoique les cuisses soient encore 
aussi courtes, mais les genoux sont places plus 
bas et les jambes moins longues; les bras sont 
plus nettement distingues du buste ; ils ne sont 
pas plies, mais pendent avec une legere inflexion 
du coude comme si la figure etait debout; la 
draperie est encore traitee comme une gaine ri- 
gide; cependant trois sillons verticaux sont creu- 
ses entre les jambes et la tunique ne s’arrondit 
plus en cloche autour des pieds ; la tete du lion est indiquee de face par 
quelques traits incises; — travail archa'ique ionien du vi e siecle av. J.-C.; cf. 
plus haut, p. 223. 

S. Reinach, Cat., n° 47 [A, c ou d] ; cf. p. 88 ; — Joubin, Sculpt, gr. et rom., 
n» 33; — S. Reinach, Bulletin de correspondence hellinique , XIII, 1889, p. 247, n° in; 
— cf. en outre toute la bibliographie citAe au n° precedent. 

Photographie n° 2052. 




N° ‘>22 — STATUETTE ARCHAIQUE DE CYBELE 


225 


522 (13) Statuette archaique de Cyb61e trfinant. 


Cym6 ; trouvde au mime cndroit et dans les mcmcs circonstances que les n°‘ 520 et 521; 
cf. plus haut, p. 222. 


Calcaire blanc, homogene et asses fin ; revers du trone dress6; nianquent la tete, les 
mains, les pieds, lc lion, la plinthc; drosions sur le bras, le genou et le sein droits; le dossier 
et la caissc du sidge sont mutilds. 

Traces de rouge sur le manteau, faibles sur les epaules, assez vives sur lc cotddes jambes, 
surtoul gauche. 

Hauteur, 0 n, 645. 


La deesse est represents dans la mcme attitude hieratique qu’elle a sur les 
deux steles precedentes, tenant des deux mains le lion accroupi sur sesgenoux 
(ou il a laisse des traces certaines) ; le trone est massif et muni d’un dossier 
droit; les formes du corps, toutes schemaliques, ne comportent que des sur¬ 
faces planes limitdes par des aretes vives; « le buste 
s’attache sur les jambes de la meme fa?on que le dossier 
au sidge ; les jambes... sont pliees k angle droit », les 
bras aussi, et de telle maniere que le coude et l’avant- 
bras, sans que le buste s’incline en avant, reposent tout 
entiers sur les cuisses ; celles-ci doivent done etre pla- 
cees beaucoup trop haut et la longueur des jambes 
augmentee d’autant; la deesse porte une tunique ii 
manches, descendant aux coudes, rigide sur le buste, 
creusee sur les jambes de quelques plis verlicaux; le 
manteau dtaitrelevd sur la tete, descend sur les epaules 
en un pan arrondi, puis sur le dos, revient sur les cuisses et tombe sur la 
face exlerieure des jambes en larges plis plaques et elages ; les plis indiques 
transversalement au dessous des genoux doivent appartenir a la draperie du 
manteau — et non k un colpos — bien qu’on ne voie pas nettement comment 
ils s’y rattachent. 

Travail archaique ionien du \T‘ siecle av. J.-C. 

S. Reinach, Cat., n° 47 [b, c, ou d\ ; cf. p. 88; — Joubin, Sculpt, gr. el rom., 
n° 34 ; — S. Reinach, Bulletin de correspondance helUnique, XIII, 1889, p. 545, n° l; 
pi. VIII, ii gauche ; Bipertoire de la staluaire, II, 1897, p. 682, 7 ; — M. Collignon, 
Les statues fundraires dans Vart gre c, 1911, p. 65-66, flg. 3b; — cf. aussi la biblio¬ 
graphic citde au n° 520, p. 224. 



Photographies n 0 ' 2053 (lace>, 120 (Irois quarts 4 droile). 



226 


N" 523 — STELE AltCHAIQUE 1 DEESSE TRON'ANt 


523 (2040) Stele archa'ique ; deesse tronant. 


Milet; fouilles des musecs royaux de Berlin ; campagne 1908 ; entree au niusec cn janvier 
1909. 


Marbre blanc; revers et tranches latt-rales piques ; la face inferieure, fruste, se terminait 
peut-etre par un tenon; la surface du marbi'e est recouverte de concretions terreuses, cn 
particulier sur la deesse, dont le visage cst indistinct; hauteur, 0“ 575 ; largeur, en bas, 
0 m 35;aux angles du fronton, 0“ 375; epaisseur en bas, 4 gauche, 0“ 13 ; 4 droite, environ 
0"16; aux angles lateraux du fronton, 4 gauche, 0”105; 4 droite, 0" 135 ; au sommet du 
fronton, 0 m 08 ; niche : hauteur, 0” 27 ; largeur, en bas, 0“255; en haut, 0“ 265; profondeur, 
0“ 05. 


Celle stele etant inedite, nous nous bornons a en donner la description. 


Stele taillee dans une dalle irreguliere, dont l’epaisseur va augmenlant du 
bas vers le haut et de la gauche vers la droite; la deesse est placee au fond 

d'une niche a peu pres rectangulaire, sur- 
montee d’un fronton lisse et tres aigu, dont 
Tangle gauche seul (place un peu plus haut 
que le droit) est en legere saillie sur le nu 
de la tranche laterale ; elle est assise sur un 
escabeau massif dont les cotds ne sont ni pa- 
ralleles entre eux, ni normaux au fond, mais 
divergent, de sorte que le siege semble plus 
large sur sa face posterieure que sur sa face 
anterieure; l’attitude est hieratique, les 
avant-bras allonges sur les cuisses, les jambes 
eeartees et comrae engagees dans l’epaisseur 
d.u trone, les pieds poses sur un tabouret et 
ehausses de bottines fermees ; les formes 
sont lourdes, trapues et rondes; le vetement 
est une tunique a apoptygma, avec des man- 
ches courtes descendant aux coudes; aucun detail de la draperie n’est indique, 
sauf un large pli plaque entre les jambes; la deesse ne parait pas porter 
1 himation, mais seulement un voile de tete qui descend sur les epaulesen deux 
pans arrondis. 



Photographic n° 1819. 



X* !>24 — RELIEF ARCHAIQUE I XAISSAXCE d’aTHEnA 


227 


524 (1136) Relief archaique; naissance d’Ath6na. 


liai'dar-pacha ; quartier Yol deirmcni, rue Azizie; M. S. Rcinach dit que le relief fut 
trouvc le 20 octobre 1900 ; l’inventaire portc la date d’cntree : septembre 1900. 


Marbre blanc; revcrs epannele; faces laterales circssees; brise en bas, k mi-hauleur des 
jambes des personnages,et A droite, jusqu'au quart superieur environ de l'arete ; de la petite 
scrvantc de droite, il ne reste que la tete, les mains, le bras droit et une partie de la poi- 
Irinc; surface jaunie et extrAmement usee ; tous les details indislincts; quclques traces de 
coups de pioche, donnes sans doute par inadvertence au moment de la decouverte; hauteur 
maxima actuelle, 0“ 40 ; longueur, 0” 57 ; epaisseur, 0” 065; lettres de 0" 014 k 0“ 017. 


i fit iy 


Plaque rectangulaire, encadree d’un bord lisse et de tres faible saillie ; le 
listel sup6rieur, plus large, portait une inscription dont il ne reste que quelques 
lettres : 

IKO EM6KAT60 

que M. Reinach restitue : 

[N]txo [... palronymique J ep.t •/.aTS0[r,y.sv] 

Au milieu, Zeus, vetu d’une tunique collante, est assis de profil i gauche 
sur un siege ti dossier droit, avec accoudoir soutenu par trois montanls ver- 

ticaux; ses cheveux _ ___ 

tombent sur la nuque > [C-o? . ^ f ^ 

en une masse unie ; la 
barbe ne parait pas 
indiquee plastique - 
ment; cependant le 
menton est plus aigu 
que chezles deux fem¬ 
mes qui l’entourent 
(bien queM. Reinach, 
tromp6 par la photo- 
graphie, en ait, dans 
sa description, exa- 
g<5r6 un peu les differences), et, peint en noir, pouvait represenler une barbe 
courte, taill6e en pointe a la mode archaique ; devant lui, une Ilythie, de 
profil a droite, le haut du corps et la tete legerement baisses, semble lui tenir 
les mains; derriere lui, une seconde Ilythie lui pose une main sur la tcte et 
l’autre au dessous de l’epaule gauche; a gauche, une petite suivante, de profil 
a droite, tend les deux bras en avant; une autre, a l’extremite droite, plus 
petite encore, leve les bras au dessus de sa tete, en un geste de stupefaction; 
toules ces femmes semblenl vetues du chiton dorien a apoptygma, serre a la 






228 N° 325 — FRAGMENT DE RELIEF ARCHAIQUE 

taille; aucun detail de draperie n’est exprime. Athena n’est pas figuree, soit 
qu’elle fut peinte, soit que le sculpteur eut represent^ le moment qui precede 
sa naissance. 

Cette stele, d’un relief tres bas et sans modele, rentre dans cette serie de 
sculptures en silhouettes meplates, dont il s’est trouve des specimens dans 
toutes les regions du monde ancien (cf. Bulletin de correspondence helle- 
nique, XXIV, 1900, p. 557); la tache du marbrier n’y etait guere que de pre¬ 
parer celle du peintre, et la couleur y suppleait aux insuffisances de ki plas- 
tique; elle date de la seconde moitie du vi e siecle av. J.-C. 


S. Reinach, Comples rendus de VAcademie des inscriptions, 1900, p. 699; Revue 
des etudes grecques, XIV, 1901, p. 127-137, pi. I; Cultes, mythes et religions, II, 
1906, p. 274-284; fig. p. 274 ; Repertoire de reliefs, II, 1912, p. 165,4 ; — II. Lechat, 
Revue des etudes grecques, XIV, 1901, p. 417; — M. Collignon, Florilegium dedie a 
M. le m is de Vogiie, Paris, 1909, p. 135. 


Photographie n° 288. 


525 (32) Fragment de relief archaique ; homme conduisant un char. 


Cyziquc; la date d'entree au musAe n’est pas connue. 


Marbrc blanc, tres probableraent de Proconnese; revers piqud; la face laterale droite 
est prcparde A TavaOupwjt? avec des bords polis en saillie assez forte sur la partie centrale ; 
brisA partout sauf A droite et en bas, dans la partie voisine de Tangle droit, oil la face 
infericure est conservAe sur une longueur de 0 n, 205; manquent le busle et la tele de 
1'hommc, Tavant-lrain et la tele des chevaux; erosions superficielles; hauteur maxima 
actuelle (il ne manque que trAs peu de la hauteur primitive), 0 m 54 ; largeur maxima actuelle, 
environ 0 m 55 ; Apaisseur, 0” 06 ; le bandeau superieur forme, en son elat actuel, une saillie 
de 0 m 006 sur une hauteur de 0"072. 


Fragment d’une dalle rectangulaire, sans autre decoration architectonique 
qu’un bandeau lisse et legerement saillant a la partie superieure ; — un homme 
est monte sur un petit char de course, attele de deux etalons qui galopent 
vers la gauche, cabres sur leurs jambes de derriere; le busle incline en avant, 
les jambes legerement flechies pour mieux garder son equilibre, il tient une 
bride de chaque main et de la droite, en plus, un fouel court a double laniere ; 
il est vetu d’une tunique longue a petites manches, serr6e sur les reins ; 
l’etoffe, qui s’applique etroitement aux formes du corps, est striee de quelques 
sillons ondules qui indiquent les plis de la draperie; — le char est muni sur 
les cotes d’une antyx recourbee ; la roue a six rayons moulures ; le timon est 



N° ”>25 — FRAGMENT DE RELIEF ARCHAIQl'E 


229 


decore, & son extremity, d’une tele de griffon tournee vers le conducteur 
(cf. Zahn, I. infra p. 56, note 1); le eheval avait un collier & pompons. 

II exisle au musee de Brousse un relief intact, qui represente le raeme sujet 
que celui de Constantinople (le char s'y dirige a droile ; nous avons essaye de 
montrer (Cat. du musee de Brousse, p. i sq.) que tous deux ont la raeme 
origine et proviennent d’un merae edifice, petit temple ou tresor, de la fin du 
vi" siecle; tous deux relevent de l’art ionien, soit par le sujet, qui appartient 
au repertoire courant de cet art, soit par la technique : comparez l'indication 
des plis de la tunique sur noire fragment 
et sur un torse archaique de Chios, 
publie naguere par M. Lechat (La sculp¬ 
ture altique avanl Phidas, p. 173-175, 
fig. 9-11). L’art de Cyzique, colonie de 
Milet, s'y montre cependant assez dif¬ 
ferent de celui des grandes melropoles 
du sud, avec une tendance marquee 
vers une maniere moins grasse, plus 
seche et plus precise, le gout de formes 
moins lourdes et moins trapues ; nous 
avons suppose que ce caractere, qui se 
retrouve dans les sculptures et les terres 
cuites eoliennes, pouvait s'expliquer par une influence indirecte de l’Attique 
(cf. aussi plus haul, p. 6). D’autre part, le type des ehevaux rappelle celui 
des ehevaux assyriens plutot que la race fortement musclee, k large encolure 
et a poitrail puissant, qu’ont reproduite les sculpteurs grecs des le vi" siecle, 
sur la frise du tresor de Cnide 4 Delphes, plus lard, sur celle du Parthenon ; 
celte influence orientale, manifeste aux origines de tout l'art ionien, semble 
s'etre prolongee a Cyzique en un temps ou d’autres provinces de l’ionisme 
s’en Staient deja affranchies ; nous avions attribue cette persistance a une 
influence perse ; depuis, la decouverte des reliefs d'Erghili, due a Th. 
Macridy bey, nous a revele dans cette province l’existence d’un art greco- 
perse et est venue confirmer en quelque fa?on cette hypothese les reliefs 
d'Erghili, encore inedils, doivent etre publies prochainement par Macridy 
bev dans le Bulletin de correspondance hellenique ; ils sont decrits dans 
1 'Appendice de cc volume; cf. aussi Munro, Journal of hellenic studies, 
XXXII, 191-2, p. 65-67]. 

S. Reinacli, Cat., n° 104 ; — Joubin, Sculpt, gr. et rom., n° 135; — A. Furtwaen- 
gler, dons Roscher, Ausfuehrliches Lexicon der griechischen und roemisehen Mytho- 
logi’e, I, 2 v t880-1890), s. v» gryps, col. 1707, fig.; — A. Joubin, Bulletin de cor¬ 
respondance hellenique, XVIII, 1891, p. 493-490, fig. ; XIX. 1895, p. 83, note 5, et 
85, note 1; — 11. Lechat, Revue des Hudes grecques, VIII, 1895,*p. 407- WS : — 




230 


N° 526 — S'lKI.E Fl'MiBAIRE ARCHAIQl'E 


A. de Ridder, Catalogue des bronzes trouvis sur Vacropole d'Athdnes, 1896, p. 147, 
note 1 ; — R.Zahn, Athenische Miltheilungen, XXIII, 1898, p. 56, note 1; — G. Perrot, 
Histoire de I'arl, VIII, 1903, p. 346 ; — W. Klein, Geschichte der griechischen Plastik, 
I, 1904, p. 184; — F. Hauser, Jahrbuch des archaeologischen Instituts, XXI, 1906, 
archaeologischer Anzeiger , col. 61 ; — L. Savignoni, Roemische Milleilungen, XXI, 
1906, p. 69; — L. Poliak, ibid., p. 323 ; — F. Studniczka, Jahrbuch des archaeolo¬ 
gischen Instituts, XXII, 1907, p. 154; — G. Mendel, Catalogue du muste de Brousse, 
1908, p. 2 sq.; pi. I, en haut (= Bulletin de correspondance hellinique, XXXIII, 1909, 
p. 250 sq. ; pi. VII, en haut); — Sorlin-Dorigny, dans Saglio-Pottier, Diclionnaire 
des antiquMs, IV, 2 (1912), s. v° stimulus, p. 1511 ; fig. 6638, p. 1512 ; — S. Reinach, 
Repertoire de reliefs, II, 1912, p. 176, 3. 

Photographic n“ 851. 


526 (680) St61e fungraire archaique. 


Vue en 1893 4 Eski chehir, par MM. Radct el OuvrA; trouvAe, dit-on, au village Hami- 
diA, au bas de la colline sur laquelle est conslruit 1c chftteau de Karadja hissar; on n'a pas 
de renseignemcnts prAcis sur les circonstances de la dAcouverte; la pierre fut d’abord 
acquisepar un marchand d’ecume de mer, nomine Ch. Cohn, puis par le musAe impArial, ou 
ellc entra au dAbut de l’annee 1894. 


Marbre blanc 4 gros grains cristallins; brisAe 4 la partie supArieure parune cassure irrA- 
guliAre qui a emporte presque toute la palmette qui couronnaitla stAle; mutilAe sur 1’arAte 
et aux angles inferieurs ; sur la face principals, manquent les pieds de la deesse; Arosions 
4 la pointe de son nez, sur 1’arriAre-train, la tAte, la patte antArieure droite du lionceau, 
les perles des arAtes; le relief de la face postirieure est trAs profondAment ArodA, parfois 
jusqu’au niveau du fond, et trAs confus; 1'arAte verticale gauche (pour le spectateur de 
cctte face) est arrondie par 1’usure et le cordon de perles y a entiArement disparu ; celui 
de droite est trAs mutilA ; manquent, sur le second registre, les pieds des chevaux et le 
bas du char; sur le premier, unc entaille en equerre a emportA les jambes anterieures du 
cheval et presque tout le corps du chien, sauf 1’arriAre-train ; hauteur totale, 0“ 73; largeur, 
en bas, 0° 39; 4 la base de la palmette, 0“ 375; Apaisseur, en bas, 0“135; en haut, 0“ 12; 
hauteur actuelle de la dAesse, 0“ 53 ; face postArieure: hauteur du premier registre, 0“ 315; 
du second registre, 0” 185. 


Stele rectangulaire, legerement pyramidante, et ornee de reliefs sur ses deux 
faces; les tranches laterales sont profilees et les aretes verticales en sont deeo- 
rees d’un cordon de perles; a la partie superieure, se dressait une grande pal- 
metle a laquelle appartient la volute qu’on voit encore a Tangle superieur 
gauche de la face principale et dont il reste quelques traces 4 la partie corres- 
pondante du revers ; 1 angle forme par la volute et la tige qui la rattache a la 
grande palmette est rempli par une petite palmette 4 cinq petales; des restes 
d’une palmette semblable sont conserves 4 droite. 

Haute et svelte, avec une poitrine plate, un petit buste et de tres longues 
jambes, la deesse s’avance a pas menus vers la droite, tout le corps legerement 
incline dans le sens de la marche; les deux pieds reposent 4 plat sur le sol, le 



N° 526 - STfcl.E FUNfiRAIRE ARCIIAIQCi: 


231 


gauche en avant; de la main gauche, elle tient devant elle, suspendu en l'air 
par aa patte anterieure gauche, un petit lionceau dont la tete se retourne de 
profil vers le sol, et dont les pattes poslerieures semblent cheminer sur sa 
jambe ; elle plie le bras droit, la main fermee et posee a hauteur de la taille 
(le pouce est allonge, les autres doigts pli^s; 
il est certain que cette main ne tenail rien; 
ce sont quelques erosions superficielles, mal 
interpretees sur une photographic, qui ont 
pu faire croire que la deesse tenait une fleur 
ou une couronne); elle est vetue a 1’ionienne 
— non pas de la tunique et du manteau — 
mais d’un chiton de dessous (visible seule- 
ment sur la poitrine, qui d’ailleurs parait 
nue) et d’un long peplos a apoptygma, pos6 
de biais et agrafe sur l’epaule droite et le 
haut du bras droit (cf. Holwerda, Jahrbuch 
des archaealogischen Insliluts, XIX, 1904, 
p. 10 sq.) ; la draperie legere, sillonnee de 
quelques plis finement incises, s'applique 
etroitement aux jambes, entre lesquelles se 
massent quelques plis plaques qui s’etagent 
et tombent assez haut au dessus des pieds. La 
tele, au profil aigu, avec de gros yeux demi- 
circulaires, au globe saillant, cernes de paupieres epaisses et egales, log^s au 
fond d’une grande depression irreguliere, avec une bouche lippue, aux levres 
serrees et proeminentes, un lourd menton rond, est coiffee d’une haute tiare 
cylindrique, entour^e d’un diademe radie; les oreilles, trop grandes et trop 
haut places, portent des pendants en forme de disque; les cheveux, lege- 
rement ondul^s sur le front, retombent sur la nuque en une masse epaisse 
qu’animent quelques ondulations horizontales; deux grandes ailes doubles, qui 
semblent s’attacher au creux des reins, se relevent de part et d’autre de la 
d6esse, cornme les cornes recourses d’un croissant, soigneusement delaillees 
par de delicates incisions. 

Le revers est partage en deux registres inegaux : le plus grand, en haut, 
represente un cavalier qui s’avance au pas vers la droite ; sa tete au crane lisse 
(sans doule peint) deborde sur le listel qui separe le relief de la palmette ; un 
chien court sous le cheval (sur ce detail, cf. R. Zahn, l. infra /., p. 174, 
note 10) et un valet le suit; sur le second registre, un homme est monte sur un 
char attele de deux chevaux qui s’avancent vers la droite; l’ornement qui ter- 
minele timon n’est plus distinct; les chevaux, a tete courte, a encolure Epaisse, 
au poitrail puissant, k la croupe forte et ronde, sont d&jti du type grec clas- 




232 


N o 526 - STELE FUNERAIRE ARCIIAIQUE 


sique; la criniere est assez longue, contrairement a la mode attique du temps, 
et conformemenl a celle qu’attestent les sarcophages de Clazomenes. 

La deesse representee ici est « la Grande Deesse de l’Asie, celle qu’on 
retrouve partout dans la conlree, a l’origine 
du developpement religieux de l’epoque clas- 
sique, comme la souche commune d’ou se sont 
detachees et ramifiees des frondaisons innom- 
brables, c’est la Terre-Mere, personnification 
de la nature et de la fecondite » (Radel) : il 
est inutile de chercher a la nommer d une ma- 
niere plus precise, car son nom changeait selon 
l’aspect qu’on adorait en elle et selon les lieux. 

Malgre la presence d’une divinite, la destination 
funeraire de la stele resulte avec certitude des 
reliefs de la face poslerieure, ou le mort est 
represente a cheval et sur son char, non pas 
heroTse, mais dans l’exercice des « sports » qu’il 
avait aimes de son vivant; la deesse peut etre 
figuree ici comme une puissance protectrice, 
analogue a ces statuettes de Cybele au lion 
qu’on a retrouvees a Rhodes dans des tombes 
de la necropole de Camiros (cf. L. Heuzey, Figurines de terre cuite du Lou¬ 
vre, p. 242); on connait, a des epoques plus recentes, un certain nombre de 
steles portant l’image d’une divinite, et Ton sait qu’en Phrygie en particulier, 
on rencontre frequemment des epitaphes funeraires con?ues sous forme de 
consecration a une divinite, Hecate Solera ou Zeus Bronton. 

A vrai dire, l'origine phrygienne de la stele ne peut etre donnee comme cer- 
taine : la presence d’un monument de ce style, en cette region et a cette epoque, 
si elle n’est pas en soi inadmissible et inexplicable, n’en est pas moins un peu 
surprenante, et, de fait, elle est restee isolee jusqu’a ce jour; M. Koerte, 
d’autre part, declare que la « stele de Dorylee » est d’un marbre qui ne res- 
semble a aucun des marbres phrygiens qu’il connait; elle serait done importee 
— mais cette « importation » ne serait-elle pas relativement moderne ? Tous 
ceux qui ont voyage en Asie mineure savent avec quelle facilite les pierres s’y 
deplacent, surtout quand elles sont, comme celle-ci, de petites dimensions et 
toutes taillees pour entrer dans un mur. Nous considerons comme tres possible 
que notre stele provienne en realite de Gyzique, et qu’elle ait ete appoHAe a 
Eski chehir, peut-etre apres un premier sejour a Brousse (sur le transport de 
pierres de Cyzique a Brousse, cf. Cat. du musee de Brousse, p. 3). 

Les reliefs des deux faces etanl certainement contemporains, cette stele est 
un des seuls exemples connus de relief funeraire travaille sur ses deux faces 




N° 526 - STEI.F. FL'NtiRAIHK ARCI1AIQI F. 


233 


(cf. Conze, Die atlischen Grabreliefs, n° 16, pi. X, 1 a et b : un fragment 
cl epoque hellenistique dans noire salle xxvii) ; pour l'anthemion qui la cou- 
ronnait et la delicate decoration de ses aretes, M. A. Koerle en a justement 
rapproche une belle stele decouverte en Troade et conservee aujourd'hui au 
musee de Boston (Handbook of the museum of fine arts, 1911, p. 67, fig. ; 
cf. Furtwaengler, Aegina, p. 357, fig. 283 . 

M. Radet, qui avait d’abord attribue l’ceuvre aux environs de l’annee 530, a 
renonce ensuite 4 cette date et adoptecelle que proposait M. A. Koerte, vers 
560 et peut-elre plus tot : a tort, pensons-nous. Malgre quelque rudesse dans 
les trails du visage, la sculplure, d’un relief tres faible, est d’une remarquable 
delicatesse et d’un ciseau singulierement adroit; les silhouettes du revers 
laissent encore deviner les qualites d'un dessin tres juste et tres vivant, deja 
presque alTranchi de la raideur archaique; nous ne croyons pas qu’on put 
sculpter ainsi dans la premiere moitie du vi e siecle. 

Ce qui n'est pas douteux, c’est que la stele est l’ceuvre d'un ionien : tous 
les motifs qu'on y voit se retrouvent sur les sarcophages de Clazomenes : 
cavaliers accompagnes de leur 6cuyer et de leur chien, chars galopant, meme 
type de chevaux ; la deesse peinte au chevet d'un sarcophage de Berlin ( Antike 
Denkmaeler, II, pi. 58; Zahn, l. infra l., p. 169 sq.) a, avec celle de noire 
relief, une ressemblance quasi fraternelle. L’epitaphe de Pisandre (Bergk, 
Poelae lyrici graeci, II, 4 a ed., p. 24), au nom d un certain Hippaemon qui 
elait probablement un magnete de l'Asie mineure, fournit, selon la judicieuse 
observation de M. Kern (/. infra l.\ une jolie legende a la seconde face de la 
stele : 

’Avspl ;j.sv 'I-zai;j.o)v t)v , i - “ <o 5k IIj5xpy:r 
xzi xuvi Ar)0xpY:p, xat Ospaz: vtS BaJi;;. 

Cf. filien, \'ar. hisl., xiv, 46 = Kern, ibid., p. x, n° xxxii. 


G. Radet et II. Ouvre, Bulletin de correspondance helttnique, XVIII, 1894, p. 129- 
136, pi. IV bls ; — A. Joubin, ibid., p. 22a, note 2 ; — A. Koerte, Athenische Mitthei- 
lungen, XX, 1895, p. 1-13, pi. I et II ; — S. Reinach, Revue archiologique, 1895, II, 
p. 345, 6°; 1896, I, p. 96-97, fig.; Chroniques d’Orient, II, p. 454, 6°, et p. 479 ; Reper¬ 
toire de reliefs, II, 1912, p. 165, 1, 2 ; — H. Lechat, Revue des iludes grecques, IX, 
1896, p. 250 ; XIV, 1901, p. 469 et note 1; La sculpture altique avant Phidias, 1904, 
p. 283; — W. Anielung, Roemische Mittheilungen, XIV, 1899, p. H; — O. Kern, 
Die Inschriften von Magnesia am Maeander, 1900, p. vm, au n° xsii ; — G. Perrot, 
Ilistoire de I'art, VIII, 1903, p. 342-346; fig. 149, 150; — E. Babelon, Revue numis- 
matique, 4* serie, VII, 1903, p. 422, note 5; —Br. Schroeder, Athenische Mittei- 
lungen, XXIX, 1904, p. 35;— \V. Klein, Geschichte der griechischen Plastik, I, 
1904, p. 183-181; — G. Radet, Comptes rendus de VAcadtmie des inscriptions, 1906, 
p. 284; 1908, p. 224, et fig. 3, p. 226; Revue des etudes anciennes, X, 1908, p. 114; 



234 


N° 527 - HERMES d’aLCAMENK 


fig. 2, p. 113; Cybfibt, 1909, p. 6, 31, 113; fig. 2, p. 5; — L. Poliak, Roemische 
Mitteilungen, XXI, 1906, p. 323 ; — R. Zahn, Jahrbuch des archaeologischen Insti¬ 
tute, XXIII, 1908, p. 171, note 2 ; 175, note 12; — M. S. Thomson, Journal of Hellenic 
studies, XXIX, 1909, p. 299, n° 21 ; — Ahmed Refik bey, Buyuk tarikh-i-oumoumi 
(Histoire gintrale, en turc), II, 1911, p. 33 ; — W. Deonna, L'arcliMogie , sa 
valeur, ses mithodes, 1912, III, p. 147, note 9 ; — Ch. Picard, Monuments Piot, XX, 
1913, p. 63. 

Photographies n°' 150 (la deesse), 149 (l'autre face). 


527 (1433) Herm£s d’Alcam^ne. 

Pergame ; fouilles de l'instilut altemand d'Athenes ; trouve le 6 novembre 1903 « in dem 
Magazine Nr. 10 (Taf. I'll) an der zur Brunnenhaus-Terrasse fuehrenden Strasse... Die 
Fundumstaendc lassen als gewiss voraussetzen dass die Ilerme auf einer hoeher gelegenen 
Terrasse aufgestellt war und samt der Schulte heruntergestuerzt ist » ( Athenische Mittei¬ 
lungen, XXIX, 1904, p. 179; cf. ibid., XXXII, 1907, p. 185: « es kann nicht zweifelhaft 
sein, dass sie zum Ilause [des Konsuls Attalos] gehoerte und von der oberen Terrasse in 
das Magazin hinuntergefallen ist »); —entrA au musee en decembrc 1903. 

Marbre blanc; revers pique; faces lat6ralesdressees; brise 4 la partie inferieure parune 
cassure irreguliAre qui aemporte le tcsticule gauche du phallus dont la pointe est mutilAe; 
sont rajustdes: l’epaule droite en deux fragments (quelques lacunes au joint sur la poitrine), 
la tete, labarbe (en deux fragments) dont il manque une partie 4 droite et une autre, plus 
considerable, 4gauche, la partie flottantc de la boucle (mutilee) qui tombe derriire l’oreillc 
gauche; manquentles tenons lateraux, la partie flottante et l extrcmitc de la boucle de 
cheveux tombant sur l’Apaule droite ; les clieveux ne sont pas detailles au sommet et au 
revers du cr&ne ; quelques lAgAres concretions calcaires sur le cote droit de la tete ; traces 
de r4pe, plus line sur le visage, plus grosse sur les autres parties ; le sillon qui sApare les 
lAvrcs, la cavite 4 1 angle interne de Paul, les oreilles sont travailies au trApan ; hauteur 
totale, 1“ 195; du fut, jusqu’4 I’Apaule droite, 0“863 ; de la tete, du sommet du crAne 4 
1’extrAmitA de la barbe, 0” 40; du sommet des cheveux sur le front 4 1’extremilA de la 
barbe, 0“ 33; de la racine des cheveux sur le front 4 l’extremite de la barbe, 0“ 285 ; de la 
racine des cheveux au sillon creuse entre les levres, O'" 13 ; de ce sillon a 1’extrAmitA de la 
barbe, 0“ 153; distance entre les yeux, 4 l’angle interne, 0“ 048; 4 Tangle externe, 0” 113 ; 
largeur du fut, 0 m 323; Apaisseur du fut, 0 m 29; hauteur des lettres, 1. 1-4, 0 m 02 4 0" 1 022 * 
1. 4,0" 023 4 0“ 025. 

Ilermes a fut rectangulaire, decore d’un phallus sur sa face anlerieure, 
muni, sur les cot6s, de tenons rapportes (qui ont disparu); la tete, qui repose 
directement sur le fut, sans indication des epaules et avec une tres faible 
inclinaison en avant, est construite avec une rigueur geometrique ; couronne 
par un diademe de cheveux qui court horizontalement sur le front et descend 
verticalement sur les tempes, prolonge par une large barbe rectangulaire, le 
visage est nettement divise par les lignes horizontales des sourcils et de la 
bouche, et par la large arete verticale du nez, qui se rencontre presque a 
angle droit avec celle de 1 arcade sourciliere; le front est bas, avec un sinus 
marque par une large depression au dessous de laquelle la surface, toujours 
plane, se releve un peu plus haut que la partie plac^e au dessus du sinus ; les 
yeux sont grands, tres distants, allonges, cernes de paupieres lourdes ; la 



N° -“>27 - IIKMMI'.S DALCA.Mf'.NK 


23”> 


paupiere superieure — qui n’esl a aucun moment parallele a la ligne des 
soureils — un peu plus epaisse cependant que la paupiere inferieure, la 
reeouvre a l’angle externe; au dela, vers la tempe, elle se gonfle legerement, 
tandis qu’u l’angle interne la cavite orbiculaire se creuse 
assez profonddment; lesjoues sont larges et un peu apla- 
ties ; deux plis obliques naissent pres des narines — tres 
larges et comme dilatees; les levres sont separees par un 
etroit sillon d’ombre ; la levre superieure, aux contours 
arquds, porte une moustache peu fournie, qui tombe verti- 
calement sur les c6tds, en deux meches faiblement distin- 
guees de celles de la barbe; la levre inferieure, plus 
lourde, est limitee par une sorte de goutliere, au dessous 
de laquelle la barbe descend vers la poitrine, sans se rele¬ 
ver en avant, en un large flux de boucles inegales, les unes 
ondulees, les autres recourbees. Les cheveux tombent sur 
la nuque en une nappe unie, s’appliquenl au sommet du 
crane, ceint d’un bandeau circulaire, et ne sont travailles 
que sur le devaiit, oil ils forment comme un diademe 
compose de trois rangs superposes de boucles en boudins, 
disposees selon l’axe antero-posterieur de la tete et termi- 
ndes par une spirale en coquille d’escargot; la masse en est 
arretde net devant l’oreille, derriere laquelle se detache une longue boucle, 
qui descend sur le fut, detaillde par quelques sillons. 

Sur la face anterieure du fut, est grave le dislique : 

ElS^uei? ’AXxapivto; | itepixaXXs? ayaXp-a 
'Epjxav tov irpo icuXwv | sToxto IlepYi;j.i5;. 

1X5)01 uauTov. 

C’est-ii-dire : « Vous reconnaitrez ici la statue magnifique d’Alcamene, 
l’hermes placd devant la porte; c’esl une offrande de Pergamios. » Cette tra¬ 
duction est certainement preferable a celle qui supprime le signe de ponctua- 
tion apres iruXfiiv et fait de tov un pronom relatif (proposee par M. Altmann, 
Alhenische Milleilungen, XXIX, 1904, p. 181). 

L’inscription pourrait signifier, sans plus, que l’auteur du marbre trouvd k 
Pergame dtait uncertain Alcamene ; mais le mouvementgeneral del’epigramme 
parait indiquer qu’il s’agit de la copie d’une oeuvre celebre. Or, dans sa descrip¬ 
tion de l’acropole, Pausanias (i, 2:2, 8) parle, en meme temps que des Charites 
de Socrate, d’un hermes, place xarx tyjv stoSov, et qu’on appelail irpoitu- 
X«to?: de la l’hypothese que l’oflfrande de Pergamios est une copie de cet 
hermes, et que celui-ci dtait une oeuvre d’Alcamene, l’eleve de Phidias. A 



10 V,, 

m 4 j 
L P ’$ 


r.E^KAui^.rAA.v. 

YAO.v 

E:iATcrx?rA«ior 




236 


N° 527 — HERMES d'aeCAMENE 


dire vrai, cette double hypothese n’est pas de celles qui emportent du premier 
coup la conviction : le temoignage de Pausanias, comme l’epigramme elle- 
meme, se pretent a plusieurs interpretations; de toutes manieres, pourquoi 
Pausanias n’a-t-il pas nomine Alcamene, si vraiment l’hermes propylaios etait 
1 une des oeuvres celebres d’un artiste sur lequel son attention devait etre 
attiree, a ce moment meme, par le voisinage de la statue d’Hecate qui se 
dressait sur le pyrgos d’Athena Nike? 

La discussion des textes ne conduit ici, croyons-nous, a aucun resultat posi- 
tif; par contre, l’etude du monument parait confirmer l’attribution sugger^e 
par la dedicace : l’hermes de Pergame, quoi qu’en ait dit Furtwaengler, pre¬ 
sente une incontestable parente avec l’art de l’epoque du Parthenon, et c’est 
a juste titre qu’on en a rapproche, non pas tant pour une ressemblance deter- 
minee que pour le caractere general, la tete du Zeus de Dresde ( Festschrift 
filer 0. Benndorf, pi. Ill) qui appartient certainement au cercle de Phidias. 
On y sent tres bien, sous le type impose par une tradition qui remonte au 
vi® siecle, l’influence des formes et de l’esprit nouveaux, et en particulier ce 
caractere de grandeur impersonnelle et comme abstraite, de majeste douce 
et bienveillante, qui parait avoir ete celui du Zeus d'Olympie (opposez d'autre 
part a Tarchaisme de la coiffure la « liberte » de la toison du phallus) 
Disons done : si Alcamene a sculpte un hermes, il a du le traiter dans ce style 
mais n'y cherchons pas de renseignements nouveaux sur la maniere de cet 
artiste : quand bien meme il serait permis de le faire sans tomber dans une 
sorte de cercle vicieux, il est clair que le sujet meme propose ici au sculpteur 
etait de ceux ou sa personnalite pouvail le moins s’exprimer. A cela s’ajoute 
que la copie que nous possedons, quoique soignee et probablement conscien- 
cieuse, ne depasse pas la mediocrite. D’apres la forme des lettres de l’inscrip- 
tion, qu’on retrouve, a Pergame meme, dans une dedicace a Hadrien (Inschrif- 
ten von Pergamon, II, n°373), elle daterait du n e siecle; la forme du nom du 
donateur permettrait meme de supposer une date plus tardive (Wilamowitz- 
Moellendorf, Jahrbuch des archaeologischen Inslituts, XIX, 1904, archaeo- 
logischer Anzeiger, p. 76). 

V. D[oerpfeld], Athenische Mitleilungen, XXVIII, 1903, p. 478 ; — A. Conze, 
Sitzungsberichle der kgl. preussischen Akademie der Wissenschaften, 1904, p. 69-71, 
pi. I; Jahrbuch des archaeologischen Institute, XIX, 1904, archaeologischer Anzeiger, 
p. 76, fig. (cf. p. 97); — W. Altmann, Athenische Mitleilungen, XXIX, 1904, p. 179- 
186 ; pi. XYIII-XXI; — F. Winter, ibid., p. 208-211; — G. Loeschcke, Jahrbuch 
des archaeologischen Inslituts, XIX, 1904, p. 22-23; — C. Smith, The Burlington 
magazine, 1904, p. 977; — E. Pottier, Comptes rendus de VAcadimie des inscrip¬ 
tions, 1904, p. 115 ; — B. Sauer, Beilage zur muenchener allgemeinen Zeitung, 1904, 
n° 42, p. 331-333 ; — A. Furtwaengler, Sitzungsberichle der kgl. bayerischen Aka¬ 
demie der Wissenschaften, 1904, p. 378-379; — J. de Mol , Bulletin desmusies royaux 
de Bruxelles, 1905, p. 29 ; — W. Klein, Geschichte der griechischen Kunst, II, 



N° 528 - TfcTE d'l’X HERMES ARCKAIQLE 


237 


100->, p. 210 ; — G. Mendel, Revue de I'art ancien el moderne, IX, 1005, t. win, p. 378- 
370 ; fig. p. 379;— F. Hauser, Berliner jthilologische Wochenschrift, 1905, col. 
HO; — A. de Ridder, Revue dee etudes grecgues, XIX, 1906, p. 156-157, 3 fig. ; 
— S. Reinach, Gazette dea beaux-arts, 1006, I, p. 330-332 ; fig. p. 330 ; — 
A. Koester, Jahrbuch desarchaeoloyischen Instituls, XXI, 1906, p. 144; — P. Sticotti, 
Archeografo triestino, serie III, vol. II, 1906, fasc. 2, p. 381-388; Og. p. 382 ; — XV. 
Doerpfeld, Athenische Mitteilungen, XXXII, 1907, p. 167,185 ; — XV. VollgralT, ibid., 
p. 574-575; — A. Ilekler, Archaeologiai irtesito, Budapest, 1005, p. 07 sq.,et pi. a 
cette page; ibid., 1908, p. 373; — Springer-Michaelis, llandbuch der Kunstge- 
schichte, I, Altertum, 8 e ed., 1907, p. 199; — \\'. Amelung, dans X’. Thieme- 
F. Becker, Allgemeines Lexicon der k'uenstler, I, 1907, s. v° Alkamenes, p. 294 : —- 
L. Savignoni, Ausonia, II, 1907, p. 42; — Altertucmer von Rergamon,\l\, 1008 : 
F. XVinter, Die Skulpturen, t. 1, p. 48-53, n° 27; pi. IX, Beiblatt 5 ; — Baumgarten, 
Poland, Wagner, Die helleniache Kultur, 2 e ed., 1908, p. 320 ; Og. 274, p. 319 ; — 
E. Petersen, Jahrbuch des archaeologischen Institute, XXIII, 1908, p. 19-20; — 
A. Trendelenburg, ibid., archacologischer Anzeiger, col. 516 ; — XV. Deonna, Revue 
archiologique, 1908, II, p. 155 ; L'archiologie, sa v aleur, sea mHhodes, 1,1912, p. 349, 
note 5 de la p. 348 ; — P. Orsi, Monumenti antichi, XIX, 1909, p. 122 sq. ; — 
F’. Koepp, Neue Jahrbuecher fuer das klassische Altertum, XIII, 1010, t. xwi, p. 265, 
et fig. p. 254 ; — Springer-Michaelis-Ricci, Manuale di aloria dell' arte, 1910, 
p. 250; — E. Loewy, Die griechische Plaslik, 1911, p. 44; pi. 53, fig. 98 ; La scul- 
tura greca, 1911, p. 53, et pi. h cette p., fig. 98 ; — Ahmed Refik bey, Buyuk 
tarikh-i-oumoumi (Hisloire gbnirale, en turc), II, 1011, p. 67, fig.; — XX - . Deonna, 
L'archiologie, sa valeur, ses mHhodes, 1912, II, p. 177, note 3. 

Photographic n° 583. 

528 (408) Tfite d'un herrads archaique. 

Ilcracldc du Pont; la date d’cnlrie n'est pas connuc. 

Marbre blanc; brisee surlecou; manquent le nez et les boucles qui descendent sur les 
cpaules ; livres mutilecs; quelqucs erosions sur le bandeau de cheveux; hauteur, 0“ 30a. 

Copie romaine d’un type analogue au precedent; la barbe et les cheveux au 
dessus du front sont traites de nieme ; sur la calotte 
du crane, la chevelure est indiquee par des sillons on- 
dules rayonnant du vertex, et la nappe qui descend 
sur le dos est animee d'ondulalions horizontales et 
detaillee par des sillons verlicaux; une boucle des- 
cendait de chaque cole du cou, derriere l’oreille ; le 
front lisse, le dessin des yeux (d’ailleurs tres molle- 
menl travaillds) cernes de lourdes paupieres,les levres 
droites (elles sont legerement espacees), la saillie plus 
accusee de la barbe et la tendance qu'y ont encore les 
boucles a se recourber vers leur exlremite, le prolil plus i'uyant du visage 




238 


N° S30 — t£te d'iiomme archaique 


semblent indiquer, derriere cette mediocre replique, un modele plus aneien 
que l’oeuvre attribute a Alcamene. 

Joubin, Sculpt. <jr. et rom., n° 27. 

Photographies n"* 2019 (proiil A droite), 2020 (trois quarts a droite). 


529 (740) Tete dun hermes archaique. 


TAnedos; trouvAc, pendant des travaux de construction, devant le conak du gouverne- 
mcnt, etenvoyee au musee par le ca'imacam de l’ile, Ahmed Chakir bey, 1c 18 novembre 1895. 


Marbre blanc A grains serres et peu cristallins ; la tete, en avant, est brisAe A la basedu 
cou ; en arriere, il reste un fragment du haut du fut, avec les traces de la mortaise oil s’in- 
sAraient les tenons lateraux; manquent les boucles flottant sur le cou; erosions sur le nez, 
les yeux, 1’oreille gauche, les petites boucles du bandeau au dessus du front; la masse de 
cheveux qui descend derriere l'epaule gauche est brisee sur le bord; cassure sur le crAne, au 
dessus de l’oreillc gauclic; surface usAc; sauf les boucles du front, les cheveux ne sont 
pas detailles plastiquement, et la nappe qui tombe sur la nuque se perd dans le revers du 
fut, dont la partie superieure dAcrit ainsi une ligne legerement convexe; hauteur lotalc, 
0“ 655; de la tete, 0“ 425. 


Type analogue aux deux precedents; les traits du visage reproduisent, en 
l’amollissant, un type de la seconde moitie du v 8 siecle; le 
profil est moins fuyant qu’au n° 528 et moins redresse que dans 
l’hermes d’Alcamene (n° 527); les yeux sont cernes de lourdes 
paupieres qui se recouvrent a peine vers Tangle externe ; le 
dessin de la levre superieure est remarquable : horizontal 
dans sa partie moyenne, elle s’inflechit symetriquement vers 
les extremites; la barbe earree et rigide, tres longue, tres 
saillante et partagee en petites boucles recourbees en points 
d’interrogalion, parait plus archaique que le visage ; les oreilles 
sont tres grossierementindiquees; — travail ordinaire d’epoque 



Photographic n° 2018 (face). 


530 (1645; porlee dans l'inventaire chypriote sous le n° SS) T6te d hOHlIlie archaique. 


La provenance de cette tete, qui n’est pas connue directement, a donne lieu A beaucoup 
d hypothAscs ; nous sommes portAs A croire que e’est l'une des " deux tetes 11 mentionnees 
par A. Dumont, Le musee Sainle-Irene (Revue archeologique, 1868, II), p. 241: « on remar- 



S° 530 — TtTE d'ho.MME ARCHAIQLE 


239 


quera, dit-il, Bur l’unc d’clles (une tAte d'homraej, la rcgularitA des tresses qui remontent 
depuis le front, couvrent toute la tAte et retombent sur les Apaulcs. » II ajoute, il est vrai : 
*i la matiArc de ces statues n’est pas lc marbre, mais une pierre calcaire facile A tailler. » 
Si ces derniers mots sc rapportent non pas seulement aux deux statues dont Dumont parlc 
au hautde la page, mais (et cette sccondc interpretation est la plus vraisemblablc, A la fois 
A ces statues et aux deux teles dont il parlc ensuite, on doit supposer chez l autcur une 
erreur de redaction, d'autanl plus admissible que ses descriptions sont trAs sommaires et 
renferment d’autres inexactitudes ; les deux statues (n'> - 7 et 8 de notre inventaire chypriote) 
et l'une des teles (probablement le n° 92 du mcme inventaire) sont en cfTet en calcaire de 
Chypre ; mais nous ne trouvons aucune autre tete, dans nos collections chypriotes, A qui 
conviennc la brAve description citAe plus haut; d’ailleurs, l'identification que nous proposons 
est Agalement conlirmAe par l'analogie, signalAe par Dumont, de la tete en question avec 
une tAte de la collection de DAthier, qui a depuis passA au musee de Berlin (cf. ci-dessous). 
« D'aprAs des renseignements dignes de foi, Acrit encore Dumont, ces quatre fragments 
proviennent de Hodosto, l'ancienne Roedestus. » Ces renseignements ont cependant, et a 
juste litre, Ate suspectAs : cf. S, Reinach (Cat.; p. 94 : « on avait indique A M. Dumont la 
provenance Itbodos adasi (file de Rhodes) par une confusion entre Rhodes et Chypre. 
Rhodos adasi est devenu Rodosto (communication de M. Sorlin-Dorigny) » ; — L. Heuzey 
( l. infra t., p. 337) : « jc prendrais la correction au pied dela lettre, et sans me dAtourner vers 
Chypre, je ne serais pas AlonnA que ce beau dAbris de l’art du vi* siAcle vint reellement de 
l'lle de Rhodes. » A la mAme Apoque, O. Itayct Acrivait ( Monuments de Vart antique, I, 
1881, Tombeau de Xanthos, p. 10) : « une tAte encore inedite du musee de Constantinople 
et qui resscmblc tout A fait A cclle des colosses assis des Branchides provienl del'ile de Rhodes 
et prouve que I'influcncc ionienne prAdominait jusque 1A. » De qui Rayet tenait-il cette indi¬ 
cation ? Nous l'ignorons, mais nous croyons pouvoir Atablir qu'elle Atait bonne, et bonne 
aussi la correction apportAc par M. Heuzey A la conjecture (ingAnicuse, mais non pas tout 
A fait exacte) de M. Sorlin-Dorigny. En eflet, ces « renseignements dignes de foi » qui 
avaient AgarA Dumont provenaient certainemcnt de Dethier: Dumont n'en temoigne pas 
expressAment, mais le fait rAsulte avec Avidence du texte mAme du passage p. 211 (cf. la 
note 1, p. 237). Or DAthier eut pendant nombre d’annAes une tendance fucheusc A confondre 
Rhodes et Rodosto ; nousen trouvons la preuve dans son Journal manuscrit : 

[f«* 9-10] <i n°’ 59 A 67 ; 4 avril 1873, — Vu... neuf marbres provenant de Rodosto [en sur¬ 
charge Rhodes, Rodosto n'Alantpas elTacAJ...; ce sont des pierres tumulaires de 
colons Catalans et franpais...: l'une porte une inscription latine, d'aprAs laquellc 
le bas relief de face, mains croisccs sur la poitrine, est lc noble homme Guliel- 
musBechartus [sic] burgensis de Rodi (pour Rodosto, mort 1374 au moisd aout. •> 
[f° 10] ii n° 73 ; 20 mai 1873. — De Rodosto, marbre, inscription autour du bord: •{• hie 
jacet nobilis uir dominus Gulielmus Bechartus [sic]... » [cf. Joubin. Sculpt, gr. 
el rom., n° 192], 

[f° 11] ii n° 74; 29 mai 1873. — Vu les figurines [il s’agissaitde figurines en terre cuilc, 
mcnlionnAes au f° 10, n° 70, 5 mai 1873 : « vu A la douane... c) une petite boite 
avec des figurines en terre cuite provenant de tombeaux en Anatolie *]: parle 
avec le propriAtairc qui dit qu'elles ont etA trouvAes dans des tombeaux prAs de 
Rodosto [en surcharge Rhodes et croix renvoyant A une note marginale : Chara- 
lempros (sic), Indjir-Kariessi ]. » 

Les surcharges sont une correction faite postArieurement, quand DAthier eut AtA instruit 
de son erreur; il est done certain qu’en aout 1868 (Apoque ou Dumont se trouvait A Cons¬ 
tantinople), cette distinction ne s'etait pas encore faite dans son esprit: quand il pronon- 
pait Rodosto, il fallait comprendre Rhodes. Cette derniAre provenance peut doncAtrecon- 
sidArAe eomme Atablie definitivement. 


Marbre blanc A grains crislallins, legArcmenl bleulA et traversA de quelques veines uoi- 
rfttres; brisAe A l'attache du cou sur le bustc ; manque le nez; lAvres et menton mutilAs ; 
Arosions sur lc globe des yeux etlesjoues ; hauteur, 0“ 47. 


La face est rontle et large, le protil Ires fuyant, le bas du visage trop petit 
par rapport au haut; les yeux sont fendus en amande et releves vers Tangle 
externe ; le globe fait saillie entre les paupieres tendues ; l’arcade sourciliere 



240 N° 530 - TETE d’iIOMME ARCHAKjUE 

est tres relevee, la cavite de l’orbite tres peu profonde et d’un contour tout 
schemalique ; le nez long, la bouche tres rapprochee du nez, les levres fermees 
et droites, limitees aux coins par une depression qui leur donne une apparence 
de sourire; le menton osseux et separe de la levre inferieure par une profonde 
gouttiere ; les joues charnues, les pommettes saillantes ; les oreilles trop 
grandes, mais a peu pres correclement placees et d’un 
dessin juste, sauf un petit bourrelet qui double inte- 
rieurement les contours du pavilion et qui n'existe pas 
dans la nature. Les cheveux sont traites avec un soin 
particulier: dans l’ensemble, ils forment une masse 
etale qui, ramenee d’avant en arriere, tombe en nappe 
sur le dos; mais, avec des moyens naifs, l’artiste a 
cherche a en rendre les aspects divers et a en distin- 
guer les differentes parlies : sur le front, la racine en 
est indiquee par une petite zone, presque verticale, de 
stries pressees les unes conlre les autres ; au dela, 
regne un large bandeau continu, en legere saillie sur 
les cheveux qui couvrent la calotte du crane et descendent sur la nuque ; sur 
les cotes, au dessus des oreilles, ce sont deux pelits bandeaux recourbes, 
dont la naissance, sur les tempes, est nettement distinguee de la zone striee 
qui se dresse au dessus du front; toute cette partie de la chevelure, animee 
d’ondulations regulieres, est detaillee d’une maniere uniforme, par des sillons 
longitudinaux, recoupes de sillons transversaux qui determinent de petits rec¬ 
tangles aux aretes adoucies; les boucles qui se detachent derriere les oreilles 
sont partagees en petits losanges, tailles k facettes. 

Cette tete a ete rapprochee a juste titre de la tete de Hieronda (British 
Museum, Cat. of sculpture, I, n° 19) et d'une tete du musee de Berlin comparee 
bien a tort par l’auteur de la Beschreibung , n° 538, a 1’ « Apollon » d'Orcho- 
mene (bonne reproduction a p. Deonna, pr. 1. infra l., p. 186, n° 78, fig. 83); 
cette derniere tete, achetee a Dethier en 1871, est, a n’en pas douter, la tete 
vue et mentionnee par A. Dumont ( l. infra l.); la provenance Perinthe, indi¬ 
quee par Dethier, doit probablement etre rejetee, comme due a une erreur ou 
a une dissimulation volontaire. On joindra a cette serie le fragment de Didymes 
(notre n°241), la tete de la statue de Samos (Athenische Mitteilungen, XXXI, 
1906, pi. X-XII), celle du Branchide n° 9 du musee britannique, plusieurs 
tetes chypriotes et celles de nombreuses figurines en terre cuite, trouvees 
principalement dans les lies de Rhodes, de Samos et de Cos : toutes ces ceuvres 
forment un groupe homogene, tres representatif de certains caracteres de l’art 
archaique sud-ionien; — la tete du musee peut dater approximativement du 
milieu du vi e siecle av. J.-C. 




N° 532 STATUETTE l/ATI1ENA 21 i 

A. Dumont, Musfc S:\inlc Irdne (Bevue archiologique, 1868, II), p. 2i1 cf. ci- 
dessus, in pr.) ; — S. Reinach. C'a t., n° 301 et p. 91; — Joubin, Sculpt, gr. et rom., 
n°78;—O. Rayet, Monuments de I'art antique, I, 1881, Tombeau de Xanthos, p. 10; 

— S. Reinach, Gazette archfologique, IX, 1884, p. 89-90 ; pi. XIII, a gauche ; Bulle¬ 
tin de correspondance hellfnique, XIII, 1889, p. 550; — L. Heuzey, Bulletin de cor- 
respondance hellinique , VIII, 1884, p. 333-338; pi. X ;— G. Perrot, Histoire de I’art, 
III, 1885, p. 509, note 1; VIII, 1903, p. 280-282; fig. 114, p. 282; — M. Collignon, 
Ilistoire de la sculpture grecque, I, 1892, p. 174-175; fig. 80; — Haussoullier-Pontre- 
moli, Didgmes, 1904, p. 204-205; —W. Klein, Geschichle der griechischen Kunst, I, 
1904, p. 151 ; — II. Lechat, La sculpture atlique avant Phidias, 1904, p. 149, note2; 

— E. Poltier, Le probUme de I'art dorien, 1908, fig. 19, p. 43; — W. Deonna, Les 
« Apollons archa'iques », 1909,p. 232, n° 134 cf. l'index Provenances, p. 387); Bevue 
desitudes grecques, XXIII, 1910, p. 388; —Ahmed Refik bey,Buyuk tarikh-i-oumoumi 
(Ilistoire g frier ale, en turc), II, 1911, p. 41 ; — Ch. Picard, Monuments Plot, XX, 
1913, p. 64. 

Photographies n°‘ 995 (face , 166 ; rovers). 


534 ;322 l,is ) Sphinx archaique. 


Provenance et date d’entrte inconnues. 

Marbrc hlanc a gros grains ; surface noircie et tres usee ; nianquent les pattes, t'arriere- 
train, l'cxtrtmite des ailes ; le visage entitrement mutile et indistinct; hauteur maxima 
actuelle, 0" 535 ; longueur maxima acluelle de la poitrinc k la cassure de l’amcrc-train', 
0» 50. 

Type archai'que ordinaire, a corps de lionne, sans indication de la poilrine 
feminine ; ailes recourbees ; tete de femme a chevelure tombanl sur le dos ; le 
visage est long et carre, mais le irtarbre est en un tel etat qu’il n'est plus 
possible de le rapprocher d’un type connu ; corame il est frequent dans les 
representations de ce genre a l’epoque archaique, les formes animales sont 
toutes conventionnelles et se rapprochent plus de celles d une chienne que de 
celles d’une lionne. 

Joubin, Sculpt, gr. et rom., n° 104. 


532 (435) Statuette d’Ath6na. 


Leptis major ; e'est probablemcnt Tune des trois statues mentionnees dans une lettre de 
Hamdy bey k Th. Reinach (Bevue des itudes grecques, II, 1889, p. 416), oil dies >ont, par 
inadvcrtancc, attributes 5 I.eptis minor ; entree au musee en 1890. 


Marbrc blanc .Paros ?); le travail est nioins pousse au revers ; nianquent les deux avanl- 


16 



24 2 


,\° 532 — STATUETTE d’aTHEiNA 


bras 'le gauche etail rapportc; mortaise circulaire a la cassure) ct l'extremite droite dc la 
plinthe ; quelques plis de la draperie sont mutiles; tete rajustee; mortaise rectangulaire 
sur l’arcte du casque pour l’inserlion du cimier; deux petits trous circulaires sur Ies 
cotes du timbre pour linsertion d’un autre ornemeut; petite mortaise, de destination 
incertaine, sur l’arete anterieure de la plinthe; surface lust roe ; plinthe mince ct irrcgu- 
liere ; le travail a cte execute avec l’aide du tripan : noter en particulier, derricre le bord 
ouvert du peplos, 4 droite (pour le spectateur) du pied gauche de la dcesse, un pcu au 
dessus de la plinthe, trois trous circulaires qui semblent un reste de ce travail ; hauteur, 
1® 13, dont 0'“ 025 pour la plinthe ; hauteur totale de la tete, 0™ 155; du visage scul, du bord 
inferieur de la visiere du casque au menton, 0“ 11. 


La deesse, vetue du peplos dorien a apoptygma, agrafe sur les epaules, fendu 
sur le cote gauche et serre a la taille, est debout et de face, le corps porlant 
sur la jambe gauche, la droite sur le cote, a peine flechie, le pied legerement 
avance et reposant de toute sa longueur sur le sol, la pointe ouverte ; de la 
main gauche relevee (la partie superieure du bras est tendue sur cole a 
hauteur de l’epaule), elle s’appuyait sur sa lance, et, de la droite baissee, ne 
lenait rieu ou tenait un attribut qui, n'ayant laisse sur le c6te droit aucune 
trace de lui-meme ou des tenons sur lesquels il se serait appuye, devait etre de 
petites dimensions; la tete, insensiblement inclinee vers 
l’epaule droite, est coillee d’un casque a timbre rond que 
surmonlait un cimier et que decoraient, sur les cotes, deux 
aulres ornements metalliques ; les cheveux, d'un travail 
sommairemais adroit, recouvrent les oreilles ; les pieds sont 
chausses de sandales minces. 

Les formes sont sveltes et legeres ; les seins « en bou- 
clier », Ires eloignes l’un de l’aulre et divergents ; le visage 
est d’un ovale arrondi, les yeux grands, legerement asyme- 
triques (le droit un peu plus ouvert que le gauche) ; les 
paupieres, encore lourdes, se coupent sans se recouvrir a 
Tangle exlerne ; le nez est long et mince ; l’arc des levres irre- 
gulier donne a la bouche une expression un peu maussade; 
le travail des orteils est sommaire. La statuette a quelques 
defauts evidents : la tete est trop petite pour l’ensemble, et 
d’une execution negligee ; le buste est trop court pour les 
jambes, et le corps, incline du cote de la jambe portante (a droite pourle spec¬ 
tateur), ne semble pas d’aplomb —cette impression devait etre moins sensible 
quand, 1 oeuvre etant intacle, la lance lui donnait un point d’appui et introdui- 
sait une verticale dans la composition. 

La draperie s’etage regulierement sur le cote gauche, pres des bords ouverts 
du peplos — on notera, sur la lisiere, ces petits plis indiques par incisions 
qui se retrouvent frequemment sur les marbres du v B siecle et en particulier 
sur les figures du Parthenon; sur l’apoptygma, tous les plis — sauf un, qui 
nail a la pointe du sein et descend en ondulant jusqu’a la taille — rayonnenl 




N° 532 - STATUETTE o'ATHENA 


243 


ties agrafes de l’epaule : les uns se coupent au milieu du buste, les autres 
retombent mollement sur la ceinture; ils forment de petites aretes entre les- 
quelles 1’etoile s’applique 6troitemenl a la peau. Devant la jambe portante, se 
forment quelques plis etroits et saillanls entre lesquels transparait la rondeur 
de la cuisse ; le sculpteur n’a rien laisse deviner du modele du genou et de la 
ligne du tibia, bien que le caractere de la draperie exigent qu’on en vit les 
contours ; entre les jambes, 1’etoITe se creuse de larges plis, profonds et retrac- 
tiles, qu’on retrouve au revers et dont la saillie diminue, quand ils contournent 
la jambe libre, au point de n’y plus former que quelques plis mouilles entre 
lesquels elle apparait comme nue. 

Au total, c’est une oeuvre de second ordre, mais ou Ton sent encore tres 
vivement la fraicheur et la /apt? d’un original grec de la fin du v e siecle; elle 
est int^ressante d’ailleurs par le melange d’un double caractere que Furtwaen- 
gler a justement releve : le type est attique ; le vetement est celui de la Parthe- 
nos et celui d’un groupe nombreux de statues oil, comme ici, la jambe gauche 
est la jambe d’appui; la tete elle-meme a les formes et le casque attiques. 
Dans les draperies, au contraire, se revele un autre style, etranger aux oeuvres 
atheniennes de ce type : Furtwaengler le comparait a celui des nereides de 
Xauthos et y reconnaissait la marque d’un sculpteur ionieu; le rapprochement 
nous parait peu justify et la conclusion trop precise; 1’Athena de Leptis est 
simplement, croyons-nous, la replique d’un type ancien transpose dans le style 
qui commen?a & se developper vers l’epoque de la guerre du Peloponnese; on 
observera, pour confirmer cette maniere de voir, que la tete a encore un air 
archaique, qu’on ne retrouve plus dans le corps, sinon a l’extreme ecartement 
des seins; une tete comme celle de la collection Barracco (Collection Ba.rra.cco , 
pi. XXX), ou celle qui appartient au cabinet de .\1. de Vogue (Collignon, 
l. infra l ., pi. XVI-XVI1) peuvent nous donner une idee de ce type ancien dont 
la tete de notre Athena n’est qu’une copie legerement et presque inconsciem- 
ment modifiee par la main d’un artiste plusjeune. Cette transposition ne peut 
passer pour tres heureuse, ce style nouveau des draperies ne convenant guere 
a une figure immobile et vetue du peplos ; la responsabilite en doit sans doute 
ctre attribute a l’auteur provincial de la statuette; l’execution temoigne d’une 
grande habilete ouvriere, mais n’est cependant pas exempte de quelque lourdeur. 


Joubin, Sculpt, gr. et rom., n° 20 ; — A. Furtwaengler, Griechische Originalsta- 
luen in Venedig, 1898, p. 6 ; fig. p. 7 (Abhandlungen der kgl. bayerischen Akademie 
dec W'issenschaften, I. Classe, XXI. Bd., II. Abth., p. 280; fig. p. 281) ; Sitzungs- 
bcrichte der philos.-philol. und der hislor. Klasse der kgl. bayerischen Akademie 
der Wissenschaften, 1907 [1908], p. 221-222; — S. Reinach, Repertoire de la sta- 
luaire, II, 1897, p. 274, 0 ; Recueil de bites antiques idiales ou idialisies, 1903, p. 103; 
pi. 132, 133 ; Revue archiologique, 1907, II, p. 343; Revue des etudes grecques, XXI, 
1908, [>. 30-31, 33; fig. 31, p. 31; — II. Bulle, Der schoenc Mensch, 1898, pi. 109, 



244 


N° 533 - STATUETTE D’ARTfttllS 

p. 41; fig. 13, p. 43 ; — M. Collignon, Monuments Plot, XIII, 1906, p. 173, note 4; 

_Ahmed Refik bey, Buyuk tarikh-i-oumoumi (Histoire gintrale, en turc), II, 1911, 

fig. p. 251; — W. Deonna, L'archiologie, sa valeur, ses mithodes, 1912, III, p. 132, 
note 2. 

Photographies n 01 33, 2282 (trois quarts 4 droite), 2283 (tele, de face), 2284, 2285 (tete, 
profil A droite). 


533 (121) Statuette d’Artemis. 


Metclin; ddcouverte vers 1865 (d’apres M. S. Reinach, Revue archeologique, l. infra l., 
p. 34) et envoyee au musee par Ismail pacha. 

Marbre blanc ; revers sommairement travaille sur la statuette, fruste sur le pilier ; 
manquent la main et le poipnet droits, les demiferes phalanges des trois premiers doigts de 
la main gauche, l’extremite du pan du manteau tombanl le long de la cuisse gauche ; la 
calotte du crAne (qui est rapportee) et les deux pieds avec la plinthe sont rajustes; plinthe 
mince et irregulierc. brisee en deux fragments reunis par un crampon, restaures en leur 
partie posterieure etscelles sur une base moderne ; 1c marbre itait lustrd ; le bord infe- 
rieur du visage (mais non le visage lui-meme qui a garde le lustre antique), le cou, la 
draperie du buste ont 4te grattis; hauteur, 1” 07, dont0”02 pour la plinthe. 

La deesse est debout et se repose, s’appuyant du bras droit sur un pilier 
rectangulaire moulure haut et bas; le poids du corps 
repose tout entier sur la jambe gauche; la droite, 
crois^e devant la gauche, ne porte que de la plante; 
le buste, fortement dehanch6, s’incline du cote du 
support; la main gauche est posee un peu au dessous 
de la hanche, la paume tournee vers le dehors; Lat¬ 
itude est gracieuse et presque nonchalante, mais le 
regard de la deesse, tourne a droite et porte au loin, 
montre qu’elle ne prend qu’un repos passager et qu’elle 
est prete a poursuivre sa chasse ; les formes du corps 
sont d’une elegance vigoureuse ; le visage, d’un ovale 
tres pur, a une belle expression de gravite virginale ; 
deux bandeaux ondules, s^pares par une raie et ornes 
d’une etroite bandelette, encadrent un front lisse et 
triangulaire, s’epaississent sur les oreilles et se nouent 
en chignon sur la nuque; une petite meche descend 
de chaque cote sur la tempe; le vetement comprend 
une tunique agraffe sur les epaules, fendue sous les 
aisselles et descendant aux genoux, avec un long 
apoplygma serre sous les seins ; un manteau leger, roule sur lui-meme, appa- 
rait sur 1 epaule gauche, descend obliquementsur le dos, revient sur la hanche 




N° 333 - STATUETTE D'ARrtMIS 2 in 

droite et passe horizontalement sur I’abdomen pour atteindre la hanche gauche 
ou il est retenu par la pression de la main ; la courroie du carquois — qui 
n’6tait pas represents — passe en echarpe de droite a gauche sur la poitrine; 
les bras sont ornes chacun d’un bracelet en forme de serpent ; les pieds sont 
chausses de hautes endromides lacees qui decouvrent les orteils. 

Le travail de la statuette estmauvais : la draperie dure et raide — en parti¬ 
cular celle de la tunique sur les cuisses — la main gauche ridiculement longue, 
les jambes trop hautes et maladroitement rattachees au buste, les pieds d'une 
execution tres negligee; la tele est plus soignee, mais le modele des chairs n y 
est pas exempt de secheresse. 

M. S. Reinach ( Revue archeologique, 1904, l. infra /.) a cru reconnaitre 
dans l’Arlemis de Metelin les caracteres d’une oeuvre pre-praxitelienne qu’il 
attribue a Strongylion ; il nous parait difficile d’accepter cette hypothese : 
1’attitude de la statuette rappelle celle du satyre jouant de la flute (Collignon, 
flisloire de la sculpture grecque, II, p. 451 ; tig. 232, p. 452 y qui parait bien 
etre une creation de l’ecole praxitelienne au debut de fepoque hellenistique, et 
la tete prSsente une ressemblance certaine avec d’autres teles qu’on s’accorde a 
declarer post-praxiteliennes : telles la tete de Tralles a \'ienne (von Schneider, 
l. infra l.) el celle de Cyzique a Dresde (S. Reinach, Revue archeologique, 
1891, l. infra l.); l’analogie avec la Venus de Milo nous parait plus eloignee ; 
— d’autre part, il est vrai, notre deesse n'a pas cette langueur et cette sen- 
sualite caracteristiques des figures de cette dcole; elle ne s’abandonne pas; 
dans son repos, on sent une virtualite de mouvement, mais par la, elle se 
rapproche, non pas des oeuvres de la fin du v'siecle, mais de cellos de Lvsippe : 
nous ne pouvons nous empecher de sentir une sorte de parente de caractere 
entre elle et une oeuvre comme l’Hermes au repos de Pompei, et, sans vou- 
loir etablir entre les deux aucun rapport d’ecole, nous y trouvons cependant 
une jireuve nouvelle de l’origine tardive de 1'Artemis qui a du etre creee au 
plus tot vers la lin du iv e siecle. 


A. Dumont, Musee Sainte-Irene (Revue arcMologique, 1868, II), n° XIII, p. 230; 

— Goold, Cat., n° 2; pi A la p. 6; — S. Reinach, Cat., n° 38; — Joubin, Sculpt. 
gr. cl rom., il° 13; — Ilapyaoso’;, IV, 1880, p. 658 ; — S. Reinach, American jour¬ 
nal of archaeology, I, 1883, p. 319-323 ; pi. IX ; Revue archeologique, 1801, II, 
p. 283-284; 1904, I, p. 34-39; pi. Ill—IV ; Comptes rendus de VAcadimie des ins¬ 
criptions, 1903, [). 164-163 (cf. American journal of archaeology, VII, 1903, p. 463 ; 
VIII, 1904, p. 475) ; Repertoire de la statuaire, II, 1897, p. 313, 4; Recueil de teles 
antiques ideales ou idealisees, 1903, p. 126-127, 159 ; pi. 163-164 ; Revue des etudes 
grecques, XXI, 1908, p. 32-33; —R. von Schneider, Uebersicht der kunsthistori- 
schen Sammlungen des allerhoechsten Iiaiserhauses, Vienne, 1891, p. 78 : Album 
auserlesener Gegenstaende der Antiken-Sammlung des allerhoechsten Kaiserhauses, 
Vienne, 1893, p. 3; — John P. Peters, The century magazine, XLV, 1893, fig. p. 358 ! 

— K. Wernicke, dans Pauly-Wissowa, Rcal-Encyclopaedie, II, 1 (1895), s. v° Artemis, 



246 


N° 534 - STATUE DE .MARSYAS 


col. 1425; — P. Arndt, dans Arndt-Amelung, Einzelaufnahmen, texte, sdrie II, 
1895, aux n o, 470-471, p. 36 ; — A. E. Henderson, Records of the past, I, 1902, p. 301, 
n° xvii ; pi. p. 296; — II. Lechat, Revue critique, 1903, II, p. 88; Phidias [1906], p. 125; 
— W.Amelung, Roemische Mitleilungen , XVIII, 1903, p. 12; dans Arndt-Bruckmann, 
Denhmaeler griechischer und roemischer Sculptur, 1906, texte A la pl. 593, p. 4, 
note 3 ; — W. Klein, Geschichte der griechischen Kunsl, III, 1907, p. 276-277; — 
Ahmed Refik bey, Ruyuk tarikh-i-oumoumi (Histoire gMrale, en tnrc), II, 1911, 
fig. p. 193 ; — W. Deonna, L'archdologie, s a valeur, ses mtlhodes, 1912, II, p. 177— 
178 ; III, p. 152, note 2. 

Photographies n" 34 (ensemble, 21 X 30), 1463 (tAte de face, 30 X 40), 1465 (tele, legere- 
ment A droite, 30 X 40), 1464, 1466 (tete, profil A droite, 30 x 40). 


534 (400) Statue de Marsyas suspendu a un arbre. 


Tarse; envoi de BAdreddiue bey ; entree an musee le 17 septembre 1888. 

Marbre blanc A grains serres et peu cristallins; brisee aux genoux et sur les biceps; nez, 
arcade sourciliAre droite, paupiAre gauche, pointe des oreilles, nombreuses boucles de 
cheveux mutiiAs ; quelques erosions sur le front, l’arcade sourciliAre gauche, l'oreille 
droite; manquent le membre viril, et la queue ; traces d’arrachements ovales sur la par- 
tie droite du dos (correspondant aux branches de l’arbre) ; au revers, le travail est 
moms poussA, trAs sommaire sur le crAne, la surface attaquee par des concrAtions calcaires 
ou noircie par des brulures qui s'etendent entre les cuisses et sur les flancs, mais ont 
ApargnA la face anlArieure qui a garde une partie du lustre antique; hauteur, l m 305. 


Marsyas est suspendu par les bras a la branche d’un arbre; sa tete, rejetee 
en avant, s’abaisse sur la poitrine en se tournanl un peu a gauche ; par 1’elfet 
de la traction, les epaules et les pectoraux remontent, la peau se tend sur la 
cage thoracique et en laisse saillir les contours et les c6tes, l’abdomen se 
creuse, les hanches se retrecissent et les muscles se tendent sur la face interne 
et anterieure des cuisses. Le sculpteur a represente son personriage sous 
l’nspect d’un satyre maigre, sec, nerveux, precisement afin de pouvoir mieux 
montrer tous les details anatomiques de ce corps distendu et deforme ; la tete 
se rapproche du type de certains centaures (cf. Collignon, alt. 1. infra l., 
fig. p. 216) ; elle porte une abondante chevelure embroussaillee, dont les 
meches en desordre se relevent au dessus du front, des moustaches lombantes 
et une longue barbe inculte; le front est bossue, traverse de trois rides ; 
l’arcade sourciliere tres proeminente s’enleve sur la racine du nez qui est 
creusee d’une fourche irreguliere ; le nez est court, les narines epatees ; les 
yeux, sous la saillie de l’arcade, semblent exorbites ; leur globe rond, couvert 
par la paupiere, est comme cerne d une gouttiere qui se creuse et s’elargit 
plus encore a 1 angle interne; les levres entr’ouvertes semblent laisser echapper 
un gemissement; 1 expression est moins celle de la douleur physique que de la 
fureur impuissante. 



N° 534 — STATUE DE MARSYAS 211 

Ce Marsyas, qui a ete frequemment reproduit comme statue isolee, faisait 
primitivement partie d’un groupe dont il occupait le centre ; a sa gauche, 
etail assis Apollon ; a droite, un esclave scythe accroupi aiguisait le couteau 
qui devait servir & l’ecorcher [de l’esclave, il existe une re- 
plique bien connue, I'Arrolino de In Tribune des Offices, 

Amelung, Fuehrer, n° 68; on a retrouve a Pergame ( Alter- 
tuemer von Pergamon, VII, t. 1, p. 128, n° 111, pi, XXVI 
un torse ou 1’on a cru pouvoir reconnaitre une replique 
de 1'Apollon] ; on peut avec beaucoup de vraisemblance 
en atlribuer la creation a l'ecole de Pergame; « ce visage 
a la chevelure et a la barbe hirsutes, au front sillonne de 
plis, aux traits contractes... eveille le souvenir de certains 
geants de la gigantomachie, et dans l’execution & la fois 
poussee et violente, hardie et savante, on retrouve la vir¬ 
tuosity ou se complaisent les sculpteurs attitres d’Eu- 
mene II » (Collignon, all. 1. infra l., p. 218). Cette statue, 
qui pouvait remplir dans les ateliers hellenistiques le role 
de 1’ « ecorchy » dans nos ateliers inodernes, a etc souvent 
copiee ; on trouvera la liste des repliques dans Overbeck, 

Kunstmythologie, III, Apollon, p. 476 sq. ; Jessen ap. 

Roscher, Ausfuehrliches Lexicon der griechischen und 
roemischen Mylhologie, II, 2, col. 2458; cf. Collignon, pr. 1. infra /., p. 515, 
note 1; W. Amelung, Fuehrer dutch die Antiken in Florenz, p. 61 sq.; la 
theorie des deux types, le type « rouge » et le type « blanc », exposee par 
M. Amelung, est adoptee par M. Klein (Geschichte der griechischen Kunsl, 
III, p. 58-59), et contestee par .MM. Bulle (/. infra /.), Wolters (/. infra l.) et 
Lippold (La glyptotheque Ny Carlsberg, texte, p. 212) ; — l’exemplaire de 
Tarse est parmi les meilleurs et ne doit pas etre tres 61oigne du temps ou fut 
cr 66 l’original. 

Joubin, Sculpt, gr. et rom., n° 72 ; — S. Heinaeli, Repertoire de la statuaire, II, 
1897, p. 5G, 5 ; — M. Collignon, Histoire de la sculpture grecque, II, 1897, p. 515 ; 
fig. 284, p. 547; ( — et Pontremoli), Pergame, 1900, p. 217, fig.; — A. Joubin, 
Monuments Piot, VI, 1900, p. 145-148 ; fig. 1, p. 140 et pi. XIII; — B. Graef, 
Jaliresbericht ueber die Fortschritle der classischen Altertumswissenschaft, XXIX, 
1901, 110. Bd., p. 128;— II. Bulle, dans Arndt-Amelung, Einzelaufnahmen, texte, 
serie V, 1902, au n° 1441, col. 97; — Furtwaengler-Volters, Beschreibung der Glyp- 
tolhek, 2 1 ' 6d., 1910, au n° 280, p. 301. 

Photographies n" 172, 172 bi * (ensemble), 160 tote . 




248 


n° r>3r. 


STATUETTE DE ZEUS 


535 (H32) Statuette de Zeus assis. 

Demirtlji, caza de Tchine, vilayet d’Ai'din ; envoi de Nai'ly bey, alors directeur de Tins- 
truction publique ii Smyrne ; entree au music le 16 aoiit 1900. 


Marbre blanc a gros grains crislallins; revers tres sommairemenl travaille, epannele sur 
le trone ; manquent le bras gauche et deux boucles sur le cou, A droile (tenon sur le haut 
de l’epaule droite); le nez, quelques pans de la draperie, les orteils du pied gauche sont 
mutiles; traces d’un tenon (support du sceptre) sur la draperie de l’cpaule gauche ; base 
irreguliere, arrondie en avant, sans prufil, taillee dans le meme bloc que la statue ; l’epi- 
derme du marbre est legerement attaque ; usage modere du trepan dans les cheveux et 
sur la draperie ; hauteur, 1“' 05, donl 0” 095 pour la plinthe. 

Le dieu est assis sur un trone a dossier droit et sans accoudoirs, dont les 
pieds sont unis par des traverses diagonales; un coussin 
est pose sur le siege; Fattitude, tres naturelle, est celle 
d'un homme au repos : le buste s’incline legerement en 
avant, sans .aueune tension des muscles qui apparais- 
sent cependant vigoureux sous leur enveloppe de chair; 
la jambe gauche est legerement avancee ; le pied droit, 
en arriere, porte de toute sa longueur sur le sol ; 
l’avant-bras droit repose sur la cuisse droite, la main 
tenant les foudres; l’epaule gauche se releve un peu, 
suivant le mouvement du bras qui tenait le sceptre ; le 
manteau, dont l’extremite apparait sur cette epaule, 
descend sur le dos, revient couvrir les jambes et tombe 
a gauche le long du siege ; les pieds sont chausses de 
sandales ; la tete, legerement baissee et tournee a 
gauche, est ceinte d’une bandelette ; les cheveux se 
relevent au dessus du front en boucles retombantes 
et descendent sur la nuque et les epaules ; la barbe est 
fournie et divisee sur le menton ; les levres sont legere¬ 
ment entr’ouvertes. 

Bon travail hellenistique, d’une facture un peu rapide, mais tres vivante, 
surtout dans les parties nues, d’apres un original de la fin du iv e siecle, peut- 
elre de I.ysippe ou de son ecole. 



Photographies n 01 253 et 275. 



N° 130 - STATl'E d'aLEXASDRE Id£AL1S£ 


219 


(709) Statue d'Alexandre id6alis6. 


Magncsie du Sipyle ; trouv6e dans la vigne d*un nommeAgop en fevrier 1895 ; K. Buresch, 
qui passa A Magncsie quelques mois aprcs, nous rcnscigne avec assez de precision sur la 
dicouvcrle : " Zum Besuch von Magnesia a. S. veranlasste mich lediglich die Ivunde von 
einem oberhalb der Stadt am Ilangc des Gebirgs aufgefundenen Heiliglum der Goetter- 
multer, welehe ich im verflossenen Winter durch cine Smyrnaeer Zeitung erhallen battc. 
Bereitwillig vorn Mutcssarif, xvelcher selbst die kleine Ausgrabung angeordnet haltc, 
untersluctzl, konnte ich das Folgende feststellen. S hoch ueber der Stadt und unter der 
NW-Ecke der byzantinischen Feslung, ist auf einer kleinen, durch eine starke Stuetz- 
mauer spaelhcllenislischcr oder roemischer Zeit hergestellten Terrasse eine Ecke eines 
Gcbaeudes aufgcdeekt worden, dessen Boden mit Mosaik belegt war. Hier fanden sicli 
ausser zahlreichen sorgfaeltig behauenen Marmorbloecken, Architekturstuecken und mit 
Inschriften versehenen Basentruemmern folgende Statuen und Bruchstuecke von solchen. 
1) Zwei Gewandslatuen, die eines griechischen Juenglings , die andre eines Hoemers 
[noire n" 591], Da man nicht wussle, wie man die Statuen ganz den allerdings ausseror- 
dentlich steilen Bcrghang hinabschaffen sollte, so hieb man ihnen als das Wertvollste die 
Kocpfc ah. imi sie in den Konak zu schaffen, wo sie jctzl aufbewahrt werden. Es ist ein 
schoener grieehischer Juenglingskopf mit leichl geoeffnetem Munde und lockigem Haar 
— und ein scharf ausgepraegter eckiger Roemerkopf. 2j Torso einer kleinen mit einem 
Fell bekleideten (?) maennlichen Statue, wclclie in der recliten Brust eine Wunde traegt. 
3) Eine verstuemmelte Hand , welehe den Itest eines Instruments, wahrscheinlich den 
untern Teil einer Kithara haell. 4) Arm uud ein Stucck Finger von einer Kolossalstatue. 
Von den Inschriften verrael cine, welehe sich aus vier Bruchstuecken zusammensetzen 
laesst, die goetllichc Inhaberindes Ileiliglums : IHp^ftXos... Mrjrp! .. [inven- 

taire du musee imperial, n° 711], Die Inschrift gehoert vielleicht noch dem 2. Jh. v. C. an, 
sowie auch die auf der Oberflaeche einer weissen Marmorplatte angebrachte Kuenstlerin- 
schrift Mriva; Ai'avroj 7tec ir.oir^vi [cf. n” 537], » — La statue est entree au musee 
1c 4 seplembre 1895. 

Marbre blanc A grains tris fins; la statue est taillee dans deux blocs, l'un pour la tete 
et le buste, l'aulre pour les jambes ; les bras el un grand nombre de pelitcs pieces Ataienl 
rapportAs ; ces derniAres se sont toutes ditachAcs, sauf celles de la chevclure et un pan de 
la draperie sur le dos ; — brisAc au dessns des chevillcs ; manquent le bras droit (grande 
mortaise rectangulairc) ct l'omoplate droile (etroite mortaise rectangulaire), le bord du 
manleau au revers de la handle droite (deux morlaises, 1’une rcclungulaire, l'autre circu- 
lairc), un pan de draperie derriere la main gauche mortaise rectangulaire), la poignee de 
l'epce (petite mortaise circulaire) ; toutes ces pieces Alaicnt rapportees; manque aussi le 
fourreau ou la lame de l'epee, qui etail peut-elre metallique (traces & la cassure d'unc 
longue mortaise circulaire, et petite mortaise de mime forme sur la face interieure du 
bras, & hauteur du coudc); la draperie, derriere la jambe gauche, est fortement mutilee ; 
dpaulrures legdres sur la lAvre superieure ; 1'epidcrme du marbre, surle buste, est erode : 
la tete, le bras gauche, la main gauche, les doigls avec la poignee de l'ep£e, Textremitc du 
pan de draperie qui tombe du genou gauche sont rajustes; sont restaurees : lepaule gauche 
avec une partic de la draperie qui la reeouvre (restauration inexacte), une partic de 
l'index gauche, les lacunes au joint des deux blocs sur le dos et les cotes; — les cheveux 
sont sculptes dans qualre pieces rapportees cellc du revers, en deux fragments, et les 
deux du cold gauche rajustdes recemment) ; quelques boucles sur le devant et celles qui 
relombcnt par derriere, sur le cou, sont aplanies sur leur face superieure et parfois per- 
cees d'une jietite mortaise, soit que le rcste de la boucle fut rapporte (e'est le cas pour 
celle qui descend juste devant l’oreille gauche), soit que cette surface fut ainsi preparee 
pour loger certaines feuilles de la guirlande miltallique qui s'inserait dans un grand nombre 
de minuscules mortaises, pratiqudes sur le bandeau ou pres de ses bords ; quelques unes 
ont conserve un tenon de bronze; une mortaise plus grande, avec son goujon de fer. sur le 
eftte 1 droit du crime ; hauteur, 1”’ 90. 


Alexandre est debout, le corps porlant sur la jambe droite, la gauche flechie 
et legerement £cart£e; le pied gauche ne louchait le sol que de la pointe ; un 



2o0 


N° “)36 - STATUE d’aLEXANDRE IDEALISE 


discret hanchement a droite, l’epaule gauche legerement avancee impriment 
au buste un double mouvement de flexion et de torsion, qui reste cependant 
gracieux et naturel ; de la main droite relevee, il s’ap- 
puyait sur la lance, et, de la gauche baissee, il tient la 
poignee d’une epee (il n’en subsiste que la garde) dont 
le fourreau remontait sous l’avant-bras ; le buste est nu ; 
l’epaule gauche etait tout entiere couverte par un pan 
(rapporte) du manteau, qui descend sur le dos et drape 
les jambes ; la tete est inclinee vers l’epaule gauche; les 
cheveux boucles, que ceignait une couronne de feuillage 
en metal, se relevent au dessus du front et couvrent le 
cou au dessous de la nuque ; une boucle de tres faible 
relief frise sur la tempe droite ; le front est richement 
modele; le regard dirige vers le haut et voile par l’ombre 
portee d’une arcade sourciliere tres proeminente, les 
narines legerement dilatees, les levres entr’ouvertes don- 
nent au visage une expression reveuse et inspiree, et 
expliquenl qu’on ait pu prendre aisement la statue pour 
celle d’un Apollon, avant qu’on eut reconnu la vraie na¬ 
ture de l’objet tenu par la main gauche. 

Deja MM. Th. Reinach el Wiegand avaient, a propos de celte statue, pro¬ 
nonce le nom de Leochares; de meme M. Klein, publiant une tete d’ephebe 
« alexandrisant », trouvee sur l’acropole d'Athenes, et dont il existerait une 
replique a Berlin (Beschreibung , n° 329) et dans la collection Erbach (chateau 
d’Erbach im Odenwald, P. Arndt, Portraits grecs et remains, n os 473-474) ; 
Benndorf, avec plus de precision encore, rapprochait le type attique de ces 
trois tetes du type — repute attique — de notre Alexandre, et laissait entendre 
que celui-ci pourrait bien etre l’Alexandre de Leochares. Cette hypothese ne 
nous parait pas devoir etre retenue ; il y a bien quelque chose d’attique dans la 
statue de Magnesie, quelque chose qui rappelle la maniere de Scopas et peut 
faire penser a Leochares, mais cependant l’muvre porte un caractere tres diffe¬ 
rent. 

On paraissait avoir completement oublie que notre statue a ete retrouvee a 
cote d’une signature d’artiste, et qu’il y a de fortes probabilites pour qu’elles 
appartiennent l’une a 1’autre : e’est le merite de M. Alfred Koerte (l. infra l.) 
d avoir attire l’attention sur ce point; sa brochure n’etant pas tres repandue, 
nous en reproduisons le passage qui nous interesse (p. 12) : 



« ...Unus Buresch paullo accuratius refert quaenam res ibi inventae sint. Sunt 
autem liae : 

1. Statua adulescentis graeci, quam Alexandri imaginem esse luculenter demons- 



N° 336 — STATl'E DALEXANDRE IDEALISE 


2ot 


travit Wiegand; manum sinistram fractam gladium teuentem eiusdem slatuae esse 
Buresch non perspexit [cette main est le fragment decrit inexacteraent par Buresch 
sous le n° 3 ; voyez le texte plus haut, p. 249], 

2. Statua hominis romani [notre n° 391], 

3. Truncus parvae statuae viri volnerati in pectore, pelle vestiti (? . 

4. firachium et digitus fractus statuae colosseae. 

.'i. Titulus noster [notre n° 337], 

fi. Quatluor fragmina baseos marmoreae magnae Matri Sipylenae dedicatae, quam 
Buresch alteri a. Chr. n. saeculo tribuit; cf. BCII, XVIII, 341, et infra, No. 12 des 
Inscriptions Durescliianae], 

7. F ragmen baseos marmoreae aetatis romanae... quod fragmentum a Bureschio 
l. 1. [Aus Lydien] praetermissum una cum reliquis lapidibus inventum esse e diario 
cognoscitur. 

Iam si quaerimus, quaenam bases ad singulas statuas conveniant, primo obtutu 
elucet signi colossei fragmenta (4) cum basi maxima (6) coire, basim aetatis roma¬ 
nae (7) quadrare ad statuam viri romani, restare tabulam Menae nomine insignitam, 
slaluam Alexandri, parvum truncum viri volnerati. Est autem tabula tanta, ut cum 
parvo illo trunco coniungi non possit, ergo ad unum Alexandrum convenit. Potest 
sane accidisse, ut cl basis Alexandri et statua Menae perierit, sed priusquam Fortu- 
nam lam crudeliter lusisse credainus, deliberandum erit, num statua Alexandri 
altero a. Chr. n. saeculo ah artifice pergameno confecta esse possit. Quam rem 
diiudicare equidem non audeo, sed ut dicam quod sentio, ilia statua nec a saeculo 
altero nec ab arte pergamena prorsus abhorrere mihi videtur. Licet ab arae gigan- 
tibus longe distet, tamen ad hermaphrodilum et clarissimum caput muliebre Bero- 
lini servatum propius accedil. Velim viri archaeologi Menae locum honestum inter 
alterius saeculi arlifices concedant. » 


Nous croyons aussi que notre statue est l’oeuvre de Menas et doit etre con- 
sideree comme un produit de l’ecole de Pergamc ; la multiplicity des pieces 
rapport6es est un premier indice; car si cette technique a toujours et partout 
ele employee par les artistes anciens, nulle part on ne parait en avoir plus 
abuse qu'a Pergame (cf., parexemple, la tele publiee par M. Winter, l. infra l., 
p. Ill, n° 130, pi. XXX1-XXXU). Que, d'autre part, Ton observe certaines 
partieularites de la draperie : ce grand pli vertical d’une forte saillie qui descend 
entre les jambes, et cet autre qui se forme sur la cuisse droite et se brise au 
dessus du genou ; le genou transparait avec tout son modele, ainsi que le haut 
du mollet dont le bas x’eflace sous l’epaisseur de larges plis; cette disposition 
n'est pas d’une oeuvre attique du iv c siecle ; nous en retrouvons l’equivalent 
sur des ceuvres d’un genre tres different : telle une statue de femme du thea¬ 
tre de Milet, elle-memc apparentee de tres pres & une statue pergamenienne 
[Winter, ibid., n os 43, 41, p. 63 sq.). Mais c’est surtout la tete ou se revele 
l’origine de notre statue : qu’on la compare avec une tete heroi'que trouvee a 
Pergame [ibid., n° 42, p. 62, pi. XI) : c’est la meme construction des regions 
frontale et temporale, le meme traitement des parlies charnues du visage, la 
meme opposition entre la surface lisse des chairs et le mouvenient tumultueux 



2.‘)2 :S° ”>30 — STATUE d’aLEXANDRE IDEALISE 

de la chevelure, la meme pose de la lete, le meme regard reveur et profond 
et, pour ainsi parler, la meme respiration haletante. II parait certain d’ailleurs 
quece type de tete derive d’un modele du iv e siecle et tres probablement d’un 
modele scopadique — les sculpteurs de Pergame ont plus d’une fois puisd a 
cette source — mais la structure anatomique est ici moins vigoureusement 
accusee, le modele est plus enveloppe, tous les meplats sont comme amortis, 
et l’expression se transforme : ce n est plus le pathelique robuste et simple 
qui anime les tetes de Tegee, c’est une passion plus complexe, dans laquelle 
une energie un peu theatrale s’adoucit d’une sorte de melancolie romantique. 

K. Buresch et M. A. Koerte attribuent l'inscription de Menas au n e siecle; 
rien ne s’oppose a da ter de ce temps la statue de Magnesie : c’est une bonne 
sculpture (qui a parfois ele jugee trop severement), mais quelques details — 
le dessin des yeux un peu raou, le modele des joues sans accent, la commis¬ 
sure des levres duremenl accusee par un sillon creuse au trepan, l’execulion 
monotone de la chevelure (qui est en elle-meme d’une fort belle composition), 
certains jeux de draperie (dont nous avons parle plus haut) — y denoncent 
une oeuvre d’une epoque deja avancee. 

Pour l'iconographie d’Alexandre, la statue nous parait sans valeur : a sup- 
poser qu’elle represente le roi — et non pas un souverain hellenistique quel- 
conque sous un type « alexandrisant » — elle le represente sous cette forme 
conventionnelle qu’on lui a pretee de tres bonne heure, dans laquelle le type 
individuel est transforme a 1’imitation du type ideal cree pour Heracles jeune 
dans l’ecole attiquedu iv e siecle. 


Th. Homolle, Bulletin de correspondence helUnique, XVIII, 1894, p. 541 (d’apres 
'Apfiovi'a, II fevrier 1895); — American journal of archaeology, XI, 1896, p. 132 ; 

— S. Reinach, Revue archiologique, 1896, I, p. 91 ; Chroniques d'Orient, II, p. 474; 
Repertoire de la slaluaire, II, 1897, p. 93, 6; Gazelle des beaux-arts, 1902, I, p. 155- 
156; fig. p. 157 ; Revue archtologique, 1905, I, p. 40; — Th. Reinach, Monuments 
Piot, III, 1896, p. 155-165; pi. XVI-XVIII; — K. Buresch, Aus Lydien, 1898, p. 138 ; 

— II. Lechat, Revue des etudes grecques, X, 1897, p. 364-365; XII, 1899, p. 471, 
fig.; XIV, 1901, p. 455; — Th. Wiegand, Jahrbuch des archaeologischen Institute, 
XIV, 1899, p. 1-4, pi. I (cf. ibid., archaeologischer Anzeiger, p. 12) ; — F. Koepp, 
Alexander der grosse (Biographien zur Weltgeschichte, IX, Bielefeld und Leipzig, 
Velhagen und Klasing), 1899, p. 10, fig. 9 ; — R. Kekule von Stradonitz, Sitzungs- 
berichte der kgl. preussischen Akademie der Wissenschaften, 1899, p. 284-285 ; — 
VV . Klein, ’EorjpEplg af■/aioXoYixuj, 1900, col. 6; Geschichle der griechischen 
Kunst, II, 1905, p. 380-381 ; — O. Benndorf, Wiener Jahreshefie, III, 1900, Beiblatt, 
col. 220-221 ; — B. Graef, Jahresbericht ueber die Fortschritle der classischcn Aller- 
tumswissenschaft, XXIX, 1901, 111. Bd., p. 140; — Ch. de Ujfalvy, Le type physique 
d'Alexandre le grand, 1902, fig. 28, p.97; pi. VII; —B. A. Mystakides, 'H opyaio- 
Xoyicz itov avaToXtxfiv sOvolv xaxi xov tO’ aicova (aTcdfjftaejfxa ex xi); AEzatr;? 
EvaxT); ExaTovvaETripioo; ’Et:. KupiaxtSou), Constantinople, 1902, p. 172, fig.; 

— A. Koerte, Inscriptiones bureschianae (wissenschaftliche Beilage zum Vorlesungs- 



N® .">37 — SIGNATURE Dl' SCLLPTEIR MfiNAS 


2:>3 

verzeichniss der Universitaet Greifswald, Ostern 1902;, p. li ;— H. Bulle, dans 
Arndt-Amelung, Einzelaufnahmen, texte, s6rie V, 1902, aux n os 1448-1450, col. I<>4; 
— rh. Schreiber, Sindian ueber das Bildniss Alexanders des grossen Abhandlungen 
der philol.-histor. Classe der kgl. saechsischen Gesellschaft der Wissenschaflen, 
XXI, 3), 1903, p. 8, 63, 84, 18 4 ; — 0. Waldhauer, Ueber einige Porlrarls Alexanders 
des grossen, diss. Munich, 1903, p. 45 sq. ; Zapiski de la socitte imperials russe 
d'archiologie, sectionclassique, IV, 1907, p. 198 sq. ; fig. 2-4, p. 199-201 ; — J. Six, 
Boemische Milteilungen, XVIII, 1903, p. 214;— II. Winnefeld, dans Wiegand- 
Schrader, Priene, 1904, p. 180 ; — W. Amelung, Bevue archiologique, 1904, II, 
p. 336, note 4 de la p. 334; — J. J. Bernouilli, Die erhaltenen Darstellungen Alexan¬ 
ders des grossen, 1905, p. 55 sq. ; fig. 12-14, p. 53-55 ; — F. Ilauser, Berliner phi- 
lologische Wochenschrift, 1905, col. 478-479; — Ahmed Refik bey, Buyuk larikh-i- 
oumoumi (llistoire ginirale, en turc), II, 1911, fig. p. 231. 


Photographies n°’ 1157 (ensemble, de face, 30 x 40), 1155 (ensemble, profil 4 gauche, 
30 X 10), 1456 (ensemble, Irois quarts 4 gauche, 30 X 40', 549 (id., 24 X 30), 321 'tele et 
buste, de face, 21 X 30), 320 bu (id., profil k gauche, 21 X 30), 528 (tete et haut du bustc, 
profil 4 gauche, 21 X 30), 310 (tete, de face, 18 X 24), 310 1 ' 11 Letc, profil a droite, is x 21 , 
319 (tete, profil 4 gauche, 24 X 30), 313, 313 h, ‘ (id., 18 X 21), 1 138, 1459 (detail de la main 
gauche tenant I'cpec, 30 X 40). 


537 (744) Signature du sculpteur M6nas. 


Magncsic du Sipyle; trouvee cu memo temps et au mcmc lieu que la statue preccdcnte ; 
cf. plus haut, p. 219 cl 251 ; entree au musce 1c 11 decembre/29 novenibre 1895. 


Marbrc blanc ; surface finement piqude et polie senlement sur unc largeur de 0“015 
environ pris des aretes horizontales et lateralc gauche ; revers frusle. sauf dans la partie 
gauche (par rapport au speclalcur de la face principale)qui est Ires soigneusement dressde 
sur une largeur variant de 0“' 19 4 0"' 22; la face lalerale gauche est travaillde pour etre 
vuc ; celle de droilc forme joint prepare 4 rivaOiomai:; la face inferieure est pr6paree de 
mcmc ; sur la tranche superieure, 4 I’extrdmile gauche, mortaisc en queue d'aronde creusce 
transvcrsalemcnt; 4 l extrimile droite, autre mortaise de m4me forme creusec longitudi- 
nalement (reste unc partie du scellement de plomb) ; hauteur, 0“ 525 ; longueur, 1‘" 033 ; 
epaisseur, en haul, 0 m 115 ; en bas, 0 m 125 ; l’inscription est gravie enlre deux lignes inci- 
sics, lirees sur toule la longueur de la plaque et dislantes de 0” 019 4 0“ 021; la premiire 
letlre se trouve 4 0"’ 52 de l’arete lateralc gauche et 4 0” 175 de l'arctc inferieure ; la der- 
ni6re letlre 4 0”06 dcl’arelc latdrale droite; letlres de 0 m 015. 


Dalle de marbre reclangulaire, sans encadrement; inscription ; 

Awvto; 4"tv;jiv. 


A. Ivoci'te, d'apres la copie de Buresch : Ej:oiO)>jjy. 


Celle dalle represenle vraisemblablement la face principale de la base sur 
laquelle dtail placcc la statue d’Alexandre n° 536 (cf. plus haut, p. 251 ; elle 



N° 538 - TfiTE d’aLEXA8DRE 


avail probablement, haut et bas, un corps cle moulures sculpte sur un autre 
bloc ; la base etait formee de quatre dalles appareillees entre elles ; Tangle 
droit de la face principale etait constitue par le retour de la dalle laterale (de 
la, la mortaise longitudinale) ; Tangle gauche est dresse sur noire dalle meme 
(de la, la mortaise transversale). 


Th. Ilomolle, Bulletin de correspondence hellenique, X\ III, 1894, p. 541; — K.-D. 
Mylonas, Revue de philologie, XX, 1896, p. 88 ; — American journal of archaeology, 
XI, 1896, p. 132;— S. Reinach, Revue archiologique, 1896, I, p. 91 ; Chroniques 
d'Orient, II, p. 474; — M. Collignon, Hisloire de la sculpture grecque,U, 1897, p. 670- 
671, note 1 ; — K. Buresch, Aus Lydien, 1898, p. 138; — A. Koerte, Inscripliones 
hureschianae (wissenschaftliche Beilage zum \ orlesungsverzeichniss der Universi- 
taet Greifswald, Ostern 1902), p. 11, n° 11; — J.-J. Bernouilli, Die erhallenen Dar- 
■ stellungen Alexanders des grossen, 1905, p. 57 ; — O. XX aldhauer, Zapishi de la 
Sociele inipiriale russe d'archeologic, section classique, IV, 1907, p. 202. 


538 (1138) Tete d’Alexandre. 

Pergame ; fouilles cle l'institut allemand d'Athenes; automne 1900 ; « der Fundplalz 
liegt oberhalb des griechischen und armenischen Friedhofes, am Abhange unterhalb der 
Agia lvyriaki und xveiter hinauf des Gymnasiums *cov vicuv. Der Ivopf lag im Schutte 
ueber der Nordhalle des Marklbaus, aber so hocl), dass es sichtlich nicht zu den in dem 
Murktbau einst befindlichen Dingen gelioerle sondern von weiter oben her im Laufe der 
Verschucttung heruntergekommen sein muss, ob aus dem Gymnasium, in dem Kunst- 
wcrkc rcichlich aufgestellt warcn, laesst sich nicht mil Bestimmtheit sagen » (Conze, pr- 
l. infra l.): cntrde au muscle en octobre 1900. 


Marbre blanc (Paros ?1; brisee a Tattache du cou sur le buste; nez mutile ; cassure a 
gauche sur le cou ; l'epiderme du marbre, lcgerement drode sur le cote droit du visage, 
est recouvert a gauche d un depot noiratre; le travail des cheveux est un peu moins 
pousse 4 droite qu'4 gauche, surtout au revers du crane ou une partie lTest memo pas 
exdcutee ; hauteur, 0" 42 ; de la racine des cheveux au menton, O'" 247. 


Cette tete, d’une forte expression volonlaire et energique, presente quelques 
uns des caracteres du type d’Alexandre : inclinaison 
vers Tepaule gauche et (presque insensible) en arriere, 
cheveux releves en criniere; les yeux, au globe bombe, 
avec la glande lacrymale tres accusee, sont profon- 
dement enfonces sous une arcade sourciliere epaisse 
et saillante et ont quelque chose de ce regard hu- 
mide dont parle Plularque ; la paupiere superieure 
est mise en valeur par un sillon etroit et profond qui 
la detache fortement du sourcil ; Tarete du nez se 
releve legerement vers le milieu ; les levres s’en- 
tr’ouvrent, laissant voir Textremite des dents; le 
front, richement modele, est creuse de deux rides profondes ; les cheveux, 





n° 539 — t£te d’l.n personnage heroiole 2oo 

assez longs, rayonnent du vertex ; ils sont plaques sur le haul du crane, se 
dressent audessusdu front, et deseendent sur les tempes, le haut des oreilles 
et sur la nuque, en meches irregulieres qui se recouvrent ou se croisent; la 
composition de la coiffure esl admirable de mouvement et de naturel, malgre 
quelque secheresse d’exeeution dans certains details, attribuable sans doute au 
copiste ; l’original parail avoir ete en bronze. 

M. Hauser, suivi par M. Waldhauer, a pense que c’etait la la meilleure 
copie de l’Alexandre de Lysippe; M. Schreiber nie la ressemblance et voit ici 
le portrait d'un personnage inconnu. En fait, la tele presente un curieux 
melange de realisme et de pathetique pergamenien; il est done assez vraisem- 
blable d’y reconnailre un type lysippeen, transform^ a Pergame, dans le gout 
de l’ecole locale ; cette opinion est a peu pres celle de MM. Conze et Winter. 
M. Hauser a iustement rapproche de la tete du musee une tele de Dresde 
(■ Jahrbuch des archaeologischen Insliluls, IV, 1889, archaeologischer Anzei- 
<jer , p. 98; Bernoulli, l. infra l., pi. IV). 

A. Conze, Anlilce Denkmaeler, II, 1901, pi. 48, p. 9-10, 3 fig. ; Jahrbuch des 
archaeologischen Insliluls, XVI, 1901, archaeologischer Anzeiger, p. 12; — II. 
Thiersch, Alhenische Mitteilungen, XXVII, 1902, p. 152; — S. Reinach, Gazette des 
beaux-arts, 1902, I, p. 155 ; — A. de Ridder, Revue des Eludes grecqucs, XV, 1902, 
p. 395; — Ch. de Ujfalvy, Le type physique d'Alexandre le grand, 1902, fig. 77, 
p. 173 ; 81, p. 176; 82, p. 178; pi. XXII ; — Th. Schreiber, Studien ueber das Bild- 
niss Alexanders des grossen (Abhandlungen der philol.-hislor. Classe der kgl. saech- 
sischen Gesellschaft der Wissenschaflen, XXI, 3), 1903, p. 7-8, 85-86, 281 ; — O. 
Waldhauer, Ueber einige Portraels Alexanders des grossen, diss. Munich, 1903, 
p. 67 sq. ; Zapislci de la sociili impiriale russc d'archiologie, section classique, IV, 
1907, p. 217 ; fig. 5 et pi. V ; — J.-J. Bernouilti, Die erhallenen Darstellungen 
Alexanders des grossen, 1905, p. 81 sq. ; fig. 23 et 24, p. 80-81 ; — F. Ilauser, 
Berliner philologische Wochenschrifl, 1905, col. 479 sq. ; — G. Mendel, Revue de 
I'art ancien el moderne, IX, 1905, t. xvm, p. 378; pi. 5 la p. 376;—Spriuger- 
Michaelis, Ilandbuch der Kunstgeschichte, I, Altertum, 8 e M., 1907, p. 297 ; fig. 
540, p. 295 ; — Altertuemer von Pergamon, VIII, 1908 : F. Winter, Die Skulpturen, 
t. 2, ii° 131, p. 147-149; pi. XXXIII, Beiblatt 21 ;— F. Koepp, Neue Jahrbuecher fuer 
das klassische Altertum, XIII, 1910, t. xxvi, p. 259; — Ahmed Refik bey, Buyuk 
tarikh-i-oumounii (Histoire ginirale, en turc), II, 1911, fig. p. 235. 

Photographies il”* 609 (face, 21 X 30}, 122 (id., 18 X 21), 608 (profil a droile, 24 X 30}, 
423 (profil & gauche, 18 X 24), 424 (rovers, 18 X 24). 


539 (1524) T6te d un personnage hdroique ou hdro'isd. 

Cos ; fouilles de M. It. Herzog; Irouvee le 19 septembre 1901,dans l'Asclepieiou,4 fangle 
sud-est du grand temple; entrde au musee la mime mince. 

Marbre blanc peu cristallin ; brisic A1 attache du cou sur le busle v it reste, pris de 1 epaule 



256 


N° 539 — TfcTE d’uN PERSOXNAGE HEROIQl'E 


Uroitc, le bord du manteau) ; manquent la plus grande parlie du timbre et la visiferc du 
casque qui etaient rapportdes dans un seul morceau, fixe, par un tenon rectangulaire, sur la 
section du crOne soigneusemcnt polie d’abord, puis piquee de quelques petits trous et 
creusce, en son milieu, d’une grande mortaise ; lesions lcgdres sur les boucles de chevcux 
et la partie post4rieure du timbre ; mince croute calcaire sur quelques parties de l'epi- 
derme; fragments recolles sur le bord du cou, 4 droite (pour le spectateur) ; les cheveux, 
sur la nuque, sont sommairement travailles ; hauteur, 0™ 315, 


Coillee d'un vaste casque corinthien, penchee vers l’epaule droite sur le 
cou incline du cote oppose, le regard dirige vers le haut, les levres legere- 
ment entr'ouvertes (mais incompletement evidees), encadree, sur les cotes, de 
boucles de cheveux profondement refouillees qui debordent sous le casque et 
couvrent les oreilles, l’air sentimental et inspire, 
cette tete semble deriver du type des Alexandres 
idealises, sans d’ailleurs presenter de ressemblance 
precise avec aucun des portraits du roi (l’inclinai- 
son de la tete est inverse de celle qu’allectait 
Alexandre) ; le front, bombe dans sa partie infe- 
rieure, est d’un modele assez etudie, mais le nez est 
d’une epaisseur deplaisante que rend plus sensible 
encore une sorte d’etranglement du visage, produit, 
a hauteur des yeux, par la depression excessive des 
tempes; les chairs sont d’une execution froide et 
sans caraclere ; le dessin de la bouche et des yeux — surtout celui de l’oeil 
gauche sont d une singuliere mollesse. Ces defauts pouvaient etre en partie 
altenues par 1 ombre portee du casque ; il faut d’ailleurs reconnaitre un con- 
traste voulu enlre ce modele si lisse, qui laisse tout le visage dans une lumiere 
egale, et les cheveux aux boucles tourinentees et traversees d’ombres pro- 
fondes. 

L oeuvre peut dater du n e siecle av. J.-C.; c’est un travail rapide, execute a 
1 etfet, sans doute d apres un type pergamenien, par un praticien adroit, mais 
sans personnalite. 



R. Herzog, Jahrhuch des archaeologischen Institute, XX, 1905, archaeologischer 
Anzeiger, p. 2 et 10 (cf. American journal of archaeology , IX, 1905, p. 345); Comptes 
rendus du congrks international d'archeologie, l rc session, Athenes, 1905, p. 194 
{ibid., observations de C. Robert); — S. Reinach, Gazette des beaux-arls, 1906, I, 
p. 336; — G. Mendel, Revue de I'art ancien et moderne, IX, 1905, t. xvm, p. 252-253. 


Photographies n°- 606 {face, 18 x 21), 605 fprolll 
24 X 30), 604 (trois quarts 4 gauche, 18 X 21'. 


4 


gauche, 18 x 24), 623 (profil 4 droite, 



>° 541 


CARYATIDE I)E TRALLES 


2 ') 7 


540 (1572) Statuette de Dionysos. 

Sindcl, caza de Pergamc ; entree au musce en mai 1905. 

Marbrc blanc A grains tr4s fins et peu cristallins ; manquent les bras, lc bas dcs jambes 
et leg picds,lc membre viril,la partie ilottante desboucles 4 droite et toutes les boucles de 
gauche, une partie des cheveux sur lc dos, pres du joint de la cassure;nez mutili ; fortes 
erosions sur la poitrine, 4 gauche, et sur le genou gauche, plus leg4res sur l'abdomen ; 
grand tenon derrierc la hanche droitc et restes d’un second tenon, plus petit, au dessus du 
genou, sur la face extericure de la cuisse droite; longues traces d arrachemcnts sur la 
hanche gauche; lc cou, la t4tc, les jambes sont rajustces; le tenon qui unit les deux mollets 
esl rcstaurd en pl4tre ; emploi moderc du trepan dans les cheveux ; hauteur, 0“ 865. 

Le dieu, nu et de formes 6phebiques, un peu molles et efreminees, est debout, 
le corps reposant avee un fort dehanchement sur la jambe droite, la gauche 
flechie; la tele, inclinee legereinent vers l’epaule gauche, porte, 
sur d’epais bandeaux ondules et partag^s par une raie, une cou- 
ronne de feuilles et de baies de lierre ; une petite bandelette — 
la mitra bachique (cf. Furtwaengler, Collection Sahouroff , texte 
de la pi. XXIII) — passe horizontalemenl sur le haul du front 
et se perd sous les cheveux, qui, sur la nuque, se relevent autour 
d’elle, et descendent sur le dos en une nappe formee de cinq 
tresses en torsade, recourbees a leur extremite a la maniere ar- 
chai'que; deux boucles flottent librement, de chaque cote, sur la 
poitrine ; le bras droit 6tait baisse; le gauche s’appuyail sur un 
support — peut-etre un arbre entoure d'une vigne — auquel 
correspondent les arrachements visibles sur la hanche gauche. 

Mediocre replique, probablement du ir siecle ap. J.-C., d’un 
Ires beau type praxitelien, connu surtout par une statue de Ma¬ 
drid (Glarac, 690 B, 1598 A) et par le Dionysos Richelieu du 
Louvre (ibid., ~2~'2 , 1570); cf. aussi Furtwaengler, Journalof Hellenic studies, 
XXI, 1901, p. '215-217; fig. 3, p. 216 (replique de Chalsworth house). 

Photographies n 01 374 (face), 375(prolil 4 droite). 


541 (1189) Caryatide. 

Aulin, plateau de Tralles ; trouvec, ainsi que les n°* 542 et 543, par un certain Hadji Kia- 
mil elTendi, au cours de travaux cxdcuWs pour extraire des pierres, dans la region H du 
plun relevii par fidheni bey (Bulletin de correspondance hellenique , XXVIII, 1904. pi. O ; 
envoyee par Naily bey, directeur de ('instruction publique du vilayet, au musee imperial 
oil elle est entrde en fevricr 1902. 

17 




258 


N° hit — CA11VAT1DE 1)E TRALLES 


Marbrc blanc a pctits grains cristallins; rcvers Iris sommairement travaille ; manqucnt 
le bras gauche qui dtait rapporte et fixe parun goujon et un crampon, les doigts de la main 
droite sauf le poucc, les orteils et la partie antcrieurc de la plinthe ; l’extrdmitc du nez, lc 
bord supdrieur du polos, quelques plis de la draperie sont mutiles; plinthe arrondie el 
fruste ; les oreilles, les boucles do cheveux, la commissure des ldvres, quelques plis de la 
draperie sont creuses au trdpan. 

Traces de rouge sur les yeux etles cheveux, de bleu sur lc polos. 

Hauteur, 1“ 86, dont 0“ 03 environ pour la plinthe. 


Une jeune femme est representee debout et de face; le poids du corps porte 
a peu pres egalement sur les deux jambes, mais un peuplus cependant sur la 
droite que sur la gauche, comme le montre la saillie de la hanche droite; les 
pieds reposent sur le sol de toute leur longueur, diriges exactement en avant, 
le gauche depassant un peu l’autre;le bras droit est baisse pres du corps, la 
main relevant un pan de l’himation ; la main gauche etait ramenee vers la tete, 
esquissant le geste de soutenir l'architrave ou le membre d’architecture qui 
portait sur le polos directement et sans scellement; elle 
est vetue d’un chiton lalaire a manches courtes et amples, 
agrafees sur le haut du bras; l’etoffe, line et legere, est 
comme froissee par un grand nombre de petits plis peu 
profonds et presses les uns contre les autres; le manleau 
est fait au contraire d’une piece d’etoffe epaisse; plie en 
deux parties inegales, agrafe sur l’epaule gauche et passant 
sous l’aisselle droite, il tombe rigide devant le corps, 
anime seulement de quelques plis peu saillants et d’un 
grand pli oblique qui va du sein gauche a la main droite; 
sur le cote gauche du corps, les bords ecart^s s’etagent en 
larges plis aplatis ornes de rhombiscoi aux coins (la liste 
des statues ou se retrouve cette disposition du manteau a p. 
Hekler, alt. 1. infra l., p. 147-148) ; les formes generates 
sont sveltes; la poitrine est bien dessinee, avec deux seins 
aigus, tres dislants et divergents ; la tete, coiffee d’un polos 
evase, regarde droit devant elle ; elle est petite et ronde ; 
le cou, creuse de deux plis de chair (collier de Venus), est 
un peu long et epais; la paupiere superieure est lourde, les yeux longs et 
etroits, l’aretedu nez large, les levres fines et joliment arquees; le menton, 
osseux et un peu fort, est separe de la levre inferieure par une profonde 
gouttiere; 1’oreille est d’une execution tre.s negligee ; le front est encadre de 
deux epais bandeaux, mollement separes, et regulierement stries de fines 
ondulations; ils sont nettement distingues, sur les c6tes, de la masse de che¬ 
veux qui descend du haut de la tete, retombanl sur le dos en une large 
nappe, coupee droit a son extremite et serree contre la nuque par une etroite 
bandelette qui, derriere les oreilles, se perd sous les bandeaux ; trois boucles 




N” 511 - CARYATIDE DE TRALLES 2ol) 

se delachent derriere chaque oreille et retombent sur la poitrine, pareilles a de 
fines torsades melalliques terminees par un point d’interrogation; les pieds 
sont chausses de sandales. 

Cette caryalide ne doit pas appartenir k la decoration primitive de l’edifice 
assez tardif devant lequel elle a ele relrouvee. Texier (cite par £dhem bey, 
l. infra l., p. 63, note 2) parle d’une caryalide qu’il a vuc au theatre de 
Tralles: « ce morceau de sculpture, ecrit-il ( Description de I'Asie mineure, III, 
p. 28), ine parut inspire des cariatides d’Athenes ; il etait adosse a un pilastrc 
dans le genre des statues de Thessalonique ; la tete porlait un modius ; les 
cheveux elaient ranienes en grosses natles de chaque cote du cou ; la figure 
etait vetue de la chlamyde athenienne... ; la hauteur de la figure etait environ 
de trois metres. » II n’est pas impossible que notre statue provienne du meme 
ensemble que celle-ci (on nolera qu’ii quelques metres de la caryatide du 
musee, Edhem bey a retrouve un masque tragique [notre n° 328] qui parait 
provenir d’une decoration scenique ; il se peut done qu’a une certaine epoque 
des marbres du theatre aient ete transports a cet endroit); il existe, d’autre 
part, au musee de l’ecole evangelique, a Smyrne, une tete provenant de Tralles, 
replique exacte de celle de notre caryatide, et cette derniere presente une dis¬ 
position anormale du manteau (agrafe sur l’6paule gauche; qui doit s’expliquer 
par un desir de symetrie avec une figure qui le portait agrafe sur l’epaule 
droile, selon la mode habiluelle. 

M. S. Reinach, des la decouverte de la statue de Tralles, en a signale a 
Cherchell une replique ou Gauckler avait dejk reconnu une caryatide; il existe, 
outre la tete de Smyrne dont nous venous de parler, deux repliques, egale- 
ment inedites, de la tete, dans les magasins du musee d'Athenes. Avec M. Itei- 
nach, M. Collignon reconnait dans notre caryatide la copie d’une oeuvre du 
v° siecle, que le premier attribue a la fin de ce siecle, tandis que le second la 
fait remonter aux environs de l’annee 460. Nous ne pouvons plus aujourd'hui 
partager cette opinion ; plus nous avons vu la caryatide de Tralles et plus l’ar- 
chai'sme nous en a paru artificiel ; le pastiche se trahit a certains details d'un 
archa'isme outre qui ne s’accordent ni avec l’ensemble de l’oeuvre ni avec la 
date qu’on lui assigne: la position des pieds poses a plat sur le sol, la forme et 
la distance excessive des seins rappellent les oeuvres du vi° siecle plutot que les 
sculptures contemporaines de la jeunesse de Phidias ; la disposition des cheveux 
sur le front et les boucles qui descendent sur les epaules imitent la mode des 
cor6s ioniennes, mais l’execution rappelle exactement celle qu’on retrouve sur 
cerlains reliefs archalstiques; on notera d’ailleurs cette petite masse de che¬ 
veux plaqu£e sur les tempes, qui semble n’etre qu’une interpretation archaT- 
sante de la petite meche frisante qu’on retrouve a cette place sur certaines 
teles du iv® siecle et sur de nombreuses teles hellenisliques ; d’autre part, le 
contrasle voulu entre la draperie du chiton et celle de l’himation, dans celui- 



260 


N° 542 - tPHfeBE DE TRALLES 


ci, l'opposition entre la large surface unie qui se forme sur le devanl etles plis 
tres colores qui se massent sur le cote temoignent de certaines preoccupations 
piltoresques etrangeres a l’art archaique ; enfin, dans les formes memes du 
corps, 1’etroitesse du buste et l’ampleur relative des hanches revelent l’in- 
fluence du « canon » hellenistique. 

M. Gollignon a justement rapproche de notre statue le groupe forme par 
les caryatides de Venise, de Mantoue et de Saint-Petersbourg (Z. infra, l., fig. 
7-11, p. 21 sq.), et il a rappele avec raison la faveur dont a joui ce motif qu’on 
retrouve frequemment aux angles des sarcophages romains (exemples ici meme, 
n 08 15 et 21); mais, malgre l’autorite de ce savant, nous croyons que lacarya- 
tide de Tralles reprdsente, non pas le type plus ancien d’ou l’autre est derive, 
mais au contraire une redaction archai’sante de celui-ci; I’ueuvre date proba- 
blement du i er siecle av. J.-C., peut-etre de l’epoque d’Auguste ; le travail est 
inegal, soigne sur la tete et le manteau, neglige et maladroit sur le chiton, 
surtout dans la partie qui couvre les jambes. 


Hamdy bey, lettre du 25 mai 1902, Revue archiologique, 1904, II, p. 349; pi. XI, 
1 ; XII, 2 ; XIV, 1 ; fig. 1, p. 350 ; — S. Reinach, Comples rendus de l'Acadimie des 
inscriptions, 1902, p. 286 ; Riperloire de la statuaire, III, 1904, p. 126, 3 ; Gazette 
des beaux-arts, 1906, I, p. 333 A. Conze, Jahrbuch des archaeologischen Instituts, 
XVII, 1902, archaeologischer Anzeiger, p. 103; —American journal of archaeology , 
VII, 1903, p. 112 ; IX, 1905, p. 204 ; — M. Collignon, Monuments Plot, X, 1903, 
p. 13-29; pi. II-III ; fig. 5 et 6, p. 17 ; — Edhem bey, Bulletin de correspondance 
helUnique, XXVIII, 1904, p. 63-64; — A. de Ridder, Revue des etudes grecques, 
XVIII, 1905, p. 104-105 ; fig. p. 105; — H. Lechat, Phidias [1906], p. 28, 155 ; — E. 
Wurz, Plastische Dekoration des Stuetziverkes in Baukunst und Kunstgewerbe des 
Alterlums (Zur Kunslgeschichte des Auslandes, Heft XLIII), 1906, p. 54, fig. 33 ; — 
A. Hekler, Roemische weibliche Gewandstatuen, diss., Munich, 1908, p. 38, n° 11, et 
dans Muenchener archaeologische Studien dem Andenken A. Furlwaenglers gevoid- 
met, 1909, p. 148, n° 11; — W. Deonna, L'archiologie, sa valeur, ses mithodes, 
1912, I, p. 49, note 2; p. 158, 278, note 8; p. 333, note 4; II, p. 60, fig, 13 ; cf. l’in- 
dex, s. v° Caryatide ; III, p. 153, note 3. 


Photographies 361 (ensemble), 363 (t£te, de face), 624 (tete, profit k droite), 362 (tete, 
profil 4 gauche), 364 (revers de la tete). 

542 (1191) Statue d’6ph&be. 


AVdin, plateau de Tralles; trouvee an meme lieu et dans les memes circonstances que la 
precedente ; entree au musee en fcvrier 1902. 


Marbre blanc k grains petits et cristallins; le travail est un peu moins poussA au revers 
qui a de nombreuses traces de radicclles; manquent le pied droit, la partie antdrieure du 
pied gauche qui etait rapportee (grande morlaise rectangulaire au joint), une partie de la 
plinthe k gauche; quelques cassures au bord inferieur du manteau ; nez, ourlet de l’oreille 



N° :-H2 — fcphf.be de traf.les 


261 


droitc mutilcg; quelques eraflures (coups de pioche) sur le visage ; tAte rajustee; la face 
superieure du pilier est dressee ft rivaOjpoiat; et creusee d’une mortaise rectangulaire ; 
plinlhe fruslc et irrftguliftre ; hauteur, 1"*475, dont 0 nl 025 pour la plinthe qui, 4 droite, 
attcint une ftpaisseur de 0"075. 


Un tout jeune ephebe est debout, reposant sur la jambe droite, la gauche 
croisee devant la droite, le buste legerement tourne a gauche et appuye contre 
un haut pilier rectangulaire que surmontait un couronnement rapporte, peut- 
etre un simple corps de moulures, peut-etre un terme 
d’Hermes ; le petit athlete vient de s’exercer et, pour 
ne pas prendre froid, il s'est drape dans une chlamyde 
faite d’une epaisse etoffe feutree, ourlee sur les bords et 
semblable a celle ou sont tailles, aujourd’hui encore, les 
manteaux des bergers d’orient (de la le nom de tchobnn 
[berger] que lui avaient donne les ouvriers au moment 
de la decouverte); elle s’agrafe sur l’epaule droite et 
tombe au dessus des genoux ; les deux bords ne s’ecar- 
tent que sur le haut du bras droit, oil Ton voit la manche 
courte d’une tunique de dessous; le bord posterieur 
s'enroule autour du bras qui pend naturellement et le 
maintient serre contre le bord anterieur; celui-ci, ra- 
baltu sur lui-meme, forme un large pli plaque qui des¬ 
cend verticalement de l’agrafe de l’epaule ; le bras gau¬ 
che, plie contre la poitrine, se devine sous l’etofTe qui 
tombe rigide devant le corps, animee seulement de 
quelques menus plis sans relief et d'un long pli, pared 
ft une mode ondulation, qui nait ft la place de la main gauche et se prolonge 
obliquement jusqu’au bord inferieur; autour du cou, au contraire, elle se 
brise en quelques gros plis pesants, trades avec autant de realisme que de pitto- 
resque; les pieds sont chausses de sandales ft tige montante et lacee. 

La tete, legerement penchee vers l’epaule droite, tournee du meme cote et 
baissee sur la poitrine, est petite et ronde, avec une expression souriante, 
naive, presque puerile; les traits sont menus, ramasses, avec d’assez grands 
yeux ; le front bombe se creuse au sinus et se deprime vers les tempes ; les 
levres entr’ouverles laissent voir l’extremite des dents (non delaillees) ; les 
oreilles sont tumefi6es par les jeux de la lutte ; les cheveux sont parlages en 
meches courtes et plaquees sur le crane ; ils decrivent d’une tempe ft l’autre 
un contour trapezoidal, interrompu au milieu du front par deux petites boucles 
d i verge ntes. 

L’ueuvre — qui provient probablement de la decoration d’un gymnase — a 
ete Ires dilTeremment apprticiee: M. Collignon l’attribuait au iv siecle ; 
Edhem bey proposait de la placer a la fin du v 6 , et M. Klein y voit une oeuvre 




2G2 


IV 0 542 - flPHfeliE DE TRALLES 


hellenistique; cette divergence d’opinions montre bien le caractere complexe 
de cette sculpture : l’attitude denonce une influence praxitelienne, non pas 
seulement dans le motif d’une figure appuyee, aux jambes croisees, mais 
encore dans l’impression de langueur elegante et de sensualite delicate qui 
s’en degage (on reti’ouve dans les terres cuites une composition d’un genre 
analogue — cf. Winter, Die Typen der figuerlichen TerrakoUen, II, p. 237 
sq. — etl’on sait combien Taction du grand maitre altique a ete puissante 
dans les ateliers de coroplastes) ; d’autre part, ce petit crane arrondi rappelle 
les tetes myroniennes tandis que, dans la disposition des cheveux, on croit 
entrevoir une reminiscence des types polycleteens ; enfin le pilier n'est pas 
un support quelconque ; il faut probablement y voir une intention « pitto- 
resque », l’indication en abrege du gymnase ou s’est exerce l’enfant. Que con- 
clure de la, sinon que l’oeuvre est eclectique et date probablement du i er siecle 
av. J.-G. ? Nous aurions ainsi dans la caryatide et dans l’ephebe deux oeuvres 
a peu pres contemporaines, fort propres a nous donner une idee de ce qu’etait 
alors l’eeole de Tralles. 

Le trait de genie est d’avoir dissimule toute la figure sous un epais man- 
teau, d’avoir concentre ainsi sur la tete toute l’attention, de lasolliciter merae, 
parce que cette tete baissee semble vouloir se derober aux regards. Elle est 
delicieuse, d’un charme original et un peu mysterieux, qu’on ne retrouve sur 
aucune autre tete antique ; on y sent toute la grace d’une enfance intelligente 
et saine ; les yeux semblent suivre le reve leger et ing6nu dont s’accompagne 
le repos ; les narines un peu gonflees, la bouche entr’ouverte indiquent seules 
la fatigue, mais c’est une fatigue heureuse, le plaisir meme del’activite satis- 
faite qui se traduit au sourire des yeux et des levres. Simplicity classique, 
morbidesse praxitelienne, raffinement psychologique de la pensee hellenistique, 
de ces elements si divers il est sorti un chef-d’oeuvre ; on en tirera peut-etre 
argument pour en refuser le merite a un « eclectique ». Mais il resterait a 
savoir s’il est equitable de juger tous les « eclectiques » sur les pasitelistes 
romains, et s’il ne se trouva pas, dans le mouvement classiciste qui transforma 
la sculpture hellenique aux environs de l’ere chretienne, un David statuaire 
pour reagir contre la mignardise alexandrine ou un Ingres pour lutter contre 
le romantisme pergamenien. 


Hamdy bey, lettre du25 mai 1902, Revue archtologique, 1904, II, p. 349; pi. XII, 
1 et 3 ; pi. XVI; — S. Reinach, Qomptes rendus de V Acad finite des inscriptions, 1902, 
p. 285-286; Gazette des bcaux-arts, 1906, I, p. 333; fig. p. 333, 334, 335; Rfipertoire 
de la statuaire. III, 1904, p. 154, 5; — A. Conze, Jahrbuch des archaeologischen 
Institute, XVII, 1902, archaeologischer Anzeiger, p. 104, fig.; — American journal of 
archaeology, VII, 1903, p. 112 ; IX, 1905, p. 204-205 ; — M. Collignon, Monuments 
Piot, X, 1903, p. 29-37; pi. IV-V; fig. 12, p. 34; — Ldhem bey, Bulletin de corres¬ 
pondence helUnique, XXVIII, 1904, p. 64-67; — A. de Ridder, Revue des etudes 



N° 543 - NYMPIIE DF, TRAIXES 


263 


grecques, XVIII, 190"., p. Ui-113; fig. p. 113; — E. Guimet, Conferences faites au 
musie Guimet (Annates du mus6e Guimet, XVII), 1905, fig. p. 179 ; —Ziehen, Jahr- 
huch des archaeologischen Inslituts, XXI, 1906, archaeologischer Anzeiger, col. 53 ; 

— \V. Klein, Geschichle der griechischen Kunst, III, 1907, p. 132; cf. p. 270;— A. 
Ilekicr, Ttoemische weihliche Gewandstatuen, dans Muenchener archaeologische Stu- 
dien dem Andenken A. Furtwaenglers gewidmet, 1909, p. 185, note 1; — Ahmed 
H4fik bey, Buyuk tarikh-i-oumoumi [Uistoire gtnirale, en turd, II, 1911, fig. p. 293 ; 

— \Y. Deonna, L'archtologie, sa valeur, ses mithodcs, 1912, II, p. 398 ; III, p. 83, 
p. 207. 

Photographies n 01 360 ' ensemble, face), 360 bi- (ensemble, trois quarts 4 gauche , 360 
(ensemble, trois quarts 4 droite), 359 (t6te, face , 358 (tcte, profit 4 gauche). 


543 (1490) Statue de nyraphe. 

Ai'din, plateau de Tralles; trouvee au mdme lieu et dans les mimes circonstances que 
les n°‘ 511 et 512 (cf. plus haut, p. 257) ; entrOc au musde enfcvrier 1902. 

Marbre blanc 4 gros grains cristallins ; le travail est moins pousse au rovers ; manquent 
la tile, le bras gauche, le bras droit depuis le biceps, le petit orteil du pied droit, la vasque 
sauf un fragment adherent 4 l'abdomen; erosions sur le sein gauche et la partie gauche du 
buste ; ddpot calcairc sur Ic bas de la tunique et le pied gauche qui est Ires erodd ; plinlhe 
eirculairc 4 tranche fruste; hauteur, l m 66, dont 0” 065 pour la plinlhe, 

Le corps de face repose avec un I6ger dehanchement sur la jarnbe gauche ; 
la droite est fiechie, le pied en arriere et ne porlant que de 
la plante; le buste est nu; le bas du corps est couvert d’une 
draperie dont le bord frange retombe entre les jambes; la 
nymphe tenait des deux mains, non pas exactement devant 
elle, mais un peu vers sa gauche, une vasque circulaire dont 
le bord est orne d’oves incises. 

Le motif est bien connu ; signalons seulement, au musee 
de l'ecole evangdlique a Smyrne, une replique interessanle 
pour nous parce qu’elle provient aussi de Tralles ; il y 
manque le buste qui etait sculpte dans un autre bloc. La 
statue du musee imperial date probablement de la fin du 
ii" ou du i er siecle av. J.-C; le buste etroit, les hanches 
larges sont dans le gout de cette epoque; elle etait era- 
dans la decoration d’une fontaine, comine l'indiquent 
les concretions calcaires depos^es par 1’eau sur la draperie 
el le pied gauche. 

llomdv hey, leltre du 23 mai 1902, Revue arehtologique, 1904, II, p. 348-349; 
pi. XI, 2 et 3 ; — S. Reinach, Comptes rendus de VAeadimie des inscriptions, 1902, 




264 


N° 544 - I KTE DE FEMME DE TRALLES 


p. 285 ; Gazette des beaux-arts, 1906, I, p. 333 ; fig, p. 332; Repertoire de la statuaire, 
III, 1904, p. 122,3 ; — A. Conze, Jahrbuch des archaeologischen Instituts, XVII, 1902, 
p. 103 ; — American journal of archaeology, VII, 1903, p. 112; IX, 1905, p. 204 ; — 
M. Collignon, Monuments Riot, X, 1903, p. 6-9 ; fig. 1, p. 7; — Edhem bey, Bulletin 
de correspondance hellinique, XXVIII, 1904, p. 61-62 ; — Ahmed R6fik bey, Buyuk 
tarikh-i-oumoumi (Histoire ginirale , en turc), II, 1911, fig. p. 272; — W. Deonna, 
L'arcMologie, sa valeur, ses mithodes, 1912, III, p. 110, et p. 113, note 7. 


Photographies n 01 146 (face), 148 (dos). 


544 (1205) Tete de ddesse ou de femme iddalisde. 


Aidin, plateau de Tralles; fouilles d Edhem bey; trouvee le 10 avril 1902, dans la region 
G du plan, Bulletin de correspondance helleniqne, l. infra l., pi. I; entree au musee le 
memo mois. 


Marbre blanc 4 grains serrcs et cristallins ; la tete, frusle au revers et sur le sommet du 
cr&ne, s’encastrait dans une statue dont le manteau etait releve ; eassure au cote gauche du 
crftne et au bord du cou ; manque la partie flottante des boucles ; tr4s 14g4re erosion 4 la 
pointe du nez ; hauteur totale, 0" 475 ; de la racine des cheveux au menton, 0" 22. 


Tete de jeune femme ; elle est legerement tournee a gauche ; le visage est 
rond et bien en chair ; les levres entr’ouvertes laissent voir les dents (non 
detaillees); les yeux sont longs et etroits, avec une pau- 
piere superieure tres lourde et une glande lacrymale tres 
accusee ; les cheveux sont partages par une raie en deux 
larges nappes ondulees qui couvrent le haut des oreilles; 
une petite meche frise sur la tempe; une grosse boucle 
flottait librement sur chaque epaule. 

Le travail est soign6, mais d’une execution un peu 
dure; certains details — forme des yeux, largeur du vi¬ 
sage et de 1 arete du nez — semblent indiquer quelque 
reminiscence d’un type du v e siecle, mais rien ne permet 
d y voir la copie ni meme Limitation libre d’une ceuvre 
determinee de cette epoque ; le marbre date vraisemblablement des environs 
de 1 ere chretienne : le style correct et froid, l’esprit classiciste qui s’y revele, 
la disposition de la coiffure conviendraient bien a l’epoque d’Auguste. 

Edhem bey, rapport du 29 avril 1902, Revue archiologique, 1904, II, p. 353 ; pi. 
XIII, let 2; Bulletin de correspondance helUnique, XXVIII, 1904, p. 62-63 ; — 
Hamdy bey, lettre du 25 mai 1902, Revue archMogique, l. supra l., p. 349 ; — S. 
Reinach, Comptes rendus de I'Academie des inscriptions, 1902, p. 286 ; Gazette des 
beaux-arts, 1906, I, p. 333 ; fig. p. 336 et 337 ; — A. Conze, Jahrbuch des archaeolo- 




263 


N° 315 — Tf:TE DE DtESSE DE TBALLES 

gischen Insliluls, XVII, 1902, archaeologischer Anzeiger, p. 103-10* ; — American 
journal of archaeology, VII, 1903, p. 112; IX, 190.'i, p. 204; — M. Collignon, Monu¬ 
ments Piol, X, 1903, p. 9-13 ; pi. I ; fig. 2, p. 10. 


Photographies n"‘ 354 (face), 355 profil 4 droite), 356 (profit 4 gauche . 


545 (1227) Tfite de ddesse. 


Ai'din, plateau de Tralles; fouillcs d'^dhem bey; campagne d'automne 1902 ; trouvee 
dans la region G du plan, Bulletin de correspondance hellenique, l. infra l., pi. I ; entree 
au musce en septcmbre 1902. 


Marbre blanc 4 gros grains crislallins; brisec obliquemcnt de la nuque 4 la base du cou ; 
cassure au sommet, au revers et sur lc cot(i gauche du cr3nc; nez, livres, bords de la dra- 
perie mutil4s; ddpdt calcaire en quelques endroits; hauteur, 0“33; du bord inferieur de la 
bandcleltc au menton, 0”19. 


Elle est de face; le manteau releve sur la tele et la large bandeletle etroite- 
ment serr6e au crane ne laissent voir que le bord des 
bandeaux qui s’arrondissent sur le front et la masse des 
cheveux qui frisent sur les tenipes ; le visage, large et 
ein, a l’expression austere qui convient a une deesse 
comme Demeter; le front est lisse, 1‘arcade sourciliere 
a arete vive, les yeux longs et etroits, les joues char- 
nues. 

Copie assez mediocre (le dessin des yeux est mou, le 
models des chairs sec et sans accent) d’une oeuvre du 
v” siecle ; la bandeletle sur le front rappelle la « Pe¬ 
nelope afllig6e » (Antike Denkmaeler, I, pi. 31-32), mais l’original d’ou procede 
le marbre de Tralles parait un peu plus recent et semble apparente a la 
Dimeter de Berlin et de Cherchell. 



Edhem bey, rapport du 2a novembre 1902, Revue archtologique, 1904, II, p. 358, 
2°; pi. XIV, 2, et XV, 2 ; Bulletin de correspondance hellinique, XXVIII, 1904, p. 67- 
68; pi. II; —S. Reinach, Comptes rendus de l'Academic des inscriptions, 1903, 
p. 78; Gazette des beaux-arts, 1906, I, p. 333;— M. Collignon, Monuments Piol, 
X, 1903, p. 6 ; — American journal of archaeology, IX, 1905, p. 105. 


Photographies n*' 1581, 4 droite (face), 99 profil 4 droite). 



266 


N° 547 


RELIEF DE TRALLES 


546 (1229) Tete de femme ou de ddesse. 


Aidin, plateau de Tralles; fouilles d'lSdhem bey ; campagne d’automne 1902 ; trouvee 
dans la region G du plan. Bulletin de correspondence liellenique , l. infra. 1 ., pi. I ; entree 
au musee en septembre 1902. 


Marbre blanc; brisec a l’attache du visage et du cou; manquent la moitie posterieure 
de la tete, le nez, la boucle de cheveux descendant sur la coilTe ; erosions profondes sur 
l’angle externe de l’oeil gauche, sur la joue gauche, les levres, le menton, la touffe de che¬ 
veux de la tempe droite ; concretions calcaires sur presque tout lepiderme du marbre; 
hauteur, 0 m 32 ; du bord de la bandelette au menton, 0 m 21. 


Tete de jeune femme, au visage d’un ovale assez plein ; elle etait legerement 
tournee a droite; les yeux sont grands, la paupiere supe- 
\ rieure mince et saillante ; les levres entr’ouvertes laissent 
\ voir les gencives superieures; les cheveux, pris dans une 
large bande d’elofle, n’apparaissent que sur les tempes et le 
sommet du crane; sur le devant, une large meche « en 
flamme » descendait sur cette coiffe ; l’ceuvre, d’execution 
decorative, est interessante et d’un type rare, mais trop 
mutilee pour qu’on en puisse juger. 



Edhem bey, rapport du 23 novembre 1902, Revue archiologique, 1904, II, p. 359, 
7°; pi. XIII, 3 ; Bulletin de correspondence hellinique, XXVIII, 1904, p. 68-69 ; 
pi. Ill, h gauche ;— S. Reinach, Comptes rendus de VAcadimie des inscriptions, 
1903, p. 78-/9 ; — M. Collignon, Monuments Piot, X, 1903, p. 6; — American jour¬ 
nal of archaeology, IX, 1905, p. 105. 

Photographic n° 101. 


54T (1423) Relief; apprfits d’un sacrifice. 


Aidin, plateau de Tralles; fouilles d’fidhem bey; campagne d’automne 1903; trouve 
dans la region Gdu plan, Bulletin de correspondance hellenique, pr. 1. infra l. , pi. I; entr4 
au musee en 1903. 


Marbre blanc 4 gros grains cri&tallins; revers dresse, sauf en sa partie infcricure ; faces 
laterales et sup4rieure, tranche antericure de la plinthe dressees 4 i’ava0uoo.xji$ ; manque 
la tete de 1 esclave ; les deux premiers orteils du pied gauche mutil^s ; d£pot de ciment 
en quelques endroits, en particular sur le tronc et les feuilles du platane ; mortaise pour 
crampon 4 chaque extremite de la tranche superieure (celle de gauche 14g4rement muti¬ 
lee), et mortaise pour un goujon large et plat (legerement mutilee aussi) 4 la partie infe- 
rieure de la tranche laterale droite. 

Quelques traces de bleu sur la plinthe. 

Hauteur, 0 ra 695 ; largeur, en bas, 0“ 445; en haut, 0“ 435 ; epaisseur, en haut, a gauche, 



N° ”>47 


BELIEF DE TRALLES 


21)7 


O m 07; A droite, 0 m 085 : cn bas y compris la saillicdc la plinthc , A gauche, 0® 18 ; a droite, 
0“205; hauteur de la plinthe, 0“035 ; hauteur maxima actuelle de la figure, 0“ 265. 


Dalle rectangulaire sans encadrement; plinthe saillante en bas ; le fond 
avance legerement du haul vers le bas et se creuse ou se souleve un peu sous 
les branches de l’arbre; haut relief ; la figure est traitee comme en ronde 
bosse ; — au pied d'un vieux platane, au tronc creuse, aux branches feuillues 
et portant quelques fruits, un esclave, vetu de 1’exomis serree sur les reins, 
est agenouille sur le genou droit qui repose sur une saillie du sol sommaire- 
ment indiquee (le pied droit, peu visible, est a peine ebauche) ; la jambe 
gauche est violemment ecartee, le buste, de trois quarts a gauche, legerement 
rejete en arriere et incline vers la jambe gauche ; du bras droit, tendu a hau¬ 
teur de l’epaule, il tient une corde dont il 
va, avec l’autre main, nouer l’extremite a un 
anneau scelld sur une dalle encastree dans le 
sol. 

Le sujet du relief a paru d’abord enigma- 
tique et a refu les interpretations les plus 
differentes; il est inutile de les rappeler de- 
puis que l’explication definitive (deja entre- 
vue par M. P. Graindor) a ete etablie presque 
simultanement par M. Engelmann et par 
Edhem bey: le relief de Tralles represente 
les apprets d’un sacrifice; la scene se passe 
aupres d’un autel ombrage d’un arbre; l’es- 
clave attache A la place rituelle la victime, 
sans doute un taureau, que lui ou fun de ses 
compagnons va immoler (comparez notre 
n°836; cf. aussi le relief de Pergame, Athenische Milleilungen, XXXV, 1910, 
p. 509 sq., pi. XXIX, i ; il ne semble pas qu’il y ait lieu de rapprocher de 
notre relief un fragment de meme provenance, conserve au Louvre et que 
nous connaissons seulement par une notice sommaire parue dans le Jahrbuch 
des archaeologischen Inslituts, XVIII, 1903, archaeologischer Anzeiger, 
p. 152, n° 17 ; on notera qu’a Magnesie, les mortaises creusees dans le dallage, 
pres de l’autel d’Art^mis, indiquent la presence d'anneaux semblables a celui 
qui est figure ici [Magnesia am Maeander, p. 91-92, fig. 88 ; a Assos et a 
lTIeraion d’Olympie, les marches du stylobate sont creusees de cavites en arc 
de cercle, prenant jour A la fois sur la face horizontale et verticale du degre, 
et destinees A passer les cordes qui attachaient le betail du sacrifice). 

Cette plaque provient d’un ensemble qui se continuait a droite et a gauche; 
la plaque de gauche repr6sentait la victime et peut-etre 1'autel ; le sujet repre- 




268 


X° 547 - RELIEF DE TRALLES 


sentdsur la plaque de droite, le nombre total des plaques nous sont egalement 
inconnus ; sur la destination primitive de cetle sorte de frise — que devait 
couronner un corps de moulures — on ne peut emettre que des hypotheses : 
peut-elre provient-elle d'un autel. 

11 ne serait pas tout a fait exact de compter Ie relief de Tralles parmi les 
reliefs dits « hellenistiques » ; la nudite du fond, malgre le leger mouvement 
qui le creuse ou le releve sous les branches du platane, l’absence complete de 
toute perspective en profondeur Ten distinguent fortement; et, d'autre part, il 
s’en rapproche par son realisme — delicat et encore tres sobre — rdalisme du 
geste, du decor, de la conception merae qui anime et renouvelle un motif 
general par la grace familiere et plaisante d'une scene de genre. Par l’impor- 
tance et le caractere de l’element pittoresque, il est en avance sur la frise de 
Telephos ; dans l’expression des relations spatiales, il va beaucoup moins loin ; 
en reality, il s’agit, sinon de deux genres differents, du moins de deux especes 
d’un meme genre : le relief de Tralles — dont on rapprochera un joli frag¬ 
ment decouvert a Pergame ( Athenische Mitteilungen, XXIX, 1904, p, 189, 
fig. 22) — reste encore fidele a la tradition classique, mais la tempere par 
l’admission d'accessoires decoratifs, et la vivifie par le naturalisme du detail; 
d’autre part, n’osant pas se developper dans la profondeur ni entamer l’unite 
du plan devant lequel il se deroule, il s’en detache presque, et la figure qu’il 
nous montre n’est plus guere qu’une statue de ronde bosse, reduite et rapportee 
sur le fond ; les memes caracteres se retrouvent sur un groupe assez nombreux 
de steles funeraires d’Asie mineure (exemples ap. E. Pfuhl, Jahrbuch des 
archaeologischen lnstiiuts, XX, 1905, p. 47 sq., 123 sq.). 

Le travail du relief de Tralles, par sa precision et son elegance, par le brio 
et la nervosite de l’execulion, rappelle celui du sarcophage d’ « Alexandre » ; 
il doit daler du m e siecle av. J.-C. 


fidhem bey, rapport de novembre 1903, Revue archiologique, 1904, II, p. 361 ; 
pi. XV, 1 ; Comptes rendus de VAca.dim.ie des inscriptions, 1904, p. 46 ; fig. p. 47 ; 
Bulletin de correspondence hellinique, XXVIII, 1904, p. 71-74, pi. VII ; XXXII, 
1908, p. 526-528 ; — American journal of archaeology, VIII, 1904, p. 353 ; IX, 1905, 
p. 105 , X, 1906, p. 442 ; XII, 1908, p. 453 ; — A. de Ridder, Revue des eludes 
grecques, XVIII, 1905, p. 117-119 ; fig. p. 118 ; —- P. Graindor, Le musie beige, IX, 
1905, p. 289-291 ; fig, p. 290 ; — E. Pfuhl, Jahrbuch des archaeologischen Institute, 
XX, 1905,p. 154; — H. Lucas, Wiener Jahreshefte, IX, 1906, p. 274, note 18 ; — 
P. Perdrizet, Revue archiologique, 1906, I, p. 225 sq.; fig. 1, p. 227 ; — W. Klein, 
Geschichle der griechischen Kunsl, III, 19Q7, p. 153; — G. Cultrera, Saggi sulV arte 
ellenistica e greco romana, I, La corrente asiana, 1907, p. 68 sq. ; p. 177, note 2; — 

R. Engelmann, Revue archiologique, 1908, I, p. 9-12 ; fig. 1, p. 10; — G. Mendel, 
Revue de Vart ancien et moderne, XIII, 1909, t. xxvi, p. 261-262; fig. 3, p. 255 ; — 

S. Reinach, Repertoire de reliefs, II, 1912, p. 169, 2 ; - W. Deonna, L'archiologie, 
sa valeur, ses mithodes, 1912, III, p. 427, note 5, et p. 440. 


Photographie n° 607. 



N° 548 


APOLLON DE TRALLES 


269 


548 (383, 38i) Statue colossale d’Apollon. 


Ai'din, plateau dc Tralles; « vers la fin du mois d'oetobre dernier [188"i, un nomme Vai’a, 
habitant de la ville d’A'idin, travaillait clandestinement, 4 Guzel Hissar-Tralles, 4 exlraire 
des pierres pour la construction d'une maison, lorsque, pres du theatre, 4 deux mitres de 
profondeur, il decouvrii une statue de femme drapee, sans tete et sans bras, et beaucoup 
plus grande que nature. Quclques jours plus tard, et au mime endroit, il trouva cctte belle 
tele [celle de notre Apollon]. Elle etait couchec sur un grand bloc de marbre portant en 
gros caractercs le nom d’Alexandre. Aussitot Vaia alia avertir l’evequc grec d’ATdin de la 
dccouvcrte qu’il venait de faire. Celui-ci les fit transporter, pendant la nuit, 4 1‘eveche... 
Le moutisarif d’Ai’din sc rendit alors a l’evechi, vit les objets et prit immediatement toutes 
les mesures pour empichcr la continuation dcs fouilles entreprises par Vaia contraire- 
ment 4 la loi » (lettre de Hamdy bey 1M.G. Perrot, a p. Collignon, {. infra L, p. 289-290). 
La tete fut envoyie des cette epoque au music imperial par les soins de Demoslhene bey 
Baltazzi. En rialite, le torse avait cti trouve en mime temps que la tile, mais dissimule 
par ceux qui l’avaient dicouvert; C. Humann put l’acquerir au debut de l'annee 1889 et le 
cida au musde contre la stile d'Assarhadon de Sindjirli qui futdonnee aux musees royaux 
de Berlin (C. Humann, Alhenische Mitlheilungen , XVIII, 1893, p. 403; lettre deC. Humann, 
du 4/16 fevricr 1889, dossiers du mnsee imperial ottoman, pieces revues, n” 35);— lajambe 
gauche fut trouvie independamment en 1890. 


Marbre blanc, ldgircmcnt bleutd, 4 gros grains cristallins ; il rcstc le buslc, mutild sur la 
hanchc droilc et taillc dans un bloc, la tete, le haut du bras droit et la draperie de I’epaule 
gauche tailles dans un second bloc, et un fragment (n* d'invenlairc 381 de la jambegauche, 
brisd au dessous du genou et au dessus dc la chcville; les deux grands blocs elaicnl unis 
par un fort tenon, logd dans une mortaisc de 0” 12 sur 0" 15 et profonde de 0" 15 environ ; 
il manque le revers du crane, l'dpaulc et le bras gauchcs, l’avanl-bras droit, la fesse droite 
et les jambes (sauf le fragment qui vient d'etre mentionnd), toutes pieces rapportdes et qui 
n’ont pas die retrouvdes ; Texlrdmite de la draperie, qui etait sculptee sur le bloc dubuste, 
est brisdc ; la draperie ellc-mime sur l’dpaulc, mutildc en divers endroits; 1c sommet du 
dos enliirement irode; le revers est a peine degrossi, el le sculpteur y a laissc fruste une 
forte dpaisscur de marbre, utile sans doutc pour consolidcr cette statue colossale. — 
Appareillage des piices rapportees ; sur le cold droit de la tete, deux mortaises rcctan- 
gulaircs et un ldger aplatissemcnt de la surface marquent l’endroit oil reposait la main 
droite ; 4 droite et 4 gauche, deux petites mortaises pour fixer unecouronnc metallique; au 
revers du crinc, joint pique avee deux mortaises reclangulaircs; au dessous de la nuque, 
4 la base du cou, morlaise rectangulairc; au joint de l’dpaule gauche, mortaisc reclangu- 
laire (une parlie du scellement de plomb est conservee; ; le j<>int de lavant-bras droit est 
tailld 4 deux pans, Tun horizontal crcusd de trois mortaises, l’autrc vertical avec une mor¬ 
taisc unique; sous l’aissclle droite, qualre mortaises groupers • , cctte derniere avec 
son tenon dc fer ; 4 la fesse droite, surface dressde avec quatre mortaises groupees deux 
el deux; au milieu du dos, face en saillie, dressde et creusee de trois mortaises groupees 
deux et une ; traces d’une morlaise cylindrique, sur le cdtd gauche du dos, au sommet de 
la partie fruste; - - hauteur actucllc, 1" 92; dc la tele, environ 0"43; du fragment de la 
jambe gauche, 0” 685. 


Le dieu est debout, le corps portant sur la jambe droite avec un fort dehan- 
chement; la main droite etait relevee sur la tete ; le buste est nu ; une dra¬ 
perie, au bord decore de palmettes sculptees en leger relief, apparait sur l’e- 
paule gauche el descend 6ur le dos ; la tete est penchee et tournee a droite ; 
le regard tombe reveur et comme noye sous l’ombre portee par la paupiere 
sup6rieure ; les levres, ldgerement enlr’ouvertes, ont une expression delicate- 
ment sensuelle ; le front lisse, insensiblement releve au dessus de la racine 



270 


N° 548 - APOLLON Dli TRALLES 


du nez et vers les tempes, est encadre par les ondes souples de deux ban¬ 
deaux qui, separes par une raie, couvrent le haut des oreilles et se rejoignaient 
surla nuque eu un epais chignon ; ils etaient ornes d’une couronne metallique; 
les pieds portaient des sandales dont la tige est serree, sur le bas de la jambe, 
par deux gros bourrelets sur lesquels retombent deux griffes etune tete de lion. 
La ressemblance, depuis longtemps signalee, de cet Apollon avec l’Apollon 
« lycien » et Yldolino ne consiste guere que dans l’attitude du bras droit; la 
statue de Iralles etait ademi drapee ; lemanteaucouvrait les jambes, degageant 

sans doute lepli de l’aine et les parties sexuelles; 
si le dieu represente vraiment Apollon — et cetle 
hypothese nous parait la plus vraisemblable — 
il est probable qu’il tenait le plectre de la main 
droite et, de la main gauche, une lyre peut-etre 
posee sur un pilier ; s’il represente Dionysos, les 
attributs pouvaient changer ou disparaitre sans 
que la silhouette generale fut modifiee. Le type 
de notre statue se rapproche done beaucoup de 
celui de l'Apollon de Cyrene au musee britan- 
nique (Cat. of sculpture, II, n° 1380), dont notre 
Apollon de Milet (n° 114) est lui-meme une libre 
replique (cf. aussi l’Apollon du musee de Dijon, 
S. Reinach, Repertoire de la statuaire , II, p. 96, 
6 ; Musees de France , 1912, fig. p. 104) ; on 
s’accorde a en attribuer l’invention a la premiere 
partiedu iv e siecle (M.Amelung, alt. 1. infra 1., 
le rapproche d’un groupe ou entreraient la Venus 
de Gapoue avec la tete de l’Aphrodite Caetani, 
l’Hypnos, l’Apollon de Cyrene, et dont l’herma- 
phrodite de Pergame ne serait pas tres eloigne); 
l’exemplaire de Tralles n’enest pas une copie, mais 
une « redaction » hellenistique d’un style assez personnel; on peut soupconner 
que le « praxitelisme » y est plus accuse que dans l’original ; la parents de 

caractere _ et meme celle du motif — avec l’hermaphrodite de Pergame 

(n° 624) nous parait evidente, et nous rangerions volontiers le sculpteur 
parmi les disciples de cette ecole (de la sans doute l’usage presque excessif 
qu’il fait des pieces rapportees). L’ceuvre doit provenir de la decoration du 
theatre et y etait placee — comme le prouve 1’etat du revers — devant un 
mur ou dans une niche ; oblige aux simplifications de modele que comman- 
daient les exigences du style decoratif et les dimensions colossales de la statue, 
le sculpteur a su cependant conserver aux formes du corps un peu de cette 
gr&ce paresseuse et de cet air de jeunesse, aux chairs un peu de cette morbi- 




N° 549 - STATUE DE FEMME URAPEE 


21 1 


desse feminine qui font de son dieu, non pas un jeune geant, mais un ephebe 
qui garde, dans le colossal, l’eleganee ephebique. La construction du theatre 
de Tralles, a peu pres contemporaine de la refection du theatre de Magnesie, 
se place vers l’an 200, et la statue doit etre de cetle epoque. 


Bibliographic de la dccouverle : S. lieinach, Revue archdologique, 1888, I, p. 84, 
387 la tetc); 1889, II, p. 132 (le lorse ; cf. 1894, II, p. 99.; 1890, II, p. 259 (la 
jambe gauche); Chroniques d'Orient, I, p. 420, 482, 371 (cf. II, p. 331;, 714 ; — Revue 
des iludes grecques, I, 1888, p. 244 (la tete) ; II, 1889,p. 182-183 lc torse); III, 1890, 
p. 322 (la jambe gauche); — Times, 23 avril 1888 (la tete) ;•— American journal of 
archaeology, IV, 1888, p. 348 (la tele); V, 1889, p. 90 le torse; ; — Athenaeum, 1889, 
I, 6 avril, p. 447 (le torse); — 'Si a S;j.5f.vr), 1890, n os 4124-5 (la jambe gauche) ; 

— Athenische Millheilungen, XV, 1890, p. 332-353 ; XVIII, 1893, p. 393, 401, 403. 

Joubin, Sculpt, gr. et rom., n° 9 ; — M. Collignon, Revue arcMologique, 1888, I, 

p. 289-295; pi. XIV; Ilisloire de la sculpture grecque, II, 1897, p. 477, et fig. 248, 
p. 478 ; Melanges Perrot, 1903, p. 58; — John P. Peters, The century magazine, 
XLV, 1893, p. 557, fig. ; — A. Joubin, Revue archiologique, 1894, I, p. 184-187 ; 
pi. IV ; — II. Bulle, her schoene Mensch, 1898, p. 70; pi. 194; —S. Reinach, 
Repertoire de la slaluaire, II, 1897, p. 96, 4 ; Teles antiques idialcs ou idialisiles, 
1903, p. 153; pi. 192; — C. Woermann, Geschiclite der Kunst alter Zeiten und 
Voelker, I, 1900, p. 385; — 1’. Winter, Kunstgeschichte in Bildern, 1900, pi. 73, 6 ; 

— W. Altmann, Wiener Jahreshefle, VI, 1903, p. 199 ; — W. Amelung, Denkmaeler 
griechischer und roemischer Sculptor, texte aux pi. 583-4 (1905), p. 7; ibid., texte 
& la pi. 593 (1906), p. 4, el fig. 4 a cctte page ; p. 6; — W. Klein, Geschichle der 
griechischcn Kunst, III, 1907, p. 132 ; — A. Ippel, Athenische Mitteilungen, XXXVII, 
1912, p. 317 ; — W. Deonna, L'archiologie, sa valeur, ses mithodcs, 1912, III, p. 110- 
111. 

Photographies n°" 219 (ensemble; le torse de face, la tete de trois quarts, 21 X 30),220 
(ensemble; la tele de profit, 21 x 30), 221 (ensemble; la Idle de face, 21 x 30 , 4 ,le bloc 
de la Idle seul, dc face, 24 X 30), 5 (id .; profit 4 droitc, 24 X 30), 37 (le bloc de la tele seul, 
duns un cliche d’cnscmblc pris autrefois dans l'interieur du Tchinili Kiosk, 21 x 30), 38 
(le torse seul et la jambe dans un cliclnS scmblablc, 24X30). 


549 (601) Statue de femme drapde. 


Magnesie du Meandre ; trouvee sur le dallage du theatre, au sud de la rampc qui con¬ 
duit au logeion romain; fouillcs de llumann, 1890/1 ; entree au musee en 1893. 


Marbrc blanc 4 grains crislallins ; revers sommairement travaille ; manquent la tele qui 
iltait rapportJe (grande caviti dvidiie entre les epaules et creusJe elle-meme d'une grande 
mortaise rectangulaire), unc partie de l’avant-bras et la main gauche (rapportce — ou rdpa- 
ree ? — et fixee dans quatre petites morlaises), le revers de l'epaule droite et la partie 
moyenne de cc brus (rapportis; deux mortaiscs dont l’une avec son goujon), le pan 
dc draperie tombant derridre l’epaule gauche, le pied gauche avec le bas dc la draperie, le 
bord infiirieur du chiton et le bord de la plinthc sur le cote, en arriire du pied droit 
(rapportes sans tenon) ; sont rajustes ; la partie superieure du dos en deux fragments 
(grande lacunc 4 l Mpaule droite), plusieurs fragments dc la jambe gauche (ties mutilee), 
les deux premiers orteils du pied droit; quelqucs cassures sur les plis de la draperie ; sur¬ 
face du buste usee; plinthc irreguliirc ; hauteur, 1"' 96, dont 0“ 073 pour la plinthe. 



272 


N o 5' t g — STATUE DE FEMME DRAPIiE 


L'ne femme d’aspect matronal est debout, le corps de face et porlant sur la 
jam be droite avec un dehanchement assez marque, la jambe gauche legeie- 
ment flechie et ecartee, les deux bras plies, la main droite, sous la draperie, 
posee sur la handle, la gauche (probablement degagee) sur le sein gauche, 
elle porte deux tuniques, l une dont on ne voit que le bord trainant sur le 
sol, l’aulre d etoffe legere, et toute chiffonnee de plis soyeux et crepes, entre 
lesquels on devine, par transparence, l’etoffe plus epaisse et plus rigide de 
la premiere; l himation, dont 1 un des bords est garni de longues flanges 
(visibles sur le cote gauche), recouvre tout le corps 
jusqu’aux genoux; il est fait, lui aussi, d un tissu souple 
et mince, qui se drape en plis etroits et peu profonds 
et sous lequel transparaissent les ondulations du vete- 
ment de dessous et jusqu’a la ceinture nouee sur la 
laille ; les pieds sont chausses d’epaisses sandales 
« tyrrheniennes ». 

Si mutilee qu’elle soit, cette statue est Tune des plus 
belles statues de femmes drapees qui nous soient parve- 
nues; meme privee de sa tete, elle conserve un fort 
caractere individuel et le rendu des formes porte la 
marque d’un realisme qu’on trouve rarement dans les 
statues honorifiques de cette epoque ; l’ampleur des 
handles, les proportions tres courtes du haut du buste, 
la taille tres haut placee, la grosseur de la jambe sont 
certainement des traits pris directement du modele; 
la poitrine parait un peu faible par rapport a l'abdo- 
men, mais c’est la peut-elre la seule concession que l’artiste ait faite a la mode 
de son temps. Le travail des draperies temoigne d’une liabilete extraordinaire 
dans les effets de transparence et de superposition d’etoffes; la main droite, 
qui, recouverle par le manteau, produit, en s’appuyant sur la hanche, toutun 
faisceau de pelits plis, est un morceau de maitrise, execute avec une merveil- 
leuse virtuosile : peu d’ueuvres peuvent nous donner une idee plus avantageuse 
et plus representative d'une cerlaine ecole qui se developpe au n e siecle av. 
J.-C., dont le centre fut en Asie mineure et qu’on rattache parfois a Philiscos 
de Rhodes. La date de notre statue est donnee avec une grande vraisemblance 
par la comparaison avec une statue trouvee a Delos en 1906, celle de la dame 
Cleopatre (Holleaux, l. infra l., fig. p. 367; Leroux-Mayence, l. infra l., 
fig. 9 a la p. 415), qui date des environs de l’annee 140 et parait un peu plus 
recente ; d autre part, le theatre de Magnesie a subi vers l’an 200 d’impor- 
tantes transformations (cf. Doerpfeld, Alhenische Miltheilungen, XIX, 1894, 
p. 81), et il nest guere probable que les marbres qui y ont ete trouves 
remontent a une epoque plus ancienne ; notre statue se place ainsi avec une 




x° — statue de baf.bia 


273 


certitude presque complete dans la premiere partie du n e siecle av. J.-C., et 
peut-elre a une date encore assez rapprochee de ses debuts. 


Joubin, Sculpt. gr. et rom., n° ;j»>; — C. Watzinger, dans Magnesia am Maeander, 
1904, p. 185-187 et p. 192 ; pi. IX ; — F. Koepp, Neue Jahrbuecher fuer das klas- 
sische Altertum, VIII, 1905, t. xv, p. 483 ; pi. IV, au milieu ; — M. Holleaux, Comples 
rendus de VAcadimie des ihscriplions, 1907, p. 365, note 5 ; — Leroux-Mayencc, 
Bulletin de correspondance hellinique, XXXI, 1907, p. 414 sq. ; — A. Ilekler, Roe- 
mische weibliche Gewandstatuen, dissert. Munich, 1908, p. 10, et dans Muenchener 
archaeologische Studien dem Andenhen Adolf Furlwaenglers gewidmet, 1909, p. 120, 
132 ; — G. Mendel, Revue de I’art ancicn et moderne, XIII, 1909, t. xxvr, p. 261 ; — 
S. Ileinach, Repertoire de la statuaire, IV, 1910, p. 421, 5; — M. Collignon, Les sta¬ 
tues funiraires dans Varl grec, 1911, p. 292. 

Photographic n* 185. 


550 (005) Statue de Baebia. 


MagnAsic Uu MAandre; trouvee, avec les deux suivantes et le n° 822, dans le local designc 
comme chapelle d’AthAna, au milieu du portiquc ouest de l'agora ; fouilles de Ilumann, 
1890/1 ; cnlrAe au musee en 1893. 


Marbre blanc, lege re meat bleute, A gros grains cristallins; re vers sommairement travaille, 
fruste dans le bas ; manquent la main gauche, qui Atait rapportAe (mortaisc circulaire Ala 
section du poignet), el les picds, qui l’elaienl aussi, mais sans tenon; erosions A la pointe 
du ncz; la tele, IravaillAc A part, s’cncaslrc dans le buste et est maintenuc par un tenon 
de fer lixA dans la cavite formee par le pan du manteau qui est releve sur le crAne ; la sta¬ 
tue a AtA brisAc par une cassure oblique dont les joints sc raccordcnt exactement; il 
scmble quc eet accident ait dA sc produire pendant le transport, car il n’y cn a pas traces 
dans les ancienues photographies prises A MagnAsie ; la plinthe est mulilAe ; le visage a 
616 grattA ; hauteur, 2™ 30, dont 0"‘ 15 environ pour la plinthe. 


Une femme d’aspect matronal, mais de proportions assez elancees, est 
debout, le corps de face et portant sur la jambe gauche, la droite legerement 
flechie et ecartee, le pied pose a plat, la pointe ouverte; l’attitude rappelle 
celle des statues diles de la « Pudicite » : l’avant-bras droit est pose horizon- 
talement sur la taille, le coude gauche appuye sur le dos de la main droite 
et l'avant-bras gauche plie obliquement devant la poitrine ; le vetement com- 
prend un chiton trainant, d’etolfe legere et chiffonnee de nombreux petits plis 
creuses a la gouge, el un himation releve sur la tete et drapant tout le corps ; 
le bord en est ourle et les coins ornes de rhombiseoi ; le tissu du manteau, plus 
epais que celui de la tunique, est traverse d'un grand nombre de plis diriges 
en sens divers et d'un ellet peu agreable; les cheveux sont disposes en ban¬ 
deaux ondules, separes par une raie et couvranl le haul des oreilles ; une petite 


18 



274 


N° 5S0 — STATUE DE BAEH1A 


boucle se recourbe sur la tempe en point d’interrogation ; le visage est denue 
de caractere individuel ; les levres entr’ouvertes, une legere inclinaison vers 
l’epaule gauche lui donnent une certaine expression 
de douceur melancolique et reveuse. 

Sur le type de la « Pudicite », cf. W. Amelung, 
Die Sculptural des vaticanischen Museums , I, p. 
35 ; C. Watzinger, M. Collignon, 11. infra ll. [on 
nolera loulefois qu’on parle a tort du moli/'hellenis- 
tique de la « Pudicite » ; il s’agit en realite d’une re¬ 
daction — affectee d’un certain style de formes et de 
draperies et comporlant d’ailleurs de nombreuses 
varianles — d’un motif qui remonle au moins aux 
debuts du iv° siecle (cf. plus haut, p. 199)]; M. Hekler 
(l. infra l.) a singulieremenl exagere la valeur de la 
statue: loin d'etre une des meilleures de celles qui 
furent decouvertes a Magnesie, elle en est peul-etre 
la plus mediocre et celle dont l’aspect est le plus in- 
gral : le travail des draperies qui, au n° precedent, 
exerce si heureusement le sens pittoresque el la vir¬ 
tuosity du sculpleur, se reduit' ici a un formalisme 
machinal qui n’est pas meme soutenu d’une reelle 
habilele technique. 

Sur la face anlerieure de la plinlhe, on lit les mots o o-f|p.o<;, debut d’une 
dedicacequi fut rclrouvee aussi dans la « chapelle d’Alhena » : Bat&av Kolvxou 
Bai^tou O'jyaOelpa, u.Y k Tipa Ss Aeuxcou OuaXeptoo Ae[u]jztoi> (6)ov d>Xaxxou tou 
av6-j7rz|Tou. Si, comme 1 a suppose Kern [l. infra l.), il y a une erreur dans la 
tilulalure et si Ion peut substituer avTiffTpaxvjyou a av0u7taTou, le L. Vale¬ 
rius Haccus ici menlionne pourrait etre le client de Ciceron qui fut propre- 
leur en Asie en 62. De toutes manieres, la statue comme 1’inscription appar- 
tiennent au i er siecle. Rappelons qu’on retrouva en meme temps et au meme 
endroit la statue de la dameiaufeia, epouse de L. Valerius Flaccus (notre n° 
822; et celle de la demoiselle Polla Valerie, fille du meme (a Berlin). 



Mentwns au moment de la decouverle : American journal of archaeology, VII, 
B ’ P ‘ ^ ’ athenaeum, 1892, I, 2 janvier, p. 30; Revue des iludes grecques, V, 
1892, p. 4* ; Revue archeologique, 1892, I, p. 421 (= Chroniques d'Orient, II, p. 118). 

.. ° U ,0m '’ n ° ’ *-“• Watzinger, dans Magnesia am Maeander, 

198 ’ P ' 199 S - Reinach, Repertoire de la slatuaire, II, 1897 
j.* “ ’ , 9 ^ P* ; A. Hekler, Roemische weibliche Gewandstaluen , 

rnser . unic , 8, p. 13, et dans Muenchener archaeologische Sludien dem Anden- 

ken Adolf Furtwaenglers gewidmet, 1909, p. 123-124 ; — M. Collignon, Les statues 



N" h:»l - STATl'E d’aTHENA 


275 


funiraires dans I'art grec, Hill, p. 291 ; — l’inscription dans 0. Kern, Die Inschrif- 
len von Magnesia am Marauder, 1900, p. 119, n“ 144 (cf. n os 1 i'i et 146). 

Photographies ll“‘ 273 (face), 273■ Icgcremcnt tournee a droite . 


551 (603) Statue d’Ath6na. 


Magnesie du Meandre; trouvee au meme endroit que la precedente ; fouilles de Humann, 
1890/1; entrie au musee eu 1893. 

Marbre blanc 4 gros grains cristallins ; 1c travail est moins pousse au revers; manqucnt 
la tete, 1'avanHbras droit, les doigts de la main gauche, la lance, dontll reste l'extremite 
pres du bord droit de la plinlhc; quelqucs erosions sur les plis de la draperie; depot ter- 
reux sur prcsquc toute la surface ; le bras gauche (en trois fragments) est rajuste ; dra¬ 
perie travaillee au trepan ; la base ovale, tailI6e dans le mOme bloc que la statue, estsom- 
mairemcnt profilee sur sa face anterieurc (scotie enlre deux lislels saillants) ; hauteur, 
1“ 66, dont 0 m 12 pour la base. 

Athena est debout, le corps de face et reposant sur lajambe gauche, la droite 
llechie et legerement ecarlee, le pied ne louchant le sol que du cole interieur ; 
elle porte, sur un chiton talaire a manches bouton- 
nees sur les bras, un p6plos d’elofFe epaisse, fixe sur 
les epaules par une large agrafe a tele circulaire ; 
fendu sur le cote droit, oil les bords ourles sc 
rejoignenl et oil les angles, trainant sur la plinthe, 
sont orn6s de rhombiscoi, il forme sur le buste un 
colpos qui tombe jusqu’a la naissance des cuisses, 
ct un apoplygma un peu plu3 court, serre sous les 
seins par un cordonnet k (lot releve et termine par 
un pompon ; l’egide lisse est posee de biais, sur 
l’epaule gauche et le cote droit; la partie qui devrait 
couvrir le sein droit retombe sur l’autre, cachant 
en partie le gorgoneion el montrant le revers de la 
peau striee de sillons ondules ; les festons du bord 
se terminent par des serpents qui rampent en sens 
divers sur l’egide meme et sur la draperie ; le bras 
gauche est tendu sur le cole a hauteur de l’epaule, 
l’avant-bras releve k angle droit, la main s’appuyait 
sur la lance ; le bras droit etait baisse et tenait un attribut (phiale ? soutenu 
par un fort tenon rectangulaire, encore visible sur la face exterieure de la 
cuisse ; les cheveux elaient noues en un chignon qui descend tres bas sur la 
nuque; les pieds sont chausses de sandales. 




276 


N° 552 - STATUETTE d’aTIIENA 


L’oeuvre precede librement d’un type du v e siecle, accommod^ au gout helle- 
nistique : c’est ainsi que les formes du buste semblent un peu maigres par 
rapport a celles des hanches qu’augmente encore la quadruple epaisseur de 
l’etoffe ; de meme la draperie se rattache encore a un modele classique, tant 
par le costume meme que par l’opposition de la jambe libre, qui transparait 
sous la tunique, et de la jambe portante noyee sous les plis ; mais ceux-ci, par 
leur composition comme par leur dessin, different sensiblement des oeuvres 
anciennes ; M. Amelung ( l. infra, l.) a place cette statue dans un groupe 
d’Athenas avec lequel elle parait n’avoir que de lointains rapports ; — le tra¬ 
vail est dur et sec, quoique execute avec une certaine recherche pittoresque ; 
la statue date probablement du i er siecle ap. J.-C. 

Joubin, Sculpt, gr. et rom., n° 21 ; — C. Watzinger, dans Magnesia am Maean- 
der, 1904, p. 225-226, fig. 230; — S. Reinach, Repertoire de la staluaire, II, 1897, 
p. 799, 8 (= IV, 1910, p. 171, 3) ; — mentionnde par W. Amelung, Die Sculpturen 
des vaticanischen Museums, I, 1903, p. 122 ; — pour la bibliographie de la decou- 
verte, cf. n° 550, p. 274; ajoutez S. Reinach, Revue archiologique, 1893, I, p. 95; 
Chroniques d’Orient, II, p. 173 (d’apres T. fivangelides, Nla Spvpvr), 25 juin 1892). 

Photographies n“ 141,186 (cette Athena et la suivante sur une mdme plaque). 


552 (604) Statuette d’Ath6na. 


Magnesie du Meandre; trouvee au meme endroit que les deux prdcddentes ; fouilles de 
Ilumann, 1890/1; entree au musee en 1893. 


Marbre blanc; le travail est moins poussd au revers ; manquent la tete et le bras droit 
qui dtaient rapportes (le tenon de fer qui fixait la tote est encore en place dans sa mortaise; 
le haut du bras droit, avec des traces de la lance, avait 6te retrouve et est reproduit dans 
la figure de Magnesia, l. infra l.), la main gauche, le bouclier; l'avant-bras gauche est 
rajuste ; erosions sur le sein droit et sur quelques plis de la draperie; arrachements corres¬ 
pondent 4 la lance sur la base, a gauche pour le spectateur; deux petites mortaises circu¬ 
lates sur la hanche et la cuisse droites ; draperie travaillde au trepan ; plinthe en forme 
d’hexagone irregulier, sommairement profilee sur la tranche antdrieure (scotie de faible 
concavite entre deux listels nus); hauteur, 1" 07, dont 0“ 095 pour la plinthe. 


La deesse est debout et de face, le corps reposant sur la jambe droile, la 
gauche flechie et ecartee, le pied pose a plat; elle est v6tue du peplos dorien a 
long apoptygma, agrafe sur les epaules et fendu sur le cote droit (les coins, 
ornes de rhombiscoi, trainent sur la plinthe); l’egide, lisse et portant un petit 
gorgoneion, passe obliquement sur la poitrine, de l’epaule droite a la hanche 
gauche, et est serree, avec 1 apoptygma, par une ceinture formee du corps de 
deux serpents ; la main droite relevee tenait la lance (qui devait etre de marbre 



N° 553 - STATUETTE DKPHfeltE 


277 


'; \ ' , 


et consolidee par deux tenons de fer auxquels correspondent les mortaises 
creusees sur la hanche droite); la gauche 6tait placee sur le bouclier pose lui- 
meme sur un petit autel rectangulaire, profile haut et bas larrachements sur 
la face superieure de l'aulel et sur le pli de draperie 
qui tombe le long de la jambe gauche; ; les pieds 
sont chausses de sandales ; — la deesse representee 
ici a cote de l'autel est probablement 1’Athena paci- 
fique; sur le type, cf. Amelung, l. infra l. 

M. Watzinger a justement analyse les caracteres de 
cette statue ; elle se rattache en derniere analyse a un 
type du v" siecle (cf. les types d’Athena Hephaistia, 

Wiener Jahreshefte , 1, 1898, p. 69 sq.); elle est 
egalement apparenlee a 1’Athena d’lnce Blundell hall 
que Furtwaengler (Statuenkopieen im Allerlum, 

Abhandlungen der philos ,-philol. Classe der kgl. 
hayerischen Akademie der Wissenschaften , XX, 

1897, p. 557, pi. V) altribue au iv" siecle, mais qui 
toutefois presente une draperie d’un tout autre ca- 
ractere; la draperie est traiteeici avec une recherche 
de couleur, une exagiration des plis d’ombre et des 
aretes lumineuses qui denoncent une transformation du type a l'epoque helle- 
nistique; les formes du corps — buste tres grele par rapport aux hanches et tres 
court par rapport aux jambes — sont dans le gout de la meme epoque; l’oeuvre 
est probablement contemporaine de la prec^dente et sortie du memo atelier. 



Joubin, Sculpt, gr. el rom., n° 22 ; — C. Watzinger, dans Magnesia am Maeander, 
p. 22(1-227, fig. 231 ;—S. Reinach, Ripertoire de la statuaire, II, 1897, p:800, 2(=IV, 
1910, p. 171, 4); — raentionnee par W. Amelung, Die Sculpturen des valicanischen 
Museums, I, 1903, p. 122 ; — pour la bibliographic de la dScouverte, cf. au n° pre¬ 
cedent. 

Photographies n°* 167, 186 (cettc Athena et la precedente sur une mfime plaque). 


553 (611) Statuette d’6ph6be. 

Magnisie du Meandre; trouvie dans la cour du prytaneion ; fouilles de Humann, 1890 T : 
entrie au mus<ie en 1893. 

Marbrc blanc ; le travail est moins poussi au revers ; manquent la t&te, les avant-bras 
qui dtaicnt rapporlis (mortaise et tenon aux joints), la jambe droite brisfie au dessus du 
genou, la gauche au dessus de la cheville, le membre viril (rapporte) ; quelques cassures 
aux plis de la draperie ; ce qui reste du bras droit est en deux fragments rajustrs; depdt 
terreux sur l’abdomen, la hanche et la cuisse droites, la draperie, les jambes: hauteur, 
0« 75. 



278 


N° M'>4 — GROl'PE DE DEUX ErOS 


Le corps, de formes encore molles et peu accusees, repose sur la jambe droite 
avec un 16ger dehanchement; la gauche est fleehie et 16g£rement ecartee ; le 

manteau, qui a glisse de l'epaule gauche, passe obli- 
quement sur le dos, couvre les cuisses et remonte 
en laissant voir les parties sexuelles pour s’enrouler 
autour de Favant-bras gauche, plie a angle droit; 
le bras droit est ecarte du corps et l’avant-bras etait 
tendu en avant. Les mortaises creusees sur lesepaules 
(une sur la gauche, deux sur la droite) semblent 
destinees a Finsertion de boucles de cheveux rap- 
portees. 

Sur le motif de la draperie — motif hellenistique 
frequemment employ^ a l’epoque romaine dans les 
statues imperiales et honorifiques — cf. E. Pfuhl, 
/. infra l., col. 2373 sq. ; — travail assez elegant, 
mais banal, probablement des premiers temps de 
l’empire. 

Joubin, Sculpt, gr. et rom., n° 81; — C. Watzinger, dans Magnesia am Maeander, 
1904, p. 211, fig. 217; — S. Reinach, Repertoire de la statuaire, IV, 1910, p. 387, 8 ; 
— E. Pfuhl, dans Pauly-Wissowa-Krebs, Real-Encyclopaedie, VII, 2 (1912), s. v° 
Har[ma]tios, col. 2377, 1. 44 sq. 

Photographic n° 1 83. 

554 (57, 58) Groupe de deux £ros jouant avec des coqs. 

Tarse ; la date d’enlree est inconnue. 

Marbre blanc; le travail est moins pousse au revers ; manquent le haut de l’aile droite de 
chaqueEros etl’objet oul’animal qu’ils tenaienl entre eux; sontrajustes :1a plinthe (brisde 
en trois; manque Tangle anterieur droit; la partie centrale, les extremitcs droite et gauche 
partiellement restaurees), la tete des Eros (ccllc de l'Eros de gauche en trois fragments ; 
restauration sur la joue droite), le bras gauche {en deux fragments) de celui de gauche, le 
bras droit (en trois fragments) de celui de droite, le bas de la jambe droite de ce dernier, 
ses deux pieds (son pied gauche en partie restaure avec la patte gauche de son coq), le coq 
de droite toutentier, la tete des deux coqs (manque la Crete du coq de droite ; celie du coq 
de gauche mutilee); arrachements sur le tronc d’arbre place derriere la jambe gauche de 
l’Eros de gauche; erosions sur le nez des deux Eros etsur le menton de celui de droite : 
marbre lustri. 

Traces de rouge brun sur les cheveux et les ailes des Eros et sur le plumage des coqs. 

Hauteur, 0” 515; hauteur de la plinthe, 0” 07 4 0” 09; longueur de la plinthe, 0” 773. 

L un des Eros — celui de gauche pour le spectateur — s’avance d’un pas 
decide, le corps de face, portant sur la jambe gauche et tout entier incline en 




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avant, les reins cambres. la main droite posee sur le cou d'un grand coq qui 
est a sa droite ; il sourit et tourne la tele vers son petit compaction ; celui-ci, 
de trois quarts a gauche, flechissant sur les jambes et se baissant pour mieux 
tenir un coq qui picore a sa gau- ; — 

che, redresse la tete vers le pre¬ 
mier, et tient, dans la main droite 
relevee, non pas uue torche, mais 
la queue d'un animal (aujourd’hui 
disparu), peut-etre un renard; le 
premier Eros, de la main gauche, 
tenait aussi I’animal dont le corps 
dtait rattache, directement ou par 
un tenon, au tronc d’arbre place 
derriere sa jambe gauche; un 
autre tronc d’arbre sert de sup¬ 
port a la jambe droite du second Eros ; — les corps sont nus, les formes 
rondes et potelees, les visages joulllus, selon le type ordinaire des Eros helle- 
nistiques et romains ; les cheveux sont courts el plaques, les yeux legerement 
incises. 

Sculpture decorative d’epoque romaine, probablement du u' siecle; le travail 
est vivant et d'assez bon style. 



S. Reinach, Cat., n 0! * 165 et 166; — Joubin, Sculpt, gr. el rom.. n° 1 ; — S. Rei- 
nacli, Repertoire de la statuaire, II, 1X67, p. 461, 6 ; - Ahmed Reftk bey. Iluyuk 
tarikh-i-oumouini (Histoire ginirale,c\\ lure , II, 1912. fig. p. .32. 

l’hotographie n” 158. 


555 (2162) me d’HermSs. 


Pet-game; trouvee, ainsi quo les quatre suivautes, aupied du mur de soutAnement du 
lemenos de DemtHer, dans le sable d’une citernc tardive (llepd.ng, l. infra I p. .-8 . 
fouilles delinstitul allemand d Athenes, campagne 1909 ; entree au nutsee cn 1910. 


Marbre blancA grains seri es et pen cristallins : revers ct s.mimet du crine Ires sommat- 
rement IravaiUAs: brisec A la base du cou traces dune morta.se 4 la assure : la t6K 
devait s’cncastrer dans une statue); pointe du nez, contour de 1 oreille droite ex ‘^" 1 lt d * 
I’ailette gauche mutilcs ; travail au trepan : hauteur, 0” 29 ; de la ractne des ihcicux au 
menton, 0 m 165. 


La tike, comme l'indique le mouvement du cou, devait etre legerement 




280 


N° 556 — t£te d'avgi ste 


inclinee vers l’epaule gauche ; le front est bas, divise par un sinus tres accuse 
et bombe dans sa partie inferieure ; l’arete sourciliere 
est vive, la paupiere superieure tres lourde, la glande 
lacrymale rendue avec une certaine insistance, le nez 
petit et droit, les levres separees par un sillon creuse au 
trepan, la levre inferieure partagee par une depression ; 
les cheveux sont courts ; au dessus du front, deux ailettes 
rabattues divergent; au revers, sur la nuque, est con- 
servee une masse de marbre restee fruste; — mediocre 
travail romain, peut-etre influence par quelques remi¬ 
niscences d’un type du v e siecle. 

II. Ilepding, Alhenisclie Mitteilungen, XXXV, 1910, p. 499 ; pi. XXIV, 1. 


Photographic n" 2032,4 gauche. 


556 (2165) T6te d’Auguste. 


Pcrgame ; trouvee en meme temps et dans les memes circonstances que la priccdente, 
entrie au musOe en 1910. 


Marbre blanc 4 grains serres et peu cristallins ; revers et soramet du cr4ne tres sommai- 
rement travaillds ; la tete s’encaslrail dans une statue ; intacte, sauf quelques Erosions sur 
le c6ti droit du cr&ne etde legeres mutilations sur l'oreille droite; presque toute la surface 
est recouverte d’une mince couche de concretions calcaires et a pris une teinte noire et un 
aspect grenu ; hauteur, 0 m 46 ; de la racine des cheveux au menton, 
0 “ 22 . 

L’empereur incline fortement la tete vers l’epaule 
gauche sur laquelle est conserve un pan du manteau ; 
M. Hepding a justement rapproche de la tete de Per- 
game celle de la statue d’Otricoli conservee au Vatican 
(Bernouilli, Roemische Iconographie, II, 1, pi. 3). 

II. Ilepding, Athenische Mitteilungen,XXXV, 1910, p. 500; 
pi. XXV, 1 et 2. 




Photographie n“ 2031, 4 droite. 



>° 538 — If IE Il'lN FEIlSIi.N.NAIIi: HE I.A MA1SIIN jniti-ClJUDIENNK 2SI 


557 (2161) Tfite d’Agrippine l’ancienne. 


Pcrgame ; trouvOc on memo temps et dans les mdmescirconstances que les n" 555 et 556 : 
entree au musee en 1910. 


Marbre blanc a grains srrrrs et peu cristallins ; le travail cst plus sonimaire an revers 
et au sommet du crane ; la tele s'eneastrait dans une statue ; elle est complete en trois 
fragments, savoir : toule la tele jusqu’4 la commissure des levres, levre inferieure et men- 
ton, cou et haut de la poitrine ; quelques mutilations a la pointe du nez et sur les boucles 
qui descendent le long du cou ; sept petiles mortaises sur le haut du cr4ne (pour une cou- 
ronne ; trois au revers du cou (pour le chignon,; une grande mortaisc sur la face inferieure 
(pour sccllcr la tctc dans le bustci; cheveux travailles au trepan: hauteur. 0“ 40;de la 
racine des cheveux aumenton, 0" 165. 


Elle est de face; le visage est d'un ovale un peu 
large ; les yeux longs, fendus en amande, sont inegaux 
(le gauche un peu plus grand que le droit) ; le nez est 
fin, avec une insensible courbure de l’arele ; la bouche 
petite et la ligne des levres gracieusement ondulee ; les 
bandeaux, sdpares par une raie, plats et arrondis en fes- 
tons au milieu du front, s’epnississent sur les cotes en 
petites boucles irregulieres qui couvrent les oreilles ; 
une boucle se detache derrierc chaque oreille et flotte 
librementsur le cou ; bon travail decoratif. 



II. Ilepding, Athenische Milleilungen, XXXV, 1910, p. 501-502 ; pi. XXVI, 2. 


Photographie n“ 2031, it droitc. 


558 (,2163) Tfite d un personnage de la maison julio-claudienne. 



Pergame ; trouviV enmeme temps et dans les memescirconslances 
que les n 0- 555-557 ; entree au musee en 1910. 

Marbre blanc peu eristallin; les cheveux, au revers, sontsommai- 
rement travailles ; la tete s'eneastrait dans une statue ; mutilee en 
bas, 4 la peripheric du cou, surtout en avant el 4 gauche; depot cal- 
caire et nombreuses traces de radicelles sur le cote gauche; erosions 
superficielles 4 droite. sur le pavilion de l'oreille et la region voisine 
des cheveux: hauteur, 0" 43 ; de la racine des cheveux au menton, 
0“ 185. 


Elle est legeremenl inclinee vers l'dpaule gauche et en 
arriere; le visage est large et rond, le front bas, l'arcade sourciliere tres accu- 



282 


N" 539 - TftTB d’ENFANT 


see, les yeux a fleur de tete (tres mollement dessines), le nez busque ; le 
menton osseux el saillant commence a se doubler d’un pli de graisse ; les 
cheveux, courts et plaques, sont coupes droits sur le front; une meche des¬ 
cend sur la tempe et avance sur la joue ; la ressemblanee du personnage avec 
le type julio-claudien est indeniable, mais toule denomination serait hasar- 
deuse. 


II. llepding, Alhenische MiUeilungen, XXXV, 1910, p. 500-501; pi. XXV, 3. 


Photographie n° 2031, 4 gauche. 


559 (2161) TMe d’enfant. 


Pergame ; trouvee en meme temps et dans les memos circonstances que les n"’ 555-558 ; 
entree au mus4e en 1910. 


Marbre blanc 4 grains serres et peu cristallins ; revers tres sommairement travaille; la 
tete s’encastrait dans une statue ; la partie gauche du cou rajustce (quelques lacunes au 
joint); cheveux mutilfis dans la region de l’oreille gauche; nombreuses traces de radicelles; 
leger d4pot terreux sur le menton ; mortaise rectangulaire sur la face inferieure ; sur la 
nuque, grande entaille oblongue, sans doute pour consolider la tete 4 la suite d’un acci¬ 
dent ; emploi modere du trepan; hauteur, 0 m 32 ; de la racine des cheveux au menton, 
0 m 16. 

Elle est inclinee et tournee legerement vers l’epaule gauche : visage rond, 
petit front bombe, nez delicat, releve insensiblement 
vers la pointe, levres finement arquees, entr’ouvertes 
un peu et souriantes, longs cheveux boucles, tombant 
sur les oreilles et le cou, et tresses sur le milieu du 
crane; une meche frise sur la tempe, qui se recourbe 
devant l’oreille droite et descend en serpentant devant 
l’oreille gauche ; l’execution est un peu dure, mais tres 
plastique ; l’ceuvre date probablement de la premiere 
partie du i er siecle ap. J.-C. 

II. llepding, Athenische MiUeilungen, XXXV, 1910, p. 499-500 ; pi. XXIV, 2. 



Photographie n° 2032, au milieu. 



V 560 — STATUETTE d'aCTEUII COMIQUE 


283 


560 (8j Statuette d’acteur comique ; pied de table. 

A'idin ; « c'cst... & Guzel Ilissar, la Tralles de I'ancicnnc Lydie, ecrit Maxime du Camp. 1. 
infra I ., que la slaluctte a ete trouvec, au mois de novembre 1*50. par de< ouvriers qui 
riparaicnt un mur de la maison du gouvcrncur: je m en rendis facilement acquereur, mais 
legouverneur de la ville, Osman efTVndi. apprit le marchc et me forca 4 rendre la statuette 
qu'il exp£dia 4 Constanlinoplc nu jc la rctrouvai plus tard et ou j'obtins I'autorisation de 
la mouler » (du Camp a donne 4 M. S. Reinach, Gazette archeologique, l. infra /.. une ver¬ 
sion du memc incident qui varie de cclle-ci par quelques details; cf. aussi 1 . 1 , introduction. 

p. Xl-XII. 

Marbre 14geremcnt bleute; le revers du pilier est epannele : le sommet cst creuse d'une 
mortaisc rectangulairc peu profonde. 

Traces de rouge brun sur le manleau et la ccinture. 

Hauteur totalc, 1” 085; dc la figure, 0” 1 795 ; du socle, 0“ 15 ; du pilier, 0“935. 

Place sur un socle arrondi en avant el profile haul el bas, adosse a un pelil 
pilastre lermine par un corps de moulures, un acleur esl deboul. 
le corps porlant sur la jambe gauche, la droite croisee devanl la 
gauche ; il est vein d’une lunique a manches et d’un long manleau, 
pose de biais sur l’epaule gauche et le cote droit, et serre sur 
l'abdomen par une epaisse ceinturesur laquelle reposent ses mains 
croisees ; la tele est recouverte lout entiere d’un masque comique 
par les ouvertures duquel apparaissent les yeux incises et la 
bouche large et maussade du personnage ; les cheveux de la per- 
ruque debordenl sous le masque ; — les proportions du corps 
soul demesurement allongees pour s'adaplcr it cellos du pilier, le 
dessin des jambes tres incorrect (la droite parait s’altacher au 
mime endroit que la gauche), le travail Ires mediocre, sauf sur le 
masque qui est traile avec un certain soin ; — sculpture decora¬ 
tive d’epoque romaine. 

Goold, Cat.. n° 20; — S. Reinach, Cat., n° 36 ; cf. p. 88 ; —Joubin, Sculpt, gr. et 
rom., n" t ; — M. du Camp, dans le Dictionnaire de l'Academic des Ijeaux-arts, I, 

1838, s. v° acleur, pi. 31 4 la p. 230 ; — S. Reinacti, Gazette archeotogique, VIII, 
1883, p. 230-238; pi. 13 ; Repertoire de la staluaire, II, 1897, p. 338, 1 ; — G. Flaubert, 
Notes dc voyages, II, 1910 [pnru en 1912’, p. 43 (dans les UEurres completes, edition 
L. Connrd, Paris). 

Photographic n* 1708. 





284 


N° 562 - T&TE DE CHEVAL 


561 (34) Hermes de Dionysos. 


Provenance et date d’entree inconnues. 

Marbre blanc 4 grains serres et peu cristallins; revers pique; manquent les tenons lat4- 
raux du fiit; nez et levres mutiles; surface de la tete usee ; concretions calcaires sur les 
cheveux et la guirlande; base modernc; grande mortaise rectangulaire peu profonde sur 
la face superieure du pilastre ; hauteur totale au dessus de la base, 0 m 80 ; 
de 1’hermes, 0” 705 ; de la tete, 0" 125. 

L'hermes, surmonte d’une tete de Dionysos jeune, aux longues 
boucles flottanles et couronne de lierre, est adosse a un petit 
pilastre dont le sommet s’eleve non pas derriere mais sur sa tete, 
et s'evase comme une sorte de calathos en forme de pyramide ren- 
versee; les yeux sont legerement incises par un petit trou creuse 
avec une pointe fine; l’ensemble servait sans doute de support a 
une table; — travail ordinaire, peut-etre hellenistique. 

S. Reinach, Cat., n° 81 ; — Joubin, Sculpt, gr. ct rom., n° (03. 
Photographie n° 2164, 5 gauche. 


562 (398) Tete de cheval. 

Provenance inconnue; d’apres M. Joubin, cette tOte de cheval avait etc envoyee du 
palais imperial en 1888. 

Marbre blanc 4 gros grains cristallins ; brisde a mi-hauteur de l’encolure; manquent les 
oreilles,la touffe de crins placee entre elles,les parties tlottantes de la bride. 

Traces evanides de rouge brun. 

Hauteur, 0” 38. 

La criniere, rigide et detaillee par inci¬ 
sions, est encore traitee a la maniere ar- 
chaique, mais le modele de la boite cra- 
nienne parait denoter une epoque plus 
avancee ; les dents sont visibles et separees ; 
une touffe de crins descendaiten serpentant 
sur le front; le harnais comprend, outre les 
pieces ordinaires, un montant qui s'attache 
au milieu du frontal et se termine, au des- 
sous de la muserolle, par un ornement en forme de feuille de lierre. L’exe- 






N° :*H4 - Al'TEL CIRCL'LAIRE 


28 ." 

cution est un pen moins poussee sur le cote gauche tie la tele qui etait sans 
doule deslinee a elre vue de proiil a droile notre figure la donne dans la posi¬ 
tion inverse qui est celle du cliche photographique) ; — bon travail, probable- 
ment du v e siecle av, J.-C. 

Joubin, Sculpt, gr. el rom., n° 3t. 

Photographic n° 165 (profit a gauche . 


563 (36) Pied droit colossal. 


La provenance Chypre, indiquee parM. S. ltcinacli, nous parail exlremcment douteuse ; 
l’invcntaire l’ignorc ; la date d’cnlrec est inconnue. 

Marbrc blanc k gros grains cristallins; brise sur le gras du mollet ; arrachcmcnls sur 
toutc la hauteur du revers; restc unc partic de la plinthe ; manquent le talon, qui itait 
colli, ct le bas da la draperie rapporle dans deux mortaises ; le pros orteil motile ; hauteur, 
O’" 565, dont 0 m Oi pour la plinthe. 


II appartient k un personnage qui s’avanfail d'un pas rapide vers la gauche; 

il ne porte que de la pointe, le talon est releve tres haut; 
la jambe, inclince dans le sens de la marche, est cou- 
verte, jusqu'a la cheville, d'une draperie qui retonibe en 
plis lourds sur la plinthe ; la sandale, a senielle souple, 
est fixee par des eourroies qui passent, entre les deux 
premiers orteils, dans un coulant delicalemenl cisele; — 
l’aspect du revers perinetlrait de croirc que ce fragment 
provient d’un haut relief ; bon travail d’epoque hellinis- 
tique. 

S. Reinach, Cal., n° 3S4. 

Photographic n° 2164, & droile. 


564 (122) Autel circulaire. 


Provenance el dale d’entrie inconnucs. 

Marbrc blnnc ; brise en deux endroils sur le bord superieur; l'une des deux cassures 
pivsente des contours riguliers, comme si la partie manquaulc avail 614 rapportee; la 
moitii environ de la moulure inferieure est bris6e: toulcs les tiles sont brisees ou 
informes cl les corps ont soulTert de nombreuses et profondes mutilations ; quelques par- 




286 


V’ 564 - AUTEL CIRCULAIRE 


ties sont couvertes d’une croflte de ciment; les trous de sccllemcnt encoi’e rcmplis de 
plomb, creuses sur la face superieure, sont modernes; hauteur, 0“ 665 ; diametre superieur, 
0" 585; hauteur du champ sculpts, 0" 50. 

Autel circulaire profile haut et bas ; a la partie superieure, guirlandes sus- 
pendues a des bucranes osseux, pares d'infulae pendantes ; dans la concavite 
des guirlandes, alternativement une rosette et un medaillon circulaire; au 
dessous, sont representes les preparatifs d’un sacrifice offert par des Eros a 
une divinite; celle-ci, sans doute Tyche (ou Aphrodite-Tyche), vetue d’une 

tunique serree sous les seins et d’un 
manteau qui lui couvre les jambes, 
est assise, de trois quarts a gauche, 
sur un rocher ou elle s'appuie de la 
main gauche, el tient, de la main 
droite, une grande corne d’abondance 
remplie de fruits ; devant elle (a gau¬ 
che pour le spectateur), un autel cylin- 
drique, sur lequel brule une flamme ; 
un petit Eros, de profil a droite, y de¬ 
pose un objet peu distinct, probable- 
ment les tnrXayyva de la victime; der- 
riere 1’autel et a gauche, deux grandes 
torcheres sont allumees (haute tige 
cannelee, evasee a son extremity, et 
cerclee, de distance en distance, de 
collerettes desquelles divergent des appendices recourbes en volute); au dela, 
un Eros, de trois quarts a gauche, dresse .sur la pointe des pieds, la main 
gauche a la hanche, remplit les fonctions du tubicen sacrorum et souffle dans une 
trompette ; le reste du champ est occupe parun cortege qui comprend: en tete, 
deux firos qui s’avancent vers la droite, portant ensemble un grand plat au 
dessus de leur tete; puis deux firos isoles, qui marchent dans le meme sens, 
tous deux tres mutiles, l’un tenant le manche d’un objet indistinct, l’autre 
portant sur le dos deux cornes d’abondance nouees par une double bandelette 
qu’il tient de la main gauche ; derriere lui, un autre firos, de profil a gauche, 
cherche a entrainer un pore qui resiste et que semble pousser du genou droit 
un dernier firos, debout sur le pied gauche et portant sur sa t6te un large pla¬ 
teau charge de fruits ; — bon travail decoratif d’epoque hellenistique. 



S. Reinach, Cat., n° 159; — Joubin, Sculpt, gr. etrom., n° 109. 


Photographies n” 1761, 7V’" et 35 (ces deux dernieres sont des cliches d’ensemble pris 
autrefois dans le Tchinili kiosk et donnant deux aspects de I’autelquiscrvaitalors de base 
a 1’Artemis de Metelin, n° 533). 



N° 566 - TABLE DE MESLKES 


287 


565 (2.76) Table de mesures. 


Assos ; fouilles de 1'institul archcologiquc amcricain; trouvee au dcssous de Pagora; 
entree uu musec en 1883. 

Marbrc blanc ; face infericure soigneuscmenl dressce; Ics recipients de bronze et les 
tuyaux out disparu, sauf un fragment de tuyau conserve dans l'cmissaire de la seennde 
cavite ; petite mortaise circulaire sur la moulure de l'arete droite de la tranche anterieure : 
hauteur, 0" 12 ; longueur du grand cote, 0" 31; du petit cote, 0" 1 i. 

Dalle rectangulaire, enendree d’un listel uni et prolilee sur sa tranche ante¬ 
rieure ; elle est partugee en deux registres par un bandeau large et peu saillant, 
parallele a ses longs cotes; de ces deux registres, l’un presente quatre cavites 
circulaires, de grandeur d6croissante, bor- 
dees d’un bourrelet et destinees a recevoir 
les recipients de bronze d’ou le liquide s’e- 
chappait par dcs conduites debouchant sur 
la tranche anterieure de la dalle ; 1’autre 
presente unc fente dtroite qui s’elargit sur 
la face inferieure en une cavite profonde 
de 0 m 06 a0"' 07, et large de0 ,n 09 X ""'09; 
e’est par la que le debilant glissait l'argent 
qui tombait dans une caisse placee sous la 
dalle. Un autre secoma d’Assos, aujourd’hui a Boston, est publie par M. F.-B. 
Tarbell, American journal of archaeology, VII, 1891, p. 410-143, et par 
Clarke-Bacon-Koldewey, I. infra p. 73, et lig. 1, p. 71 ; — sur les seco- 
niata, cf. en dernier lieu lit. Michon, dans Saglio-Potlier, Diclionnaire des 
anliguiles , IV, 2, s. v° sekoma, p. 1176 sq.; W. Deonna, Ilecue des eludes 
anciennes , XV, 1913, p. 167 sq. (qui, au n" de sa lisle, ne distingue pas 
noire exentplaire de celui de Boston). 

Joubin, Sculpt, yr. et rom., n° l3t) ; — S. Roinach, Ilecue archeologigue, 1883, II, 
p. 203 ; Chroniques d'Orient, I, p. 33 ; — Clarke-Bacon-Koldewey, Invcsliyalions 
at .lssos, part I, 1902, p. 73, fig. 26. 

Photographic n° 1751. & gauche. 



566 (i 10) Table de mesures. 


lircsos (tic do Melelin! ; dccouvertc cn 1885 dans les ruines de l’eglise Samt-Andrc, par 
M. Koldcwcy et dcposce par lui k l'ceole du \ illagc ; ellc pa rail avoir passe ensuite dans la 
collection de Kahri bey, gouverncur dc l ilc, el avoir etc acquise par le inusce — ou elle 
est entree cn 1800 — avec l'cnsembtc dc ccttc collection. 




288 


N° 567 - TABLE DE MESURES 


Marbre blanc; face infericure dressee : brisee en deux et rajustce par un crampon de 
fer; manquenl les recipients de bronze et les tuyaux qui leur scrvaient d’cmissaires; 
nombrcuses erosions superficielles ; surface grenue : hauteur, O'" J2; longueur du grand 
cote, 0” al; du petit cote, 0 m 39. 


Dalle reetangulaire ; la tranche anterieure est mouluree (de haut en bas : lis- 
tel, denticules de tres faible relief, quart de rond, listel) ; les faces laterales 
presentent, haut et bas, un petit profil; celle de droite est ornee, pres de 
Tangle anterieur, d'un oiseau (perdrix?) qui picore une branche feuillue ; a 
Tangle correspondant dela face gauche, un dauphin, la tete en bas; — la table, 

limitee par un cadre moulure, est partagee 
en deux registres par une moulure plate pa¬ 
rallel aux longs cotes ; sur le registre ante¬ 
rieur, sont creusees quatre cavites inegales, 
trois circulaires et une demi-cylindrique, 
dans lesquelles s’inseraient des recipients de 
bronze ; Torifice, par ou le liquide s’ecou- 
lait, est pratique sur le quart de rond de la 
tranche anterieure; — le second registre 
est divise en trois par deux petits corps de moulures perpendiculaires aux 
longs c6tes; le panneau central, profondement erode, semble etre reste vide; 
dans celui de droite, est sculptee une cavite, formant un plat circulaire a trois 
anses horizontales; dans celui de gauche, un plat reetangulaire dont Tun des 
petits cotes decrit une sorte d’accolade; ces deux plats presentent un orifice qui, 
creuse sous la partie du bord la plus rapprochee de la moulure qui divise la 
table en deux registres, passe sous cette moulure et debouche sur le registre 
anterieur; ils n’etaient pas destines a recevoir de recipient en bronze. 



Joubin, Sculpt, gr. et ram., n° 140 ; — R. Koldewey, Die antiken Baureste der 
Insel Lesbos, Berlin, Reimer, 1890, p. 26, fi g.F; — Xh 1890, n° 4096; — 

S. Reinach, Revue archiologique, 1890, II, p. 246; 1892, I, p. 149; Chroniques 
d'Orient, I, p. 697 ; II, p. 85; — Athenische Millheilungen, XV, 1890, p. 353 ; — 
American journal of archaeology, VI, 1890, p. 552 ; — W. Deonna, Revue des 
Hudes anciennes, XV, 1913, p. 168, n° 13 (— le n° 17 de la meme liste). 

Photographic n 0 1751, 4 droite. 


567 (703) Table de mesures. 


Andrinople ; trouvee par hasard ct envoyce par le marechal commandant le deuxieme 
corps d’armee ; entree au musee en fevrier 1895. 


Marbre blanc; plusieurs fragments recolles; quelques lacunes aux joints; la face infe- 



N° 569 — TABLE DE MESURES 


289 


ricure presente des inegaliUs correspondant k la profondeur variable des cavites ; manquent 
les recipients de bronze; hauteur gur la tranche, 0“ 055; longueur du grand cote, 0" 665 : 
longueur du petit cote, 0" 295. 


Dalle oblongue encadree d’un bourrelel et creusee de treize cavites coniques, 
disposees sur deux rangs — six et 
sept — et decroissant de grandeur, 
sur le premier rang de droite a gau¬ 
che, sur le second de gauche a droite; 
le liquide, qu'on versaitdans des re¬ 
cipients de bronze, aujourd'hui per- 
dus, s’dchappait par un trou perce au 
fond de chaque cavite ; — sur le champ, entre le premier rang et le bord ante- 
rieur, est sculple en faible relief un lion coupe a mi-corps, bondissant vers la 
gauche. 



S. Ueiuach, lteuue archeolu/jir/uc, 1895, 11, p. 345, H 1 ; (',hronii/ues dOrient, II, 
|). 451, tl° ; — American journal of archaeology, XI, 1890, p. 5UU-510, tl°; — 
\V. Deonna, Hevue des etudes anciennes, XV, 1913, p. 107, n° 7. 

Photographic n* 1751, an milieu. 


568 '2210) Table de raesures; fragment. 


Provenance et date dentree inconnucs. 

Marbrc blanc; brisee sur deux cotis ; surface noircie ; hauteur, 0“ 09 ; longueur maxima 
du grand cote, 0 m 315 ; du petit cold, 0“ 215. 


Angle anlerieur gauche d'une table a deux registres; il reste deux cavites 
circulaires, avec leur emissaire sur la tranche anterieure, et partie d’une troi- 
sierne. 


569 (22 U) Table de mesures ; fragment. 


Provenance et dale d entree inconnucs. 

Marbre blanc ; brisee sur deux cotes; surface noircie ; hauteur, 0“ 06: longueur maxima 
du grand cold, 0“ 115 ; du petit cote, 0“ 11. 


Angle ant^rieur gauche d’une table de mesures; il reste une cavit6 circulaire 
complete avec son emissaire sur la tranche anterieure, et une seconde mutilee. 

19 




290 


,\ u tm 


STELE DE RROXEME 


570 (580) Fragment d’une grande stdle fundraire attique. 

Collection Radowitz; cntrc au musee en aout 1892. 

Marbre pentelique ; brisd de toutes parts; erosions 4 lexlremite du nez de l’homme et 
sur l’oeil ducheval; hauteur maxima actuclle, 0” 435 ; largeur maxima, 0“ 71; epaisseur 
maxima du fond, 0“ 08; hauteur de la tete du vieillard, 0“31. 

II ne reste a gauche qu’une tete de cheval (profil a droite) d’un relief un 

peu tourmente, mais tres 
beau ; sur l’encolure flotte un 
pan de draperie qui apparte- 
nait a un personnagedebout; 
a droite, l’admirable tete d’un 
vieillard qui etait represente 
assis (le buste etait nu, un 
manteau jete sur le dos): 
tournee de trois quarts a gau¬ 
che, le front haut et degarni, 
les cheveux courts, la barbe 
longue, le nez legerement busque, l’oeil profondement enfonce sous l’arcade 
sourciliere ; — portrait idealise dans le plus beau style des steles attiques du 
iv® siecle. 



Joubiu, Sculpt, gr. et rom., n° 144; — A. Conze, Die altischen Grabreliefs, II, 
1900, n° 774, p. 166; pi. CXLIX. 


Photographic n“ 300. 


574 (35) Stele de proxdnie en faveur d’un citoyen de Panticapde. 


Cyzique; apportee au musee par Goold en 1869. 


Marbre blanc 4 grains serres et peu cristallins; tranches laterales finement piquees; 
brisee en bas, au dessous de la quatri4me ligne de l'inscription de la face anterieure ; les 
quatre angles sont mutiles ; les profils supiSrieurs des tranches laterales presque complete- 
ment rabattus, ceux du revers tres endommag6s, ceux de la face principale plus 14gere- 
ment erodes ; la face superieure presente, 4 droite, les traces d’un scellement dont la des¬ 
tination est incerlaine ; deux aulres, pratiques vers lebas des faces laterales, devaient etre 
places trop haul, quand la stele dtait complete, pour avoir pu servir 4 la fixer; il semble 
done que, des l’origine, le monument 4tait compose de deux pierres superposees : ainsi 
s’explique, d’une part, faspect x-egulicr qu’a garde, en certains endroits, la face inferieure, 



N° o*i — STELE DE PROXEME 


291 


et, d’autre part, que l’ardtc iuferieurc. abstraction faite des Erosions superficielles, n’en- 
tame jamais une ligne de l’inscription (ce qui serait etrange si la cassurc etait acciden- 
lelle) ; scellcc sur une base moderne; hauteur, 0” 325 ; largeur, 0“ 175 ; epaisseur, sur le 
champ, 0“ 125 ; sur le profil superieur, 0“ 175 ; diametre du medaillon, 0" 21 : hauteur des 
lettres, [],. 0“ 015 ; (2 ; 0"04 l'c initial, 0“ 05 ; les 5, 0“07 . 


Stele rectangulairc, couronnee par un profil qui tourne sur les tranches 
laterales et comprend (de haut 
en bas) un listel uni, un rang 
d’oves et un cordon de petites 
perles, d’un travail tres deli- 
cat; — au dessous, dans un 
medaillon circulaire, ereus6 a 
0 UI 023, est sculptee une tete 
de Pan, profil 4 droite ; la 
designation, reconnue par M. 

Lechat des 1889, ne peut 
preter a aucun doute : le dieu 
a les longues oreilles pointues 
qui apparaissent parmi les 
meches irr6guli4res d’une 
longue chevelure hirsute et 
rejet^e en arri&re, une barbe 
frisee, des moustaches tom- 
banles, le front ride et bombe 
4 la partie inferieure, le nez deprime a la racine, releve et 4pale a la pointe ; 
autour du cou, estpass£e une n^bride, nouee par les patles sur la poitrine et 
nettement caracteris^e par de petites dentelures indiquees sur les bords. Au 
dessous du medaillon, une inscription mulilee : 

(l) [“ESjs^sv trjt [Sou/,?/, xat -S>i 

[’A0]njv«to? 4[77Sj]Ta"si' yv«o[ay; -:w[v...] 

. ipysvvaiv . 

.ava-;',ia['ia'..j 



Ce petit monument — qui a doune lieu autrefois aux interpretations les 
plus extravagantes — rentre dans une serie, aujourd’hui bien connue, des¬ 
criptions honorifiques ou de decrets de proxenie qui portent, comme decora¬ 
tion, les « armes » de la ville natale du beneficiaire (on en trouvera de nom- 
breux exemples dans les m6moires de MM. Lechat, Perdrizet, Wilhelm, 
II. infra II .); ici, le citoyen honors etait originaire de Panticapee ; les mon- 








292 


N° o71 - STELE DE PROX^NIE 


naies de cette ville, au iv® siecle, presentent a l’avers une tete de Pan dont le 
type a certainement servi de modele au sculpteur de notre relief (cf. British 
Museum, Cat. ofgreek coins, The tauric Chersonese,... Thrace, etc., p. 4-5, 
n 03 2 et 8). De la composition du motif, place dans un medaillon en creux — 
composition assez rare et qui provient peut-etre du souvenir meme de la 
monnaie — on rapprochera celle d’une autre stele de Cyzique, decouverte et 
publiee par M. Hasluck, pr. 1. infra l., p. 38, n° 62 ; alt. 1., p. 263, n° 3, 
vignette du tilre. 

Le travail est rapide, mais de bon style, expressif et vivant, et date encore, 
tres probablement, du iv® siecle av. J.-C. 

A l’epoque romaine, le revers de la stele a ete utilise pour une autre ins¬ 
cription ; on a sculpte, a la parlie superieure, une moulure semblable a celle 
de la face principale, mais d’un mauvais travail et d’une technique diflerente 
(emploi du trepan); au dessous, a ete gravee, en beaux caracteres a apices 
qui semblent de l’6poque des Severes, la formule d’un oracle rendu par Apollon 
didymeen : 

(2) 'Iwxap^oOvTs; T. | KX. Eupivou? | yjpwo?, y i pr,a\i'oq | eTefavvjtpspwv | 
ev expyjffsv auxoi? | ’AitoXXwv ev At]>2fSui*ets?l 


Goold, Cat., n° 17 ; pi. a la p. 20, k droite; — S. Reinach, Cat., n° 163 ; — Joubin, 
Sculpt, gr. et rom., n° 114; —J. II. Mordtmann, Athenische Mittheilungen, VI, 
1881, p. 121, n° 3 (cf. ibid., X, 188S, p. 202, n° 14); — J. Euting, Sitzungsberichte 
der kgl. preussischen Akademie der Wissenschaften, 1887, p. 418, n° 122 [a public 
l’inscription de la face principale comme provenant de Palmyre !]; — H. Lechat, 
Bulletin de correspondance hellenique, XIII, 1889, p. 514-319; pi. IX, 3 droite ; — 
S. Reinach, Revue archiologique, 1889, I, p. 320; 1890, I, p. 279-280; II, p. 257, 
note 2 ; Chroniques d'Orient, I, p. 634 ; — L. R. Farnell, Journal of hellenic 
studies, XI, 1890, p. 201; — O. Kern, Athenische Mittheilungen, XVIII, 1893, p.358 ; 
— P. Perdrizet, Bulletin de correspondence helUnique, XX, 1896, p. 549; XXI, 1897, 
p. 578 ; XXIII, 1899, p. 350 [cf. Th. Homolle, ibid., p. 377] ; Numismatic chronicle, 
3 e serie, XIX, 1899, p. 3 ; — K. Wernicke, dans Roscher, Ausfuehrliches Lexicon der 
griechischen und roemischen Mythologie, III, 1 (1897-1902), s. v° Pan, col. 1430; — 
B. Pick, Die antiken Muenzen von Dacien und Moesien, I, 1898, p. 139; — F. 
W. Hasluck, Journal of hellenic studies, XXIV, 1904, p. 39; Cyzicus, 1910, p. 263, 
n° 2 ; — A. Wilhelm, Wiener Jahreshefle, IV, 1901, p. 65-66, note 43; Klio, V, 
1905, p. 299 ; — B. Haussoullier, Etudes sur Milet et le Didymeion (Bibliotheque de 
l’ecole des hautes etudes, t. 138), 1902, p. 223. 

Photographies n" 53 (24 x 30), 1544 (face et revers sur une meme plaque, 18 X24). 



N° '>72 - RELIEF C h£L$NE ET I.ES DIOSCURES 


293 


572 (77) Relief: H616ne et les Dioscures. 


Provenance et date d'cntrce inconnues ; l'indication Salonique, donnee par l inventaire 
ct par XI. Jouhin, paralt suspectc, puisquc lc catalogue de M. S. Heinach ne la connait pas. 


Marbrc blanc ; revers retaille ; faces laterales finement piquees; la gauche prdsente deux 
fasces vcrticales en saillic l’une sur l'autre ; arete superieure endommagee ; manque la tete 
d’Hilcne; cclles des Dioscures sont mutilees, tousles traits du visage emportes; nom- 
breuscs Erosions plus ou moins profondes ; l'epiderme du marbrc a passe, sous Taction 
du feu, au noir ct au jaune brun ; hauteur, 0 m 65 ; largeur, 0“"T> ; epaisseur, 0” 085 ; 
hauteur des figures, 0" 535. 


Dalle reclangulaire sans decoration architectonique ; plinthe saillante & la 
partie inferieure ; — au milieu, Helene est representee debout, le corps de 
face et reposant sur la jambe droite, la gauche 6cartee et legerement flechie, le 
pied ne portanl que de la plante ; vetue d’une tunique longue et drapee dans 
rhimation, chaussee de hot¬ 
lines de cuir souple, elle pose 
la main gauche sur le sein 
gauche et, de la droite bais- 
see, pince un pli du manteau, 
d’un geste ou Ton peut voir 
unc reminiscence du motif ar- 
chai'que; it ses cotes, les Dios¬ 
cures se tiennent debout de- 
vant leur cheval tournd de 
profit vers le dehors (on ne 
voit, de l’arriere-train du 
cheval de gauche, qu’un sa¬ 
bot en Ires faible relief, de 
celui du cheval de droite, que la naissanee de la croupe et le has d’une 
jambe ; les crinieres sont courtes el detaillees par de fines incisions ; le 
motif rappelle celui qui reparait souvent aux angles des sarcophages d'epoque 
romaine ; les deux heros sont dans une attitude presque identique ; buste de 
face, jambe droite d’appui, la gauche ecartec et tendue, le pied ne touchant que 
de la pointe, la tete, coiflee du pilos, tournee vers leur sieur ; un manteau, jete 
sur l’epaule gauche, s'enroule aulour de leur avant-bras gauche ila main se 
place, chez celui de gauche, un pen au dessous, chez celui de droite, a hauteur 
du pli de l’ainc) et retombe le long de la cuisse, laissant nu tout le corps ; 
seule l'attitude du bras droit diflere legerement : le Dioseure place a la droite 
d'H61ene tient son cheval par la bride; l'autre releve la main vers la tete : 
geste denue de toute signification, et qui ne doit s’expliquer, semble-t-il, que 





29 i N° S73 - RELIEF : ARTfiMIS ET NIKfi 

par le desir de rendre cette figure plus semblable a l’autre et de permettre au 
sculpteur d'employer pour toutes deux un meme poncif ; — pour le style et 
la date du relief, cf. au n° suivant ; M. Perdrizet, l. infra l., a etudie les 
representations de ce type et en a groupe un certain nombre ; cf. en outre, 
Bulletin de correspondance hellenique, XVI, 1892, p. 440, n os 87-88; XXVI, 
1902, p. 223 ; Archaeologisch-epigraphische Miltheilungen aus QEsterreich- 
Lingarn , XX, 1897, p. 79. 

S. Reinach, Cat., n° 240 ; — Joubin, Sculpt, gr. et rom., n° 121 ; — P. Perdrizet, 
Annual of the british school at Athens, III, 1896/7, p. 160 sq. ; pi. XIII b. 

Photographie n° 304. 


573 (78) Relief: Artemis et Nik6; un Dioscure. 

Provenance et date d’entree inconnues (cf. au n° precedent). 

Marbre blanc; le revers, dressd et poli, presenle, vers le tiers infdrieur, les traces d’un 
profll recemment rabattu (ce profil provient sans doute d’un rdemploi de la pierre qui aura 
<Rd maijonnde, la face tournee vers le dedans) ; tranches laterales soigneusement piqudes ; 
la tranche superieure, 4 ses extremitds, est entamee par un redent peu profond, simple 4 
droite, 4 deux dcgrds 4 gauche ; manque l'avanl-bras droit d’Artemis ; tous les visages 
indislincts ; nombreuses erosions superlicielles ; plinthe mutilde 4 l’extrdmitd droite ; la 
surface du marbre, recouverte par endroits d’une croute deciment, a passe au jaune brun 
sous l’action du feu ; deux mortaises rcctangulaires pour goujon sur la face supdrieure : 
hauteur, 0 m 675 ; largeur, 0”78 ; epaisseur, environ 0“075 (elle diminue regulidrement vers 
le haut) ; hauteur des figures : Artdmis, 0”52 ; le Dioscure, 0“ 515 ; Nikd, 0” 505, 

Dalle rectangulaire semblable a la prdcedente ; — au milieu, Artemis est 
debout, reposant sur la jambe droite, la gauche ecartee et tendue, le pied ne 
touchant que de la pointe, la tele tournee a droite ; les cheveux, partages par 
une raie, forment sur le front deux larges bandeaux, d’une execution tres 
poussee, qui couvrent les oreilles ; elle est vetue d’une tunique courte a petit 
colpos retombant sur une ceinture invisible; le manteau, dont un pan descend 
de 1’epaule gauche, est roule autour de la taille ; de la main gauche, plac£e a 
hauteur de la hanche, elle tient un grand arc dont la corde est indiquee plas- 
tiquement, et, relevant la droite, elle tirait une fleche du carquois dont l’ex- 
tremite apparait au dessus de l’epaule droite ; elle est chaussee de haules 
endromides a revers decoupes en pointes ; a sa gauche, une Nike archaisante 
aux longues ailes baissees, un peu plus petite que la deesse, s’avance sur la 
pointe des pieds (le droit en avant), ^levant de la main droite une couronne 
au dessus de la tete d’Artemis et tenant, de la gauche baissee, un trophee d'un 
type assez rare (le torse n’est pas cuirasse, mais drap6 dans une tunique a plis 
menus, serree a la taille; la tete, coiffee d’un casque a timbre rond) ; elle est 



N° :>73 — RELIEF : ARTEMIS ET NIKE 


295 


vetue d’un long peplos transparent, qui decouvre l'epaule et le sein droits, et 
dont 1’etolTe forme, entre les jambes qui semblent nues, une large masse 
triangulaire, animee de quelques plis recourbes ; un etroit mantelet, jete sans 
doute sur le dos, retombe sur l’avant-bras et derriere la jambe gauche, en un 
Hot r6gulier, strie de lines incisions et termine par une large queue d’aronde; 
le traitement des cheveux temoigne de la memo recherche d’archai'sme : serrcs 
par une mince couronne 
annulaire, ils forment sur 
le front et les oreilles un 
bandeau ondul£ et se rele- 
vent en catogan sur la nu- 
que; ils sont minutieuse- 
ment detailles par de d61i- 
cats sillons qui, sur le 
crime, rayonnent du ver¬ 
tex ; — k la droite d’Art£- 
mis, dans la meme alti¬ 
tude etpresque de la meme 
taille qu’elle, se lient un 
guerrier, sans doute l’un 
des Dioscures, auquel l’au- 
tre pouvait repondre sur une plaque perdue : chausse de bottines de cuir 
souple a tige montante [corriger sur ce point notre figure], vetu d’une tunique 
etd’unecuirasse & cotte, il porte, sur l’epaule gauche, un manteau qui s’enroule 
autour de l’avant-bras baisse el tombe le long de la cuisse ; de la main gauche, 
posee au dessous do la hanche, il tienl, entre le pouce et 1'index, une jave- 
line qui ressemble k une mince baguette, et, de la droite, la bride de son 
cheval, tourne de profil vers le dehors et dont l’arriere-train apparail en tres 
faible relief sur le fond, entre le heros et la ddesse. 

Cette plaque et la pr^cedente proviennent manifestement d’un meme 
ensemble; on a suppose qu’elles appartenaient aux petits cotes d’un sarco- 
phage — hypolhese peu vraisemblable, car, d’une part, le travail y est beau- 
coup plus minutieux et plus delicat qu’il ne Test d’ordinaire sur les sarco- 
phages, et, d’autre part, elles ne portent aucune de ces traces de rupture ou de 
sectionnement artificiel qui manquent rarement sur des dalles provenant dp 
cuves reemploy^es (en particulier, au n° 573, la tranche superieure, bien 
conserv^e, ne laisse rien reconnaitre d’une feuillure ravalee) ; nous croirions 
volontiers qu’elles proviennent de quelque decoration int^rieure. Le marbrier 
qui les a sculplees (toutes deux sont certainement de la meme main) etait un 
« n^o-attique » de second ordre, ne disposantque d’un petit nombre de poncifs, 
les utilisant k toutes fins — c’est le meme qui a servi pour les deux Dioscures 




296 N° 874 - RELIEF EN L’HONNEUR D’EURIPIDE 

du n° 572, le Dioscure et Artemis du n° 573 — et melant sans raison aux 
figures de style fibre les figures de style archai'sant (le meme melange se retrouve 
sur le vase de Sosibios, et plus heureusement justifie, au n° suivant); le travail, 
autant qu’on en peut juger en l’etat actuel et malgre le soin minutieux avec 
lequel sont executes certains details, etait lourd et vulgaire, denue de cette 
elegance legere et de cette distinction un peu affectee qui font presque tout le 
merite et le charme des oeuvres de ce groupe. 


S. Reinach, Cat., n° 242 ; — Joubin, Sculpt, gr. el rom., n° 122 ; — P. Perdrizet, 
Annual of the british school at Athens, III, 1896/7, p. 159; pi. XIII a. 

Photographie n° 305. 


574 (1242) Relief en l’honneur d’Euripide. 


Ancienne collection Misthos, de Smyme ; achete dans cette ville 4 l’agence de la banque 
impiriale ottomane; entre au musee en 1900. 


Marbre blanc 4 gros grains cristallins ; le revers, tris soigneusement dressi en son etat 
actuel, a iti retaille; tranches latei'ales frustes; tranche superieure dressee pris de 1'arOte 
anlirieure; manquent l’angle inferieur gauche avec les pieds de la Scene, les orteils du pied 
gauche d’Euripide, le sceptre de Dionysos; plinthe saillantc en bas; sur l arete superieure, 
deux mortaises pour crampon entamant le champ du relief; vers l’extremitc gauche de la 
tranche superieure, petite mortaise pour goujon ; hauteur, 0” 60 ; longueur, 0" 685; epais- 
seur, 0" 055 4 0“ 07; hauteur d’Euripide, 0“ 37; de Dionysos {au dessus de son socle), 
0“ 415; du socle de Dionysos, 0 m 08; de la Seine, 0 m 425; de la plinthe, 0" 055 ; saillie de la 
plinthe, 0” 065; lettres de 0” 02. 


Dalle rectangulaire sans decoration architectonique; —au milieu, Euripide, 
sous les traits traditionnels du poete (longue chevelure tombante, barbe epaisse, 
front degage), est assis, de profil a gauche, sur un fauteuil a dossier concave et 
a pieds courbes, muni d'un epais coussin; vetu d’un manteau qui laisse tout 
le buste nu, la main gauche sur les cuisses, tenant un volume roule, il tend, 
de la main droite, un masque d’Heracles (le heros par excellence de la trage- 
die) a une jeune femme representant la scene tragique : debout et tournee 
vers le poete, le corps portant sur la jambe gauche, la droite legerement flechie 
et en arriere, la tete baissee un peu, elle le re^oit respectueusement de la 
main gauche, tenant, de la main droite baissee, un glaive dont le fourreau 
remonte sous son avant-bras; sa tunique, a long apoptygma, est serree sous 
les seins et s’arrete au dessus des chevilles ; un manteau, pose sur les epaules, 
descend sur les bras, le pan de droite passant ensuite sous le poignet droit, 
remontant obliquement sur l’abdomen et retombant sur l’avant-bras gauche; 



N° ’>~i — REI.1EF EN L IIONNEI'R D EfRIPTDF. 297 

ellc porte des chaussures montantes sur la tige desquelles descend un revers 
decoup6 en languettes triangulaires; sa tele est couronnee de lierre; un petit 
chignon esl noue sur la nuque ; derriere elle, sur une haute base cubique, est 
pose un masque tragique, imberbe, a eleve et longues boucles lombanles; 
derriere Euripide, sur un panier tresse place sur une plinthe bas>e, un autre 
masque tragique, a perruque bouclee. 

Cette scene d’hommage se passe sous le regard bienveillant de Dionysos, 
dont la statue, de type archaisant, occupe l’extremite droite de la plaque ; 
debout sur un socle rectangu- 
laire pose sur une plinthe de- 
bordanteet couronne d’un profil 
saillant, le corps de profil a 
gauche et portant egalement 
sur les deux jambes, les pieds 
poses a plat sur le sol, le droit 
legerement avance, il est vetu 
d’une longue tunique et drape 
tout entier dans le manteau 
dont un pan, rejete sur l’epaule 
gauche, tombe sur le dos, et 
dont un autre descend le long de la jambe, de part el d'aulre de l'avant-bras 
gauche; la tete rcproduit le type ordinaire it longue barbe carree, cheveux 
enroules sur les tempos autour d'une bandelette qui passe sur le front, et 
nou6s en chignon sur la nuque, boucles tlollant sur les epaules; de la main 
droite, a demi lendue en avant, il tient un canthare; de la gauche, il sen-ail 
un long sceptre ou thyrse (traces d'arrachements sur Tangle anterieur gauche 
du socle et it la main gauche; tenons pres du genou droit, sur l'6paule gauche 
el derriere la tete du dieu); ses pieds sont chausses de minces sandales, fixees 
par une courroie qui passe, entre les deux premiers orteils, dansun coulant en 
forme de feuille de lierre. Inscriptions au dessus des personnages : 

—lvj;:'-’'v; Aisvjjj; 

Ce relief pourrait etre appele 1’ « apotheose d’Euripide » : comme dans le 
celebre relief d'Archelaos de Priene, le poete assis re?oit, sous les regards d’un 
dieu, l’hommage de Part qu’il a honore; mais une meme peusce s’exprime ici 
par des moyens tout diirerents : faction y est reduite aux trois personnages 
indispensables : tout element piltoresque est elimine ; le fond uni, nu, debar- 
rass6 de tout accessoire, redevient ce lieu abstrail qu’il est dans les reliefs de 
l’epoque classique; le meme gout de gravite, de severite se relrouve dans les 
attitudes calmes, dans les draperies sobres et, plus evident encore, dans les 




298 


N° 575 — RELIEF : DANSEUSE DIONYSIAQUE 


formes archai'santes donnees a la statue de Dionysos: a cet 6gard, la compa- 
raison entre les deux oeuvres est particulierement int^ressante, comme un 
temoignage de la reaction classiciste qui succeda a la maniere color^e et pitto- 
resque des sculpteurs hellenistiques, et produisit toute cette serie de reliefs 
qu'on designe sous le nom de neo-atliques ; le notre est d’un travail soigne, 
mais d’un ciseau un peu lourd ; le type d'Euripide parait emprunt^ a une sta¬ 
tue du iv e siecle ; il en est probablement de meme de l’original de Dionysos, 
qui, malgre les retouches archai'santes, rappelle d’assez pres le « Sardanapale » 
du Vatican; l’ceuvre date des environs de 1’ere chretienne ; 1'authenticite, qui 
en a ete soupconnee (sur la foi, croyons-nous, de moulages qui furent repan- 
dus a l’etranger, en un temps ou l’on cherchait a vendre le marbre), est au 
dessus de tout soup?on. 

On rapprochera du relief d’Euripide — en tenant compte des differences 
que le style pittoresque introduit dans certaines de ces oeuvres — le relief de 
Menandre, au musee du Latran, et un autre relief romain dela collection Stro- 
ganoff (Arndt-Bruckmann, Denkmaeler griechischer und roemischer Sculplur, 
pi. 626); un petit relief de Berlin (ibid., texte, fig. 3-4) dont M. Sieveking 
rapproche justement la stele de G. Lollius Alcamenes de la villa Albani (ibid., 
fig. 5); — une stele de la collection de Lord Newton a Lyme park (Journal 
of hellenic studies, XXIII, 1903, p. 356, pi. XIII); — un fragment de Copen- 
hague (Arndt, l. infra l.). 


S. Reinach, Comptes rendus de I’Acaddmie des inscriptions, 1902, p. 319-320; 
Gazette des beaux-arts, 1906, I, p. 330; fig. p. 329 ; Ripertoire de reliefs, II, 1912, 
p. 172, 1; — J. Sieveking, dans W. Christ, Geschichte der griechischen Litera- 
lur (Handbuch der klassischen Altertumswissenschaft von J. von Mueller, VII), 
4 e 6d., 1905, Anhang, p. 988, 15; le meme, dans Arndt-Bruckmann, Denkmaeler 
griechischer und roemischer Sculptur, texte 5 la pi. 626 (1910), note 8; — P. Arndt, 
La glyptothique Ny Carlsberg, texte, I (1896-1911), p. 135 ; — W.-N. Bates, Tenth 
general meeting of the archaeological institute of America, Toronto, 29 decembre 
1908: breve analyse dans American journal of archaeology , XIII, 1909, p. 53 ; — 
G. Mendel, Revue de Vart ancien et moderne , XIII, 1906. t. xxvi, p. 262 ; fig. 5, 
p. 263; — Ahmed Refik bey, Buyuk tarikh-i -oumoumi (Histoire ginirale, en turc), 
II, 1911, fig. p. 361. 

Photographie n° 527. 


575 (764) Relief: danseuse dionysiaque. 


Pcrgame ; trouve en septembre 1896 « im spaetem Flickmauerwerk der westlichen Ein- 
fassungsmauer des Stadtberges, suedwestlich vom Markte »; entr£ au musee le mois 
suivant. 



n° — relief : dansei sf dionysiaqif. 


299 


Marbre blanc 4 petits grains cristallins ; re vers frustc; tranche laterale droitc polio sur 
unc largeurde 0” 10 environ, piqu4c et ligirement ravalee au delA; tranche laterale gauche 
polie, avec unc zone ccnlrale, large de 0” 05 4 0" 08, ravalee Mgiremcnt et simplemcnt 
piquee; brise cn haul par unc cassurc irreguliere qui a emporte la tete et la plus grande 
partie de la main droitc; manquent la partie anterieure du pied gauche et l'anglc infdrieur 
gauche avec les orteils du pied droit; erosions profondes 4 la partie superieure du fond, a 
droitc ; le bas de l avant-bras et la main gauche sont gravement mutilis; cassures aux plis 
saillants de la draperie ; erosions superficielles sur les aulres parties ; morlaise mutilee a 
l'anglc infirieur droit de la tranche laterale droitc; hauteur, 1“ 45 ; largeur en ligne droite, 
d un angle 4 1’autre de la face principale, environ 0 m 59; largeur au revers, 0” 46 ; epaisscur, 
sur 1'axe, 0” 27 ; sur les tranches latirales, environ 0" 18; saillic maxima du relief, 0” 10, 


Le relief est sculpte sur une dalle rectangulaire, plane au revers, legerement 
convexe sur la face principale; le plan des faces laterales est oblique sur l'axe 
de la plaque et parait coincider avec le rayon de la courbe exterieure (celui- 
ci, d’apres Bohn, ap. Winter, l. infra l., mesurerait 
environ 0“ 76); la danseuse, haute et svelte, mais 
de formes plutot vigoureuses, s’avance vers la gau¬ 
che, la jambe droite en avant; « se dressant legere¬ 
ment sur la pointe de ses pieds nus, relevant du bout 
de ses doigts effiles [main gauche] les plis de sa tu- 
nique avec un joli geste d’une grace unpeu mignarde, 
elle effleure it peine le sol; sa tunique sans manches 
laisse voir les delicates rondeurs du bras orne d'un 
bracelet ; les plis de la fine etofle, menus et souples, 
ondulent avec un doux frissonnement autour du corps 
svelte qu’ils semblent caresser, eL une echarpe vol- 
tige sur les 6paules de la danseuse, d^ployee comme 
des ailes qui soutiendraient de leurs battements son 
glissement a^rien, semblable a un mouvement de vol» 

(Collignon, l. infra 1 .); cette 16gerete est d'autant 
plus sensible que la figure, ne reposant pas sur une 
plinthe, parait r^ellement planer sur le fond ; elle 
avance un peu l’epaule gauche, pliant et relevant le 
bras droit, dontla main, seule visible, apparait encore 
au dessus du pan de draperie qui lombe devant la poitrine ; la tunique, qui 
semble faitc d’une sorte de crepe de soie, est fendue sur le cote, mais, par un 
raffinement jolimenl pervers, laissant deviner toutes les formes du corps, elle 
ne montre la chair nue qu'entre les deux bords, discretemenl entrebailles au 
dessous de 1'aisselle. Le bracelet que porle la danseuse est orne d’une pierre 
carree, sertie d’un double filet, et canlonnee, de chaque coi6, d'un petit lleu- 
ron; le cercle s'enfonce legerement dans les chairs, et ce simple detail, ou 
s'oxprime la meme sensualitd delicate, evoque, d'une maniere encore plus 
precise, la souplesse et la fermet6 de ce jeune corps. 




300 


N° 575 - RELIEF t DANSEUSE DIONVSIAQUE 


Cette plaque provient d’un autel circulaire consacrd a Dionysos; les frag¬ 
ments de deux aulres plaques sont conserves a Berlin (reproduits a p. Conze et 
Winter, ll. infra. //.); le motif est frequent dans cetemploi: on en rapprochera 
en particulier une serie de sept dalles convexes, decorees de danseuses de 
style neo-attique, decouvertes pres de Rome, sur la via Praenestina (E. Loewy, 

I. infra l., p. 445-459; S. Reinach, Repertoire de reliefs , III, p. 337, 1); voyez 
aussi la base de Corinthe ( American journal of archaeology , VIII, 1904, 
p. 291 sq.; fig. 2, p. 292), celle de la collection Cook a Richmond ( Journal of 
hellenic studies, XXVIII, 1908, p. 7-8, n° 4; pi. II, 4]’, la colonne anx trois 
horai du Vatican (W. Amelung, Die Sculpturen des va ticanischen Museums , 

II, sala de’ busti, n° 389). 

La figure de la danseuse procede d’un type de la fin du v° siecle, mais ce 
n’est en aucune maniere une copie, e’en est une interpretation nouvelle, une 
transposition dans le style pergamenien, qui a loute la valeur d’un original. Si 
le mot de « sculpture blonde » a un sens, e’est assurement quand on l’applique 
a ce modele tout en demi-teintes soyeuses et caressantes, ou seuls les contours 
de la jambe sont accuses par une ombre plus forte, mais vibranle encore et 
toute penetree d’une lumiere douce et tamisee; l’habilete avec laquelle la 
figure est composee sur la plaque, une virtuosite extraordinaire a rendre le 
caractere et la matiere des etoffes, une legerete de ciseau inegalee, le parfum 
de fraicheur et de grace qui se degage de cette jeunesse en fleur, en font un 
des chefs-dVeuvre de cette ecole. 

Comme M. Hauser (pr. 1. infra l.) l’a note des la premiere publication, ce 
type de danseuse reapparait sur un puteal neo-attique du Louvre (Die neu-atli- 
schen Reliefs, p. 50, n° 65; Clarac-Reinach, Repertoire de la slatnaire, I, p. 35); 
ce fait, qui n’est pas isole (cf. au n° suivant), nous parait de la plus grande 
importance dans la question des origines du neo-atticisme, et nous croyons, 
avec M. Hauser, qu’il faut les rechercher parmi ce groupe de sculpteurs qui 
travaillaient pour la cour dilettante et erudite des rois de Pergame. 


A. Conze, Antike Denkmaeler herausgegeben rom deulschen archaeologischen 
Institut, II (3. Heft, 1895-1898), p. 15-16, pi. XXXV; Jahrbuch des archaeologischen 
Instituts, XII, 1897, archaeologischer Anzeiger, p. 177 ; — F. Hauser, ibid., XIII, 
1898, p. 199-200; dans Arndt-Bruckmann, Denkmaeler griechischer und rocmischer 
Sculplur, texte a la pi. 599 (1906), p. 9 ; — II. Lcchat, Revue des etudes grecques, 
XII, 1899, p. 206-207, fig.; —J.-L. Ussing, Pergamos, 1899, p. 118; —Collignon- 
Pontremoli, Pergame, 1900, p. 224, fig.; — G. E. Rizzo, Rulleltino della commissione 
archeologica comunale di Roma, XXIX, 1901, p. 237 sq. ; — A. E. Henderson, 
Records of the past, I, 1902, p. 301, n° xv ; fig. 15, p. 300; — P. Perdrizet, Revue 
arcMologiquc, 1900, I, p. 131 ; — G. Cultrera, Saggi sull' arte ellenislica e greco- 
romana, I, La corrente as iana, 1907, p. xxi, note 3; — Altertuemer von Pergamon, 
VII, 1908 : F. Winter, Die Skulpluren, t. 2, p. 272-277, n° 344 ; pi. XXXVIII ; — 
E. Loewy, Xolizie degli scan', 1908, p. 456 ; — G. Mendel, Revue del'art ancien el 



>0 576 — RELIEF : Ml SE CITilAREbE 301 

moderne, XIII, 1009, t. xxvi, p. 263; pi. p. 261 ; — F. Koepp, Xeue Jahrhuecher 
fuer das klassische Alterlum, XIII, 1910, t. xxvi, p. 262 ; — Ahmed ReOk bey, Buyuk 
larikh-i-oumoumi Ilisloirr qtntrale, en lure,, II, 1911, fig. p. 85 ; — S. Reinach, 
liiperloire de reliefs , II, 1912, p. 168, 1; — \Y. Deonna, L'archeologie, sa valeur, 
ses nitlhodes, III, 1912, p. 11 ; fig. 2, p. 0. 

Photographies n“ - 1 153 (30 X 10 , 899 21 X 30 ; . 


576 (1028) Relief: muse cithar^de. 


Trouvc lc 20 feveier 1899, au kilometre 46 dc la chaussee Panderma-Balikesser, dan> le 
champ d'un nomme Ali, 4 unc lieure environ au sud-ouest du village de Baba kcui, nahic 
de Fyrt, caza de Manias : entrd au musee en mars 1899. 


Marbre blanc a gros grains cristallins; rovers et tranches laterales frusles: lc rovers est 
use comrac s i 1 avail servi dans un dallage ou surun seuil ; erosions legeres sur l'abdomen 
et les doigts dc la muse, sur les arelcs de la plaque, sur la plinthe. 

Faibles traces de rouge sur lc fond, en particulier contre lc profil du visage et 4 hauteur 
de la nuque. 

Ilauleur, 0" 705; largeur, en bas, 0” 105; en haut, 0" 36; epaisscur, environ 0” 01 ; hau¬ 
teur de la figure, 0“ 625 ; de la plinthe, 0 ra 03 ; saillic de la plinthe, 0“ 01. 

Dalle reclangulaire, legerement pyramidante; petite plinthe saillante a la 
partie inferieure; — la muse s’avance vers la droile, a pas lents et fermes, 
dans une attitude plcine de noblesse et de serenite ; le corps, vigoureux sans 
lourdeur, porte de tout son poids sur le pied gauche pose a plat sur le sol ; la 
jambe droite est flechie et legerement Irainante, le pied ellleuranl a peine le 
sol de la pointe des orleils qui debordent sur la plinthe ; du bras gauche, elle 
serre contre elle la lyre dont elle louche les cordcs a la fois des doigts de la 
main gauche et du plectre qu’elle tient de la main droite ; elle est vetue d'une 
tunique legere qui couvre, sans la cacher, une gorge genereuse, et flotte entre 
les pieds, creusee de petits plis irreguliers et sinueux; le manteau, pose sur 
l’dpaule gauche, descend sur le dos, couvre les jambes et remonte encore, 
ddcouvrant toute la partie droite du buste, vers 1'epaule gauche d’ou un pan 
descend et flotte librement derriere le dos, comme soulev6 par une brise ima- 
ginaire; une large coulee de plis calmes et reguliers tombe devant la jambe 
portante ; le bord de la draperie est slrie de ces petits plis qu’on trouve fre- 
quemment k cet endroit dans les oeuvres du v° siecle et en particulier sur la frise 
du Parthenon ; 1'etoIFe est assez souple pour laisser voir dans toute sa beaute 
la ligne ondulee de la jambe libre que semble continuer, comme la boucle 
d'un grand S, le contour flexueux de l’avant-bras droit; les levress’entr’ouvrent 
legerement; peul-etre chante-t-elle en jouant; les bandeaux ondules qui 
encadrent son front lisse se rejoignent sur la nuque et tombent sur le dos 



m 


K° 5*6 — RELIEF : MUSE CITHAREDE 


ea un flot bouele, noue par un ruban ; les pieds sont chausses de sandales, 
fixees par une etroite courroie qui passe, entre les deux premiers orteils, dans 

uncoulant en forme de feuille de lierre. La 
lyre, tres minutieusement indiquee dans 
tous ses details (les cordes par des sillons 
en partie effaces), est orn£e d’une bande- 
lette pendante. 

Cette figure de muse se retrouve sur 
trois autres monuments : le vase de Sosi- 
bios, au Louvre, le « vase de Jenkins » k 
Marbury hall, et la base triangulaire du 
Latran (tous trois reproduits par M. S. 
Reinach, alt. 1. infra l. ; pour la derniere, 
voir Hauser, l. infra /.). M. Hauser a 
cherche a montrer que cette base est l’ori- 
ginal d’ou precedent les autres et qu’en 
particulier noire relief aurait ete copie di- 
rectement sur elle, a Pergame meme, vers 
Fepoque d'Attale III. Quoi qu’il en soit de 
cette hypothese, le petit monument de 
Baba keui constilue un argument conside¬ 
rable en faveur de l’origine pergamenienne 
du style neo-attique (cf. plus haut, p. 300); la date proposee par M. Hauser 
nous parait tres plausible : la simplicity, la noblesse de forme, la gravite de 
pensee toute classique dont temoigne ce type de muse, permettent de l’attri- 
buer aux debuts du neo-atticisme, anterieurement a l’epoque ou ce style se 
laissa pen£trer par le manierisme et l'affectation archaisante ; le motif est pro- 
bablement emprunte a un original de la fin du v c siecle. Le travail est tres soi¬ 
gne, volontairement tres sobre, d’une correction un peu froide, avec certaines 
pauvretes d’execution (par exemple dans le pan du manteau qui flolte derriere 
le dos), et, par contre, des details fort bien venus (telle la draperie du chiton 
sur la poitrine). 



S. Reinach, Comptes rendus de VAcadimie des inscriptions, 1899, p. 325; Revue 
des iludes grecques , XIII, 1900, p. 10-15, pi. I; Cultes, mythes et religions, II, 1906, 
p. 381-386 ; pi. p. 381; Repertoire de reliefs, II, 1912, p. 166, 3; — Jahrbuch des 
archaeologischen Inslituts, XV, 1900, archaeologischer Anzeiger, p. 18-19, fig.; — 
H. Leehat, Revue des etudes grecques, XIII, 1900, p. 400 ; — Collignon-Pontremoli, 
Pergame, 1900, p. 225 ; — G. E. Rizzo, Bullettino della commissione archeologica 
comunale di Roma, XXIX, 1901, p. 225; 239-240; — A. E. Henderson, Records 
of the past, I, 1902, p. 301, n° xvi; pi. a la p. 291 ; — P. Perdrizet, Revue archeo- 
logique, 1906, 1, p. 231 ; — F. Hauser, dans Arndt-Bruckmann, Denkmaeler grie- 



N° 57* — STATUETTE DE M.MI'HE 


303 


chischer und roemischer Sculptur, texte de la pi. 399 1906,, p. 6 sq.; fig. 7, p. 8; 
— G. Cultrera, Saggi sull' arte ellenistica e greco-romana, I, La correnle asiana, 1907, 
p. xxi, note 3; — E. Loewy, Notizie degli scavi, 1908, p. 437 ; — Ahmed Refik bey, 
Buyuk tarikh-i-onmoumi (liistoire ginirale, en turc), II, 1911, fig. p. 97. 

Photographic n° 612. 

577 (7) Statuette de nymphe. 

Sclsdbil (Crete), residence de S. A. Moustapha Ghiritli pacha ; envoyee au musee en 
juin 1851, par Rechad bey, fonctionnaire du ministere des travaux publics (of. t. I, intro¬ 
duction, p. xi). 

Marbre blanc a petits grains cristallins; le travail est moins pousse au revers; nez 
mutil£ ; 1c bord anterieur de la vasque brise ; Erosions superficielles sur l'abdomen; toule 
la partic infirieure de la figure et la plinthe sont profondement rongees par l’humidilc: lu 
vasque est pcrcec d’un petit trou pour I’evacuation des eaux; I’epiderme du visage a seul 
conservd le lustre antique; les cheveux sont travailles au trepan; hauteur, 1” 23, dont 
0" 08 pour la plinthe. 

Elle est debout, le corps porlant sur la jambe droite, la gauche legerement 
flechie, le pied gauche un peu en arriere et le talon souleve; elle tient des 
deux mains, devant elle, une vasque en forme de coquille; 
le buste est nu, les jambes couvertes d’une draperie; la 
tete, legerement inclinee et tournee vers l’^paule gauche, 
est coillee de bandeaux ondules, separes sur le front et 
mainlenus par une bandelette ; les cheveux couvrent les 
oreilles, se nouent sur le haut de la tele en un large noeud, 
et sont pris, sur la nuque, en un chignon d’oit quatre_ boucles 
descendent sur le dos ; deux autres boucles flotlent de 
chaque c6t6 sur la poitrine; — cette statuette provient de la 
decoration d’une fontaine ; les traits du visage sont sculpl£s 
avec une extreme negligence ; mauvais travail d’epoque ro- 
inaine. 

A. Dumont, Afusde Sainle-Ir&ne [Revue archiologique, 1868, II), 
p. 250, n° XIV; — Goold, Cat., n® 6; pi. k la p. 12 ; — S. Reinach, 

Cal., n° 35; — Joubin, Sculpt, gr. et rom., n°76 ; — S. Reinach, 

Repertoire de .la statuaire, II, 1897, p. 405, 2; mentionnee, Revue archeologique, 
1898, 1, p. 333, 10° ; Mylhes, cultes el religions, II, 1906, p. 333, 10°. 

[Noire figure a itd dessinee d'aprds une dpreuve d’un ancien cliche qui n'existe plus 
dans nos collections.] 




304 


N° 878 - BANQUET FUNfeBRE 


578 (1947) Banquet funebre. 


Vu A Thasos en J907 par M. J. fT. Baker-Penoyrc qui le signala A la direction des musces 
imperiaux ou il est cnW en mars 1908. 


Marbre thasien A gros grains cristallins ; revers fruste; faces laterales dressees, polies 
seulement sur une largeur correspondant au retour d’angle du pilier, piquees sur le reste ; 
face superieure et inferieure piquees (celle-ci plus grossierement) ; la moulure superieure, 
erodee 4 l’extremitc gauche, cst rabattue A l’extremite droite sur une longueur de 0” 37; 
quelques epaufrures sur les aretes; quelques mutilations sur le fut du pilier gauche; les 
chapiteaux sont rabattus sur les retours d’angle ; — les figures n'ont souffertque de lAgAres 
eraflures : sur le nez et les doigts de l’homme couche, les doigls de la main gauche et 
l’alabastre de la femme, l’accoudoir et le dossier de son fauteuil, les cheveux et la main 
droite du jeune homme, les bords de l’cenochoe qu’il tient et du dinos place devant lui, sur 
les pattes, le col etle museau du chien; lepied gauche de la table est presque entiArement 
ravale au niveau du fond; le pied droit n’a qu'une cassure insignifiante; la partie horizon- 
tale a soufl'ert de quelques lesions A son exlremite droite et dans sa partie gauche; de 
memo, la partie profilee du pied gauche du lit; les pointes du bouclier ctson contour con¬ 
cave sont legerement erodes ; — quand le relief est arrive au musee, la surface en etait 
recouverte d’une croute terreuse noirAtre qui s’etait incrustee dans le marbre ; on n’a pu 
l'enlevcr que partiellement en froltantla surface avec une brosse de crins durs et de petits 
batonnets de bois; — hauteur, 0“ 625 ; largeur, 1“ 115 ; epaisseur, de 0" 10 A 0" 175; hau¬ 
teur du champ, 0 m 535 ; largeur, en bas, 1“ 085 : en haut (sous les chapiteaux), 1" 078 ; hau¬ 
teur de la figure couchee au dessus du listel inferieur, 0” 51 ; longueur du lit (sur la 
couche), 0 ra 51 ; hauteur de l'ephebe, 0 m 425 ; dela femme assise, 0“ 426. 

Proportions des figures; eph&be : hauleur, du pied A l’attache du membre viril, 0” 218 ; 
au creux des reins, 0 m 256 ; au nombril, 0” 262 ; au mamelon droit, 0” 323; au creux du cou, 
0“ 357 ; du creux du cou au sommet du crane, 0” 068; hauteur du visage, du menton au 
bord des cheveux sur le front, 0 m 032 ; du menton au sommet de la tete, 0" 054 ; longueur 
du pied droit, 0 m 064 ; du pied gauche, 0 m 0645; — femme assise : longueur des cuisses, 
0” 196 ; hauteur, du coussin au sommet de la tete, 0“ 233; au bord du chiton sur le cou, 
0" 147 ; des genoux au tabouret, 0” 161; longueur du pied, 0 m 073. 


Plaque rectangulaire ; deux greles pilaslres sans base, termines par un cha- 
piteau qui ne comprend qu’un abaque sommairement profile et tournant sur 
les faces laterales, supporlent un epistyle forme d une architrave nue, en 
retraite de 0 m 01, et couronnee d’une moulure saillante (talon et filet); a la 
partie inferieure, un listel un peu plus large que les piliers lateraux ferme le 
cadre et sert de plinthe aux figures ; — le mort est etendu sur un lit tres long 
dontles pieds, d’un modele bien connu (cf. t. I, p. 42), presentent un etran- 
glement profile au tiers inferieur de leur hauteur et reposent sur un support a 
profil concave ; le pied de droite, sensiblement plus haut que l'autre, se ter- 
mine par un profil de volute, simplement massee (la volute elle-meme devait 
(lire tracee au pinceau) et surmontee d’une petite banquette, formant un che- 
vet sur lequel est tire le matelas; il est etendu, le buste nu et legerement de 
trois quarts, les jambes a demi allongees a gauche et couvertes lout entieres 
d une draperie, la tete, barbue, est exactement de profil; les cheveux, courts 
et non detailles, recouvrent le crane d’une calotte unie qui forme un leger 
bourrelet au dessus du front ; l’ceil se presente encore presque de face, 



N° 578 — BANylET FLXEBRE 


305 


comme une amande saillanle entre des paupieres qui ne sonl pas ou sont Ires 
mollement indiquees ; s’appuvant du bras gauche sur deux cou~sins, il tend le 
bras droit devant lui, tenant de la main droite une cylix apode, pour recevoir 
1c vin qu'un bel ephebe vient de puiser dans un grand dinos de bronze, pose 



sur un support cylindrique de meme metal, qui s’evase vers le haul et plus 
largement vers le bas oil il repose sur quatre grilles de lion naissant d une 
volute; debout et de profil a gauche, le jeune homme lourne le dos au mort, 
le corps enlierement nu portanl sur la jambe droite, la gauche llechie l£gere- 
ment, le pied, gauche en arriere avec le talon souleve insensiblement, il laisse 
pendre naturellement le bras gauche, avec une legere iullcxioudu coude, et 
levc de la main droite, d’un geste gracieux et noble, l’uenochoe remplie ; les 
cheveux simplement masses, ceints d'une bandeletle indiquee par une depres¬ 
sion, descendent bas sur le front et couvrent d’une nappe etale la nuque et les 
cotes du crane. 

A l’cxlremite droite, une jeune femme est assise sur un grand fauteuil dont 
toules les parties sont d'une extreme gracilite (pieds tournes et moulures; 
haut dossier vertical fait d’une planche tres mince ; l’espace compris entre ce 
dossier et le pilicr lateral est incompletement evid£, le sculpteur n’ayant pas 
voulu laisser sans appui une si frele cloison de marbre); elle y est placee 
presque a hauteur des accoudoirs, entre ceux-ci et le siege proprement dit 
presque toute la place dtant remplie par deux larges coussins; ses pieds 
reposcnt sur un haut tabouret massif dont l’arete, profilee en grilfe de lion, 
apparait derriere le support anterieur du fauteuil ; de profil a gauche, la tete 
baissee, le bras gauche plie a angle droit, elle tient de la main gauche un 
alabastre, et, de la main droite, un objet petit et conipletement indistinct, qui 
pourrait etre un tampon a fard ou & parfums (cette interpretation, donnee 
indopendammenl par MM. Leehal el de Kidder, ll. infra ll ., nous parail prc- 

20 














306 


-N° 5*8 — lUNQUEf FUXEBRE 


ferable a la n6tre qui reconnaissait ici une fileuse tenant la quenouille; un exa- 
men attentif et renouvele nous a convaincu que cette « quenouille » etait cer- 
tainement un alabastre); elle porte un chiton talaire dont les manches amples 
descendent aux coudes ; l’himation, pose autour des reins, couvre le bas du 
corps jusqu’a mi-jambes; les pieds sont chausses de sandales minces ; les che- 
veux forment sur le front un petit bandeau festonne, et, n’etant pas detailles 
au sommet du crane ni sur la nuque, sont peut-etre pris dans un bonnet d’ou 
s’echappe un petit chignon au revers de la tete; entre le bandeau, qui semble 
lui-meme etre reste lisse, et le bord du « bonnet », ils sont indiques par des 
sillons ondules que recoupent trois depressions transversales, representant 
sans doute des bandelettes ; sous le siege, se tient un gros oiseau — perdrix ou 
pigeon — profil a gauche. 

Devant le lit du mort (en fait, sous le lit), est une de ces tables trapezo’i- 
dales, portee sur trois pieds droits, de section rectangulaire, qui s’amincissent 
vers le bas et s’y terminent par une partie tres tenue (sur cette forme de table, 
cf. t. I, p. 42-43); des deux pieds de droite, le seul qu’on voit est orne sur 
sa face anterieure d’une rudenture et s’acheve sous le plateau de la table par 
un profil de volute; ces deux pieds sont en realite unis par une traverse que 
l’on ne voit pas, rattachee elle-meme par une traverse visible au pied unique de 
gauche; on observera que le plateau, qui deborde legerement les pieds de 
droite, s’arrete en de^a de l’arete exterieure du pied de gauche : il repose 
en effet sur une sorte d’encoche taillee dans la tranche superieure des pieds; 
pour presenter plus de stability, la partie haute du pied— on le voit bien sur 
le pied de gauche qui est de profil — s’epaissit et forme comme une console, 
orn6e sur sa face interieure d’une sorte de volute qui porte directement sur 
la traverse. Entre la table et le bord inferieur du lit, on a laisse une certaine 
epaisseur de marbre en saillie sur le fond : les mets et les vases y devaient 
etre peints ; sous la table, un grand levrier, profil a droite, mange les miettes 
tombees sur le sol. A la partie superieure du champ sont indiques, a droite, 
au dessus de la jeune femme, un miroir rond ; a gauche, de part et d’autre de 
la tete du jeune homme, un casque corinthien (profil a droite) et une pelta (on 
ne s’etonnera pas de rencontrer cette forme d’arme a Thasos ou l’influence 
thrace s’est fait sentir avec une force dont l’onomastique temoigne jusqu’a une 
4poque fort avancee). — II ne reste aucune trace de couleurs; tout au plus 
peut-on entrevoir, pres de la partie evidee des pieds du lit, les contours eva- 
nides et presque douteux d’une palmette. 

On rapprochera de la jeune femme de notre relief celle d’une petite stele 
thasienne du Louvre ( Bulletin de correspondance hellenique, XXIV, 1900, 
pi. XVI; M. Collignon, Florilegium dedie a M. le M is de Vogiie, 1909, 
p. 129-136; Ch. Picard, Revue archiologique, 1912, II, p. 49), a qui elle res- 
semble comme une fille a sa mere : c’est la meme attitude (peut-etre les memes 



N° 378 — BANQUET FLNEBRE 


307 


attributs), presque le meme fauteuil, c'est surlout la raeme construction sche- 
matique du corps, les cuisses formant angle droit d'une part avec le buste, 
d’autre part avec les jambes, et demesurement allongees pour remplir loute la 
profondeur du siege. Cet archaisme est d’autant plus remarquable que la 
draperie est traitee ici avec une liberte presque complete, sobrement indiquee 
par quelques ldgeres incisions sur le chiton, brisee en plis d’une composition 
fort adroite et bien observee sur l’etoffe plus lourde de l’himation. 11 est 
curieux d’ailleurs de voir que, de cet archaisme, il ne subsiste presque rien 
chez l’homme, sinon dans la forme des yeux et la coupe de la barbe (la dispro¬ 
portion des jambes par rapport au buste n’est qu’un caractere commun & 
beaucoup de figures couchees); chez l’ephebe, toute trace en a disparu. Ses 
proportions extremement allongees rappellent celle de l’ephebe de Stephanos, 
dont l'original doit etre a peu pres contemporain ; quant a la tete, elle offre une 
incontestable analogie avec un type connu par plusieurs repliques dont la plus 
belle est h Copenhague, dans la glyptotheque Ny Carlsberg (P. Arndt, La 
glyptoth&que Ny Carlsberg , pi. 23-24; S. Reinach, Teles antiques, pi. 78-711; 
cf., en dernier lieu, II. Schrader, Wiener Jahreshefle, XIV, 1911, p. 70 sq., 
qui voudrait y reconnaitre une statue de Panlarkes [Paus., vi, 10, 6], faite par 
Phidias pour l’enfant qu’il aima). 

L’ccuvre est admirable par l'aisance de la composition, par la sfiret£ et la 
sobriety du travail (notez avec quelle verite est rendu le caractfere metallique 
du dinos et de son support), par l’almosphere de noblesse et de serdnite qui 
s’en degage ; les plus heureuses qualitesde l’ionisme s’y retrouvent grandies et 
comme epurdes par les qualites nouvelles d’une race plus austere et plus grave: 
a cet egard une comparaison avec le « banquet » du sarcophage du satrape 
est particulierement interessante (t. I, p. 42 sq. ; cf. Revue de I'art ancien et 
moderne, l. infra l.). Elle doit dater a peu pres des anndes 470-460 av. J.-C. 

S. Reinach, Comple s rcndus de VAcadimie des inscriptions, 1908, p. 417-478; 
Gazette des beaux-arts, 1911, I, p. 247-249; fig. p. 247 ; Riperloire de reliefs, II, 
1912, p. 160, 1;—J. ff. Baker-Penoyre, Journal of Hellenic studies, XXIX, 1909, 
p. 230, pi. XXII; —Th. Macridy bey, ap. G. Karo, Jahrbuch des archaeologischen 
Instituts, XXIV, 1909, archaeologischer Anzeigcr, col. 84, n° 1; — American journal 
of archaeology, XIV, 1910, p. 98 ; — G. Mendel, Revue de I'art ancien el moderne, 
XIV, 1910, l. xxvn, p. 401-410 ; pi. h la p. 404; fig. p.403 et 409; —H. Lechat, Col¬ 
lection de moulages pour I'histoire de I'art antique, 2'' catalogue, 1911, p. 34, au n° 
147; — A. de Ridder, Revue des etudes grecques, XXIV, 1911, p. 174 ; — Ahmed 
Refik bey, Buyuk tarikh-i-oumoumi (Histoire genirale, en turc), II, 1911, fig. p. 141; 
— P. Jncobsthal, Goeltinger lnsc/i (Abhandlungen der kgl. Gesellschaft der Wis- 
senschaften zu Goettingen, phil.-hist. Klasse, N. F., XIV, 2', 1912, p. 49 ; — G. Roden- 
waldt, Jahrbuch des archaeologischen Instituts, XXVIII, 1913, p. 318; — Ch. Picard, 
Monuments Piot, XX, 1913, p. SI, note 2. 

Photographies n"‘ 998 (enscmhle), 999 (detail: l ephkbe . 1000 ,detail : buste dc Thomme 
couchO ct femme assise). 



SALLE XXI1 


579 (4) Terrae d’Heracles ; haut relief. 

Troie; fouilles de Schliemann; trouve dans la villc basse, pres de l’acropole, du cot<5 
sud ; la date d’entree exacte n'est pas connue. 

Marbre blanc ci gros grains cristallins ; re vers epannele; les faces laterales et le fond, 
autour de la figure, sont piques; brisc en bas; arete superieure mutilee; extremite du nez 
bris^e ; surface grenue ; la bouche, les « yeux » de la barbe sont creuses au trepan; la 
tranche superieure, taillee en biseau, porte une mortaise pour crampon (moderne ?) au 
dessus de la t£te d'Heracles ; hauteur actuelle, 1” 30 ; largeur, 0 m 56; epaisseur, 0 m 08 4 
0“ 095 ; saillie du relief, 0” 29. 

Le relief est sculpte sur une dalle rectangulaire, sans decoration architecto- 
nique; le buste, traite comme celui d’une statue ordi¬ 
naire, est de face, la tete tres legerement inclinee vers 
l’epaule gauche qui est insensiblement avaneee ; la peau 
de lion, au dessous de laquelle apparait le fut du terme, 
drape le dieu comme un epais manteau, couvre les bras 
— le droit ramene contre la poitrine, le gauche plie a 
angle droit a hauteur de la taille — et est rejetee par des¬ 
sus l’6paule gauche; le mufle de l’animal pend au dessous 
de l’avant-bras gauche; les irregularites de la peau sont 
indiquees, pres du bord, par quelques sillons peu pro- 
fonds ; le heros a des cheveux courts et irregulierement 
boucles, une barbe fournie et frisee; la bouche est 
entr’ouverte, le coin des levres baisse ; les yeux sont 
petits, les sourcils indiques plastiquement; lapartie infe- 
rieure du front est bomb£e et creusee de deux fourches 




N 0 580 - TfcTE COLOSSALE DE ZEI S 


309 


verticales qui vont de la racine du nez au sinus; la joue est deprimee pres 
des narines et divisee par un sillon qui nait a Tangle interne de Tcril; l’ex- 
pression est melancolique et maussade, sans caractere bien accuse; — travail 
decoratif de basse epoque hellenistique ou d'epoque romaine. 

Joubin, Sculpt, gr. et rom ., n° 134; — H. Schliemann, Troja, 1884, p. 238, n° 125 ; 
Ilios, trad. Eggcr, 1885, p. 700, et fig. 1561, p. 800; — S. Reinach, Repertoire de la 
slaluaire, II, 1897, p. 524, 5; — II. Winnefcld, dans Troja und Ilion, 1902, II, 
p. 430, el Reilage 53 & la p. 437, a droite. 

Photographic n" 333. 

580 (685) TSte colossale de Zeus. 

Troie; trouvie cn 1894, sur I’acropole, dans le puits Ba (cf. Docrpfeld, Troja und Ilion. 
pi. Ill, J 4), parmi des fragments d'architccture et descriptions provenant du temple 
romain d'Athina; entree au music en join 1891. 

Marbrc blanc A grains serrds et cristallins; sommet du crane pique; revers frustc : le nez 
est brise ; les moustaches el quelques boucles de la chevclure sont mutilees (en particulicr 
uii large Aclat emporte sur le cole gauche du crime, au rovers); la calotte du crine (man- 
quantc) ctait rapportec (joint tailli obliquement, soigneusement dresse et creusc en son 
milieu d’unc morlaise reetangulaire); la titc est coupec net 4 mi-hautcur du cou qui pre¬ 
sente une section horizontale dressie; barbe et chevcux travaillis au tripan; hauteur 
tolale, fl" 1 33 ; do la racine des chevcux A la commissure des levres 0™ 22. 

be cou est inclin6 un peu a gauche, ct il semblc quo la tote devait etre tour¬ 
nee legerement a droite; le front bombe el richement modele, les veux grands 
ouverts et enfonces sous Tarcade sourciliere, la large 
a role du nez, les levres qui s’entr’ouvrenl et laissent 
voir les gencives superieurcs, lui donnent une expres¬ 
sion puissanle cl pathelique que met encore en valeur 
le travail de la barbe et des cheveux ; ceux-ci, ornes 
d’un bandeau annulairc (visible seulementde profil) au 
dela duquel ils ne sont plus travailles, se relevent fiere- 
ment au dessus du front en grandes boucles retom- 
bantes et encadrent tout le visage d’un ilof tumultueux 
de meches irregulieres et profondement decoupees; la barbe decouvre large- 
ment la levre inferieure; elle est epaisse et partagee sous le menton en deux 
parties formees de larges meches pressees et recourbees. 

Cette tele semble deriver d'une icuvre lysippeenne — notez en particular 
la chevelure — modifiee, sinon dans le type, du moins dans Texpression, par 
Tinfluence des sculpteurs de Pergame ; on l’a rapprochee justement du grand 




310 


N° 581 — STATUE DE NIOBIDE 


Zeus de Pompei (Ruesch, Guida del museo nazionale di Napoli, n° 296) dont 
elle dilfereeependant par un caractere pathetique plus accuse et une expression 
plus farouche; bien que le travail des yeux soit un peu mou, c'est la meilleure 
des sculptures qu’aient produites les fouilles de Troie et l'on a suppose avec 
vraisemblance qu’elle ne sortait pas d’un atelier local; iii b -ii 6 siecle av. J.-C. 

W. Doerpfeld, Athenische Miltheilungen , XIX, 1894, p. 391 ;— Athenaeum, 1894, 
II, 28 juillet, p. 138 ; — H. Winnefeld, Jahrbucli des archaeologischen Instiluts, X, 
189b, archaeologischer Anzeiger, p. lb ; dans Doerpfeld, Troja und Ilion, 1902, II, 
p. 438-439; Beilage 54 a la p. 440; — S. Reinach, Revue archiologique, 1895, II, 
p. 344, « Constantinople, 2° » ; Chroniques d'Orient, II, p. 453 ; — American journal 
of archaeology, X, 1895, p. 96; XI, 1896, p. 509. 

Photographies n" 1046 (face, 18 X 24), 233 (legerement 4 gauche, 24 X 30), 232 bil , 233 1,u 
(trois quarts 4 droite, 24 X 30). 


581 (123) Statue de Niobide (?). 

Leptis major; envoyAe de Tripoli de Barbarie par Carabella effendi, mouawin du gou- 
verneur de Tripolitaine, Ali Riza pacha, en 1870 (cf. plus bas, n° 596 in pr.). 

Marbre blanc 4 grains serres et peu cristallins; le cote gauche et le dos de la figure sont 
sommairement travailles ; manquent la tcte, les bras, le haut du buste j.usqu’4 la ceinture; 
les draperies qui tombent sur le cote gauche, le dos de presque tous les plis sont mutilfis; 
quelques erosions superficielles; l’epiderme du marbre porte de nombreuses traces de r4pe; 
plinthe rectangulaire 4 gauche, arrondie 4 droite, irr6guliere au revers ; hauteur actuelle, 
l m 48, dont 0“ 09 pour la plinthe. 

Une jeune femme, sans doule une jeune fille, 
s’avance d’un pas rapide vers la droite, le buste pen- 
che dans le sens de la course, le pied gauche en 
avant, le droit ne porlant que de la plante et tourne 
face au spectateur; la position des bras reste incer- 
taine, mais l’absencede tenons sur les cotes du corps 
donne a penser qu’ils etaient tendus en avant; elle 
esl chaussee de sandales minces et vetue d’une 
ample draperie serree sous les seins par une etroite 
ceinture ; l’etoffe, agitee par le mouvement, se brise 
contre le corps en longs plis, ou se colie 4 lui en 
laissant transparaitre les formes sveltes et graciles 
du buste et les courbes elegantes de la jambe droite; 
elle se creuse, entre les jambes, de plis profonds et 
recourbes, et tombe du c6t6 gauche, en une masse 
epaisse sommairement travaillee, qui semble n’avoir 




N° 582 — STATUE dVn PRfcTRE DU P.l'LTE IMPERIAL 


311 


d’autre raison, n'elant pas visible, que de consolider l’Aquilibre de la statue; 
eette particularity, le travail rapide du dos, l'attitude meme de la figure ont 
fait supposer, avec quelque vraisemblance, qu’elle provenait d’un fronton ; 
on y a reconnu d'abord « une des compagnes de Proserpine qui court apres 
le char dans lequel Pluton entraine la fille de Geres », ensuile une Niobide ; 
la seconde hypolhAse parait plus plausible, mais, dans l’Atat actuel de la statue, 
il est difficile de trouver une designation qui implique la certitude. 

Le travail, sans etre trop pousse, est adroit, vivant et d’un bon style decora- 
tif; l’oeuvre est tres probablement hellenistique. 

Goold, Cat., n° 7 ; — S. Reinach, Cat., n° HI; — Joubin, Sculpt, gr. et rom., 
n° 75 ; — S. Reinach, Repertoire de la statuaire, II, 1897, p. 419, 3. 

Photographies n 01 169 (face), 168 (profil A droite). 


582 (103) Statue d’un prfitre du culte imperial. 


Cyzique; apportAe au musAe par Goold en 1869. 


Marbre lAgArcment bleutA, A gros grains crislallins; le dos est d’un travail moins poussA, 
le sommet du crAne ApannclA ; manqucnt la main gauche, la parlie flotlante des bandc- 
lelles, les busies du diadAmc, I'extrAmitA des pans de la drapcrie au dessus des volumens 
et devant eux (restes d'un tenon sur la plinthe), le bout du pied droit et la partie voisine 
de la plinthe; le nez et les trois premiers doigts de la main droite sont mutiles; Arosions 
sur l’ccil droit, le sourcil gauche, la lAvre superieure, quelques plis de la draperie; la tAte 
et les pieds (avec la plinthe cl le faisceau de volumens) sont rajustAs; toule la statue est 
sculptAe dans un seul bloc; plinthe rectangulairc, sans profil; hauteur, 2" 10, dont la 
plinthe, de qui la hauteur varic de 0 m 10 A 0" 006. 


Un homme d’age moyen, vetu de la tunique et drape dans le manteau dont 
I’extrAmitA, rejetee sur l’epaule gauche, descend sur le dos, est debout et de 
face, le corps portant sur la jambe gauche, la droite flechie, le pied legArement 
AcartA et posA a plat sur le sol; les bras sont converts par la draperie ; le 
gauche est baisse; la main tenait certainement un volumen (traces d’un tenon 
triangulaire sur la draperie au dessous du poignet); le droit est plie contre la 
poitrine, la main degagAe et posAe sur le bord du manteau qui s’Acarte sur le 
haul du buste; la lete est lournAe it gauche ; les traits du visage, d’un carac- 
tere individuel attenue, ont une expression grave et pensive; la barbe est 
courte et frisAe, les moustaches fines et tombantes ; les cheveux courts, pla¬ 
ques sur le front en petiles meches irregulieres et espacAes, sont orncs d’un 
diademe qui comprend, h la partie infArieure, un petit bourrelet et une guir- 
lande de feuilles allongAes, laurier ouolivier, dAcoree, au milieu, d'une rosette, 



312 N° 582 - STATUE D’UN PRAtRE DU CULTE IMPERIAL 

et surmontee d’un rang de onze petits busies, tous mutiles et qu'on aurait 
peine a reconnaitre si le dernier, sur le cote droit du cr&ne, n’avait encore 
conserve sa tete, d’ailleurs deformee par de fortes erosions ; ces bustes sont 
tous dememe taille sauf le dernier a gauche, un peu plus petit que les autres; 
l’ensemble — qu’on doit se representer comme metallique — est pose sur une 
large bandelette qui se noue au revers de la tete et donl les extremites flottent 
sur les epaules ; les pieds sont chausses de sandales nouees sur le cou de 
pied ; un paquet de volumens roules sert de support au pied gauche et unit a 
la plinthe le pan tombant de la draperie. 

La designation d’Hadrien, qu’on a proposee pour cette statue, est it rejeler, 
ne fut-ce qu’a cause du dessin de la bouche et de la chevelure, tres differente 
de celle de l’empereur ; il est d’ailleurs, sinon impossible, du moins sans 
exemple a cette epoque, qu’un empereur ait ete figure, sous 
l’aspect d’un homme de lettres ou d’un philosophe, et que 
telle soit la profession du personnage represente, c’est ce 
qu’indiquent avec certitude le volumen qu’il tenait a la 
main et ceux qui sont places a cote de lui; la forme spe- 
ciale du diademe parait designer un pretre du culte impe¬ 
rial, fepeu? t(3v EeSairruSv xai sTecpavTjcpd poc tou <ru|A7rav- 
ro; auTiov otxou ( C1G , 3642); cf. G. F. Hill, Wiener 
Jahreshefte, II, 1899, p. 245-249; Egger-Fournier, dans 
Saglio-Pottier, Dictionnaire des antiquiles, I, 2, s. v° 
corona, p. 1523, qui citent Suetone, Domit. 4, et Tertul- 
lien, de cor., 13; Thera , III, fig. 247, p. 262; Schreiber, 
Sludien ueber das Bildniss Alexanders des grossen 
(Abhandlungen der philol.-histor. Classeder kgl. saech- 
sischen Gesellschaft der Wissenschaften, XXI, 3), p. 156- 
157; E- Michon, Revue archiologique, 1901, II, p. 278 sq.; 
W. Amelung, Die Sculpturen des vaticanischen Mu¬ 
seums, II, p. 477; tres vraisemblablement du meme type 
est la couronne d’une statue, aujourd'hui disparue, mais connue par plu- 
sieurs dessins des manuscrits de Peiresc {S. Reinach, Revue archiologique. 
1897, II, p. 341, pi. XIX); le personnage est appele stephanephore dans l’ins- 
cription gravee sur la plinthe ( CIG, 3914); rappelons enfin un incident du mar- 
tyre de sainte Thecle : la sainte dechire les vetements d’un certain Alexandre 
qui la poursuivail de ses assiduites, et arrache de sa tete la couronne d’or 
ou elait l’image de l’empereur; « le detail de la couronne avec l’effigie imperiale 
prouve qu’Alexandre etait un magislrat dans l’exercice de ses fonctions... un 
stephanephore » (S. Reinach, Conferences du musee Guimet, t. x\xv 1910 
p. 114-115 = Culles, mylhes et religions, IV, 1912, p. 236). 

La statue reproduit un type extrdmement repandu qu’on trouve des la 




n° 583 


ST ATI F. DE JEt'NF FIFLE 


313 


seconde partie du iv'sikcle av. J.-C., et qui se repete jusqu'a l'epoque chretienne 
fc'esl le type du Christ sur le beau fragment de sarcophage trouve h Psamatia 
et conserve a Berlin, Strzygoxvski, Orient oder Horn, pi. II); cf. Bulle, I. infra 
on, a propos de la statue d’Kretrie, Cavvadias, n° 244, plusieurs 

repliques sont enumerdes; ajouler le « Julien » du Louvre et celui du musec 
de Cluny S. Pieinach, Revue archeologigue, 1901, I, p. 342-343, fig. 2 et 3 en 
qui M. Miclion ( ibid ., II, p. 259 sq.) est tente avec raison de reconnaitre aussi 
un personnage sacerdotal (cf. R. Foerster, Jahrhuch des archaeologisehen 
Insliluts, XVI, 1901, p. 53). 

Le travail correct, mais froid et sans caractcre, dale probablement du 
ii° siecle ap. J.-C. 


Goold, f,'a/.,n° I ; — S. Rcinach, Cal., n° 70 ; — Joubin, Sculpt, gr. el rom., n° 46; 
— S. Iteinach, Gazelle archdologique, IX, 1884, p. 207 sq.; pi. 28, & droite ; Repertoire 
de la slatuaire, II, 1897, p. 580, 5 ; —J. J. Bernouilli, Roemische Iconographie, IT, 2. 
1891, p. 110, n° 20,et p. 121 ; — B. A. Mvstakides, ’A-o'jsiifii lx tt; ; iwix.xi.z 
IcTopla;, Constantinople, 1896, pi. II ; — II. Bulle, dans Arndt-Bruekmann, Denlc- 
maelergriechischer unci roemischerSculptur, texte h la pi. 519 (1901), notede In p. I . 

Photographic n° 512. 


583 (360) Statue de jeune fille. 


Ak Chehir ; entree an music on 1880 . 


Marbrc blanc a grains (ins et serres; rovers sonimairemenl travaille et pique; manquent 
t’avant-bras droit, qui itait rapporte (mortaise circulairc A la eassure', et Pextrimiti du 
pan de draperie tombnnt pres de la jambe gauche; la partie superieure de cc pan est recol¬ 
ice ; le nez et quelques boucles de chcveux sont brises; le poignet et la main gauches. les 
orteils du pied droit, les deux bords de la draperie entre lesqucls passe l'avant-bras droit 
sont muliles; la tite, travaillee dans le mime bloc que la statue, est rajustic ; erosions 
profondes sur le front et les sourcils; depot calcaire sur les chevcux et la joue droite; 
plinlhe mince et irriguliire, brisec sur les bords. 

Les yeux etaient peints (on croit encore reconnaitre. sur l’iris de l’oril droit, quelques 
traces d’un cercie Iris ligirement incisi, destine A guider le peintre'. 

Ilauteur, t™ 59, dont 0 m 03 environ pour la plinthe. 


File est debout el de face, le corps reposant sur la jambe gauche, la droite 
flechie el ramenee en arriere, le pied tie portant que de la plante, vetue d'une 
(unique longue, dont le bord traine sur le sol, et drapee dans un himation qui 
tombe A hauteur du genou gauche et au dessous du genou droit ; le bras droit 
est plid, le coude ligerement eloigne du corps ; l’avant-bras etait relev6, ecar- 
tant les deux bords de la draperie qui couvre le haut du bras ; ces deux bords, 



314 


N° 583 - STATUE DE JEUNE FI LEE 


reunis et maiulenus par la main gauche au milieu de la poitrine, se croisent 
autour de l'avant-bras gauche, l’un passant sur la saignee du bras et tombant 
le long de la jambe gauche a laquelle il est uni par un tenon, l’autre passant 
dessous et descendant, en plis etages, sur la face exterieure de la cuisse ; les 
coins sont ornes de petits pompons ; le chiton est d’etoffe epaisse, creusee de 
plis lourds et profonds qui tombent en se brisant sur les pieds ; l’himation 
est d’un tissu leger, ourle pres du bord; il s'applique etroitement aux formes 
du buste, laissant transparaitre les plis de la tunique et formant lui-meme un 
grand nombre de petits plis aigus qui, en particulier dans 
la region de l’aine droite, se recoupent et se croisent dans 
tous les sens; on observe, de plus, en certaines parties de 
la tunique et du manteau, des groupes de trois sillons 
paralleles, legerement incises et se recoupant les uns les 
autres, ou Ton peut reconnaitre soit des « plis d’armoire », 
soit plutot l’indication d’un large quadrille ; — les pieds 
portent d’epaisses sandales. 

La tete, tournee a gauche et legerement penchee du 
meme cote, est trop petite pour le corps bien qu’elle lui 
appartienne certainement; ses dimensions, l’expression 
souriante et puerile (les traits, surtout les yeux, sont 
mollement indiques; le cou est traverse d’un sillon), lache- 
velure bouclee autour du visage, nattee sur le milieu de la 
tete, ne conviennent qu’a une fillette ou a une tres jeune 
fille ; le corps est beaucoup plus developpe, la taille est 
d’une adulte, et les formes, moins, il est vrai, celles du 
buste, qui est court et grele (la saillie de la poitrine est a peine sensible) que 
celles de l’abdomen et de la cuisse droite, sont deja d’une femme. Malgre ce 
defaut, l’ensemble reste assez gracieux; le travail des draperies qui, mani- 
festement, inleresse le sculpteur beaucoup plus que la verite anatomique, 
lemoigne, malgre certaines negligences (en particulier dans le pan qui descend 
du bras gauche), de l'habilete des artistes hellenistiques a rendre les effets 
de transparence. 

La statue est sans doute funeraire et peut etre datee de la fin du u e ou du i cr 
siecle av. J.-C. 



Joubin, Sculpt, gr. et rom., n° 8t; — B. A. Mystakides, ’ ex T?j{ 

p«ojiaVx^{ iaToetx;, Constantinople, 1896, pi. VI. 


Photographie n" 396. 



N° 584 - STATUE DE XEROX 


315 


584 (506) Statue de Ndron. 


Omer beyli, ligne de Smyrne 4 Diner, kilometre 114 1G kilometres d’A'idin); trouvee le 
25 novembre 1890 dans le champ d’une certaine Fatma; envoyee au musee par D. Baltazzi 
bey, le 13 mai 1891. 


Marbre blanc 4 gros grains crislallins ; revers sommairemenl travaillc; manquent la tele 
qui 6tait sculplic dans le memo bloc, l'avant-bras gauche et le pan de draperie qui lombait 
de ce bras; le bras droit, qui etait rapporte, a ete retrouve, brise au poignet fit est 
exposd 4 c6td de la statue, non rajustc); les plis de la tunique entre les jambes sont muti- 
les ; quelqucs Erosions legeres sur l’4piderme du marbre; plinthc arrondie. 

Traces de peinture sur la cuirassc, de jaune (soutien de l'or sur les lambrequins: les 
languettes de cuir de la colte etaicnl peintesen jaune avec rinceaux en noir et bordeesd'un 
filet rouge brun (?) ; rose sur le bas de la tunique ; rouge brun sur les semelles. 

Hauteur, 1“ 97, donl 0" 13 pour la plinthe ; lettres de 0“ 02 a 0“ 03. 


L’empereur est debout, le corps de face et reposant sur la jambe droite, la 
gauche flechie et reculee, ne touchant que de la 
plante, l’^paule droite legerement en arriere; il 
porte une tunique, qui ddpasse sous la cuirasse et 
s’arrete au dessus des genoux; le paludamentum, 
fixe sur l’epaule droite par une large agrafe, tombe 
sur le dos, sauf un pan qui s’enroule autour de 
ravanl-bras gauche, plie a angle droit; le bras droit 
etait lendu sur le cote a hauteur de l’epaule, l’avant- 
bras droit relevd verticalement (la main tenait sans 
doute la lance); la cuirasse a cotte frang^e et tres 
courte reproduit la musculature du buste (la pointe 
des seins est indiqu6e); elle est d^coree de deux 
griffons affrontes ; un foudre est sculpte sur la 
bretelle de l’^paule droite; sur les lambrequins, une 
rosette alterne avec une etoile cantonnee de cinq 
points ; une ceinture 4 llot releve est passee autour 
de la taille; les pieds sont chausses des calcei 
senatorii, en cuir souple ; derriere la jambe droite, 
servant de support, est place un tronc d’arbre sur 
lequel est sculpt^e une corne d’abondance; le 
reservoir, orne en son milieu d’une bandelette nouee, laisse 6chapper une 
grappe de raisins, deux fruits ronds et deux ■jtupap.tBs; : cet embleme de la fer¬ 
tility et de l’abondance designe l’empereur comme une divinite dispensatrice 
et on le retrouve fr^quemmenl a cette place; cf. A. Maviglia, l. infra l. ; 
W. Amelung, Die Sculpturen des valicanischen Museums. II, vestibolo 
rolundo, n° 8, p. 29-30; Th. Wiegand, Jahrbuch des archaeologischen Ins¬ 
titute, XXI, 1906, archaeologischer Anzeiger, p. 21. 




316 


N° 58". - STATUE D’HADRIEN 


La statue est identifiee par l'inseription gravee sur le devant de la plinthe : 

Nspwva KXauSisv Qsou 
KXaoSiou Kawaps; utiv 


Travail decoratif ordinaire. 

Joubin, Sculpt, gr. et rom., n° SO ; — 'ESoopa?, 1890, n° 48 (cf. Athcnische Mit- 
theilungen, XVI, 1891, p. 130) ; — Nia SpApvri, 1890, n° 4255; — Athenische Mil- 
theilungen, XVI, 1891, p. 148-149; — American journal of archaeology, VII, 1891, 
p. 132; — S. Rcinach, Revue arclitologique, 1892, I, p. 127; Chroniques d’Orienl, 
II, p. 63 ; Repertoire de la slatuaire, II, 1897, p. 577, 9 = III, 1904, p. 161, 6; — B. 
A. Mystakides, ’A-dairaujAa ix t 5J; JtopaVxf,; iatopia;, Constantinople, 1896, 
pi. IV; — A. Maviglin, Roemische Mitleilungen, XXVIII, 1913, p. 79. 

Photographies n" 29 (2 i X 30), 29 bU (18 X 21. 


585 (50) Statue d’Hadrien. 


Hierapytna (CrAte); signalee dAs 1865 par Pervanoglou, l. infra l.; envoyeeau musAe 
imperial vers la fin de 1870, par Costaki pacha AdossidAs, moutessaryf de Lasithi. 


Marbre blanc a grains scrrAs et peu crislallins; le dos de la statue est trAs sommairement 
travaillA, le sommet du crSne, la nuque, le revers de la jambe droite et de la masse de 
marbre qui soutient la jambe gauche d'Hadrien, tout le revers du jeunc barbarc simplc- 
ment dAgrossis; manquent le bras droit (rapportA; grande mortaise circulaire A la section), 
les doigts de la main gauche avec la poignee de 1'epAc, 1’extremitA de l’Apee (rapportee; 
petite mortaise avec songoujon de fer), les pansdu manteau qui tombaicnt cntre lesjambes 
et le long de la jambe gauche (tenon rectangulaire sur lc mollet) ; le nez est endommage ; 
sur la cuirasse, la tAte de la Nike de gauche, cello d’Athena, celle de la chouette, le museau 
de la louve et les cnfants qu'elle allaite, quelques plis aussi de la draperie sont mutilAs;la 
statue, brisee au dessous du genou droit et au con de pied gauche, est rajustAe sur la cas- 
sure et consolidee par deux forts crampons de fer ; la tetc, qui parait avoir AtA (aillAe dans 
le meme bloc que le corps, a AtA brisee et replacec sur lc cou dont une grande parlie, sur 
le devant, est reslauree en plAtre, avec parlie des bandeletles (surlout la bandelette qui 
tombe sur l’epaule droite) ; le visage et peut-ctre cerlaines parties de la cuirasse ont subi 
un grattage moderne; l’epiderme antique (en partieulicr sur la main et le genou gauches, et 
sur les orteils) est poli et lustre; la tAte du jeune barbare el son bras droit sont rajustAs, 
son nez mutilA; l’ensemble repose sur une plinthe irreguliere (cassAe aux bords ?) qui devait 
s’inserer dans une base; usage modArA du trepan dans les feuilles d’acanthe, les languettes 
de cuir et les franges de la cuirasse, et dans certaines parties dc la draperie; la grande 
mortaise creusAe au sommet du dos et lc piton fiche au vertex du crane sont moderncs ; 
hauteur, 2“ 68, dont 0 m 14 pour la plinthe. 


L’empereur est debout, le corps reposant sur la jambe droite, et foule, du 
pied gauche, le corps d’un jeune barbare tombe a terre; le buste s’incline en 
avant, comme pour peser plus lourdement; la main gauche, posee sur la 
cuisse, tientla poignee d’une epee dont le fourreau remonte sous l’avant-bras; 



n° r.sii 


STATUE D IIADRIEN 


317 


le bras droit, tendu sur le cole, s’appuyait sans doute sur la lance ; la lete est 
penchee legerement vers l’epaule gauche ; la ressemblance avec les meilleurs 
portraits d’Hadrien en reste assez vague, bien que la designation ne soil pas 
douteuse et qu'on y trouve les principales caracteristiques de l'empereur ; elle 
porte une couronne d’olivier ornee, sur le devant, d un large medaillon, com- 
prenant un rebord plat et une partie centrale con- 
vexe et representant sans doute un cainee dont la 
decoration etail peinte; de la couronne, se detachent, 
derriere les oreilles, deux bandelettes dont les extre- 
mites flottent sur les epaules ; le visage a une expres¬ 
sion peu agreable : les yeux rapproches, allonges et 
etroits (ils ne sont pas incises), les sourcils contrac¬ 
ts, la levre inferieure saillante lui donnent un air dur 
et mechant; les cheveux bien fournis, courts et bou- 
cles, decouvrent les oreilles qui sont sommairement 
travaillees ; la barbe est courte et frisee, les mous¬ 
taches coupees au niveau de la levre superieure. 

L’empereur est vetu d'une tunique courte dont on ne 
voit que le bord inferieur, et, sur le bras gauche, la 
manche courte et fendue ; sur celte tunique, est posee 
la cuirasse a lambrequins et colte de languettes fran- 
gees ; le paludamentum, fixe sur l’epaule droile par 
une agrafe ronde, descend sur le dos, sauf un pan qui 
passe entre le corps et le bras gauche, revient sur 
l avant-bras et tombait le long de la jambe (traces d’un 
tenon sur le cote exlerieur du rnollet). La cuirasse est 
ornee de reliefs : au milieu, Athena, debout sur la louve qui allaile Romulus 
el Remus, est representee dans l'attilude du Palladion : de face, la jambe 
gauche avancee, la poitrine tout entiere protegee par une grande egide dont 
le gorgoneion it larges ailettes est pose a hauteur de la taille, la tete coitfec 
d’un casque decore au sommet d’un cimier et sur les cotes d’un ornement 
aujourd’hui indistinct, la main gauche tenant le bouclier, la droite levee et 
brandissant la lance (non indiquee plastiquement); elle est velue du chiton 
talaire et du peplos ouvert sur le cote et formant un long apoptygma qui 
tombe au dessus des genoux; les plis de la draperie, comme l’attitude, revelent 
quelque recherche archaisante ; de part et d'autre, vole vers elle une Nike 
ailee, aux cheveux releves et noues sur le haut de la tete, vetue d’une tunique 
4 apoptygma, fendue sur le cdl6 et serree sous les seins ; la jambe avancee appa- 
rait nue entre les bords ecarles; toutes deux tendent vers Athena une couronne 
qu’elles tiennent de la main droite et portent dans la gauche une longue palme ; 
elles reposent d’un seul pied sur un rinceau qui nait d’une corbeille d'acanthe 




318 


N® S8o - STATLE d'hADRIEN 


placee sous la louve ; un rameau adventice de cette tige donne naissance a une 
fleurelte sur laquelle sont places, a la droite d’Athena, un serpent enroule sur 
lui-meme, la tete dressee, a sa gauche, une chouette de face; — les lambre¬ 
quins, disposes sur deux rangs, sont decores : 


rang superieur 


tete d’e- 
1 e p h a n t, 
profit a 
droite. 


3 

tete deMe- 
duse trois 
quarts a 
droite. 


2 

aigle eplo- 
ye s’eloi- 
gnant vers 
la gauche. 


1 

tete de 
Zeus Am¬ 
mon, d e 
face. 


2 

aigle epto- 
ye s’eloi- 
gnant vers 
la droite. 


3 

tetedeMe- 
duse, trois 
quarts 4 
gauche. 


4 

non sculp- 
te et en 
parlie in¬ 
visible. 


3 

rosette 


rang inferieur 


2 l 

tete de lion prisonnierbar- 
de face. bare en costu- 
m e oriental, 
assis sur le sol, 
trois quarts 4 
droite, les 
mains liees 
derriere le dos. 


1 2 
femme barbare invisible 
prisonniere as¬ 
sise sur le sol, 
trois quarts 4 
gauche,la main 
gauche sur le 
genou droit, le 
bras droit ac- 
coude sur la 
main gauche et 
soutenant la 
tete penchee; 
manteau rele- 
ve sur la tete et 
tombant sur le 
dos. 


3 

invisible 


Le bretelle de la cuirasse est fixee, sur l’epaule droite, par une agrafe for- 
mee de deux tetes de lion qui tiennent dans leur gueule deux anneaux relies 
par une courroie; une tete et deux griffes de lion retombent sur la tige des 
chaussures dont l’empeigne decouvre les orteils ; la jambe gauche est adossee 
a un pilier fruste ; un autre support, place sur le cote exterieur de la-jambe 
droite, est decore d’un carquois et d’un arc. 

Le jeune barbare, place sous le pied d’Hadrien, semble tenter une derniere 
resistance; les jambes allongees entre celles de l’empereur, la droite tendue, 
la gauche pliee contre terre, il releve encore le buste, s’appuyant sur le sol de 
la main droite et de l’avant-bras gauche; mais le sculpteur n’a su rendre cet 
effort ni dans la tension des muscles, ni dans 1’expression du visage qui sourit 
au contraire d un petit air satisfail; les yeux sont legerement creuses ; la tete 
est imberbe et toute juvenile ; les cheveux, releves autour du front, sont ornes 
d une simple couronne annulaire; le vetement est oriental : tunique courte a 
manches longues, anaxyrides, manteau frange, pose en ch<de sur les epaules 
et ferme sur la poitrine par une large agrafe ronde. 

Lensemble est lourd, mais ne manque pas d’une certaine grandeur; les 
reliefs de la cuirasse sont de beaucoup la partie la plus soignee; la tete de 



N° 585 — STATL'E d* hadrien 


319 


l'empereur, autant qu’on en peut juger en l’dtat actuel, est d’une execution 
rapide et negligee ; la figure couchde, 4 part la tele, est d’un travail tres som- 
maire. 

II est inutile <le rappeler les diflerentes hypotheses auxquelles a donne lieu 
l'identification d’une statue que tout le monde accepte aujourd’hui pour 
celle d’Hadrien. D'autre part, si le motif choisi par le sculpteur se rapporte a 
une victoire particuliere des armees imperiales, il faut renoncer a la designer, 
la figure du jeune barbare etant trop peu caraclerisee pour qu'on puisse y 
reconnaitre un peuple ou une province determines ; aussi bien, il est fort pos¬ 
sible que 1’artiste ait simplement voulu representer ainsi l’empereur toujours 
victorieux. Ce motif, tres frequent sur les monnaies, est assez rare en sculp¬ 
ture; on le relrouve, sous cetle forme ou une forme voisine, dans une statue 
imperiale d’Olympie (G. Treu, l. infra l., p. 246 sq.; pi. LX, 3), a Kissamo de 
Crete (L. Savignoni, l. infra l., col. 305 sq.; pi. 25, 1); dans un fragment de 
Milet, Jahrhuch des archaeologischen Instituls, XXI, 1906, archaeologischer 
Anzeiger, col. 21); cf. le fragment de Gorlyne ( Roemische Mitlheilungen, V, 
1890, p. 143) et les statuettes de bronze publiees par M. J. Adrien Blanchet, 
Revue archdologique, 1893, I, p. 292 sq., pi. XIII; rappelons aussi qu’au 
temoignage des Mirabilia le cheval de la statue de Marc Aurele, sur la place 
du Capitole, avait un sabot pose sur un barbare agenouille (F. Loehr, Eratios 
Vindobonensis, 1893, p. 56 sq.). 

La meme decoration de la cuirasse se retrouve sur plusieurs statues d’empe- 
reur : au British Museum, provenant de Cyrene (Cat. of sculpture , II, n° 1466); 
a Athenes (S. Reinach, Repertoire de la statuaire , II, p. 585, 4); en Crete, 
a Kissamo (cf. ci-dessus), et kGortyne (L. Savignoni, l. infra /., col. 307, 308, 
fig. 10); de toules ces statues, celle d’Olympie est la seule qui ait conserve sa 
tote et e’est une tele d’Hadrien; il est done plausible de reconnaitre cet empe- 
reur dans toutes les statues qui portent cette cuirasse. 


Goold, Cat., n° 123, pi. & la p. 42; — S. Reinach, Cat., n° 63; — Joubin, Sculpt, 
gr. el rom., n° 45; — P. Pervanoglou, Bullettino dell' Instituto, 1865, p. 132; — 
Ilopvoaaot, IV, 1880, p. 658; — A, Sorlin-Dorigny, Gazette archiologique, VI, 
1880, p. 52-35 ; pl. VI; XI, 1886, p. 299; — V. Duruv, Histoire des romains, nou- 
velle Edition, 1883, V, fig. p. 108; — S. Reinach, Gazette archtologique , IX, 1884, 
p. 207; Ripertoirc de la statuaire, II, 1897, p. 576, 9; — Friederichs-Wolters, Gips- 
abguessr, 1885, au n° 1655, p. 669; — \V. Wroth, Journal of Hellenic studies, VI, 
1885, p. 199 et 200; VII, 1886, p. 132, n° 53; p. 140-142; — C. T. Newton, ibid., 
VI, p. 378-380 ; — II. von Rohden, Bonner Sludien, 1890, p. 3 sq. ; — J. J. Ber¬ 
noulli!, Roemische lkonographie, II, 2, 1891, p. 110, n° 19; p. 116, au n° ill ; p. 120, 
122, n° 1 ; p. 167, au n° 16; pl. XXXVIII ; cf. ibid., I, p. 235, s. v # Melellus Creli- 
cus [e'est dvidemment de notre statue qu’il s’agit & cet endroit: « nach einer Notiz, 
die icli nicht mehr genauer nachweisen kann, soil etwa im Jahre 1875 eine Metel- 



320 


N° 587 


T&TE D’EMPEREUR 


lusstatue auf Kreta entdeckt worden sein »]; — B. A. Mystakydes, 'Aj:6aj:aa[j. x 
iv. pa>[iat'-/.rj; iaTopia;, Constantinople, 1896, pi. I; — G. Treu, Die Bild- 
werkc von Olympia (Olympia, III), 1897, p. 217, note 1 dela p. 240, ct p. 271 (cf. Die 
Ausyrabungen zu Olympia, V, p. 15); —Th. Wiegand, Jahrbuch des archaeologi- 
schen Institute, XIV, 1899, p. 2, fig. ; — A. II. Smith, A catalogue of sculpture in 
the department of greek and roman antiquities, British Museum, II, 1900, au n° 1466, 
p. 251; — L. Savignoni, Monumenti antichi pubblicati per cura della r.Accademia 
dei Lincei, XI, 1901, col. 307 ; — G. Mendel, Catalogue du muste de Brousse, 1908, 
p. 17; Bulletin de correspondance helUnique, XXXIII, 1909, p. 265; —H. Koch) 
Antike Denkmaeler, III, 2, (1913), p. 24, n. 7. 

Photographies n“’ 27 (ensemble, face, 24 x 30), 2278 (ensemble, profil 4 droite, 18 x 24), 
341 (detail de la main gauche, pris de face, 21 X 30), 341 bi * (le m4me, pris de profil, 24 X 30). 


586 (406) T6te de Marc Aurele. 


Trouvce dans la mer a Ai'valy ; envoi de D. Baltazzi bey; entree au musee en 1889. 

Marbre blanc 4 gros grains cristallins ; rovers et somrnet de la tete sommairemenl tra- 
vailles ; brisee a mi-liauteur du cou ; manque I’exlr4mit4 du 
nez et de la barbe ; sur le cote droit de la t6te, qui devait etre 
enfoui dans la vase, l'6piderme du marbre a etc use dgalement 
par l’humidite, a pris une teinte jaune et ne porte que peu de 
concretions ; le cote gauche, expose k l’eau, a pris une teinte 
noiralre et est recouvcrt par endroits de concretions calcaires; 
hauteur, 0” 395; de la racine des cheveux k la pointe de la 
barbe, 0 m 295. 


Tete plus grande que nature; les yeux, qui ne 
sont pas incises, ont leur habituelle expression de 
douceur pensive; l’empereur porte sur ses cheveux, 
courts et boucles, une couronne de laurier ornee au 
centre d’un camee, semblable a celle que porte la statue d’Hadrien (n° 585; 
cf. plus haut, p. 317). 

Joubin, Sculpt, gr. el rom., n° 47. 

Photographie n“ 2030, au milieu. 



587 (46) TOte d’empereur. 

Provenance et date d'cntree douteuses (cf. ci-dessous). 


Marbre blanc a grams semis et peu cristallins ; revcrs sommairemenl travaille ; brisee k 
mi-liauteur du cou ; manque le nez ; erosions sur la base du front, les yeux, les cheveux, la 
barbe; une parUe de a couronne (sur le cote gauche du crftne) .Hait rapportee ct s’est 
detachee; 1 epiderme etail lustre ; usage modere du trepan dans la couronne, les cheveux, 
la prunelle et la glanUe lacrymale, les narines, la barbe ; hauteur, 0 ™ 39 ; de la racine des 
cheveux a la pomte de la barbe, 0 ,u 245. 



N® 58? — TfeTE d'eMPERKLR 


321 


II a la face large, le front haut et traverse de deux rides, des joues char- 
nues, la levre superieure cachee par de fines moustaches ; les cheveux, parta- 
ges en petites boucles courles et irregulieres, portent 
une couronne de chene, orn6e sur le devant d’un camee 
et nouee au revers par deux bandeleltes qui descendent 
sur le cou; la barbe bouclee, courle et drue, couvre le 
bord des joues, la pointe du menton et descend Ires bas 
sur le cou; une « mouche » sous la levre inferieure ; les 
yeux sont incises : l'iris indique par un cercle, les pru- 
nelles creusees. 

Nous ne somraes pas arrives ii identifier cette tete 
avec certitude ; nous avons pense a Albin ; la comparaison que nous avons pu 
faire, au Cabinet des medailles, avec quelques beaux bronzes de cet empereur, 
n’a pas et6 defavorable a cette hypothese, que vient appuyer aussi le portrait 
de Capitolin (chap. 13): « fuit statura procerus, capillo renodi et crispo, 
fronte lata... ». Toulefois, Albin n’avant guere eu de rapports avec 1'Orient, 
on pourrait penser a Pescennius Niger. 

Cette tete porte le n° d’inventaire 46 et figure dans les Sculptures grecques 
el romaines de M. Joubin, avec le n° 48, la dale d’entree 1887 et la prove¬ 
nance « Beyrouth, palais du gouvernement » ; or, il est etrange qu'un marbrc 
entre au mus£e en 1887 porte un n° d’inventaire si bas; et il se pourrait que 
cette tete se dissimulat sous l’une des « quatre teles barbues, de grandeur natu- 
relle et de style romain » que mentionne, des 1882, le Catalogue de M. S. 
Reinach aux n os 336-339. Nous ne sommes pas en elat de resoudre ce petit 
probleme; mentionnons seulement, k l’appui des indications donn^es par 
M. Joubin, qu’en 1887, l’Assir, dans cette croisiere archeologique qu’il fit dans 
la M6diterranee apres avoir charge les sarcophages de Sidon (cf. t. I, p. 18 et 
p. 580, au n° 253; ci-dessous, n° 602), toucha Beyrouth, « ou il embarqua 
plusieurs antiquites qui avaienl ete confisquees et deposees dans la cour du 
konak »,dont « une belle tete d'Uadrien » 'S. Reinach, Revue archeologique, 
1888, I, p. 77 ; chroniques d'Orient, I, p. 416); cette tete, mentionnee par 
M. Bernouilli (Roemische Ikonographie, II, 2, 1891, p. 116, n° 110), doit, de 
toutes manieres, etre distinguee decelle queM. Clermont-Ganneau avail trou- 
vee 5 Jerusalem en 1873-1874 ( Comptes rendus de VAcademie des inscrip¬ 
tions, 1874, p. 146 sq. [ibid., p. 150 sq., observations de Longperier sur les 
couronnes]; Archaeological researches in Palestine during the years 18/3- 
1874, I, 1899, p. 239 et pi. k cette page). 



Joubin, Sculpt, gr. el rom., n° 48 [cf. ci-dessus\ 


l’holographie n* 1041, & gauche. 


21 



322 


588 — 1IUST£ d'auglsTE 


588 (87) Buste d'Auguste (?). 

D’apres linventaire et M. Joubin, provenance et daLe d’entree sont inconnues ; la pro¬ 
venance est Ismid, et la date d’entree le 10 juillet 1880, comrae 1 etablit uue mention du 
Journal manuscrit de Dethier, 4 cette date, f° 79, n° 370 : « lte?u une caissc du mouarif 
[ministere de l’instruction publique] venant de Nikmid, contenant un buste d’empereur 
romain'(?) ou plutot prince, jeune, imberbe, nu [-tete], cuirasse; sur la poitrine, tete de 
Meduse ; partie du manteau flottant sur le dos; compose de deux pieces, la tete immise 
[= rapportee]; sur l'occiput, petite cassure ; donne au tachdji [marbrier] pour la reparer; 
hauteur, 0" 60. » 

Marbre blanc ; nez brise; revers du crane sommairement travaille ; revers du buste 
fruste ; levres et oreilles mutilees ; leg4re croute terreuse sur le visage et le cou ; au revers 
du crane, cassure remplie avec du ciment: une partie du paludamentum et le bord superieur 
de la cuirasse sont reslaures en pl&tre ; la tete, travaillee a part, a ete replac6e sur le buste; 
hauteur totale, 0" 593 ; de la tete seule, 0“' 26 ; de la racine des cheveux au menton, 0" 19. 

Baste coupe aux aisselles et a hauteur-des pectoraux ; l'empereur est repre¬ 
sente jeune, la tete legerement inclinee et tournee a gauche ; les yeux ne sont 

pas incises; il porte une cuirasse decoree sur la 
poitrine d’une tete de Meduse; et garnie, aux ou- 
vertures axillaires, de languettes frangees ; les 
epaulieres sont ornees d’un foudre ; celle de gauche 
est en partie cachee sous le paludamentum. 

Les mutilations du visage et la mediocrite du 
travail rendent la designation incertaine ; de toutes 
manieres, il parait difficile de douter que la tete 
ne represente un personnage de la maison julio- 
claudienne et ne dale du premier siecle. Est-ce a 
bon droit qu'elle a ete replacee sur ce buste? Les 
joints ne sont plus visibles, etant recouverts de 
platre ou de ciment; un ancien cliche, pris a l'interieur du Tchinili Kiosk 
(n° 38), montre encore 1 ensemble avant les restaurations : la tete semble trop 
s enfoncer entre les epaules ; mais cette apparence pourrait n’etre due qu’aux 
cassures des bords qui auraient a la fois augmente l’ouverture de la cavite et 
diminue 1 epaisseur du cou. Les circonstances de la decouverte seraient plutot 
en fa\eui du rapprochement. S il est justifle, l’oeuvre gagnerait un certain 
interet du tait que les busies cuirasses paraissent fort rares avant l’epoque 
d Hadrien, et de la forme meme du buste qui se rapproche de celle de 
l’epoque flavienne. 



S. Reinach, Cat*, n° 66 ; — Joubin, Sculpt, gr. el roni. t n° 44. 
Photographic n° 1045, 4 gauche. 



ti® 390 — PORTRAIT d’un ROM A IN 


323 


589 (137) Portrait d’un raembre de la maison julio-claudienne. 


Provenance et date d’entrAe inconnues. 

Marbre blanc a gros grains cristallins ; revers sommairement travaille ; extremite du nc/. 
mutilAc ; cassure sur le bord de la poitrine ; le bourrclet des oreilles, une boucle de che¬ 
veux sur le front sont restaures enplAtre; la tete, sculptee A part, s’encastrait dans 
une statue ; hauteur totalc, 0“ 395 ; de la tete, 0” 285; de la racine 
des cheveux au mcuton, 0" 19. 

Portrait d’un jeune homme glabre, aux cheveux courts ; 
les yeux ne sont pas incises ; le bord du manteau est 
visible derriere le cou; selon toute vraisemblance, c’est 
un personnage de la famille julio-claudienne, avec laquelle 
il prAsente d’incontestables marques de parente : le front 
bas et large, la levre inferieure rentrante, le menton osseux 
et bien detache, les cheveux couvrant la nuque ; — le 
travail a la correction et la froideur des oeuvres de cette epoque et est 
certainement anterieur & l’epoque flavienne. 



S. Reinack, Cat., n° 318 ; — Joubin, Sculpt, gr. et rom., n° 43 ; — S. Reinach, 
Gazette archiologique, IX, 1884, p. 209-210 ; pi. 28, a gauche. 

Photographies n” 1 8 (face), 9 (profll 4 droite). 


590 (45) Portrait d'un romain. 


Provenance et date d’entrAe inconnues. 


Marbre blanc lAgArement bleutA, A grains serres ; le revers de la lAte est sommairement 
travaillA, le sommet du crAne presque frusle ; nez mutilc; erosions sur les cheveux et le 
cou; nombreuscs Apaufrures superliciclles ; lAvres et plusieurs endroits de la surface uses ; 
la tAte semble avoir AtA sculptAe A part pour etre insArAc dans une statue ou un buste; 
les cheveux, les boucles do la barbe, les yeux sont creuses au trApan ; hauteur, 0“34. 



Tete de jeune homme, d’un caractere individuel tres 
marque ; elle est legerement inclinee vers l'epaule droite; 
le regard, dirige du meme cote, a une expression dure qui 
contraste etrangement avec le pli souriant des levres; les 
prunelles sont creusees d’une cavite en croissant ; un collier 
de barbe courte frise au ba6 des joues et sur le cou (les 



324 


N° 591 — PERSONNAGE ROMA1N SACRIF1ANT 


levres sont rasees) ; les cheveux sont courts et partages en boucles lrregu- 
lieres qui couvrent la nuque ; le bord du manteau est conserve derriere le 
cou ; — malgre 1’etat ou il se trouve, le marbre reste encore interessant 
par le realisme du travail ; il doit dater de la premiere partie du hi® siecle 
ap. J.-C. ; la maniere dont est portee la barbe rappelle celle d’filagabale(tete 
du Louvre, Bernouilli, Roemische Ikonographie, II, 3, p. 85, fig. 5) et 
d’Alexandre Severe (buste de Florence, ibid., pi. xxix); il n’y a d’ailleurs 
aucune raison de reconnaitre ici l’un ou l'autre de ces empereurs. 


Goold, Cat., n° 30 (?); pi. a la p. 38, en bas, a droite; — S. Reinhch, Cat., 
n° 320 ; — Joubin, Sculpt, gr. et rom., n° 42. 


Photographie n° 1044, 4 droite. 


591 (710) Personnage romain sacrifiant. 


Magn6sie du Sipyle; trouve, avec le n° 536, en fevrier 1895, dans la vigne d'un nomme 
Agop (sur les circonstances de la deeouvertc, cf. plus haut, p. 249); entre au musee le 4 sep- 
tembre suivant. 


Marbre blanc legirement bleut6, 4 grains menus et cristallins ; revers pique et sommai- 
rement travaille ; manqueut l'epaule gauche et le haut du bras gauche (rapport4s et scelles 
par plusieurs tenons et crampons), la main gauche (rapportee sans scellements), l'avant- 
bras droit (rapporte); le tenon qui fixait l'avant-bras droit etait consolide lui-meme par un 
goujon qui en traversait 1’extremite et qu’on voit encore dans la mortaise et au dessus du 
coude ; le pied droit est brise au dessus de la cheville avec la plus grande partie de la 
plinthe ; quelques plis de la draperie sont mutiles ; la lete, sculptee 4 part avec le pan du 
manteau qui tombe sur l'epaule gauche (l’autre taille dans un morceau distinct), est encas- 
tree dans le buste; le revers du cr4ne est taille dans deux morceaux rapportes et fixes 
par plusieurs tenons ; ils s’etaient detaches, ont et6 rajust4s et sont tous deux muliles; 
les joints, au revers, ne se raccordent plus ; quelques remplissages en plAtre au joint de 
la draperie et de l’epaule droite ; legeres erosions 4 l'extremiti du nez et sur 1’oreille 
gauche ; le pied gauche, avec la plinthe et le bas du tronc d’arbre, est rajuste ; quelques 
lacunes aux joints sont completees en platre ; emploi discret du trepan pour creuser les 
plis de la draperie; hauteur, 2” 13, dont 0”07 pour la plinthe. 


Debout, le corps reposant sur la jambe gauche, la droite legerement flechie 
et ecartee (le pied devait porter de toute sa longueur), il est vetu de la tunique 
et drape dans un manteau qui s’entr’ouvre sur le haut du buste et qu'il a releve 
sur la tete, selon 1 usage des sacrifiants; les bras sont caches sous la draperie: 
le gauche etait plie contre la poitrine (la main seule etait degagee); l’avant-bras 
droit, visible tout entier, etait a demi tendu en avant — la main tenait 
peut-etre une patere; les pieds portent des chaussures a semelle epaisse et 
d uncuir souple qui laisse transparaitre la forme des orteils ; elles sont nouees 
au dessus de la cheville par une courroie dont les extremity pendent sur les 



N° 591 — PERSONNAGE R0MA1N RACRIFIAXT 


32o 


coles de la jambe (calcei senatorii ou patricii ); un tronc d'arbre adherent au 
pied gauche unit la draperie ;i la plinlhe. 

La tete, aux cheveux courts et plaques, est legerement tournee el inclinee 
vers l’epaule droite, et s’abaisse un peu sur la poitrine ; 
elle etait paree d’une couronne metallique, fixSe dans 
trois mortaises creusees au dessus du front; on voit meme 
au sommet du front, immediatement au dessous de l’cx- 
tremite des cheveux, de petites surfaces en tres faible sail- 
lie, qui ont la forme de feuilles et qui, dorees probable- 
ment, se confondaient avec le feuillage de la couronne; 
celle-ci etait sans doute ornee d’une bandelette a laquelle 
semble correspondre un Svidement pratique dans le pan 
de draperie qui tombe sur le cote gauche de la tete ; une 
petite mortaise, creusee au fond de la partie evidee, 
semble indiquer que la bandelette elle-meme etait en 
metal; le dessin de l’arcade sourciliere, surtout le modelc 
du menton, partage parune fossette irreguliere, denoncent 
nettemenl un portrait: c'est un homme d’age moyen ; les 
cotes du front sont dcja ddgarnis ; un pli oblique se creuse 
aux exlremites des levres et un autre, plus accuse, des 
narines aux joues ; cependant les caracteres individuels 
sont attends et traites avec tendance 4 l’iddalisation; ils presentent une 
certaine ressemblance avec le type julio-claudien, et il parait probable que 
le personnage represents appartient & la famille imperiale; une designation 
plus precise est malheurcusement impossible. 

Le travail des draperies est mSdiocre; celui de la tele est beaucoup plus 
soign6, mais un peu sec et anguleux, et dans le style froidement classique des 
debuts de l’empire. 



Montionneo : Th. Ilomolle, Bulletin de correspondanee helltnique, XYIII, 189i, 
p. 541 (cf. 'Asov: a, tt tevrier 1895); — American journal of archaeology , XF, 
1890, p. 132; — S. Reinach, Revue nrclulologique, 1896, I, p. 91; Chroniques 
d'Orient, II, p. 471 ; — K. Buresch, Aus Lydien, 1898, p. 138; — A. Koerte, Ins- 
cripliones burcscliianae (Wissenschaftliche Beilage zum Yorlesungsverzcichnis der 
Universitaet Greifswald, Ostern 1902), p. 12 [cf. plus haul, p. 250-251'. 


Photographies n"’ 1755 (ensemble, 18 X 21 , 312 (la lete. de face, 21 X 30', 312 bu la tele, 
profit A droite, 21 x 30). 



326 


N° 593 


PAN JOUANT DE LA FLUTE 


592 (1236) Statue de Dionysos. 


Chouhout (= Tchifout) Cassaba, anciennc Synnada, sandjac d’Afioum cara hissar ; entrie 
au musee en 1903. 


Marbre blanc 4 grains serr4s et peu cristallins ; revers travaille, raais simplement 
piqu4; manquent l’avant-bras et le pied droits, le bras gauche et la jambe, bris4e juste 4 
l’endroit oil se terminait le tronc d’arbre qui lui servait d appui (noter le petit bourrelet de 
marbre, prcsque imperceptible sur le bord m e me de la cassure); nez et 14vres informes ; 

menton motile ; quelques cassures aux feuilles de la couronne; la jambe 
droite est reconstitute de trois fragments; les traces d’arrachements, 
sur la face interieure du mollet, correspondent au tenon transversal 
qui unissait lcs deux jambes; toute la surface du marbre a gravement 
souiTert du feu et est couverte de taches brunes et noires; au revers, 
l'attache du cou sur le buste est consolidee par une forte masse de 
marbre restfie fruste ; les cheveux et la couronne sont travailles au 
trepan ; hauteur actuellc, 1” 32. 


Lejeune dieu, nn, repose sur la jambe gauche, la droite 
forlement flechie et en arriere; les formes du corps sont deli- 
cates, mais nullement feminines; la tete, imberbe et tournee 
a gauche, est ornee d’une enorme couronne de pampres et 
de lierre, sous laquelle apparaissent les cheveux et les 
boucles qui descendent sur la poitrine; le visage est rond ; 
les prunelles sont legerement creusees ; les deux bras sont 
baisses; il tenait peut-etre un thyrse de la main gauche et 
sans doute une coupe ou un canthare dans la main droite (traces de deux 
tenons sur le cote exterieur de la cuisse); — travail decoratif d’epoque 
romaine; les formes et le modele semblent indiquer le second siecle, le travail 
de la chevelure la fin de ce siecle. 


Photographic n» 1 753. 



593 (26) Pan jouant de la flute; fragment d’un groupe. 


Tyrnovo ; cette provenance est donnee par l’inventaire; le Catalogue de M. S. Reinach 
indique seulement « Roumelie » ; la date d’entree n’est pas connue. 

Marbre blanc; le revers presente une surface plane et r4guli4re; brise 4 mi-jambes; 
corne gauche niutiloe; Erosions sur l’abdomen, l’ceil gauche, la main et l’avant-bras droits ; 
la statuette est encastree dans une base moderne prolilee, sur laquelle elle est encore con¬ 
solidee par un grand crampon de fer scelle a mi-hauteur du revers; hauteur actuelle, 
0- 675. 

La statuette, dont le revers a peut-etre ete retailld, a tres peu d’epaisseur et 
ressemble presque a un haut relief dont le fond aurait ete decoupe selon les 



N° r,(H — PAN JOUANT DE LA FLUTE 


327 


contours de la figure; — Pan est represents debout, les jambes legerement 
ecartSes, le buste incline un peu k droite, la tete, de trois quarts a gauche, 
penchSe en arriSre et regardant vers le haul; il tient de la main droite sa flute 
qu’il va porter a ses lSvres ou qu’il vient d'en eloigner, et, 
de la main gauche, un lagobolon appuye a l’epaule ; une 
peau deboucpendde l’avant-bras gauche ; type ordinaire k 
cuisses velues, pattes de chevre, buste maigre et musclS, 
grosse tele cornue, cheveux irrSguliers et incultes, longue 
barbe hirsute, petites moustaches, grandes oreilles poin- 
tues, nez Spate, levres bestiales, visage tourmentS; ithy- 
phallique. 

Ce Pan etait groupe avec une figure plus grande, placee 
k sa droite; il regardait vers elle et lui Stait uni par trois 
larges tenons dont les cassures sont visibles au cote droit 
de la tete, au coude droit et sur la face extSrieure de la 
cuisse droite ; cette figure etait probablement un Dionysos qui parait avoir 
re?u un culte assidu prScisSment dans la rSgion de Tyrnovo : cf. la serie de 
petits groupes publies par M. B. Filow dans le Bulletin de la societe archdo- 
logique bulgare, III, 1912, p. 25 sq.; Pan y apparait dans une attitude difle- 
rente, mais sous le meme type et avec les memes altribuls; comparez aussi 
le groupe de Ny Carlsberg, S. Reinaeh, Repertoire de la slaluaire, IV, p. 69, 

1 ; — mauvais travail d’Spoque romaine. 

S. Reinaeh, Cat., n° 37 ; — Joubin, Sculpt, gr. el rom., n° 77, 



594 (1135) Pan jouant de la fltite. 


In BaVri (sandjac d'lsmid) ; entrS au musie le 22 scplembrc 
1900. 


Marbre blatic A grains semis et peu cristallins; revers Apan- 
nelA ; brisA A mi-jambes ; manquent le bras droit, du biceps au 
poignet, et presque tout le lagobolon (tenon surle hautdu bras et 
au dcssous de la main gauche) ; nez, main gauche mutilcs ; 
surface usAe ; hauteur acluelle, 0" 865. 


Type ordinaire ; la jambe d’appui est a gauche; le 
buste est nu, maigre et long, les cuisses velues ; la 
tete est tournee a droite; visage bestial, prunelles 
creusees, longues oreilles poinlues, cornes recourses, 
longue barbe hirsute, partag^e en meches ondulees qui 




328 


N° 596 — STATUE d’hOMME 


descendent sur la poitrine; les poils du pubis sont indiques plastiquement; le 
membre viril est rejete sur la cuisse droite ; de la main droite, placee sur le 
haut du buste, il tient une flute de Pan, et, de la gauche, le lagobolon appuye 
a l’epaule ; une peau d’animal, sans doute de bouc, pend sur l’avant-bras 
gauche ; la cuisse gauche adhere a un tronc d’arbre ; — travail d^coratif et 
mediocre d’epoque romaine. 


Photographic n° 2074. 


595 (173) TSte colossale de dieu marin. 


Ismid ; la date d’entree n’est pas connue. 


Marbre gris bleu ; revers 6pannele ; la surface du marbre est tout enti&re passee au gris 
noir et piquee par l’action de 1’eau ; les cheveux, sur le front, sont brises ; le globe des 
yeux, l’extremiti du nez, les levres, le bord infirieur sont mutiles ; hauteur, 1“ 08. 



La tete, coupee a l’attache du cou, etait surmonlee 
d’une abondante chevelure dont quelques meches 
descendaient sur le front et dont la plus grande par- 
tie retombe sur les c6tes du visage en un long flot 
de boucles mouillees ; la barbe, tres longue et tres 
fournie, est traitee dans le meme caractere; les 
sourcils sont indiques plastiquement; le revers est 
evide, sans doute pour recevoir une conduite d’eau 
qui s’echappait par la bouche largement ouverte ; 
— travail decoratif d’epoque romaine. 


S. Reinach, Cat., n° 331 ; — Joubin, Sculpt, gr. et rom., n° 74. 


Photographies n°‘ 25 et 26 b " [la t4te est prise sur les m£mes cliches que le Zeus de Gaza 
(n° 611); elle est bien visible sur la plaque n° 25], 


596 (96) Statue d’homme. 


Dapr^s Goold, la statue, envoi de Carabella effendi, mouavin du gouvemeur gdn<5ral de 
Tripoli d Afnque, Al. Riza pacha, proviendrait de .Benghazi; cette provenance ne nous 
parait pas pouvoir etre acceptee sans reserves. Dans une lettre 4 Goold du 22 decembre 



N ft B9G — STATI.’E D'HOMME 


329 


1SC9 'archives du musec imperial, dossier Goold, B i 1), Carabella mentionne trois statues 
qu il expAdia A Constantinople le mois suivant, ainsi qu’en temoigne une lettre adressee par 
lui A Safvet pacha, ministrc do I'instruction publique et des beaux-arts, le 15 janvier ls7i) 
{ibid., B i 4) : « Excellence, la difficultA de nos moyens de communication avec Constanti¬ 
nople in’a seulc empAchA jusqu'A present de vous faire parvenir plusieurs antiquites que 
j ai rAussi A faire dAcouvrir depuis mon retour de la capilale ; je vous les expedie aujour- 
d’hui ; ce sont trois statues en marbre, d’un travail sccondaire, malheureusemenl decapi- 
tees, el une tele {tans corps ; celle qui est grandement drapee provient des environs de 
Tripoli (ancienne Oea : e’est probablement quelque empereur romain ; celle ou l’on voit an 
aigle provient aussi des enrtron's de Tripoli ; la troisiAme a ete porlAe de Houms 'ancienne 
Lcptis magna ou Lebda). Cet envoi, ajoute au precedent [dont il n'y a plus traces dans nos 
archives], porte & six pieces dont un sarcophage, non compris quelques vases et objels 
divers, les antiquites expedites de notre vila'iet. » Ccs trois statues se retrouvent en effet 
dans le Catalogue de Goold, la premiere sous le n" 8 : « statuette, marbre : hauteur, 1“ is ; 
personnage consulairc richemenl drape ;decapitee; provenance Cyrenaique » ; la seconde 
[= notre n“ 1110] sous le n° 9: « statue, marbre; hauteur, 1“ 50; decapitee... aigle imperial a 
droite ; provenance Leptis magna » ; la troisiAme [= notre n° 5sl] sous le n‘ 7: « formes 
gracieuses, belles draperies, ciseau artistique ; provenance Leptis magna (LAbida, mutes- 
sariflik de Hums). » Nous saisissons ici sur le fait et par un double exemple la negligence 
de Goold qui altribue & la Cyrenaique la premiere de ces statues trouvAe aux environs de 
Tripoli, et A Leptis magna la seconde trouvAe aussi dans les environs de la mime ville. 
La statue dont nous nous occupons en ce moment doit faire partic du premier envoi, 
mentionnd par Qarabclla dans la lettre A Safvet pacha que nous venons de citer ; la dale 
exacte de cet envoi nous est iuconnuc, mais nous en pouvons fixer le terminus ante quem : 
notre statue est parvenuc au musAc imperial ccrtainement avant le mois d'aoftt 1868, date 
oil elle fut vue et sommairement decrite par Albert Dumont, soil un an au moins avant lc 
mois dc juillct 1869, date de la nomination de Goold (cf. t. I, introduction, p. xm et note 3 
A cettc page): ainsi pourrait-on s'expliquer que notre Dossier Goold ne rcnfermAt aucune 
piece relative A ce premier envoi, et l’on aurait, par suite, unc raison de plus de se defier 
de la provenance indiquAe par uu homme qui d’ailleurs distinguait mal CyrAnaiquc et Tri- 
politaine. Enfin, il nc parait pas que Carabella ait jamais pu realiscr ses projets sur Ben¬ 
ghazi ; dans une lettre a Goold du 20 mars 1870 (archives du musAe imperial, dossier Goold, 
B i 6), il se plaint de n’avoir refu de Benghazi que des « objets communs, insignifiants », 
et il elaborc un plan de campagnc pour une expedition qu’il conduirait lui-meme en Cyre¬ 
naique ; inais il n'cut pas le temps de l'executcr puisque, en avril, il Atait A Broussc avec 
Ali ltiza pacha qui y avait etc transfAre on qualitc de gouverneur gAneral (cf. t. I. intro¬ 
duction, p. xiv, note 1); de fait, A part le n” 8 dont la veritable originc —nous venons de 
le voir— a AtA travestie et le n° i, qui est la statue en question, tous les envois dc Cara- 
bclla ou d’Ali Biza pacha qui figurent dans lc Catalogue de Goold proviennent de Tripoli- 
tainc (cf. n°‘ 3, 7, 9, 22, 33, 67, 98). Nous croyons done pouvoir conclure que notre statue 
provient de Tripolitainc et qu'clle est entree au musAc dans le premier semestre 1868. 


Marbre blanc A grains serres et peu cristallins; le travail est moins poussA an revers ; 
manque l’avant-bras droit ; les pieds et le scrinium sont rajustes (le pied droit en deux 
fragments avec le bas de la draperie); le bord de la tunique est mutile autour de la cavilA 
destinAc A rccevoir la tele ; quelques cassures aux plis du manteau ; la plinthe incomplAte 
est encaslree dans une base moderne ; — la tete, travaillec A part, n’est peut-Atre pas 
celle de la statue; narinc droite endommagee ; lAgAres erosions sur les paupiAres ; — le 
IrApan a AtA employe pour les cheveux, les plis et los franges de la draperie, les fieurs de la 
guirlande (notez, sur la partie dc la guirlande qui passe sur I’abdomcn, le travail en « nid 
de guApes » — en rAalilA inacheve) ; hauteur, au dessus de la plinthe. la tete, en lY-lat actucl, 
comprise, 1” 83. 


11 est debout, portant sur la jambe gauche, la droite legerement ilechie et 
ecartee sur le cote, les deux pieds a plat sur le sol; il porte une tunique et un 
manteau A bord frange qui, pose sur 1'epaule gauche, passe sur le dos, revient 
sous le bras droit, drapant tout le corps sauf 1'epaule et la partie droite de la 



330 


N° 596 - STATUE d’hOMME 


poitrine, et remonte sur l’epaule gauche d’ou il tombe par derriere ; le bras 
droit etait baisse et plie, la main, tenant peut-etre un attribut, ramenee a hau¬ 
teur de la hanche (restes, sur la hanche droite, d’un 
tenon creuse d’une mortaise); le bras gauche, sous la 
draperie, pend pres du corps ; la main, degagee, tient 
un pli de l’6tolFe qui descend le long de la jambe 
jusque sur un scrinium,' place a terre (il est muni 
d’anses souples qui pendent sur les parois, attachees a 
de petits anneaux); les pieds sont chauss6s de san- 
dales a semelles minces; une epaisse guirlande de 
fleurs, d’epis, de pommes et d’aiguilles de pin, de 
fruits divers, entouree d’une bandelette, passe en 
echarpe de l’epaule gauche a la hanche droite. 

La tete, tournee a gauche, est celle d’un jeune 
homme ; la face est large et plate, les yeux ne sont 
pas incises ; un leger duvet frise sur les joues (il est a 
peine visible sur la joue gauche); les cheveux, abon- 
dants et courts, descendent en meches epaisses et pla- 
quees sur les tempes et le front. Il n’est pas certain 
qu elle appartienne a la statue ; la partie du cou qui forme tenon est trop courte 
pour la profondeur de la cavite ou elle s’engage, et les lignes du cou ne se 
rattachent plus a celles de l’epaule qui, a l’endroit ou elles devraient les 
rejoindre, se trouvent en saillie de 0 m 02 a droite et de 0 m 03 a gauche ; la tete 
parait ainsi enfoncee entre les epaules, et 1’elFet en est d’autant plus desa- 
greable qu’il contraste avec les proportions plutot sveltes du corps. Il faut 
toutefois constater que corps et tete sont du meme marbre, recouverts par 
endroits des memes taches jaunatres et que le travail y a le meme caractere ; 
ces particularity s’expliqueraient d’ailleurs si Ton admet que non seulement ils 
ont une origine commune (et par suite peuvent provenir d’un meme atelier), 
mais qu’ils ont pu etre d^couverts a peu de distance l’un de l’autre, dans un 
meme terrain. [Nous avons suppose un moment que la tete pourrait bien etre 
cette tele sans corps que Carabella mentionne dans sa lettre a Safvet pacha 
(citee plus haut, p. 329), et que Goold aurait illegitimement unie a un corps 
sans tete ; cette hypothese a pour elle que la tete isolee envoyee par Carabella 
ne se trouve pas dans le Catalogue de Goold ; elle a contre elle la description 
de Dumont: « statue en pied d’un jeune romain », qui semble bien impli- 
quer que notre statue avait d6ja sa tete au mois d’aout 1868]. 

La guirlande indique sans doute que le personnage represente prend part a 
quelque c^remonie religieuse (peut-etre du culte dionysiaque); le travail, aussi 
bien celui de la tete que celui du corps, est mediocre et doit dater du n e siecle 
ap. J.-C. 




N° 597 - TfeTE DAPOLF.ON 


331 


A. Dumont, Musie Sainle-Irine (Reeue archiologique, 1868, II), p. 250, n* XV; — 
Goold, Cat., n° 4 ; — S. Reinach, Cat., n° 39; — Joubin, Sculpt, gr. et rom., n° 103 ; 
— S. Reinach, Rtpertoire de la staluaire, II, 1897, p. 46, 3. 

Photographic n* 28, 


597 (388) Tfite d’Apollon. 


Cyme ; fouilles de D, Baltazzi bey; campagne de novembre 1887 ; trouv6e avec les n°* 333, 
598-600, 803-806 ; entree au musie en 1888. 

Marbre blanc 4 petits grains cristallins, ou Baltazzi, peut-etre 4 tort, reconnaissait du 
Paros; les cheveux, au sommet du cr4ne, sont sommairement travailles ; le revers de la 
statue 6tait pique ; d-rosions profondes sur le menton, legAres sur les cheveux au cote droit 
du crAnc ; la lete est travaillde 4 parlet s’encastraitdans une statue; la partie formant tenon 
est mutilee au dessous de l’dpaule droite ; le bord de la draperie, autour du cou, etait sculpte 
dans des pidces rapportdes (reste un petit tenon de bronze sur le devant); usage moddrd du 
trdpan dans les cheveux, la glande lacrymale, les narines, le coin des Idvres. 

Les cheveux et la couronne sont peints en rouge; traces du mime ton sur les yeux et 
entre les lfevres. 

Hauteur totale, 0” 435; de la racine des cheveux au menton, 0" 195. 




Elle est fortement inclinee vers l’dpaule droite ; le regard dirig6 vers le 
haut, les narines dilates, les lfevres 
entr’ouvertes lui donnent une expres¬ 
sion inspiree et extatique, mais sans 
pathos outrd ; les cheveux, partages en 
meches recourbees et irregulieres, se 
relfevent autour du front et couvrent la 
nuque ; ils sont ceints d’une couronne 
annulaire entouree d'une bandelette et 
percee de petits trous oil s’ins^raient 
probablement des feuilles m6talliques 
(cf. le buste de Naples, Brunn- 

Bruckmann, Denkmaeler griechischer und roemischer Skulptur, pi. 365, ou 
O. Bossbach, Neue Jahrbuecher fuer das klassische Altertum, II, 1899, t. m, 
p. 55 sq., pi. I, 3, reconnaissait Antiochos II Theos). 

Le type est probablement emprunte a un modele pergamenien, mais e’en est 
une transposition froide et banale ;• le modele est dur et sommaire ; le dessin 
des yeux tres mou ; les cheveux d'un travail assez adroit, mais monotone; 
1’ii‘uvre, avec son apparence pathetique, est en reality denuee de toute expres¬ 
sion; elle est certainement d’epoque hellenistique, mais ne semble pas pouvoir 
etre plus ancienne que la fin du iii* ou le n e si6cle av. J.-G. M. Rossbach 
a suppose qu’elle ornait, avec les t£tes et la statue suivantes (n os 598-600) — 



332 


N° 598 — t£tE d'art£mis 


auxquelles il faut ajouler les fragments n os 803-806 et la fete de Tibere, n° 333, 
oil le meme savant reconnaissait une femme, Laodike, mere de Seleucus II — 
un sanctuaire consacre au eulte politique des Seleucides: nous ne croyons 
pas que cette hypothese doive etre retenue. 

Joubin, Sculpt, gr. et rom., n° 10; — S. Reinach, Revue archiologique, 1888, I, 
p. 85, 4°, 383 ; pi. XV, troisiemo rang A partir du haut, face et profit; Chroniques 
d’Orienl, I, p. 427, 4®, 477 ; frontispice ; — Th, Reinach, Revue des etudes grecques, 
I, 1888, p. 114 ; — Athenaeum , 1888, I, 3 mars, p. 283; — American journal of 
archaeology, IV, 1888, p. 86 ;— 0. Rossbach, Jahrbuch des archaeologischen Insti- 
tuls, XVI, 1901, archaeologischer Anzeiger, p. 99-100; Berliner philologische 
Wochenschrift, 1901, col. 1179. 

Photographies n»* 1042, a gauche (face), 1043, 4 gauche (profil 4 droite), 6 (trois quarts 4 
droite). 

598 (386) TMe d’Artemis. 

Cyme; fouillcs de D. Baltazzi bey ; canipagnc de novembrc 1887; trouvee avec les n" 333, 
597, 599, 600, 803-806 ; entree au musAe en 1888. 

Marbre blanc 4 grains Ires seri es et peu cristallins ; revers sommairement travaille; la 
tete cst sculptee 4 part et s’encastrait dans une statue; le lobe de l’oreille gauche, la lAvre 
inferieure, la stephane sont mutiles; legeres erosions suv le menton; quelqucs fragments 
recollAs ou manquants 4 la naissance de la poitrinc; manque la calotte du crAne qui Atait 
rapportee. 

L'iris Atait peint; traces de rouge sur les cheveux. 

Hauteur, 0" 39 ; de la racine des cheveux au menton, 0 m 185. 

La tele est legerement inclinee vers l’epaule gauche ; le visage est d’un bel 
ovale, allonge mais sans maigreur ; la bouche, petite et d’un 
joli dessin, s’eclaire d’un sourire aimable; une fossette se 
creuse sous la levre inferieure et sur le menton ; les yeux 
etaient peinls; le front est lisse et triangulaire; les cheveux, 
separes par une raie, l’encadrent de deux bandeaux ondulcs, 
d’un travail rapide mais souple, qui couvrent le haut des 
oreilles; ils portent une stephane basse qui etait decoree, 
sur le devant, d’un ornement metallique, fixe dans une 
petite mortaise circulaire ; les oreilles sont percees pour 
recevoir des pendants. 

Cette tete represente tres vraisemblablement Artemis, 
qu il est tout naturel de trouver a cole de son frere Apollon (n° 597); e’est 
un assez bon exemple du type, issu de la tradition praxitelienne et depouille 
de toute hauteur divine, qu’a aime l’art hellenistique; le travail est elegant et 




N° 599 - PORTRAIT IIEM.KMSTIQUE 


333 


adroit, mais d6nue de caractere et d'originalite; lVeuvre est sans doute con- 
temporaine de la precedente. 


Joubin, Sculpt, gr. cl roin., n° 6 ; — S. Reinach, Recue archtologique, 1888, I, 
p. 8a, 1°, 383 ; pi. XV, en bas; Chroniques d'Orienl, I, p. 426, 1®, 477 ; frontispice; — 
cf. toule la bibliographie citee au n° precedent, etajoutez : John P. Peters, The cen¬ 
tury magazine , XLY, 1893, p. 551, fig.; — Ahmed Kefik bey, Buyuk tarikh-i-oumoumi 
( llhtoireginirale , en turc),II, 1911, fig. 435. 

Photographies n°‘ 3 (face), 1 (profil 4 droile), 2 (profil 4 gauche). 


599 (387) Portrait hell6nistique. 


Cym6 ; fouilles de D. Baltazzi bey; campagne de novembre 1887 ; trouve avec les n” 333, 
597, 598, 600, 803-806 ; cnlrd au musee en 1888. 


Marbrc blanc 4 grains petils et cristallins, oil Baltazzi, 4 tort peut-dtre, reconnaissait du 
Paros; Erosions 4 I'extr4mite du nez, sur les 14vrcs et la parlic gauche du front; la Kite est 
travaillde 4 part; la partic qui s'encastrait dans le buslc est mulilie au revers. 

Traces d’oere brun sur les cheveux, dc rouge sur le contour dcs yeux, les narines, les 
16vres; l’iris etait peint. 

Hauteur, 0“ 425 ; de la racinc des chevcux au menton, 0“ 195. 


G’est le portrait, discrelement idealise, d’un homme d’&ge moyen; il est 
imberbe ; les cheveux sont courts et parlages en peliles meches bouclees d’un 
travail un peu moins pousse au sommet, 
au revers et meme sur le cote droit du 
crane ; le caractere individuel est surtout 
marqu6 dans le front tres bas et creuse 
de deux rides, dans le dessin de l’arcade 
sourciliere, dans les narines largemenl 
dilatees, dans la bouche tres petite, et 
dans les lfevres, qui, sans etre entr’ou- 
vertes, sont cependantplus espacees l’une 
de l’autre qu’il n’est ordinaire; une 16- 
gere inclinaison vers l’6paule gauche, 
donnent a la physionomie une expression 
lique, qui ne laisse pas de paraitre un peu etrange sur cette lete vigoureuse- 
menl bfilie, port6e sur un cou puissant et qui donne plutot 1’impression d'une 
force alhl6tique et un peu brutale. 

Le models des chairs est sec et sans caractere; l’oeuvre est de la meme 
mature, et, croyons-nous, dela meme main que le n° 597. M. Kossbach y recon- 



le regard 
pensive et 


dirige vers 
doucement 


le haut 
melanco- 



334 


fi« 600 


STATUE DE JEUNE FEMME 


naissait Seleucus II; cette identification est a bon droit repoussee par M. Alan 
J. B. Wace, l. infra l. ; — sur le rapprochement de celte tete et d’autres frag¬ 
ments trouves au meme endroit, cf. plus bas, au n° 803. 

Joubin, Sculpt, gr. et rom., n° 82 ; — S. Reinach, Revue archiologique, 1888, I, 
p. 85, 3°, 383 ; pi. XV, deuxieme rangee a partir du haut, face et profil; Chroniques 
d'Orient, I, p. 427, 3°, 477; frontispice; — cf. en outre toute la bibliographic citee au 
n° 397 et ajoutez: Tb. Schreiber, Studien ueher das Bildniss Alexanders des grossen 
(Abhandlungen derphilol.-hist. Classe der kgl. saechsischen Gesellschaft der Wissen- 
schaften,XXl, 3), 1903, p. 137, note 39 ; — Alan J. B. Wace, Journal of hellenic stu¬ 
dies, XXV, 1905, p. 96, E. 

Photographies n 0 * 1042,4 droite (face), 1043, a droile (profil 4 gauche), 562 (profil 4 droite), 
10 (trois quarts 4 droite). 


600 (397) Statue de jeune femme. 


Cyme ; fouilles de D. Baltazzi bey; campagne de novembre 1887; trouvee avec les n" 333, 
597-599, 803-806; entree au mus4e en 1888. 


Tout le corps est en marbre bleute, 4 gros grains cristallins; la tete est en marbre blanc, 
4 grains tris serrcs et lr4s fins, oil Baltazzi reconnaissait, 4 tort peut-etre, du Paros; le 
pan du manteau qui couvre le sommet et le revers du crhne est du meme marbre bleute 
que le corps; revers pique et sommairement travaille; — la tete, sculptee 4 part avec le 
haut de la poitrine, s’est brisde 4 la base du cou; les deux fragments, rajustes ensemble, 
ont cl6 replaces dans la cavite destinee 4 les recevoir ; quelques lacunes au joint; 6rosions 
sur le haut de la poitrine ; le revers et le sommet du crane, en deux pieces distinctes, sont 
rajustes ; il manque le pan (rapport^) de l’himation tombant sur le cot6 gauche de la tete, 
un fragment au somnietdu dos,et le bord, 4galement rapports, du pan tombant surl’epaule 
droite; les bords de la draperie, sur la poitrine, sont en partie rajustes et 16g4rement muti- 
les, manque la main droite qui ct aif rnpportce (mortaise circulaire au dessus du sein droit); 
un fragment du poignet est rajusti ; le bord du pan de l’himation qui descend de l’avant- 



gauche, lequel a conserve quelques traces du pompon terminal; manquent aussi les orteils 
du pied droit (rapportes), la partie anlerieure du pied gauche (rapportee; mortaise irregu- 
liere au joint) ; la partie anterieure de la sandale du pied gauche, conservee et taill4e dans 
une piece a part, est rajustce; manque un fragment rapporte de la draperie derriere la 
jambe gauche (deux mortaises avec leur tenon de fer) ; au meme endroit, un fragment 
recolle; sur le bord de la plmlhe, en avant du pied droit, deux morceaux brises sont rajus- 

l^r lq r? r r°? SUr , les .P hs de la draperie ; les cheveux sont travailles au trepan; 
plinthe irreguliere et peu 4paisse, destinee 4 etre encastree dans un socle. 

rwavnnt 'f cheveux ; de bleu sur le chiton; Baltazzi bey et M. Joubin ont 

remarque des traces de dorure sur lhimation. 

Hauteur, 1" 45, non compris la plinthe qui varie de 0" 035 4 0" 05. 


Une jeune femme est debout, le corps de face et portant sur la jambe droite, 
la gauche flechie legerement, le pied pose a plat; les formes du buste, greles, 
semblent encore celles dune jeune fille, mais celles de l’abdomen sont dune 



N 8 601 — STATUE d’l.N PERSONAGE 1|£rOIs£ 33o 

femme; elle porte un chiton, discretement echancrA en rond ; l’himation est 
releve sur le revers de la tete ; l’etoffe en est assez legere pour laisser trampa- 
raitre par endroits les plis de la tunique ; les angles 
en sont ornes d’un petit pompon (celui qui tombe devant 
la jambe gauche est brise, mais les traces en sont r con- 
servees encore sur le genou); les bords sont ourles ; ils 
s’ecartent un peu sur le haut du buste, degageant le cou 
dAlicatement modele; le pan qui descend de l’epaule 
droite couvre le bras droit, rarnene contre la poitrine (la 
main decouverte), et va retomber surle bras gauche, plie 
a angle droit et tout entier cache sous la draperie ; la 
tete est petite, avec un visage d’un joli ovale, des traits 
fins et ramasses, sans caractere individuel; une incli- 
naison assez sensible vers l’epaule droite lui donne un 
air reveur, qu'accuse encore le vague sourire des levres 
entr’ouvertes ; les yeux ne sont pas incises ; les cheveux 
sont partages en grosses cotes ondulAes et nouAs par 
un noeud bas au sommet de la tete; les pieds sont 
chaussAs de sandales a doubles semelles. 

Cette statue reproduit un type hellAnistique tres 
frequent dans les figurines de Myrina et de Priene; l’elegance maniAree, la 
senlimentalite banale de l’altitude, l’expression inerte du visage permettent 
de la rapprocher de certaines statues de MagnAsie du Meandre (en particular 
de notre n° 550) et de l’attribuer comme elles au i er siecle av. J.-C. ; la 
disproportion voulue entre le buste et l’abdomen est bien dans le caractere de 
cette dpoque ; le travail des draperies est lourd ; celui des chairs froid et sans 
accent; celui des cheveux, execute au trdpan, franchement mauvais. 

Joubin, Sculpt, gr. et rom., n° 92; — S. Reinach, Revue archiologique, 1888, 1, 
p. 8i), 5°, 383; pi. XV, au milieu; Chroniques d'Orient, I, p, 427, 5°, 477; frontispice; 
Repertoire de la statuaire, II, 1897, p. 666, 6 ; — cf. en outre toute la bibliographie 
citde au n° 597. 

Photographies n”‘ 31 (face), 32 (pi-oiil A droite), 193 (trois quarts A gauche). 



601 (600) Statue d’un personnage h4ro'is6. 

MagnAsie du MAandre; fouilles de Humann, 1890/1 ; trouvAe dans le bAtimcnt au nord- 
ouest du thAAtrc; entrAe au musAc en 1893. 


Murbre blanc A grains serrAs et pcu cristallins; le revers est simplemcnt pique sur la dra¬ 
perie, les tenons, la cuirassc ; manquent la moilie supArieure du corps, tout lc bras droit, 



336 


N° 602 — TKTE DE l’aPOI.LON « LYCIEN )> 


le bras gauche saufla main, le membrc viril (qui etaitrapporte); la main gauche, avec tout 
le pan conserve de la chlamyde, est rajustee (manque le petit doigt; plusicurs plis mulilcs; 
le tenon qui unit la draperie au milieu de la cuisse partiellemcnt rcstaurc ; celui qui s’atta- 
chait au dcssus du jarret manquant); tenon mutile sur le haut de la cuisse droite; une bandc 
de marbre assez large unit les deux mollets; la plinthe rectangulaire, brisce 4 Tangle pos- 
lurieur gauche, va s'amincissant vers la droite. 

La statue presenle des traces remarquables du travail de la mise au point : ce sont dcs 
rcperes (pareils a de petites verrues de marbre) qui se relrouvent symetriquement 4 droite 
et 4 gauche : sur le tibia au dessus du cou de pied, sur la face intericure et exterieure du 
mollet, sur le devant de la cuisse au dessus du genou (douteux sur la cuisse gauche), au 
dessous du pli de l’aine et sur la fessc. 

Hauteur actuelle, 1” 51; dimensions de la plinthe: hauteur, a gauche, 0" 18 ; a droite, 0 m 08; 
largeur, 0“ 88; epaisseur, 0” 62. 

Le personnage etait nu et represenle dans une altitude voisine de celle de la 
marche : le poids du corps portant sur la jambe droite, la gauche rejelee en 
arriere et ne touchant le sol que de la planle ; cepen- 
dant le buste, assez fortement hanche, s'incline du 
cote de la jambe libre, et il est vraisemblable, 
d’apres les analogies, que l’epaule gauche, sur laquelle 
etait jelee I’exlremite de la chlamyde, etait legerement 
relevee et avancee ; la main gauche est posee sur la 
hanche, un peu au dessous du pli de l’aine; le man- 
teau s’enroule autour de 1’avant-bras et tombe le long 
de la jambe; le bras droit etait baisse aussi, et la 
main, placee a hauteur de la cuisse, a laquelle elle 
etait unie par un tenon, tenait peul-etre 1’epee; a 
terre, formant support contre la jambe droite, un tronc 
d arbre sert d’armature il une cuirasse ornee d’un 
gorgoneion et serree par une ceinture a flot releve. 

Cette statue, qui represente le personnage honore — general ou empereur — 
dans la nudite heroi'que, appartient a un type connu par d’assez nombreuses 
repliques; elle associe le motif du Doryphore aux formes lysippeennes ; l’ori- 
ginal a sans doute ele cree a la fin du iv e siecle ; l’exemplaire de Magnesie doit 
dater des environs de l'ere chretienne. 



Joubin, Sculpt, gr. et rom., n° 79; — C. Walzinger, dans Magnesia am Maeander, 
1904, p. 213 ; fig. 216 ; — S. Reinach, Repertoire de la statuaire, IV, 1910, p. 362, 4. 

Photographic n» 184. 


602 (361) Tgte de 1 Apollon « lycien ». 


J,t S H!Vr 01 de r rars f na , 1; c ’ e , st P eut - are la .. tres belle tete de style attique », trans- 
portee de Thasos a Constantinople par 1 Assir en 1887 (cf. t. I, p. 18, et p. 580 au n« 253; ci- 



N° 602 - T&TE Di; l’APOLLUN « LYC1EN )) 


337 


dessus, p. 321 au n* 387), ct mentionnce par M. S. Reinach, Revue archeologique, 1888, I, 
p. 7 ; Chroniquet d'Orient, I, p. 41(3; en cc cas, la date d'cnlree scrait non pas l’ann^e 1886, 
donnee par linvcntaire, mais I'anncc suivantc. 


Marbre lhasicn, a gros grains crislallins ; le travail est moins pouss£ au revers; brisee 
irregulierement sur le cou; net et levres mutilcs ; erosions superficielies sur les cheveux, la 
jouc droite, le menton ; traces d’arracliements sur le liaut du cr&ne; certaines parties sont 
noircies coinmc sous l’action du feu; le trepan a et6 employ^ pour les cheveux, les oreilles, 
la glande lacrymale, les extremites des levres. 

Traces de couleur rouge sur les yeux. 

Hauteur totale, 0 m 415 ; du visage, 0“ 303; de la racine des cheveux au menlon, 0" 22. 


Rile est inclinee legerement a droite sur le cou penche a gauche; les levres 
entr’ouvertes — les gencives sup6rieures sont visibles — le regard dirige vers 
le haut lui donnent une expression doucement pathetique; les cheveux sont 
disposes, sur le front, en deux 6pais bandeaux ondules que traverse, au som- 
met, une tresse mediane ; derriere les oreilles, dont ils cou- 
vrent le sommet, ils sont serres par un ruban autour du- 
quel ils se relevenl, formant sur la nuque une sorte de 
large catogan ; la main droite etait posee a plat sur le 
haut du crane, comme le montrent les traces d’arrache- 
menls qui correspondent exactement a l'extr^mile de 
Tavant-bras, au relrecissement du poignet et a l’elargisse- 
ment de la paume. 

Cette t6te, dont il existe de nombreuses repliques (la 
lisle a p. W. Klein, l. infra f.), provient d’une statue d’Apollon dont l’original 
se trouvait au Lycee, a Athenes : le dieu s'appuyait sur un pilier place a sa 
gauche, et, tenant l'arc de la main gauche, relevait la main droite sur la tete 
« comme s’il se reposait d’un labeur prolonge » (Lucien, Anacharsis , 7); 
l’oeuvre, dont le celebre « Apollino » de Florence est une redaction posterieure 
dans des formes Ires feminisees, semble avoir 6t6 cre^e dans la premiere partie 
du iv 6 siecle; l’exemplaire de Thasos, malgre le modele un peu sec des 
chairs et l’aspect desagreable que donne a la chevelure 1’emploi du trepan, est 
un bon travail romain, qui cherche a rendre le style large et calme de l’ori- 
ginal; la ligne incisee qui souligne le trace de l’arcade sourciliere gauche, celles 
qui divisent les meches de cheveux au revers du crane et sur le chignon 
paraissenl d’autre part reveler I'imitation d’une oeuvre en bronze. 



Joubin, Sculpt, gr.ct rom., n°7 mentionnee : P. Arndt, Einzelaufnahmen, serie 
1,1894, texte, p. 17, au n° 276 ; — \V. Klein, Praxiteles, 1898, p. 164, note« Koepfe », 
u° 8. 


Photographic n° 63. 


22 



338 


N° 603 — STATUE bE FEMME 


603 (28) Statue de femme. 


Cette statue et la suivante furent trouvees en decembre 1874 par leveque grec Mgr Pa'i- 
sios, dans les terrains d’une metoche, parmi les ruines de la ville antique d’Aptera; Reouf 
pacha, gouverneur general de l’ile, les fit transporter dans sa x-esidence et plxotographier; 
des epreuves de ces photographies, qui furent publiees par Trivier, l. infra l., parvinrent 
4 Constantinople des le 5 fevrier 1875, accompagnees d’un rapport de Reouf pacha (Dethier, 
Journal manuscrit, f«‘ 43 et 44, n“* 231 et 233]; les statues elles-mimes suivirent 4 peu 
d'intex-valle ; elles devaient etre 4 Constantinople quand, le 31 mai, Dethier (ibid., f“ 53, 
n° 252) redigeait un « rapport sur la demande de l eveque Pai'sios reclamant sa part a la 
trouvaille faite par lui des deux statues d’Abdei'c (sic) » (cette petite affaire ne fut close 
qu’au mois de seplembre sur un rapport favorable d’Ai'istoclfes clfendi; l eveque ellc pro- 
pridtaire du terrain recurent chacun une gratification de 20 livres turques ; cf, Dethier, 
ibid., f” 56, n° 277, 10/22 septembre 1875). II semble qu’il fut fait grand bruit autour de 
cette decouverle (Dethier, Jiludes archeologiques, p. 63); le vendredi 5 fevrier 1875, le 
ministre franpais de l’instruction publique adi essait 4 T Academic des inscriptions, de la 
part d’Em. Burnouf, la description de ces deux statues, faite parM. Lyghounis, ancien inge- 
nieur du Khedive (Comples rendus, 1875, p. 6) ; le 26 fevrier, T Academic prend connais- 
sance d’uuc lettre dc M. Cai-ra de Vaux, gei’ant du consulat de France 4 la Canee, relative 
au meme sujet (ibid., p. 10); le 12 mars, le directeur de l’ecole d’Athcnes lui envoie quatre 
photographies de ces statues ibid., p. 11). 


Marbreblanc 4 grains semis et cristallins; le travail est moins poussd au re vers ; la tele, 
brisee 4 l'attache du cou sur les epaules, se I’ajuste exactement sur la cassure; manquent 
le nez, la main gauche, Tavant-bras di’oit qui elait rapporte (mortaise rectangulaire 4 la 
section); cassure sur Tarete d’un dcsgi'os plis qui contournent la cuisse droite ; Tangle poste- 
rieur gauche de la plinthc est bi’ise; la draperie est travaillec au trepan ; sur les chairs, la 
sui-face du mai-bre otait soigneusement polie el lustree 4 la cire, mais lepiderme antique 
n'est conserve qu’en de rares endroits : sur le visage, la face inferieure de Tavant-bras 
gauche, le gros orteil gauche ; plinthe rectangulaire, sans profil, arrondic aux angles ante- 
rieurs. 

Sur les bords du manlcau et de la tunique, la surface du [liarbre est striee de fines inci¬ 
sions, destinees 4 i*etcnir la couleur brune dont on voit encore quelques traces et qui scr- 
vait sans doute de support 4 la dorure; la draperie elle-meme devait etre polie (traces du 
lustre antique aux ci eux dc quelques plis); quelques traces d’oci'e brun sur les cheveux ; 
lestachesde couleur bleue sont un accident moderne. 

Hauteur, 1“ 825, dont 0” 085 pour la plinthe. 


Une femme d’age moyen est debout et de face; le corps repose sur la jambe 
gauche, la droite est llechie, le pied legerement ecarte sur le c6le et pose a 
plat sur la plinthe ; le bras gauche est baisse, avec une tres legere inflexion du 
coude, et 1 avant-bras, qui s’eloigne un peu du corps, est soutenu par un tenon 
qui s attache au poignet et sur le cot6 de la cuisse ; le bras droit est baisse 
aussi, mais se releve faiblement, et l’avant-bras etait tendu horizontalement et 
un peu vers le dehors; elle porle le chiton ionien de toile, garni de manches 
agrafees sur le bras, courtes, mais tres etoffees; l’apoptygma, coupe a la taille, 
laisse voir le bas du colpos qui retombe sur le haut de l’abdomen; TetoHe, 
legere et souple, forme ainsi deux rangs superposes de plis chilfonnes, irregu- 
lierement brises et profondement recoupes ; au dessus des pieds, chausses de 
sandales « tyrrheniennes » maintenues par deux courroies plus minces dans la 
partie qui passe entre les deux premiers orteils, elle tombe en plis serres et 



ti® 603 


STATUE DE FEMME 


339 


presque reguliers que separent les lignes diversement ombrees de sillons plus 
ou moins profonds et larges; l'himation delaine, pose sur l’epaule gauche d’ou 
il descend sur le cote du buste et sur le dos en un large flot de plis etages (petits 
glands aux coins), revient sur la hanche droite et couvre les jambes; un surplis 
arrondi, recreuse de grands plis tres profonds, conlourne la cuisse droite et 
remonte obliquement sur l’abdomen; un autre faisceau 
de plis tres colores se deploie de la cheville droite vers 
la hanche gauche, mettant en valeur les contours de 
la jambe libre et dissimulant ceux de la jambe por- 
tante. 

Le corps reproduit, en le modiliant un peu, un type 
cree par Phidias ou dans son ecole; 1’original en est 
peut-etre represente par la « Sappho » Albani (Helbig, 

Fuehrer, 2° 6d., n° 886); les repliques sont enumerees 
par M. Arndt, l. infra l. (noter en particulier la statue 
de Naples, Ruesch, Guida del museo nazionale di Na¬ 
poli , n“ 225 ; Clarac-Reinach, Reperloirede la slaluaire, 

I, p. 202, 3, qui parait presque identique a la notre) ; sur 
le type, cf. Furtwaengler, Meisterwerke, p. 100, et Grie- 
chische Ori<j inalstatuen in Veiled iff (Abhandlungen der 
kffl. hayerischen Akademie der Wissenschaften, I. Cl., 

XXI. Bd., II. Abth., 1898), p. 8 [282] sq. etpl. I); \V. 

Amelung, Einzelaufnahmen, serie II, lexte, au n° 497, 
p. 39-10 (cf. serie I, 2, texte, au n° 226, p. 9); P. Arndt, ibid., 1. infra l. ; 
R. von Schneider, Jahrbuch der Kunstsaniniluiiffen des allerhoechsten Kai- 
serhauses, XII, 1891, p. 72 sq.; R. Kekule von Stradonitz, Ueber Copieen 
einer Frauenslatue aus der Zeit des Phidias (57. Programm zum Winckel- 
mannsfeste, Berlin, 1897), p. 26 sq. ; A. Hekler, Roemische iveibliche Geivand- 
statuen , diss., Munich, 1908, p. 42, et l. infra l. (qui range k tort notre statue 
parmi les repliques de l’Athena Giustiniani). 

La tete est tournee legerement vers l’epaule droite ; il enest de meme sur la 
statue de Naples, mais dans la plupart des repliques, et certainement aussi sur 
l’original, elle s’inclinait du cote de la jambe portante; c’est un portrait d’un 
caractere individuel tres marque : une face large et plate, une bouche un peu 
maussade avec des levres charnues qui s’inllechissent vers les coins ; les yeux 
ont un regard dnergique, presque dur (l’iris est accuse par un cercle, les pru- 
nelles creusees en croissant, les sourcils indiques par quelques incisions); les 
cheveux forment sur le front deux epais bandeaux reguliers, separes par une 
raie ; tres compacts, arretes par un contour sec, ils donnent au front une 
forme nettement triangulaire, couvrent les tempes et les oreilles, dont on ne 
voit que le lobe, et sont nou^s sur la nuque en un Iourd chignon tombant, 





340 


N° 604 — STATUE DE JEUNE FEMME 


entoure dune natte; deux boucles en vrille, tres courtes, descendent sur le 
cou derriere 1’oreille. 

Le travail est dur et d’aspect desagreable ; l’emploi brutal du trepan dena¬ 
ture le caractere de la draperie et ne laisse plus guere apparaitre la beaute et 
la noblesse de la composition originale; cette secheresse de facture et ce 
manque de souplesse sont plus sensibles encore dans le modele du visage et 
le traitement des cheveux. L’oeuvre doit dater du n e siecle ap. J.-C. ; la coif¬ 
fure rappelle un peu celle de Faustine la jeune ; la maniere dont les yeux sont 
incises est aussi celle de cette epoque. De loutes manieres, c’est bien a tort, 
croyons-nous, qu’on a voulu etablir une parente entre cette statue et la sui- 
vante ; elles different profondement par le style et la technique, et celle-ci est 
sensiblement plus recenle. 

S. Reinach, Cat., n° 69 ; —Joubin, Sculpt, gr. el rom., n° 91; — Comptes 
rendus de l' Acadimie des inscriptions, ll. II. in pr .; — S. Trivier, Gazette archiolo- 
gique, II, 1876, p. 36-39; pi. 12, a droite; —Pli. A. Dethier, Etudes archiolo- 
giques (ouvrage posthume), 1881, p. 62 sq. [Particle doit dater de 1878 ou de 1879]; 
— J. J. Bernouilli, Roemische Ikonographie, II, 1, 1886, p. 418 ; — S. Reinach, 
Repertoire de la statuaire, II, 1897, p. 660, 1 ; — A. Hekler, Roemische weibliche 
Gewandstaluen, dans Archaeologische Studien dem Andenken A. Furtwaenglers 
gewidmet, 1909, p. 193, et p. 230, „n° xxx a ; — Arndt-Amelung, Einzelaufnahmen, 
s6rie VI, 1912, texte, au n° 1307, col. 3. 

Photographic n“ 1015 . 


604 (27) Statue de jeune femme. 


Aptdra ; Irouvcedaus les mcmes 
la prccddente (cf. p. 338). 


circonstances ct entree au musee cn meme temps que 


Marbre blanc k grains semis et peu cristallins; le travail est moms pousse au revers; la 
tete qui est rapportee, est brisee 5 l’attache du visage et du cou, mais se raiuste exacte- 
ment sur la cassure, sauf une partie du revers, remplie avec du plAtre; manquent le bord 
du manteau derriere le cou, l’extremite du pan qui tombe sur le cot6 gauche, et une partie 
de celui qui tombe devant la jambe gauche (celui-ci (itait rattache par un tenon reclangu- 
laire a la masse principale de la draperie); le pouce droit et l’index gauche (celui-ci raiusti) 
sont mutil6s; les cheveux, le collides livres sont creusis au trepan ; plinthe irreguliOre. 

Les yeux etaient peints; traces d’oere brun sur les cheveux 
Hauteur, 1“ 765, dont 0“ 075 pour la plinthe. 


Une jeune femme ou jeune fille est representee debout et de face, la tete 
directe, le corps portant sur la jambe gauche, la droite flechie et legerement 
ecartee, le pied ne touchant la plinthe que du cote interieur ; elle est vetue 
d’une tunique longue et drapee tout entiere dans le manteau ; de la main 



N° 604 - STATUE DE JEL'NE FEMME 311 

droite, ramenee devant l’epaule gauche, elle en tient un pan qui retombe 
encore sur l’avant-bras gauche, mais qu'elle s’apprete a rejeter surl'epaule ; le 
bras gauche est baisse avec une legere inflexion du coude; la main, cachee 
sous la draperie, saufle pouce et l’index, tient un pli de l’etoffe qui descend 
devant la jambe ; la tete est petite, avec de grands yeux non incises et une 
bouchc menue dont le vague sourire ne suflit pas a animer une physionomie 
denuee de vie et d’expression (noter la maniere etrange dont le sculpteur a 
indique la fossette qui se creuse entre la levre superieure et le nez); les che- 
veux torment, sur le front, un haul diademe de petites 
boucles, qui se continued’une oreille a l'autre ; ils sonl 
tresses, sur le crane, en petites nattes qui, au revers 
de la tete, s’enroulent en un large chignon rond et 
plat; une petite boucle en accroche-coeur se recourbe 
sur les lempes ; quelques frisons derriere l'oreille et 
sur la nuquc ; les pieds sont chausses de sandales a se- 
mellcs fines, maintenues par des courroies plus minces 
dans la partie qui passe entre les deux premiers orteils 
et croisees sous un coulant en forme de petit losange. 

Replique du type de la « petite herculanaise » (cf. 

P. Arndt, dans Arndt-Bruckmann, Denkmaeler (jrie- 
chischer und roemischer Skulplur, texte de la pi. 

558; A. Hekler, Roemische weihliche Gewandslaluen, 
diss., Munich, 1908, p. 17 ; liste des repliques ap. 

Esther Boise van Deman, l. infra I.) ; le travail est 
soigne et certaines parties de la draperie — par 
exemple, le pan tenu par la main droite — sont adroi- 
tement traitees, mais le modele des chairs est som- 
maire et dur ; les traits du visage sont denues de loute 
expression ; dans l’ensemble, l'oeuvre est si froide, si impersonnelle qu'on n’y 
relrouve plus rien du charme familier et vivant de ce gracieux motif, cice 
sans doute par un sculpteur attique du iv^siecle. La coiffure semble attribuer 
la statue ii l’epoquc flavienne ; ce criterium chronologique n’est pas toujours 
valable (cf. ce qui est dit plus haut, au n° 503, p. 197, a propos des statues 
d’Aphrodisias, et les observations de M. Amelung, Roemische Milleilungen, 
XX, 1905, p. 184) ; mais, dans l’espece, l’a-uvre parait encore voisine du 
classicisme de l’epoque claudienne et doit encore appartenir au i‘‘ r siecle de 
l’ere chretienne. 

Sur la tranche ant^rieure de la plinthe, est gravee, d'une main malhabile et 
dans le caractere grele et sans profondeur des graffiti, l’inscription (lettres de 
O'" 05 environ) : 



KXAYXIAN05H N 



342 


N 0 C05 — STATUE d’uNE IMP^RATRICE EN ISIS 


Cesdeux mots, qui ont beaucoup excite l’imagination des premiers editeurs 

_ on voulait reconnaitre iei l’image de Claudia, fille de Neron morte a quatre 

mois, et, dans la statue precedente, sa mere Poppee — sont, croyons-nous, 
antiques, mais posterieurs a la statue, peut-etre sans rapport direct avec 
elle, peut-etre graves lors d’un reemploi (sur le mot ©so; applique a un mort 
heroise, cf. en dernier lieu, P. Roussel, Revue des etudes anciennes , XIV, 
1912, p. 377 sq., etCh. Picard, ibid., XV, 1913, p. 31 sq.). 

S. Reinach, Cal., n° 58; — Joubin, Sculpt, gr. et rom., n° 90 ; — Comptes rend us 
de I'Acadimie des inscriptions, It. It. an n° 603, in pr. ; — S, Trivier, Gazette archto- 
logique, II, 1876, p. 36-39; pi. 12, a gauche; ibid., p. 92 et 160 ; — Ph. A. filthier, 
Rludes archMogiqves (ouvrage poslhume), 1881, p. 62 sq. [Particle doit dater de 
1878 oude 1879];—Heron de Villefosse, Rerue archtologique, 1876, II, p. 213 ;— A. 
Sorlin-Dorigny, Gazette archMogique, III, 1877, p. 38 ; — J. de Witte, ibid., IV, 
1878, p. 6 ; —J. J. Bernouilli, Roemische lkonographie,ll, 1, 1886, p. 418;— S. Rei¬ 
nach, Repertoire de la staluaire, II, 1897, p. 666, 4; — Esther Boise van Deman, 
American journal of archaeology, XII, 1908, p. 333, n° 12; — A. Hekler, Roemische 
weibliche Gcwandstatuen, dans Muenchener archaeologischc Sludien dem Andenken 
A. Furtwaenglers gewidmet, 1909, p. 171, et p. 227, n° xv g. 

Photographic n*1014. 


605 (H8I) Statue dune irapdratrice en Isis. 


Baalbec (cf. plus kas,p. 345-316, les cldlails sur la provenance); transports de Beyrouth 
au mus^e imperial en octobre 1901. 


Marbre blanc imparfaitement cristallis6; manquent la t6te, qui a du dire reparse dans 
1 antiquity (mortaise circulaire au milieu de la cassure) et les avant-bras de la d6esse, ses 
attributs, le gros orteil droit qui <$tait rapporte (mortaise circulaire conservant encore son 
tenon de fer),la tete et l aile gauche du sphinx plac6 4 droite (par rapport au spectaleur), le 
sommet du dossier du trone; sur l’ctat actuel et primitif du c6t6 gauche du trone, voyez 
plus bas , Erosions sur les doigts de pied de la deesse et sur les plis dc la draperie ; la pierre 
est, en plusieurs endroits, creusee detrous profonds, dus & Taction du temps; il est dillicile 
de dire a quoi rtipondent trois petites morlaises creus^es sur la plinthe, 4 droite (pourlc 
spcctatcur) du pied droit, en avant et a droite du pied gauche; le revers du trone est dressc; 
la draperie est travaillee au trepan; hauteur actuelle, 1“ 85, dont 0 m 315 pour la plinthe. 


La statue repose sur une plinthe epaisse qui sert en meme temps de tabou- 
ret a la deesse ; la face anterieure est decoree, enlre un petit listel place sur 
1 arete superieure et un large bandeau nu, d’une palmette de feuillage, traitee 
dans un joli style realiste, et, a droite et a gauche, d’un meme motif compre- 
nant deux feuilles inggales et reeourbees en sens inverse, qui se reunissent et 
se terminent dans une gride de lion, tournee de profil vers le dehors ; cette 



N° 00.") — STATUE n’t'NE IMl’kRATIUCE EN ISIS 


343 


plinthe presente, a droite, un degre bas et tres saillant (hauteur, 0 m 11; 
largeur maxima, 0'“ 215; largeur minima, en arriere, 0 m 16;, qui se rattache 
a elle par un pan coupe et sur lequel est place un sphinx. 

La deesse est assise de face, la jambe droite legerement avancee, les deux 
pieds & plat; son trone a un dossier droit, profile en haut et sur les cotes, et 
des accoudoirs, portes sur des montants egalement profiles, et termines a leur 
exlremite anterieure par une sorte de disque convexe a bouton central (manque 
a gauche, ou il etait rapporte; lefond pique de la mortaise est encore visible); 
elle est velue d’un chiton discretement echancre et serre sous les seins par 
une ceinture etroite a flot releve: la manche,qui couvre le haut du bras, est 
fermee par de petites agrafes en forme de rosettes a cinq pointes ; l’himation, 
pose sur l’epaule gauche, descend en plis lourds 
sur le bras plie a angle droit, passe d’autre part 
derriere le dos, revient sur les jambes et relombe 
jusqu’a terre le long de la jambe gauche ; une 
boucle, divisee a son extr6mite en trois petites 
meches recourbees, descend et flotte librement sur 
les epaules ; les pieds sont chausses d’epaisses san- 
dales « tyrrheniennes », maintenues 4 la naissance 
des orteils par une courroie transversale, et par deux 
autres courroies qui s’unissent sous une plaque de 
forme allong^e avant de passer entre les deux pre¬ 
miers orteils. 

A sa gauche (a droite pour le spectateur), sur 
le degr6 de la plinthe, un sphinx & corps de lion 
et poitrine feminine est debout sur ses quatre 
pattes ; deux boucles de cheveux sont conservees 
sur l’epaule droite ; l’aile droite, trait6e d’une ma- 
niere toute decorative et sans aucune indication de 
detail (elle etait cachee en grande partie par l’aile 
gauche qui 6tait au contraire d’un travail tres libre), se detache en relief sur la 
caisse du trone; mais le sphinx ne sert pas de support au siege ; il est la, tels 
les lions de Cybele, comme un altribut independant. 

La face laterale gauche du trone est si profondement attaquee qu'il est 
malaise d’en retrouver l’aspect primilif: la plinthe y avait un degre saillant 
comme sur l’autre c6te ; l’endroit ou il s’attachait est reconnaissable a un Ieger 
relevement du fond qu’on observe en certains endroits a 0 m 205 au dessous de 
Tarete superieure de la plinthe (c’est-a-dire precisement a la meme hauteur ou 
se trouve le degre de droite); sur le trone meme on peut distinguer les restes 
d'un quadrupede dont il ne subsiste que la partie moyenne du corps, reduite 
& des traces informes, et sans doute d’un quadrupede ail£, si, comme il semble 




344 


N 0 60 5 — STATUE d’UNE IMPtfRATRICE EN ISIS 


bien, les traces d’arrachements visibles entre le siege proprement dit et l’ac- 
coud’oir correspondent a une aile; cette aile etait beaucoup plus petite que 
celle de l'autre sphinx (hauteur maxima au dessus du dos, k gauche, 0 m 13 ; a 
droite, 0 nl 235); mais, d’autre part, le sphinx de gauche etait sensiblement plus 
haut sur pattes (hauleur de la ligne du dos au dessus de l’arete superieure de la 
plinthe, a gauche, 0“ 635; a droite, 0“ 52); ainsi ces differences se compensent 
et le sommet de l’aile des deux sphinx se trouve, sur les deux faces, a une 
hauteur sensiblement egale (0™ 85 et 0“ 86) au dessus de l’arete inferieure 
de la plinthe; enfin, tandis qu’a droite la tete etait rattachee au siege par 
une piece de marbre, elle devait etre, a gauche, completement detachee, car 
la draperie ne porte aucune trace de rupture. On peut done considerer comme 
certaine la presence, a gauche, d un animal repondant a celui de droite, 
quelques details de la restauration demeurant douteux; mais si l’on observe 
combien differe, a droite et a gauche, le profil du support qui soutient le bras du 
trone, on ne s’etonnera pas des differences que nous avons signal4es; pour des 
raisons qui s'expliquent sans doute par la maniere dont la statue etait expo- 
see, il semble d’ailleurs que le travail etait beaucoup moins pousse a gauche 
qu’il ne Test k droite. 

La deesse baisse symetriquement le haut des bras: le coude gauche pres du 
corps a hauteur de la taille, l’avant-bras tendu droit en avant; le coude droit 
est un peu plus bas et l’avant-bras s’ecartait legerement vers le dehors en 
s’abaissant encore un peu; la main droite devait tenir soit une corne d’abon- 
dance, soit un tympanon: nous avions d’abord adopte la premiere hypothese 
(cf. S. Reinach, Mythes, cultes et religions , IV, p. 419-420), mais un nouvel 
examen nous fait considerer la seconde comme plus vraisemblable : les traces 
d’arrachements qu’on voit sur le biceps, depuis le bord de la cassure actuelle 
jusqu’a quelques centimetres au dessous de l’epaule, ont une largeur de 0“ 045 
k 0 m 055, sont neltement arretees 4 droite et a gauche et, de ce c6t6, pre- 
sentent une surface plane et dressee qui doit appartenir au tympanon lui- 
meme (si e’etaient la les restes d’une corne, les arrachements devraient se pro- 
longer plus haut et la surface en question presenter une certaine convexity); il 
est plus difficile de reconnaitre ce que tenait la main gauche ; on observe, 
sur le c6te de la cuisse gauche, des traces d’arrachements assez confuses, au 
dessous desquelles est conserve un bouton conique; l’objet etait de petites 
dimensions, car, de ce bouton, qui en forme certainement la terminaison, 
jusqu a la main, la distance n’atteignait pas 0 m 20, et Ton ne peut admettre 
a cet endroit un attribut allonge qui se serait dresse comme une sorte de 
cierge devant le corps ; nous croirions volontiers que e’est la le bouton 
terminal d une situle ; le sculpteur aurait substitue cet attribut isiaque a 
la phiale que tient Cybele ou aux epis de la deesse syrienne telle qu’on 
la voit sur une monnaie de Ilierapolis (W. Wroth, British Museum , 



N° 605 - STATUE D DE IMPfcRATRICE EX ISIS 


343 


Galatia, Cappadocia and Syria, p. 114, n° 46 ; pi. XVII, 1 \ } ou, assise sur un 
trone flanque de deux lions, elle porte aussi le tympanon de la main droite. 
M. S. Reinach a d'nilleurs justemenl rappele et interprets le texte ou Lucien, 
a propos des statues de Zeus et d’Hera placees dans le grand temple de Hiera- 
polis, ecrit : « oe /piiieo i ii et<7i xxl e£ovtx'. • iXXx r y v jilv "II z, t, v 

Xeovte; fi pouaiv, 6 os raupotaiv kysZeTM » (de Syria dea, 31 ; cf. Macrobe, i, 
23, 18). La statue represente-t-elle la deesse syrienne elle-meme ou une impe- 
ratriee sous les especes divines ? Nous sommes tres disposes a adopter la 
seconde hypothese avee M. S. Reinach et avec M. Clermont-Ganneau, lequel 
suggerait que la personne honoree pourrait bien etre Soemias, la femme 
d’Flagabale, reprSsentee comrae veto-rspa "H:x. 

L’oeuvre est interessante surtout comme etude de draperie : le chiton est 
fait d’une toile tres fine, sous laquelle la gorge et le ventre, avec la depression 
ombilicale, apparaissent comme nus ; elle retombe en plis laches et souples au 
dessus de la ceinture, se creuse legerement entre les seins, et forme sur la 
chair de petits plis brises et plaques comme ceux d’une etoffe mouillee; entre 
les pieds et sur les cotes, elle se masse en longs plis presses que separe l’ombre 
tres accusee de sillons etroits et profonds (executes au trepan), et le bord traine 
sur le tabouret, capricieusement releve comme une ruche; l’himation est fait 
d’un tissu plus lourd; il tombe en plis serres de l’epaule et de l’avant-bras 
gauches; le bord, plie sur lui-meme, repose mollemcnt sur les cuisses et des¬ 
cend, en plis rdgulierement stages, le long de la jambe gauche et jusquc sur 
la tranche du tabouret ou il se termine par un rhombiscos; entre les jambes, 
l’etolTe se creuse de plis incurves et tres saillants, et pour mieux en mettre en 
valeur l’aspect colore, s’applique aux jambes memes comme une gaine & sur¬ 
face lisse et lumineuse ; ces oppositions un peu brutales semblent calculees 
pour le grand air et Ton peut croire avec vraisemblance que la statue etait 
exposee, sinon sur une place, au moins sous un portique vivement eclair^. 

Le models des formes est beaucoup moins etudie; assez vivant dans la 
region abdominale, il est moins bon sur le buste ou les seins, places tres bas, 
dearths et legerement divergents, se d6tachent sans transition, comme une 
masse hemispherique, sur une poitrine presque plate; les jambes sont vigou- 
reuses, mais d’une execution peu poussee, l’articulation du genou tout a fait 
insuffisante. La date que comporte la designation proposee par M. Clermont- 
Ganneau (vers 220 ap. J.-C.) nous paraittres acceptable. 

La statue a 6te dessinee a Baalbec, en 1865, par Joyau, architecte, pension- 
nairc de l’academie de France 4 Rome, et transportee vers 1881 a Beyrouth 
par les soins de l’administration de la route de Beyrouth 4 Damas [ces rensei- 
gnements et ceux qui suivent sont emprunt^s directement a M. S. Reinach, 
alt. 1. infra I .); en 1901, elle s’y trouvait encore, « plac6e avec quelques autres 



346 


N° 606 — TftTE d’hOMME 


debris dans la cour du serail, derriere un grillage, appuyee au mur de la pri¬ 
son » ; aumois d’octobre de la meme annee, elle fut transportee a Constanti¬ 
nople. 

Les dessins de Joyau ont ete conserves dans un volumineux recueil de docu¬ 
ments relatifs a l’histoire de l’art, que l’architecte Armand a legues a la biblio- 
theque nationale et qui sont, depuis 1889, au cabinet des estampes F. Cour- 
boin, Inventaire des dessins, photographies el gravures..., Lille, 1895) ; ils 
occupent les planches 8, 9, 10 du volume XXXIII; la planche 10 donne le des- 
sin de notre statue, vue de trois quarts a gauche (ce qui semble indiquer que, 
des cette epoque, lecote gauche etait en l’etat actuel), et une petite photogra- 
phie prise du meme point de vue ; sur le dessin, le sphinx a encore sa tete 
qu’il a perdue sur la photographie ; cette tete, apres avoir appartenu a Joyau 
(Vente des lundi 29 el mardi 30 mars 1876, aquarelles, dessins... par feu 
Achille Joyau..., objels d'art et d'anliquile, livres d'architecture, p. 8, n°78), 
avait ete achetee par M. Armand el leguee par lui au musee du Louvre ou 
elle se trouve aujourd’hui (Heron de Villefosse, Marbres antiques, n° 2660). 


Qualerly statement du Palestine exploration found, 1871, p. 110 [non vidi]; — 
D r Lortet, Le tour du monde, 1882, II, p. 388 ; La Syrie d'aujourd’hui, 1884, 
p. 614-617; — II. Frauberger, Die Akropolis von Baalbeck, 1892, tig. in fine [non 
vidi]; —mentionnee par Fr. Hauser, ap. Arndt-Amelung, Einzelaufnahmen, serie II, 
1895, au n° 533, p. 48; — S. Reinach, Comples rendus de VAcadimie des inscriptions, 
1901, p. 802-803 ; Revue archeologique, 1902, I, p. 19-33; pi. II-III; Mythes, cultes el 
religions, IV, 1912, p. 402-420; fig. p. 405; — Clermont-Ganneau, Revue archeolo¬ 
gique, 1903, II, p. 226; — R. Dussaud, ibid., 1904, II, p. 244-245 ; — A. de Ridder, 
Revue des etudes grecques, XVII, 1904, p. 98. 

Photographies n«- 122 (face), 123 (profil k gauche). 


606 (129) T6te d’homme. 


Provenance et date d'cntrec inconnues. 


k ,” C k £ e - lt f g /?‘ nS peu c, ' istallins ! le revers et le sommet du crAne sont simple- 
ment epanneles, bnsie dla naissance du cou, ou l’on voit encore les restes du bourrelet 

l'l„ P Tj e manteaU (la Ute ’ travaillce A part, s’encastrait dans une statue); 

AaTenl n,r eZ; - T SUre f S ° mmet d “ Cl ’ 4ne - sur le b » s du cou, le bord du manleau ; un 

^cf^e des chevin “ f Ur 3 ? ar l‘ e , P° stdrieure droite du cou ; hauteur totale, 0"> 33; de la 
racine aes che\ eux a la pointe de la barbe, 0 m 21. 


Portrait d’un homme assez 4ge ; le caractere individuel est attenue ; l'ex- 
p ession, pensive et grave, conviendrait a un philosophe ou a un rheteur ; le 



N° 607 — TORSE D’UNE STATUETTE D'HOMME 


347 


visage est large, le front degage; les cheveux courts sont plaques sur le dessus 
de la tete — une meche recourse descend au milieu du 
front — et forment, sur les cotes, de petites boucles 
rondes et presskes, d’un travail sommaire ; la barbe et 
les moustaches, courtes aussi. sont rapidement trailees; 
l’asymetrie des yeux et des oreilles (places a gauche 
sensiblement plus haut qu’k droite) est trop marquee 
pour qu’on y puisse voir un trait de nature; elle deve- 
nait moins sensible du fait que la tete s’inclinait lege- 
rement vers l’epaule droite; les sourcils sont indiques 
plastiquement; les yeux ne sont pas incises; le manteau couvrait les epaules ; 
— travail tres mediocre, probablement du n c siecle de lere chretienne. 

Goold, Cal., n° 30, et pi. a la p. 38, cn bas k gauche ; — S. Reinach, Cal., p. 43 
(une des quatre teles reunies sous les n 0! 336 k 339) ; — Joubin, Sculpt, gr. et rom., 
n° 89. 

Photographic n° 2075, a droite, 

607 (93) Torse d’une statuette d’homme. 

Ilkraclkc dc Marmara ; la date d'entree n’est pas connuc. 

Marbre blanc 4 grains serrks et peu cristallins; le travail est moins poussk au revers; il 
ne reste que le buste, brisk selon les plis del’aine, avec le haut des bras ; toison sexuelle et 
baudrier mutilks; surface lustrke; hauteur, 0" 3i. 

Le buste est celui d’un horame jeune, vigoureux et bien muscle; la jambe 

d’appui elait probablement a gauche; il est nu ; 
la toison sexuelle semble avoir ete repr^sentee 
sommairement, bien que les mutilations empe- 
chent d’en rien affirmer; le baudrier, qu’il porte 
sur I’epaule droite, est sculpte sur toute la lar- 
geur du dos, mais n’est plus indique plastique¬ 
ment, sur la face, a peu pres depuis le contour 
gauche de la cage thoracique jusqu'a la hanche 
gauche ; le bras droit elait ramene devant le 
buste, comme si la main allait saisir la poignee 
de 1’epee, et l’avant-bras en cachait sans doute la 
partie qui n’est pas trait£e; le bras gauche s’eloignait du corps ; la tele etait 





348 


N° 608 — STATUETTE DE SILENE 


inclinee vers l’epaule droite et devait regarder du cote oppose ; de la criniere 
du casque, qui flottait sur le dos, il reste en eflfet une natte longue et etroile, 
rejetee vers l'omoplate gauche. 

Ce fragment, qui est d’un bon travail, sans doute hellenistique, nous parait 
devoir ctre rapproehe de cette serie de torses, portant le baudrier, que M. de 
Bienkoxvski a reunis {Die Darslellungen der Gallier in der hellenistischen 
Kunst, p. 16 sq.) et ou il croit pouvoir reconnaitre les adversaires grecs des 
gaulois; le type existe aussi en statuette {ibid., n° 7 l,is , fig. 23); plusieurs 
exemplaires portent, comnie celui-ci, des traces de la criniere du casque sur 
l'omoplate gauche {ibid., fig. 20 et 22). 

S. Reinach. Cat., n° 76 ; — Joubin, Sculpt, gr. et rom., n° 103. 

Photographic n» 1732, u droite. 

608 (90) Statuette de Sil&ne; fragment. 

Provenance el date d’enlree inconnues. 

Marbre blanc A grains serres et peu crislallins; rovers sommairement travaille ; manquent 
la tele, le bras droit qui etait rapports ou a etc repare des 1'antiquite (mortaise avec son 
tenon A la cassure}, la jambe droite brisAe A mi-cuisse, la gauche brisee au genou, le 
mem hr e viril j erosions profondes sur le haut de la poitrine et sur le pli de la draperie que 
tient la main gauche ; hauteur, 0" 375. 

La figure repose avec un dehanchement tres marque sur la jambe gauche; le 
buste est fortement incline du cote oppose, et le bras 
droit, qui etait baisse et ecarte, devait s’appuyer sur 
un support; un manteau, jete sur l’^paule gauche, 
retombe sur le dos et couvre le bras gauche ; la main, 
posee a hauteur de la hanche, en tient un pli qui 
descend sur le cote anterieur de la cuisse; la main 
droite tenait sans doute un attribut auquel semble 
appartenir la petite masse de marbre conservee en 
haut du bras, sur l’arete de la cassure ; les formes du 
corps sont vigoureuses, mais charnues plus que mus- 
clees ; le modele de l'abdomen, les contours de la 
cage thoracique, le pli de l’aine, la depression au des- 
sus des hanches sont fortement accuses; les pecto- 
raux tres developpes ressemblent aux seins d’une 
x ieille femme ; la tete, inclinee vers l’epaule droite et penchee sur la poitrine, 




N° 609 — TfcTE DE Gt 


319 


portait une large barbe irreguliere dont quelques meches pointues sont res- 
tees adherenles sur le haul du buste; — la statuette est une replique legere- 
ment modifiee d un type de Silene dontil existe plusieurs exemplaires, qui eux- 
memes presentent entre eux certaines differences : Clarac-Reinach, Repertoire 
de la staluaire , I, p. 169, 4; p. 420, 3 et 4; II, p. 53, 7; Furtwaengler 
(Beschreihung der Glyptolhek, 2 e ed., p. 223, attribuait l’original a Lysippe ou 
a un sculpteur de son 6poque ; le fragment du musee est d’un travail assez bon ; 
la maniere dont sont rendues les formes adipeuses du torse revele l influence 
du realisme hellenistique. 

Joubin, Sculpt, gr. el rom., n° 106. 

Photographic n° 1732, a gauche. 

609 (898) T6te de G6. 

Zarco (Phayttos); trouvee le 22 janvier 1890 au lieu dit Castri ou Paleocastro, k deux 
hcurcs de Zarco, entre ce village et Alifaka, sur la rive droile du Pcncios; recueillie par le 
geniralissime lidhem pacha pendant la campagne de Grice, transports 4 Constantinople 
en 1897 et entrie au musie cn 1898. 

Marbrc bleu 4 gros grains cristallins; revers poli, non travaille; le nozest brise; quelques 
Assures superHcielles sur Ic coti droit de la tete; quelques irosions sur la re to infirieurc 
du cou; la partie infcricurc de la base, grossiircment Opannelec, itait encastrie dans un 
socle ou enfouie en terre; hauteur de la tite, 0“ 53 ; de la base, 0" 39; largeur de la base, 
0” 49; ipaisseur, 0" 515; lettres de 0"' 017 environ 
(1. 1), ct 0” 013 (1. 2 et 3). 

La tele, coupee a la naissance du cou, 
repose direclement sur la face superieure 
de la base, recreusee, a cet effet, d’une 
grande cavit6 circulaire profonde de 0 m 03 ; 
elle est inclinee en arriere et legerement a 
gauche; le manteau, relevd sur le crSne, 
laisse voir les cheveux qui forment sur le 
front deux bandeaux plats, separ£s par une 
raie, et, sur les cot6s, deux 6pais bourre- 
lets qui descendent le long du visage; celui 
de droite se prolonge jusqu’k 1’arSte infe- 
rieure; celui de gauche s'arrete quelques 
centimetres plus haut; sur le fond uni 
de ces bourrelets, sont sculptees^en faible relief quelques boucles reeour- 
bees. 




350 


N 9 610 — '1'EtE DE DEESSE 


Le travail est tres grossier : le cou informe, les joues « arrondies et lisses 
eomme des galets les yeux en amande cernes de lourdes paupieres egales 
qui se rencontrent sans se recouvrir a l’angle externe ; pour repondre a l’incli- 
naison de la tete, le sculpteur a exagere celle du nez, et releve outre mesure 
l’cEil gauche et le coin gauche de la bouche. Un examen superfxciel pourrait 
faire prendre l’teuvre pour archai'que, mais elle ne doit cette apparence qu’ii la 
mediocrite du travail; le dessin des boucles de cheveux est d’un trace tout a 
fait libre; les caracteres de l’inscription permettent de l’attribuer au m° ou 
au n° siecle av. J.-G.; c’est le produit d’un atelier provincial et d’un praticien 
sans talent. 

L’inscription, gravee sur la face anterieure de la base, permet d’identilier la 
tele: 

Ta riaviapsta 
Kaivsu; 

IlfsjiOsuvsis; 

N. G. Chatzigogidis, 'AOijv*, VII, 1895, p. 488; — G. de Sanctis, Monumenti 
antichi pubblicati per cura della r. accademia dei Lincei, VIII, 1898, col. 62, n° 77 ; 
— A. Joubin, Comptes rendus de l'Academic des inscriptions , 1898, p. 407 ; Revue 
archiologique , 1899,1, p. 329-334; pi. XII; — II. Lechat, Revue des etudes grecques, 
XII, 1899, p. 474, fig.; —M. Holleaux, ibid., p. 500; — O. Kern, Inscripliones Grae- 
ciae seplenlrionalis ( IG , IX, pars II), 1908, n° 491 ; — W. Deonna, L'archtologie, sa 
valeur, se s mithodes, II, 1912, p. 255, fig. 75, en bas a droite. 

Photographic n° 171. 


610 (139) T6te de ddesse. 


La provenance « Ephese, fouilles de Wood », donnee par l’inventaire et par M. Joubin, 
V 4u emac J 1 . dans son Catalogue, indiquee cependant par le meme savant dans 
TSrf i 1 de * etes antlc l u es (par suite d’une confusion entre cette tete et notre n° ilO), 

, e ’ elle f orte , e " effet surle cote gauche du cou, A c6U du n» d’inventaire actuel, 
dps an m s’ a C ° - e j 6 avalt rc ? u e au musce britannique ; parmi les raarbres ritroce- 
es au musee imperial dans les circonslances que nous avons rapportees plus haut (n« 387, 

medicpan 8 lvnp ’ (tT ^ P™ venanci ; s d ' E P hase > °dre la tete n” 410 et une « Venus of the 
sont nris 4^1- V, De “ female llead > bound with diadem » [ces renseignements 

Arthur*!^ 1 1 d ' enV01 1“ n <>^ a ** gracieusement communique* par M. 

vons ci-dessnns- pIIp » paS dou ^ eux 9 ue ce ne soil precisemcnt la tfite que nous decri- 
l’inventaire et le °!} C x? 1 , 66 v" rauSfie imperial, non pas en 1867, comme le disent 

avec celle de la ressin °® rUe e Joubin (confondant sans doute I’annee de la dccouverte 
avec celle de la cession au musee), mais en juin 1870. 


la jouc droite les levees • l /. n , 01n ( 3 P ouss ® au revers; nez mutile; erosions sur le menton, 
sur le bord voisin de l’Zn’a t e e ’ ^ rava| llce 4 part, s’encastrait dans une statue drapee; 

p u e gauche, est conserve un petit, bourrelet qui appartient 4 la 



ti° 610 — TtTE DE DEESSL 


3oi 


drapcrie; le bord correspondant 4 droitc eat mutile ; les oreilles sont creusies au tripan ; 
hauteur, jusqu’au creux des clavicules, 0” 10; de la tite seule, 0” 26; de la racinc des che- 
veux au mcnton, 0" 20. 


Elle esl tres legerement inclinee a droite; le visage, de formes un peu 
rondes, a une belle expression de calme et de serenite virginale; les levres, 
fines et d’un joli dessin, sont a peine entr’ouvertes; les cheveux, ornes d’une 
large bandelette, forment sur le front deux bandeaux ondules, separes par une 
raie, recouvrent les oreilles dont on ne voit que le lobe 
(celui de gauche un peu plus decouvert que celui de 
droile), et se reunissent sur lanuque en une large tresse, 
serree par un etroit ruban, qui s’achevait sur las tatue. 

Le nom de la deesse est incertain; celui d’Artimis, qui 
a ete propose autrefois, ne saurait etre etabli par le 
simple fait que le marbre a 6te decouvert a Ephese ; ce- 
pendant, la coiirure, qui, avec sa tresse tombant sur le 
dos, rappelle celle des caryatides de l’Erechtheion, ne 
convient guere qu’ii une divinite virginale. 

Le front, haut et triangulaire, la ligne gracieuse de la bouche rappellenl les 
oeuvres praxiteliennes ; la rondeur du visage, la forme des yeux grands ouverts 
semblent indiquer d’autre part quelque reminiscence d’un type plus ancien ; il 
se pourrait done que l'oeuvre, en somme assez banale, fut un produit de 
Teclectisme greco-romain; elle parait daterdes environs de l’ere chretienne ; le 
style en est elegant mais un peu froid; le modele des chairs est sec et sans 
caraclere; l’execution est d’ailleurs assez rapide : notez la maniere dont est 
trace le sillon qui separe les levres, et le travail de la cavite auriculaire diffe¬ 
rent a droite (petit trou circulaire) eta gauche (cavite allongee). On a eu tort, 
ii propos de cette tete, de parler de celle de Tralles (Bulletin de correspon- 
dance hellenique, VI, 1882, pi. Ill; Einzelaufnahmen, n m 1342 et 1343) avec 
laquelle elle u’a aucun rapport ; nous avons signale plus haul, p. 128, la con¬ 
fusion commise par M. S. Reinach, alt. I. infra enlre cette tele et noire 
n° 410. 



S. Reinach, Cal., n° 333 ; — Joubin, Sculpt, gr. et rom., n° 18; — S. Reinach, 
Ilecueil deletes antiques Males uu idealisees, 1903, p. 123-121; pi. 160. 


Photographies n" 162 (face), 11 (legerement 6 droite). 



352 


>0 gu — STATUE C0L09SALE DE ZEUS 


(172) Statue colossale de Zeus. 


Gaza; « il y a environ six mois, cci'it M. J. Reinach [all. 1. infra l.) dans une lettre du 
17 decembrc 1879, des paysansde Gaza s’etant arises de remuer le sable de la dune Tell el 
Ajoul (montagne du veau), dune situee k une lieue de la ville actuelle de Gaza, trouv6rent 
couchee sur le dosune magnifique statue de marbre...» ; — le recit publid dans VArchaeo- 
logische Zeitung donne quelques variantes et quelques details nouvoaux : « auf einem Sand- 
huegel, 2 Stunden suedwestlich von Gaza, auf der linken Seite des Flussthales, Wadi Gazze 
gcnannt, hatten arabische Maurer regelmaessig behauene, also von einem Bauwerk her- 
ruehrende Steine ausgegraben, die sie in die Stadt verkauften. Beim weiteren Grabcn 
nach solchen Steinen fanden sieim September 1879 in einer 2 M. tiefen Grube, deren Boden 
Reste von Mosaikpflaster zeigt, eine maennliche Statue, die bis zu den Hueften ausgear- 
bcitet ist und dann in einen « fast quadratischen sich nach unten verjuengenden Iler- 
menschaft uebergeht... ». La statue a du entrer au musee, non pas en 1879, comme le portent 
Tinvcntaire et le Catalogue de M. Joubin, mais en 1880. 


Marbre blanc k gros grains cristallins ; le revers est fruste, sauf sur la partie droite de 
la tete et du dos ; manquent: les jambes, qui dtaient sculptees dans un bloc isol6, rajusti 
sans crampon au bloc principal qui pr^sente une large surface de joint, soigneusement 
dressce et piquee, le bras gauche rapporte (mortaise rectangulaire avec son tenon a la 
section de l’epaule), l’avant-bras droit, sans doute aussi rapporte (deux goujons dont Tun 
encore en place dans sa mortaise), puis, a la suite d’un accident, consolide par un cram¬ 
pon scelle k la saignie du bras, le sommet du dossier (rapporte) ; la partie inferieure du 
trone itait sansdoutc taillie dans un bloc 4 part; tout le visage, les cheveux qui l’encadrent, 
les moustaches, la barbe sont profondement attaques; les plis de la draperie, le cote gauche 
du dossier et le pied postdrieur droit du trone sont mutiles; hauteur actuelle, environ 
3” 20 ; de la tdte, de la racine des cheveux 4 l’extrdmitd de la barbe, environ 0" 50; surface 
de joint des jambes, 0” 96 X 0" 88 (en haut) X 0 m 82 ;en bas); epaisseur sur le c6W, k hau¬ 
teur des cuisses, 0" 66; en bas du siege, 0" 53. 


Le dieu est assis de face sur un trone sans accoudoirs et a haut dossier (il en 
manque la partie superieure qui 4tait rapportee); la caisse du siege est mas¬ 
sive, mais avait cependant des pieds saillants et profiles; elle n’est pas nor- 
male a ses supports, mais, du moins en l’etat actuel, s’incline fortement en 
avant; le dossier est orne a droite et a gauche, a la naissance sur le plateau, 
d’une grande rosette a bouton central, posee face au spectateur et celle de 
droite sensiblement plus haut que l’autre ; — le buste est nu ; le manteau, pose 
sur l’epaule gauche, descend d’une part en un large flot sur le cdte du buste 
jusqu’au pli de l'aine, d’autre part sur le dos et revient couvrir les jambes; le 
bras gauche etait tendu sur le c6te a hauteur de l’epaule, et la main, qui devait 
etre relevee tres haut, s’appuyait sur le sceptre; le bras droit est baisse, lege- 
rement avance et ecarte du corps ; la direction de la mortaise creusee 4 la 
saignee du coude semble indiquer que 1’avant-bras etait plac6 dans le prolon- 
gement de la partie haute, et non pas ramene vers la cuisse et appuye sur 
elle ; on doit le supposer legerement releve, 4 demi tendu et tenant un attri- 
but, foudre ou phiale (une Nike estpeu vraisemblable; etant donne les dimen¬ 
sions qu elle aurait dft avoir pour se trouver a l’echelle, on ne saurait se la 
representer sans un support special qui la soutint). Cette restauration est d’ail- 



>° 6i i STATUE COLOSSALE DE ZEUS 


353 


lours confirmee par l'altilude du buste qui est droit et ne s’incline pas en avant 
comme dans les Zeus du type Yerospi (cf. noire statuette n° 535, p. 2 is ; la 
tete elle-meme est beaucoup moins penchee 
vers la poilrine que dans les figures de cette 
classe, et l inclinaison n’en est guere sensible 
que lorsqu’on la regarde de profii; il semble 
done que l’artiste, dans la conception gene- 
rale de son ceuvre, se soit inspire d’un type 
s voisin de celui de Phidias que n’est le 
type ordinaire d'epoque hellenistique ; le 
meme caractere se retrouve dans la draperie, 
qui, au lieu d’etre simplement jetee sur 
l’epaule, la recouvre entierement et descend 
avec ampleur sur le c6te gauche du buste. 

Toutefois, le bras, comme on le voit au mou- 
vement de l’epaule, etait releve beaucoup 
plus haut que dans la statue d’Olympie; la 
tete aussi, avec son abondante chevelure irre- 
gulierement bouclee et relevee autour du 
visage, sa barbe touflue, son haut front tra¬ 
verse de deux rides profondes, ses yeux 
enfonc^s dans la cavite de l’orbite, le dessin 
tourmenW de l’arcade sourciliere, rentre dans 
la formule traditionnelle des la fin du 
iv e siecle; elle semble cependant plus deve- 
lopp^e en hauteur que la tete d’Otricoli et le 
masque colossal de Naples; l’expression du visage, profondemenl modifiee par 
les mutilations, est devenue maussade et renfrognee, mais devait, it l'origine, 
elre plutot grave et douce. 

Le modele du buste est traited’une inaniere un peu schematique, mais non 
sans vigueur, et avec un exact sentiment des simplifications necessaires ; on 
notera le pli a arete vive que forme la peau de l’abdomen juste au dessus du 
nombril et les deux petits muscles saillants indiques l’un au dessus de l’autre 
sur la depression du sternum. Les draperies sont detestables. 

Dans l’ensemble le travail est mediocre et l’execution plus decorative que 
reellement plastique; la statue est faite pour n’etre vue que de face; vue de 
profii, elle semble n’avoir pas de seant pour s’asseoir et le volume de la tete 
parait beaucoup trop fort pour le buste dont l’epaisseur est reduite au strict 
n^cessaire; cependant l’oeuvre ne manque pas d’une certaine majeste; l'artiste 
a justement senti le besoin, dans une figure de ces dimensions, de renoncer au 
type un peu vulgaire qu’avaient r6p6te les sculpteurs hellenistiques et greco- 

23 




354 


N° 612 — t£te de femme 


romains pour se rapprocher de la severite et de la noblesse du type classique ; 

_ c ’ es t l a plus grande des statues de Zeus connues ; elle date sans doute du 

H e siecle ap. J.-C, 

La sLatue est parfois designee sous le nom de Zeus Marnas; cette designation 
n’a pour elle que le lieu de la decouverte, Gaza, dont la divinite principale, 
Marnas, a parfois ete identifiee avec Zeus (cf. Drexler, l. infra, /.). 


S. Reinach, Cat., n°27; — Joubin, Sculpt.gr. et rom., n° 70; — Arehaeologische 
Zeitung, XXXVII, 1879, p. 198 ; — J. Reinach, Ripublique fran<;aise, 9 janvier 1880; 
Revue politique et littiraire, 2 e serie, IX, n° 28, 10 janvier 1880, p. 667-668 (cf. 
Revue archiologique , 1880, I, p. 57-58); — C. R. C[onder], Quaterly statement, du 
Palestine exploration found, 1882, p. 147-148, fig.; — W. Drexler, dans Roscher, Aus- 
fuehrliches Lexicon der griechischen und roemischen Mylhologie, II, 2 (1894-1897), 
s. v° Marnas, col. 2382 ; — S. Reinach, Repertoire de la statuaire, II, 1897, p. 14, 
6; Revue archiologique, 1902, I, p. 27 ; — P. Perdrizet, dans Saglio-Pottier, Diction- 
naire des anliquitis, III, 1 (1899), s. v° Jupiter, p. 70b ; — George Adam Smith, 
The historical geography of the holy land, 7 e ed., 1900, p. 188. 


Photographies n 0 * 25, 26. 


612 (446) Tfite de femme. 


Magnesie du Mdandre; trouvee par D. Ballazzi bey sur l’emplaccment du theatre; entree 
au mu see en 1890. 


Marbreblanc; sommet et revers du crAne simplement 4panneles; la tete, travaillee a 
part, s'encastrait dans une statue ; la partie anterieure du tenon est brisce avec quelques 
erosions 4 la base du cou; manquent les bouclcs rapportees qui llottaient sur les 4paules 
(un tenon de fer derriere chaque Oreille); le nez, l’aroade sourciliere droite et gauche, la 
calotte du crane (rapportee) sont mutilea ; depot calcaire noirci sur le cote gauche; petite 
mortaise rectangulaire sur le bandeau qui couvre lc cote droit du front. 

Les yeux et les cheveux etaicnt peints (cf. ci-dessous). 

Hauteur totale, jusqu a la base du cou, 0 m 31; de la racine des cheveux au menton, 0 m 21. 



Portrait d’une femme d’agemoyen; legerement incline 
vers 1 epaule gauche, le visage a une expression indivi- 
duelle tres marquee, surtout dans le dessin des levres 
entrouvertes et dans le modele desjoues auxapophyses 
assez saillantes; les yeux sont peints, l’iris en brun 
noir, la prunelle en noir cerne d une zone jaune fonce; 
les cheveux, qui ont conserve des traces de couleur 
brune, ne sont travailles que sur le front ou ils forment 
deux bandeaux ondules, separes par une raie; derriere 
1 oreille, se d^tachait une boucle fixee par un tenon de 



N° 613 — STATUETTE DE ZEUS 


335 


fer encore visible ; sur le cote droit du crane, Ie bandeau est arrete par une 
section nette, ce qui parait indiquer avec certitude que la tete etait couverte 
du voile, dont la partie formant capuchon etait taillee dans le meme bloc 
que le corps (cette technique est frequente a Magnesie: cf. n os 550, 822, 823, 
824); de la aussi, la facture si sommaire du revers et du sommet; — travail 
de bon style, rapide mais tres vivant, d’epoque hellenistique. 

Joubin, Sculpt, gr. et rom., n° 101 ; — S. Reinach, Revue archeologique, 1890, 
II, p. 200 ; Chroniques d'Orient, I, p. 715 ; — American journal of archaeology , VI, 
1890, p. 551. 

Photographie n» 2034, 4 gauche. 


613 (62) Statuette de Zeus. 


L’invcntaire et 1c Catalogue de M. Joubin donnent la provenance Cyme ; la statuette est 
trfes probablement celle qui est mentionnee par M. S. Reinach, l. infra l. : « statuette en 
marbre de Jupiter assis ; il manque la tOte, les bras et les pieds >*, et provientdes fouilles de 
D. Ballazzi bey A Tapai', l’ancienne Hypaepa, 4 i kilometres nord ouest d’CEdemich, 
vilayet de Smyrne ; elle est cntr4e au musce en 1885 [de toutes manures, cette statuette 
doit etre distingude de celle qui est ddcrile par Goold, Cat., n° 46 = S. Reinach, Cat., 
n° 31 = inventaire du musdc imperial, n° 117, et actuellement conservee dans les depots]. 


Marbre blanc 4 petits grains cristallins; revers fruste et partiellement evidd; manquent 
la tdte, les avant-bras (le gauche rapportd : traces du scellemcnt de plomb 4 la cassurc', et 
l’extrcmite du pied gauche; le haut du dossier, l’accoudoir droit (par rapport au specta- 
teur), l’cxtrdmitd de I’accoudoir gauche mutilds ; l’dpidermc du marbre est noirci et a souf- 
fert de nombreuses erosions; hauteur, 0“40. 


Zeus est assis sur un trone a haut dossier rectangulaire, 
motive par un lislel et dont les supports anterieurs pre- 
sentent dans leur partie moyenne l’evidement profile en 
volute qu’on retrouve souvent sur les sieges anciens ; 
les accoudoirs sont, a leur extremite anterieure, soutenus 
par un aigle ; les pieds du dieu, chausses de sandales, sont 
places sur un long tabouret a griffes de lion ; le gauche, 
en avant, n’y repose que du talon, le droit que de la 
plante; le bras gauche tendu sur le c6te s'appuyait sur 
un sceptre ou en esquissait le geste; le bras droit est 
baissd et la main devait tenir un attribut, sans doute une 
phiale; le buste est nu et vigoureusement muscle; le 
manteau, dont une extremite apparait sur l’epaule gau¬ 
che, descend derriere le dos et couvre les jambes; — la 


dont le sommet est 



statuette est posee 



356 


N° 614 — BUSTE DE SERAPIS 


sur une base rectangulaire dont les angles anterieurs sont entailles par un 
redent qui y determine deux degres; — travail rapide, mais nerveux, d’apres 
un type hellenistique et probablement de cette epoque. 

Joubin, Sculpt, gr. et rom., n° 69; — S. Reinach, Revue archiologique, 1883, II, 
p. 103, n° 1 ; Chroniques d'Orient, I, p. 132, n° 1. 

Photographie n“ 1587, a droite. 


614 (101) Buste de Sdrapis. 


Erdek (Cyzique); la dale d'entree n’estpas donnee, mais doit etre 1869 ou 1870, le marbre 
n’etant pas mentionne par A. Dumont (1868) et figurant dans le Catalogue de Goold (1871). 

Marbre blanc 4 gros grains cristallins ; le revers de la tete presente une surface plane, 
piquee; manquent le calathos, l’cpaule et le bras gauches (ces deux derniers rapport6s : 
trois mortaises pour crampons); le haut du bras droit, les boucles qui retombent sur le 
front et les cotes de la tete, lencz, la levre superieure sont brisks ; erosions sur les yeux, 
la joue droite, la 14vre inferieure, la barbe, les cheveux, les plis de la draperie ; surface 
noircie ; les cheveux et la barbe sont travailles au trepan ; hauteur totale, 0" 90 ; du socle, 
0”19. 


Buste avec indication du haut des bras, pose sur un pi6douche moulure, taille 



dans le meme bloc ; le dieu, qui portait un cala¬ 
thos cylindrique, est vetu dune tunique et d’un 
manteau jete sur l’epaule gauche; le visage lour- 
mente a une expression de gravite sombre; les 
cheveux releves au dessus du front retombaient en 
meches entierement d<§tachees ; la face, large et 
presque ronde, est encadree d’une barbe touffue 
grossierement travaillee au trepan. 

Replique mediocre d’un type connu par de nom- 
breux exemplaires et attribue a Bryaxis (cf. W. 
Amelung, Revue archeologique , 1903, II, p. 177 
sq.); sur le culte de Serapis a Cyzique, cf. F.-W. 
Hasluck, Cyzicus, p. 227. 


Goold, Cat., n° 14 ; — S. Reinach, Cat., n° 306 
n° 71; — napvacco';, IV, 1880, p. 658. 


— Joubin, Sculpt, gr. et rom., 


Photographie n* 1749, 4 gauche. 



N° 615 - STATUETTE DE LA MfiTliR Mir.fcig 


357 


615 (1156) Statuette de la M6t6r Mig6n6. 


Culaya ; entree au musie en janvier 1901. 


Marbre blanc 4 grains scrr4s et peu crislallins ; revers Irks sommairement travaille; 
manquenl la tele, les avanl-bras, le bas du rameau feuillu, la patte antOrieure gauche du 
lion ; les raisins mulik's; la surface du marbre, qui etait lustree, est en partie recouverte 
par un diipOt de terre noirOtre ; plinthe rectangulaire en avant, irreguliere au revers ; 
emploi du trOpan dans la draperie; hauteur totale, 0“ 585, dont 0“ 05 pour la plinthe; lettres 
de 0” 008 4 0” 015. 


La deesse, de formes sveltes et tres allongees, repose sur la jambe gauche et 
llechit legeremenl la droite; le pied est ecarte sur le cote et pose a plat, la 
pointe ouverte ; une boucle de cheveux est conservee sur l’epaule gauche ; 
elle tient, de la main droite baissee, un long rameau 
feuillu appuye 4 l’epaule (tenon et traces d’arrachements 
sur la face exl^rieure de la cuisse et sur la jambe droite) ; 
de la main gauche, baiss6e un peu au dessous de la 
hanche, elle portait une dnorme grappe de raisins ; les 
pieds sont chausses de bottines fermees; 4 terre, a sa 
gauche, un lion 4 epaisse criniere est accroupi de face 
sur l’arriere-train ; — le vetement comprendune tunique 
talaire 4 manches courtes et un manteau dont la dispo¬ 
sition est singuliere : pose sur l’epaule droite, il couvre 
ce cote du buste, l’abdomen et les deux jambes jus- 
qu’aux chevilles; mais sur la poitrine meme, la drape¬ 
rie s’en distingue 4 peine de celle du chiton et Ton V. 

... , , fl. -MSNfltH««T^irMW. 

n en reconnait la disposition avec certitude qu en regar- 
dant le revers ou il descend obliquement de l’epaule 

droite et passe de biais sur le dos; il est serre, a la taille, par une large cein- 
ture faite d’un pan de l’etoffe, que ferme, au dessous des seins, un nceud qui 
rappelle de loin le noeud isiaque; de ce nceud, descend verticalement un pli 
qui rappelle, lui aussi, le Hot pendant de l’echarpe d’Isis, mais qui se pro- 
longe ici jusqu’au dessus des pieds et dont on voit nettement qu'il est forme 
par le bord meme du manteau replie sur lui-meme. 

Sur la plinthe, est grav^e en mauvais caracteres l’inscription : 

’Is'jamc Neixr; MvjTpl Mrpjvfj stcyjxsm sx twv tSiwv. 

La Mere adoree au bourg (inconnu) de Mige n’est autre que la vieille deesse 
nnatolienne dont le nom est souvent accompagne d’une epithete toponymique; 






358 


N° 616 — BUSTE D’fiPICURE 


elle se pr^sente ici sous une forme dont nous ne connaissons pas d'autre 
exemple ; les attributs qu’elle porte indiquent que c’est une divinite agricole, 
invoquee comme xapwoipopo;. Le modeste marbrier qui a taille ce marbre parait 
avoir eu devant les yeux un type d’Isis qu’il n’a pas compris ou dont il n’a 
pas su ramener le costume au type ordinaire sans tomber dans les incorrections 
et les impossibility que nous avons signalees plus haut. 

Travail provincial mediocre du n e ou de la premiere partie du hi 8 siecle ap. 
J.-C. 


Photographies n" 428, 1587, 4 gauche. 


616 (88) Buste d’fipicure. 


Provenance et date d'entree inconnues. 

Marbre blanc 4 grains serres et peu cristallins ; le travail est moins pousse au revcrs; 
nez bris4 ; Oreille droite mutilee; manque l’extremitii du pan de draperie qui descend de 
l'dpaule gauche ; toule la surface du visage, les cheveux, la barbe sont profondement ero¬ 
des ; traces de brulures; la tdte, sculptie 4 part, devait s’encastrer dans un socle au moyen 
d’unc masse de marbre ipannelee et arrondie, haute au ro¬ 
vers de 0 m 195, en avant de 0 m 08, et large de 0" 215 ; hauteur 
totale du buste, 0"45 ; de la t&te, 0“ 34. 

Tete du philosophe, conforme au type connu par 
de nombreuses repliques et assure par les inscrip¬ 
tions ; le buste ne comprend que le haut de la poi- 
trine, sans les attaches des bras; un pan du manleau 
est indique a gauche ; a droite, on n’en voit qu’un 
petit bourrelet, pres du bord [meme disposition 
dans un buste de Berlin ( Beschreibung , n° 306), et 
dansle petit bronze d’Herculanum (Visconti, Icono- 
graphie grecque, I, pi. 25, n° 4, p. 110)]; — en 
l'etat actuel, il est difficile de juger de la valeur du 
style qui toutefois parait assez bon. 



S. Reinach, Cat., n° 303 ; — Joubin, Sculpt, gr. et rom., n° 41. 


Photographie n“ 2075, 4 gauche. 




N° 617 — STATUE DE SILANE 


359 


617 (1221) Statue de Silfcne. 

Nablous ; envoi du gouverneur general de Beyrouth ; entree au musee le 23 septembre 
1902. 


Marbre blanc ; le travail est moins poussA au revers; manquent 1'avant-bras droit et la 
jambe droite, brisAe au dessus du genou ; une partie du pied est rcstee adherente A la 
plinthe qui est brisAe de ce c6tc; le nez, les parties sexuelles, la nAbride sur t’Apaule 
gauche, Touverture de l'outre sont mutiles ; la tAte est rajustee ; de meme, le soramct de 
l’arbre, l’outre et l’avant-bras gauche, en un grand fragment qui se raccorde exactement A 
la cassure sauf quelques lacunes au joint, remplies avec du platre ; quelques mechcs de la 
barbe, la partie infArieure de la jambe gauche sont restaurees ; l’epiderme du marbre, en 
particulier sur le visage, est trAs attaque et piquA de petils trous ; plinthe arrondie sans 
profil; hauteur, 1“ 72, dont 0“ 10 environ pour la plinthe. 

Alourdi par le vin, le corps repose sur la jambe droite avec un dehanche- 
ment Ires marqu6; la gauche est. flechie et lAgerement Acartee, le pied pose 
sur une saillie peu eievee du terrain; l’avant-bras 
gauche s’appuie pesamment sur une outre pleine, pla- 
cAe sur un tronc d’arbre; le bras droit pendait sans 
forces pres du corps, la main tenant un attribut assez 
volumineux, sans doute une coupe ou une phiale 
(traces d’un grand tenon rectangulaire sur la face 
extArieure de la cuisse); la tele se laisse aller vers 
l’Apaule gauche et s’abaisse sur la poilrine ; elle porte 
descheveux courts, ornAs d’une couronne de feuilles 
et de baies de lierre, et une longue barbe hirsute ; le 
caraclere satyrique est nettement marque, mais sans 
outrance : longues oreilles pointues, front bas, tra¬ 
verse de plusieurs rides et bombe en sa partie infe- 
rieure ; la racine du nez aceusAe par deux fourches ; 
nez court et epate ; levres entr’ouvertes ; l’expression 
du visage dit la fatigue et la melancolie qui suivent 
1‘ivresse ; les formes du buste sont pleines, les pecto- 
raux bien detaches, l’abdomen gonfle, mais d’un 
modele sommaire et sec, la toison sexuelle indiquee 
plastiquement; les jambes sont assez sveltes ; une nebride, nouee sur l’epaule 
gauche, d'ou pend une patte de l’animal, passe obliquement sur la poitrine et 
s’applique exactement sur le cote exterieur de la cuisse droite. 

La statue ne servait pas de fontaine (l’outre est massive), mais elle decorait 
le bassin d’un nymphee ou d’une salle de thermes : l’aspect de la surface 
indique clairement l’usure produite par le jaillissement continu des goultes 
d’eau ; e’est un mediocre travail d6coratif d’6poque romaine, d’apres un type 




360 


N° 618 — STATUE DE POSEIDON 


d’epoque hellenistique; cf. les statues, S. Reinach, Repertoire de lastaluaire, 
I, p. 418, 5; p. 419, 5; p. 423, 5 ; Amelung, DieSculpturen des vaticanischen 
Museums, I, Museo Chiaramonti, n° 578 ; toutefois, dans notre statue, le 
hanchement plus accuse, la flexion plus forte de la jambe libre temoignent 
de l’influence des modeles praxiteliens. 

Photographic n° 1036. 


618 (1435) Statue de Poseidon. 

Gebeil (Bybios); trouvee en octobre 1903, en creusant les fondations d’un han, sous une 
ipaisse couche de lessons de tuiles romaines ; entree au musee en mars 1904. 

Marbre blanc; le travail est moms pousse au revers ; manquent l’avant-bras droit, le 
poignet et la main gauches, la partie flottante de la draperie au dessous du bras gauche, le 
membre viril, la partie anterieure du pied droit et de la plinthc ; il ne reste, du pied gauche, 
qu’une mince paroi du cote inlerieur ; les dernieres boucles de la chevelure, sur le cou, 4 
droite, sont mulilees; large cassure au sommet de la tOte; une masse de marbre a ele 
laissie fruste sur la nuque et le sommet du dos ; bauteur, 2“ 10, dont 0“ 10 pour la plinthe. 

Le dieu est debout, le corps de face et portant forlement sur la jambe droite, 
la gauche flechie, le pied ramene un peu en arriere, la 
pointe ouverte, le talon legerement souleve ; il est nu; 
le manteau, pose sur l’epaule gauche, s’enroule autour 
de l’avant-bras gauche, tendu en avant a angle droit, et 
tombait le long du corps (traces d’arrachements sur le 
cote ext4rieur de la cuisse) ; la main tenait peut-etre 
un trident ; le bras droit etait baisse avec une legere 
flexion du coude, la main tenant un attribut, peut-etre 
un dauphin (traces d’un gros tenon rectangulaire au 
dessous de la hanche et d’un autre, plus petit, sur le 
devant de la cuisse ; cf. le Poseidon de Cherchell, S. 
Reinach, Repertoire de la statuaire, II, p. 30, 3); la 
tete, qui regarde droit devant elle, porte une barbe 
courte et bouelee, divisee sous le menton ; elle est 
encadree de longs cheveux boucles qui se relevent au 
dessus du front et tombent sur le cou ; sur le criane, ils 
sont ornes d’un bandeau et sommairement indiques 
par quelques sillons ondules ; la jambe droite s’appuie 
contre un tronc d arbre, le long duquel est sculpte un 
dauphin, la tete en bas et tenant un poisson entre ses m&choires. 




N° 618 — STATUE DE POSEIDON 


361 


Cette statue, bien conservee, c-d un pastiche d’dlements tres divers: on l'a 
comparee au Poseidon de Cherchell qu’elle rappelle par l'attitude generale et 
par la draperie, mais dont elle dilfere essentiellement par les formes du corps 
el le caractere de la tete : le corps reproduit un modele argien du v c siecle; la 
largeur du buste, la surface plane des pectoraux, limites presque a arete vive 
par la ligne des clavicules, le gras de l’epaule bien detache, le ventre et le 
nombril plats, le dessin du pli de l'aine, la faible saillie de la hanche rappellent 
le Doryphore dont notre statue reproduit exactement le systeme de pondera- 
lion (bras droit baissd, jambe gauche flechie ; jambe droite tendue, bras gauche 
plie a angle droit); certains indices revelent, d’autre part, des reminiscences 
d’un modele plus ancien : le modele de la cage thoracique et de l'abdomen est 
moins riche, plus sec et plus uni, et cette apparence n’est pas due seulement 
k l’insuffisance de l’artiste ou a un faire rapide, car l'attitude meme du buste, 
pos6 droit sur le bassin et beaucoup plus « frontal » que celui du Doryphore, 
l’exag^ration de la cambrure des reins, la technique des poils du pubis, avec 
leurs petites boucles en point d’interrogation coupees net sur le bas-ventre, 
d6celent la meme tendance el la meme recherche d’archai'sme. D’autre part, 
les proportions paraissent un peu allegees et le mode de station est une sorte 
de compromis entre le mode polycleteen et le mode lysippeen : comme dans 
l’un, la jambe portante est vigoureusement tendue et le poids du corps repose 
pesamment sur elle, mais la jambe libre n’est plus dans l’attitude de lamarche, 
et, d’autre part, elle joue moins librement et est moins ecartee que dans les 
oeuvres creees sous l’influence de Lysippe. Quant au motif de la draperie 
enroulee autour du bras, il appartienl 4 la statuaire du iv 1 ' siecle. 

La tete reproduit un type lysippeen : la chevelure, souple et vivanle, denonce 
un original excellent de cette epoque; les boucles recourbees qui se dressent 
au dessus du front rappellent la coiffure d’Alexandre, et le sillon vertical qui 
unit la racine du nez au sinus frontal, d’autant plus sensible ici que le models 
du front est assez sobre, reparail souvent sur les teles lysippeennes ; les levres 
sont legerement entr’ouvertes ; la barbe est librement traitee, mais cependant, 
semble-t-il, avec une certaine tendance a attenuer la liberte du modele et a 
lui donncr un caractere plus severe ; cette meme tendance se reconnait dans 
la forme du nez, qui a l’arete large, et dans celle des yeux dont la paupiere 
sup^rieure est un peu lourde. Dans l’ensemble, la tete donne une impression 
de majeste et de force qui s’accorde bien avec la dignite calme de l’attitude, 
quoique son aspect colore fasse un contraste assez etrange avec les surfaces 
lisses et sans ombres du buste ; le type parait avoir ete cree pour Zeus, mais 
le sculpteur lui a donne [’expression un peu sombre et le regard fixe et dirige 
au loin qui conviennent a Poseidon ; cette designation est confirmee par le 
dauphin sculpts sur le support. 

L’ceuvre est d'un travail soigne ; elle parait dater des environs de l’ere chre- 
tienne. 



362 


N° 619 — STATUETTE d’artSMIS 


L. Jalabert, Revue archiologique, 1903, I, p. 33-56 ; — S. Reinach, Repertoire de 
la statuaire, IV, 1910, p. 20, 2. 


Photographic n° 1037. 


619 (61) Statuette d’Art&nis. 


I.a provenance « fiphise, fouilles de Wood », donnee par l'inventaire ct par les Cata¬ 
logues de MM. S. Reinach et Joubin, cst inexacte ; la statuette provient en realili de 
Cyr&ne, et a ete lrouv4c, dans les fouilles de Smith et Porcher (1860-1861), parmi les ruines 
situees au nord du temple d'Apollon ; elle faisait partie des antiques qui furent riHrocidis 
par le musee britannique au musie imperial en juin 1870 (cf. n°* 387, p. 117 ; 410, p. 128 ; 
610, p. 350; 620, p. 363; 621, p. 364; 628, p. 376). 


Marbre blanc 4 petits grains serres et Ires cristallins ; revers sommairement travaiile ; 
manquentles trois derniers doigts de la main droite, la lance (tenon 4 Tangle anlerieur 
droit de la plinthe), toute la partie gauche de la tele et du col du chien, sa mSchoire infe- 
rieure, Textrcmile du muscau et de l’oreille droite, les pattes anlerieures ; quelques plis de 
la draperie mutiles ou reslauris ; la tete de la decsse, son bras droit, ses mains, sa jambe 
droite (milieu du mollet) avec le support, un fragment au sommet de celui-ci, sa jambe 
gauche (du genou A la cheville), la tete et le col du chien sont rajustes avec quelques lacunes 
et rcstaurations aux joints ; Tangle posterieur droit de la plinthe est refait en marbre ; les 
cheveux et la draperie sont travailles au tripan ; certaines meches de cheveux, la glande 
lacrymale, le coin des livres sont de plus creusis de petites cavites pratiquees avec une 
poinle Iris fine ; plinthe rectangulaire ; hauteur, l m 265, dont 0”095 pour la plinthe. 


Artemis est deboul, le corps portant sur la jambe droite, la gauche flechie 
et avancee, le pied a plat; elle est vetue d’une tunique 
qui tombe aux genoux, formant sur le buste un colpos 
aux plis chiffonnes qui couvre l’abdomen, et un court 
apoptygma fixe sur l’epaule droite par une agrafe 
ronde ; une etroite ceinture enserre la taille; d’un ve- 
lemenl dedessous, on ne voit que la manche, courteet 
ample, fermee sur le haul du bras droit, par quatre 
petites agrafes en forme de losange; le sculpteur parait 
avoir copie un modele dans lequel un baudrier passait 
en echarpe sur la poilrine, de l’epaule droite a la 
hanche gauche, mais il semble l’avoir confondu avec 
les plis de la draperie et il n’en reste ici qu’un pli peu 
naturelqui se forme au dessous de l’epaule droite et se 
perd sous la ceinture ; un manteau, pose sur l’epaule 
gauche, retombe sur le bras plie a angle droit; l’avanl- 
bras est lendu en avant et la main s’appuyait sur la 
lance; la droite est posee un peu au dessous de la 
hanche, 1 index allonge, les autres doigts pli6s ; — la tete est inclinee ver s 




N° 620 - STATUETTE d'aPHRODTTE 


363 


l’epaule gauche et ldgerement rejetee en arriere, d’un air reveur et sentimen¬ 
tal ; les cheveux, nouds sur le haul du crane, encadrent le visage d’un epais 
bourrelet ondule, qui couvre l’oreille dont on ne voit que le lobe, et sont 
releves sur la nuque aulourd’une bandeletle invisible ; les pieds sont proteges 
par de hautes endromides sur la tige desquelles relombent une tele et des 
grilles de lion ; — a droite de la ddesse, un levrier, assis sur son arriere-train, 
releve la tele vers elle ; l’espace compris entre le chien et la jambe de la 
ddesse n’est pas evidd et la masse de marbre qui les unit se continue sur 
toule la hauteur de la jambe, formant un petit support sommairemenl profile 
(en earquois?). 

Travail miserable d’epoque romaine, probablement du ii° siecle ap. J.-C. ; 
la forme du vetement semble indiquer un original de la seconde parlie du 
v" siecle; la coiffure est modifiee dans le gotit hellenistique. 


S. Reinach, Cat., n° 4GO; — Joubin, Sculpt, gr. el rom., n° 19; — R. Murdoch 
Smith et E.-A. Porchor, History of the recent discoveries at Cyrene \ 1860-1861), 1864, 
p. 100, n° 33 ; — S. Reinach, Repertoire de la statuaire, II, 1897, p. 313, 1. 


Photographic n° 1735. 


620 (114) Statuette d’Aphrodite « pudique ». 


L’invcnlaire et le Catalogue de M. S. Reinach donnent la provenance Ephdsc; le Cata¬ 
logue de M. Joubin indique Cos ; de mtoe une note marginale au Catalogue dcM. Reinach 
que possddc l’adniinistralion du musde imperial: « Cos, d'apres le catalogue manuscrit de 
M. Ddlhier »; ccpcndant le Catalogue des etiquettes de Rethier, C, 3’., n" 33, mentionne : 
n belle statue de Vdnus nue, d'Ephdsc ». Cette dernidre provenance est seule exacte ; la 
statuette, qui provicnl des fouilles de Wood et a etc trouvde au theatre, faisait parlie de 
cetlc seric de marbres d'Ephdsc et de Cyrene qui, en juin 1870, furent retrocedes au musde 
impdrial par le musde britannique dans les circonstanccs que nous avons rappeldcs plus 
haul (n“ 387, p. 117; 410, p. 128 ; 610, p. 350 ; 619, p. 362 ;cf. n°‘621, p. 364; 628, p. 376;. 


Marbre blanc A surface lustrde ; revers travailld et poli ; manquent tous les doigts de la 
main droite (trois petits tenons unissaient l’exlrdmitd des doigts au bras gauche ; traces 
d’arrachements du pouce sur le sein gauche ; les minces tenons de fer conservds A la cas- 
sure de l'index et de l’annulaire soutenaient une restauration moderne en plfitre qui a die 
dcnrlde), le pouce, l'index et la dernidre phalange des autres doigts de la main gauche 
(traces d’adhdrence des quatre premiers doigts sur la cuisse droite), la queue du dauphin, 
dont une pointe venait toucher la cuisse de la decssc et dont l’aulre y ctait raltachee par 
un tenon; drosions sur le nez et le bandeau de cheveux qui couvre le cotd gauche du 
front; lesfleurons de la stdphand sont mutilds ; la tele, le bras droit (en deux morceaux), 
les jambes (la droite en plusieurs fragments) sont rajustds avec quelques remplissages cn 
plAtre aux joints ; une partie de la face supdrieure du pied droit et le second orteil de ce 
pied sont rcslaurds ; la plinthe ovale est encastrde dans une base moderne ; hauteur, 
1 ” 01 . 



364 


N° 621 — STATUETTE DE MK6 


Tres mauvaise 



replique romaine du type de l’Aphrodile Medicis et du Capi- 
tole ; la tete, tournee a droite, est coiflee de bandeaux 
ondules qui s'epaississent sur les oreilles et se nouent sur 
la nuque en un petit chignon (rattache au dos par un te¬ 
non) ; les yeux ne sont pas incises; stephane en croissant, 
decoree surle devant de cabochons representant des pierres 
precieuses, sur le bord superieur de petits fleurons (?); 
contre la jambe gauche de la deesse, formant support, un 
dauphin pose, la tete en bas, sur un rocher qui lui-meme 
remonte derriere le mollet. 


S. Reinach, Cat., n» 32 ; — Joubin, Sculpt, gr. et rom., 
n° 5; — J.-T. Wood, Discoveries at Ephesus, 1877, p. 76 ; — 
S. Reinach, Repertoire de la statuaire, II, 1897, p. 355, 10; — 
A. Maviglia, Roemische Miltcilungen, XXVIII, 1913, p. 71, n° 14. 


Photographies n 0 ’ 152 (face), 151 (dos). 


621 (33) Statuette de Nike. 


La provenance Cyrine, donnie par M. Joubin (l’inventaire et M. S. Reinach indiquent 
Kpliese), est seule exacte; la statuette a Ate trouvee au temple d’Apollon, dans les fouilles 
de Smith et Porcher (1860-1861), et fait partie des marbres retrocedes par le musAe britan- 
nique au musAe imperial en juin 1870, dans les circonstances que nous avons rappelAes plus 
liaut (n“‘ 387, p. 117 ; 410, p. 128 ; 610, p. 350 ; 619, p. 362 ; 620, p. 363 ; cf. n° 628, p. 376); 

elle porte au revers la cote 7 25. 

Marbrc blanc A grains serres et cristallins; revers sommairement travaille; manquent 
les deux bras et l’cpaule droite qui Ataient rapportAs (sur les scellements, voyez plus bas 
la description) ; le nez et quelques plis de la draperie sont mutiles; les pieds, qui sont 
tallies A part, un pli de la draperie (mutilA) entre les jambes sont rajustAs; la tAte est 
sculptAc A part et encastree dans la statuette (trois petits fragments prAs du joint, surlA 
partie gauche de la poilrine, sont rajusles); plinthe mulilee, encastree dans une base 
moderne ; les cheveux sont travaillAs au IrApan ; hauteur, 1 metre. 


La deesse est representee, semble-t-il, au moment ou elle va prendre son 
vol; elle estde face ; le poids du corps porte sur la jambe droite, qui flechit 
legerement, tandis que la gauche est fortement pliee, le pied rejete en arriere 
et le talon souleve comme pour lui donner l’elan qui va l’emporter; le bras 
gauche etait;baisse, le droit releve ; le sculpteur n’a guere reussi a exprimer 
la legerete et la gr&ce de ce mouvement: sa figure, particulierement deplai- 
sante dans la vue de profil, a cause du flechissement outre de la jambe gauche 
et du trop grand eeartement des pieds, reste lourde et semble plutot marcher 



N° 021 - STATUETTE DE NIKS 


365 


d’un pas pressd et pesant, que s’elever dans les airs. Elle est vetue d’une 
tunique longue qui laisse transparailre les formes de la poi- 
trine, et d’un manteau qui, pose sur l’epaule gauche, relombe 
librement sur les jambes en degageant le buste; I’etoffe, 
collde aux jambes, se creuse, dans les parties laches, de 
plis profonds et recourbes; les pieds sont chausses de san- 
dales a fortes semelles. La tete est tournee a droite et lege- 
rement relev^e : les yeux ne sont pas incises; les cheveux, 
noues sur le sommet du crane, couvrent les’oreilles de 
bandeaux epais et bouffants, et forment sur la nuque un 
gros chignon. A premiere vue, la tete parait un peu haute 
pour le corps, et le bord de la draperie, indique a la base 
du cou, ne se raccorde pas exactement avec celle du buste 
(ce defaut a d’ailleure pu etre exagere par le restaurateur); 
l'identite du marbre, l’exacte concordance des dimensions 
du tenon et de la mortaise, le fait aussi que la description 
de Smith et Porcher n’exprime aucun doute sur l’apparte- 
nance de la tete au corps, semblent prouver cependant qu’elle est bien celle de 
la statuette. 

Le type de la figure et surtout son costume ne paraissent pas d’abord tres 
favorables au nom que nous lui avons donne; cependant la presence d’ailes 
semble assuree par les scellements : a gauche, la statuette porte au revers un 
gros tenon rectangulaire, scelle dans le dos meme; le bras gauche etait fix6 
par un petit goujon cylindrique et par un tenon rectangulaire en partie con¬ 
serve ; a droite, l’^paule et le bras, rapportes d’une seule piece, ^laient assu- 
jettis par trois forts tenons cylindriques (1’un en partie conserve), par un 
quatrieme, plat et rectangulaire, par un petit goujon, le tout renforce par un 
crampon dont on voit encore la mortaise sur l’omoplate ; cette abondance de 
scellements doit s’expliquer par le fait que l’aile droite s’encastrait dans la 
partie rapportee de l’epaule sur laquelle elle exer^ait une forte traction ; — 
cf., pour l’attilude, une statuette d’Amphipolis, Wiener Jahreshefle, XI, 
1908, Beiblatl , col. 99, fig. 67 ; — tres mediocre travail d’epoque romaine. 



S. Reinach, Cat., n° 86 ; — Joubin, Sculpt, gr. et rom., n° 14; — R. Murdoch 
Smith et E. A. Porcher, History of the recent discoveries at Cyrene (/ S60-1861), 
1864, p. 99-100, n° 13 ; — S. Reinach, Repertoire de la statuaire, III, 1904, p. 96, 5. 


Photographic n' 1737. 



366 


N° 622 — STATUETTE d’aPOLLON 


622 (445) Statuette d’Apollon. 


Magnesie du Mcandre ; trouvee par D. Baltazzi bey sur l’emplacement du theAtre ; dans 
les renseignemenls fournis par Baltazzi a M. S. Reinach, l. infra l., au lieu d’Apollon 
« d’un quart plus petit quc nature », il faut lire Apollon « quart de nature » ; entree au 
musee en 1890. 


Marbre blanc a grains tr£s fins et peu cristallins ; le travail est moins poussc au revers; 
manquent la tete, les bras, le haut du buste qui dtaient sculptes dans un autre bloc fixe 
sans crampon, la partie anterieure du pied gauche {rapportee : le tenon est encore visible 
dans sa mortaise par suite de la mutilation de la cheville), le membre viril, l’attribut, qui 
etait pose sur le support et fixe dans deux mortaises; l’objet place sous le pied gauche est 
mutile ; quclques concretions calcaires ?a et 14, sur l’epiderme du marbre; plinthe mince 
et irrdgulifere, brisbe 4 gauche ; hauteur, 0“ 705, dont 0“025 pour la plinthe. 


Le dieu est debout, reposant sur la jambe droite avec un dehanchement 
assez -marque qui incline le buste du cote oppose, la gauche flechie, le pied 
legerement avance et pose sur un objet triangulaire d’aspect assez confus, 
probablement un bucrane; il est chausse de bottines 
lacees qui decouvrent les orteils ; le corps est nu ; les 
formes en son! juveniles, encore un peu indecises dans 
la region de l’abdomen, mais nullement feminines; un 
manleau est jete sur le dos, dont quelques plis retom- 
bent sur le support place a la gauche de la figure — 
tronc d’arbre ravine comme un rocher, ou rocher ayant 
la silhouette d’un tronc d’arbre ; une lyre devait y 
reposer que le dieu tenait de la main gauche; la 
droite etait peut-etre relevee sur la tete, tenant le 
plectre. La designation de la statuette est probable 
sans etre certaine ; on pourrait penser a Dionysos et 
les hautes chaussures conviendraient plutot a ce dieu, 
quoiqu’elles soient parfois portees par Apollon; mais 
le bucrane — si, comme il semble, e’en est bien un qui 
est place sous le pied gauche de la figure — se retrouve sur certaines mon- 
naies d Asie mineure a cote du dieu ou de divinites locales assimilees a lui 
(par exemple a Thyatire, British Museum, Cat. of greek coins, Lydia, 
p. 295, n° 23, pi. XXIX, 8; p. 314, n° 121, pi. XXXII, 3 ; p. 319, n° 140; 
p. 320, n° 143 : cf. le relief, Bulletin de correspondance hellenique, XXVI, 
1902, p. 220, fig. 1). 

Le travail est elegant et la silhouette gracieuse, mais le modele est mou et 
comme eslompe : armature osseuse, masses musculaires, tout disparait sous 
1 enveloppe uniforme des chairs ; e’est precisement le meme caractere qu’on 
retrouve sur plusieurs sculptures decouvertes a Magnesie meme ( Magnesia am 




N° 623 - STATUETTE ARCHAISANTE DE DANSEL'SE 


367 


Maeander , p. 187 sq.); on comparera surtout avec notre Apollon un torse de 
heros assis [ibid., fig. 187, p. 188) qui est traite de la meine maniere ; rap- 
prochez aussi la fa?on donl sont indiques ici les sillons du support, la les 
fissures du rocher ; tout ce groupe d’oeuvres date de la fin du n e siecle ou des 
debuts du i cr siecle av. J.-C. 

Joubin, Sculpt, pr. et rom., n° 80 ; — S. Reinach, Revue archtologique, 1800, II, 
p. 260 ; Chroniques d'Orient, I, p.71“> ; — American journal of archaeology , VI, 1890, 
p. 561. 

Photographic n“ 1719, 4 droite. 


23 (481) Statuette archaisante de danseuse. 


Pergame ; l’inventaire porte « fouillcs des Allcmands; 14 avril 1881 »; cn rcalitc, la sta¬ 
tuette a etc Irouvdc et prise par D. Baltazzi bey, dans une mosquec de Bergama. probablc- 
ment Courchounlou djami, si le « bas-relief de Cybele » mentionne par lui, ap. S. Reinach, 
pr. 1. infra l., est bien corame il semblc notre n° 251 ; clle est entree au musec, non pas 
en 1884, comme le porte l’inventaire, mais en 1885 :1a lettre de Baltazzi citce par XI. Uei- 
nach est datee du 29 novembre 1885), et probablement le 18 novembre de cette annee, 
avec nos n 0- 251 et 252. 

Marbre blanc 4 grains serreset cristallins; rovers tres sommairement travaille ; manquenl 
la tdte, les bras qui dtaient rapportes 4 partir du biceps (mortaise 4 la section ; le haul du 
bras droit recolld avec une lacune au joint', les jambes, brisdes par une cassure oblique 
4 mi-hautcur des cuisscs, un pan de draperic derrierc Tdpaulc droite (rapportc : surface 
de joint preparde et deux minuscules morlaises, dont I’unc creusee eu dehors de cette sur¬ 
face) ; les boucles de chcvcux sur les dpaulcs sont celle de droite emporlee, celle de gauche 
inutilde ; drosions sur les plis dc la draperie ; hauteur, 0 UI 635. 


Kile s’avanvait, la jambe gauche en avant, le corps legerement mais tout 
entier incline dans le sens de sa marche, le bras droit tendu en avant, le gauche 
sur le cote (la position des avant-bras est incertaine); trois boucles lisses et 
rigidcs descendent sur le dos, et deux autres, strides en pas de vis, sur les 
epaules. Le vetement comprend un chiton a manches, visible seulement sur la 
partie gauche du buste, el un peplos a apoptygma pose de biais de l'epaule 
droite ii l’aisselle opposee ; cette disposition meme, l’indication par sillons 
ondulds des plis du chiton, le travail des cheveux revelent clairement I’inten- 
lion archaisante (justement signalee des le premier jour par Baltazzi bey) ; 
la maniere dont s’elagent les plis qui se forment sur l'apoptygma a 1’aplomb 
des seins lemoigne de la meme tendance ; par contre, ceux qui se recoupent 
else brisent sur le devant du buste, ceux qui se recourbent sur le cote droit 
du corps sont traites avec une entiere liberie ; l'altitude meme de la figure est 
ddgagee de toute rigidite archaique; la ganse qui borde l’encolure de la tunique, 



368 


N° 02i — STATUE d’hERMAPIIRODITE 


ies « plis d’armoire » legerement creuses en differents endroits du manteau 
sont comme une signature hellenistique. Dans l’en- 
semble, la figure porte tres nettementla marque du style 
pergamenien et la porterait plus manifeste encore si 
elle n’etait pas si mutilee et si le fragment qui en reste 
avait moins souffert. On en jugera mieux sur une autre 
statuette de danseuse, presque complete, provenant 
aussi de Pergame et conservee au musee de Berlin 
(Winter, l. infra l., p. 63, n° 43, Beihlatt 8, & la 
p. 64); les deux oeuvres montrent comment ces artistes 
ingenieux et erudits ont interprets les vieux maitres 
quand ils ont puise a cette source. M. Winter a juste- 
ment rappele le gout d’Attale pour la statuaire archai'que 
(ce prince avait place dans sa chambre les charites de 
Boupalos), et observe que la statuette de Berlin a pre- 
cisement ete decouverte sur l’emplacement du palais ; il se pourrait done 
qu’elle eut fait partie, ainsi que la notre, de l’ameublement royal (toutefois 
notre fragment parait, autant qu’on en peut juger en l’etat acluel, d’un travail 
sensiblement inferieur). 

De ces deux danseuses, le meme savant a rapproche avec raison les statues 
du theatre de Milet, rapportees par Rayet au Louvre (Heron de Villefosse 
Marbres antiques , n os 2793, 2795, 2796 = Rayet-Thomas, Milet et le f/olfe 
latmique , pi. 20) ; l’original dont precedent ces sculptures, qui presentent, 
d’ailleurs, entre elles d’assez notables divergences, est probablement une oeuvre 
de Tarchaisme finissant. 



Joubin, Sculpt, gr. et rom., n° 58; — S. Reinach, Revue archiologique, 1886, I, 
p. 162 ;Chroniques d'Orient, I, p. 223; Repertoire de lastatuaire, IV, 1910, p. 244,1; 
— Alterluemer von Pergamon, VII, 1908 : F. Winter, Die Skulpturen, t. 1, p. 6b sq., 
n® 44 ; fig. 44, p. 66 ; — H. Hepding, Athenische Mitteilungen, XXV, 1910, p. 498. 


Photographie n° 1030. 


624 (363) Statue d’hermaphrodite. 


Pergame , trouvee en 1879 dans une citerne au sud-est de l’autel; la statue, d abord 
attribute au musee de Berlin, a ensuite Ote r6trocedee au musee imperial, cn meme temps 
que la statue de Zeus Ammon, n” 625, en echange du geant mourant de la grande frise et 
de fragments de la frise de Tel&phe (cf. S. Reinach, pr. 1. infra l.) ; les deux statues ont du 
entrer au musee en meme temps, le 18 novembre 1885. 


Marbre blanc 4 grains serres et peu cristallins ; le travail est un peu moins pousse au 



N° r.i’f - SIAM e d’iiermapiirodite 


369 


icvci-s ; manquent lc bras droit, l'avant-bras gauche qui etait rapporte (mortaise rectangu- 
laire A la section), les boucles flottantes de la chevelure, le membre viril et le bord superieur 
dc la draperie sur le haul des cuisscs (rapporte; deux petits tenons de fer conserves); 
toule la partic supdrieurc du visage et la joue droite sont profondement attaqu^cs, le nez 
et 1' 11 -i 1 droit rongcs et informes; erosions profondes sur l’ceil gauche, le front, les ban¬ 
deaux, la joue droite, la l£vre superieure, plus legeres sur la joue gauche ; le chignon, le dos 
de plusieurs des plis dc la draperie, en particulier sur le cot6 droit et au revers de la jambe 
droite, le bord inferieur du niantcau, le pan qui tombc du bras gauche sont mutilcs ; presque 
partout, l'Apiclcrmc du marbrc est corrode et a pris un aspect grenu ; le poli antique u'est 
conserve quc sur le bas de lajambe gauche, sur le haut des cuisses, en quelques endroils de 
la draperie et A gauche de la lAvrc infcrieure ; la tete est rajustce sur le cou (quelques 
manques au joint), le cou et le haul de la poitrine sur le buste (l’epaule gauche refaite en 
plAtre); la statue, brisde aux chevilles, est replacee sur la cassure ; le bas du tronc d'arbre, 
avec la partie correspondante de ia plinthe et loutc sa face posterieure. la partie poste- 
rieure de la sandale gauche et le talon gauche sont restaures en platre; deux petits frag¬ 
ments de la draperie sont rajustes au revers dc la jambe droite; plinthe rcctangulaire 
sans prod), piquee sur sa face superieure, avec une petite zone polie autour du pied droit 
cl le long des contours iulerieurs du pied gauche ; hauteur, 1“ 865, dont 0" 12 pour la 
plinthe. 


II est debout, s’appuyant du bras gauche, avec une nonchalance elegante, 
niais sans lassitude et sans lourdeur, sur un haut tronc d’arbre qui se dresse a 
cote de lui ; la jambe gauche, tout a fait libre, est 
decide et ne louche le sol que de la plante ; le 
poids du corps repose tout entier sur la jambe 
droite avec un fort dehanchement qui incline le 
buste du cole oppose, d’un mouvement souple et 
onduleux; le manteau, qui a gliss6 sur le haut du 
bras gauche, passe derriere le dos, couvre les 
jambes en degageant la ligne de la hanchc et les 
parties sexuelles, et remonte sur l’avant-bras 
gauche lendu en avant; le bras droit etait baisse 
naturellement (traces d’un tenon sur le bord de la 
draperie a hauteur de la hanche); les pieds sont 
chausses de sandales epaisses dont la courroie, 
nouee sur le cou de pied, passe dans un coulanl 
en forme de occur, d^core d’un sphinx aux ailes 
cployees, accroupi et de face; — la tete, qui 
semble un peu petite pour le corps, porte une 
coiffure feminine : bandeaux ondules, separes sur 
le front, maintenus par une bandelelte autour de 
laquelle ils se relevent sur les cotes de la tele, couvranl le sommet des oreilles 
et noues au dessus de la nuque en un petit chignon irregulier sous lequel la 
bandelette reapparail; deux boucles tlottaient sur les epaules; une meche re- 
courbde frise sur la tempe ; les yeux elroils el longs semblent porter au loin 
un regard reveur et melancolique, et cette meme expression, commune a beau- 
coup d'herinaphrodites, se retrouve dans leplides Ifcvres lines etci peine entr'ou- 

li 




370 


K° 624 — STATUE d* hermaphrodite 


vertes. Les caracteres sexuels sont discretement marques : outre les parties 
viriles, peu developpees, la courbure de la hanche, interrompue par la saillie 
de l’os iliaque, est, malgre Felegance juvenile de sa ligne, toute masculine ; la 
coiffure, les seins naissants mais bien formes (le bouton nettement indique), 
l’abdomen sont feminins, et feminins surlout le Ires delicat sentiment de la 
chair et la douceur du modele ; la tete a ce type ambigu qu’on retrouve des le 
iv e siecle dans certaines tetes d’Apollon et de Dionysos. 

L’ceuvre est charmante et reste tres personnelle, bien qu’on y sente forte- 
ment les influences praxiteliennes ; elle a ce merite singulier de n’eveiller 
aucune idee lascive, aucune curiosite honteuse, mais des images de gr&ce 
alanguie, d’une melancolie voluptueuse et douce. Le type a du etre cree dans 
la premiere periode hellenistique, probablement au m e siecle ; il se peut 
que la statue de Constantinople soil Foriginal et qu’on en doive faire honneur 
a l’ecole de Pergame ; le tres beau et tres plastique travail des cheveux, qu’on 
peut encore juger sur le cote gauche de la tete, est bien dans le caraclere de 
cetle ecole ; la construction meme de la tete et la disposition de la coiffure 
rappellent celle d’une autre tete de Pergame, aujourd’hui a Berlin (F. Winter, 
l. infra p. 117, n° 90, pi. XXV) ; Fharmonie des lignes, la souplesse 
ondoyante du mouvenient, les qualites du modele semblent un heritage direct 
des maitres attiques du iv e siecle ; il est difficile de preciser davantage la source 
ou le sculpteur de Pergame aurait puise son inspiration ; il n’existe pas, 
croyons-nous, de replique de la statue, mais on lui peut comparer les Apol¬ 
lons du type Clarac, pi. 667, 1548 A (publie a tort comme hermaphrodite ; 
cf. Matz-Duhn, Antike Bildwerke in Rom , I, n° 188), et pi. 482, 926 B; l’A- 
pollon de Cyrene et ses variantes (cf. ici meme, n os 114 et548) constituent un 
groupe tres probablement derive de la meme source. 


Joubin, Sculpt, gr. et rom., n° 66 ; — Die Ergebnisse der Ausgrabungen zu Per- 
jramon, VorlaeufigerBericht, 1880, p.25; — Jalirhuch des archaeologischen Institute, 
II, 188,, p. 199, n° 7 ; — S. Reinach, Chroniques d'Orienl, I, p. 204, note; Reper¬ 
toire de la staluaire, II, 1897, p. 104, 7; _ P. Hermann, dans Roscher, Ausfuehr- 
liches Lexicon der griechischen und roemischen Mythologie, I (1884-1890), s. v° 
Ilermaphroditos , col. 2323; — L. R. Parnell, Journal of Hellenic studies, XI, 1890, 
o"} d ’ ~ A ’ Kalkmann > Die Proportionen des Gesichts in der griechischen Kunst 
o rogI ' amm _ zum 'Vinckelmannsfeste, Berlin), 1893, p. 93, n° 32 ; 101, n° 79 ; 104, 
n° *L ; . 112 ’ 79 ’ W - Amelu “g, dans Arndt-Bruckmann, Einzelaufnahmen’sbvie 

1, 189o, au n° 292, p. 11 ; Roemische Mitteilungen, XVIII, 1903, p. 11 ; dans Arndt- 
™ ckmaM ’ Denkmaeler griechischen und roemischer Sculptur, texte a la pi. 593 
L f ’ j,°* e P* ^ ^• Purtwaengler, Ueber Statuenkopien im Alter- 

um [Abhandlungen der kgl. bayerischen Akademie der Wissenschaften, I. Cl., XX. 
r - Abth -), 1896, p. 59 (583), note 2 ; — Collignon-Pontremoli, Pergame, 1900, 
r ' g n’ Fuehrer durch das Pergamonmuseum, 1904, p. 49; — J. Burckhardt, 
C,Cer ° ne ' 9 “ ed ” 1904 ’ P- »o‘e 1 ; - G. Cultrera, Saggi sull’arte ellenistica e 



N° 02'; — STATCK HE ZEUS AMMON 


371 


ijrecu-romanu, l, La correnle asiana, 1907, p. 139; — Allertuemer von Pergamon, 
VII, 1908 ; F. Winter, Die Skulpturen, t. 1, p. 132, n° 115 ; pi. X ; Beiblatt 16 ; cf. 
ibid., t. 2, p. 193, au u° 199 ; — The metropolitan museum of art, Catalogue of the 
collection of casts, New-York, 1908, n° 804; — Hugh G. Evelyn-White, Journal of 
hellcnic studies, XXIX, 1909, p. 261 ; — G. Mendel, Revue de I'art ancienet moderne, 
XIII, 1909, t. xxvi, p. 263-264; —Ahmed Refik bey, Buyuk tarikh-i-oumoumi His- 
loire gintrale, en turc , II, 1911, fig. p. 273. 


Photographies n°‘ 1038 (face, 18 X 3 i ; , 22 (trois quarts a gauche, 24 X 30). 


625 (359) Statue de Zeus Ammon. 


Pergame ; trouvAe au printemps 1879 au nord del'autel; entree au musee dans les mcmes 
conditions et en m6mc temps que la statue d’hermaphroditc, n" 624. 


Marbre blanc k gros grains cristallins ; le travail est moins pousse au revers ; le nez, la 
lAvre superieure, le revers du haut du bras et les doigts de la main droite, la partie supe- 
ricure du sceptre, quelques plis de la draperie sont mutiles ; manquent, et sont restaures 
en marbre, le support (dont on voit encore une partie antique au dessous de la draperie 
et la region voisine de la plinthe; sont rajustes : la tete, le bras droit (trois fragments', les 
pieds (le droit endeux fragments ; les orteils gauchcs, fortement mutiles. paraissent tallies 
dans un morceau rapportii) ; quelques lacunes au joint de la cassure du poignet et des 
chevilles (manque en particular le talon droit); petite restauration en plAtre sur la face 
extdrieure du mollct droit; les boutons des seins elaient rapportes, sans doutc en bronze; 
plinthe ovale, dcstinAe A 6tre encastrAe dans un socle ; quatre petites mortaises sont 
creusees sur la tranche anterieurc ; une cinquiAmc, plus grande, est bouchec avec du pl&tre; 
hauteur, 2” 13, dont 0"075 pour la plinthe. 


Le dieu est debout, le corps de face et reposant sur la jarnbe gauche, la 
droite ftechie, le pied en arriere et ne portant que de la poinle ; la main 
gauche est posee sur la hanche, la droite relevee tenait un sceptre court (le 
fragment qui en subsiste n’est brise qu’en haut); le buste est nu ; le manteau, 
pos6 sur l’epaule gauche, descend d'une part sur le bras, qu’il couvre tout 
entier, et le long de la jarnbe, passe d'autre part sur le dos, revient sur la 
hanche droite et couvre tout le corps, de la taille aux chevilles, en formant 
sur l'abdomen un large surplis triangulaire orne a Tangle d‘un petit rhombis- 
cos ; les pieds sont chausses de sandales a semelles epaisses, maintenues par 
un reseau de courroies soigneusement indiquees ; ces courroies se croisent sur 
une grande languette qui remonte un peu sur le bas de la jarnbe et etait 
decoree, sur le cou de pied, d’un ornement metallique, rapporte dans une petite 
mortaise; k Textremit6 opposee, la languette se termine par un coulant sous 
lequel s’unissent les courroies avant de passer entre les deux premiers orteils. 

La t6le, tournee k gauche, est celle d’un homme dans la force de l’age ; 
elle est construite « en hauteur », avec le revers du crane presque vertical ; 



;^Y2 N° <>25 - STATUE DE ZEUS AMMON 

la partie inferieure du front est bombee legerement, le contour des yeux mol- 
lement dessine ; les cheveux courts sont partages en petites meches qui se 
relevent aulour du front, se croisent et se recouvrent sur le crane et se tcr- 
minent a une meme hauteur sur la nuque ; sur les tempes, elles se recourbent 

vers le bas et se distinguent a peine de celles 
de la barbe qui est drue, bien fournie, par- 
tagee en petites boucles epaisses et remonte tres 
haul sur les joues ; les moustaches sont tom- 
bantes; sur les cotes du crane, au dessus du 
front, deux grandes mortaises rectangulaires, 
entourees d'un bord circulaire, pique et lege- 
rement ravale, sont destinees a recevoir deux 
cornes de belier qui n’adheraient pas a la tete, 
mais dont les contours sont cependant indi- 
ques par une tres faible depression et le travail 
un peu moins pousse des parties de la cheve- 
lure qu’elles masquaient. 

II parait done certain — la barbe ne per- 
mettanl pas de reconnailre ici l’image d'un 
prince de Pergame -— que la statue est celle 
de Zeus Ammon, bien qu’elle n’ait ni les longs 
cheveux, ni l’expression sombre habituelle aux 
representations de cette divinite ; M. Winter a 
insiste sur le caractere « animal » de la phy- 
sionomie ; cette impression parait due surtoul a l’absence du nez qui fait res- 
sortir le bas du visage et la levre inferieure, deja fortement proeminente ; on 
peut toutefois reconnaitre une intention dans l’abondance du systeme pileux. 

L ceuvre nous parait inspiree d’un original du v e siecle ; cette disposition 
de la draperie se retrouve sur la frise du Parthenon et e’est celle du Zeus de 
Dresde, qui fut sculpte dans le cercle de Phidias ; le sculpteur semble s’etre 
applique a en rendre le caractere avec fidelite ; de fait, elle n’a rien du style 
pergamenien , mais sous la main d’un artiste oblige de lutter contre ses propres 
habitudes, la noblesse et la sobriete de l original sont devenues froideur et 
secheresse ; dans 1 attitude meme, il a introduit une certaine emphase, qui 
devait etre etrangere a son modele ; dans la composition de la chevelure et de 
la barbe, il veut reproduire la simplicite des sculpteurs classiques, dans le 
liaitement des chairs leur modele lisse et lumineux, mais les reminiscences 
d icuvres du iv e siecle, les retours inconscienls d’habitudes d’ecole se recon- 
naissent dans la disposition des cheveux releves en criniere autour du front, 
dans la forme meme du front, bombe dans sa partie inferieure, dans celle de 
la cavite orbiculaire, plus creusee vers l’angle interne qu’il n’est habituel au 
v e siecle. 




X° 626 - TtvTE OOI.OSSAt.E Tl’l'NE D£ESSE 


373 


Dans 1 ensemble, 1’ceuvre a la froideur d’un pastiche et donne une impres¬ 
sion peu ugreable ; elle peut dater du in e siecle ; il est interessant de la com¬ 
parer avec une statue decouverte recemment a Pergame (Athenische Mittei- 
lungen, XXXVII, 1912, p. 3l6sq. ; pi. XXVIjConze, /. infra /.), pour juger 
ce qu en devient le type, traile dans le vrai style pergamenien. 


Joubin, Sculpt, gr. et rom., n° 68 ; — Die Ergebnisse der Ausgrabungen :u Per- 
gumon , 1 orlaeufiger Berichl, 1880, p. 25, 71 ; —Driller vorlaeufiger Bericht, 1888, 
p. 13 ; — Jahrbuch des archaeologischen Instituts, I, 1886, p. 130, n° 21 ; — S. Rei- 
nach, t'.hronigues d'Orient, I, p. 204, note ; Repertoire de la statuaire, II, 1897, p. 12, 
9 ; — L. R. Farnell, Journal of hellenic studies, XI, 1890, p. 189 ; — A. Kalkmann, 
Die Proportionen des Gesichts in der griechischen Kunsl (53. Programm zum Win- 
ckelmannsfeste, Berlin), 1893, p. 91, n° 58 ; 103, n° 58 ; — A. Furtwaengler, Ueber 
Staluenkopicrn im Alterthum (Abhandlungen der kgl, bayerischen Akademie der 
Wissenschaften, I. Cl. ,XX. Bd., III. Abth.), 1896, p. 14(538); — P. Arndt, dans Arndt- 
Bruckmann, Denkmaeler griechischer und roemischer Sculptur, texte k la pi. 533 
(1902), p. 1, note •{•; — W. Amelung, Boemische Mitleilungen, XVIII, 1903, p. 11 ; 
— Fuehrer durch das Pergamonmuseum, 1904, p. 49 ; —Th. Wiegand, Die archaische 
Poros-Archilektur der Akropolis zu Athen, 1904, p. 134, note ; — Altertuemer von 
Pergamon, VII, 1908 : F. Winter, Die Skulpturen, t. 1, p. 60, n° 41; pi. X; Bei- 
blatt7 ; — A. Conze, Antike Denkmaeler, III, 2, 1913, p. 18. 

Photographies n 0 ' 612 (face), 23 bu , 24 bl " (anciens cliches pris dans le Tchinili Kiosk . 
611 'tele ct haul de la poilrine, face), 610 {id., profit A gauche:. 


626 (358) T6te colossale d’une ddesse. 


Smyrnc, cimelicrr jnif; envoi de D. Baltazzi bey : entree an musee le Is novembre 
1S85. 


Murbre bleule, a grains ties compacts et peu cristallins ; toute la sphendone qui recouvre 
le chignon et la nioitie droite de la bandeletle qui passe sur le haut du crAne sont siniple- 
nicnt cpannelces ; la surface meme du visage n est pas polie, mais gratlee A la rdpe ; brisee 
sur le cou par une cassurc oblique ; manque un grand Octal superficiel sur le cote droit du 
con ; nez mutile ; quclqucs Arosions sur le sourcil gauche, la livre inferieure, la bandeletle 
frontale, les chevcux sur la partie droite du front et la tempe droite ; hauteur, 0“ 90; de 
la tele scide, 0“ 67 ; du bord du bandeau sur le front au menton, 0” i i. 


La tele est legerement tournee a droite sur le cou incline a gauche ; le visage 
est d’un ovale un peu gras, les levres fortes et charnues (la levre superieure 
ondulee dans sa partie movenne, inllechie a ses extremites, la levre inferieure 
lourde, dpaisse et presque droite); le front est lisse, la paupiere superieure 
bien detachce ; la glande lacryinale est indiquee comme une petite membrane 
tendue sur Tangle interne de l’ceil et en legere saillie sur le globe ; l’iris est 



374 


p;0 626 - TfcTE COLOSSALE d’uNE DfiESSE 


accuse par une circonference incisee, la prunelle par une cavite donl la partie 
superieure est recouverte par le rideau de la paupiere; les cheveux forment 
sur la nuque un chignon epais, allonge, tout entier 
pris dans la sphendone, et, sur les cotes de la tele, 
devant les oreilles, une masse bouclee que partage en 
deux la pression de la bandelette ; celle bandelette, 
large, d’eloffe epaisse et creusee de quelques plis 
profonds, semble disposee de la maniere suivante : on 
en a d’abord place 1’extremile sur le milieu du 
front, puis on l’a passee, de droite a gauche, sous 
le chignon, ramenee sur le haut de la tete, passee 
encore et dans le meme sens sous le chignon, deve- 
loppee autour de la tete de maniere a recouvrir, sur 
le front, l’extremite initiale, et passee une troisieme 
fois au dessous du chignon, autour duquel elle forme enfin un tour com- 
plet. 

Cette tete est, non pas une copie, mais une interpretation libre du type — 
bien connu sous le nom de Sappho — ou l’on reconnait d’ordinaire, aujour- 
d'hui, une Aphrodite creee par Phidias ou dans son ecole (cf. Furtwaengler, 
Meislerwerke, p. 98 sq. ; a la liste des repliques enumerees ibid., note 2, 
ajoulez celles qui sont donnees par M. Arndt, Denkniaeler c/riechischer und 
roemtscher Sculptin', texle a la pi. 576; un exemplaire de Rome, publie par 
M. II. li. Cross [Supplementary papers of the american school of classical 
studies m Home, I, 1905, p. 145-117 ; pi. XVII] qui cite, p. 145, note 2, a 
cote d autres repliques connues, un exemplaire inedit « in an antiquary’s shop 
in Rhodes on the island of Rhodes » ; sur le type meme, cf. G. E. Rizzo, 
lieeiie archeoloqiqne, 1901, II, p. 301-307 ; sur ses origines, E. Pottier, 
Bulletin de correspondence hellenique, XX, 1896, p. 445 sq.; XXI, 1897, 
p. 497 sq.). Cette tete colossale n a guere pris a l’original attique que la dispo¬ 
sition et 1 ornement de sa chevelure ; de sa beaute souveraine, de sa douceur 
grave et divine, elle n’a garde qu’un pale et lointain reflet ; si 1’on peut 
encore parler de beaute dans un marbre de ces dimensions, e’en est une toule 
humaine, la beaute d une die robuste a qui une bouche trop sensuelle, des 
levres trop epaisses donnent meme un caractere de vulgarite. Furtwaengler 
considerait 1 ceuvre comme hellenistique; de fait, le travail est large, decoratif, 
et 1 on v sent, en parliculier dans l’execution des cheveux, un ciseau alerte et 
sur, qu on n a pas 1 habitude de trouver dans les produits d’epoque romaine ; 
cependant des jeux incises comme ils le sont ici ne se rencontrent, a notre 
connaissance, sur aucune tete hellenistique; on retrouve au contraire le meme 
precede a\ec la meme maniere d indiquer la glande lacrymale sur plusieurs 
des grandes consoles figurees d’Aphrodisias (n os 497 sq., en particulier aux 




N® 027 — TfcTE COLOSSALF. DF, FEMME 


37 "> 

n°' 498-500) ; bien que la lete de Sm vrne ait un caractere nssez diirerent. du 
surlout au fait qu'elle a ete sculptec sans 1 'aide du trepan, nous croyons pou- 
voir l’attribuer a la meme epoque, c’est-a-dire a l'epoque d'lladrien. 

Joubin, Sculpt, gr. cl rom., n" 159 ; — A. Furtwaengler, Meisterwerkc, 1893, p. 98, 
note 2 <{ ; Masterpieces, 1895, p. 00, note 2 q ; l.'cher Sfatuenkopieen im Alterthum 
Abhandlungen (lev kgl. hayerisclien Akatlemie der Wissenchaften, I. Cl., XX. Bd., 
III. Abtheilung), 1896, p. 18 (5+2 ; — Collignon-Pontremoli, Pergame, 1900, p. 190, 
note 3 ; — P. Arndt, dans Arndt-Bruckmann, Denkmaeler griechischer und roemi- 
scher Sculplur, texte a la pi. 576 1904:, p. 3. 

Photographies n°‘ 201 iface), 202 profit a droite . 

627 (86) T6te colossale de femme. 

Provenance et date d’entree inconnucs (la provenance CyrAne donnAe par M. S. Reinach 
nc nous parait pas pouvoir elrc acceptde sans reserves). 


Marbre blanc 4 gros grains cristallins; revers coupd par line section plane ; Fepidermc 
du marbre est profondement rongd sur toute la surface du visage et du cou ; l’oeil gauche 
cst indistinct; erosions sur les boucles de chevcux et les bandeaux; la tele, travaillOe A 
part avec lc liaut de la poilrine, s’encastrait sur une stalin' ; hauteur, 0” :>7 ; de la t(tte seule, 
O'" 38; de la racine des cheveux au menlon, 0 m 275. 

Kile est de face ; le visage est d'un ovale dpais, presque enrre, les joues 
charnues, les levres legerement enlr’ouvertes, 
l’expression calme, impersonnelle, majestueuse ; 
le manteau, donl la partie posterieure, formant 
capuchon, devait etre sculptee dans le bloc du 
corps, est releve sur la tote ; les cheveux for- 
ment sur le front deux bandeaux ondules qui 
vont s’epaississant sur les tempos et les cotes 
du erflne, et couvrent le liaut des oreilles ; ils 
sont ornes d’une epaisse couronne annulaire, 
striee de quelques sillons obliques, represen- 
tant sans doute la bandelelte coulee autour du 
cercle ; deux boucles en torsade, d'aspect me- 
lallique, se detachent derriere les oreilles et 
descendent sur les epaules. 

Cette tele represente soil une divinitd, Demeter ou Hera, soit une impera- 
trice sous l’aspect d’une de ces (loesses et sans aucun caractere individuel. 





376 


N° 628 — STATUE DUNE DfiESSE 


M. S. Reinach a juslement signale l’analogie qu’elle presente avec la « Hera » 
Farnese (Ruesch, Guida del museo nazionale di Napoli , n° 144), soit dans la 
disposition des cheveux, soit dans le dessin des levres, qui sont joliment 
ondulees, mais s’inflechissent avec une expression mauvaise vers leurs extre- 
mites; 1’etat actuel du marbre ne permet plus d’ailleurs de pousser bien loin 
cette comparaison ; en particular la paupiere inferieure, qui a une forme si 
remarquable dans la tete de Naples, a disparu ici sous les erosions; il n’en resle 
pas moins que la lourdeur de la paupiere superieure (bien conservee sur l’ceil 
droit), la largeur du visage et de l'arete du nez, le front lisse et vaste, la 
forme des boucles, le caractere noble et grave de l’expression revelent l’imita- 
tion conscienle d’un type cree vers la rnoitie du v c siecle ; l’oeuvre, traitee dans 
la maniere decorative, comme il convenait a ses dimensions, date probable- 
ment du n e siecle ap. J.-G. 


S. Reinach, Cat., n° 304; — Joubin, Sculpt, gr. et rom., n° 54; — S. Reinach, 
American journal of archaeology, II, 1886, p. 316-317 ; pi. IX, a droite ; — P. Arndt, 
La glyptothdque Ny Carlsberg, texte aux pi. 29-30, p. 47, fig. 18. 

Photographic n* 2029. 


628 (37 Statue d une ddesse. 


L uiveiitairc ne donne pas de provenance ; la statue ne paraSt pas se trouver dans le 
l.atalogue de M. S. Reinach ; la Kite seule figure dans celui de M. Joubin, avec la prove¬ 
nance Magnes.e du M<5andre et la date d’entree 1890; en realite, tfite et corps proviennent 
des fou.lles de Smith et Porchcr 4 Cyrene (1S60-1861) et y ont ete trouves dans les ruines 
du temple d Apollon ; la description sommaire donnee par Smith et Porcher (l. infra l.) 
ne la.sse place 4 aucun doute : « female figure wearing talaric chiton and diploidion ; over 
forehead, sphendone ; head looks up ; arms wanting from the elbow ; head and lower 
arms have been inserted in sockets ; this figure may possibly be a Juno ; art late and bad ; 
height, . ft. 5 in [—-l"3-,3, c est-4-direla hauteur exacte de la statue, la t6te comprise.au 
dessus deja plmthe] ». La statue, apr6s avoir passe au musee brilannique, ou elle re f ut la 

cote 7 — 25 qu’elle porte encore peinte surle dos, fut retrocedec au musee imperial 
6i a d! S 6 l r9 S , C 62 r o! > 62l anCeS pluS haut ( P- 1,7 )> jmn 1870. avec les n- 387, 388, 410, 


vaille ■ nianaurniMps n' anC | t gla * 1S S< i rl -^ S peu c, '* s taHins i revers sommairement tra- 
au cmide eauche q “‘ ra PP orlds (tenon en fer au bras droit; traces, 

tombent au dessous d! k ‘ SC m , utll4e ); mall que lextremite des pans de draperie qui 
du corps est blanchi ef U T ! qU f qu f s erosions superficielles sur le marbre ; le devant 
ju qu i , d^ e f , ' Cm ™ 1 " s6 P ar tes inlemperies, la statue ayant ete exposee 

beaux arts plinthe I 'lrf entre colonne « ^e la fa ? ade laterale de l'ecole des 

le mtoe qie S «^S^T Cntarr0n ?^ 4 tranche fruste. - La tete : le marbre parait 
fiante cassure au bord sons i 1 reV . ers Slm plement mass6 ; intacte, sauf une insigni- 
noirStres sur les cheveux 1 r )ou ^ Ie <l u ' tombe sur le cote droit du cou ; quelques taches 
su. les cheveux, le front, l’ceil droit ; la tete ayant toujours eti exposee dans les 



N° 628 — STATUE D UNE DflESSE 


377 


Salles, l'epiderme a garde un pcu du lustre antique ; elle est travaillee 4 part et etait fixer 
par un goujon dc fer rclui dont les traces subsistenl dans la mortaise csl moderne et 
avail servi 4 la sccller sur un socle de marbre); la cavity, pratiquee sur le corps pour 
recevoir la t4te, presente, au fond, une mortaise pour goujon, et, sur sa paroi,onze autres 
mortaises destinees a retenir le plomb du scellement ; l une d elles (cello qui se trouvc 
dans l’axe de l’cpaule gauche) a encore retenu le plomb antique (le canal de coulee est 
creusi; 4 hauteur de la seconde a parlir de celle-ci ; le tenon de marbre de la tete nc 
porte aucune mortaise correspondanle. 

Tii s faibles traces de rouge brun sur les cheveux, au dessus de l’oreille gauche. 

Hauteur totale, avec la tete, 1“ 385, dont 0 m Oi pour la plinthe ; hauteur du corps seul. v 
compris la plinthe, 1"' 135 ; hauteur totale de la tete, du sommet de la stephane au bord 
de la poitrine, 0 m 31 ; de la naissance dc la raie au menton, 0” 14. 

La deesse est debout et de face, le corps portant sur la jambe gauche, la 
droite flechie, le pied tres legerement ecarte sur la meme ligne a peu pres 
que le gauche, la pointe ouverte el, semble-t-il, le talon un peu souleve ; les 
deux bras elaient plies a angle droit et lendus, le gauche en avant, le droit 
s'ecartant legerement vers le dehors ; le costume comprend 
une lunique de dessous a manches fermees par de petits 
boutons et un long peplos a apoplygma agrafe sur les 
epaules, mais qui, a gauche, a glisse jusqu’a hauteur de 
l’aisselle ; il est fendu sur le cote droit du corps, ou les 
bords, a peine dislingu£s, retombent jusquesurla plinthe, 
en arriere de la jambe ; les pieds sont chausses de san- 
dales minces. 

La statue reproduit un type bien connu du V siecle, 
mais avec cette variante de l’epaule gauche decouverte et 
avec une composition des plis secondaires — en parti¬ 
cular sur le sein gauche el au dessus du pied droit — 
qui semble etrangere au caractere de l’original ; le travail 
est d’ailleurs tres superficiel et reduit au minimum; il 
n’a rien garde de 1’auslere noblesse et de la beaute 
presque arehitecturale du type primitif (notez la negligence avec laquelle 
sont executes les plis canneles qui se forment autour de la jambe gauche). 

La tete est tournee a gauche; les cheveux, ornes d’une stephane en crois¬ 
sant et partages par une raie, forment deuxepais bandeaux de grosses meches 
que separent de profonds sillons creuses au trepan ; ils couvrent les oreilles 
et se nouent sur la nuque en un chignon plat; deux boucles ilottent librement 
sur le cou ; les yeux ne sont pas incises; — le travail rapide, dur et presque 
brutal dans les cheveux. mou et sans expression dans les traits du visage, est 
sans caractere et sans valeur. 

Nos figures, comme nos cliches photographiques, donnent separement la 
tete et le corps. Smith et Porcher n’ont pas doute qu’ils appartinssent 1’un a 
l'aulre, etleur opinion parait avoir ete adoptee par les conservateurs du musee 




378 


N° 029 - TI'.TE DE FEMME 


britannique, pendant les quelques annees que la statue a passees k Londres. 
Nous ne voyons pas de raison certaine pour en preferer une autre : la tete 
parait un peu petite pour le corps, mais ce defaut n'est pas rare, et d’ailleurs 
n'est pas assez accuse pour constituer ici un argument de- 
cisif ; les boucles flottantes ne s’achevent pas sur le bloc de 
la tete et Ton n’en trouve pas la fin sur le bord de l'autre 
bloc : est-ce une simple negligence du sculpteur ? Elle pour- 
rait s’expliquer par le fait que le type reproduit par le corps 
ne eomporle pas de boucles 4 cet endroit; la tele est en 
effet d’un tout autre style, mais celte association d’elements 
heterogenes est frequente a l’epoque imperiale. Nous ne 
saurions dire si l’absence, sur le tenon de la tete, de mor- 
taises correspondant a celles qui sont creusees dans la cavite 
du corps pour retenir le plomb du scellement (cf. plus haut, in fine du petit 
texte) doit etre consideree comme un argument contre le rapprochement. Le 
grain du marbre est le meme dans les deux parties, et les differences qu’y 
presente l’aspect de 1’epiderme proviennent de ce qu’elles ont ete exposees 
scparement, l’une au grand air, l’autre dans une salle fermee ; la tete s’ajuste 
exactement dans la cavite, sauf derrieee la boucle qui tombe sur le cote droit 
du cou, a 1’endroit oil le bord est legerement casse. 

11 se pourrait que la deesse representee fut Artemis, dont la presence s’ex- 
pliquerait bien dans un sancluaire d’Apollon ; l’ceuvre, tres mediocre, date 
probablement du n e siecle ap. J.-C. 

Joubin, Sculpt, gr. et rom., n° 64 (la tete seule) ; — R. Murdoch Smith et E.-A. 
Porcher, History of the recent discoveries at Gyrene (1860-1861), 1864, p. 99, n" 11. 

Photographies n°‘ 2078 (le corps), 125 (la tele de face), 124 (la t4te de trois quarts 4 
gauche). 



629 (726) Tdte de femme. 


Eph&se; envoi du D r Humann; entree au musee le 20 septembre 1895. 

Marbre blanc 4 gros grainscristallins ; revers epannele ; les c6t4s mSmes sommairement 
iravaiUes; lextremite du nez est brisee; cassure au bord de la poitrine ; erosions sur les 
c ev eux e es boucles; traces de brulures (presque toute la surface a passe au iaune et au 
oir); la tete estsculptee 4 part et s’encastrait dans une statue ; hauteur totale, 0“4i; de 
la tele seule, 0-31 ; de la racine des cheveux au menton, o- 19. 


Elle est legerement inclinee a gauche sur le cou penche a droite; le visage 



N° 630 


TftTE DE FEMME 


379 


rond et bien en chair n’a aucun caractere individuel, sinon peul-etre dans le 
dessin des levres droites, serrees et un peu maussades; 
les yeux, non incises, etroits et allonges entre deux lourdes 
paupieres, ont le regard eteint; les cheveux, releves sur 
le haut de la tete en un large nceud, forment sur le front 
deux bandeaux ondules, mollement separes, recouvrent 
les oreilles, dont on ne voit que le lobe grossierement 
sculpte, et se relevent sur la nuque en un epais chignon ; 
un frison se recourbe sur la tempe ; une boucle descend, 
de chaque cote, sur le cou et les epaules ; — travail lourd 
et mediocre d’epoque romaine, probablement du n e siecle, 
d’apres un type hellenistique. 



I’holographie n 0 2031, au milieu. 


630 (1206) TOte de femme. 


AYdin, plateau de Tralles; fouillcs d'fidhem bey; Lrouvee dans la region 0 du plan, 
Bulletin de correspondence hellenique, l. infra l., pi. 1 ; campagnc d'automne 1902; entrie 
au niusde au mois de seplembre de la mfimeannee. 


Marbre blanc A gros grains cristallins; revers fruste ; bristle a l’atlache du visage et du 
cou ; le sommet du crime et le nez sont mutilcs ; erosions sur les cheveux ; cavite des 
oreilles et commissure des levres creusecs au trepan : hauteur, 0” 2s ; de la racinc des 
cheveux au menlon, 0"19. 


Tete de jeune femme, tournee ldgerement a gauche ; les cheveux forment 
sur le front deux bandeaux ondules, partagds en grosses 
meches et couvrant le haut des oreilles; deux boucles 
descendent sur le cou ; un petit frison s'avance sur la 
joue; le visage ovale est sans expression; le caractere 
individuel ne se traduit guere que dans le dessin des 
levres fines et baissees aux coins, dans la saillie de la levre 
sup^rieure et dans la forme du menlon bas et aplati; le 
modele des chairs est sommaire et froid ; les yeux ne sont 
pas incisds; — travail rapide et mediocre d’epoque romaine. 



fidhem bey, Rapport du io novembre 1902, fleut/e nrcMologique, 1904, II, p. 359, 
6°; Bulletin de correspondence hclUnique , XXVIII, 1904, p. 69-70; pi. Ill, a droite; — 
American journal of archaeology, IX, 1905, p. 105. 

Photographies n*‘ 117 ,21 x 30'. 1581, 4 gauche (18 x 24). 



380 


N° 632 - Tfn'E DE FEMME 


631 (399 T&e de femme. 


Provenance inconnue ; d'apres M. Joubin, ccttc tete aurail cle envoyee au musee par le 
palais imperial en 1888. 


Marbre blanc A pros grains cristallins ; manque le revere cle la tete ; briseft A l'atlache 
du cou j cassure au sommet du crSnc et sur les bords lombants du manteau , nez inutile j 
nombreuses erosions superficielles sur le visage, en particulier sur la joue gauche ; traces 
de ciment; le coin des levres cst legerement creuse au trepan (qui n’a pas ete employe 
dans la chevelure ; une minuscule cavite a etc creusec avec une pointe ties fine entre la 
levrc inferieure ct le menlon ; hauteur, 0"> 33 ; de la racinc des cheveux au menton, 0” 195. 


Tete idealisee d'une jeune femme; le manteau, releve sur la tete, laisse 
voir les cheveux disposes sur le front en deux larges 
bandeaux ondules, separes par une raie et couvrant les 
lempes ; les yeux sont longs et etroits, non incises, le 
gauche place un peu plus haut que le droit; les levres 
sont joliment ondulees (le coin gauche releve semble 
sourire tandis que l’autre s’abaisse avec un pli maussade); 
le modele des joues est assez habilement nuance ; dans 
l’ensemble, le travail est mediocre (celui des yeux franche- 
menl mauvais), mais garde cependant un reflet de la 
beaule pensive et du charme melancolique de l’original 
attique — probablement praxitelien — donl s’est inspire le copiste; l’oeuvre 
doit dater du i PI ' siecle ap. J ,-C. 



Joubin, Sculpt, r/r. et rom., n° 100. 


Phn(njrraj)hie n® 20.12. a droitc. 


632 (138) Tete de femme. 

Provenance et date d'enlree inconnues. 

Marbre blanc 4 gros grains cristallins ; le travail est moins pousse au revers ; brisee 4 
1 attache du visage sur le cou; l’extremite du nez cst niutilec ; cassure au c6te droit du 
crane et sur les bords du manteau ; erosions sur Ic sourcil gauche ; hauteur, 0 m 31 ; de la 
racine des cheveux au menton, 0 ,n 18. 

Portrait d une jeune femme; elle est tournee a droite ; le manteau, releve 
sur la tete, laisse voir les cheveux qui forment deux larges bandeaux plats et 
ondules, separes par une raie; a gauche, il s’applique etroitement au crane; 



N° 633 - TfeTE d'H0.MME 


381 


a droite, il avanpait moins sur les cheveux et s’ecartait un peu, laissant 
entrevoir une oreille tres sommairement modelee ; les yeux sonl incises le 
cercle de l’iris indique par un sillon, la prunelle creu- 
see en croissant); les traits du visage sont fortement 
asymetriques : l’ceil droit est plus petit que le gauche, 
avec une forme diflerente de la paupiere superieure, le 
coin des levres (separees par un sillon grossierement 
creuse au trepan) plus releve a droite qu’a gauche ; la 
raie elle-meme n’est pas tracee exactement dans l’axe de 
la lete; cesdefauts pouvaient d’ailleurs s’altenuer dans la 
vraie position de la tele qui s’inclinait assez fortement 
vers l’epaule droite et regardait du cote oppose (on s’en rend bien compte, au 
revers, au mouvementdes draperies); — travail tres mediocre, de la fin du u e 
ou des debuts du m c siecle ap. J.-C. 



Goold, Ca /., n° 26 ; pi. a la p. 38, rang superieur, deuxieme figure a partir dc 
la gauche ; — S. Reinach, Cat., n" 314; — Joubin, Sculpt, tjr. el rom., n° 99. 

Photographic n” 2030, A gauche. 


633 (38) T6te d’homme. 


Assos ; fouilles dc l’institut arehdologiquc amcricain ; Irouvcc dans une cilcrne au 
dessous de l’agora ; entree au nnisee cn 1883. 


Marbrc blanc A grains serres el peu cristatlins ; les cheveux sont tres sommairement 
traites sur la calotte et le revers du crane; manque le nez qui ctait rapporte (joint soi- 
gneusement dress<5 et creuse d’une petite mortaise circulaire); quelques legeres Erosions 
sur la calotte ct le revers du crane ; hauteur, 0™ 29; de la racine des cheveux au menton, 
0” 185. 


Tele juvenile et imberbe, aux cheveux courts el boucles; le cou est incline 
& droite; la tete, dans sa position primitive, devait etre assez fortement rejetde 
en arriere, regarder en haut et un peu k gauche [le restaurateur a fait dispa- 
raitre ce mouvement en la monlant sur le socle et l’a ramenee a la position 
normale en lui donnant une forte inclinaison en avant; sur le cliche n° 40, qui 
la montre reposant direclement sur la cassure du cou, on la voit sous un 
aspect plus voisiu, croyons-nous, de celui qu elle avait sur la statue]; — le 
visage est large, le front irrdgulierement bossue clans sa partie inferieure, les 
apophyses saillanles, les levres entr’ouvertes; la levre inferieure est limitee a 



N° 634 — tAte d'hoMmE 



ses exlremites par une depression assez forte et separee par une gouttiere assez 
profonde da menton osseux et preeminent; le dessin des yeux est mou, mais 
le passage de la cavite orbiculaire a la joue est etudie assez soigneusement; 
l’expression est rustique et presque satyrique (elle est completement modifiee 
dans la figure des Investigations , ou la tete, de profil a droite, 



est donnee dans une fansse position et sous un eclairage qui 
en ont transforme le caractere); la direction et l'expression 
du regard semblent indiquer que le personnage etait repre¬ 
sente dans une action violente; a titre d’hypothese, on y 
peut reconnaitre soit un athlete vaincu, soit un soldat com- 
battant, qui flechit sur les jambes en relevant la tete vers 
un adversaire represente ou non (cf. la statue d’-Anticythere, 


Svoronos, To iv ’ A&^vai; eOv ix'ov p.ouos7ov, pi. XII let l a ; Journal inter¬ 


national d'archeologie numismatique, VII, 1904, p. 203-206); — 1’oeuvre est 


d’un modelc dur et froid, mais certainement d’epoque hellenistique. 


Joubin, Sculpt, cjr. et root., n° 83 ; — Clarke, Bacon, Koldewey, Investigations 
at -Usos, 1902, p. 34, fig. 7. 

Photographies n<” 10-1-1, au milieu ; -40 (cliche montrant la tete, avec d'aulres objets 
antiques, placee sur le trepicd de Nablous, n" 638; elle est de dimensions reduites, mais 
reposant direclement sur la cassure du cou et, par suite, dans une position plus voisine de 
celle de 1 original que sur le cliche toil, d apres lequel est faile notre figure). 


634 (47) T6te d’homme. 

Provenance et date d'entree inconnues. 

Marbre blanc 4 grains screes et peu cristallins ; le travail est moins pousse au revers ; 
nez et levres mutiles ; erosions sur les cheveux et les yeux ; traces de brulures; toute la 
surface tachee de brun ; la tete est sculptee 4 part et s’encastrait dans une statue; hauteur 
tolale, 0” 37 ; du visage, 0-255 ; de l’extremite des cheveux au menton, 0-195. 

Tete imberbe d un homme dans la quarantaine ; elle est 
portee sur un cou puissant, legerement rejetee en arriere, 
msensiblement tournee vers la droite ; le visage est fort en 
chair, le menton epais avec un commencement de bajoues, 
les traits lourds, sauf la bouche petite ; il a de gros yeux 
(non incises; le droit un peu plus etroit que le gauche) 
dont le regard est dirige vers le haut; le front est bas et 
bombe en sa partie inferieure; la chevelure, courte et 
bouclee, est Iraitee avec un certain sentiment plastique et la composition en 




N° 636 — t£tE DE MEDL'SE 


383 


rappelle celle de quelques tetes pergameniennes; une petite meche frise au 
dessous des tempes; — letat de conservation laisse beaucoup a desirer, 
inais le travail parait encore assez bon ; il se pourrait que ce fut le portrait de 
quelque prince hellenistique ; l’ceuvre date certainement de cette epoque. 

Joubin, Sculpt, gr. el rom., n° 86. 

Photographic n°2034, au milieu. 


635 (805) Buste de jeune homme. 


Ghidiz (Cadoi), vilayet de Brousse; entre au musee le 11 octobre 1897. 


Marbre blanc a grains series et peu cristallins, 4 surface uniformiment jaunic; le travail 
cst un peu moins pousse au revers; erosions sur le nez, les yeux, les levres; le buste csl 
pose sur un piedouche tailliS dans le meme bloc; entre le bord inferieur de la poitrine ct 
le piedouche, cst sculpli un petit cartouche (0“ 07 X 0” 12 ; le revers de la poitrine est 
evide ; hauteur totalc, 0” 885, dont 0” 22 pour le piedouche avec 
le cartouche; de la racine des chevcux au menton, 0“ 17.). 

Buste coupe au dessous de la poitrine, avec indica¬ 
tion du haut des bras ; la tete, tournee a gauche, est 
iuiberbe; les cheveux, longs et plaques, mollement se- 
pares par une raie, descendent sur le front et les tempes, 
couvrent les oreilles et la nuque ; les yeux sont incises 
(l'iris cerne d’un sillon, la prunelle creusee en crois¬ 
sant) ; les formes du visage sont lourdes, l’expression 
eleinle et inintelligente; la poitrine est nue et vigou- 
reuse, avec des pectoraux saillants et les muscles de 
l’epaule bien detaches; — travail ordinaire du ix 8 siecle ap. J.-G. 

Photographic n° 570. 



636 (49) T6te de M6duse. 


Provenance et date d’entree inconnues. 


Marbre blanc 4 petits grains cristallins ; traces d'arrachemenls au revers de la tete ; les 
cutis el le sommet du crftne frustes; brisee 4 l’attachc du visage ctdu cou; manquent les 
chcveux sur le cole gauche du visage ; mutilations legires sur le reste de la chevclure dont 
toule la surface est drodie et grenue; texti-emite du nez est brisee ; irosions sur le men¬ 
ton; chevcux, bouche, narines creuses au trepan ; traces de r4pc sur le visage ; hauteur, 
0"' 29. 



335 


N° fi37 - Dio^vsos; IIAUT RELIEF 


Le visage est fin, d'un ovale feminin delicatemenl allonge; la bouche est 
legeremenl ouverte (les gencives superieures sont visibles mais non detail- 
lees) ; l'arcade sourciliere, stylisee a la maniere d'un masque, s’abaisse vers 
Tangle externe de Toeil et se releve a l’autre extre- 
mile, formant une saillie limilee par une gouttiere pro- 
fonde qui se creuse de la racine du nez au sinus fron¬ 
tal; Toeil, non incise, est petit et profondement en- 
fonce dans 1’orbite ; Texpression, de face, est plutot 
celle de la surprise; de profil, elle a bien le caraetere 
irrite et sombre qui convient a Meduse ; le visage est 
comme enfonce dans le cadre preeminent d’une abon- 
dante chevelure, partagee en boucles epaisses et irre- 
gulieres, qui se relevent en flammes au dessus du 
front et retombent sur les cotes; on croit distinguer, sous le menton, les 
traces du ncnud que formaient a cetendroit les corps entrelaces des serpents; 
d'apres Taspect des cassures, la tete semble provenir d’une decoration archi- 
tecturale; c’est un bon travail decoratif, probablement d’epoque hellenistique. 



S. iteinach, Cat., n° 319; — Joubin, Sculpt, gr. el rom., n° 73. 
l’holoffriipliic n° I - 


631 (95) Dionysos; haut relief. 


Cyzique; mentionne a la date du 27 janvier 1873, dans le Journal manuscrit de Dethier, 
f° 5, n° 19, qui « propose de l’acheter 4 Takvor elVendi pour 20 4 25 livres turques »; on lit, 
d autre part, dans leregistre « Correspondances », f° 6: « Cyzique, haul relief de Bacchus, 
achete du temps de Terenzio, v. Journal, n° 19 » ; il est probable que le niarbre, propose 
an niusee pendant les quelques mois de la direction de Terenzio, n'a cte acquis d4finitive- 
ment et paye que sous celle de Dethier. 


Marbre blanc ; faces laterales et revers epanncles ; le fond est brise 4 clroite et en bas ; 
manquent le bras gauche, lavant-bras droit avee le thyrsc, la jambe droitc, brisec au 
dessus et la gauche au dessous du genou, le membre viril; erosions sur le nez, le menton, 
que ques feuilles de laguirlande ; toute la surface du visage usee et grenue ; la partiesupe- 
neure u t > rse, adherente au fond, est reduite 4 des traces; mortaisc rectangulaire au 
milieu de la tranche laterale gauche; les cheveux, les baies de la guirlande, la glande 
acryma e, e coin des levres, les bords et la tete de la nebride sont travailles au trepan; 
hauteur actuelle totale, l m 52; de la figure, 1"* 43. 


Dalle rectangulaire sans encadrement; haut relief (les janibes sont detachees 
du fond); le dieu est represente sous les trails d’un jeune ephebe ; les formes 
du corps, en particulier celles de 1 abdomen, sont encore molles et indecises ; 



N° 038 - RASE DE TREPIED 


38o 


il repose sur la jambe droite, la gauche Archie et ecarlee (le pied ne devait 
toucher que du c6le interieur de la planle); pour vete- 
ment, il ne porte qu’une nebride nouee sur l’epaule 
droile, d'ou pendent la tele et la patte de l’animal 
(la patte au sabot bifide esL d'une ehevre, tandis que la 
tete n’a pas de caractere determine); une bandelette 
— la mitra bachique — passe horizontalement sur le 
haut du front et va se perdre sous l’epaisse guirlande 
de feuilles et de baies de lierre dont le dieu est cou- 
ronne ; la tete, tournee a droile, est coiffee de longs 
cheveux qui bouflent sur les oreilles et flottent libre- 
ment sur le cou; de la main droile baissee, il tenait le 
thyrse (traces d’arrachements sur le haut du bras), 
termine par une boule et decore de rubans qui ser- 
pentent sur le fond au dessus de l’epaule; la main 
gauche, baissee et ecartee du corps, tenait sans doule 
mi canlhure. 

Cette plaque provient certainemenl de la decoration d’un edifice, peut-elre 
du theatre; c’est un travail decoratif mediocre, probablement du n c siecle ap. 
J.-C. 



S. Reinacli, Cat., n° 140 ; — .Joubin, Sculpt, gr. et roni., n° 110; — S. Reinach, 
Repertoire de la slatuaire, II, 1897, p. H7, 5. 

Photographic n° l iO l,u . 


638 (52) Base de trGpied. 


Xablous ; trainee au mont Garizim, 4 qualre metres environ au dessnus du sol, en juillet 
1883; e’esl done par erreur que l’inventairc et M. Joubin indiquent, comme date d'entrAe 
au musAe, 1’annAe 1882. 


Marbrc blanc A grains senes et cristallins ; quelques mutilations sur les aretes: face I. 
registre snpirieur; Demeter ]l] : manque la tete: bras et buste informes; erosions pro- 
fondcs sur la cuissc gauche, les attributs, les serpents, la roue cl la caisse du char ; Gaia 
[2] : tele informe ; manque la main gauche ; erosions sur la main droite, la corne, l arbre 
plucd 4 cote d’ellc; registre infirieur; Heracles (3] : manque la tete; erosions sur l'epaulc, 
la main et la jambe droites, la massue, la main gauche et la corne: Acheloos [i] : tete 
indistincte ; tout le bras droit erode: Apollon, homme, muse [5, 6, 7]: manquent les teles; 
(tensions sur les bras et les mains: — face 11, registre superienr : plinthe mutilee vers 
l'cxtrAmitA droite ; Heracles [Sj ; manquent la I4te, l avant-bras droit, la main gauche; 
Arosions sur le buste el l'abdomen; serpents incomplels; femme de droite [9] : tete et 
buste informes; manque le bras droit ; le gauche profondement erodA; femme de gauche 
110] : tele informe ; les deux bras ct la jambe droite erodes ; registre inferieur : Thesee 
[11] : manquent la tete, le liuul du buste et 1c bras droit, presque toute la jambe droite 

25 



386 


N° 638 — BASE BE TrEpIED 


avec une partic de l'abdomen, le bas de la jambe gauche ; Aithra [12] : (.etc indislinctc ; 
manque la main droite; Erosions sue la main gauche ; cassure profonde sue la jambe 
gauche ; servanle [13] : manque la tete; erosions sur l'avant-bras gauche et 1’attribut; ser- 
I -ante [l’i] : manque la tete; Erosions sur la poilrine et la cuisse droite ; — face III, registre 
superieur: plinthe presque complement rabattue ; Apollon [15] : manquent la tete, les 
bras, la jambe gauche ; la droite tris erodee; Artemis [16] : manquent la t6te, les mains; 
le bras droit mutile ; erosions sur toute la draperie ; Leto [17] : tete informe; manquent 
le haut du bras droit, les pieds ; bras gauche et jambe droite erodes ; le corps du serpent 
tres mutile ; registre inferieur ; Thcsee [18]: manquent la tete el le bras droit; avant-bras 
gauche et jambes mutiles ; Minolaure [19]: tete erodee; mutilations profondes sur lepaulc 
et le bras gauches, la jambe droite, la cuisse gauche; atheniens : toutes les tetes manquent; 
de celui qui est place sur la plinthe, au premier plan, manquent la jambe droite et la main 
gauche ; la jambe gauche tr£s erodee; de celui qui est debout au premier plan, sur la 
caverne du Minotaure, manque la main gauche; les jambes erodees; — hauteur, 1“ 025; 
largeur des petites faces, en bas, 0“ 20 ; en haut, 0"' 175 ; corde des grandes faces, en bas, 
0“ 52 environ ; enhaut, 0“ 195; la hauteur des figures varie de 0"31 40“ 36; lettres de 0“ 01 
environ. 


La base, mouluree haut et bas, a la forme d’une pyramide tronquee dont 
les faces seraient legerement concaves et dont les angles auraient ete tallies a 



pan coupe; elle presente ainsi six 
faces, trois grandes, decorees de 
sculptures reparties sur deux re- 
gistres, et trois petites, sans autre 
decoration qu’un cadre profile; a 
la partie superieure regne un corps 
de moulures continu (de bas en 
haut : lislel, talon, filet) qui, en 
bas, n’est execute completement 
que sur les petites faces. 

Face I; registre superieur (l’in- 
scription dedicatoire — transcrite 
in fine — est gravee sur la moulure 
superieure et le haut du champ); 
le relief est pose sur une plinthe 
dont la tranche est decoree de 
denticules peu saillants ; e’est le 
seul dont le sujet ne soil pas desi- 
gne par une inscription, mais on la 
restitue aisement, e’est la 


ou 7rX«vq Atj fx-qrpo?; ci droite, 
Demeter [1] monte d’un mouvement violent sur unchara roues pleines, traine 
par des serpents qui se replienl et se dressent, prets a l’entrainer a la recherche 
de sa fille, Persephone, ravie par Hades; la deesse, vetue d’une ample tunique 
dont 1 apoptygma est serre sous les seins par une large ceinture d’etoffe, tient 
de la main droite, tendue enavant, un attribut mutile, sans douteune torche : 




N° 638 - BASE DE TREP1ED 


.'{87 


I'objet meconnaissable dont il reste des traces sur le fond, a ?a gauche, est 
peut-etre une autre torche, peut-etre un bouquet ou une gcrbe qu’elle portait 
de l’autre main ; a gauche, Gaia [2 , vetue du chiton et de lhiniation releve 
sur la lete et couvrant ses jambes, est etendue au pied d un arbre feuillu ; elle 
porte dans la main droite, baissee surle sol, une corne d’aboudance, et releve 
de la gauche un pan de son manteau rempli de fleurs et de fruits. — Menie 
face; regislre inferienr : inscription : -ri r.iy. -riv ’ A / k X <•> o v ; les figure? 
sont placees sur une plinlhe irreguliere qui figure le sol ; a gauche, Heracles 
[3J est debout, de face el nu, la main droite appuyee sur la massue dont la 
grosse exlremite repose a terre, la gauche baissee, tenant un objet allonge, 
peut-etre la corne d’Acheloos qu’il vientde luer; le monstre 4j est etendu de 
lout son long sur le cote gauche, le bras droit pendant inerte sur le corps ; 
sa tete enorme, encadree d’une barbe 6paisse et de longs cheveux, retombe 
sur le bras gauche allonge sur le sol; la corne droite, beaucoup plus petite 
que la gauche, semble brisee, ce qui eonfirme en quelque maniere la designa¬ 
tion de I’objet qu'Heracles tient dans la main gauche ; derriere lui, trois per- 
sonnages debout : a droite, Apollon citharede [5], le buste de trois quarts a 
droite, la tete de trois quarts a gauche, en tunique longue, serree sur la poi- 
trine, et manteau tombant derriere le dos, tient de la main gauche une lyre 
dont il touche les cordes de la 
main droite; au milieu, un homme 
(les traces de la barbe sont bien 
, de face, drape dans son 
manteau, les bras caches sous l'e- 
toffe, le droit plie contre la poi- 
trine, le gauche pendant ; a gauche, 
une muse [7], le corps de face, la 
tete tournee a droite, en long chi¬ 
ton serre sous les seins, tenant dans 
chacune de ses mains, symetrique- 
ment baissees au dessous des han¬ 
dles, une longue flute a embou¬ 
chure laterale (irXry'auXo?). 

Face II; registre superieur : ins¬ 
cription : Tpo-yot 'HpaxX^?; le 
relief est place sur une plinthe de- 
coree de denticules comine au re¬ 
gistre correspondant de la face 
preoedente ; au milieu, Heracles L S\ 
repr^sente comme un enfant de tailie colossale, nu, debout sur ses geuoux 
violemmeut ^cartes, etreinl les serpents qui s’enroulent autour de ses bras; a 





388 


N° 638 - liASE DE TREPIED 


droile et a gauche, deux femmes [9, 10], Alcmene et la noun-ice, vetoes 
loutes deux d’un chiton a apoptygma serre sous les seins, s’enfuient d’un 
mouvement symetrique, la tete tournee vers le heros, les deux bras releves 
dans un geste de terreur et d’etonnement. — Meme face ; regislre inferieur : 
inscription : 0r,<rsy; | yvw?I'cp-axa; le relief est place sur une plinthe epaisse, 
decoree d’une corbeille d’acanthe de laquelle naissent des rinceaux touflus, 
mais de peu de relief eL sommairement executes; a gauche, Thesee [11], nu et 
de profil a droite, souleve d’un vigoureux effort la haute et lourde pierre sous 
laquelle apparaissent 1 epee et les sandales de son pere ; a droite, Aithra [12] 
assiste a l’exploit de son fils : tournee vers lui, vetue d’une tunique et de 
l’himation qui, releve sur la tele, degage le busle et couvre les jambes, elle 
pose la main droite sur le rocher et la gauche sur sa poitrine ; derriere elle et 
un peu plus petites, deux suivantes : la premiere [13], de trois quarts a gau¬ 
che, en tunique longue a apoptygma et colpos, leve le bras droit d’un gesle 
d’admiration et laisse pendre la main gauche qui semble lenir une oenochoe ; 
1’aulre [14], de face, avec un leger mouvement du buste vers la droite, les 
jambes croisees, semble du bras droit, non visible, enlacer sa compagne, et 
baisse le bras gauche ; elle porte un chiton a apoptygma serre sous les seins. 

Face III; regislre superieur : inscriptions au dessus des personnages : 

"Ap-retjuc, ’AiroXXiov, Ai[Tii ; le 
relief, place sur une plinthe qui etait 
decoree de denticules, represente la 
triade apollinienne, apres la victoire 
du dieu sur le serpent Python ; le 
monstre, frappe d’une fleche qui lui 
a transperce la tete, pend inanime, a 
l’extremile droite, le long du rocher 
qui surplombe la vallee du Pleistos, 
theatre de la lutte; au milieu, Apol¬ 
lon [15] est debout et de face, vetu 
d’un ample manteau qui lui tombe 
sur le dos et laisse le corps nu ; de la 
main gauche, baissee et 6cartee, il 
tenait sans doutel’arc, auquel semble 
correspondre le tenon conserve sur 
sa hanche gauche et sur la face ex- 
lerieure de la jambe droite de Leto; 
la main droite s’eloignait aussi du 
corps et venait toucher la hanche 
gauche d’Artemis ; celle-ci [16], la tete tournee a droite, leve la main droite, 
comme pour tirer une ileche du carquois dont l’extremite apparait au dessus 





N° t',38 - RASE DE TRfil’FED 


389 


de son epaule, et, tendant le bras gauche sur le cote, pose la main surl'epaule 
de son frere : c'est bien ainsi, semble-t-il, qu’il faut interpreter ce gesle, 
comme une marque d’affection fraternelle, et non pas restiluer dans sa main 
un arc, qui n’a d’ailleurs laisseaucune trace ; il est vrai que dans une version 
de la legende (Paus., n, 7, 7;, Artemis combat aux cutes d'Apollon, mais il 
serait cependant singulier que le sculpteur eut represente la deesse dans l’atti- 
tude du combat, quand le dieu est deja dans le repos qui suit la victoire; la 
chasseresse est vetue ici d’une tunique talaire a long apoptygma serre sous les 
seins ; un manteau etroit, jete sur la saignee du bras gauche, pend sur le fond 
enlre elle et Apollon; a gauche de celui-ci, Lelo ’17] immobile regarde ses 
enfants, soutenant sa tete de la main gauche, et le coude gauche sur la main 
droite ; elle porte un long chiton et elle est drapee dans l’himation releve 
sur les cheveux. — Meme face; registre inferieur : inscription: -x Treat 
tov Metvci>Taupov ; le relief est pose sur une plinthe unie ; a gauche, Thesee 
[18], vetu d’une simple chlamyde, lultc contre le Minotaure [19 ; le monstre a 
corps humain et a tete de taureau est tombe sur le genou gauche; le heros, 
posanL le pied gauche sur le genou droit de son adversaire, le saisit de la 
main gauche par une corne, et, levant la droite, s’apprete a lui porter le der¬ 
nier coup ; derriere eux et a droite, sept jeunes alheniens, de taille inegale, 
les uns drapes dans la tunique et le manteau, les autres vetus seulement 
d’une chlamyde, assislenL et semblent applaudir au combat qui les delivre; 
trois d’entre eux sont monies sur une petite eminence creusee d'une cavite qui 
interrompt la plinthe a l’extremite droite et reprcsente la porte du labyrinthe 
ou la caverne du Minotaure. 

L’inscriplion dCdicatoire est gravee au dessus du registre superieur de la 
face I : 

[line ligne d’inscriplion ilelruite] 

...svts; Oijxsv “AtOic:; 

|;'j]vsxsv hi TprasSsao-tv ipucsfj ]:-■/.£■/ x’-aatv 
• xxXXsi xai ;j.sve6sf ••/.*'. yjxp'.zv/ -pzzizt.n ■ 

•ts'jtwi y.ai A'.ivucroc • ■ b;i'h\zzx’.- •y.irr;i--i;Oiv 

5 -ov zp'.r.zz’ slaspsow • zz r.xzp'zc- • iv ce[;j.svs <.■ 

i. La gravure du dernier mot parait inachevee ; on lit & peu pres, la forme des lettrcs ne 
pouvantpas ft re transcrite Ivpograpliiquement d'une maniere exacle : KAIIIT E I H0EN- 

5. Les deux dormers mots se lisent sur la pierre : ENTCNINII- 

Sur la face contigue aux faces I et II : 

M. A ip. Iliplpo; M.... | veuTwv | ...r r . to | [M js[/.]iTei; | 'A0nj[va'fj; | 
[(iJuXiUTv;; | z'z'i -pi-z\zx kzzUu 

Assez bon travail decoratif d’Cpoque romaine. 



390 


N° 639 - PETIT AUTEL 


joubin, Snilpl. gr. et rom., n° 141 ; — Clermont-Ganneau, Comples rendus de 
VAcadtmie des inscriptions, 1884, p. 537 ; Proceedings of the society of biblical 
archaeology, 1884, p. 182 sip; pi, [la planche a paru clans le fascicule de mars, 
1’article dans celui de mai]; Revue arch&ologique, 1884, II, p. 119 ; — D 1 ' Reinicke, 
Zcitschrifl des deulsehen Palaestina-Vereins, VI, 1883, p. 79-80, 230-231 ; — Th. 
Schreiber, ibid., p. 231-232 ; VII, 1884, p. 136-139; pi. Ill , S. Reinach, Revue 
arcMologiquc, 1884, II, p. 99; Chroniques d'Orienl, I, p. 87-88; — Chr. Belger, 
Rerliner philologische Wochenschrift, 1884, col. 181 (cf. ibid., 1885, col. dl); 

\ Furtwaen°'ler, dans Roscber, Ausfuehrliches Lexicon der griechischen und roe- 
mischcn Mythologie, I (1884-1890), s. v° llcrakles, col. 2245 ; — E. Reiscli, Grie- 
chische Weihgcschenke (Abliandlungen des archaeologisch-epigrapliischen Semi- 
nares der Universitaet Wien, VIII , 1890, p. 98-99; — A. Wilhelm, Bulletin de 
correspondanee liellenique, XXIX, 1905, p. 408-409 ; — peut-etre mentionne par 
S. Ricci, Rendiconti della rcale Accademia dei Lincei , classe di scienze morali, sto- 
riclie et filologiehe, serie quinta, vol. VI, 1897, p. 235. 

Photographies n- 132 (lace I). 130 w * (face IP, 131 (face III), 133 (vue prise sur le petit 
cote 4 (’inscription), 40 (vue prise sur le petit c6te contigu aux faces I el III). 


639 (41) Petit autel. 

Provenance cl date d’entree inconnues. 

Marbre blanc 4 gros grains cristallins; revers et faces latdrales dresses ; sur la face 

laterale droite, la partie infirieure est retaillee et 
simplement epannelie, et le corps de moulures su- 
perieur mutile; hauteur, 0” 68 ; largeur au de, 0” 43 : 
epaisseur, 0 m 21 ; diamfstre des medaillons, environ 
0 m 1 j. 

Petit autel rectangulaire, moulure haut et 
bas; les moulures ne sont pas executees au 
revers et sont simplement massees a la partie 
inferieure ; sur la face principale, deux petits 
medaillons circulaires encadrent, a gauche, 
une tete de jeune homrae imberbe, a droite, 
une tele de jeune femme, toutes deux cou- 
pees a la base du cou ; le jeune homme a des 
eheveux courts ; ceux de la jeune femme, 
partages par une raie, retombent derriere les 
oreilles. Le monument est certainement funeraire ; travail ordinaire d’epoque 
romaine. 

Goold, (.at., n° 62 ; pi. 4 la p, 56, fig. de droite; — Joubin, Mon. fun., n° 128. 
Photographic n“ 1346 13 x 18). 





X° C41 


PKT1T AL'TEL 


391 


640 (6) Petit autel. 

Provenance ct date d’cntree inconnues. 

Marbre hlanc 4 gros grains cristallins ; revers fruste ; faces lateralcs dress£es, la dpoite 
simplement piquee; sue la face lateralc gauche, les mou- 
lures sont rabattues; croitte de ciment sur les reliefs : 
hauteur, 0” 685 ; largeur, 0” 715 ; epaisseur, 0 m 22. 


Petit autel rectangulaire, moulure haut et bas; 
a la partie inferieure, les moulures sont simplement 
masses; sur la face principale, une lete de Meduse ; 
les serpents sont nou6s sur le crane, y formant 
comme deux cornes, et, sous le cou, y dessinant 
comme les branches divergentes d’un foudre; au 
dessous, un griffon aild, profil a gauche, attaque un 
cerf accroupi pres d’un rocher. La destination fu- 
neraire du monument ne parait pas douteuse; 
dpoque romaine. 

Goold, Cal., n° 72; pi. 4 la p. .32, fig. de gauche; — S. Reinach, Cat., n° 210. 

Photographic n° 1991. 



641 (40) Petit autel. 


Provenance ct dale d’entrde inconnues. 


Marbre hlanc it gros grains cristallins; revers fruste ; la partie inferieure des faces lat4- 
rales est epannelee (ou martelee ?); les contours du relief 
sont empAles, par endroits, sous une couche de ciment tr4s 
resistant, qui ne permet plus d’en saisir certains details; 
hauteur, 0“65; largeur, 0"' 43: epaisseur, O'” 25. 



Petit autel rectangulaire, moulur6 haut et bas; 
a la partie inferieure, les profils ne sont pas exe¬ 
cutes ; le relief, sculpte sur la face anterieure, repre- 
senle une coupe a pied, au dessus de laquelle est 
plact?e une fleur a quatre petales, la corolle ou- 
verle et de face ; perche sur le bord droit, un oiseau 
boil dans la coupe; sur le bord oppose, un autre 
oiseau, de profil a gauche, se becquete le dos; a 




392 


Ps° 042 


PETIT AUTEL 


droite et a gauche du pied, un oiseau est pose sur une fleur, tourne de profil 
vers le dehors ; — epoque romaine. 


Goold, Cat., n° 71 ou 73; pi. & la p. 32, au milieu. 


Photographic n° 1996. 


642 (39) Petit autel. 


Provenance el date d'cntrec inconmies. 


Marbre blanc a gros grains 


-- • Si '-VS5.1 



cristallins ; revers fruste ; faces laterales dressees; la parlie 
inferieure de celle de gauche simplement piquee; sur 
celle de droite, les moulures sont rabattues; hauteur, 
0“ 65 ; largeur, 0"'41j ; epaisseur, 0 m 263. 


Petit autel rectangulaire, moulure haut et has; 
a la partie inferieure, les moulures sont simple¬ 
ment massees ; sur la face anterieure, au milieu, 
une oenochoe; a gauche, un arbre termine par 
deux branches feuillues (olivier ?), sur l’une des- 
quelles perche un oiseau au bee crochu (cor- 
beau?) ; a droite, une petite corbeille d’acanthe 
de laquelle sort une tige torse, terminee par deux 
fruits en forme de capsules ; — epoque romaine. 


Goold, Cat., n° 71 ou 73 ; pi. a la p. 32, fig. de droite ; — S. Rcinach, Cal., n» 268. 


Photographic n° 1739. 



SALLE XX111 


643 (1090) Grand ambonde Salonique. 


La parlie droite se Irouvail dans fanciennc Aglise Saint-Georgcs, la .1 Rotonde con- 
vcrtic cn mosquAe sous lc nom de Ilortadji Suleyman eflVndi djamisi: la partie gauche 
dans 1’Aglise dc Saint-PanlAIeimon (IchakiA djamij; c'est sans doutc par suite d'une confu¬ 
sion que CousinAry, l. infra l., parle d'nn amliou dc vert antique A 1‘intArieurde Saint- 
Gcorges; la figure dc Texicr, alt. 1. infra pourrait fairc croire que c'est la partie gauche 
qui se trouvait A Saint-Georges, mais le dessin est si inauvais ct si inexact qu’il n'y a pas 
lieu d’en tenir compte ; les deux parties ont etc expAdiAcs de Salonique le 9 janvier 1900 el 
sont arrivAes au music imperial le 23 du mime mois. 


Marbrc blanc A gros grains cristallins ; manque le linteau qui unissait les deux parties 
conscrvAes; dans celles-ci, les sculptures du pourtour ont Ate dAlruites selon le prolil de 
I’escalier, le bloc ayant dil At re AvidA pour Atablir les marches, et la paroi de la rampe, 
reduite A une faible Apaisseur, n’offrant que peu de resistance; la surface est erodee et, 
par endroils, noircie (sous faction du feu ?); les tetes ont Ate rabattues ou rcnducs mAcon- 
naissables ; — partie gauche (pour le spectatenr placi face A I'ambon); face : manquent le 
dipart A gauche dc farchivolte de la niche et la colonnette extericure gauche sauf le cha- 
piteau (inutile) ct la base; le tore feuillu, la partie supArieure de la corniche, l'aigle place 
sur 1'arAte extArieure sont mutilAs ; Arosions sur les bras et la jambe droite du mage; la 
tAte rAduile A une masse informc ; — face laterale inlerieure : le chapitcau des colonnettes 
cxlAricurcs est incomplet du cote facade, rabaltu avecle sommet du fut du cotA intAricur; 
les bases sont mutilees; — pourtour : la frise supArieure, incomplAtc en haut, est conser- 
veo sur une longueur de 0“ 90, Agale A la largeur du palier de la tribune, plus la largeur de 
la derniAre marchc ; nonibreuses ct profondes Arosions dans le feuillage ; plinthe infArieure 
nuitilAc ; manquent la plus grande partie de la voussure de la deuxieme niche, toute celle 
dc la troisiAme. toutesles colonnettes, sauf le ehapiteau de la seoonde et les bases ; l'aigle 
du premier tympan ArodA ct brisA sur l'aile droite ; les aulres manquent; — premier mage : 
manque lc bras gauche ; Arosions profondes sur la tAte; deuxieme mage : manque la jambe 
droite, rAduite A des traces sur le fond; Arosions profondes sur les bras; tAte informc; 
herger : manque toute la moitiA supArieure du corps et des bras ; Arosions sur la jambe et 
le pied droits, sur les orteils gauches ; il ne reste que lies traces de la partie infArieure de la 
houlcttc . les lAtes des moulons ArodAcs. — Partie droite [pour le tpectateur place face A 



N° fii3 — on AND AMBON DE RAT.ONIQUE 


39 i 


I nml)on ; fare : manquent la parlie superieure de la cornichc et les colonnettes d’anglc, 
sauf one partie du chapiteau de la colonnette extcricure et la base, tr&s mutilie, de l'autre ; 
lavant-bras gauche de la Vierge, le bras droit de l’Enfant, l'aigle place sur l’arcte exterieure 
sont mutiles ; tetes martelees et informes ; surface Iris erodee ; — ponrtonr : la frise du 
haul n’est conservee que sur une largeur correspondant au palier de la tribune et la hau¬ 
teur en csl incomplete; nombreuses Erosions dans lefeuillage, moins profondes cepcndant 
que de l’autre c6le ; plinthe infiirieure mutilee ; manquent la plus grande partie de la vous- 
surc de la seconde niche et toute celle do la troisieme, les colonnettes sauf une partie du 
chapiteau de la seconde, et les bases de la seconde et de la troisieme; l’aigle du premier 
lympan tres motile; les autres manquent ; — ange : traits du visage marteles et indis- 
tincts ; premier mage : manquent la tete, l’epaule, le bras, la jambe gauches (au dessous 
du genou); la cuissc gauche, la jambe droite, la draperie, le plateau, la main droite muti- 
les ; deuxieme mage : memes mutilations ; manque en plus l’avant-bras droit; drosinns 
profondes sur lout le buste et la cuissc gauche; il ne reste rien de l’objel qu’il portait; 
troisieme mage : manquent toute la moitie superieure du corps, le has de la jambe gauche; 
plateau incomplet. — Principales dimensions ; partie gauche : hauteur maxima actuelle, 
1"“79; largeur en facade, 0 m 83; profondeur, l m 735 ; parlie droite : hauteur maxima 
actuelle, l m 79 ; largeur en facade, 0 m 82 ; profondeur, 1“615 ; largeur de la facelaterale dans 
le passage, 9'" 82: hauteur des niches de la facade (y compris la plinthe el l'archivolte), 
1“3J ; de la premiere niche a gauche, l m 303 : de la premiere niche 4 droite, 1'” 295 ; hauteur 
des personnages au dessus de la plinthe, 0“ 90 (mage de la partie gauche, niche de face), 
0 m 88 et 0" 1 85 (mages de la partie gauche, niches du pourtour) ; l m 04 (partie droite, la 
Vierge , 0 m 91 environ et 0 m 86 environ (mages de droite, niches du pourtour). 


L’ambon forme un monument demi-circulaire, constitue par deux blocs 
monolithes qu’un linteau unissait sur le devant et qui ne se rejoignent pas au 
revers [dans ce qui suit, les mots parlie gauche et parlie droile designent le 
bloc qui se trouve a gauche ou a droite pour le speclateur place devant la face 
prineipale de l'ambon] ; 1'aspect du socle de la derniere colonnette, au revers 
de la partie gauche, montre en effet que cette partie est complete et n’a jamais 
cte retaillee; le socle de la derniere colonnette sur la partie correspondante a 
droite est au conlraire tres mutile et les traces qui en subsistent ne lui donnent 
qu une largeur de 0 1 " 11, au lieu de () m 15 que mesure le symetrique, et de 
0" 1 16 et 0“ 17 que mesurent les autres; mais si l’on ajoute a ces 0 m 11 les 2 ou 
3 centimetres qui debordaient le fond sur la droite, si Ton tient compte d’autre 
pari que ces socles ne sont pas toujours exactement rectangulaires ni places 
normalement, on oblient aisement, pour la face anterieure du socle mutile de 
droite, une largeur egale h celle du socle intact de gauche; rien d’ailleurs, 
dans 1 aspect de la premiere marche, ne eonfirme l’hypothese d’un sectionne- 
ment artificiel, et il est egalement invraisemblable qu’on ait pris un bloc d'une 
seule piece pour levider ensuite, ou, si on l’avait pris, qu’on ait taille le lin¬ 
teau dans un morceau de marbre separe. 

Itntre les deux blocs, s ouvre ainsi un passage central, decore, sur ses parois, 
de deux fausses niches a colonnettes corinlhiennes, comprises elles-memes 
entre deux autres colonnettes un peu plus haules dont le socle se rattacheobli- 
quement au fond el qui motivent l’entree et la sortie (les chapiteaux en sont 
travailles uniquement au ciseau); la largeur du passage est indelerminee, mais 
on peut la supposer egale a 1 une des niches de la facade — ce qui donne a 



N° 643 - GRAND AMKON DE SAI.ONI(Jl'E 39.') 

celle-ci une lnrgeur totale de 2 m 5ft - soit plutot un peu superieure, pour 
ramener le plan k un demi-cercle parfait; la hauteur au de-sous du linteau 
mesure, en 1 etat actuel, l m 17, mais elle pouvail etre augmentee, si, comme il 
esl possible, chaque parlie de Tambon etait portee sur un socle isole ; il est 
difficile cependnnt d'admeltre que ce socle eut les 0 m 60 necessaires au mini¬ 
mum pour qu’un homme put passer sans se courber ni se blesser, et il est 
probable qu’on contournail le monument pour acceder a l'escalier qui esl taille 
dans chaque bloc et monte par cinq degres au palier de la tribune. Celui-ci 
n’a qu une largeur moyenne de O'" ift, mais la partie centrale, correspondant au 
linteau, pouvait etre plus large, car le lit, sur lequel reposait ce linteau, n'a 
nolle part moins de 0 m 70 ; l'orateur ou le lecteur etait d’ailleurs protege par 
un parapet — sans doule tres bas — dont l’existence est attestee par les traces 
de scellement conservees sur la face superieure des blocs: en facade, sur I’arete 
contigue aux joints verticaux dresses pour recevoir la pierre du linteau, les 
extremites d’une morlaise large de 0 ln 07 a 0 m 08, profonde de ft" 1 ft '25 a 0 m 08 
quisemble indiquer qu’une dalle unique regnait sur toute la longueur du lin¬ 
teau ; au dela, sur la parlie gauche, deux mortaises rectangulaires, peu pro- 
fondes, longues de 0 U1 085 el 0“ 08 ; a Tangle, les traces d’une mortaise sem- 
blable creusee perpendiculairemenl a la facade ; sur la partie droite, 1’arete 
du bloc est bris^e au dela de la mortaise creusee conlre le joint du linteau ; 
a Tangle, mortaise rectangulaire et un peu plus loin, sur le pourtour, autre 
mortaise rectangulaire profonde de 0‘" 055 environ (le pourtour, sur la partie 
gauche, presenle, a hauteur de 1’arete du palier, une mortaise circulaire qui 
semble se rapporler a une reparation antique, et, a mi-hauteur environ du der¬ 
nier degre, creusee dans la paroi interieure de la rampe, une autre morlaise de 
meme forme, dont la destination esl incertaine). 

La decoration sculptee est repartie a Texterieur du monument, dans une 
serie de huit niches qui se repondent symetriquement sur chaque bloc, savoir: 
une sur la face anterieure, trois a la peripherie ; elles sont comprises entre des 
colonnettes eorinthiennes dont le fut lisse est termine en bas par un bandeau 
saillant, en haut par un bandeau plus petit et de saillie moindre (celui-ci parait 
lui-meme accouple avec une astragale qui en r^alite appartient au chapiteau) ; 
la base, formee de deux tores inegaux separes par une scotie, est du type dit 
altique, mais traitee de telle fa?on qu'elle parait constituee de quatre tores 
accouples deux par deux ; le socle est un de uni compris entre deux moulures 
de section reclilignc ; le chapiteau d’acanthe epineuse est travaille au trepan ; 
une lleurette orne le milieu de Tabaque qui tantot est slrie de sillons verti¬ 
caux, lanlol profile par des filets horizontaux ; sur le bloc de gauche, chapi- 
teaux el bases de la pdripherie adherent au fond ; les futs y adheraient partiel- 
lemenlou n’en dtaient separes que par un tres faible espace ; a droite, toute la 
colonne, sauf le socle, est delach^e, et plac^e devant des pilastres sommaire- 



396 


N° 643 - GRAND AMBON DE SALONIQUE 


ment indiques sur le fond avec un relief tres leger; la voussure de plein cinire 
est remplie par une coquille ; l’archivolle coniprend plusieurs corps de mou- 
lures : sur la facade, oves, petites feuilles et listel nu ; sur les premieres niches 
du pourtour, petits denticules, rinceaux stylises et feuilles qui semblent une 
interpretation naturaliste des rais de coeur, le tout couronne parle meme listel 
nu : sur les secondes, denticules et feuilles (semblables a celles dont nous venons 
de parler) entre lesquels s’intercale, a la place du rinceau, un petit tore recou- 
vert de feuilles imbriquees ; les lympans, limites par les archivoltes, sont 
occupes par un aigle eploye; aux angles exterieurs de la facade, le corps de 
l’aigle est pose sur l’arete meme et ses ailes rabattues sur les demi-tympans 
contigus : les plumes sont detaillees soigneusement par une nervure centrale et 
de fines incisions en aretes de poisson ; les grandes plumes sont separees l’une 
de l’autre par un sillon profond creuse d’abord au trepan, puis acheve au ciseau 
pour enlever les petites cloisons entre les trous. 

Au dessus des niches de la facade, se developpe une petite frise de pampres, 
traitee dans la maniere realisle; elle se prolonge aussi dans les demi-tympans 
contigus au passage, dont la parlie etroite est remplie par un motif d’acanthe; 
le dessin en varie assez sensiblement d'un bloc a l’autre, mais sans en modifier 
le caractere ; elle est surmontee d’un gros tore de feuilles d’acanthe, emmelees 
et profondement refouillees, parmi lesquelles on distingue a droite une capsule 
de pavot (ou une grenade), une fleurelte a quatre petales et une chevre bon- 
dissant a droite (entre la capsule et la fleurette, traces indistinctes d’un animal); 
le monument est couronne par une haute gorge, ornee a sa base d’un rang de 
denticules sommairement indiques, et recouverte de larges feuilles d’acanthe 
epineuse, placees verticalement et juxtaposees ; toute cette decoration, travail- 
lee au trepan, se continuait naturellement sur la face anterieure du linteau. 

La partie correspondante, sur le pourtour, travaillee selon la meme tech¬ 
nique, etait occupee par une rampe trapezoidale richement decoree : un triple 
cadre — petites feuilles d’acanthe molle, gros tore d’acanthe epineuse, moins 
compact, mais aussi profondement refouille que celui de la facade, cordon de 
perles — delimite un champ lout entier rempli de feuillages, d’acantlie, de 
pampres et de fleurs, au milieu desquels est place, a gauche, un petit cralere a 
panse cotelee duquel s’eloignent deux minuscules enfants (celui de droite porte 
une grosse grappe de raisins dans la main droite) ; a droite, un vase semblable, 
a gauche duquel broute une chevre, de profil a gauche etdressee sur ses pattes; 
on voit encore, dans 1 orifice de chaque vase, le reste des tiges entrecroisees 
d ou naissait toute cette luxuriante vegetation ; — l’inclinaison de la rampe 
est donnee avec certitude par les restes du cordon de perles, visibles, de chaque 
cote, pres de la cassure superieure. 

Le sujet represente est 1 adoration des mages; les figures reposent sur une 
plinthe profilee dont la saillie, 4 la peripherie, atteint jusqu’a 0 m 16 ; sur les 



N" 643 - flRAND A.MISON DE SAEONIQL'E 


397 


niches de la facade, elle n’est que de 0 m 07, a gauche; a droite, elle est a peine 
sensible et sans profil. 

Sur la parlic r/uuche de I'ambon, les mages sont a la recherche du Christ: 
la campagne, oil se passe la scene, est indiquee par des arbres qui remplissent 
le champ des niches, autour des personnages, et dont le tronc lisse, les feuilles 
lines comme celles de l’olivier et les fruits ronds sont indiques par un relief 
insensible ou simplemenl incises sur le fond ; — dans la niche de la facade, 
un mage s’avance vers la droite ; ramenant 1‘avant-bras droit sur la taille, il 
leve a hauteur de l’epaule sa main gauche ouverte, monlrant sans doule, parce 
geste assez maladroit, l’e- 
loile(qui n’est pas figuree), 
et exprimant la surprise 
que lui cause le miracle ; 
il est vetu, comme ses 
compagnons, du costume 
oriental [rappelons, a ce 
propos, un curieux pas¬ 
sage d'une E7U1-0 Xr, 

(juv&oixt) 6dit£e par Sak- 
kelion (Athenes, 1874), 
cite par M. Clermont- 
Ganneau, Hecueil d'ar- 
ie orientate, II, 

1898, p. 139 : ily est fait 
mention des grandes mo- 
sai'quesdecorant la facade 
exldrieure de la basilique 
de la nativite a Beth- 
leem et representant les rois mages; la lettre nous apprend que les envahis- 
seurs perses 6pargnerent le monument pour avoir reconnu leur costume natio¬ 
nal dans celui que portaient les rois mages : ce costume comprend une tunique 
a longues manches, serree sur les reins, relevee sur les cotes et ornee sur le 
devant d’une paryphe verlicale, faite de pelits carreaux juxtaposes deux par 
deux ; la ceinture est decoree du meme motif, representant probablement de 
la verroterie cloisonnee; les jambes sont couvertes de longues braies (les 
anaxvrides perses) qui forinent de nombreux plis etsont decorees sur le devant 
d’une broderie feslonnee ; le manteau, lixe sur lapoitrine par une agrafe ronde, 
ilotle derriere le dos, garni aux angles inferieurs de petits glands; les plis de 
la draperie sont en partie creuses au trepan; les pieds sont chausses de sou- 
liers sur la partie ant^rieure desquels retombe une languelte et qui paraissent 
maintenus par des sous-pieds; la tele est eoilfee d'une tiare conique, d’ou des- 




398 


_\° 643 — GRAND AMBON Dli SALONIQUE 


cend sur la nuque uii pan triangulaire ; elle etait peut-etre barbue; l'aspect des 
erosions, sur le cou, ne dement pas cette hypothese que semblent d’ailleurs 
conlirnier les traces, encore visibles sur la joue droite, de trois petits trous creu- 
ses au trepan pour les «yeux» de la bar be (?) rapprocher le travail des cheveux 
cbez les deux mages suivants] ; deux mortaises rectangulaires tres profondes, 
destinees peut-etre a recevoir un ornement melallique, sont creusees a droite 
et a gauche sur le fond, au dessous de la coquille. — Premiere niche du pour- 
lour : le second mage esl au repos, le corps de face et reposant sur lajambe 
gauche, la droite flechie et placee presque de profil a gauche; la tete imberbe 

est tournee de trois 
quarts a gauche; il 
parait porter a l’o- 
reille gauche un pen¬ 
dant en forme de 
disque ; il releve la 
main droite au des- 
sus de l’epaule, a 
hauteur du visage, 
montrant l’etoile, 
d’un geste qui n’esl 
pas mieux venu que 
celui de son premier 
compagnon,et,de la 
main gauche, posee 
sur la hanche, il a 
saisi le pan du man- 
teau qui tombe de l’autre coledu corps et qui forme ainsi uue large ceinture 
sur la taille ; le costume est celui de la figure precedente, avec cette seule 
difference que la broderie des braies, pareille a celle de la tunique, est 
faite de petites rondelles juxtaposees sur deux rangs; les cheveux boucles 
sont travailles au trepan ; de meme la draperie dont l’execution est parti- 
culierement brutale sur cette figure et la suivante. — Deuxieme niche du 
pourlour : le troisieme mage s’eloigne vers la gauche, le corps de face, la tete 
de trois quarts a droite ; il a les bras plies, la main gauche ramenee devant 
l’epaule, la droite sur la poitrine; le vetement est celui du second mage, avec 
le manteau flottant largement derriere le dos; la broderie de la tunique et des 
braies est faite d’un double rang de petits carreaux; la ceinture est decoree 
d un double rang de petites rondelles (en verroterie); on distingue iciplusnet- 
tement le pan de la tiare, triangulaire et orne aux angles d’un gland. — Troi¬ 
sieme niche : il ne reste que la moitie inferieure d’un berger debout, au repos, 
la jambe droite croisce devant la gauche ; il tenait sans doute son baton de la 





N" - GtlANt) AMBON t)K SAI.OM'jl I. 


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main gauche sur le cote droit du corps, et, sappuvanl du coude droit Mir la 
main gauche, soutenail sa tele sur la main droile ; il est virtu d'une luniquc 
courte ; sur son dos, tombe une peau de panthere dont le pelage est indique 
par des cercles incises ; ses jambes sont protegees par des bandelettes, ses pieds 
par des chaussures a lacets ; a sa droite, six mouLons sont representes 1'un au 
dessus de l’autre. 

Sur la partie droite, les mages appoiteut leurs presents a la Yierge eta l'En- 
fanl ; — niche de la facade : la \ ierge est assise de face, en une attitude hie- 
ratique, sur un trone dont le dossier arrondi et concave depasse un peu la ligne 
de ses epaules ; ses pieds 

reposenl sur un tabou- ____<~\ 

ret massif; elle est vetue 

ches et tout entiere dra- 
pee dans un manteau 

etroitement serreautour \ . I 

du cou ; il est difficile lU v - 

de dire si le manteau [MM H " 

etait releve sur la tele • I ; r [ f ft ^^ '.v ; 

ou si celle-ci est cou- JmOTT I 1 | Jf I -i ^ ; 

verte d’un voile inde- r .. ; 

pendant; l’Enfant porte ,, H v! Viv 

aussi la tunique et le , M 

manteau, celui-ci pose ^ i - 

* “’ v ' * ! At/ 

sur l’epaule gauche, ^ \ fJ J 

couvrant le bras gauche, 

passant d’autre part sur le dos et revenant en avant en decouvrant le haul du 
buste ; ses pieds paraissent nus (ceuxde la Vierge sont chausses de bottines fer- 
m6es); il est assis de face sur les genoux de sa mere qui le tient par le haut du 
bras droit, qu’il a plie contre la poilrine, et par la main gauche, qu’il laisse 
pendre naturellement; on ne distingue plus le geste de sa main droile ; il se 
pourrait d’ailleurs, bien qu’on ne retrouve en aucune autre partie du monument 
de traces de cette technique, que l’avant-bras droit eut ete rapporte; on reconnait 
a la cassure du flanc droit les tx-aces d’une et peut-etre de deuxmortaises ; cette 
cassure a meme, en certains endroits, l'apparence d'un joint; la partie centrale 
du buste presenle une legere depression, qui peut etre due aux erosions, mais 
qui pourrait etre aussi un lit sommairement prepare, el, enlin, sur la partie 
gauche, on voit deux mortaises dont l’une, encore 1 ‘emplie deplomb, se trouve 
a peu pres a la place qu’aurait du occuper la main, et dont l’autre, placee au 
dessus de la premiere, etait sans doute destinee a recevoir un ornement metal- 
lique ; — sur le fond, au dessous de la coquille, sont ci’eusees, comme sur la 


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N° 6i3 — GRAND AM HON DE SALONIQUE 


niche symetrique de gauche, deux grandes mortaises rectangulaires (celle de 
gauche avec son tenon de fer etle plomb du scellement); sur la colonnette de 
gauche, a 0 m 08 au dessous du chapiteau, une petite mortaise de meme forme, 
toutes trois destinecs sans doute a recevoir des ornements metalliques ou des 
ex-volo. Le fond de la niche en facade est reste lisse ; celui des niches du pour- 
tour est caraclerise comme une habitation par des piliers indiques en faible 
relief derriere les colonnes et par des lentures, fixees a une tringle par des 
anneaux et relevees, a moitie de leur hauteur, autour d’une patere non visible. 
— Premiere niche du potirlour : un mage s'avance vers la gauche, vetu comme 
ceux de l’autre partie; ses braies sont ornces de la merae broderie festonn6e 

que porte le mage 
de la niche en fa¬ 
cade ; son man- 
teau flotte der¬ 
riere le dos, 
creuse de plis 
profonds; de la 
main droite ten- 
due, il tient une 
sorte de plateau 
qu’il appuie con- 
tre Iui et qu’il 
maintenait sans 
doute de la main 
gauche; sur le 
fond, cache en 
partie derriere lui 
et sculpte en tres 

faible relief, un ange vetu de la tunique et du manteau, avec de longs cheveux 
flotlants, ornes d'une bandelette posee au sommet du crane comme une cou- 
ronne annulaire, le corps de face, les pieds chausses de sandales, dans l’atli- 
tude de la marche (le droit de profil a gauche, le gauche de face et ne tou- 
chantque des orteils), semble le guider et lui d^signe, de la main droite relevee 
a hauteur de l’epaule, la Vierge et l’Enfant de la niche en facade. — Deuxieme 
niche : un mage, dans le meme costume (les braies ornees d’un lisere uni), 
s avarice vers la gauche, le corps presque de face ; il tenait des deux mains, 
sur sa poitrine, un plateau de meme forme que le precedent. — Troisieme 
niche : il ne reste que la moitie inferieure du troisieme mage qui s’avance a 
la suite des premiers, drape dans son manteau et tenant le meme objet qu’eux 
de ses deux mains caehees sous la draperie, en signe de respect fcf. a ce sujet 
le texte de Xenophon, Ilell., n, 1, 8). 




N n 6*3 - GRAND AMBON DF. SALON 1QUE 


iOl 


La partie gauche fie l’ambon reprcseule les mages a la recherche du Christ; 
le geste du premier (sur la face principalej et du second sur la premiere niche 
du pourtour^ semble bien indiquer qu’ils montrent et suivent letoiie, cepen- 
ilant que les directions diverses ou ils se meuvenl paraissent lemoigner d une 
cerlaine hesitation dans leur marche. Quelle est la signification du berger dans 
la troisicme niche de la peripherie? M. Bayet, rappelant que dans les monu¬ 
ments d’Occident l etoiie est parfois (non pas « presque toujours ») represenlee 
sous la forme du monogramme du Christ (cf., par exemple, J. Wilpert, Die 
Malereien der Kalakomben Ilonis , p. 197;, suppose que 1'arti-te oriental serait 
alle plus loin et aurait subslilue au symbole l'image meme du guide par 
excellence, le Christ sous les especes du Bon Pasteur. 11 est possible; loule- 
fois, il faut reconnailre que la place donnee ici au berger ne convient guereau 
role que ceLte hypothese lui prete ; nous croirions volontiers que, cherchant un 
personnage pour remplir cette derniere niche, le sculpteur s'est laisse inspirer 
par une reminiscence de l’evangile du pseudo-Matthieu (chap, xui, 6 ; Tischen- 
dorf, ed. alt., 1876, p. 79; : « nam et pastores otdam asserebant se angelos 
vidisse in medio noctis hymnum dicentes, deum caeli laudantes et benedi- 
centes, et dicentes quia natus est salvator omnium, qui est Chrislus dominus, 
in quo restituetur salus Israel. » D’autre part, le berger, au milieu de son 
troupeau, rappelait, avec plus de precision encore que les oliviers indiquessur 
le fond des autres niches, la campagne ou se passe cette scene. 

La representation de la partie droite est manifestement inspiree du recit du 
meme evangile (chap, xvi, 1 ; Tischendorf, p. 82 sq.) : « transacto vero 
sccundo anno venerunt magi ab oricnte in Hierosolymam, magna deferentes 

munera.2.. euntibus autem magis in via apparuit eis stella, et quasi quae 

ducatum praestaret illis ita antecedebat eos, quousque pervenirent ubi puer 
erat. videntes autem stellam magi gavisi sunt gaudio magno, et ingressi 
domum invenerunt infantem lesum sedentem in sinu matris et ingentibus 
muncribus muneraverunt Mariam et loseph. ipsi autem infanti obtulerunt 
singuli singulos aureos. post haec unus obtulit aurum, alius thus, alius vero 
myrram. » Ce texle laisse deja entrevoir, par le caractere vivant et personnel 
qui est donne a l’etoile, comment 1’ange a pu se substituer a celle-ci ; l’ange 
apparait d’ailleurs nommement dans l’^vangile arabe de 1’enfance (chap. 7 ; 
Tischendorf, p. 184): « eademque hora apparuit illis angelus in forma stellae 
illius quae antea dux itineris ipsis fuerat » (cf. Stuhlfauth, /. infra /., p. 121). 
— Sur l’origine du type des mages, cf. en dernier lieu L. von Sybel, all. 
1. infra l. 

On a assignd a l'ambon toulos les dates possibles entre le iv e et le vi® siecle ; 
M. Bayet, sans prdciser davantage, le declarait post-constantinien; M. Strzy- 
gowski le place avant Justinien, MM. Schullze et Schmid au vr siecle et 
peut-etre dans la seconde moitie de ce siecle; Rossi. Dobbert, entre le iv* et 

2ri 



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N° 043 — GUAM) AMBON BE SALONlQUfi 


le v e siecle; MM. Krauss, Millet, Diehl, Kaufmann, Kruecke, Kehrer, dom 
Leclercq au v e siecle. On peat affirmer, croyons-nous, que le monument est 
posterieur a l’annee 431; l’importance donnee au personnage de la Vierge, le 
caractere hieratique qui lui est attribue ne sont guere coneevables qu’apres le 
concile d’fiphese ; d'aulre part, elle ne s’y presente pas encore, telle qu’on la 
voit— vers 555 — sur la mosalque de Saint-Apollinaire le neuf, dans l’appa- 
reil d’une imperatrice tronant au milieu d’une garde d’anges. Entre ces deux 
termes, esl-il possible d’obtenir une precision plus grande? Une comparaison 
avee d’autres monuments oil l’histoire des mages se presente sous une forme 
analogue ne donne pas ce qu’on en pourrait esperer, car la date de ces monu¬ 
ments prete elle-meme au doute : un fragment de sarcophage de Milan (Rossi, 
Bullettino di archeologia cristiana, l re serie, IV, 1866, p. 64, fig. 2) pourrait 
appartenir au iv° siecle; un fragment de sarcophage du musee Lavigerie de 
Saint-Louis de Carthage (Rossi, ibid., 4 e serie, III, 1884-1885, pi. I et II ; 
Delatlre, Catalogue , 1899, pi. I, n° 1 ; Le culte de la Sainte Vierge en 
Afrique , 1907, pi. aux p. 6 et 10 ), place au iv e siecle par Rossi, suivi par le 
P. Delatlre, parfois attribue aujourd’hui au v e , est, de toutes manieres, sensi- 
blement plus vieux que l’ambon ; d’autre part, dans quel rapport celui-ci se 
trouve-t-il a l’egard d’ueuvres telles que les reliefs de la chaire de Maximien 
(Garrucci, Sloria dell'arte cristiana, VI, pi. 418, l)ou le couvercle de l’evan- 
geliaire d’Etchmiadzin (Strzvgowski, Byzantinische Denkmaeler, I, pi. I), qui 
lous deux appartiennent vraisemblablemenl au milieu du vi e siecle ? Nous 
11 ’en saurions pas decider bien que nous soyons portes a le croire plus ancien. 

La presence du nimbe derriere la t 6 le de l’Enfant ne fournit aucune preci¬ 
sion nouvelle, puisqu’il parait etabli que cet attribul est donne au Christ des 
le second quart du iv' siecle ; il manque a la Vierge, qui le porte sur une 
mosaique de la Panaghia aggeloktistos, a Kition de Chypre ( Vizantijskij 
Vremennik, IV, 1897, pi. I), qu’on croit sensiblement plus ancienne que les 
mosaiques de Saint-Apollinaire le neuf [mais que recemment M. Th. Schmit 
[Bulletin de I'institut archeologique russe de Constantinople, XV, 1911, 
p. 206 sq.) a attribute au ix e siecle]; — sur l’indication qu’on a cru pouvoir 
tirer de la presence d’un ange aile, cf. les objections de M. Strzygowski, Orient 
oder Bom, p. 56, a la these de M. Stuhlfauth. 

En fait, c’est au monument lui-meme, et, les figures en l’etat actuel ne se 
pretant plus guere a 1 etude, c’est a son architecture et a sa decoration qu’il 
faut s adresser pour arriver a en resserrer la date entre des limites plus 
etroites. ficartons lout d’abord une pretendue analogie entre l’ambon et les 
sarcophages dits d’Asie mineure : au point de vue architectural, les sarco- 
phages represenlenl une serie de niches placees devant un mur et decorees de 
statues ; simple transformation du vieux sarcophage a colonnes dans le goutde 
1 epoque imperiale (cf. t. I, p. 312); l’ambon est tout autre chose, a savoir 



N° 643 — GRAND All BON DE SALoMuCE 


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limitation d’une tribune portee sur des arcades; sur la.partie droite, ces 
arcades, avec leurs tenturcs montees sur tringle, rappellent une disposition bien 
eonnue, qui est celle du palais de Theodoric sur la mosai'que de Saint-Apolli¬ 
naire le ncuf ct celle de nombreux edifices byzantins; la coquille est la, non 
pourorner lavoussure d'une niche, mais comrae un motif de remplissage qu’on 
retrouve en un emploi aussi illogique au dessus des colonnettes d'une petite 
balustrade conservee au nnisee de Spalato (Rivoira, Le oriyini dell architel- 
tura lumharda, I, p. 94, fig, 148; ou dans les mosai'ques de Saint-Vital, sur 
les lympans des trifora qui, a l’etage, s’ouvrent sur le presbylerium ; il est a 
peine besoin de noter que ce parti a ete frequemment realise a la fois dans les 
ambons, dans les baldaquins d’autels et dans les baptisteres ; a dire vrai, nous 
ne connaissons pas d’autre ambon qui presente le plan demi-circulaire de celui 
de Salonique, mais on peut observer que l’ambon a double escalier est frequent 
au vi e siecle et que tel elail en particulier celui de Sainte-Sophie qui nous est 
connu par la description de Paul le silentiaire r v. 51 sq. ; J.-P. Richter, 
Quellender byzanlinischen Kunslyeschichle, n°92 (980), p. 84-90; cf. W. R. 
Lelhaby et II. Swainson, The church of sancla Sophia , 1894, p. 54, tig. 7 ; 
nombreux exemples dans Rohault de Fleury, La messe, t. III], 

Au point de vue technique, les differences ne sont pas moins grandes entre 
l’ambon et les sarcophages ; dans ceux-ci, la decoration est uniquemcnt exe- 
cutee au trepan; le ciseau n’y a pas de part; le motif a ete dessine surle 
marbre dresse et le fond recreus^ tout autour a l’aide de l'instrument; le 
feuillage se detaehe ainsi sur ce fond sombre, aussi plat, aussi denue de modele, 
de forme sp^cifique et de caraclere naturalisle que ces arabesques decoupees ;i 
la scie dans une planchette de bois blanc et collees ensuite sur une feuillc tie 
carton noir. Sur l’ambon, les differents motifs sont reellement soulples au 
ciseau, traites avec un realisme qui est parfois d’une sincerile et d'uneelegance 
remarquables ; le trepan intervient fortement, mais seulement pour accuser 
les contours, creuser les ombres, faire ressortir le relief, augmenter la profon- 
deur en faisant en quelque sorte circuler Pair dans l’epaisseur du marbre ; cet 
emploi du trepan, reduit, pour ainsi dire, a un role purement pictural et n’in- 
tervenant que pour la mise au point, apparait clairement sur la petite frise de 
pampres qui, en facade, court immediatement au dessus des niches : sur le 
bloc de droite, il en est fait un large usage, en particulier dans les trois der- 
niers enroulements a droite, oil presque toutes les dentelures des feuilles sont 
accusees par une petite cavite qu’il acreusee; sur.la partie correspondante du 
bloc de gauche, soit negligence, soil hate d’en finir, l’emploi en est tres res- 
treint, bien que le travail du ciseau n’y soit pas moins pousse et porte exacte- 
ment le meme caraclere. 

La forme de l’acanthe 6pineuse — surtout dans les feuilles placees sur la 
gorge de la corniche — et le caraclere general de l’execulion rappellent encore 



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N° 643 — GRAND AMBON DE SALONIQUE 


les oeuvres du v 8 siecle ; les ailes des aigles sont trailees corame sur les chapi- 
teaux de Saint-Demetrius de Salouique (cf. ici-meme, n os 742 et 743). Cepen- 
dant certains details annoncent deja l’epoque suivante; il n’y a peut-elre pas 
lieu de tenir compte des chapiteaux a acanlhe molle et sans dentelures qui 
surmontent les colonnes du passage ; ce fait peut n’etre du qu’au travail plus 
rapide d'une partie qui n’etait guere visible quand le linleau dtait en place ; 
mais, d’une maniere generale, la mouluration du monument tend vers ces 
profils gras et sans aretes vives qu’on retrouve partout au vi 8 siecle ; tres 
caracteristique a cet egard est le gros tore feuillu de la fa?ade; il apparait 
deja dans l’entablement du Stoudion (463), mais dans un emploi oil se revele 
encore clairement son origine (la frise basse, convexe et recouverte de rin- 
ceaux qu’on retrouve un peu partout en Asie mineure des le second siecle); 
tel qu’il est applique ici, il rappelle beaucoup plus celui qui, a l’interieur des 
Saints-Serge et Bacchus (commences en 527, acheves avant 536) se developpe 
entre l’architrave et l’inscription, et plus encore, par son caractere natura- 
liste, celui qui court ii la partie haute du narthex interieur de Sainle-Sophie. 
Ce tore lui-meme, et sans doute aussi la decoration du parapet si elle dtait 
moins mutilee, peuvent passer pour un premier essai de cette « sculpture a 
jour » dont le role est si grand dans la decoration des edifices eleves sous 
Justinien. 

Il semble qu’on puisse avec quelque raison conclure de ces considera¬ 
tions que l’ambon de Salonique est plus rdcent que le Stoudion (463) et plus 
ancien que les grandes constructions de Justinien, mais plus voisin cependant 
de celles-ci que de celui-la ; il pourrait dater par suite de la premiere moitte 
du vi p siecle. 

R. Pococke, A description of the east, vol. II, part II, Londres, 1745, p. 151 (trad, 
allemande, Erlangen, III, 1755, p. 221); —E.-M. Cousntery, Voyage dans la Mace¬ 
doine, 1831, I, p. 34 (cf. p. 44); — W.-M. Leake, Travels in northern Greece , III, 
1835, p. 243 ; — Prokesch von Osten, Denkwuerdigkeiten und Erinnerungen aus 
dem Orient, III, 1837, p. 640 ; — Ch. Texier, Description de I'Asie mineure, III, 
1849, p. 76; (et R. Popplewell Pullan), L’architecture byzantine, 1864, p. 147; — 
A. Dumont, Journal officiel, 31 juillet 1874 (= Revue archiologique, 1874, II, p. 195) ; 
— Ch. Bayet, Mimoire sur un ambon conserve h Salonique, dans Bayet-Duchesne, 
Mimoire sur une mission au mont Athos, Archives des missions, s4rie III, t. Ill, 1876, 
p. 445 sq., 6 pl.,et Bibliotheque des dcoles fran^aises d’Athenes etdeRome, fasc. I, 
1876, p. 249 sq., pl.I-V (cf. p. 6); Recherches pour servir h Thistoire de la peinture et 
de la sculpture chretiennes en Orient avant la querelle des iconoclastes, 1879, p. 105 
sq. ; L art byzantin, s. d., p. 80, et fig. 23, p. 79 ; — Th. Homolle, Revue archiolo- 
gique, 1876, II, p. 298; — G. B. de Rossi, Bullettino di archeologia cristiana, 
HI 8 s6rie . IV , !879, p. 35, note 1; IV 8 serie, III, 1884-1885, p. 50-51 ; V, 1887, 
p. 145-146;— M. Hatzi Ioannou, ’AcTuypaipta ©esaaXov ix»]?, 1880, p.71-72; — 
R. Garrucci, Storia dell’ arte cristiana, VI, 1880, pi. 426, 1; — Ch. Rohault de Fleury, 
La messe, itudes archiologiques sur ses monuments, III, 1883, p. 7; pi. CLXX; — 



N° 643 - GRAND AMBON DE SALON [QUE 


403 


Dobbert, Repertorium fuer Kunstwissenschafl, VIII, 1885, p. 166;— F, A. von Leh- 
ner, Die Marienverehrung in den erslen Jahrhunderten, 2" ed., 1886, p. 308, n° 35 (cf. 
J. Liell, Die Darstellungen der allerseligslen und Goellesgebaererin Maria, 1887, 
p. 248 sq.) ; — J. Strzygowski, Roemische Quartalschrift, IV, 1890, p. 103 ; Byzan- 
tinische Denlcmaeler, I, Das Elschmiadzin Evangeliar, 1891, p. 47; Byzanlinische 
Zeitschrift, 1, 1892, p. 580 ; Orient oder Rom, 1901, p. 55-56; — M. Schmid, Die 
Darstellung der Geburt Christi in der bildenden Kunst, 1890, p. 92-93 ; — Meyers 
Reisebuecher, Tuerkeiund Griechenland, 4 C 6d., 1892, I, p. 383 et 384; cf. Tuerkei, 
Rumaenien, Serbien, Bulgarien, 5 e ed., 1898, p. 394 et 395; — K. Sittl, Archaeologie 
der Kunst (Ilandbuch der klassischen Alterlumswissenschaft, von J. von Mueller, 
VI), 1895, p. 777; — V. Schultze, Archaeologie der altchristlichen Kunst, 1895, 
p. 131; — G. Millet, Monuments Piol, II, 1895, p. 201, note 1, et 202, note 3; dans 
A. Michel, Histoire de Vart, I, 1, 1905, p. 261; fig. 139, 140, p. 200-261 ; cf. p. 153; 
La collection chriitienne et byzantine des Haules Etudes, C, 671-675; — F. X. Kraus, 
Geschichte der chrisllichen Kunst, I, 1896, p. 233-234, fig. 189; — M. G. Dimitsas, 
'II Maxsoovia, Athenes, 1896, p. 414; — G. Stuhlfauth, Die Engel in der altchrist¬ 
lichen Kunst (Archaeologische Htudien zum chrisllichen Altertum und Mittelalter, 
herausgegeben von J. Ficker, III. Heft), 1897, p. 123;— G. Radet, L'histoire et 
I'ceuvre de Vicolc franchise d’Athines, 1901, p. 326 ; — G. T. Rivoira, Le origini della 
architettura lombarda, I, 1901, p. 42 ; fig. 69-70, p. 44-43 ;— A. Audollcnt, Carthage 
romainc, 1901, p. 654, note 2, et p. 655 (cf. Delattre, Le culle de la Sainle Viergeen 
Afrique, [1907], p. 14); — L. Clausnitzer, Die llirtenhilder in der altchristlichen 
Kunst, dissert., Ilalle, 1904, p. 30, et p. 33, note 6; — C. M. Kaufmann, Ilandbuch der 
chrisllichen Archaeologie, 1905, p. 183 ; — A. Kruecke, Der Nimbus und verwandte 
Attribute in der frtiehchristlichen Kunst (Zur Kunstgeschichte des Auslandes, 
I left XXXV), 1905, p. 42, n° 324; p. 87; — A Mutloz, Nuovo bullettino di archeo- 
logia cristiana, XI, 1905, p. 99; —W. Wilberg, dans Forschungen in Ephcsos, 
I, 1906, p. 139-140; — dom Leclercq, Manuel d’archiologie chritienne, II, 1907, 
p. 262; Dictionnaire d'archiologie chritienne et de liturgie, I, 1907, s. \°ambon, 
col. 1339-1340; — O. WulfT, Koenigliche Museen jzu Berlin, Beschreibung der 
Bildwerkc der chrisllichen Epochen, III, 1, Altchrislliche Bildwerke, 1909, p. 20, au 
n° 33; — II. Ivehrer, Die heiligen drei Koenige in Literatur und Kunst, 1909, II, 
p. 29, 31, 61-62, 79; fig. 17-18, p. 30-31 ; fig. 44-45, p. 60-61 ; — L. von Sybel, 
Christliche Antike, II, 1909, p. 37; Roemische Mitteilungen, XXVII, 1912, p. 323, 
329 ; — Ch. Diehl, Manuel d'art byzanlin, 1910, p. 266; — M. Laurent, L'art chra¬ 
tion primitif, II [1910], p. Ill, pi. XLII ; — L. Brehier, Eludes sur I'histoire de la 
sculpture byzantine (extrait des Missions scienti/iques, nouvelle serie, fasc. 3), 1911, 
p. 12 [28]; 32 [68]; — P. Bienkovski, De prototypo quodam romano adoralionis 
Magorum, Eos , Cracovie, 1911, p. 45 sq. [non vidi]; — F. Fornari, Nuovo bullettino 
di archeologia cristiana, XVII, 1911, p. 69 sq. ; — O.-M. Dalton, Byzantine art 
and archaeology, 1911, p. 145-146 ; fig. 17, p. 31 ; fig. 84, p. 1 47. 


Photographies n”’ 532 (niches cn facade des deux parties), 524 (vuc prise sur Tangle exte- 
ricur de la partic gauche), 550 (partie gauche, niches de la peripherie), 551 partie droile. 
niches dela periphdrie). 



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N° 64 4- — AMBON DE SALONIQUE 


644 (1627) Ambon de Salonique en vert antique. 


L'ambon provient de l’dglise de Sainte-Sophie (Aya Sophia djamisi) ou il a dej4 eld vu 
par Pococke; nous avons signald plus haut (n° 643, in pr., p. 393) la double confusion de 
Cousinery (Voyage dans la Macedoine, t. I) qui, 4 la p. 31, parle d’un ambon de vert 
antique a l’interieur de Saint-Georges (sommairement dessine par Fauvel sur la pi. V de 
louvrage), et, p. 44, mentionne, 4 Saint-Minas, un autre ambon « tout 4 fait semblable 4 
celui de la Rotonde » (sur cet ambon de Saint-Minas, voyez ci-dessous) ; entre au musde 
en 1905. 


Bloc monolithe de vert antique ; legdrement mutile au depart de la rampe droilc [nous 
cmployons les mots gauche et droile par rapport au spectateur placd devant le monu¬ 
ment], sur 1'archivolte d’une des niches (restauree en platre), et, ?4 et 14, sur la moulurc 
inferieure ; erosions sur l’uu des piliers du parapet; les bras horizontaux de la croix du 
panneau central ont ete marteles; la tete et les pattes du monstre sculpte sur le panneau 
dela rampe de gauche paraissent avoir ete martelees aussi et le fond soigneusement ravalc 
ensuite; manque l’un des petits cones ddcoratifs de la tranche superieure du parapet; 
celle-ci prrscnte, au dessus du panneau central, une charniere de fer scellee dans du plomb 
et deux autres mortaises qui toutes deux ont conserve leur plomb, et l'une, une partic 
d une seconde charniere; au bas de la rampe droite, tx - ou de scellemeut allonge pour 
crampon (traces d'une reparalion antique); hauteur, en avant, 1“ 205; audepart de la rampe, 
0 m 73; en hautde la rampe, 4 gauche, 1” 13 ; 4 droite, 1" 11 ; longueur d’avant en arriferc, 
mesuree 4 l’arete inferieure du bloc, 1“ 815 ; hauteur du parapet, 0 m 44 ; plus grand dia- 
metre intdrieurde la chaire, 0 m 76. 


L'ambon comprend une chaire 4 peu pres circulaire et legerement inclinee 
en arriere, oil Ton accede au revers par un escalier de trois marches et un 
quart de marche, compris entre deux rampes; la chaire est decode, a la par- 
tie inferieure, de sept niches a coquille, dont les archivoltes de plein cintre 
reposent sur de petits piliers creuses de deux profondes cannelures ; les tym- 
pans triangulaires, entre les archivoltes, sont ornes d’une feuille de lierre qui 
pend d’un pedoncule recourbe tantot a droite et tantot a gauche; le parapet 
proprement dit trop bas pour qu’un homme debout y puisse appuyer la 
ma i n est legerement en retraite sur la partie inferieure dont il est separe 
par un corps de moulures forme de deux listels in6gaux en saillie l’un sur 
1 autre ; il est divise en cinq panneaux rectangulaires, separes par de petits 
pilaslres a rudenture, que surmonte, sur la tranche superieure, une pomme 
conique; le panneau central est oecupe par une croix longue et pattee, du bas 
de laquelle se detache, a droite et a gauche, une tige vegetale, terminee par une 
feuille a trois lobes allonges qui remplit les quartiers inferieurs; les quatre 
auties panneaux sont decores de tores et de scoties qui dessinent trois 
losanges concentriques, places dans un cadre rectangulaire, avec petits triangles 
aux quatre angles ; les rampes, motivees, au depart, par deux piliers rec¬ 
tangulaires a rudenture, surmontes d une pomme demi-circulaire, sont ornees 
exterieurement de panneaux que remplissent des moulures — baguettes, sco¬ 
ties et listels — parallelesaleurs cotes; l’espace vide, au dessous de ces pan- 



N° 641 - AMBON DE SALONIQIE 


407 



neaux, est decore, a gauche, ou il est triangulaire, par un animal monslrueux, a 
queue de serpent deux foix repliee sur elle-meme et terminee par une nageoire 
bilide ; a droite, oil il est trapezoidal, par une croix « byzantine » pattee dont la 
parlie inferieure se continue par deux tiges ondulees, terminees par une feuille 
de lierre ; — & la parlie inferieure de l'ambon, regne une moulure de prolil 
simple, mais lourd et plus accuse sur la chaire que sur les rampes. 

Le monument est plus remarquable par la beaute de la matiere (c’est le 
marbre de Thessalie, frequemment mentionne par les ecrivains byzantins, en 


particulier par Paul le silentiaire) que par le soin de 1’execution qui temoigne 
de singulieres negligences : la chaire n’est pas d’aplomb, mais penche en 
arriere ; les niches il coquille sontlegerement plus hautes a droite qu’ii gauche ; 
inversement, la moulure qui les separe despanneaux du parapet n’est pas hori- 
zonlale.mais, commela tranche sup^rieure du parapet, s’abaisselegerement vers 
la droite. Les moulures ont le profil mou et gras des oeuvres decoratives du 
vi e siecle; cf. les piedestaux des qualre colonnes qui s’elevaient sur l’Arca- 
diane d’Ephese ( Forschungen in Ephesos, I, p. 13'2sq.; lig. 62 sq., p. 135 sq.) ; 
le piedestal de colonne trouve dans le couvent de Saint-Antoine pres de Priene 
(Priene , p. 188, lig. 601) ; — sur la date de Sainte-Sophie de Salonique, cf. 
Strzygowski, Kleinasien , ein Xeuland der Kunstgeschichte, p. 116 sq.; 
0. WullT, Die Koimesiskirche in Xicaea , p. 36 sq.; Tafrali, Topographie de 
Thessalonigue , 1013, p. 165 sq. 

L'eglise de Saint-Minas, ii Salonique, possede encore un ambon de x ertantique 
du mime style : « ce qu’on remarque de plus curieux [dans cetle eglise], 
6crit Cousinery, all. 1. infra l., est un grand bloc de vert antique, tout-a-fait 




408 


N° 644 — AMBON DE SALONIQUE 


semblable a celui de la Rotonde ; il parait avoir servi pareillement de chaire 
a prScher ; les grecs modernes, ayant adopte la maniere europeenne de cons- 
truire leurs chaires, onl retire ce bloc de l’interieur de l’eglise, et l’ont place 
dans l’endroit le plus ecarte de l’enceinte exlerieure » (cf. Meyers Reisebue- 
cher, ll. infra ll., respectivement p. 383 et 395). II est probable que c’est a 
cet ambon que se rapportent la description et les dessins publies par Rohault 
de Fleury La messe, eludes archeologiques, III, 1883, p. 8 , pi. GLXX1) ; du 
moins on ne pourrait les rapporter au ndtre qu'en supposant chez l’auteur et 
chez son dessinateur une extraordinaire inexactitude : « ce monument, ecril-il, 
nous presente en avant une plate-forme hexagonale ou l’orateur montait par 
quatre marches de 0 ™ 29 de giron. Ce pulpitum orne de chrismes sur cinq 
cotes est soutenu par autant de niches avec coquilles dans la calotte et colon¬ 
nettes garnies de bases et de chapiteaux. Sur les flancs de l’escalier, on voit 
sculptes en relief quatre arbres, lesquels, selon M. Durand [auteur du dessin 
reproduit par Rohault de Fleury], symbolisent les quatre evangelistes ; une 
sorte de bouclier est applique au dessus ; il affleure la surface des arbres et 
est orne d’un chrisme; le depart de l’escalier est occupd par deux pilastres 
canneles, malheureusement fort muliles aujourd’hui, mais qui devaient etre 
couronn^s de deux pommes en marbre. On remarquera le peu de hauteur de 
l'appui ; il s’agit ici d une de ces pierres pour les orateurs a peu pres comme 
on en voit dans les bas-reliefs antiques ou le corps parait decouvert. » 


R. Pococke,A description of the east, vol. II, part II, Londres, 1745, p. 151 (trad, 
allemande, Erlangen, III, 1755, p. 221) ; —E.-M. Cousinery, Voyage dans la Mace¬ 
doine, 1831, I, p. 34 et 41 (cf. plus haul, in pr.) ; — W.-M. Leake, Travels in nor¬ 
thern Greece, III, 1835, p. 243 (mentionne l’ambon de Saint-Minas); — Ch. Texier et 
R. Popplewell Pullan, L’architecture byzantine, 1864, p. 154; — Ch. Bayet, dans 
Bayet-Duchesne, Me mo ire sur une mission au mont Alhos (Bibliotheque des ecoles 
franfaises d’Athenes et de Rome, fasc. I), 1876, p. 250, note 3 ; Recherches pour 
servir 4 Vhistoire dela peinture et de la sculpture en Orient avant la querelle des ico- 
noclastes, 1879, p. 106, note 1 ; — M. Hatzi loan no u, ’Aaruycasta HiacraXovcxir;?, 
1880, p. 77 ; — Meyers Reisebuecher, Tuerhei und Griechenland, 4 e 6d., 1892, I, 
p. 382; cf. Tuerkei, Rumaenien, Serbien, Bulgarien, 5' <5d., 1898, p. 394; — 
cf. V. Schullze, Archaeologie der allchristlichen Kunst, 1895, p. 131, fig. 38; — 
M. G. Dimitsas, 'H MozeBovia, Athenes, 1896, p. 414 ;— G. T. Rivoira, Le ori- 
gini della architettura lombarda, I, 1901, p. 42-43 ; fig. 71, p. 44 ; — Halil Edhem 
bey, Jahrbuch des archaeologischen Institute, XXIII, 1908, archaeologischer Anzei- 
ger, col. 112; — N.P. Kondakof, Makedoniu, Saint-Pelersbourg, 1909, fig. 39, 

p. 102. 


Photographies n- 816 (face), 813 (vue de profit, prise du cote du panneau 4 la croix), 
814 (vue de profil, prise du cote oppose), 815 (vue prise du cote de l'escalier). 



N° 645 - RAMPF. DR01TK D'tN AMBON 


409 


645 (1223) Rampe droite d'un ambon. 


Aidin, plateau tic Tralles; fouilles d'fidhcm bey; trouv^e dans la region G du plan, Bul¬ 
letin de correspondance hellinique , I. infra l. } pi. I; campagne dautomne 1902; entree au 
music le 23 septembrc de la mime aunce. 


Marbre blanc & gros grains cristallins, traversi de quelques veines noiratres; complile : 
la grande dalle en huit fragments inigau.v (dont l’un tout petit), la petite en deux ; lacunes 
insignifianles aux joints des fragments; tris legere cassure 4 Tangle superieur et a Tangle 
inferieur droit; 1’cnsemble elant place dans un cadre de bois, on ne voit plus, des scelle- 
ments qui unissaient les deux plaques, que la mortaise du crampon creusee sur la main 
couranle (restc Tun des crochets du crampon); hauteur totale, 4 droite, 1” 83 ; 4 gauche, 
O'" 795 : largeur totale, 1“ 185 ; de la grande dalle, 0 m 815; ipaisseur, 0“ 07 ; hauteur du champ 
sculpte, O'" 73 ; largeur, 0 m 51; hauteur de la figure, 0“ 17. 


Ilatnpe droite (pour la personne qui montait a la tribune) d’un ambon dont 
la rampe gauche est representee par le n° suivant ; elle est formee de deux 
dalles contigues, une petite, rectangulaire, et une grande, trapezoi'dale ; la 
petite, qui en motive le depart en 
bas, est decoree, sur un champ con¬ 
cave, d’une colonne corinthienne a 
fut torse, avec base pseudo-attique et 
socle rectangulaire porte sur des 
pieds cubiques ; l’abaque du chapi- 
teau est sommairement profile et 
orne en son milieu d’une lleurette a 
quatre petales ; sur la tranche supe- 
rieure, une pomme de pin ; — la 
grande est ornee de plusieurs corps 
de moulures, listels, scoties et tores 
paralleles a ses cotes; les uns des- 
sinent la main courante de la rampe; 
les aulres circonscrivent un panneau 
central dans lequel est represente le 
Bon Pasteur sous la forme d’un ber- 
ger imberbe et au.x cheveux courts, 
chausse de hotlines montantes et vetu 
de l’exomis decouvrant l’epaule 

droite et serree sur les reins; il osl debout, le corps de face, les jambes ccar- 
lecs dans l’attitude de la marche, la droite tendue avec le pied de face, la 
gauche fleebie avec le pied de profil ; la main droite, ramenee sur le cote 
gauche du corps, est posee sur un baton, dont l'extremite ne touche pas le 
sol; le bras gauche s’accoude sur la main droite, et la main gauche soutient 




410 


N° 646 - RAMPE GAUCHE DU Mf’.ME AMBON 


le revers de la tete qui est tournee de profil a gauche et regarde vers le haut; si 
maladroite qu'en soit l’execution, le motif est aisement reconnaissable: le 
berger est au repos; il soutient sa tete sur la main gauche en prenant appui 
sur sa houlette, laquelle doit reposer sur une saillie du sol ou un rocher qui 
etait peut-etre indique en couleur (cf. Garrucci, Sloria dell' arte cristiana, V, 
pi, 359, 3 ; 366, 1; 394, 8; 401, 7); a cote de lui, une chevre, dressee sur ses 
pattes de derriere, broute les feuilles d’un petit arbre ; par endroits, le fond 
est legerement recreuse autour des contours de la figure; — vi e siecle. 

fidhem bey, Rapport du 23 novembre 1902, Revue archeologique, 1904, I, p, 339, 
4°; Bulletin dc correspondence helUnique, XXVIII, 1904, p. 76, n° 18 ; — S. Reinach, 
Comples rendus de VAcademie des inscriptions, 1903, p. 78; —M. Collignon, Monu¬ 
ments Piot, X, 1903, p. 6. 

Photographic n° 1811. 

646 (1222) Rampe gauche du meme ambon. 

AVdin, plateau de Tralles; fouilles d’Rdhem bey; lrouv6e et entree au mus6e en m£me 
temps que la prAcAdente, 

Marbre blanc A gros grains cristallins, traverse de quelques veines noirfltres; manque la 

petite dalle reclangulaire; la grande est en trois frag¬ 
ments ; angle supArieur bris6; les deux dalles etaient 
unies par un crampon et un tenon (reste un crochet de 
fer dans la mortaise de la main couranlc: ; hauteur, A 
gauche, 1" 74; a droite, 0 m 91 ; largeur, O” 78 ; epaisseur, 
0” 075 ; hauteur du champ sculpte, 0” 71 ; largeur, O” 49; 
hauteur de la figure, 0“ 485. 

Dalle trapezoidale, semblable a la precedenle ; 
dans le panneau central, le Bon Pasteur s’avance 
a gauche, le corps presque de face, portant sur 
ses epaules un bouc dont les pattes sont enlra- 
vees par deux brins de corde qu’il tient, de la 
main gauche, reunis sur sa poitrine; de la 
droite, baissee, il porte un panier d’osier tresse ; 
les cheveux sont courts ; il est vetu d’une tuni- 
que a manches longues, serree sur les reins et 
tombant aux genoux; un manteau flotte sur le 
dos; les jambes sont protegees par des bande- 
lettes ; les pieds semblent chausses ; a droite, un 
chien, de profil a gauche, les pattes posterieures 




N° 0i-7 - RAMPES D I N AMBON 


41 ! 


tendues; en quelques endroils, le fond est legerement recreuse aulour de la 
figure. 

lvlhem bey. Rapport du 2'i novembre 1902, Hrvue archdoloqique, 1904, I, p. 358- 
359, 3°; Bulletin do correspondence helUniquc, XXVIII, 1904, p. 76, n° 19; — S. Rei- 
nacli, M. Collignon, ll. II. au n° precedent. 

Photographic n° 1813. 


647 (H87, 1188) Rarapes d’un ambon. 


Mdkedjd (A 183 kilometres de Haidar pacha, sur la ligne d'Eski-chdhir, el A 30 kilometres 
environ de Niece;; entrees au musde cn janvier 1902. 


Marbre blanc A grains semis et crislallins; le revers est epanncle sur la partic qui etait 
visible ; les tranches laterales sont dressdes; celle des grands cotes est taillde en biseau et 
parait travaillee plus sommairement; clle porte un trou de scellement pour un tenon plat 
creusd vers le haul sur la rampe droite, vers le has sur la rampe gauche: celle des pelits 
c6tds a, sur la rampe gauche, deux trous de sccllemenls rectangulaires pour lr» tenons qui 
lixaient le pilastre place au bas de la rampe, sur celle de droite, une scule morlaise pour 
tenon et une autre pour un crampon scelld sur la main courante ; — rampe droite : angle 
supdrieur brisd ; quelques erosions sur les moulures et les aretes : hauteur maxima acluelle, 
l ra 39; largeur, en bas, 0“ 91 ; A hauteur du depart de la main courante, 0* 88; epaisseur, 
environ 0 m 16; — rampe gauche : angle superieur 
brisd; unglc infdrieur droit mutild ; erosions pro- 
l'ondes sur l’ardte gauche, vers la partie infdricurc, 
et ?A et 1A, plus ldgdres ; hauteur maxima actuelle, 
l m 14 ; largeur, en bas, 0 m 805; A hauteur du ddpart 
de la main courante, 0“ 805; dpaisseur, environ 
0» 19. 


Dalles en forme de trapeze rectangle (les 
cotes paralleles pyramident tres legerement 
sur la rampe droite); elles sont decorees, 
parallelement a leurs cotes, de plusieurs 
corps de moulures — tores, baguettes, ca¬ 
rets et scolies— d'un profil gras mais tres 
accuse; les unes molivent la rampe (dont 
la main courante est taillee a pan), les au- 
tres ddcrivent trois trapezes inscrits l’un 
dans l’autre; le trapeze interieuresl decore 

d'une croix « grecque » patlee; — bon travail decoratif du vi' siecle 
parez l’ambon de Saint-Marc, Ongania, Ln basilica di S. Marco , pi. 
pi. 38, n" :>S ; J. Laurent, Bulletin de correspondence hellenique, XXIII 
p. 210-241. 



coni- 
»0i, et 
, 1809, 


Plmtographie n° 1984 (rampe droite;. 




N° 648 — STATUETTE DU BON PASTEUR 


412 

648 (267 i) Statuette du Bon Pasteur. 


Trouvee au village d’Omer beyli, nahie d'In£-Abad (Deirmendjic', vilayet do Smyrne, 
dans le champ d’un certain Hammamdji oghlou Moustapha Ali; envoyee au musie par le 
directeur de l’instruction publique de Smyrne, Abdi Xamic ; entree le 2 novcmbre 1912. 


Marbre blanc a grains serres et petits cristaux; au revers, quelques plis de la tunique 
sont indiques, la toison du belier sommairement divisee par quelques sillons, le pilier 
equarri et simplement epannele, le socle non moulure, presentant une surface verticale dans 
le meme plan que le pilier et epannele comme lui ; de 1'animal place pr4s de la jambe droilc 
du pasteur, il ne reste que des arrachemenls correspondant a l'arrifere-train et des traces 
extremement reduites des sabots anterieurs; rextremite du museau et celle de la queue 
du Mlier sont brisees ; toute la surface du marbre cst rongee et grenue ; les traits du visage 
indistincts, les cheveux erodes, la tete de l'agneau placce contre la jambe gauche informe, les 
aretes du socle arrondies ou mulilees ; la main gauche, avec la houlette, etait brisde en 
trois morceaux, savoir: l’exlremite inferieure de la houlette, qui se rajuste exactement au 
tenon de la cuisse gauche et 4 la tete de l’agneau assis ; la main, tenant la partie moyenne 
de la houlette, qui se raccorde au fragment precedent et 4 la cassure de l’avant-bras; la 
partie superieure de la houlette, separee du fragment precedent par une petitelacune res- 
taur4e en pl4lre ct se ratlachant d’autre part 4 la patte anterieure gauche du belier; au 
point de contact, on voit des arrachements correspondant au bout du museau du belier; — 
sur la cuisse droite du pasteur, traces d'un tenon; 4 la partie superieure du pilier, mor- 
taise circulaire, profonde de moins de 0” 02, sur un diam4tre variant de 0“ 04 4 0 m 045; — 
hauteur de l’ensemble, 1” 17 ; du pasteur, des pieds au sommet de la tete, 0“ 64; du pilier 
au dessus de la plinthe, environ 0" 80; hauteur du socle, 4 gauche, 0 ,n 18; 4 droite, 0 m 195 ; 
largeur du socle, 4 la moulure inferieure, 0“ 24; au de, 0“ 155; 4 la moulure supirieure, 
environ 0“ 23 ; epaisseur du socle, 4 la moulure infiirieure, environ 0” 19; au de, environ 
0 m 15; 4 la moulure superieure, environ 0" 165 ; hauteur de la plinthe, 0™ 05 4 0“ 06; largeur 
maxima de la plinthe, 0™ 445; epaisseur de la plinthe, environ O' 0 16. 


La statuette repose sur une plinthe sans profil dont les extremites lalerales, 
irregulierement arrondies, debordent fortement le socle sur lequel elle est pla- 
cee; ce socle, plan au revers, presente en avant et sur les cotes un profil forme 
d un de haut de O'" 04, compris entre deux fortes moulures rectilignes et tres 
saillantes, qui se rattachent a lui par une face en biseau; — le Bon Pasteur 
est debout, le corps portant avec un tres leger dehanchement sur la jambe 
gauche, la droite legerement flechie et ecartee, les deux pieds sur le meme 
alignement; la tete, de face, est encadree de cheveux partages en boucles 
rondes ; sur ses epaules, repose un fort belier a grosse queue, dont la tete, pro¬ 
fil a droite, se place au dessus de son epaule gauche, et dont il tient, de la main 
droite, sur le milieu de la poitrine, les pattes post6rieures et la patte anterieure 
droite; la main gauche baissee (le coude s'ecarte fortement du corps, tendant 
1 etofle de la manche) tient une houlette; cette houlette se terminait en haut 
contre le museau du belier dont la patte anterieure gauche s’aeheve en elle en 
sy perdant, formant ainsi tenon de consolidation; vers le bas, elle est soute- 
nue par un tenon qui s attache sur la cuisse et elle adhere en meme temps au 
museau d un agneau qui, assis sur son arriere-train, releve la tete vers le pas¬ 
teur; un autre agneau etait accroupi a sa droite, et relevait de meme la tete 



,\° 648 - STATUETTE DU liON PASTEUR i I 3 

vers lui (de la le tenon dont il reste des traces sur la cuisse droile, presque 
exactement & la hauteur de celui de la cuisse gauche). Le pasteur est vetu d'une 
tunique courte qui laisse les jambes nues depuis le genou, avec de larges 
manches qui s’arretent au coude et une ceinture serree 
sur les reins; les plis de la draperie sont sommairement 
indiquds par quelques Billons peu profonds et creuses 
au ciseau, droits ou legerement obliques sur le buste, 
incurves (avec la concavity tournee vers le haut) entre 
les cuisses ; les pieds sont proteges par des bottines de 
cuir souple dont la tige montante se termine par un 
bourrelet. La statuette est adossee a un pilier qui appa- 
rait entre ses jambes comme une surface plane, est ar- 
rondi sur les cotes et 6quarri au revers; il s’dleve au 
dessus du dos du belier, evase comme un tronc de cone 
renverse dont la paroi ne serait d’ailleurs pas exacte¬ 
ment circulaire, mais serait formde par deux courbes 
qui se coupent en avant en formant une arete verticale 
de faible saillie; il est flanque, de chaque c6te, d’une 
sorte de branche ou fleuron, entierement collee a lui, 
tres sommairement traitSe et destinee sans doute & lui donner une apparence 
de caractere vegetal (tronc de palmier). Le tout, statuette, atlributs et ani- 
maux, plinthe, socle et pilier, est taille dans un meme bloc. 



Principales statuettes de ce type : 

Rome, Porta S. Paolo : Rossi,Bulletlino di archeologia cristiana, 4° serie, V, 1887, 
pi. XI, et fig. p. 138; Bullettino della commissione archeologica comunale di Roma, 
1889, pi. V, et fig. p. 131; S. Reinach, Repertoire de la slatuaire, II, p. 533, 1 ; — 
Rome, hypogee do l’eglise S. Clemente: Rossi, Bullettino di archeologia cristiana, 
sdrie, I, 1870, p. 150; —Rome, musee du Latran: J. Kicker, Die altchrisllichen 
Bildwerke im christlichen Museum des Laterans, n° 105; Roemische Quartalschrift, 
IV, 1890, pi. V ; S. Reinach, Repertoire, III, p. 273, 6; — Rome, musee Kircher : 
mentionnh par Rossi, Bullettino di archeologia cristiana, 4' serie, V, 1887, p. 140, et 
par Ficker, l. supra l., p. 38; — Athenes : Th. HomoIIe, Revue archeologique, 1876, 
II, p. 297 ; Roemische Quartalschrift, IV, 1890, pi. IV, 1; S. Reinach, Repertoire, II, 
p. 552, 3 ; — Sparte : Athenische Mittlieilungen, II, 1877, p. 338, n° 132 ; Roemische 
Quartalschrift, IV, 1890, pi. IV, 2; — Seville, casa de Pilatos (collection du due 
Medina Coeli) : Huebner, Bullettino dell' instituto, 1862, p. 102, n° 12; Die antiken Bild¬ 
werke in Madrid, p. 324 ; cf. Bullettino di archeologia cristiana, 4 e serie, VI, 1888- 
1889, p. 93 ; — VSrone, mus6e lapidaire, oh elle porte le n° 469 : statuette que nous 
croyons in6dite; le type differe un peu de celui des statuettes groupdes ici ; — nos 
n M 649 et 650; — quelques statuettes de moindre importance citees par M. Claus- 
nitzer, l. infra l. 

La belle statuette du Latran (Rossi, Bullettino di archeologia cristiana, 4' serie, 



41 i S° 048 — S'i'ATL'fiT'fE t)U ItON PASttlUft 

V, 1887, pi. XII; Bullellino della commissione archeoloc/ica comunule di Roma , 1881), 
pi. VI; J. Kicker, Die allchrisllichen Rilduerke im christlicken Museum des Laterans, 
n° 103; S. Reinach, Repertoire, II, p. 532, G, 7) appartient a une autre classe dont elle 
est restee jusqu’ici le seul represen tan t. 


L’exemplaire d’Omer beyli, le seul dont la main gauche ait ete retrouvee, 
nous fait connailre pour la premiere fois l’aspect veritable de 1 oeuvre et met 
lin aux reslaurations fantaisistes cju’on en avait proposees; c’est d'apres ce 
modele qu il faut restituer nos deux autres statuettes et, tres probablement, 
loutes celles de ce groupe. 

La forme de la base est remarquable : on la rencontre, combinee avec le 
pilier auquel est adossee la figure, ici-meme au n° suivant, dans notre sta¬ 
tuette d’Orphee (n° G5I) et dans celle de Leda (n° 820). Nous possAdons d’ail- 
leurs dans nos deputs une assez nombreuse serie de fragments qui permeltent 
de reconstituer l’histoire de cette forme : 


1. Statuette de Xiki inventaire dcs marbres, il” 19 ; S. Reinach, Cat., n° 130) : cite est de 
face et, do ses deux mains symetriquement baissAes, lient les pans de son ample tunique & 
apoptygma (manquent les bras); elle est adossee et adhere sur toute sa hauteur A un grand 
pilier rectangulaire, sur les faces latArales duquel ses ailes sont rabatlues et qui se dresse 
cn s’Avasant au dcssus de sa tete; le tout repose sur un socle profile sommairement et seu- 
lemcnt sur sa face antericure (deux listels, dont lull, cclui du bas, A peine indiquA par un 
bandeau pique, scparos par une haute gorge peu profonde); la face latcrale droite est sim- 
plement Apannelcc; au re vers et A gauche, le socle est brise, mais on voit encore nettement, 
a gauche, une face de join!; l intericur du socle etait Avide par une cavitA qui s’ouvrait sur 
ccltc face et pcut-etre aussi au rovers ; la face superieure du pilier est frustc etsans mor- 
taise; lout le rcvers est plan et uni. — La destination architecloniquc du monument est 
cerlaine, mais ne se laisse pas preciser autrement; la forme caracteristique de la base n’est 
encore qu'ebauchee; le travail est tres mediocre et doit dater du m" siecle. — Hauteur 
totalc, 1“ 06 ; de la figure (du sommet du chignon aux pieds), 0'“ 665 ; du socle, 0" 28. 

2. Statuette de Dionysos (peul-Atre inventaire des marbres, n° 79; S. Reinach, Cat., n° 28): 
il est nu, accoude sur un arbre dont le tronc, adherent A toute la hauteur de sa jambe 
gauche, est entoure de pampres; A sa droite, restes d’une panthere ;manquentla tete, le 
bras droit, la main gauche ; jambe gauche tres mutilcc); la statuette est adossee A un fort 
pilier rectangulaire (incomplet en haul) dans lequel elle est tout cntiArc engagee ; le socle 
est profile en avant et sur les coles (deux listels entre lesquels se creuse une gorge peu pro¬ 
fonde, haute de 0" 10); le revers est plan et pique. — L'importance des supports indique 
encore ici un emploi architectonique ; la forme de la base est mieux dessinee que sur la 
statuette precedcnte; le travail est mediocre; in" siecle (?). — Hauteur totale, 0 m 82; du 
socle, 0™ 23(0“ 06 +O'” 10+0“ 07). 

3. Frayment d’une statuette semblable A la'precedente, mais de dimensions plus petites 
,cllc porte le n° 47, A la coulcur verte): il ne reste sur le socle que deux pieds nus et trAs 
mutilAs, engages dans la partie inferieure du pilier; A cote du pied gauche, le bas du tronc 
d’arbre entoure de pampres; a cote du pied droit, des traces de la panthere ; le socle com- 
prend un do haut de 0“ 08, entre deux corps de moulures: en haul, listel droit et biseau; 
en bas, cavct et listel; le revers est plan et pique. — La forme de la base se rapprochc beau- 
coup de celle que nous etudions. — Hauteur totale actuelle, 0“ 15 ; du socle, 0 m 23. 

4. Frayment: Eros, dont la moitie superieure est brisee, chevauchant un dauphin; le 
motif, qu’on retrouve frequemment A cot A dcs statues d’Aplirodile, est ici employe isole- 
ment; la figure n’est pas, A proprement parler, adossAe A un pilier, mais le revers en est 
aplani; il n’y a pasde plinthe entre elle et le socle, mais celui-ci a tout A fait la forme qu’on 
retrouve sur la statuette du Bon Pasteur ; la face postArieure est plane et non polie. — Le 
fragment provient d’un pied de table (cf. Alhenische Milleilunyen, XXXII, 1907, fig. 12, 
p. 400). — Hauteur totale, 0“ 535 ; du socle, 0“ 15. — McntionnA et inexaclement dAcrit par 
M. Strzygowski, Roemische Quartalschrif't, IV, 1890, p. 107, note 1. 



N ft 048 — StATt F.TTE DU BON PASTEUR 41 .) 

5. Fragment : devant le pilier rectangulaire et adhcrente 4 lui, est placee une masse dc 
rochcrs sur laquelle est assise une femme nue il n'en restc que lc bas de l abdomen et le 
haul des cuisses croisecs Pune sue 1'aulre) — Aphrodite ou une nereide ; ses pieds (le gauche 
seul conserve cl mutile] reposaient sur un dauphin sommairement travaille et pose a plat 
sur le socle qu’il dcborde cn avant dc0“ 06; le socle, porte sur quatre pctits pieds cubiqucs, 
est de la forme en question : un de liaut de 0” 035, entrc deux fortes moulures, biseau 
el listel, celui-ci divise par une petite rainure horizontal; sur la face anterieure, le lislel 
du haul n’est pas rectiligne mais convexe (en plan); lc revers est uni et epaunele. — Pn>- 
vient ties probablemcnt d un pied dc table. — Hauteur maxima acluelle, 0" 45; du socle, 
0 ™ 16 . 

6. Fragment analogue an precedent, mais ne proveuant pas du meme ensemble : devant 
le pilier, une masse de rochers ; il ne restc rien de la figure, mais la presence en est etablie 
par le fait que le rocher n’est pas travaille sur sa face anterieure qui etail cachee par elle; 
devant lc rocher, une masse confuse (peut-etre un poisson), mutilee et porlant des traces 
d’arrachemcnts qui correspondent sans doute aux pieds de la statuette; la base a la forme 
qui nous intiresse ; le de a 0" 05 de haut; tous les listels sont rectilignes et unis; le revers 
est plan et pique. — Provient sans doute d’un pied de table comme le precedent. — Hauteur 
maxima acluelle, 0“ 41 ;du socle, 0” 18. 

7. Fragment : socle de ladite forme, pose sur quatre petits pieds cubiques, plan et pique 
au revers ; il porte une plinlhe, qui ne le dcborde pas et qui presente, sur ses tranches ante- 
rieurc et lalerales, une petite gorge couronnee par un listel; il y restc deux pieds, chausses 
dc bottincs de cuir souplc, le pied gauche (jambe portante) k peu pres de face, le droit 
ecarte avee la pointe ti es ouverte (ce mode de station exclut 1'hypothese d'un lion Pas¬ 
teur); a 1’extremite droite (pour le spectatcur), des arrachements confus, traces peut-etre 
d'un tronc d'arbre; la plinlhe ne regne ici que sur la partie antirieure du socle ; dans la 
partie postericurc, la face superieurc de celui-ci redevient visible, et e'est sur elle que porte 
dircctcment le pilier rectangulaire auquel la figure dtait adossee. — Hauteur maxima 
actuellc, 0” 37 ; du socle, 0™ 18 k 0“ 19. 


En dehors de Constantinople, nous conriaissons cette meme forme dc base, 
combinee avec le pilier, sur la statuette d’Orphee du musee d’Athenes (ltoe- 
mische Quartalschrift , IV, 1890, pi. VI);— sur un fragment du Metropolitan 
Museum de New-York, representant l'histoire de Jonas (American journal of 
archaeoloc/y, V, 1901, fig. p. 52 et T>3; ; — sur une statuette de Catajo, repre- 
sentant Selene et Endymion (Duetschke, An tike Bildicerke in Oberitalien, V, 
p. 195-196, n° 175 ; citee d'apres P. Arndt par J. Strzygowski, Zeilschrift des 
deulschen Palaestina-Yereins, XXIV, 1901, p. 115); — sur une statuette du 
Louvre, representant saint Georges, — et, avec uncaractere moins accuse, sur 
la statuette de Yerone menlionnee plus haut (p. 113) ; — on en rapprochera 
aussi les pieds de table de Pergame ( Alhenische Mitteilungen, XXXII, 1907, 
p. 398, fig. 11); on notera enfin qu’on trouve sous lescolonnes des sarcophages 
« d’Asie mineure » (cf. t. I, n os 19, 20, 112) un piedestal qui a les memes 
caracleres, avec une plinlhe intercalee entre lui et la base du fut. 

Il parait resulter de ce qui precede que ce genre de socle n'est employe que 
pour les statuettes qui out un r6le archilectonique ; or, que tel fut bien celui 
de nos Bons Pasteurs, e’est ce que demontre le fait qu’ils sont executes uni- 
quement pour etre vus de face et que, vus de profil, ils perdent tout caractere 
plaslique ; e’est aussi l’aspect du revers; e'est surtout le pilier qui les renforce, 
qui les depassc et dont la face superieure est creusee d’une mortaise (bien 
conservde ici, partiellemenl au n° 650, reduite a des traces au n° 649). De ce 



116 


N° 649 - STATUETTE DU BON PASTEUR 


point de vue, ce socle qui, considere dans ses rapports avec la statuette, peut 
sembler a la‘ fois trop trapu pour le poids qu’il a a supporter, et trop etroit 
pour la plinthe qui repose sur lui et le deborde, paraitra assez judicieusemenl 
choisi, puisqu’il donne au support une apparence de vigueur, sans en alterer, 
par une trop large surface portante, le developpement vertical. 

C’est ici le lieu de rappeler le texte d’Busebe ( Vita Conslantini, III, 19), 
bien souvent cite depuis qu’il a ete signale par M. Bayet et par Rossi : «eiSec 
o’av £ 7 ri |Ae<;wv ayopuiv xstpivat? xpVjvat? xa xou xaXou TOtpivoc . xov xe 

Aavi-^X eruv auxoT? Xeouuiv sv yaXxai Tie'jrAaa|J.eva ypuaou xe irexdXoti; exXdpwcovxa. » 
11 ne parait pas douteux que ces statuettes du Bon Pasteur avaient leur place 
dans l’architecture de certaines fontaines oil elles devaient jouer, appliquees 
devant un mur ou une ante, le role de petites caryatides, soutenant soit une 
legere architrave, soit une partie d’un entablement dont la masse princi¬ 
pal aurait porte sur le mur; on notera qu’a cote de Daniel entre ses deux 
lions, le Bon Pasteur entre ses deux brebis formait un pendant dont la rigou- 
reuse symetrie devait seduire le gout des artistes chretiens pour les composi¬ 
tions fortement equilibrees (cf. C. L. Meader, American journal of archaeology , 
IV, 1900, p. 126-147). 

L’origine religieuse du type doit etre evidemment recherchee au chapitre 
10 de l’evangile de saint Jean; sur son origine plastique, cf. les inleressantes 
observations de SI. Dussaud, Revue archeologique, 1903, I, p. 378 (article 
repris dans les Notes de mylhologie syrienne , uhi vide la note additionnelle 
de la p. 182); sur le caractere de la sculpture, Riegl, Die spaetroemische 
Kunstindustrie in GEsterreich-Ungarn, p. 108. 

Le travail est rapide et sommaire ; l’attilude gen6rale, malgre le hanchement 
de la jambe portante qui temoigne encore de I’influence des modeles clas- 
siques, est lourde et maladroite; les formes anatomiques aussi bien que les 
draperies sont traitees avec la plus complete indifference; en particulier le bras 
gauche est hors nature et s'attache on ne sait trop ou ; l’oeuvre doit dater du 
iv° siecle. 

Photographic n" 2279. 


649 (908) Statuette du Bon Pasteur. 


Ichiclar, pr£s Brousse; envoi de S. E. Djelaleddine pacha; entree au musee en mars 
1890. 


Marbre blanc, l^gerement bleute, k g:ros grains cristallins (Proconnese) ; revers simple- 
ment degrossi et reconvert de concretions calcaires ; manquent i’avant-bras, brise au des- 
sous du coude, et la main gauches du pasteur ; traces d’arrachements sur le bras, au dessus 



n° i ;w 


ST AT LEI TK DL' HON PASTEUR 


U7 


dc la cassurc ; tenon rectangulaire stir la face extArieure de la cuisse gauche ; Erosions sur 
le nez ; 1c bAlier qu’il porte a 1'extrAmitA de la queue et la parlie gauche du muscau brisees; 
il presenlc au sommet du dos une large cassure dont les contours reguliers et accuses, en 
certains endroits, par un petit relevement de la surface environnante montrent quelle cor¬ 
respond exactcment aux arrachcments de la partie superieure du pilier qui surnmntait 
l‘ensemble; dc l'agneau place pres de sa jamhe droile, il ne reste que les sabots anlerieurs 
etdes traces de l'arrierc-train ; la pliuthe est brisee A droitc (pour le spectateur), mais laisse 
encore voir, il l'arete mAme de la cassure, quelques arrachcments extremement reduitsqui 
suflisent cependant A prouver l'existence d un second agneau place & la gauche du pasteur; 
la moulurc inferieure du socle est brisee A gauche et mutilAe au revers ; la surface du 
niarbre pnrait avoir soull'crt du feu et n'a conserve l’epiderme antique qu’en quelques 
points, sur les jambes; les plis de la draperie sont crcuses au trepan; hauteur de l'ensemble. 
() "■ 975 ; hauteur totale de la plinthe et du socle, mesuree devant le pied gauche, 0“ 195 ; 
hauteur de la plinthe, dc 0” 02 AO” 05 ; largeur maxima actuelle de la plinthe, 0“ 33; epais- 
seur de la plinthe, environ 0” 185 ; hauteur du socle, A droite, 0” 16 ; A gauche, 0” 18 ; lar¬ 
geur du socle, au dA, 0” 19; A la moulure superieure, 0” 26 (la moulure inferieure est bri- 
sAe A gauche;; Apaisseur du socle, A la moulure superieure droite, 0“ 195; au dA, 0” 115. 

Malgre les mutilations dont elle a soullert, il est aise de voir que la statuette 
reproduit exaetement le type de la precedenle ; elle tenait de la main gauche 
baissee une houlette dont 1’extrAmitA inferieure s’ap- 
puyail sur le tenon partiellement conserve au haul 
de la cuisse gauche et sur la tete d’un agneau dont la 
presence de ce cbte peut etre consideree commc cer- 
taine (cf. ci-dessus la description de l’etat actuel de 
la plinthe) ; cette houlette, qui a laisse des arrache- 
ments bien visibles au dessus de la cassure du bras, 
s'achevait contre le museau du bAlier, et e’est elle 
qui, en se brisant, en a fait sauler la partie gauche : 
les quatre pattes de l’animal etant ici tenues dans la 
main droite du pasteur, la patle antArieure gauche "PpM? 

ne formait pas tenon comme au n“ precedent; il y 
avait done la une petite variante dans la construction 
de la statuette ; il y en avait une seconde dans l’atti- 
tude de l’agneau place contre le pied droit; e’est du 
moins ce qu’on peut dAduire de l’absence de tenon 
sur la cuisse droite ; on peut en noter encore quel¬ 
ques autres : le pied droit est place un peu en arriere 
de l’alignement du gauche; le belier est moins gros par rapport A la tete du 
pasteur et la ligne de son dos est d’une convexite moins accusee; le socle est 
profilA sur ses quatre cotes; cette derniere difference, dont on pourrait etre 
tentA d’exagerer l'importance, est annulee par l’aspecl meme du revers sur la 
statuette et le pilier, et par le fait certain que le pilier, ici comme la-bas, se 
prolongeait au dessus des figures. 

La tete— dont on ne pouvait pas juger sur l'autre exemplaire — est im- 
berbe et coiffee de cheveux assez longs qui se relevenl sur le front et des- 




27 



N® 6u0 — STATUEtTE Du 60N EASTEtJft 


a 8 

cendent sur les cotes du visage ;elle est presque insensibletnent tournee a 
droite et parait sourire discretement; placee devant le corps du belier, elle ne 
semble qu’un masque sans epaisseur; le sculpteur en a cerne les contours d'un 
profond sillon, moyen naif pour distinguer plus clairement les cheveux de la 
toison et, en accentuant l’ombre portee, donner l’illusion de la profondeur ; 
l’iris est creuse d'une cavile circulaire. 

Le corps est de proportions plus lourdes qu’au n° precedent, d’apparence 
plus gauche encore et plus rustique (en particulier le hanchement de la jambe 
portantea completementdisparu), et le bras gauche prend un aspect v^ritable- 
ment monstrueux ; de meme le travail est plus rude; les plis de la draperie 
sont brutalement creuses au trepan— employe aussi pour la pupille, la glande 
lacrymale, le coin des levres ; l’ceuvre est probablement un peu posterieure au 
n° 648. 


[Cette statuette ne figure pas dans les Sculpt, gr. el rom. de M. Joubin; le n° 165 
de M. Joubin, idenlifie avec elle par M. J. Laurent, l. infra l., est en r6alitd notre 
relief n° 689]; — S. Reinach, Repertoire de la statuaire, II, 1897, p. 551, 7 ; — J. 
Laurent, Bulletin de correspondence helUnique, XXIII, 1899, p. 583-587 ; fig. 1, p. 
584 ; ef. ibid., XXII, 1898, p, 560 (communication de M. Th. Ilomolle:; — D. B. 
Ainalof, Fondements hellinistiques de Vart byzantin (Zapiski de la society impiriale 
russe d'archeologie, section d’archeologie classique, byzantine et occidentale, XII , 
1901, p. 164, et fig. 32, p. 165 ; — J. Strzygowski, Orient oder Rom, 1901, p. 60; — 
L. Clausnitzer, Die Hirtenbilder in der altchristlichen Iiunst, dissert., Erlangen- 
Ilalle, 1904, p. 3i, n" 8 ; — L. von Sybel, Christliche Antike, II, 1909, p. 36, fig. 
36;— Ch. Diehl, Manuel d'art byzantin, 1910, p. 267; — O.-M. Dalton, Byzantine 
art and archaeology, 1911, p. 128 ; — cf. en outre la bibliographic citce au n° suivant. 

Photographies n°‘ 1839, 30 ce dernier clichd ne donne pas la base do la statuette), 49 (cli¬ 
che d'ensemble pris autrefois dans le Tchinili Kiosk). 


650 (910) Statuette du Bon Pasteur. 


La provenance exacte nest pas connuc, mais, le monument appartenanl k l’ancien fonds, 
on ne peut gu6re hesiter qu’entre Constantinople meme, la Turquie d’Europe et les envi¬ 
rons de Brousse; c’est evidemmcnt sans raison positive que A. Dumont ecrit (Rapport 
sur un voyage archeologique en Thrace , l infra l.) : «« Torigine Lhraee de ce monument, 
quoique probable, n est pas certaine »> ; pour Goold et pour M. Joubin, la provenance est 
inconnue ; De Ceuleneer indique Chypre, M. S. Reinach et l’inventaire, Constantinople. 


Marbre blanc a grains serres et peu cristallins ; le revers est fruste sur le pilier; sur la 
statuette meme, quelques plis de la draperie y sont sommairement indiques’ brisee au 
bord inf^rieur de la tunique (il reste un petit moignon de la cuisse gauche); manquent 
1 avant-bras gauche, bris£ au coude, l’extremite du pilier, emporte avec les parties voisines 
du dos du belier (reste k la cassure une mortaise rectaugulaire, profonde encore, en l’etat 
actuel, de 0 m 06) ; la queue du belier est brisee ; nez et levres du pasteur mutiles ; traces 
sur le haut de la cuisse gauche d’un tenon cyiindriqucj pour l’emploi du trepan, voir la 
description ; hauteur, 0 m 565. 



e:;o — STATIIE'111. Df bon I'ASTELR 


119 


Type analogue aux u"' 648 et 610 ; la tetedu pasleur est a la fois inclinee et 
tres legerement tournee & droite; ses cheveux sont partages en grosses boucles 
rondes; le belier, qui est de prolil a droite, comrae aux n 0 ' ci-dessus, retourne 
iei la tete a gauche et regarde sonmaitre ; ce sont 
la les seules variantes qui distinguent cette sta¬ 
tuette de la prcccdente ; il est elrange que 
M. Slrzygowski ait pu ecrire que « le bras droit 
[lisez gauche] etait evidemment levd » ; le tenon 
se retrouve ici sur le cote exterieur de la cuisse 
gauche, exactement au meme endroit que sur la 
statuette d’lchiclar; au dessous de la corne gau¬ 
che du belier, on voit, tres nets, les arrachements 
correspondant a l’extremite de la houlette qui 
s’attachait a cet endroit; d’autre part, la cuisse 
droite (a la difference de la statuette d’Omer 
n° 648) ne porte aucune trace de tenon ; 
la statuette doit done se reslituer exactement 
comme le n° 649. 

Les plis de la tunique sont indiques par quelques profonds sillons, brutale- 
ment executes au trepan, et par quelques traits incises entre ces sillons; par 
le meme procede sont accuses les contours du cou et separees les pattes anld- 
rieures du belier; on notera les petites cavites circulaires qui represented les 
« yeux » de la draperie au dessus de la ceinture; la glande lacrymale, les narines, 
1’extremite des levres du pasteur, les trous du museau et les yeux du belier 
sont indiques par de petites cavites creusees avec une pointe plus fine. Malgre 
ces duretes d’execulion, la statuette, par I’inflexion de la tete du pasteur et 
par le mouvement de la tele du belier, a un aspect moins fig6, moins maladroit 
que les precedentes ; peut-etre le doit-elle en partie a ses mutilations, car ici 
encore le bras gauche est traite d’unemaniere extravagante et parait s'attachcr 
derriere l’epaule gauche du b(51ier ; toutefois la tete est traitee plus plastique- 
ment, elle a plus de « profondeur «, et ses rapports spatiaux avec le corps du 
belier sont exprimes plus justement; — l’ceuvre est a peu pres contemporaine 
des precedentes. 



A. Dumont, Muste Sainte-Iritne (lievue archeolor/ique, 1808, It , p. u° XXVI ; 
— Goold, Cat., n° 13 ; — S. Reinach, Cat., n° 536 ;— Joubin, Sculpt, gr. et rom., 
n° 1C4 ;— G. B. de Rossi, Bulletlino di archeologia crisliana, l re serie, VII, I860, 
p. V7 sq. ; fig. p. 44; III C s6rie, IV, 1K71), p. 34-35; IV<’ serie, V, 1887, p. 140 ; cf. 
ibid., VI, 1888/9, p. 93 ;liulleltino della commissionearcheologica comunale di Hoina, 
1889, p. 133-134; — A. Dumont, Rapport sur un voyage archiologique en Thrace 
(Archives des missions, II” sOrie, VI), p. 37 du tirage 5 part {= Dumont-Homolle, 
Melanges d'arcMologie el d\‘pigraphie, 1892, p. 220); — Th. Ilomolle, Revue archto- 



420 


N° 651 — STATUETTE u’oRPHfiE 


logique, 1876, II, p. 298 ; — Ch. Bayet, Recherches pour servir A I’hisloire dc la 
peinture et de la sculpture chrAtiennes en Orient avant la querelle des iconoclastes, 
1879, p. 30; — A. De Ceuleneer, Athenaeum beige, II, 1879, p. 154 sq. [non vidi]; — 
R. Garrucci, Storia dell’ arte cristiana, VI, 1880, pi. 428, 6, etp. 35; — A. Yeyries, 
Les figures criophores, 1884, p. 78; — F. X. Kraus, Real-Encgklopaedie der christli- 
chen Allerlhuemer , II, 1886, p. 589, fig. 363 ; Geschichte der christlichen Kunst, I, 
1896, p.228, fig. 184;— N. Kondakof, Monuments byzantins de Constantinople [Tra- 
vaux du VI e congres archAologique d’Odessa, 1884, t. Ill, 1887, fig. p. 229 ; — J. 
Ficker, Die altchristlichen Bildwerke im christlichen Museum des Laterans, 1890, p. 
39; — J. Strzygowski, Roemische Quartalschrift, IV, 1890, p. 99; — II. Bergner, Der 
gule IIirt in der altchristlichen Kunst, 1890 [non vidi]; —A. Perate, L'archiologie 
chritienne [1892], p. 289 ; — J. Laurent, Bulletin de correspondance hellinique, 
XXIII, 1899, p. 584 sq.; — S. Reinaeh, Repertoire de la statuaire. III, 1904, p. 273, 
10 [attribute par erreur au musee du Latran; les references donnees sont inexactes ; 
lire : « BCII, 1899, p. 584 sq .; Bull. arch, crist. 1869, p. 44, fig. 2 »] ; — L. Claus- 
nitzer, Die Ilirtenbilder in der altchristlichen Kunst, dissert., Erlangen-Haile, 1904, 
p. 33, n° 5 ;— G. Millet, dans VHistoire de I’art publiie sous la direction de A. 
Michel, I, 1, 1905, p. 260 ; — C. M. Kaufmann, Handbuch der christlichen Archaeo- 
logie, 1905, p. 513; — dom H. Leclercq, Manuel d’archeologie chretienne, 1907, II, 
p. 254 et 255 ; — L. von Sybel, Christliche Antike, II, 1909, p. 36; — Ch. Diehl, 
Manuel d'art byzantin, 1910, p. 267 ; —O.-M. Dalton, Byzantine art and archaeology, 
1911, p. 128; —L. Brehier, Eludes sur Vhistoire de la sculpture byzantine (extrait 
des Missions scientifiques, nouvelle serie, 1911, fasc. 3), p. 13 [29]. 


Photographies n°‘ 601 , 50 (cliche d’ensemble pris autrefois dans le Tchinili Kiosk). 


651 (488) Statuette d’Orphfie. 


Constantinople, quartier Sultan Bayazid; entrie au musie le 18 fevricr 1885. 


Marbre blanc 4 grains serris et peu cristallins; revers pique; la tete, adh6renlc au pilier, 
est rajustee; manquent un important fragment au joint de la cassure, 1'epaule et le bras 
gauches, le bras droit, casse au dessus du coude, la lyre, la partie anterieure du pied 
gauche, les extremity latcrales de la plinthe ; des animaux group£s autour de la figure, il 
ne reste que celui qui est place a terre, 4 sa droite [moins la I6te (mortaise circulaire 4 la 
cassure) qui pourrait bien avoir M egaree depuis l’entr<5e du marbre au musee, car 
M. Strzygowski (1. infra l., p. 106) semble l’avoir encore vue en place], l’arriire-train de 
celui de gauche, les deux serres d’un oiseaujuche sur son bonnet, une serre ou grille unique 
d un animal appuye sur son epaule droite, et, en difterents endroits (voyez la description), 
les traces des tenons qui soutenaient les autres; le haul du pilier, une grande partie des 
tenons obliques qui s en detachaient demire 1’epaule droite et le bras gauche d'Orphee sont 
f hs , de ,’ a dra Perie sont creuses au trepan; hauteur totale, 1“ 015 ; de la base, 
0 225 , de la phnthe, 0” 10; d Orphie, 0“ 67 ; largeur de la base, au di, 0" 16; 4 la moulure 
supeneure, 0“ 26; 4 la moulure inferieure, 0“ 27 ; epaisseur de la base, au de, 0“ 185 : 4 la 
moulure, haut et bas,0“ 23. 


La statuette est posee sur une plinthe epaisse, soigneusement polie mais 
irregulierement taillee, dont la face anterieure est decoree de reliefs : a droite, 



N° fi”il - STATUETTE d’0RPH£E 


121 


il ne reste qu’un sanglier, galopanl a gauche; & gauche, un eheval, plus petit 
que le sanglier, galopant a droite, puis, derriere lui, un lievre qui fuit en tour- 
nant la tete vers un chien qui le poursuit et dont l’avant-train seul est con¬ 
serve ; entre le sanglier et le eheval, une petite croix a ete grossierement inci- 
see a une epoque posterieure ; cette plinthe repose elle-meme sur une base 
rectangulaire, de la forme que nous avons decrite et etudiee plus haut (p. 414): 
le revers en est plat et soigneusement dresse ; la statuette est adossee a un 
pilier equarri qui s’dleve au dessus de sa tete et duquel se detachent, a gauche, 
un gros tenon oblique ou s’appuie la partie droite du dos, a droite, un autre 
tenon plus mince qui renforpait le bras gauche ; tous deux 
servaient en meme temps de support a quelques uns des 
animaux qui entouraient le personnage ; le tout etait 
sculpte dans un seul morceau de marbre. 

Orphee est assis, sans doule sur un rocher, et joue de 
la lyre; l’instrument 6tait place sur son genou gauche et 
attache a une echarpe etroite qui passe sur l’epaule droite ; 
il en louchait les cordes de la main gauche, et, de la 
main droite, tenait le plectre dont on peut encore recon- 
naitre l’extremite dans le bouton de marbre conserve sur 
le pli tombant de la draperie; le buste est nu et tourne & 
droite; le bas du corps est couverl par un manteau dont 
un pan apparaissait sur l'epaule gauche ; le bord superieur, 
roul6 sur lui-meme, forme ceinture sur la tailie, puis re- 
tombe entre les jambes ecartees ; l’extremite en traine 
sur la plinthe et se termine, sur la tranche anterieure, par un rhombiscos ; 
les plis de la draperie sont indiques, sur la ceinture, par deux sillons sans 
pi'ofondeur, creuses au ciseau et s’achevant en queue d’aronde, entre les jambes 
et sur le pan tombant, par de profonds sillons brutalement executes au tre¬ 
pan ; les pieds sont nus; la tete, legerement baiss6e, regarde a droite ; elle est 
coi(T6e d’une tiare en forme de « bonnet phrygien » ; le visage, imberbe et d’un 
ovale un peu gras, est encadre de boucles epaisses qui descendent sur le cou ; 
les yeux ne sont pas incises. 

Tout autour d’Orph^e, accouraient les animaux charmes par les accords de 
sa lyre; une statuette d'figine, conservee au musee d'Athenes et publiee par 
M. Slrzygowski ( Roemische Quarfalschrift , IV, 1890, p. 104 sq., pi. VI ; cf. 
Cabrol, Dictionnaire d'archeologie chretienneelde lilurgie, 1,2, s. v°Alhenes, 
col. 3088, tig. 1096), permet de restituer avec certitude les lacunes de la 
notre: sur le sommet de sa tete, perchait un aigle epIoy6, dont il reste les 
serres ; it gauche de la tete (pour le spectateur), s’etageaient un coq, un paon 
et un sphinx (traces de plusieurs tenons sur le bonnet et les boucles de che- 
veux); & hauteur de l’epaule droite, bondissait un lion (grille sur l’6paule) ; au 




422 


N° 651 — STATUETTE D’ORPHfiE 


dessous, un chien ou un loup (traces d’un premier tenon a cote de la griffe et 
d’un second a la cassure de l’avant-bras droit); plus bas, un autre quadru¬ 
ple semblable, dont les pattes anterieures reposaient sur un large tenon 
auquel correspondent les arrachements visibles sur la cuisse droite ; centre ce 
meme tenon s’appuyait la tete de la gazelle dont le corps est conserve ; a cote 
de cette gazelle, dont la patte anterieure droite porte les restes de deux tenons, 
se trouvait un elephant (?) qui reposail sur l’extremit6 brisee de la plinthe ; 
a l’extremite symetrique, a droite, etait un lion assis sur son arriere-train ; 
l’animal en partie conserve de ce c6te est une girafe ; au dessus, se superpo- 
saient deux chiens, un ours, un griffon, un paon ; sur la lyre meme, ctaienl 
perches une chouetle et un singe; un serpent, indique par un relief tres faible, 
rampe sur la plinthe, pres du pied gauche ; sur l’exemplaire d’Alhenes, le de 
du socle est orne d'un groupe representant un chevreuil terrasse par un lion. 

A ces deux exemplaires, il convient peut-etre d’ajouter un fragment d’Aqui- 
lee, mentionne par MM. Knapp ( Ueber Orpheusdarstellungen, Tuebinger 
Gymnasialprogramm, 1895, p. 24) et Strzygowski (alt. 1. infra l., p. 145). 

Sur les representations d’Orphee, cf., outre le travail de M. Knapp, Ileuss- 
ner, Die altchristlichen Orpheusdarstellungen (diss., Leipzig, 1893) et 0. 
Gruppe dans Roscher, Ausfuehrliches Lexicon der griechischen und roemi- 
schen Mglhologie , III, 1, s. v° Orpheus, col. 1202 sq.; sur les rapports d’Or¬ 
phee et du Bon Pasteur et la transformation du type par les artistes chretiens, 
Rossi, lhilletlino di archeologia cristiana, IV 1 ' serie, V, 1887, p. 29 sq.; Strzy¬ 
gowski, pr. 1. infra L, p. 10i sq. 

Bien qu’a tout prendre le caractere chretien de notre statuette ne soit qu’une 
hypothese, nous la considerons comme extremement vraisemblable; cepen- 
dant la croix qu un fidele, a une epoque inconnue, a gravee sur le socle, appa- 
rait plutot comme une sanctification d’un objet dont l’orthodoxie n’elait pas 
evidente, et Ton suit d ailleurs que dans le laraire d’Alexandre Severe, le 
Christ voisinait avec Orphee, Abraham et Apollonios de Tyane ( Script . hist, 
aug., ed. H. Peter, xviu, 29, 2); M. Strzygowski (alt. 1. infra l., p. 146) a 
emis 1 idee que ces statuettes d’Orphee avaient une destination funeraire. 

L oeuvre est d un travail grossier et rapide, et, privee de tout le d6corqui 
1 encadrait, parait plus fruste encore et plus sommaire ; le trailement de la 
draperie rappelle celui qu’on trouve chez le Bon Pasteur n° 650; notre Orphee 
doit dater aussi du iv e siecle. 


J. Strzygowski, Rormische Quartalschrift, IV, 1890, p. 106; Zeilschrifl. des deut- 
schen Palaestin.i-Vereins, XXIV, 1901, p. i Li ; Byzanlinische Zeitschrift, XI, 1902, p, 
274; Kleinasien, ein Xeuiand der Kunslgeschichle, 1903, p. 197; — A. Dieterich, 
Nekyia, 1893, p. 230, note 1 ; — V. Schultze, Archaeotogie der altchristlichen Kunst. 
1893, p. 291; — L. von Sybel, Chrislliche Antike, II, 1909, p. 36; — L. Brchier, 




n° o:;2 — buste d’une statue d’fiomme colossale 


123 

Jzludes sur Vhisloire de la sculpture hyzantine (extrait des Missions scientifiques, 
nouvelle s6rie, 1911, fasc. 3', p. 13 r 29’. 

Photographie n° 485. 

652 (1174) Buste d’une statue d’homme colossale. 

Expedit! d'Andrinople par le directeur de t'instruction publique du vilayet ; entr6 au 
music en aoflt 1901. 


Porphyre rouge ; it reste le buste, sans la tete ni les bras, brises au biceps ; Erosions 
profondes sur le cotd gauche, et sur le dos de tous les plis de la draperie ; le revers est 
poli sur certaines parties et, sur d’aulres, presente des traces d’arrachements qui pourraient 
correspondre au dossier d’un si4ge, bien qu’elles ne soient pas symetriques 4 droite et 4 
gauche ; hauteur, 0“ 91. 

Le buste est de face, vetu d’une tunique a manches et d’un manteau qui 
couvre l’epaule gauche, passe sur la partie postdrieure de l’epaule droite et 
sous le bras droit, d6gage le haut de la poitrine et couvre l’abdomen ; le bord 
superieur, roule sur lui-meme, forme sur 
la taille un bourrelet qui va se perdre 
sous le pan descendant de IMpaule gau¬ 
che ; la saillie de l’abdomen semble indi- 
querque cet important fragment provient 
d’une statue assise ; la draperie offre, 
dans sa disposition generale, une grande 
analogie et, dans certains details, en par- 
liculier les plis du chiton sur la poitrine, 
une identite absolue avec une statue du 
musee de Ghizeh (J. Strzygowski, Cata¬ 
logue general des antiquiles igypliennes 
du musde du Caire, Koplische Kunst , 
n° 7256, p. 3 sq. ; fig. 1 et pi. I ; Boe- 
mische Quarlalschrifl, XII, 1898, p. 4, fig. 1; Beitraege zur alien Geschichle, 
II, 1902, p. 121, fig. 9; C. M. Kaufmann, Handbuch der chrisllichen Ar- 
ehaeologie, p. 514-516) ; il semble done bien qu’elle soit d’importation egyp- 
tienne ; elle represenlait peut-6tre un empereur, et doit dater du iv e sieele 
ap. J.-G. 

On n'a pas de renseignements sur l’origine de cet important fragment, niais, 
des 1837, il est signale par Moltke dans la mosquee de Bayazid Yildirim ( Lellres 
du marichal de Moltke sur I'Orient, trad. A. Marchand, 2°ed., Paris, Sandoz 




424 


N° 653 — STATUETTE D EMPEREUR 


et Fischbacher, 1877, lettre du l er juin 1837, p. 121-122) : « dans un coin, en 
guise de pierre angulaire a cote de la porte, je trouvai le torse d’une statue 
colossale taille dans un porphyre rouge superbe, veine de blanc ; c’etail la poi- 
trine et le corps d’un homme vetu de la toge romaine, peut-etre l’empereur 
Adrien que « l’ficlair » [yildirim, surnom de sultan Bayazid I] avait precipite 
ici. » On peut aussi se demander si ce n’est pas la le fragment dont A. Dumont 
ecrit ( Rapport sur un voyage archeologique en Thrace, Archives ties missions, 
2 e serie, VI, 1871, p. 27 du tirage a part = Dumont-IIomolle, Melanges, 
p. 214) : « le seul marhre romain que nous montrent les habitants [d’Andri- 
nople] est un fragment de statue sans valeur. » 

Photographic n* 1824. 


653 (1094) Statuette d’empereur ; fragment d’un groupe. 


Constantinople ; Dethier, Journal manuscril, f" 53, n° 256, 10 juin 1875 : « Houssein der- 
■wich [cf. t. I, introduction, p. xix] a apporte, trouvee dans un jardin pres des Sept-Tours, 
unc statue en marbre, oh manqucnt la tfite, un bras et les pieds depuis le genou ; aussi 
est-elle byzantine ; toutefois la belle conservation du reste montre la nature de la cuirasse, 
des armements et dc l’habillement d'une maniere si curieuse que l’on peut lui en donner 
une lire (sic) en la faisant entrer au musee » ; — ibid., f“ 51, n“ 263, 26 juillet 1875 : « la 
pierre a etc achetee pour le music pour une lire t. » 

Marbre blanc ; revers tr6s sommairement travailli ; brisee en haut (manque la tete), en 
bas, a hauteur des genoux, et A droite sur toute la hauteur ; manque 1’avant-bras droit ; 
erosions sur la main gauche et la poignie de l'epee; quelques petits trous creuses au tripan 
sur le bord de la manche et a I'extremite infirieure de la cuirasse ; hauteur, 0 m 66. 


Un personnage en costume militaire — cuirasse posee sur une tunique a 



longues manches, manteau qui tombe sur le dos et couvre 
le bras gauche — est debout, le corps de face, le bras droit 
tendu horizontalement vers sa gauche et passant devant la 
poitrine, la main gauche sur la garde de l’epee ; celle-ci, 
courte et large, a une poignee en forme de tete d’oiseau de 
proie, et un fourreau decore d’une grecque simplifiee; la 
manche de la tunique est ornee, vers le haut du bras et a 
hauteur du coude, de zigzags incises ; la cuirasse est une 
cotte de mailles, avec dents de loup a l’ouverture axillaire, 
et double cotte de languettes longues et etroites; ces lan- 


guettes s attachent sous une large bordure, ornee de ron- 
delles de verroteries serties dans un cercle metallique et constituant en meme 
temps le ceinturon de 1 epee; une autre ceinture, decoree elle aussi de verro¬ 
teries rectangulaires indiquees par incisions, est passee autour de la taille. 









N° 6”>4 - BOBD DE BA8S1N 125 

La staluclte a Ires peu d’epaisseur; bien que les plis de la draperie soient 
sommaircment indiques au revers, elle etait traitee comme un relief et I’espace 
entre les jambes n’etait pas evide ; elle provient d’un groupe representant 
deux empereurs enlaces, et elle reproduit, avec quelques variantes insigni- 
fiantes (cuirasse a mailles, decoration du fourreau, la tete de la poignee d’e- 
pee tournee a droite et non a gauche), l'une des deux figures (cellequi porte la 
barbe j des celebres groupes de porphyre qui sont exposes a Venise pres de la 
porta della carta du palais des doges, a Tangle exterieur du tresor de Saint- 
Marc ; il existe de ces groupes deux repliques libres et de dimensions reduiles, 
sculptees sur deux colonnes de porphyre conservees a la bibliotheque du Vati¬ 
can [cf. Strzygowski, l. infra l., fig. 1-4, p. 100 sq. ; l’une des statues de 
Venise est reproduite aussi dans Saglio-Pottier, Diclionnaire des antiquites, 
I, 2, s. v° cingulum, p. 1181, fig. 1503 ; cf. L. Passy, Comples rendus de V A- 
cademie des inscriptions , 1870, p. 59-70 (article repris dans les Melanges pour 
le centenaire dela societe des antiquaires de France, p.377 sq.) ; Et. Michon, 
Melanges Boissier , p. 371 sq.] ; on en rapprochera aussi un fragment de por¬ 
phyre & Turin ( Revue archeologique, 1906, II, p. 381) ; il est probable qu’un 
cxemplaire semblable aux groupes de Venise — sinonces groupes eux-memes 
— avait ete imports d’ligypte a Constantinople ou il fut copie en marbre; le 
travail est mediocre, rapide, probablement du iv e ou du v e siecle. 

S. Reinach, Cat., n° 337 ; — J. Strzygowski, Beitraege zur alten Geschichte, II, 
1902, p. 120 ; fig. 8, p. 119 ; — L. Br6hier, Eludes sur ihistoirc de la sculpture 
ljyzantine (extrait des Missions scientifiqucs, nouvelle serie, 1911, fasc. 3), p. 10 [26]. 

Photographie n° 733. 


654 (2298) Bord de bassin ou de table. 


Hieronda (Didymes); cctle provenance nous est donnfie par une communication verbale 
de S. E. Halil ]5dhem bey, directeur g6n6ral des musees imperiaux ottomans; la date d’en- 
tr<!e est inconnue. 


Marbre blanc 4 grains serres cl peu cristallins ; il reste six fragments dont cinq se 
rajustent et le sixitme reste isole ; quelques lacunes aux joints des fragments, tous brises 
irreguliferement sur le bord interieur ; surface usee ; quelques petits trous circulaires 
creuses au trepan dans la grilTe du lion, la queue des monstres marins ; de meme, le nom¬ 
inal de la divinite assise ; le diametre de l’objet devait 6tre d’environ 1” 10 ; largeur totale 
du rebord.O"’ 183 ; largeur de la zone sculptee, 0™ 13 (avec une variantede2 4 3 millimetres); 
epaisseur, 0” 01. 


Bord plat, compris entre deux etroits listels ; la cassure s’est produite exae- 
lemenl a l’attache du bord, laquelle est menag^e par une petite gorge ; le con- 



N° 65 i — BORD DE BASSIN 


42(1 


tour exterieur est orn6 d’un cordon dont l’element est une longue perle en 
forme de fuseau alternant avec deux petites pirouettes; la face inferieure est soi- 
gneusementdressee et legerement profilee ; — a gauche, deux monstres affron- 
tes bondissent l’un vers l'autre: de celui de gauche, il ne resle que la tete de 
lion et une grille ; celui de droite a la tete et l’avant-train d'un laureau, un 
corps de serpent qui se tord en replis epais et se lermine par une nageoire 
a trois pointes accusees par deux petits ti'ous pratiques au trepan ; il porte en 
croupe une nereide qu’on voit de dos, la tete de profil ii gauche, le buste nu, 
les jambes cachees et couvertes d’une draperie, le bras gauche appuy6 sur 
l’encolure de la bete, le bras droit a demi tendu sur le cote ; au dessus de la 
queue du monstre, sous le listel interieur, est placee une petite coquille deco¬ 
rative ; — a droite, une divinile marine est surle sol, le buste nu, les jambes 
(incompletes) a demi allongees a droite et couvertes d’une draperie; ses che- 



veux, Ires abondants, retombent sur les epaules en longues masses « mouil- 
lees » ; deux grandes meches se nouent et se croisent sur la tete, et serelevent 
pourretomber ensuite ; elle s’accoude du bras droit sur la queue trifide d’un 
monstre marin, dont le corps se deploie derriere elle eta sa gauche ; elle tient, 
de la main droite, une tige de roseau, tandis que le bras gauche, tendu sur le 
cote, est pris dans un repli de la queue du meme monstre, sorte de chimere 
ailee du meme type que ceux qui paraissent dans la scene de Jonas (la tete 
manque). 

Sur le fragment isole, il ne reste que les jambes (moins les pieds), croisees et 
rejetees a droite, et le bras gauche, tenant une torche allumee, d’un Eros lege¬ 
rement assis sur le corps reptilien d’un monstre marin semblable au precedent 
et nageant vers la gauche freduit aux replis de la queue, sans nageoire termi- 
nale). 




N° 6!>i — BORD DE BASSIN 


427 


De ce groupe de fragments, il convienl de rapproclier : 
notre n° 485 [maintenant publie par M. J. Ebersolt, Revue archeologique , 
1913, 1, p, 336, fig. 2], et nos n t,s suivants, 655 et 656 ; 

un plat rcclangulaire, au musde d'Athenes, unique specimen complet de 
cette serie (animaux se poursuivant ; au milieu de chaque eot6, une tele 
humaine) ; G. Millet, Byzanlinische Zeilschrifl, I, 1892, p. 648; fit. Michon, 
Rullelin de la sociele nationale des antiquaires de France, 1900, p. 157 ; 
1908, p. 268-269, 281 ; 

deux groupes de fragments circulaires, decouverts autrefois en Algerie, ii 
D'jemila, representant l’un le lion Pasteur, Xoe et la colombe, une scene 
du deluge (?), l’autre Daniel dans la fosse; c l de la Mare, Revue archeolo¬ 
gique, 1849, I, p. 195-197 ; pi. 115 ; Exploration scientifique de I'Algerie, 
Paris, 1850, pi. CV ; Garrucci, Sloria dell' arte crisliana, VI, pi. 427, 1 et 2; 
II. Leclercq, dans Cabrol, Dictionnaire d’archeologie chretienne et de lilurgie, 
I, 2, s. v°arche , col. 2719-2720, fig. 912 ; II, 1, s. v° henilier, col. 763; fig. 1495, 
col. 760; 

cinq fragments au Louvre : 1°) et 2°) fragments rectilignes : Daniel dans la 
fosse et Jonas rejete par le monstre ; ancienne collection Parent ; Heron de 
Villefosse, Marbres antiques, n os 3046 et 3047 ; Et. Michon, alt. 1. supra l., 
fig. p. 278 et p. 279; — 3°) fragment rectiligne (? 1 : David arme de la fronde ; 
Chypre ; Michon, ibid., fig. p. 277 ; — 4°) fragment circulaire : arbre ; tele 
d’homme barbu, profit a droite ; Egypte, MND, 753 ; Michon, ibid., fig. 
p. 280 ; — 5°) fragment circulaire : berger trayant une chevre ; provenance 
inconnue (trouve it Paris) ; MXD, 618 ; Michon, ibid., fig. p. 280; 

quatre fragments a Berlin : 1“) 2°) et 3°) fragments circulaires : les trois 
hdbreux dans la fournaise ; satyre et panthere, menade [fragment paien] ; fine 
galopant h gauche, la tele tournee a droite, et precede d'un autre solipede ; 
provenances: Home, Ghizeh, Akhrnin; O. XX’uHT, Koenigliche Museenzu Ber¬ 
lin, Beschreibung der Bildwerke der chrisllichen Epochen, III, 1, Altchrist- 
liche Bildwerke , n os 21, 22, 23, pi. Ill ; — 4°) fragment rectangulaire : gazelle 
poursuivie par un ehien ; poisson ; a Tangle, tete de jeune homme imberbe ; 
Le Gaire ; O. WulIF, ibid., n° 1637 ; 

deux fragments trouves a Lapethos, pres de Kerynia, cote nord de l’ile de 
Chypre: 1°) fragment circulaire: sacrifice d’Abraham; Michon, I. /., fig. 
p. 275 ; — 2°) fragment rectiligne : lion accroupi sur son arriere-train, pro- 
til a gauche, la tete profil ii droite, la patte anterieure droite dressee ; ii gauche, 
un homme imberbe en exomis, le bras droit baisse, tenant de la main gauche, 
ii hauteur de l’epaule, « un objel indistinct de grandes dimensions » [peut-etre 
Daniel et Ilabacuc] ; Michon, l. 1., fig. p. 276; 

trois fragments circulaires inedits, dans la collection de l'institut imperial 
russe d’archeologie, ii Constantinople : 1°) 4 gauche, reste la jambe pliee, le 



428 


S° 654 — BORD DE BASSIN 


genou releve, d’un homme (Jonas ?)6tendu sur un lit (de rochers ?) ; au milieu, 
Habacuc, profil a droite, apportant la nourriture a Daniel ; a droite, un des 
lions de Daniel, le corps de profil a gauche, la tete tournee a droite [pour cette 
disposition du lion, tournant le dos au prophete mais regardant vers lui, cf. 
AYulfT, /. supra l., n os 242 et 288] ; Smyrne ; — 2°) a gauche, l’avant-train 
d’un ane ; a droite, un lion bondissant vers lui; Konia ; — 3°) a gauche, reste 
le bas d’une jambe humaine ; personnage en tunique etendu sur le dos, au 
pied d’un arbre (scene du deluge ? cf. le fragment de D’jemila cite plus haut); 

un fragment du musee du Caire, Strzygowski, Koptische Kunst, n° 8759, ou 
M. Michon, l. /., p. 272-273, reconnait, comine nous l’avions reconnu nous- 
meme, le fragment d’un de ces rebords. 

11 existerait aussi des fragments de ce meme type a l'Athos, mais nous man- 
quons sur ce point de renseignements precis (cf. B. Pantchenko, Bulletin de 
I'instilut imperial russe d'archeologie a Constantinople, XVI, 1912, p. 33, 
note 1). 

II y aurait peut-etre lieu de citer 6galement ici les fragments d’une petite 
frise en terre cuite du musee de Constantine qui pourrait, semble-t-il, provenir 
d’un plat rectangulaire [Doublet-Gauckler, Mus6e de Constantine, pi. XII, 8 
(et 7 ?), p. 111]. 

[On ajoutera a cette liste les importants fragments de Sufetula (Tunisie), 
publies par M. Merlin, dans Notes el documents puhlies par la direction des 
anliquiles, fasc. 5, et dont nous prenons connaissance, au dernier moment, 
par la reproduction qu’en donne le Jahrhuch des archaeologischen Institute, 
XXVIII, 1913, archaeologischer Anzeiger, col. 252 sq.; fig. 4, col. 255-256]. 

Tres voisine de la decoration de ces rebords estcelle d’une « stele » en frag¬ 
ments trouvee a Salone etconservee au musee d’Agram ( Bullettino di archeo- 
logia e stona dalmata, XXIV, 1901, p. 58 sq., pi. II ; il convient surtoutde 
lui comparer le fragment de Berlin, n° 1637); M. Strzygowski en a justement 
rapproche la composition de plusieurs steles coptes [ibid., pi. Ill; cf. W. R. 
Crum, Catalogue general des antiquiles egypliennes du musee du Caire, Coptic 
monuments, n°8706, pi. LV); ajoutez un tres curieux fragment, avec figures en 
relief sous des arcades alternativement cintrees et angulaires, publie par 
M. TurajelT, Trudy du XI e congres archeologique a Kiev, 1899 (Moscou, 
1902), t. II, pi. XXIII, n° 5; p. 243, n° 46] ; le meme parti se retrouve dans des 
steles arabes [cf. Strzygowski, l. 1., pi. IV; Der sigmafoermige Tisch usw., 
dans Woerter und Sachen , I, 1909 (non vidi); ajoutez deux steles de Damas, 
publiees par M. van Berchem, Inschriflen aus Syrien, Mesopotamien und 
hleinasien gesammelt im Jahre 1899 von M. von Oppenheim , I, Arabische In¬ 
schriflen, dans Beitraege zur Assyriologie und semitischen Sprachivissen- 
schaft, VII, 1, herausgegeben von F. Delitzsch et Paul Haupt, 1909, p. ISO- 
151, fig. 25-26], 



N° 651 - liORD DE I1ASS1.N ili'.l 

Ces fragments proviennent, soit de tables, qui devaient servir a quelque cere- 
monie du culle, soit de hassins circulaires, plats et sans profondeur, qui 
devaient avoir aussi un role dans la liturgie; dom Leclercq (Dictionnaire d'ar- 
chiologie chretienne et de liturgie , II, 1, col. 763 ; a pense a des benitiers: 
l’hypothese nous parait peu vraisemblable, parce qu'un vase profond muni 
d’un si large rebord eut 6le d’une extreme fragility. 

Le fragmentde Berlin n° 21 et celui que nous venons dedecrire sont certai- 
nement d’origine pai’enne: non pas que les motifs mythologiques, et ceux sur- 
tout qui sontempruntds aux cycles marins, soient rares dans les representations 
de l’art chrelien primitif (cf. F. X. Kraus, Real-Encyklopaedie der christlichen 
Alterluemer , s. v° Mylhologie, p. 463); en particulier la nereide apparait, 
Ires semblable au type qu’elle revet ici, sur le celebre benitier de plomb de 
Carthage ; Rossi, qui l’a publie le premier (Bullettino di archeologia cristiana, 
l re serie, V, 1867, p. 77 sq.), declarait a cette epoque n’en pas connaitre d’autre 
exemple ( ibid ., p. 81); le meme monument porte d’autres motifs paiens : Silene, 
une Victoire, une « orante », en qui dom Leclercq (l. supra l., I, 1, col. 742) 
voit une deesse phenicienne, mais ces motifs y restent isoles et ne fournissent 
pas exclusivement, comme ils font sur notre fragment, toute la matiere du 
decor: nous aurions done ici un nouvel exemple tres precis d’un objet de culle 
pai’en adopte parle culte chrdtien. 

Une petite coupe de plomb trouvee a Rome presente une composition tres 
analogue it celle de nos fragments: au milieu, un medaillon avec le sacrifice 
d’Abraham; a la peripherie, un rebord plat, compris entre deux cordons de 
perles etornd de differents sujels parmi lesquels on retrouve l’histoire de Jonas, 
Daniel entre les lions, des dauphins, des poissons et d’autres animaux (Bullet- 
lino di archeologia cristiana, III 0 serie, IV, 1879, pi. XI, 4; texte, p. 133 sq.). 
On en rapprochera egalement la cdlebre coupe en verre, trouvee a Podgoritza et 
aujourd’hui dans la collection Basilewski (it moins qu’elle n’ait passe al’Ermi- 
tnge avec une partie de cette collection); elle esl sommairement decrite par 
A. Dumont, Bulletin de la sociele des antiguaires de France, 1873, p. 71, 
publiee par Rossi, Bullettino di archeologia cristiana, II e serie, V, 1874, 
p. 153 sq.; pi. XI; reproduite aussi par E. Le Blant, Les sarcophages chreliens 
d'Arles, pi. XXXV): au milieu, le sacrifice d’Abraham; a la peripherie, Jonas, 
Adam et five, Lazare, Pierre faisant jaillir la source, Daniel, les trois jeunes 
h^breux, Suzanne. Comparez aussi une coupe, trouvee a Carthage, dont le 
marli est decore de reliefs pastorauxet borde de perles (au musee britannique, 
O. Dalton, Cat. of early Christian antiquities, 1901, p. 79, n° 356). 

Est-il possible de determiner, au moins par conjecture, la destination des 
objets cultuels d’ou proviennent ces fragments ? La plupart des sujets repre¬ 
sents sur ceux qui sont authentiquement chretiens sont des types de 1’assis- 
tance divine: sacrifice d'Abraham, Lazare, Jonas, David et Goliath, peut-etre 



i30 n° 65o — boro »fc bassM 

Moise recevant la loi, ailleurs les trois jeunes hebreux, Daniel, Noe. Or, plu- 
sieurs de ces noms revienneut dans certaines liturgies funebres, eu particulier 
dans Yordo commendalionis animae quando in fir mm esl in extremis du H re¬ 
td n ire roin <11 it « suscipe, Domine, servum tuum in locum speraudae sibi salva- 
tionis a misericordia tua; ...libera, Domine, animam eius sicut liberavisti Sue 
de diluvio; ... Abraham de Ur Chaldaeorum ; ... Isaac de hostia et de manu 
patris sui Abrahae; ...Moysen de manu Pharaonis... ; ... Damelemde lacu leo- 
num; ...tres pueros de carnino ignis ardentis... ; ... David de manu regis Saul 
et de manu Goliath. » Les memes noms — el celui de Jonas, delivre de venire 
ceti — reviennent dans de tres vieilles prieres funeraires qu’on trouvera citees 
par E. Le Blant ( l. supra l., p. xxvu sq.). II se pourrait done que ces plats 
eussent ete employes principalement dans les ceremonies des morts; on notera 
d'aillcurs que la coupe de Podgoritza a ete trouvee dans une tombe. 

Les formes et le travail du relief, sur le fragment de Hieronda, sont encore 
toutclassiques ; seules la maniere dont est employe le trepan et la forme des 
perles au bord exterieur denoncent une epoque assez avancee, probablement 
le ui° siecle. 

Photographies u»* 1980, en haul, 1027, en haut (cliche moins bon). 


655 1 2297) Bord de bassin ou de table. 


I.aodicce du Lycus, ainsi qu'il resultc du passage des Chroniques d’Orient cite ei-dcs- 
sous : « au cours de travaux pour la construction du chemin de fer, on a decouvert.... un 
vase en marbre chretien oil soht figures en relief live, Charon et 1’Artemis d’Ephese » ; la 
date d entree n’est pas exaclcment connue, probablement 1890 ou 1891. 

Marbre blanc A petits grains serres etcristallins; il reste dix fragments, tous brises sur 
le bord interieur, qui se rajustent en quatre groupes (cinq, deux, deux, un) et proviennent 
d un meme rebord; quelques lacuncs aux joints; quelques cassures au bord exterieur; sur¬ 
face grenue par endroits; le diametre de l’objet devait etre a peu peu pres egal A celui du 
n" precedent (environ 1” 10); largeur du bord, 0” 15 ; de la zone decorle, O'” 12 ; epaisseur, 
O'” 04 A 0“05. 


Bord plat, analogue au precedent; la face inferieure en est soigneusement 
dressee et legerement profilee; deux des fragments presentent, sur cette face, 
deux petites mortaises ; le bord est compris entre deuxlistels, le contour exte¬ 
rieur orne d’un cordon ou une longue perlealterne avec deux pirouettes. 

I. Groupe de cinq fragments; histoire de Jonas : on voit a gauche une barque 
maleedont la proue se termine par une tete de belieret dont Tarriere est incom- 
plet; un cordage est tendu du sommet du mat a l’avanl; un rameur, dont il ne 
reste que le bras gauche, est place a peu pres au milieu (profil a gauche); a 
l’avant, un matelot imberbe et demi-nu (profil a droite) tient encore par une 
jambe Jonas dont le buste et la tete sont deja plonges dans la gueule du 



.s* — bord Be Basms 


431 

monstre, sorte de chimere ailee a la lete de dragon surmontee de hautes 
oreilles en cornet, au long col tortueux, avant-lrain de lion, pattes ante- 
rieures frangees de nageoires, corps replilien naissant sous une ceinture de 
feuilles, grande queue repliee sur elle-meme et terminee par une nageoire 



trifide; au dessus de sa tete, est placee, contre le lislel interieur, une petite 
coquille decorative (mutilee); a ce monstre, precede et suivi d'un dauphin, 
en repond un second, exaclement semhlable, mais tourne du cole oppose 
(prolil a droite ; manquent la tete, le cou et Pexlreinile des pattes): Jonas en 
sorlait, cornrne on le voit sur nombre de reliefs (cf. ici meme, n° t3.S7) et surle 
fragment de Paris, n° 3047 (cite plus liaut, p. 427 . 

II. Groupe de deux fragments ; fin de I’hisloire de Jonas ; le Christ et le 
fu/uier maud it :a gauche, Jonas, donl il ne reste que la tete, dort sur un rocher. 
a Pombre de la courge 
ou kikajon Jonas, 4, 

6 sq.), dont la tige, ter¬ 
minee par deux feuilles 
de lierre, s’inflechit 
aulour de lui ; suit un 
motif qui a la forme 
d’une haute stele a 
fronton angulaire et 
qui represenle probablement une des lours de Xinivc (cf. un fragment de sar- 
cophage d'Arles, ap. Garrucci, Storia dell' arte cristiana , V, pi. 384, 2); au 
dcia, Jonas est assis de profil it droite sur un rocher, le pied gauche en avant 
el pose sur une grosse pierre (manquent une parlie de la draperie entre les 
jambes, la main et le genou droits; bras gauche indistinct}; il est velu d’un 
chiton a manches descendant au coude et de I’himation pose de biais sur 
l'epaule gauche et sous l'aisselle droite: il laisse pendre le bras droit sur les 
cuisses et appuie sa tete sur la main gauche: altitude typique du deuil dans 
taut de reliefs antiques el sur de nombreuses statues d’ « allligees » ; c’esl en 
elfel la tristesse du prophele qui voit se dessecher la courge que Dieu avait fait 
pousserpour lui ^Jonas, 4, 7 sq.); la planle, frappee de mort, se courbe derriere 




432 


S 0 653 


BORD DE BASSIN 


Jonas et tombe vers le sol; sur les peintures des catacombes ou apparait 
cette derniere scene, Jonas est nu (cl. Garrucci, Storia dell arte cnstiana , II, 
pi. 35, 1 ; 35, '2; 54, 1; 71, 3); on nolera toutefois que, sur le sarcophage 
d’Arles cite plus haut, il dort vetu de la tunique et du manteau; — l’episode 
suivant est celuidu figuier maudit (Matth., 21, 19; Marc, 11, 13): l’arbre, ter- 
mine par un bouquet de feuilles, est accoste d’une petite pousse recourbee; le 
Christ debout, le corps de face et portant sur la jambe droite, la tete de 
profil a gauche, tend la main droite vers le figuier, tenant de la gauche un 
baton qu'il appuie a l’epaule; il est vetu d’une tunique a munches courles et 
d’un manteau pose de biais sur l’epaule gauche et sous l’aisselle droite; sa 
tete jeune, imberbe, coiffee de cheveux courts, se detache sur un nimbe lisse; 
au dela, une « stele » semblable a la precedente (le tympan est legerement 
creuse et orne d’un medaillon circulaire) representerait, d’apres M. Ebersolt 
(/. infra l.), la ville de Jerusalem; — a l’extremite droite du fragment, il reste 
la jambe droite d’une figure drapee qui passe devant un tronc d’arbre, forte- 
ment inclinee a droite, dans le sens de sa marche. 

III. Groupe de deux fragments; tenfalion d'Eve et sujet incertain: Eve est 
debout entre deux arbres termines par un bouquet de feuilles; elle est nue et 
de face, dans une attitude qui rappelle celle des Aphrodites « pudiques »; elle 

cache son sexe de la main gauche et 
tourne a gauche sa tete coiffee de longs 
cheveux flottants, regardant et tendant la 
main droite vers le serpent qui s’enroule 
autour d’un troisieme arbre; a gauche, est 
un autre arbre encore et, sur le bord de la 
cassure, les restes d’un bras pli6 qui doit 
appartenir a Adam; — la scene est separee 
de la suivanle parun arbre au tronc incline, a cote duquel pousse une petite 
plante feuillue; un homme, jeune et imberbe, vetu d’une tunique (?) et drape 
dans un manteau pose de biais sur l’epaule gauche et sous l’aisselle droite, 
s’avance d’une marche rapide vers la droite, les deux mains (decouvertes) ten- 
dues en avant comme pour recevoir ou saisir quelque chose; a droite, pres de 
la cassure, le bas d’un tronc d’arbre incline a droite; le sujet represente 
peut-etre Moise recevantla loi, motif qui, sur les sarcophages, repond souvent 
au sacrifice d’Abraham; Moise serait represente imberbe et les mains degagees, 
comme le montrent plusieurs peintures des catacombes; on peut objecter a 
cette interpretation, que nous proposons faute de mieux, que les bras ne sont 
pas leves assez haut pour recevoir le livre qui lui serait tendu par la main 
de Dieu. Trompe par l’aspect de la photographie, M. Ebersolt, l. infra l., 
etablissant un lien qui n’existe pas entre ce groupe de fragments et le sui¬ 
vant, a reconnu ici Abraham. 




N° Gl>6 - HOIID DE BASSIN 


IV. Fragment unique; sacrifice cl'Abraham ; resurrection de Lazare: k 
gauche, Isaac, de profil a droite et velu d’une lunique longue, est agenouillc 
sur le genou droit, les mains liees derriere le dos ; sur sa tete est posee la 
main de son pere (e’est tout ce qui resle de la figure d’Abraham) ; au dessus 
de lui, la main de Dieu, 
grande ouverte, sort du 
listel interieur ; a droite, 
un autel rectangulaire, pro¬ 
file haut et bas, sur lequel 
brule une flamme ; — entre 
cette scene et la suivante 
se dresse un arbre termine 
par un bouquet de feuilles ; — dans son tombeau, represente par deux colon¬ 
nettes corinthiennes qui supportent une archivolte, Lazare debout, enveloppe 
dans son linceul et entourd de bandelettes comme une momie, tourne la tete 
a droite, vers le Christ dont le separe une plante feuillue ; le type du Christ 
reproduit exactement celui du groupe de fragments n° II ; il tend la main 
droite vers le tombeau et, de la gauche, tient un baton appuye sur l’epaule ; 
deux disciples le suivent; le premier, vetu comme le Maitre, imberbe comme 
lui et dans la meme attitude, mais sans baton, tourne la tete vers son compa- 
gnon (dont il ne reste que l’avant-bras droit) et semble lui montrer le miracle. 

Le travail est soigne ; formes et draperies sont antiques, sans aucune trace 
de « byzantinisme » ; l'ceuvre date du hi'', au plus tard du iv 1 ' siecle ; — cf. 
plus haut, p. 427 sq. 

Nia S[j.upvri, 1890, n° 4210 ; — American journal of archaeology , VII, 1891, 
p. 131; — Athenische Mittheilungen, XVI, 1891, p. 137 ; — S. Reinach, Revue 
archiologique, 1892, I, p. 130; Chroniques d'Orient,H , p. 66 ; — J. Ebersolt, Revue 
archiologique, 1913, I, p. 336-339 ; fig. 3, p. 337. 

Photographies n” 1990, 1028 (cliche moins bon ;. 

656 (2299) Bord de bassin ou de table. 

La provenance de ce fragment est probablement la incrac que celic des fragments groupes 
sous le n" prdeddent, c'est-4-dire Laodieee du Lycos, mais les renseignements posilifs 
manquenl. 

Murbrc blunc it gruins serres et peu crislallins ; brise sur les cotes et sur le bord inte¬ 
rieur; Orosions superficielles ; largeur totale du rehord, 0“ 145 ; de la zone sculptee. O'" t ’; 
dpaisscur maxima, 0“ 028. 

2 s 




434 


IS 0 657 — AIGLE COLOSSAL 


Ce fragment unique provient d’un rebord identique aux precedents et 
decore de meme; il ne se distingue des fragments groupes sous le n° 655 que 
par son epaisseur un peu moindre et par la forme des perles du bord exte- 
rieur, qui sont ici plus minces et plus allongees; la scene representee est 
le sacrifice d’Abraham, ce qui semble indiquer que les 
memes sujets se repetaienl sur l’un et sur l’autre; — 
Abraham, vetu de la tunique et du manteau pose sur 
l’epaule gauche et couvrant les jambes, s’avance d’un 
mouvement rapide vers la droite, la tete barbue, tour¬ 
nee de profil a gauche, comme s’il ne voulait pas re- 
garder son fils qu’il a saisi aux cheveux de la main 
gauche, tandis que de la droite, baissee et rejetee en 
arriere, il tient un large couteau a lame triangulaire ; Isaac, de profil a droite 
et vetu d’une longue tunique, est agenouille sur le genou droit, les mains liees 
derriere le dos ; a la cassure, on voit les restes de la main de Dieu et les 
traces d’un objet indefinissable. 

Le travail est semblable a celui des fragments groupes sous le n° 655 ; — 
cf. plus haut, p. 427 sq. 

Cf. la bibliographic cilee au n° precedent. 



Photographies n°‘ 1989, en bus 4 droite, 1027, cn bas 4 droite (lc cliche est moins bon). 


657 (2205) Aigle colossal. 


Le monument a ete recemment enregistre dans l’inventairc; il provient du sanctuairc 
d’'Ali ibn 'Aleim a Arsouf (Apollonie), comme nousl’apprend le memoirc de M. Clermont- 
Ganneau, l. infra l. ; la date d’entree au musee est inconnue. 


Marbre bleute 4 gros grains cristallins; brise sur la poitrine ; la tete est rajustee ; 
manquent un fragment au joint de la cassure et tout le bee; une large enlaille 4 angle 
droit, pratiquee en avant 4 la partie inferieure, deux grandes mortaises (dont l’une a 
conserve le plomb du scellement) creusces sur le dos, et, 4 la meme hauteur, une depres¬ 
sion qui parait dcstinee 4 recevoir un cercle metallique, semblent indiquer une reparation 
executee dans l’antiquite ; hauteur, 0“ 64; diametre interieur du medaillon 4 mono¬ 
gramme, environ 0“085. 


L’oiseau est represente de face ; il porte un double collier auquel est attache 
un medaillon circulaire ou est inscrit un monogramme qui peut se resoudre en 
IOYAIANOC ! le traitement du plumage est purement decoratif; la tete, 
autant qu’on en peut encore juger, avait un caractere plus realiste. 



N° 658 — TAMBOUR d'lWE COLO.NNK SCULPrfE 


435 


« Le monogramme, dcrit M. Dussaud, alt. I. infra /., ne peut s'entendre 
que de l’empereur Julien qui, nous le savons par d’autres documents, fut 
divinise de son vivant en Syrie 
(Germer-Durand, Revue hihli- 
que , VI11, 1899, p. 36-39 ; Bul¬ 
letin de correspondance helleni- 
que, XXIV, 1900, p. 577 sq.). 

Notre monument atteste que 
Julien fut assimil6 aux plus 
grands dieux de Syrie dont l'ai- 
gle etait l’animal attribut. On 
peut comparer, dans le meme 
ordre d'idees, divers monuments, 
enlre autres une petite panthere 
en bronze portant suspendu au 

cou un masque de Dionysos en argent (Clermont-Ganneau, Mission en Palestine 
el en Phinicie, p. 125, n° 104, pi. Ill e). » 

Le Louvre possede un moulage de ce monument, rapporte d'Arsouf par 
M. Clermont-Ganneau. 




Clermont-Ganneau, Archives des missions, 3® sdrie, XI, 4885, p. 240, n° 121, pi. II h 
(tirage A part, Mission en Palestine et en Syrie, p. 434, n° 124, pi.) ; cf. du meme, un 
passage relalif A ce monument dans une lettre 5 Renan, publiee Revue archiolo- 
gique, 1881, II, p. 252 ; — R. Dussaud, Revue archiologique, 1903, I, p. 351 (= Noles 
de mylhologie syrienne, p. 34); Musrfe du Louvre, Les monuments palestiniens et 
judatques, 1912, n° 99, p. 77-78, 2 fig. 


Photographies n 01 1851 (face), 1852 (profll 4 gauche). 


658 (901) Tambour d’une colonne sculptde. 


La provenance traditionnclle « Constantinople, travau.v [ou degagements] de Sainte- 
Sophie » n’a d’autre garantie que de se trouver dans le Catalogue de Goold et d'avoir He 
rApAtAc aprAs lui; nous la tenons cependant pour vraisemblable; ce monument etle suivunt 
apparliennent 4 l’ancien fonds et sout entres au musee avant 1868. 


Marbre blanc 4 grains serres et cristallins ; il manque un peu moins de la moitic du 
tambour, rabattuc par une fracture verticale qui a emporte aussi les angles inferieurs de 
la partic qui subsiste; berger: visage Iris mutile ; Erosions legeres sur le buste, les cuisses, 
la jambe et le pied gauchcs; manquent son bAton, le museau de son chien, la patte ante- 
ricure gauche, la corne gauche et le museau de la chivre ; paysan : t£te informe ; manque 
toule la partic postAricure des jambes ; cassures, ?4 et 14, dans le feuillage; au centre de la 
face supArieure, grande mortaise avec canal de coulAe; cerlaines parties des draperies et 
du feuillage sont travaillAes au trApan ; les ycux et les lAvres des personnages sont accusAs 
par un petit trou creuse avec une pointe fine; hauteur, 0“ 76 ; diamAtre, environ 0"625. 



436 N° 608 - TAMBOUR o’UNE COLONNE SCULl'TEE 

Tambour superieurde la colonne; en haut, bandeau saillant d environ t) m 04 
et haut de 0 m 085, decore d'un rinceau de lierre (hauteur, 0 m 045) fortement 
stylise et compris entre deux etroits listels; ce rinceau n est pas continu, mais 
forme d’une ou peut-etre de deux tiges dont les extremites, terminees chacune 
par une petite feuille, se rejoignent sans se confondre ; le relief en est tres 
plat etle travail peu pousse; tout autour du fut s’enroule un gros cep de vigne, 
dont les rameaux feuillus le recouvrent comme d’un reseau serre; dans le 
feuillage, sont places des figures humaines et des animaux: au milieu, un 

berger est debout sur une branche; le corps 
repose sur la jambe droite, la gauche fle- 
chie legerement et 6cart6e, la tete inclinee 
a gauche; le visage, rond et joufllu, semble 
sourire; les cheveux, longs et boucles, 
descendent sur les cotes du visage et cou- 
vrent les oreilles ; les yeux sont incises et 
l’extremite des levres accus^e par un petit 
trou creuse avec une pointe fine; il est 
vetu d’une tunique courte, serree sur les 
reins et munie de longues manches; une 
petite paenula, passee autour du cou, re- 
couvre le haut dela poitrine, et tombe sur 
le dos ; les jambes sont nues, les pieds pro¬ 
teges par des chaussures montantes dont 
la tige se termine par un bourrelet; de la 
main gauche relev6e, il s’appuie sur l’ex- 
tremite d’un haut baton ; la droite est posee sur la hanche, les doigts vers 
le dehors et tenant une grosse corde tressee, a laquelle est attache un chien 
qui, assis sur son arriere-lrain,'de profil a gauche, tournait la t6te a droite et 
regardait son maitre ; — ce groupe semble constituer le centre de la composi¬ 
tion, tant a cause de la taille du personnage (hauteur, 0 m 26) que par le fait 
qu’il se trouve presque exactement sur l’alignement du point ou se rejoignent 
les extremites du rinceau sculpte a la partie superieure du tambour. 

A gauche de ce groupe, sur une autre branche, un paysan, vetu de l’exomis 
et d’un petit manteau pose autour des epaules, portant aux pieds des chaus¬ 
sures montantes, travaille la terre; de profil a droite, la tete baissee, le buste 
fortement incline en avant, les jambes fldchies, il appuie des deux mains sur 
l’extremite d'un gros baton irregulierement courbe, sans doute le manche 
d’une beche ou d’une pioche dont le fer est enfonce dans le sol; entre lui et le 
groupe precedent, une chevre s’avance de profil a gauche, sur le cep meme ; a 
droite du premier groupe, un taureau bossu fonce a gauche, la tete presque 
de face. 




X® 658 - TAMBOUR d'L’NK COT.ONNE SClLFTtE 


437 


La provenance Constantinople a 616 contestee autrefois par Papadopoulos 
Kerameus, pr. 1. infra l. : a Silivri] r.-xzx 'Z-xyA'rr - T£;xayiiv -/evpi; tty/y,; 
uetz avar'X’jzTojv s'j'wwaiTwv xxXfii; e'.Eyxi;j.EV(ov ”ji., 0^28; r:/.., 0.x 33 • /; 
ogoiorr,; tou xvi.xy toj x'yjx'cj ::po; ovd x;'. 0 “Ep:'Epyx zii aovxoixi TEUxy tx xtyXmv, 
3'jXxTxoasva £V Toi x jTOxpatop'.y.o) •j.vjit'M, oX’.v stx 1 . ao; xvxas'.To^T^TO;' tx ev tio 
uci’j«sta> Etliv xjJ.siSd/.oj ^rpoiXiOxioj;, xttov.ovj.evx dostTro; £:; rov vxov tt,; xy;a? 
Eooix;' 2 ev e!ve Xoittov am'Oavov vx eu;s6Y,5xv -ot: xxi txytx ev 'HcaxXe'.'x- 
IIe ? i'v8co, Xeej/ava cIvtx xpyxia; exx/.y,t'x; tt,; £ ~'.0xv«; £xxTovTXiTY,s’?o; - Etepov 

T£|AX/[9V XVE’JOOV EV TV, TuXXoyY) TO'J EV 'PxC ETTIV pLVj 7E :VJ » (cf. Dumont- 

Homolle, Melanges, p. 373, n° 62 b4S ). Si reellement le fragment decrit par 
Papadopoulos Kerameus est le chapiteau d’ante publie recemment par M. Seure 
(. Bulletin de correspondance hellenique, XXXVI, 1912, p. 544, n° 5, fig. 6;, 
il n’y a pas lieu de tenir compte du rapprochement qu'il a institue; il faut 
reconnaitre que cette identification a pour elle la presque idenlite des mesures 
(M. Seure donne O m 29 X O m 34j et la comparaison, faite par Kerameus lui- 
meme, d’un chapiteau d’ante de Rodosto decrit par lui, /. L, p. 78, n° 30 = 
Dumont-Homolle, l. /., p. 398, n° 74* ,2 ) avec le fragment Stamoulis et nos 
deux colonnes. On notera, d’autre part, que M. J. Laurent [ap. Th. Homolle, 
Bulletin de correspondance hellinique , XXII, 1898, p. 501, 1. 21) a vu 4 
Rodosto « une colonne avec des pampres et des amours ■. Quoi qu'il en soit, 
il nous parait inadmissible qu’en parlant des fragments du musee imperial, 
l’archdologue grec ait en vue, non pas nos n os 658 et 659, mais nos chapiteaux 
d’ante, n os 1341 sq., lesquels ne sont pasdeux, mais cinq (cf. n° 476 , qu’il est 
difficile de traiter de govxoixx, qui n'ont aucun rapport avec les pieces que 
nous dtudions en ce moment, et qui n'ont jamais etc attribues a Sainte- 
Sophie de Constantinople, mais toujours it Heraclee de Marmara : d’ailleurs 
Papadopoulos Kerameus renvoie a S. Reinach, Cal., n os 555-556; or, le n° 555 
est certainement notre n° 659 ; le n° 556, « hauteur, 0“26 ; fragment avec 
ornements vegetaux », est une piece que nous n’avons pas pu identifier ; Kera¬ 
meus a commis la une confusion qu’excuse la brievete des descriptions de 
M. S. Reinach; il faut 6videmment a « n° 556 » substituer « n° 543 » ; la 
ineme erreur, rcpetee par M. Homolle, se retrouve chez M. Seure (/. supra l., 
p. 545), qui parle des « chapiteaux de Constantinople (Reinach, n os 555-556 
et n os 132-134) » : les cinq chapiteaux d'Heraelee de Marmara sont groupes par 
M. S. Reinach aux n°* 132-136 de son Catalogue. 

La provenance traditionnelle est confirmee d'ailleurs par le fait que des 
fragments analogues out ele trouves autrefois dans les fouilles du chemin de 
fer, it la pointe du Vieux Serai!; ils sont reproduits par C. G. Curtis, Broken 
hits of Byzantium , part I st , fig. 15, 16, 17, avec la legende : « fragments of a 
carved shaft; the work resembles in style that of the ivory chair of Maximian 
preserved in the metropolitan church of Ravenna ; time of Justinian. » Nous 



438 


N° 658 — TAMBOUR d’uNE COLONNE SCULPT£e 


pouvons encore citer un autre temoignage de l’existence de semblables colonnes 
a Constantinople. George Wheler ecrit ( Voyage de Dalmatie, de Grice el du 
Levant , La Haie, 1723, t. I, p. 251-252) : « voici une remarque au sujet de 
ces Colomnes ouvragees de feuillages que Mr. Gallant Antiquaire du Roy de 
France, a communiquee a Mr. Spon; II y a un Kiosque ou Pavilion bati par 
Sultan Soliman pres d 'Ingerliqui [lire Indjir keui; le kiosque n’a pas et6 
construit par Sultan Suleyman, mais par Sultan Mourad III (1574-1595) ; cf. 
Evliya tchelebi, edition de VIkdam, Constantinople, t. I, p. 465], sur le 
Bosphore vers la mer Noire, dont le fondement est compose de Colomnes, 
parmi lesquelles il y en a de marbre blanc d’un pied et demi de Diametre, 
dont on ne voit qu’environ deux pieds de longueur du cot6 de la base, qui 
sortent hors du fondement en forme de Canon comme les autres Colomnes. 
Mais celle-ci est toute particuliere, car le fuste meme de la Colomne est ouvrage 
de fueillages (sic) de vigne entrelaeez de figures differentes d'animaux, comme 
de Beleltes, et de Lima?ons fort au naturel, avec deux Masques, et une cuve 
pleine de raisins, que trois hommes foulent, et un autre en tire le vin par le 
bas, et tout cela avec le gout et les marques de la bonne Antiquite. Cette 
Colomne a este sans doule prise du Temple de Bacchus, dont Petrus Gyllius 
parle dans sa Description de Constantinople; car en parlant de ces Colomnes, 
voici ce qu’il en dit : Capilula inferiorum Echinos habent eircumdantes (sic) 
unam partem; reliqua pars est tola veslita foliis [= P. Gyllii de Conslanli- 
nopoleos topographia lib. IV, Lugduni Batavorum ex officina Elzeviriana, 
anno 1632, 1. it, cap. xiv (par une faute d’impression, ce chapitre porte le 
n° xvi), p. 139]; Mais il ne les avait pas observees de tres pres. >> ; — cf., 
d’aulre part, Journal d'Antoine Galland pendant son sejour a Constantinople 
(1672-1673), publie et annole par Ch. Scheffer, Paris, E. Leroux, 1881, II, 
p. 213 ; « on connoit tout ce qu'il y a de restes antiques a Constantinople, 
mais on ne spait pas ce qu’il y a de curieux a voir a un kiosque que Sultan 
Soliman [lire Mourad III] fit bastir sur le canal de la mer Noire par delk un 
village qu’on appelle Ingir Kioi, pres du coude que le Bosphore fait en cet 
endroit. C’est parmis plusieurs colonnes qu’il a fait mettre en travers pour 
servir de fondement a ce bastiment, une colonne de marbre blanc qui est 
historiee de pampres et de feiiilles de vignes avec des bas-reliefs qui repre- 
sentent des choses qui concernent la vendange. On lient qu’elle vient d’un 
temple de Byzance qui estoit consacrfe a Bacchus dont Petrus Gillius fait men¬ 
tion » [cf. d’ailleurs notre grand pilaslre du jardin, n° 1179], 

Au ix e siecle, des colonnes de ce genre sont employees par Basile I a la 
decoration du Kainourgios (Theoph. cont., V, 89, ed. Bonn, p. 332; J.-P. 
Richter, Quellen der byzantinischen Kunstgeschichte, n° 972, p. 363); e’etaient 
des futs d’onyx ou; 6 XtOoijoo; ttavTolto; wpdusev, apitsXou xaf au-rou; 

p.op<j>a>ao(; xat iravTottov £a>a>v iola; Iv TOte-rvi atre pYa«ap.svos. Au 



N° 658 - TAMIIOER [I DE COI.ONNE SCULPT^E 


439 


n ‘* siecle, & Rome, Constantin « fecit basilicam beato Petro aposlolo... et 
exornavit supra columnis purphyreticis et alias columnas vitineas qua- de 
Grecias (sic) perduxit » (Liber ponlificalis, vita Silvestri, ed. Duchesne, I, 
1886, p. 176); cf. V. Chapot, dans Cabrol, Diclionnaire d'archeologie chre- 
lienne el de lilurgie, fasc. XXXI, 1913, s. v° colonne, col. 2298. A l epoque 
romaine, les exemples ne sont pas rares : rappelons les deux colonnes centrales 
de la facade du temple de Clilumnus entre Trevi et Spolete; dans un fragment 
public par J. X. L. Durand ( Recueil el parallele des edifices de loul genre, 
anciens el modernes, Paris, an IX, pi. 74;, le fut est tout entier recouvertde 
rameaux de lierre sur lesquels sont perches deux oiseaux qui en picorent les 
baies ; cf. aussi le fragment de la villa d'Hadrien (Gusman, La villa imperiale de 
Tibur , p. 309, lig. 110). Des le iv" siecle, on voyail, sur le char funebre 
d’Alexandre, des colonnes dont la moitie superieure etait ornee d’enroulements 
d’acanthe (Diod. sic., win, 27 ; Overbeck, Schriflguellen, n° 1984, p. 375;, et 
la colonne d’acanthe de Delphes n’est qu’un ancetre — non pas le premier sans 
doute — de ces colonnes historiees (cf. Th. Homolle, Bulletin de correspon- 
dance hellenigue , XXXII, 1908, p. 205-235). 

II ne saurait done elre question, a l’epoque ou nous reportent ce fragment 
et le suivant, d’influence orientale, syrienne ou cople ; il s’agit d’une forme 
grecque, peut-etre empruntee primilivement 4 l’figypte, mais qui n’a jamais 
ccsse d’etre en usage dans les pays de culture hellenique ; la decoration est 
interessanle par son realisme [cf. le beau fragment de pilastre decor6 de 
pa in pres provenant du forum de Trajan et conserve au mus£e du Lalran ; 
bonne reproduction ap. E. Wurz, Plastische Dekoration des Stuetzwerkes in 
Baukunst und Kunstgewerbe des AUertums (Zur Kunslgeschichte des Aus- 
landes, Heft XL1II , p. 101, fig. 70j ; les figures sont d’une execution mala- 
droite et incorrecte; l’tcuvre date vraisemblablement du v° ou du vi e siecle. 

Dumont, .1 Iusie Sainte-Ir&ne (Revue archiologique, iSOS, II), p. 2'j■>, n° XXVIII ; 
— Goold, Cal., n° 52 ou 53 ; — S. Reinac'i, Cat., n° 5i3; — Joubin, Sculpt, gr. et 
rom., n° 189 ; — A. Dumont, Rapport sur un voyage arcMologique en Thrace 
(.1 re hives des missions scienti/iques, 2'' serie, VI, 1871), p. 41 du tirage 4 part 
(= Dumont-Ilomolle, Melanges d'arcMologie et d'dpigraphie, 1892, p. 230) ; Revue 
archfologique, 1870-1871, p. 222, note 2; — Ch. Bayet, Recherches pour servir k 
I'histoire de la pcinture et de la sculpture chriliennes en Orient avant la querelle des 
iconoclasles, 1879, p. 112; — Papadopoulos Kerameus, 'O Iv K«m: wrtvo'jrcoXei 
iXXn]V!j (05 ftXoXoyo'.os SiXXoyo;, Ilaoioiripa du t. XVII, Constantinople, 1886, 
p. 74, au n° 13; p. 78, au n° 30 ; — J. Strzygowski, Byzantinische Zeilschrift, I, 
1892, p. 576 sq., pi. I ; Der Bilderkreis des griechischen Physiologus, 1899, p. 97 ; 
Catalogue gintral des antiquitis tgyptiennes du musie du Caire, Koptische Kunst, 
1904, p. 105, note au n° 8758; Mschatta (Jalirbuch der kgl. preuszischen Kunslsamm- 
lungen, XXVt, 1901, p. 300 et 312; Bulletin de la sociiit archiologique d'Alexandrie, 
n° 5, 1902, p. 63; — V. Schultze, Arehaeologie der altchristlichen Kunst, 1895, 



N° 659 — TAMBOUR D’UNE COLONNE SCULPTfiE 


p. 331, fig. 102; — F.-X. Kraus, Geschichte der christlichen Kunsl, I, 4896, p . 233 ; 
— G. Millet, dans VHistoire de l'art, publidesous la direction de A. Michel, 1,1, 1905, 
p. 260; — II. Leclercq, Manuel d’archdologie chrttienne, II, 1907, p. 262-263 ; — 
L. von Sybel, Christliche Antike, II, 1909, p. 36, et note 2 4 cette page; — Ch. Diehl, 
Manuel d'art byzantin, 1910, p. 267; — O.-M. Dalton, Byzantine art and archaeology, 
1911, p. 154-155 ; — L. Brehier, Eludes sur Vhistoire de la sculpture byzantine 
(extrait des Missions scientifiques, nouvelle sdrie, 1911, fasc. 3), p. 13 [29]. 

Photographie n° 475, 


659 (902) Tambour d’une colonne sculptde. 


Pour la provenance et la date d’entrcc, cf. au n“ precedent, p. 435 et 437. 


Marbre blanc 4 grains serris et cristallins; bris4 comme le precedent; dans le haut, il 
manque plus de la moitii du tambour; cassure pr4s des bords inferieurs et superieurs; 
dans le groupe du bapteme, toutes les tetes sont brisees, sauf celle, trfes endommagee, du 
Jourdain; de mime, le bras gauche du Christ, l’avant-bras droit du Baptiste (dont l'avant- 
bras gauche est tris mutile), le bras droit du Jourdain; ange de droite : erosions 16g4res 
sur la draperic; ange de gauche : Erosions profondes sur la jambe droite, plus legires sur 
le bras droit et la draperic; de la colombe, il ne reste que la queue; de 1 'enfant assis, 
manquent la tete et les bras ; Erosions superficielles; groupe des deux femmes : erosions 
sur la joue gauche de celle de gauche, la tete du coq et du chien; de la chevre broutant, 
manquent les pattes, sauf la palte postcrieure gauche; fortes Erosions sur le col et l’avant- 
train; de l'animal dresse , il ne reste que le corps et la pattc posterieure droite, avec de 
graves mutilations sur le ventre et la croupe; cassures, i?4 et 14, sur le feuillage; il n’y a 
pas trace de scellement sur ce qui subsiste de la face superieure ; le feuillage est travaille 
au trepan; sur les t£tes conservees, les ycux et le coin des 14vres sont accuses par une 
petite cavit4 creusee avec une pointe fine; hauteur, 0“ 652 ; diametre approximate. O’" 60. 


Ce tambour provient sinon de la meme colonne que le precedent, du moins 
d’une colonne qui lui etait en tout semblable et qui appartenait au meme 
ensemble architectural; le fait que la decoration y vient mourir contre les 
arStes des faces superieure et inferieure prouve qu’il appartient a la partie 
moyenne de la colonne. 

La decoration vegetale est disposee comme au n° 658; le sujet principal 
represente le bapteme du Christ: Jesus, nu etde face, les deux bras pendants, 
est plonge jusqu’aux genoux dans l’eau du Jourdain; a droite, debout sur la 
rive et tourne vers lui, Jean le Baptiste est vetu d’une tunique a manches et 
d’un manteau qui, pose surl’epaule gauche et couvrant le bras gauche, degage 
le bras droit, le buste, et couvre les jambes; le corps repose sur la jambe 
gauche, la droite est fleehie, le pied pose sur une eminence du sol ; la main 
gauche est placee sur la hanche et parait retenir un pli de la draperie ; de la 
main droite tendue, il verse l’eausur la tete du Sauveur, tandis que la colombe 
descend du ciel; a gauche, deux anges aux longues ailes baissees, vetus comme 
Jean, tiennent devant eux une piece d’etolTe sous laquelle ils cachent respec- 



N° 659 - TAMBOUR d’uNE COLOGNE SCULPT^E 


iil 


tueusement leurs mains (cf. p. 400j; ce sont ou les vetemenU du Christ, ou 
les linges destines a l'essuyer; au dessous d’eux, k hauteur du fleuve dont les 
eaux recouvrent ses jambes, une petite figure nue, assise de profit a droite. 
personnification du Jourdain ; a cote 
d’elle, est un objet indistinct, peut- 
etre le vase d’ou sortent les eaux. 

A gauche et au dessous de ce 
groupe, un petit enfant, vetu d’une 
tunique courte serree aux reins, est 
assis sur un rameau lateral, les 
jambes croisees, le buste rejete a 
gauche ; au dessus de sa tele, un es¬ 
cargot rampe sur le fond ; — plus a 
gauche et vers le bas du tambour, - 
un groupe de deux femmes, vetues 
de la tunique longue et d’un etroit 
manteau jete en pelerine autour des 
epaules : celle de gauche est de face, 
la tete legerement tournee a droite; 
les cheveux, plats et longs, descenden t 
sur les cotes de la tete et sont coupes 
droit sur le cou ; el le tient sous le bras droit un grand coq et pose la main gauche 
sur la tete de sa compagne ; celle-ci, tournee de trois quarts a gauche, est 
coifiee d’un bonnet; son bras droit semble pose autour de la taille de la pre¬ 
miere, et elle tient, sous le bras gauche, un grand chien qui jappe contre le 
coq. — Au dessus de ce groupe est un animal, profil a gauche, dresse sur ses 
pattes de derriere, et trop mutile pour qu’on puisse le designer avec certitude; 
le pelage n’est pas indique plastiquement; les formes allongees du corps con- 
viendraient & un chien ; — a droite, une chevre, de profil a droite, broute une 
feuille; — au dessus d’elle, pres de l’arete superieure, restent les deux pieds 
d’un personnage qui etait sculpte sur le tambour suivant, peut-elre un berger 
semblable a celui qui est represente au n° 658. 

La scene du bapteme est d’une bonne venue et assurement le meilleur mor- 
ceau parrni la decoration figuree de ces deux tambours; les formes anato- 
miques, les draperies, malgre quelques duretes d’execution, temoignent encore 
de la vilalile et de l’infiuence des types classiques ; le groupe des deux femmes 
est tres inferieur, les attitudes maladroites, les incorrections nombreuses et la 
draperie deja toute byzantine ; — cf. plus haut, p. 437 sq. 

A. Dumont, Muste Sainle-Irdne (Iicvuf archtologique, 1868, H\ p. 253, n° XXVIII; 
— Goold, Cal., n° 53 ou 52; — S. Reinach, Cat., n° 555 ; — Joubin, Sculpt, gr. et 




442 


N° 660 — FRAGMENT DE LA COLONNE d’aRCADIVS 


rom., n° 190 ; — J. Strzygowski, Byzantinische Zeitschrift, I, 1892, p. ;178 sq., pi. 
II; — G. Stuhlfauth, Die Engel in der allchristlichen Kunsl (Archaeologische Sln- 
dien zum christlichen Alterlum und Mittelalter, herausgegeben von J. Ficker, III. 
Ilcft), 1897, p. 191; — cf. en outre loute la bibliographic cit6e au n° precedent. 

Pliotographie n' 476. 


660 (346) Fragment d’un tambour de la colonne d’Arcadius. 


Constantinople; l’inventaire porte : « retire de la mer, pr4s de Serai 1 bournou » ; Dethier, 
Journal manuscrit, f° 29, n°173,17/5 fevrier 187 4 : « vu 41’cchelle de Daud pasha capoussy 
un fragment avec bas relief en marbre ayant un metre de hauteur et l ra 10 de largeur qui, 
selon moi, provient de la colonne tournante et msl.ortee d’Arcadius et qu’il faut acquerir 
pour le mus4e. II ne reste que le tronc attachi au piedcstal calcine par les incendies. Los 
doutes que j’ai eus sur l'authenticite de la suite des bas reliefs qui ornaient cette colonne en 
tournant en spirale du piedestal jusqu’au chapitcau, publies par le j^suite Menetrier sur 
les pritendus dessins du peintre Bellini, trouvent dans ce fragment un nouveau critere sur 
la veraciteou fausseti des dessins de Menilrier. L’on peut taxer la piice 4 une vingtaine 
de livres. Le derviche Houssein [cf. t. I, introduction , p. xt], qui l'a decouverte en fouil- 
lant dans la terre, viendra pour avoir un tesk4rc 4 l’apporter au musee; il s’agira de le 
defrayer et de lui donner de plus un prix convenable, afin de l’encourager. » 


Marbre de Proconnese, blanc, veine de gris ; surface trfes usee parun long sejourdans la 
mer qui a effacetous les details et arrondi tous les contours; les figures sont tris mutilecs 
et, par endroits, indistinctes; le revers prdsente une paroi concave, soigneusement dressee, 
ou l’on rcconnait encore le depart et les traces d’arrachements d’une marche d’escalier; le 
bossage qu’on voit pr4s de la cassure, 4 gauche, servait peut-etre 4 s’aider dans 1’ascension ; 
le bloc, qui a un joint dresse haut et bas (surface superieure tres endommagee et devenue 
irriguliire), correspond exactement 4 la hauteur d’un tambour; hauteur, 1“ 04 ; dpaisseur, 
environ, 0” 58; hauteur des figures, 0 m 80. 


Les figures sont placees sur un bandeau saillant, haut d'environ 0°‘ 085, qui 
monte en spirale de gauche a droite le long de la colonne; au premier plan, 
trois soldats casques, vStus d une tunique courle, armes de la lance et d’un 
grand bouclier circulaire, s’avancent vers la droite, precedes d’un cavalier (il 
ne reste que l’arriere-train du cheval); du premier a gauche, il ne subsiste 
qu’une partie du cole gauche du buste, presque de face, la tete informe et un 
fragment de la cuisse gauche; on distingue encore ici, comme chez le troi- 
sieme soldat, sur l’orbe interieur du bouclier, la boucle ou est engage l’avant- 
bras et la poignee que tient la main gauche; la lance qui devait etre portee a 
droite n’esl plus visible ; le second guerrier s’avance de profil, le buste incline 
dans le sens de la marche, la jambe droite en avant; il tient la lance de la 
main droite, posee sur la taille, et porte au bras gauche un bouclier a peine 
distinct (manquent la tete et le pied gauche ; jambe et bras droits informes); 
le troisieme marche le buste de face, la jambe gauche avancee et flechie avec 
le pied de profil, la droite tendue avec la pointe du pied tres ouverte, le 



K° 660 — FRAGMENT DE LA COLON NT D’ARCADIUS 


H3 

bouclier au bras gauche, la lance dans la main droite « au port d'armes » (tele 
tres mutilee}. Au second plan, represenles au dessus dcs per-onnages du pre¬ 
mier, deux autres soldats tres confus, dont les teles etaient sculptees sur le 
tambour superieur; le buste de l'un, avec 
la naissance des jambes, apparait entre 
les teles des deux guerriers de gauche du 
premier plan, le haut du buste de l'autre, 
au dessus de l’arriere-frain du cheval ; 
c’est sans doule a lui qu’appartient la 
jambe qu’on voit entre les pattes de l’ani- 
mal el celle qu'on devine derriere sa pa tie 
poslerieure droite ; a l’extremite gauche, 
contre la cassure du bloc, traces mutilees 
el tres reduites d’une autre figure ; — au 
dessous de la plinthe, il ne reste que les extremiles (fort rongees) de trois 
lances apparlenant aux guerriers de la spirale inferieure. 

La colonne d’Arcadius fut commencee on 403; en 421, Theodose II y placa 
la statue de son perequi, mutilee des le tremblement de terre de 542, futjetee 
sur le sol par celui de 741; la colonne elle-meme subsista jusque vers 1720; 
il n’en reste aujourd’hui que le socle, connu sous le nom de Avret tachy. 

A dire vrai, il esl difficile de savoir si ce fragment provient de la colonne 
d'Arcadius ou de celle de Theodose dont la construction remonte a 386 et qui 
s’ecroula au commencement du xvi® siecle ; si celle-ci pouvait etre reconnue 
dans un dessin publie par Ducange ( Constantinopolis Christiana , Paris, 1680, 
I, p. 79) et reproduit par Banduri ( Imperium orientate , Venise, 1729, II, 
p. 381 ; cf. Strzvgowski, l. infra l., fig. 8, p. 243; Gelfroy, l. infra /., fig. 5, 
p. 122), la question serait resolue, cardans cette colonne l’enroulement se fait 
de droite h gauche et non pas de gauche a droite, comme sur notre fragment 
et sur tous les dessins qui reproduisent la colonne d’Arcadius; mais ce mou- 
vement sinistrograde de la spirale, qui ne se retrouve, croyons-nous, sur 
aucune colonne sculptee, ne serait-il pas du simplement a une erreur du gra- 
veur? De toutes manieres, le dessin de Ducange est exlremement suspect et 
paraissait deja tel a Banduri qui ne put en relrouver l'original ( l. /., p. 380, 
col, de gauche). Comme confirmation de l’allribution Iraditionnelle, on peut 
signaler une certaine analogie entre notre fragment et la partie inferieure de 
la seplieme spirale (a compter du bas), telle qu'elle est reproduite dans le 
dessin de la collection Roger de Gaignieres, aujourd’hui a la Bibliotheque 
nalionale et publie par GefTroy (/. infra /., pi. X-X1II). 

Sur la colonne d’Arcadius —bibliographic recente ou Ton trouvera les refe¬ 
rences it l'ancienne — cf. E. Muniz, Revue des itudes grecques, I, 1888, 




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444 


N # 661 - BUSTE d’EVANGELISTE 


p. 318-325; A. Michaelis, Jahrhuch des archaeologischen Institute, VII, 1892, 
p. 91-92; J. Strzygowski, ibid., VIII, 1893, p. 230-249; A. Geffroy, Monu¬ 
ments Piol , II, 1895, p. 99-130; T[h.] R[einach], Revue des dtudes grecques, 
IX, 1896, p. 78-82 ; F. W. Hasluck, Annual of the british school at Athens, 
XVIII, 1911/12, p. 273; fig. 1, p. 274; sur l’etat actuel du socle, C. Gurlitl, 
Die Baukunst Konslantinopels, I, 1907, p. 46, fig. 41. [On trouvera d^crit 
dans Yappendice de ce volume deux fragments inedits de la meme colonne.) 


S. Reinach, Cut., n° 296;—J. Strzygowski,7a/ir5uc/i des archaeologischen lnstituts, 
VIII, 1893, p. 249, fig. 10; — A. Geffroy, Monuments Piot, II, 1895, p. 130. 

Photographie n° 481. 


661 (930) MSdaillon ddcord d’un buste d’dvangdliste. 


Constantinople ; la date d'entr6e n’est pas connue. 


Marbre blanc 4 gros grains cristallins ; Ie re vers est recreuse ; le m6daillon n’est complet 
qu’en bas ; partout ailleurs, it est bris£ selon les contours du buste qui est intact, sauf le 
nez bris£ et les doigts ligferement mil tiles; arrachements au revers du cr&nc; hauteur, 
0” 69; cote de l’octogone, environ 0“ 40; largeur maxima actuelle, 0" 65 ; hauteur de lat£te, 
du menton au sommet des cheveux sur le front, 0“ 25 ; de la racine des cheveux sur le front 
4 la commissure des 16vres, 0 m 14. 


Le medaillon etait de forme oetogonale; le buste lui-meme est sculpts en 
haut relief dans un cadre circulaire, forme d’un gros tore lisse; il est coupe 
au dessus de la taille et represente un homme assez age, tenant des deuxmains, 
sur le cot6 gauche de la poitrine, un livre relie, orne sur le plat d’une croix 
« byzantine » en relief; la tete, portee sur un cou epais et court, regarde devant 
elle; le visage est large, les yeux grands ouverts et incises d’une cavite en 
croissant, la bouche petite, accusee par un sillon etroit et profond, ereuse au 
trepan, mais interrompu au milieu ou le sculpteur a reserve un tres mince 
tenon de marbre qui unit les deux levres; les moustaches sont fines et peu 
fournies, la barbe courte, ronde et bouclee, les cheveux courts et ramenes vers 
le front qu’ils encadrent d'une sorte de bourrelet partage en grosses meches ; 
le sinus frontal est indique d’une maniere toute schematique par une depres¬ 
sion sans profondeur; les oreilles sont grandes; le caractere individuel est 
assez fortement marque dans l’expression du regard et dans le models de la 
paupiere inferieure, legerement bouffie, comme il arrive chez les hommes d’un 
certain age ; on observers que les bras sont trop courts pour le buste et le dos 
de la main trop court par rapport aux doigts; le vetement comprend une 



K" 601 — HL'STE 0 EVANGELISTS 


ilo 

lunique a manches longues et un mantcau qui, pose sur les epaules, descend 
sur le bras gauche et derriere le bras droit; la draperie est traitee sobrement, 
mais non sans une certaine recherche de pittoresque (notez le pli qui, au milieu 
du buste, souleve le bord de la tunique). 

Ge medaillon et les trois fragments suivants proviennent d un meme ensemble 
et represented vraisemblablementles 
quatre evangelistes — on a propose 
de reconnaitre dans celui-ci saint 
Marc; ils etaient destines a etre en¬ 
cashes dans un mur (la saillie de la 
tete sur le buste, dont on avoulu faire 
ctal pour supposer qu’ils decoraient 
les pendentifs d’une coupole, n est 
pas tres accusee ; c’est celle qui existe 
n^cessairement dans toutes les figures 
de ce genre, meme si elles sont pla- 
cees sur une surface plane); sur l’arete 
inferieure, deux legeres entailles sem- 
blent avoir ete destinees a recevoir 
des crampons (on les retrouve, plus 
grossierement taillees, au n" 663, et il en reste quelques traces au n° 662); elles 
ne sont pas modernes, mais il est probable qu’elles proviennent ou d’une 
reparation ou d’un reemploi du medaillon. 

La draperie, d’une execution un peu rude, mais decorative, est dans la tra¬ 
dition antique; la tete, avec ses formes deja aplaties el parfois incorrectes, 
son regard dur et fixe, son modele heurte ou sommaire, est deja teintee de 
« byzantinisme » ; la disposition des cheveux est celle qu’on retrouve sur les 
tetes et les monnaies imperials des le iv e siecle; l’oeuvre donne l’impression 
d’etre un peu plus recente qu6 notre n° 506, oil nous reconnaissons Valenti- 
nien II, et doit dater probablement du v° siecle. 

A. Dumont, Musde Sainte-Irine (Revue archtologique, 1868, 11), n° XXVII, p. 25a ; 

— Goold, Cat., n° 63 ; — S. Reinach, Cat., n° 530 b, c ou d ; — Joubin, Sculpt, gr. 
et rom., n° 168; — J. Strzygowski, Dyzantinische Zeitschrift, I, 1892, p. 585 sq., 
pi. Ill; Jahrbuch der hyl. preuszischen Kunstsammlungen, XXII, 1901, p. 33, fig. 

— G. Millet, dans A. Michel, Histoire de lari, I, 1, 1905, p. 157 ; — J. L. Heiberg, 
Tidsskrift for industri, VII, 1906, fig. 43, p. 166; — O. Wulff, Koenigliche Museen zu 
Berlin, BiUlwerke der christlichen Epochen, III, 1, Altchristliche Bildwerke, 1909, au 
n° 29, p. 18 ; — L. von Sybel, Christliche .inlike, II, 1909, p. 36, et note 2 a cette 
page j — Ch. Diehl, Manuel d'arl byzantin, 1910, p. 267 ; — O.-M. Dalton, Byzantine 
art and archaeology, 1911, p. 153 ; — L. Brehier, Etudes sur Vhistoire de la sculpture 
byzantine (extrait des Missions scienlifiques, nouvelle s6rie, 1911, fasc. 3), p. 13 [29]. 



Photographic n° 478. 



A16 


N° 663 - BUSTE d'eVANGGLISTE 


662 (932) Mddaillon dbcorb d’un buste d evangdliste; fragment. 

Constantinople; la date d'cntree n'est pas connue. 

Marbreblanc a gros grains cristallins; le revers est recreuse et semble avoir ete retaille 
rccemment; ilne reste que le bras gauche, profondement erode, l’avant-bras droit, le livre 
et la partie inferieure du cadre; les doigts mutilcs; en bas, 4 gauche, traces d’une entaille 
legerement creusee pour recevoir un crampon ; la mortaise pratiquee sur la tranche supe- 
rieure est moderne; hauteur, 0 m 32 ; largcur maxima, 0” 59. 

Ce qui subsiste reproduit le type du medallion precedent avec cette seule 
variante que le livre est place au milieu de la poitrine et que la main droile 
y repose avec un mouvement des doigts legerement different. 

A. Dumont, Muste Sainte-Irdne (Revue archeologique, 1868,11), n° XXVII, p. 235; 
— Goold, Cat., n° 83; —- S. Reinach, Cat., n° 530, h, c ou d; — Joubin, Sculpt, gr. 
et rom., n° 170 ; — menlionne par J. Strzygowski, Byzanlinischc Zeilschrift, I, 1892, 
p. 385 ; — cf, en outre la bibliographic citee au n° precedent. 


663 (931) Mbdaillon decore d’un buste d dvangdliste; fragment. 

Constantinople ; la date dentrie n’est pas connue. 

Marbreblanc 4 gros grains cristallins ; le revers est recreuse; brise a la peripherie 
comme le n° 661 ; manquent en plus la tete et le haut des epaules ; erosions profondes sur 

le cote droit de la poitrine, et, plus leg4res, 
sur les mains ; deux entailles, destinies 4 re¬ 
cevoir un crampon, sont grossierement creu- 
sees a la partie inferieure et entament le 
tore circulaire; hauteur, 0“ 41 ; largeur maxi¬ 
ma, 0“ 67. 

Type analogue aux precedents; il 
tient des deux mains, non pas exacte- 
ment au milieu, mais un peu vers la 
gauche de la poitrine, un livre sem- 
blable (la croix a ete martelee); le manteau recouvre ici les deux bras. 

A. Dumont, Muste Sainte-Irene(Revue archiologique, 1868, II), n°XXVII, p. 235 ; — 
S. Reinach, Cat., n° 330, b, c ou d \ —Joubin, Sculpt, gr. et rom., n° 169; — 
mentionne par J. Strzygowski, Bgzanlinische Zeilschrift, I, 1892, p. 385; — cf. en 
outre toute la bibliographie citee au n° 661. 



Photographie n" 1987. 



K° GO.'; — FRAGMENT D I N SARCOPHAGE I N PORPI1YRE 


UT 


664 (932 bi ») M6daillon ddcord d’un buste (d’dvangdliste ?); fragment. 


Constantinople ; la date d'entr6e n’est pas connuc. 


Marbrc blanc a gros grains crislallins ; rcvers rccrcuse ; il ne reste que le bras droil ct 
la partie droile dela poitrine, avec le bord inferieur du cadre du medallion ; main muti- 
14c ; nombreuscs erosions superficielles ; hauteur, 0“ 13; largeur maxima. 0” 19. 


Type analogue auxprecedents; le bras droit esl recouvert par le manleau, 
la main posee sur le milieu de la poitrine, les doigts recourbes et ne tenant 
rien ; si la figure portait un attribut, il reposait uniquementsur le bras gauche 
el la partie gauche de la poitrine. 

Mentionn6 par J. Strzygowski, Byzantinische Zeitschrift, I, 1892, p. 585;— cf. 
en outre toute la bibliographic citee au n° 661. 


665 (806 ; deja enreyMre au ir 3n) Fragment d un sarcophage en porphyre. 


Constantinople ; la date d'entree est inconnue. 


Porphyre rouge « imperial » ; revcrs drcsse; brisc de tous cotes ; manqucnl les teles 
dcs £ros ; la jambc droile du premier (4 gauche) et le haul de son bras droit soul erodes ; 
le buste ct les bras du second reduits 4 une masse informc, les picds brises, toute la jambe 
gauche eroddc, la partie inferieuredu panicrmanquanle ;du iroisieme , restent le buste 4rode, 
la jambe gauche bris4e au dessus de la cheville, le bras droit muti!4 4 la main, le gauche 
casse au dessous du coude ; erosions en divers endroits du rinceau ; la surface est profon- 
dement attaquee dans le bas; de l’oiseau place pres de la cassurc gauche, il ne subsiste 
que dcs traces confuses mais certaines ; hauteur, 0“ 65 ; largeur maxima, 1“ 20; (Spais- 
scur maxima, 0”' 275. 

Ce fragment, qui provient du long cote d’un sarcophage, est decore en 
haut relief d’un enorme rin¬ 
ceau, forme par 1’enroule- 
ment d’une tige epaisse 
recouverte de feuilles d’a- 
canthe melees a des pam- 
pres; dans le premier en- 
roulement, a gauche, un 
Eros, nu et tourneft droite, 
cueille des deux mains une 
grappe qui pend de cette 
tige ; sa jambe gauche 
avancee semble se perdre dans un panier de raisins ^en realile, elle esl placee 
derriere), qu’un second Eros, de profil a gauche, cherche a soulever avec 




448 


X° 666 - RELIEF I’AGANO-CHRETIE.N 


peine, en flechissant sur les jambes; l'osier tress6 du panier est represents par 
plusieurs rangs de petits earres et de petits cercles juxtaposes; dans le second 
enroulement, un troisieme Eros, de face, les jambes eroisees (marehant ou 
volant), tient une grappe de raisins de la main droite ecartee du corps ; la main 
gauche, dans une position a peu pres symetrique, soulenait un panier de rai¬ 
sins ; en haul, entre les deux enroulements conserves et a gauche du premier, 
deux oiseaux picorent a la Ireille ; en has, a la naissance du second enroule¬ 
ment, traces confuses d’une tete d’Eros. 

Ge fragment provient d’une replique, exacte a quelques details accessoires 
pres, du sarcophage de S. Constanza qui, dans la sala in forma di croce greca 
du Vatican, est oppose a celui de « sainte Helene » (Garrucci, Storia dell' 
arte crisliana, V, pi. 305 ; Helbig, Fuehrer, 2 e ed., n° 322 ; pour le sarco¬ 
phage de « sainte Helene », Helbig, ibid., n° 326, M. A. Frotingham, repre- 
nant une idee qui avait ete autrefois exposee par Riegl, l’attribue au ii c siecle 
et y voit le tombeau de Marc Aurele ; cf. American journal of archaeology, 
XIII, 1909, p. 59-60). Notre fragment date du iv e siecle et provienteertainemenl 
d’un sarcophage imperial, dont il serait d’ailleurs hasardeuxde vouloir recher- 
cher le proprietaire, bien que l’attribution a Constantin lui-meme n’ait rien en 
soi d’invraisemblable. 


A. Dumont, Musie Sainte-Irine (Revue archiologique, 1868, II), p. 259, n° XXXIII, 
4° ; — S. Reinach, Cat., n° 540; — Joubin, Mon. fun., n° 28 ; — Ph. A. D6thier, 
Moniteur universel, 22 juin 1868; Etudes archiologiques (oeuvre poslhume ), 1881, 
p. 18; — J. Strzygowski, Orient oder Rom, 1901, p. 77 sq. ; fig. 36, p. 79;— Bei- 
traege zur alien Geschichle, II, 1902, p. 105 et 120 ; — H. Leclercq, Manuel d'ar- 
chiologie chritienne, II, 1907, p. 260; —O.-M. Dalton, Byzantine art und archaeo¬ 
logy, 1911, p. 132. 

Photographie n" 1736, 


666 (935) Relief funiraire paienriemployi a l’ipoque chritienne. 


Ce relief est porte dans le Journal manuscrit de Dethier, f° 79, n° 365, a la date du 
18 juin 1880, comme ayant ete achete 2 livres turques et provenant dc Stamboul, quar¬ 
ter Ghedik pacha. 


Marbre blanc a gros grains cristallins ; revers fruste; faces laterales dressees ; visages, 
fronton, le haut du cadre & droite mutiles ; l’arete inferieure entaillee en son milieu par 
une section demi-circulaire; nombreuses erosions superficielles ; hauteur, 0” 515; largeur, 
en bas, 0“ 465 ; en haut, 0“ 385 ; epaisseur, 0“ 09 ; relief, 0“ 37 sur 0” 395 en bas et 0“ 34 en 
haut 


Stele fortement pyramidanle a fronton angulaire (le tympan n’est pas creuse); 



N° t,f,: - BELIEF COLOSS I I, DE NIKE 


U9 

le relief est sculpte sur un champ ravale ; — au milieu, un homme debout et de 
face, vetu de la tunique el du manleau entr'ouverl sur le haut du buste. Ics 
mains poseesl'uneaudessusde l’autresur la 
poitrine et tenant un long volumeu ; a droite 
et a gauche, une femme debout et de face ; 
chiton et himalion releve sur la tete, en- 
tr’ouvert sur le haut du buste et couvrant 
les bras, le droit plie contre la poitrine, le 
gauche baisse; a chaque exlremite, une 
fillette en tunique longue, l’avant-bras droit 
pose horizontalement sur la taille, la main 
gauche soutenant la tete ; entre l’homme et 
la femme de droite, un jeune gar?on en tu¬ 
nique courle, les jambes croisees, dans la 
meme attitude que les lillettes. 

La pierre est palenne, d’epoque hellenistique ou dcs environs de 1‘ere chre- 
tienne; on voit encore, au dessus du fronton, les traces de l'inscriplion primi¬ 
tive : 

x.... V-vr.X-,/;-: 

Elle a ete reemployee par des chreticns qui ont sculpte une croix en relief 
sur les cuisses de l'homme en ravalant legerement tout autour la surface du 
marbre ; une autre croix a ete incisee sur le fond, a droite de sa tete, et une 
troisieme, plus petite, sur le fronton, avec les lettres : 

Cf. un banquet funebre de la Chersonnese taurique, ap. Cabrol, Diction- 
naire d’archeologie chretienne et de liturgie, II, 2. s. v” Caucase, col. 2642, 
fig. 2207. 

A. Mufloz, Xuovo hullettino di archeologia cristiana, XII, 1906, p. 118; pi. IV, 3. 

Photographic n" 191. 




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667 (918) Relief colossal de Nikd. 


Constantinople; extrait du mur denceinte, pres d'KV\an serai'capoussou, sur le cote 
d'une porte murAe ou l’on recounait la porte toj xjvr ( yo3: dAs le 22 juin 1878, Dethier .Jour¬ 
nal manuscrit, t°~5, n" 317 adressait un « rapport 4 S. E. Salih bey. reis efTendi et muste- 
char [du ministAre de 1 instruction publique] sur : .1) Vicloire , bas relief flanquant la porte 
muree thAodosienne de Xylokerkos, niurs de la maison du juif Haiwan Serail (sic ... 4 
fairc transporter au musAe » ; le monument n'y est entre qu'en mars 1891 <assez longtemps 
aprAs cette Apoque, on le trouve encore mentionnA dans certains guides de Constantinople 
A la place qu'il n’occupait plus: cf. par exemple, Meyers Reisebuecher, Tuerkei, Rumae- 
nien , Serbien, Rulyarien. 3' ed., is»s, p. 318 . 


29 





480 


N° 66* — RELIEF COLOSSAL t)E NIKE 


Marbre blanc & gros grains cristallins; la plaque est brisee, k gauche, pres des contours 
de la figure (l’angle inferieur gauche est conserve ; Tangle supirieur droit mutile); le reste 
est bris£ en un grand nombre de fragments inegaux qui se rajustent avec quelques lacunes 
insignifiantes aux joints; manquent l’aile et le bras droits ; tout le visage, au dessous des 
yeux, est emporte, et les yeux memes trds attaques ; nombreuses erosions superficielles; 
les cheveux sont travaill^s au tr6pan ; hauteur, 2 ” 68; largeur, 1 “ 50; epaisseur du fond, 
0” 05. 

Grande dalle rectangulaire, sans encadrement; plinlhe irreguliere represen- 
tant le sol; — une Nike s’avance vers la gauche, d’une allure rapide, la jambe 
droite flechie, la gauche en arriere et violemment tendue, le buste de face, la 

tete de trois quarts a gauche ; de la main gau¬ 
che baissee, elletient une longue pahne,etroite 
et recourbee, qui se dresse devant l’epaule et 
dont la surface est striee en aretes de poisson; 
le bras droit, a en juger d’apres la cassure de 
l’aisselle, devait etre releve (la main tenait 
sans doute une couronne); l’aile gauche, lon¬ 
gue et soigneusement detaillee, est baissee 
verticalement; la deesse est velue a l’anti- 
que, d’une tunique sans manches a apoptygma 
serre sous les seins par un cordonnet a Hot 
releve; l’etoffe, legere et souple, collee a la 
chair par le mouvement de la marche, se 
creuse, entre les jambes et derriere la jambe 
gauche, de plisprofonds etrecourbes, et laisse 
transparaitre, entre les petits plis minces et 
crepes qui l’animent sur le corps, des formes 
vigoureuses mais mal proportionnees : la 
poitrine courte, grele et etroite, les seins tres distants, l’abdomen rebondi, 
les hanches fortes, les cuisses puissantes, les jambes longues et musclees; le 
cou est large, le visage charnu, les yeux incises; les cheveux abondants for- 
ment, sur les cotes, deux masses bouffantes qui couvrent en partie les oreilles 
et se nouent sur le devant de la tete. 

Le plus ancien temoignage que nous connaissions au sujet de ce relief est 
celui du jesuite Paul Talferner, chapelain du comte styrien Walter de Leslie, 
ambassadeur de l’empereur Leopold I pres de la porte ottomane en 1665 (cf. 
von Hammer, Histoire de Vempire ottoman , trad. J. J. Ileller, XI, [1838] 
p. 215 sq.) : « in descensu clivi defluentis in Euxini brachium, porta perampla 
sed obstructs muro conspicitur: fama fert limitem hunc fuisse aulae magni 
Constantini. Ad dextrum portae latus adstat angelus a candido et eleganti mar- 
more effigiatus, statura celsior, ac virilem praeseferens (sic), et insertus muro; 
ad laevam, Deipara visitur, proportione priori consimilis, atque ab angeio con- 





N° 667 — RELIEF COLOSSAL I)E NIKE i'it 

salutatam referens. » (Caesarea legalio quatn maiulanle augustissimo riiiiia- 
norum imperalore Leopoldo /. ad porlam ottomanicam suscepit perfecilque 
excellenlissimus Dominus Dominus Walterus comes de Leslie, pars III, p. 94; 
nous citons, cn corrigeant sa transcription tres fautive, d'apres M. van Millin- 
gen, l. infra l ., qui, a la p. 113, note 5, donne la date 1688, et a la p. 19*. 
note 3, la date 1668 ; la vraie date est 1672 ( Viennae Austriae impensis 
Leonhardi Chrislophori Lochneri, anno ni. dc. Ixxii.) ; il a paru d’ailleurs 
une traduction francaise de cette relation comme seconde partie de 1 'Histoire 
de Vital present de Fempire ottoman, traduil de I'anglais de M. Bicaul par 
M. Briot, Amsterdam, Abrah. Wolfgank, 1672, pet. in-12, fig. 

Ni le patriarche, ni Byzantios ne parlent du second relief; A. D. Mordlmann, 
qui reconnaissait ici l’archange Gabriel, declare que « le pendant avec la 
sainle Vierge, completant la representation de l’annonciation, existait encore 
il y a une cinquantaine d’annees » ; Grosvenor ecrit : « it [the hunter's gate] 
consists of a single spacious arch, which was solidly walled up immediately 
after the conquest; on the left side, in has relief, is the colossal figure of the 
archangel Michael, holding a palm leaf; on the right a Jewish house, which 
has been built close against the wall, completely conceals a corresponding bas 
relief of the holy virgin; the whole scene represents the annunciation. » 

Il y a la une erreur manifeste qu’on s’elonne de voir adoptee par M. Slrzy- 
gowski : la figure est inconlestablement feminine et ne peut etre qu'une Vic- 
toire; la figure qui lui r^pondait ^tait-elleune autre Yictoire dont l’imagination 
populaire avait fait une Panaghia ? Ou, au contraire, notre relief ayant ete, a 
une cerlaine epoque, pris pour un ange, a-t-on voulu dans la suite lui donner 
comme pendant une sainte Vierge pour realiser la scene de 1’annonciation ? 
L’un et l’autre est possible; ce qui est certain, c’est que le sculpteur a repre¬ 
sents une Nike. Rappelons ici que, si les empereurs chrelieus exclurent du 
senat la statue et le culte de la Victoire, ils la conserverent sur leurs mon- 
naies; on l’y trouve associee aux symboles de la croix et du Christ; elle est 
sur les dyptiques consulaires et imperiaux; les chretiens distinguerent done 
entre la divinite idol&tre et la personnification allegorique qui ne repugnait 
pas a leurs idees (de meme les juifs : cf. dom Leclercq, Manuel d'archiologie 
chretienne, 1, p. 314 sq.); la Victoire futconsideree comme un munus Dei : a 
deo datur bicloria (Renier, Inscriptions de VAlgerie, n° 4237). C’est a ce titre 
qu’elle apparait sur fare de Constantin, sous un type qui presente d’ailleurs 
avec celui de notre relief de grandes analogies de style (Venturi, Storia dell’ 
arte italiana, I, fig. 32, p. 39), qu-’elle est donnee comme attribut a l’empereur 
qui, tel un Zeus nicephore, la porte sur la main, avec ou sans le globe [par 
example, ILonorius, dans le diptyquede Probus (Molinier, Les ivoires, pi. Il); 
Constance, dans la copie Barberini du Calendrier des fils de Constantin 
(J. Strzygowski, Jakrbuch des archaeologischen Instituts, Ergaenzungsheft 
1, pi. XXXV ; Kondakolf, Histoire de Fart byzantin, I, p. 66-67); Valenliuien 



452 


N° 667 — RELIEF COLOSSAL DE NIKE 


dans le bouclier d'argenl de Geneve (Strzygowski-Pokrovskij, Der Silher- 
schild aus Kerlsch, dans Materiaux pour l' archeologie russe, 1892, p. 9)], 
qu’elle vole vers lui, comme dans l’ivoire Barberini du Louvre (Ch. Diehl, 
Justinien, frontispice), ou qu’elle precede son cheval, comme dans le bouclier 
d’argent de Kertsch (Strzygowski-Pokrovskij, l. supra l., pi. 1) et dans le 
medaillon d’or qui fut vole en 1831 au Cabinet des medailles (Ch. Diehl, l. L, 
p. xi). Dans un style tout different, on pourra encore rapprocher de noire 
relief celui de Saint Marc (Ongania, La basilica di S. Marco, pi. 10 k 
gauche). 

L'habitude d’orner les portes de reliefs remonte a de tres lointaines origines 
orientales et ioniennes (cf. Bulletin de correspondance hellenique , XXIV, 
1900, p. 567, note 5) ; une inscription d’Es Sanamein (S. Reinach, Chroniques 
d'Orient, II, p. 267), dedicace a Zeus kyrios du temps d’Herode Agrippa II, 
mentionne une porte guv vetxaSiot; xai Xsovvapioi;; a 1’epoque chretienne, on 
trouve un ange sur la face interieure des pieds-droits du monastere de Ivhodja 
Kale, a Aladja en Lycie (Arthur C. Headlam, Ecclesiastical sites in Isauria, 
supplementary papers de la Society for the promotion of hellenic studies, fig. 
1, p. 10); au tombeau de saint Luc, a liphese, Wood a signale une figure de 
saint ou de martyr ( Discoveries at Ephesus, p. 57). A Constantinople meme, 
C. G. Curtis a dessine, dans une planche qui a pour titre « outside the enclo¬ 
sure of Serai' bournou », un bas relief, encastre « on east side of a tower in 
the same neighbourhood representing a Victory holding up an escutcheon 
bearing the monogram of Heraclius (?) » ( Broken hits of Byzantium, part 1 st , 
dessin n°2; les pi. ne sont pas numerotees). 11 est curieux de retrouver dans 
l’art seldjoukide un motif analogue a notre Victoire : sur une des portes de 
l’enceinte de Konia — elevee en 1221 par Kai Khobad et aujourd’hui detruite 
— Texier vit encore deux g^nies ailes qui se repondaient symetriquement de 
part et d’autre de l’archivolte ( Description de I'Asie mineure, II, p. 147, et pi. 
97); ces genies sont aujourd’hui conserves au musee de Konia [G. Migeon, 
Manuel d'art musulman, p. 78, fig. 68 (la legende de la figure indique k tort 
« bas-relief en stuc sculpte » ; l’ceuvre est en pierre, comme il estdit correcle- 
ment a la p. 77); F. Sarre, Jahrbuch der kgl. preuszischen Kunstsammlun- 
gen, XXVI, 1905, p. 85, fig. 19, et Erzeugnisse islamischer Kunst, II, Seld- 
schukische Kleinkunst, 1909, p. 3 sq.; pi. I a et b ; le photographe Solakian, 
de Konia, possedait dans sa collection des cliches de ces deux monuments], 

Le type de Nike reproduit ici remonte a un original de la fin du v e siecle 
av. J.-C. ; il est clair que le sculpteur n’a pas eu devant les yeux un modele 
de cette epoque et qu il s’est simplement conforme au type traditionnel, qui 
devait lui etre connu dans sa « redaction » hellenistique : en effet, la disposi¬ 
tion de la coiffure ne se rencontre pas avant cette epoque, et on la retrouve 
precisement dans tout un groupe de petites Nikes myrineennes; les propor- 



N° 668 - RELIEF I MAJESTAS DOMINI 


453 


lions du corps, poitrine grele, abdomen saillant, larges hanches, rappellent 
aussi le « canon » hellenislique ; mais nous serions plutot tentes de recon- 
naitre ici dans ces traits la marque meme de l’epoque oil noire relief a ete 
sculpte : le meme epaississement des formes caracterise certains reliefs de l'arc 
de Constantin [comparez, par exemple, la Victoire au trophee (Venturi, /. /., 
lig. 30, p. 37 j avec la meme figure de la colonne trajane ibid., fig. 31, p. 38 ; 
la Victoire du Calendrier de 35i (Strzygovvski, l. 1., pi. VIII ; . presente des 
caracteres analogues; elle a a la fois les memes proportions et la meme coiffure 
que la ndtre, qui, probablement, date aussi du iv e siecle ; quelle que soil 
l’epoque ou l’on doive atlribuer cette partie de l’enceinte, le relief a pu y etre 
reemploye. 

Constantios le patriarche, KtmuvTivia; -aX«'.a :: ii: vsMtipa f,zoi r.zy.- 
yp*or) Kru'/iTaviivouroXc'');, 2° 6d., Constantinople, 1844, p. 21-22 ; — Scarlatos 
D. Byzantios, 'H K&iva-avTivo j~oXi;, Athenes, 18.'il, p. 382; — A. G. Paspalis, 
Bujavxivai peXstai, 1877, p. 2-3; — D r A. D. Mordtmann jun r , Esquisse lopogra- 
phique de Constantinople, Lille, 1892 [= Revue de Vart chrttien, 34' annee, 4" serie, 
t. II (XLI" de la collection), 1891, p. 22-38 ; 207-223 ; 363-383; 463-483), p. 39, $ 6.3 
[= p. 366, § 65]; — S. Reinach, Revue archtologique, 1893, II, p. 333; Chroniques 
d'Orient, II, p. 434; — American journal of archaeology , XI, 1896, p. 310; — E. A. 
Grosvenor, Constantinople, Londres, 1893, II, p. 581-582; — A. van Millingen, 
Byzantine Constantinople, the walls of the city, Londres, 1899, p. 198 et pi. A cette 
page; — J. Strzygowski, Orient oder Bom, 1901, p. 29-30 ; — G. Mendel, Revue de 
l ari ancien el moderne, XII, 1908, t. xxm, p. 12 ;— L. Brehier, Etudes sur I'histoirc 
de la sculpture hyzantine (Archives des missions scienlifiques, nouvclle serie, 1911, 
fasc. 3), p. 12-13 (28-29). 

Photographic n* 274. 


668 (2396) Relief : majestas domini. 


Constantinople, Imrahor djamissi (Stoudion); fouilles de 1‘institut archdologiquc russe, 
10/21 novembre 1908; sur l’cmplacemcnt exact oil ont etc trouvees cette plaque et les sui- 
vantes n " 669 et 670) et sur les circonstances de la d6couverte, cf. plus bas, p. 461, la note 
de M. 11. Pantchenko ; entr3 au mus£c cn octobre 1910. 


Calcaire blanc, se rayant facilement & l’ongle, A grains tr£s fins et trAs homogAnes ; 
revers fruste ; tranche superieurc dressee ; retaille A gauche et probablement A droile ; 
tranche infcricure Apannelce ; la pierre s’est dAlitee en certains endroits, prAs des arAtes ; 
de mAme, le nez, la main et l’avant-bras droits de Pierre, sa main gauche, le croisillon hori¬ 
zontal gauche et la partie infArieure du bras vertical de sa croix, l extrAmile gauche et la 
moitid droitc du tabouret du Christ, une feuille de 1‘arbre ont Ate emportes par un dclit 
regulier ; drosions sur le nez, quelques boucles de cheveux, le pied droit du Christ , sur 
In lAvre supdrieure de Pierre ; la zone de feuillage esl assez gravement mutilde, surtout pri s 
de l’lirete superieurc dont le listel esl presque eomplAtement rabattu : — au revers, Tangle 
supericur gauche parait presenter les restes d’une grande morlaise, longue d au moins 0“ 19 
et profondc de 0"- 12. 



454 


N° 668 


relief: MAJESTAS DOMINI 


Les traces de couleur rouge sur la jambe droite du Christ sont rdcenles. 

Ilauteur, l m 095 ; largeur, l m 49 ; epaisseur maxima, 0“ 155 ; hauteur du champ, mcsurie 
sur le fond, 0™ 755 ; du bandeau superieur, 0" 17 ; du bandeau infdrieur, 0“ 155 ; hauteur du 
Christ au dessus du tabouret, 0“ 67 ; le tabouret compris, 0” 74; hauteur de Pierre, 0” 73 ; 
(pour les mesures suivantes, priere de se reporter a la figure) dc l'angle inferieur droit de 
la partie sculptee a l'arete gauche de la plaque, 0” 89 ; du nicme point a I’arGte droite, 
0" 605 ; de ce point, en suivant les contours de la partie nue, on a : verticalement, 0“ 47 ; 
horizontalement, 0” 115 ; obliquement jusqu'4 la rencontre du bandeau supiirieur (qui se 
produit a 0“ 23 de l'arete droite de la plaque), 0“ 405 ; sur ce bandeau, la .longueur maxima 
de la partie nue (du sommet de l’angle forme par les deux pointes de la derniere feuiile 
du rinceau jusqu’4 l’arete droite de la plaque) cst de 0"285. 

Dalle reclangulaire, encadree en bas par un bandeau nu, en haul par une 
frise d’acanlhe comprise entre deux listels; la feuiile, aux grandes dentelures, 
decrit de larges ondulations ; il s’en detache trois capsules de grenade, donl 
l’une se lermine derriere une petite croix qui, placee juste au dessus de la tete 
du Christ, marque le milieu de la composition primitive; relief plat; — le 
Christ est assis sur un siege sans dossier, a pieds greles, muni d’un epais cous- 

sin qui deborde le 
corps des deux co¬ 
tes ; tete et buste 
sont de face, les 
jambes dcartees, 
les genoux tres 
distants; les pieds 
divergents, caches 
sous des bottines 
extremement effi- 
lees, touchent a 
peine de la pointe 
— et le gauche 
moins encore que 
le droit — le long 
tabouret bas place 

devant le trone ; le visage, jeune et imberbe, port6 sur un cou epais et Ires 
court, est presque carre, aveo de grands veux ronds dontle globe, saillant et 
sans paupieres, est legerement creuse d’une cavite circulaire ; le nez est long, 
les levres assez epaisses et separees du menton par une tres profonde gouttiere; 
une chevelure bouclee encadre la tete, couvre les oreilles et descend sur les 
epaules ; le vetement comprend une tunique longue et un manteau qui, pose 
egalement sur les deux epaules, s’entr’ouvre en ovale sur le buste et couvre 
tout le reste du corps ; la main droite, degagee, est posee sur la poitrine, les 
doigts joints et allonges;. la main gauche est cachee sous la draperie (un large 
flot d’etoffe tombe verticalement de cette main sur le c6te du corps), et tient 




N° 608 


RELIEF : MAJESTAS DOMINI 


I'll) 


un livre dont les pages ouvertes se presentent de face au speclaleur. A la 
gauche du Christ — repondant a Paul qui occupait sa droite — Pierre est 
debout, paraissanl reposer sur le pied gauche ; ee pied, vu de face, avec un 
tres leger mouvement vers le dehors, ne touche pas le bord du cadre que 
le pied droit ne fait d’ailleurs qu’effleurer de la pointe du soulier; Tapotre 
porle une tunique a manches longues et un manteau, qui, pose de biais de 
1’cpaule gauche a la hanche droite, couvre tout le corps, sauf la partie droite 
du buste ; levant la main droite sur le cote a hauteur de Tepaule, la paume 
ouverle et en avant, il tienl de la main gauche une grande croix, longue et 
paltee ; le visage denote un age deja avance : le front est traverse de deux 
rides ; la barbe est courte, rude, bien fournie ; les cheveux courts aussi et 
ramenes vers le front; les oreilles, tres sommairement sculptees, sont grandes 
et decollees ; les yeux sont traites comme ceux du Christ, mais creuses, 
semble-t-il, d’une cavite un peu moins profonde. 

Les draperies sont detaill^es par des sillons paralleles, tres rapproches, 
d’une execution singulierement monotone et denuee de tout caractere plastique ; 
ils ne se distinguent que par leur direction : verlicaux sur les tuniques ; dans 
le manteau du Christ, sur le buste, convergeant vers l’abdomen, horizontaux 
sur les cuisses, obliques sur les jambes; sur le manteau de Pierre, tous les plis 
obliquent legerement selon une ligne qui va de l’epaule gauche & la cheville 
droite, arretes seulement par une sorte de « tourbilion » — d’ailleurs inexpli¬ 
cable dans la forme ou il est indique — qui contourne la cuisse droite et a l’in- 
lerieur duquel les plis, presque exactement verticaux, paraissent continuer 
ceux de la tunique, 

A droite de Pierre (pour le spectateur), se dresse l’arbre de paradis, au 
tronc grele et lisse, termine par un bouquet de feuilles traitees comme celles 
del’acanthe ; au delii, regne une surface nue, de niveau avec le cadre du relief; 
celle surface, dont noire figure montre la forme, porte des traces de rape, qui, 
tres visibles dans la partie voisine du tronc d’arbre et dans Tangle superieur, 
ontdisparu parlout ailleurs, soil que Touvrier les ait ravalees, soit plutot que 
les conditions dans lesquelles la pierre a ete reemplovee aient expose cette 
region a plus d’usure ; Tangle determine par cette surface et le bandeau supe¬ 
rieur est rempli par une feuille d'acanthe ; sur le bandeau meme, le travail a 
la rtipe est pousse jusqu’au sommet de Tangle forme par les deux feuilles 
extremes du rinceau ; toute cette partie etait cachee par une autre pierre qui, 
6lant donne les contours de la surface recouverte, devait appartenir a larampe 
d’un ambon ou d’un escalier. 

Pour le style et la date de ce relief et des deux suivants, nous renvoyons k 
la note que nousdevons a Tobligeance de M. Panlchenko, ci-dessous, p. 461 sq. 


B, Pantchenko, Bulletin de I'institut imperial russe d’archiologie k Constantinople, 



456 


N° 669 - RELIEF : ENTRfiE DU CHRIST A JERUSALEM 


XVI, 1912, p. 1 sq., pi. I ; — Th. Macridy bey, Jahrbuch des archaeologischen Insti- 
tuls, XXVII, 1912, archaeologischer Anzeiger, col. 586, n° 11; — Til. Ouspenski, 
IJistoire de Vempire byzantin , I, 1913, pi. VIII a la p. 256. 

Photographie n° 2027. 


669 (2395) Relief : entree du Christ a Jerusalem. 


Constantinople, Imrahor djatnissi (Stoudion) ; fouilles de l'institut archcologiquc russe, 
10/24 novembre 1908 ; sur l’emplacement exact oil ont etA trouvees cette plaque et les deux 
plaques, n°’ 668 et 670, et sur les circonstances de la dAcouverte, cf. plus bas, p. 461, la 
note de M. B. Pantchenko ; entre au musee en octobre 1910. 


Calcaire blanc, se rayant facilcment A l’ongle, a grains tres fins et tr£s homogAnes ; revers 
fruste ; tranches superieure et inferieure bouchardies ; tranche gauche fruste; tranche droite 
relaillee ; brisee en quatre fragments, savoir : la partie droite, le Christ (moins la tete de 
l’ane), la partie gauche (en deux morceaux) ; la partie inferieure a ete decoupec, a 0" 1 44 de 
l’arete gauche et A 0“ 495 de l’arete droite (soit sur une largeur de 0" 51 a 0 m 53), et sur unc 
hauteur de 0 m 29 4 0” 31, par une entaille rectangulaire qui, s'ajustant 4 celle qui est prati- 
quee sur le cote gauche du n" 670, constituait 1‘ouverture de l'ossuaire dans lequel ces dalles 
ont 4te rcemployees (cf. la note de M. B. Pantchenko, ci-dessous, p. 461); ont Ate emportes: 
le bas de la jambe droite et le pied droit du Christ , la ligne du ventre de l’4ne, qui a perdu 
ses deux jambes droites et le liaut de la jambe posterieure gauche ; le sabot antArieur 
droit est brise, l’extrAmitA du museau, la bride, la naissance de la queue mutilces ; jeune 
homme de droite, premier plan : traits du visage informes; extremite du manteau brisee; 
jeune homme de droite, deuxieme plan : nez brise ; manque la plus grande partie du 
rameau de la main gauche; jeune homme de gauche : traits du visage informes ; ramcau 
mulile ; Jerusalem : petite cassure au barreau de la ieMetre ; pierce fissuree ; erosions sur 
la decoration du cadre, en particulier au bandeau supAricur ou lelistel de l’arete est en 
partie rabattu, les teles des animaux brisees ou indistinctes ; toute la surface est usee, les 
details du relief attAnues et comme amorlis par 1'ellet de l'humidite : hauteur, 1 mAtre ; lar¬ 
geur, 1™ 51 ; epaisseur, 0“ 133 4 0 m 16 ; hauteur du champ, 0” 755 ; du bandeau infdrieur, 4 
gauche, 0 m 065 ; a droite, 0 ,n 05 ; dimensions du bandeau et des listels du cadre, en haut, 
0” 045 + 0“ 09 + 0“ 04 ; 4 gauche, 0” 095 + 0”10 + 0" 04 ; distance de l’arete gauche 4 
l’axe de la croix, 1” 04 (e’est, a quelques centimetres pr4s, la moitid de la largeur primi¬ 
tive) ; hauteur du jeune homme de droite, premier plan, 0 m 56 ; du jeune homme de gauche, 
0» 745. 


Dalle rectangulaire, encadree en bas d'un bandeau nu, servant de plinthe 
aux figures, en haut et sur les cotes d’une frise de feuillage comprise entre un 
bandeau exterieur et un listel interieur ; dans la partie verticale, e’est un rin- 
ceau d acanthe ; un belier, profil a gauche, la tete tournee a droite, y mange 
une pousse de la tige ; le travail n est acheve et le fond creuse a la profondeur 
normale que dans le haut ; la partie inferieure n est qu’ebauchee; dans la 
partie horizontale, c est un rinceau de pampres, avec des vrilles, une grosse 
grappe de raisins, une feuille a trois lobes, mais termine par deux feuilles 
d acanthe, vues de profil; le passage d un bandeau a l’autre est menage par 
une feuille d acanthe mal caracterisee, dont la nervure centrale se place sur 
la bissectrice de 1 angle ; le centre de la composition primitive est indique, sur 



N° 669 - RELIEF : F.NTRtfE DU CHRIST A JERUSALEM 157 

la i'rise superieure, par une petite croix inscrite dans un m<5dailIon de perles 
rondes ; de part et d'antre, un fauve nial determine, a pelage lisse, dans I’at- 
titude d’un chien jappant, la patte anterieure du second plan posee sur le 
medaillon ; au dela, et separe de ce motif central par les feuilles extremes du 



rinceau, une colombe tournee de profil vers l'interieur (les deux moilies de 
cette frise paraissent avoir ete exactement symetriques); — le relief est assez 
liaut, le modele arrondi ; d’ailleurs le fond n’est pas a un niveau constant, mais 
se releve un peu vers la gauche et tres sensiblement vers la droite ; — le Christ, 
mont6 sur un line, ou, d’apres M. Pantchenko, sur un mulet, arrive devant 
Jerusalem ; imberbe, avec de longs cheveux ramenes sur le front, cachanl les 
oreilles et tombant sur la nuque et le haut du dos, il leve la main droite et 
benit, la paume ouverte, tenant la bride de la main gauche sur le cote droit de 
l’encolure; il est vetu d'une tunique a manches descendant aux coudes, et 
d’un manteau pos6 sur l’epaule et couvrant tout le bras gauche, degageant le 
bras droit et drapant toute la partie inferieure du corps au dessous de la taille; 
sa monture, dont les mutilations ne laissenl plus voir le sexe (c'est une ovo? 
chez Matthieu, 21,2; un itwXo; chez Marc, 11, 2, et chez Luc, 19, 30), s’avance 
vers la droite, relevant tres haut la jambe anterieure gauche, les oreilles dres- 
sees (la concavile du cornet tournee vers le Christ); le harnais comprend, outre 
la bride, un tapis de selle (les tpaxta disposes par les disciples, Matth., 21, 7; 
Marc, 11,8; Luc, 19, 35), maintenu en avant par un poitrail, en arriere par 
une avaloire. Trois jeunes gens l’entourent. tous trois imberbes, avec des 
cheveux courts ramenes vers le front ; Us ont, comme le Christ lui-meme, des 
yeux enormes, cernes de lourdes paupieres et creuses d’une cavite circulaire ; 
leurs pieds semhlent chausses ; ils sont vetus de la tunique courte a manches 
longues — ce ne sont done pas les apdlres, qui seraient certainement drapes 




4S8 


N° 670 - RELIEF : LES APOTRES 


dans le pallium, mais les infantes hehraeorum dont il est parle dans les apo- 
crvphes (cf. Gesta Pilati, I, ap. Tischendorf, Evangelia apocrypha , ed. alt., 
1876, p. 340); l’un d’eux, a droite, au premier plan, de profil H gauche, la 
jambe gauche en avant, le buste incline dans le meme sens, ddploie son manteau 
devant le .Maitre ; un autre, au second plan, place plus haut sur le champ, mais 
de la meme taille (on ne voit pas le has de ses jambes) et d’un relief sensible- 
ment egal, le buste de face, la tele de profil a gauche, agite une feuille de pal¬ 
mier dans chacune de ses mains levees; le troisieme, a gauche, beaucoup plus 
grand que les precedents (il occupe toute la hauLeur du champ), tend la main 
cauche ouverte vers le Christ et leve une feuille semblable de la main droite 

r> 

(tele et buste de trois quarts a droite ; la jambe gauche de profil a droite ; jambe 
droite de face, avec le pied de profil a gauche, d’ailleurs tres sommairement 
traite et venant mourir, incomplet, contre le lislel du cadre). A l’extremite 
droite, Jerusalem est indiquee par une tour d’appareil isodomique, percee en 
haut d’une fenetre carree, que ferment deux barreaux perpendieulaires, et 
surmontee d’un pignon aigu dans lequel est menagee une petite ouverture rec- 
tangulaire. 

Le mur de la ville se continuait vers la droite, sous forme d’une paroi lisse, 
et, sur la Crete, apparaissaient d’autres personnages, saluant le Christ : on 
voit encore, a droite du pignon, les resles d’un bras tenant une feuille de pal¬ 
mier ; la figure elait naturellement de dimensions plus petites que celles qui 
sont conservees. 

Cf. la note de M. Pantchenko, ci-dessous, p. 461 sq. 


B. Pantchenko, Bulletin de Vinstilut imperial russe d'archiologie a Constanti¬ 
nople, XVI, 1912, p. 1 sq. ; pi. II ; — Th. Macridy bey, Jahrbuch des archaeologi- 
schen lnstiluls, XXVII, 1912, archaeologischer Anzeiger, col. 585-586, n° 13 ; — 
Th. Ouspenski, Ilistoire de I'empire byzanlin, I, 1913, pi. VII ala p. 240. 

Photographic n° 2022. 


670 (2394) Relief: les apfitres; un 6vang61iste. 


Constantinople, Imrahor djamissi (Stoudion); fouilles de l’institut archeologique russe, 
10 21 novembre 1908; sur l'emplacement exact oil ont cte trouvces cette plaque et les 
deux precedentes (n 0 * 668 et 669), et sur les circonstances de la decouverte, cf. plus bas, 
p. 161, la note de M. B. Pantchenko ; entre au musee en octobre 1910, 


Caleaire blanc, se rayant facilement ii l’ongle, A grains tres fins et tres homogenes ; 
rcvers fruste ; tranches superieure, inferieure, gauche boucliardees (le travail est plus 
grossier sur la tranche de l’acrotere; les traces de r&pe sont encore bien visibles sur le 
bandeau nu qui encadre la composition & gauche et en bas); retailld k droite; brise en 



>'° 670 - RELIEF : LES APOTRES 


i.'iit 

trois fragments (plus un petit fragment rajuste pres <lc Tangle inferieur droit,: la parlic 
gauche u tit ddcoupee, a 0" 29 ou 0" 30 de l’arelc inferieure, sur une largcur de 0“ 183 a 
O'" 235, et sur une hauteur de 0“ 51 a 0 m 53, par une cntaille rectangulaire qui a emporte 
tout le pilier 'sauf la base) qui fermait la composition de ce cote, le bas du panueau 
triangulaire de Tangle sup4rieur gauche el lc haut du bras gauche du premier personnage 
(4 gauche du premier plan ; le sectionnement de la pierre a droite a emporte d'autre 
part toute la tele, la main droite et la moitif gauche du corps du troisieme personnage de 
cc memc plan; tousles nest sont brixex: nombreuses erosions superticielles; Yerangelisle 
de l acrolere a la tele informe et les mains mutilces: 1’oiseau, dans le panneau triangu- 
laire, a lc corps endommage ; le bas de la palmette adisparu ; — les ycu.\, la glande lacry- 
male, les oreillcs, les narincs, et, sur le panneau triangulaire, les , veu.\ *> de la palmetto et 
Tespace entre les grains de la grappe sont creuses de petites cavites executees au tripan ; 
tout le reslc est travaiile exclusivement au ciseau ; — sur la tranche gauche, deux mor- 
taises rectangulaires dont les axes sont respectivement 4 0“ 10 et 0 ,n 38.de l’arete supe- 
rieure: — hauteur, a gauche Tacrotfere comprisj, 1“325; hauteur, 4 droite, sur la face 
anlerieure, 1 metre ; au re vers, 1‘" 01 ; largeur, en bas, 0“ 34; en haut, a la naissance de 
Tacrotire, 0°“60; ipaisseur, 0”135 4 0”14; hauteur totalc du champ, 0“81 ; hauteur du 
champ sous Tangle du fronton, 0“ 75 ; rayons interieurs de l'acroterc, 0" 313 horizontal', 
ct 0 ,M 275 (vertical); hauteur du bandeau inferieur, 4 droite, 0“16 ; a gauche, 0“ 193: du 
bandeau lateral, 0” 115 ; hauteur de la premiere figure a gauche, 0“ 59; de la soconde, 0 m 62. 

Fragment d’une dalle rectangulaire en bas, prolongee a ses angles supe- 
rieurs par un acrotere en quart de cercle ; ce qui subsiste de la tranche supe- 
rieure, a droite de cet acrotere, n’esl pas hori¬ 
zontal, mais presente une legere obliquite qui 
s’abaisse d’arriere en avant; pres des aretes ver- 
ticale et inferieure, bandeau nu, dresse it la 
rape; listel sur l’arele superieure; petite plin- 
the saillante en bas du champ ; moyen relief, 
plus haut qu’au n° 668, plus has qu’au n 0 66‘J; 

— il reste cinq ap6tres repartis sur deux plans, 
trois au premier, deux au second, places sous 
une niche dont le fronton atigulaire n'est indique 
que par ses rampants (petit bandeau motive 
sur ses bords par un listel saillant) ; du pilier 
sur lequel il portait, a gauche, il ne subsiste 
que la base et quelques centimetres du fut; 
tous sont de face, la tete de trois quarts it 
droite; chez aucund'eux on ne distingueclaire- 
ment la jambe d’appui, les deux pieds, chaus- 
ses de bottines fermees, etant sur lememeplan, 
avec les pointes symetriquement ouvertes ; il 
semble loutefois qu’elle soit uniformement a 
gauche, les pieds droits paraissant ne porter que de la plante; imberbes, les 
cheveux courts et ramenes vers le front, avec de grandes oreillcs decollees et 
creusees d’un trou, des veuxenormes, incises d’une cavite circulaire profonde, 
a cote de laquclle la glande lacrymale est indiquee par une cavite presque egale, 




460 


K° 6*0 - RELIEF : LES APOTRES 


des levres epaisses dont la saillie est encore accusee par la depression qui se 
creuse aux coins de la bouche, ils sont tous vetus de la tunique 4 manches 
descendant au coude et drapes dans le manteau; au premier plan, le premier 
a gauche a le manteau pose sur les deux epaules, les mains seules degagees, 
la droite sur la poitrine, la gauche baissee sur l’abdomen et tenant un pan de 
la draperie ; chez le suivant, le manteau degage la plus grande partie du busle 
et tout le bras droit qui est plie horizontalement sur la taille, la main venant 
toucher le poignet gauche ; la main gauche comme au precedent, mais un peu 
moins baissee ; chez le troisieme, le manteau est dispose comme chez le second 
et le bras droit etait plie sur la poitrine comme chez le premier; les figures 
du second plan n’apparaissent que jusqu’a la taille et leurs bras restent invi¬ 
sibles; elles portent toutes deux la tunique et le manteau pose sur l’epaule 
gauche et decouvrnnt la plus grande partie du buste. Dans le petit ecoingon 
triangulnire determine par Tangle superieur du cadre et le rampant gauche du 
fronton, une colombe, profil 4 gauche, perchee sur ce rampant, picore une 
grappe de raisins qui se detache des vrilles terminales d’une palmette tres 
stylisee; une petite feuille d’acanthe, d’un relief plus faible, semble naitre 
derriere la palmette et repose directement sur le rampant; Tecoingon syme- 
trique etait occupe sans doute par un oiseau eploye auquel doit appartenir 
Textremite d’aile conservee au bord de la cassure. Dans 1’acrotere en quart de 
cercle, encadre d’un listel plat, tres sommairement traite dans sa partie verti- 
cale, divise par un sillon dans ses parties courbe et horizontale, un evangeliste 
est represente en buste coupe a la taille; la tete, de trois quarts a droite, etait 
peut-etre barbue, mais d’ailleurs du meme type que celle des ap6tres ; il porte' 
la tunique et le manteau dont les bords s’ecartent legerement sur le milieu du 
buste ; des deux mains (la droite degagee, la gauche sous la draperie), il tient 
un volumen sur le cote gauche du corps ; a cote de lui, un diptyque ouvert 
occupe Tangle inferieur du champ. 

Cf. ci-dessous la note de M. Pantchenko. 

B. Pantchenko, Bulletin de I'inslilut imperial russc d'archiologie A Constanti¬ 
nople, XVI, 1912, p. 1 sq.; pi. Ill; — Tli. ilacridy bey, Jahrbuch des archaeolo- 
gischen Instituts, XXVII, 1912, archaeologischer Anzeiger, col. 586, n° 15 ; — 
Th. Ouspenski, Histoire de Vempire byzanlin, I, 1913, pi. IX k la p. 264. 

Photographic n" 2021. 


M. B. A. Pantchenko, secretaire de Tinstitut archeologique russe a Cons¬ 
tantinople, a qui ton doit la decouverle des reliefs d'lmrahor djamissi, a eu 
Vinsigne amalnhte de nous communiquer la Note suivante quit a pris la 



NOTE l)i: M. B. PANTCHENKO 


461 


peine de rediger lui-meme el qui pent passer pour un resume de iimportant 
memoire quit a consacre a ces monuments dans le Bulletin de l'institut 
archeologique russe, A VI, 191 2, p. l-ii')9. 11 voudra bien trouver ici la ires 
sincere expression de noire plus vive reconnaissance. 

NOTE SLR LES RELIEFS DTMRAHOR DJAMISSI 

PAR 

M. B. A. PANTCHENKO 


D’apres les sources litleraires, « a droite, vers I’orient » de la basilique de 
Stoudios, etait un des « saints martyrs » on se trouvait le sarcophage 

splendide dans lequel reposaient ensemble saint Theodore, saint Joseph l'hym- 
nographe et saint Platon ; a cote, se trouvaient les successeurs de saint 
Theodore, les higoumenes Naucrace et Nicolas*. Les travaux de l’institut 
archeologique russe ont mis k jour dans la nef droite, juste a cote du mur 
oriental: 1° trois tombes dont la plus proche de l’autel contenait trois sque- 
lettes avec les restes de vetemenls monacaux; 2" entre ces tombes et le rang 
de colonnes qui separent la nef laterale de la nef cenlrale, un caveau rectan- 
gulaire dont un cote est forme par un mur qui date du v c ou du vi e siecle et 
dont les trois autres sont d’epoque posterieure ; ce caveau servait d’ossuaire 
aux moines : il etait reconvert par les trois reliefs qui sont decrils plus haut 
(n°‘ 668-670, p. 453 sq.); une ouverture carree, pratiquee sur la plaque de 
1 'Entree a Jerusalem et sur celle des Apotres, etait fermee par une dalle de 
marbre et servait a introduire dans l’ossuaire les restes des religieux defunts. 

II se peut que ces trois reliefs aient orne l’enceinte sacrde ou av,xo; des 
saints martyrs, demolie par les lalins apres 1204; a partir de cette date, on 
cessa de montrer la tombe de Theodore; on recouvrit alors les trois tombes 
et 1’ossuaire d’une epaisse couche de ciment. 

Les trois reliefs ont le revers fruste ; ils ne peuvent done provenir d'un 
parapet; ils pouvaient servir de parement aux murailles (en briques ?) du 
or|xo? ; mais ils ne peuvent pas appartenir a un autel, ni a une chaire, ni a 
une autre partie de la basilique, car celle-ci etait ornee, jusqu’a une certaine 
hauteur, de marbres parfois precieux, et nos reliefs sont tallies tous trois 
dans un meme calcaire local. On ne peut songer non plus a un arcosolium, 
dont aucune trace n’existe dans l’eglise. L’extremite inachevee de la Majestas 
domini prouve que cette plaque etait en partie recouverte par une autre, 

1. Migne, Palrologie grecque, CV, p. 922 : la translatio s. Theodori mentionne un 
jtpotE (|ie) v lojj-a, .1 nalect* bollandiana. XXXII, 1913, p. 148. 



462 


RELIEFS d'iMRAHOR DJAM1SSI 


peut-etre par une rampe d’ambon ou d’escalier. II est certain d’ailleurs quc 
les trois reliefs ne proviennent pas d’un sarcophage, car ils ne portent pas 
trace de feuillure sur la tranche superieure ; la presence d’un acrotere sur la 
plaque des Apulres permettrait de supposer un monument recouvert par une 
sorte de toit a une seule pente ; cette forme est connue par quelques sarco- 
phages posterieurs (vi e -ix e siecles) de la Gaule, qui servaient de tombe aux 
saints 1 . 

Tailles dans le meme calcaire qu'on ne retrouve dans aucun des nombreux 
fragments d’architecture degages dans la basilique, concordant a peu pres 
dans leurs dimensions, decouverts ensemble et au meme endroit, il est presque 
evident que ces trois reliefs proviennent d’un meme monument. L’etude du 
style et des sujets conduit a la meme conclusion, bien qu’au premier aspect 
on puisse etre tente d’admetlre le contraire. La presence simultanee du relief 
en silhouette plate, du relief a formes arrondies et meme du baut relief sur 
les faces d’un meme monument est chose ordinaire dans l’art chr^tien, aussi 
bien dans les oeuvres en pierre que dans les oeuvres en ivoire (telle la chaire 
de Ravenne). D’ailleurs meme sur la Majestas domim, le plus plat des trois 
reliefs, on retrouve une certaine rondeur de contours et quelques details y 
revelent la copie d’un original en haut relief; YEntree a Jerusalem, ou le 
relief est le plus rond, contient des figures de second plan et plusieurs details 
en relief plat. 

La disposition des figures tantot sur un, tantol sur deux rangs, et cela sur 
un meme monument, est frequente du iv° au vn° siecle (par exemple, la meme 
chaire de Ravenne). D’ailleurs, dans la Majestas, ou la reduction a un plan 
unique est poussee si loin, on peut voir, soit dans l’ornement du cadre, soit 
sur l’arbre, quelques feuilles qui sortent au dessous des autres; YEntree et 
les Apulres presentent une confusion des deux plans (figure gauche de YEntree', 
architecture des Aputres). Le champ, enferme dans un cadre plat, a, dans les 
trois reliefs, le meme caractere; le sol n’y est pas indique et les figures portent 
sur la bordure inferieure sans la depasser ; au n° 669, elles touchent le bord 
superieur; sur le montant gauche du cadre, quelques feuilles du rinceau sont 
coupees par les listels, mais ne les debordent pas ; toutes les figures du n°668, 
celles du second plan, aux n os 669 et 670, sont isocephales ; la position des 
pieds est la meme dans ces deux reliefs ; elle correspond a l’attitude generale, 
dans le meme rapport et avec les memes procedes que Ton retrouve sur les 
monuments coptes. La « perspective inverse » est appliquee dans les trois 


I. Sarcophage de Toulouse, Le Blant, Sarcophages chreliens de la Gaule, 1886, p. 122, 
n° 149, pi. XXXVII, 1-3; Garrucci, pi. 339,1-4 ; de saint Guillem du desert, Le Blant, p. 117, 
n" 143, pi. XXXIV et XXXV, 1 ; sarcophage de Xarbonne, Le Blant, p. 132, n" 173, 
pi. XLIV, 1; sarcophage de Cahors, Le Blant, p. 70, n°87, pi. XXI, 1-3; sarcophage d'Arles 
(dit de «Constantin II »), Le Blant, Sarcophages d'Arles, 1878, p. 26, n” 20, pi. XIV-XV. 



NOTE DE M. B. PANTCHE.NKO 


463 


reliefs, aux n°* 669 et 670 dans les proportions des figures du premier el du 
second plan, dans leur niveau, dans les dimensions des teles et meme des 
corps (n° 669j; dans la Majeslas, on la retrouve dans le dessin du livre et 
peut-etre dans celui des pieds. Le role du fond, par rapport aux figures et 
aux motifs travailles a jour de la decoration, n'est pas plastique, mais « pitlo- 
resque » ; les details memes des personnages sont traites d’une maniere dont 
le caractere pittoresque augmenle a mesure que diminue la hauleurdu relief; 
la draperie est plus plastique dans YEntree, plus « pittoresque » dans la 
Majeslas , oil les plis, remarquables par la monotonie de leur trace et par 
leur disposition, semblent traites comme une sorte de gravure. Partout, le 
travail est execute au ciseau; au n° 670 seulement, les yeux, les oreilles, la 
grappe, la palmette sont creuses au trepan. La difference de technique, pour 
elre tres limitee, n’en est pas moins frappante ; on la retrouve sur les monu¬ 
ments coptes et Ton peut voir au Latran des sarcophages oil le trepan est 
employe sur un registre et ignore dans l’autre registre de la meme face. 
D’ailleurs le dessin des yeux ne varie pas seulement d’une plaque a l’autre, 
mais encore sur la meme plaque ; la Majestas en montre une forme tres 
curieuse, sans paupieres. Au reste, et pour en finir avec ces details, conten- 
tons-nous de dire que toutes ces differenles formes se trouvent reunies dans 
les monuments coptes; ces differences ne permettent done pas de conclure a 
une difference d’ecole ; elles pourraienl seulement fournir quelques donnees 
pour determiner l’epoque des originaux de nos reliefs et ('importance relative 
que le sculpteur attachait a l’une ou a l’autre de ses figures. 

L’elude de l’ornement decoralif prouvo l’identite de style ou d’ecole ; a 
l’exception de la bordure gauche, presque inachevee, du relief de VEntree, 
toule l’ornemenlation parait avoir une signification symbolique. Sur le relief 
de la Majestas , toute la bordure superieure est composee, outre la croix sur 
le rinceau, des motifs sacres et symboliques, familiers au style « copte » : 
l’acanthe 6paisse et aigue, le lys, la grenade ; celte meme forme de l’acanthe 
connue en Egypte, a Akhnas, k Saint-Mcnas (v e siecle), reparait dans l’arbre 
de paradis et se retrouve en abrege dans l’ornement du bandeau superieur de 
YEntree : preuve nouvelle de la parente des reliefs, n os 668 et 669. 

Dans YEntree, aux cotes de la croix qui, sur le bandeau superieur, marque 
le centre de la composition, est place un groupe de deux animaux symboliques 
en qui 1’on doit probablement reconnaitre, non pas des moutons d’Afrique, 
mais des lions de type heraldique sans criniere [cf. les reliefs de Diarbekir 
(Van Berchem et Slr/.ygowski, Amide, 1910, fig. 36, 40, 301 ; pi. XVI, 1 ; 
XVIII, 1 ; XIX, 1 ; cf. p. 346-317 ; Pantchenko, p. 234-238), et le relief de 
Constantinople, conserve au musee de Berlin, O. Wulff, Altchristliche und 
millelallerliche Bildwerke , 11, n°22l9j; au dela, deux oiseaux (colombes?) 
et un rinceau de vigne dont la forme ondulee et la feuille stylisee se retrouvent 



464 


RELIEFS DIMRAHOR DJA.MISSI 


dans les monuments « coptes » ; on en peut dire autant de la feuille d’acanlhe 
placee a 1’angle. L’ornement du bord gauche est d’un type moins repandu et 
depourvu de signification symbolique; la disposition parallele des feuilles 
d’acanthe y rappelle celle qu’on voit sur quelques ivoires et au tore inferieur 
des chapiteaux « theodosiens » ; le mouton place dans le feuillage est un motif 
syro-egyptien tres repandu. Tous les motifs decoratifs du n° 669 ont d’ail- 
leurs, meme dans leur forme, un caractere oriental tres accuse; dans l’en- 
semble, ils donnent l’impression d’etre copies sur la bordure d’un diptyque. 
Notons aussi une preference marquee et voulue pour les divisions tripar- 
tites : acanthe a trois dentelures, feuille de vigne a trois lobes, grenade a 
capsule trifide, grappe a trois rangs de grains, queue de l’oiseau formee de 
trois longues plumes (au n° 670 et au n° 669, oiseau place a gauche du medail- 
lon central, dans la bordure superieure); tous ces motifs sont familiers a l’art 
chretien symbolique. 

Les sujets et la manieredont ils sont trailes indiquent aussi une provenance 
orientale; c’est la version orientale qui a inspire la composition de ces reliefs, 
d’autanl plus precieux qu’ils constituent une rarete en comparaison avec la 
masse des monuments occidentaux. 

La Majestas et 1’ Entree reproduisent un meme type de Christ, imberbe 
avec le visage plein — type dont j'ai tache de montrer l’origine alexandrine et 
la filiation directe avec le type divin et ideal des monuments greco-egyptiens 
(cf. Bulletin de Vinstitut archeolorjique russe de Constantinople, XVI, 1912, 
p. 82-145). Si la disposition de la coiffure varie de l’un a l’autre relief, tous 
deux repetent cependant deux formes de la perruque divine egyptienne. 
L’identite du type n’est d’ailleurs pas limitee a la tete; elle se retrouve dans 
le corps qui, au groupe de YEntree , contraste par ses proportions avec les 
sveltes figures hellenistiques des « enfants d’Israel ». 

Le type de saint Pierre — dont on rapprochera celui du relief de Sinope, 
a Berlin (O. Wulff, Altchristliche und mitlelalterliche Bildwerke, I, n° 29) — 
est traite avec plus de realisme ; c’est un vieillard au visage rude, encore plein 
de force ; ce type est le plus recent de tous ceux qui apparaissent sur nos 
reliefs, mais il est encore anterieur au v e siecle. Les apotres du n° 670 sont 
d’un type a demi negre et de proportions dont on retrouvera l’equivalent sur 
de nombreux sarcophages et reliefs en os du iv e au vi e siecle 1 2 ; ils sont tres 
eloignes des traditions antiques; la disposition de leur manteau est rare et ne 
se rencontre que sur quelques sarcophages qui ont subi l’influence de l’Orient 8 . 
Les disciples qui vont a la rencontre du Christ (n° 669) sont de tous les plus 


1. Nombreuses references ap. Pantchenko, p. 316 sq. 

2. Garrucci, pi. 374, 3 ; cf. Pantchenko, p. 319-324. 



NOTE DE M. B. PANTCHENKO 461 ) 

classiques, mais iIs sont vetus de ces chemises en usage a 1‘epoque romaine et 
qui 6taient le plus souvent importees d’figypte 

En somme, par leur style comme par leur contenu, ces trois reliefs peuvent 
Ires bien apparlenir a une meme 6poque et provenir d’un mtrae monument. 
Si nous admettons que le sujet represente au n° 670 etait l’un des principaux 
miracles de Jesus, l’ensemble pourrait etre considere comme une expression 
de la Majesty du Christ: le Christ comme porteur de la loi divine entre Pierre 
et Paul, le Christ triomphant sur la terre (la version orientale de l’entree a 
Jerusalem avail cette signification, montrait le Christ comme 6 euXoyr^evo; et 
n’etait pas simplement une scene historique) et le Christ operant des miracles. 

Preciser l'epoque de ces reliefs est une question qu’on ne peut resoudre que 
par approximation; elle est rendue plus difficile encore par la pauvrete du 
mat6riel de comparaison; l’Orient, d’ou les idees et les types ont passe en 
Occident, n’a conserve qu’un Ires petit nombre de monuments et Ton peut se 
rappeler a combien de debats a donne lieu le celebre relief de Berlin, le Christ 
entre les ap6tres (O. Wulff, l. L, n° ‘27) qui fut trouve a Psamatia, non loin 
du couvent de Stoudios. Ce qu’on peut affirmer, c’est que tous les elements de 
nos reliefs existaienl dejk vers la fin du v c siecle; quant au style et a la tech¬ 
nique, ils relevent d’une vaste periode qui s’etend du iv e au vi e siecle, mais 
qu’il est possible de resserrer. Par la disposition des figures, la Majestas est 
posterieure h VEntrde. Or, cette meme disposition se relrouve sur les pyxides 
en ivoire du v e et du vi e sikcle 1 2 ; mais, comme nous l’avons deja dit, la chaire 
de Maximien a Ravenne rkunit les deux systemes. Le caractere du champ, la 
pose des personnages ne fournissent pas de donnees plus precises ; par contre, 
la technique des yeux est plus significative; si, pour YEnlrde, nous en sommes 
r^duits a une date flottant entre le iv 6 et le vi e siecle, les Apolres , avec leurs 
yeux creuses au trepan, nous paraissent apparlenir au V, et les yeux de 
Pierre, dans la Majeslas, ne sont certainement pas antdrieurs k la fin de ce 
sikcle. L’absence du nimbe chez le Christ, aux n 08 668 et669, doit etre imputee 
aux originaux d’ou procedent les plaques d’lmrahor djamissi. Alors qu’on n’en 
trouve ici aucune trace, ni sculpt6e, ni peinte, que la place meme manque 
pour lui, il apparait sur le relief de Psamatia et sur les sarcophages de 
Ravenne avec la representation de la Majestas (iv e siecle). En tenant compte 
de ces Elements — absence du nimbe et technique des yeux — nous supposons 
pour nos reliefs une date dans la seconde moitie du v e siecle, et nous laissons 
un intervalle d’au moins un siecle entre eux et les originaux dont ils sont la 


1. Marquardt-Mau, Das Privalleben der Roemer , Leipzig, 1886, p. 186, note 12; cf. 
Trcbell. Poll., Gallieni duo, 6 : « quid ? sine lino cgyplio esse non possumus. » ; Chvostov, 
Ilisloire du commerce oriental de I'figyple grico-romaine, Kazan, 1907, p. 165 sq. 

2. Pantchcnko, p. 167 sq. 


30 



466 


RELIEFS d'wRAHOR DJAJIlSSl 


copie. Dans la figure du Christ assis, en particular, on retrouve les traces 
d’un original ancien et meme en haut relief ; la substitution du livre au volu- 
men a du se produire en Orient plus tot qu’en Occident; le motif de la main 
droite dans les plis du manteau a des analogues sur les sarcophages du v® 
siecle. Mais, d’autre part, cette meme figure du Christ, qui caracterise Ires 
bien le passage du relief arrondi au relief plat, peut appartenir deja au 
vi e siecle. Le type de Pierre (nous l’avons note plus haut) est d’origine plus 
recente et ressemble de tres pres au relief de Sinope qui peut etre de ce meme 
siecle. La Traditio legis n’a laisse aucun souvenir sur notre relief qui, par 
suite, se distingue tres nettement des nombreux sarcophages romains oil 
apparait cette version officielle de I’ancienne composition de la Majeslas 
domini L Les deux sarcophages de Ravenne du v siecle 1 2 et le velum de Sainle- 
Sophie, tel qu’on en peut juger d’apres la description de Paul le silentiaire, 
sont, a cet egard, insuffisants pour dater la plaque d’lmrahor. Pour la forme 
de l’arbre de paradis et pour le decor, les analogies sont nombreuses dans les 
monuments orientaux du v® et du vi® siecle (medaillon d’Adana, vi e siecle 3 ; 
monuments coptes, v‘'-vi® siecle). Le symbolisme reel ou pretendu de l’art 
chr^tien se repand surtout au v“ siecle. Si notre Majeslas date du v°-vi® siecle, 
l’original qu’elle imite(est anterieur d'un siecle au moins. 

L’original de YEntree est presque certainement du iv® siecle ; le style, la 
disposition des figures, leurs proportions, peut-etre meme les cheveux et les 
yeux indiquent le iv® siecle. Le Christ chevauchant sur son mulet — c’est bien 
un mulet qui est reproduit ici et sur d'autres monuments, et non pas un ane — 
se retrouve d’une part en Occident, d’autre part sur l’evangeliaire de Milan 4 
(commencement du v® ou fin du iv e siecle) qui, par la technique de l’agneau 
decor6 de cabochons de grenat incrustes et par les details de la composition, 
revele, a n’en pas douter, une origine orientale. On observers d’ailleurs que, 
monte a la maniere pretendue orientale, en amazone, le Christ n’apparaitsur les 
monuments orientaux qu’au vi® siecle (evangeliaires de Raboula 5 , de Rossano 6 ). 
L 'Entree, telle qu’elle est traitee ici, sans personnage (Zacchee?) derriere le 
Christ ou sur l’arbre, sans les apotres — les figures de notre relief sont les 
« enfants d’Israel » ; les apotres seraient vetus du pallium — avec la porte de 
Jerusalem, se rattache a une version repr^sentee par un groupe de sarcophages 
dont le plus ancien est peut-etre celui de Clermont (connu par un dessin), 

1. Pantchenko, p. 145 sq. 

2. H. Duetschke, Ravennalische Stndien, 1909, n" 72 et 80; Garrucci, Sloria dell' arte 
cristiana, V, pi. 349, 1; 346, 2. 

3. J. Strzygowski, Das Etschmiadzin-Evangeliar (Byzantinische Denkmaeler, I), Anhang 
I, pi. VII; cf. les references, ap. Pantchenko, p. 214 sq. 

4. La meilleure reproduction dans Romussi, Milano ne’ suoi monumenli, I, 2, 1893, 
pi. XXXIII. 

5. Garrucci, Sloria dell' arte cristiana, III, pi. 137, 2 ; cf. Pantchenko, p. 266-268. 

6. A. Munoz, II codice purpureo di Rossano, 1907, pi. II. 



NOTE DE M. B. PANTCIIENKO 


467 


par 1'evangeliaire de Milan, par un relief en ivoire du Victoria and Albert 
Museum au Kensington, par une amulette du Fayoum a Berlin et par quelques 
monuments posterieurs 1 . Cette version doit remonler au m e siecle; mais, dans 
notre copie, le type du Christ et quelques details indiquentla fin du V. 

Sur le fragment des Apotres, l’acrotere ressemble a celui des sarcophages 
imperiaux de porphyre, exposes pres de Sainte-Irene; le toit a un seul ver- 
sant, que nous ne restituons d’ailleurs que par une simple hypothcse, assigne- 
rail au monument une date assez avancee ; la base du pilier, a gauche, peut 
etre « copte », mais on la retrouve cependant dans les atriums et sur les 
reliefs constantinopolitains depuis le vi e siecle. Plus importante est la confu¬ 
sion des deux plans dans l’architecture (la colonne au premier, les tabernacles 
peut-etre au second) qui pourrait passer pour un caractere d’lpoque avancee 
(tombeau d'Anian, vi e -vn e siecle; pyxide de Bonn, vi e siecle ; cf. la chaire 
supposee de Grado, vn c siecle). La forme et la place de la demi-palmette sont 
aussi significatives. Les motifs decoratifs ont une etroite parent! avec ceux de 
VEntree (emploi de l'aeanthe molle). La technique du trepan, avec les yeux, 
les oreilles, la palmette creuses de grands trous, correspond plutot au v"-vi e 
siecle qu’au iv°. La disposition des figures rappelle celle qu’on voit sur le socle 
de l’obelisque de Theodose, sur l’ivoire du Louvre representant Marc et ses 
disciples; on y peut memo noter quelques traces d’une disposition en demi- 
cercle. Par leur type, les figures des Apotres se placent cntre la Majestas et 
VEntree ; ce meme type se rencontre sur le sarcophage remain de Saint-Paul, 
date du v°; sur ceux de Ravenne, au iv°, il fait encore d!faut, mais il apparait 
au v e et au vt°. Le fait que les apotres sont chauss!s ne prouve rien, en l’etat 
actuel de nos connaissances, Itant donne l’origine orientale du monument. 

Ce genre de draperie, ce groupement sous un tabernacle de cinq personnages 
imberbes et regardant tous du mime cot! se retrouvent sur la pyxide de Bonn 

1. l’antchenko, p. 271-290; sarcophages : cf. Le Iilant, Sarcophages Chretiens d'Arles, 
p. 67 ; J. Kicker, Die altchrisllichen Bildwerke im christlichen Museum des Laterans, 1890, 
p. 72 ; O. Marrucchi, l monumenti del museo cristiano Pio Laleranense, 1910, pi, XIX, 2 ; 
Garrucci, Storia dell’ arte cristia na, V, pi. 311,5; sarcophage de Tarragone, Ficker, l. /., 
pi. 11 ; Le Want, Sarcophages chrdliens de la Gaute, n" 76, fig. p. 63; Garrucci, l. 1., V, 
pi. 101, 1; cf. R. Grousset, £ tilde sur Vhisloire des sarcophages chretiens (Bibliotheque 
des Icoles fronfaiscs d’Alh&nes et de Rome, fascicule n° 12 ), p. 89, n* 122; — ivoires : 
evangdliaire de Milan (ltomussi, l. 1. plus haul, p. 166, note 4); relief du Kensington, 
Labarte, Hisloire des arts industrials au mo yen age el k iepoque de la renaissance, 
Album, I, pi. XII ; Westwood, Fictile ivory casts in the South Kensington Museum, p. 114, 
n° 256; Graeven, Elfenbeinwerke , slrie I, A us Sammlungen in England , n° 35; Yoege, 
Kgl. Museen zu Berlin, Die Elfenbeinbildicerke, 1902, pi. XIV, II; Garrucci, l. 1., VI, 
pi. 458, 2 ; J. Strzygowski, Das Etschmiadsin Evangeliar. pi. I: Roemische Quartalschrift, 
XII, 1898, pi. II ; O. WullT, Altchristliche und mittelalterliche Bildwerke, n* 967 ; 
O. Dalton, Catalogue of the ivory carvings of the Christian era in the British Museum, 
n* 23 ; — amulette du Fayoum : Wulff, l. L, n° 825, pi. XI inscription 6 suXo-pipivot). On 
peut comparer la miniature de Rossano, Muiloz, It codice purpureo di Rossano, 1907, 
pi. II; E. Dobbcrt, Jahrbuch der kgl. preussischen Kunstsammlungen,X\ , 1894, p. 149-151; 
Ousov, dans les Drevnosli de la sociile imperiale archeologiqne de Moscou, IX, 1, 1881, 
p. 13-11; Tischendorf, Evanyelia apocrypha, 1876, p. 339-340. 



468 N° 671 — RELIEF : LES TROIS IlfiBREUX DANS LA FOURNA1SE 


et sur les monuments apparentes, qui datent du vi c siecle, mais manquent 
presque totalement sur les sarcophages. Le fait que notre relief aet<$ decouvert 
en Orient et que les apotres y sont sans barbe, permettrait de l’attribuer avec 
une egale probability a la fin du v° ou au vi c siecle. Le personnage en buste de 
l’acrotere tient son volumen des deux mains comme les apotres du relief de 
Psamatia, comme l’apotre du sarcophage du Louvre, tous deux du v e siecle. 
Sur les sarcophages romains du v r '-vi 0 siecle, on voit comme ici le diptyque a 
cote du volumen. Si ce buste represente un evangeliste, il doit necessairement 
etre date de cette epoque ; mais au vi e siecle, les 6vangelistes repoivent un 
livre dont la reliure est ornee d’une croix et, d’autre part, notre figure n’a 
encore aucun type individuel et ne se distingue en rien des apdtres places au 
dessous d’elle. 

Au total, el en resume, les plaques d’lmrahor doivent etre datees de la fin 
du v e ou du vi e siecle; c’est l’epoque ou se produit, a Constantinople, la trans¬ 
formation du relief arrondi en relief plat; precisement, ce passage est repre¬ 
sente sur nos reliefs a trois etapes differentes, et peut ainsi etre suivi sur un 
meme monument. L’interet qu’y trouve l histoire de la sculpture est, de ce 
chef, considerable. 

B. Pantchenko. 


671 (933) Relief: les trois jeunes hgbreux dans la fournaise. 


Constantinople; la legende du dessin de Curtis (l. infra, l.) nous apprend que ce relief 
se trouvait 4 Djoubali capoussou, dans la tour 4 Test de la porte; la date d’entr4e n’est 
pas connuC. 


Marbre blanc cristallin; revers et face laterale gauche epanneles; tranche droite muti- 
16e; brise en quatre fragments (dont Fun correspond 4 la tete de Thebreu de droite), avec 
une petite lacune sur la tete de Thdbreu du milieu; toutes les teles sont d’ailleurs r4duites 
4 une masse informe ; la plaque est complete 4 gauche et semble Tetrc 4 droite ; premier 
hdbreu (4 gauche) : manquent le bras droit (sculpte sur une autre plaque), le bras gauche 
(tenon sur le champ, correspondant probablement 4 la main gauche de celui-ci et 4 la main 
droite du suivant), le pied droit bris4 avec Tangle de la plinthe; Erosions profondes sur le 
buste; deuxieme hebreu: manque Tavant-bras droit; Erosions superficielles sur le buste, 
profondes sur la jambe droite, le genou et la cheville gauches ; troisidme hebreu : manquent 
1 epaule etle bras gauches (sculptds sur une plaque contigue), Tavant-bras droit, le pied 
gauche, emporte avec 1 angle de la plinthe ; erosions profondes sur toute la hauteur de la 
jambe droite, plus leg4res sur le buste ; ange \ manque Tavant-bras droit ; erosions pro¬ 
fondes sur les jambes, leg4res sur le buste; nombreuses 4paufrures sur le fond et la mou- 
lure superieure ; mortaise rectangulaire 4 Textremite gauche de la tranche superieure ; 
une autre, r6duite 4 des traces, 4 1 extremite droite ; une troisi4me, plus petite et moins 
profonde, vers le milieu ; une mortaise rectangulaire oblongue, sur le listel interieur de la 
zone de feuillage, conserve encore une partie de son tenon (destination incertaine) ; un 



N® 671 — RELIEF : LES TROIS HfiBRECX DANS LA FOLRNAISE 109 


Irou A peu pr6s circulaire est creu*6 sur le fond entre les deux enfant* de gauche; — 
Imutcur, 1™ 015 ; largeur, 0“ 95; Apaisseur, sur le fond, 0“ 095 ; sur le relief, 0“ 18 ; hau¬ 
teur de* figures, O m 775; du bandeau supArieur, 0“ 115. 


// 


V *»4 


-V 




Dalle rectangulaire ; a la partie superieure, le fond se releve et forme un 
bandeau compris entre deux listels et decore d’un rinceau d’acanthe ; a la par- 
tie inferieure, plinthe continue ; haut relief ; — les trois jeunes hebreux sont 
represents c6te a cote dans l’attitude de l’orant; celui du milieu est de face, 
le corps portant avec un leger dehanchemenl sur la jambe droite, la gauche 
ecartee ; ses compagnons, aux extremites de la plaque, se tournent legerement 
vers lui, le poids du corps portant sur la jambe exterieure, l’autre legerement 
avancee vers le centre de la composition ; de leur tele, on ne distingue plus 
rien qu’une liare aux pans tombants; 
tous trois sont vetus du meme costume 
oriental, longues braies collantes, ser¬ 
ies sur le cou de pied, tunique courte a 
manches longues (visibles seulement, en 
l’etat actuel, au bras gauche de l’en- 
fant du milieu), serree sur les reins et 
relevee sur les cotesde maniere a dega¬ 
ger toute la hauteur de la jambe, man- 
teau fixe sur la poilrine par une agrafe 
ronde et descendant sur le dos, chaus- 
sures fermees; entre les deux person- 
nages de droite, apparait, au second 
plan, l’ange drape a l’antique dans la tunique et le manteau ; il a de longues 
ailes tombantes, donl on ne voit que la partie superieure ; la tete, aux che- 
veux floltants, etait inclinee legerement vers l’epaule droite et tournee du 
meme cote ; elle n’est pas nimbee ; — les flammes de la fournaise sont indi- 
quees par des sillons ondules qui couvrent toute la partie inferieure du fond. 
Dans le haut, traces confuses d’une inscription posterieure, sommairement 
graven a la poinle, et qu’on doit peut-elre restituer : 


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Gf. Dan., 1, 6 sq., et 3, I"2 sq. ; sur la representation figuree de l’ange et en 
general sur la composition de cette scene, of. G. Stuhlfauth, Die Engel in 
der altchrisllichen Kunst (Archaeologische Studien :um christlichen Alter- 
tum und Millelalter, hrsg. von J. Picker, III. Heft', p.82-95; J. Slrzvgowski, 
/. infra l. 

Les figures sont justement proportionnees, modelees en rondeur, avec un 



470 


N° 671 - RELIEF : LES TROIS H&BREUX DANS LA FOURNAISE 


remarquable sentiment de la forme plastique, fermement campees dans une 
attitude, qui, maigre son caractere hieratique, conserve une certaine liberie, 
grace a la distinction fortement accusee de la jambe portante et de la jambe 
libre ; les draperies sont traitees a la maniere classique, aussi bien le costume 
oriental des enfants que le manteau hellenique de l’ange. Le rinceau d’acanthe 
du bandeau superieur est d’une composition assez maigre ; la feuille est sculp- 
tee au ciseau; les angles rentrants des dentelures sont creuses d’une petite 
cavite foree avec un trepan a pointe fine; c’est la meme technique que nous 
avons deja signalee sur l’ambon de Salonique (cf. plus haul, p. 403) el c’est 
celle qu’on retrouve deja, dans le sarcophage d’Alexandre, sur la frise de 
pampres du couvercle;en l’etat actuel, ces petites cavites obscures s’associent 
mal au relief tres bas et tres estompe de la feuille, et il semble qu’on doive 
plutot les considerer comme la preparation d’un travail qui n’aura pas ele 
acheve. 

Maigre ses mutilations, l’oeuvre doil elre comptee parmi les meilleurs reliefs 
figures de la sculpture byzantine et l'un de ceux ou la tradition antique se 
montre le plus vivace: il nous paratt dater du vi 1, siecle et constitue un bon 
temoignage de la renaissance du sentiment plastique qui se produisit alors ; 
(cf. notre chapiteau n°750et, a YAppendice, le relief de Macri keui n° 1328) ; 
la sculpture, avec ses modeles tres accuses mais tout en rondeurs, porte en 
r^alite le meme caractere que les profils architectoniques — gros tores et sco- 
ties profondes, vigoureux par leur relief, amollis par l’absence de toute arete 
vive — qu’on retrouve sur tant de monuments de cette epoque. 


C. G. Curtis, Broken bits of Byzantium, s. d., part II, fig. 57; —J. Laurent, Bulle¬ 
tin de correspondence hellinique, XXII, 1898, p. 560 (communication de M. Th. IIo- 
molle) ; cf. ibid., XXIII, 1899, p. 584, note 2 de la p. 583 ; — A. van Millingen, 
Byzantine Constantinople, the walls of the city, 1899, p. 191, fig. (reproduit l’es- 
quisse de Curtis) ; — J. Strzygowski, Der Bilderkreis des griechischen Physiologus, 
1899, p. 81 ; — A. Muiioz, Nuovo hullellino di archeologia cristiana, XII, 1906, p. 111- 
112; pi. IV, 1 (cf. J. Strzygowski, Byzanlinische Zeilschrift, XVI, 1907, p. 388); — 
O.-M. Dalton, Byzantine art and archaeology ,1911, p. 154;— L. Brehier, Etudes sur 
Vhistoire de la sculpture byzantine (Archives des missions, nouvelle serie, 1911, 
fasc. 3), p. 13 [29] ; — V. Schultze, Altchrislliche Slaedte und Landschaften, I 
Konslanlinopel (324-450), 1913, p. 273. 


Photographic n“ 276, 



N° 072 — RELIEF : I N MIRACLE DU CHRIST 


471 


672 (907) Relief : un miracle du Christ (?). 

Constantinople, fidirni capoussou ; la date d’entrce n’est pas connue. 

Calcaire jaunfitre; revers et faces latdrales frustes; brisc en deux fragments qui se 
rajuslent jlacunes superficielles aux joints, quelques unes remplies avec du piatre ;incom- 
plct 4 droite sur toule la hauteur ; manquent la moilie inferieure du cadre lateral gauche, 
ct la plus grande partie de l’arete inferieure ; t4te, bras el pied droits du personnage de 
gauche mutilfis; pour le personnage de droite, voyez la description ; nombreuses Erosions 
superficielles; hauteur, 1” 13 ; largeur maxima actuelle, 0“ 80 ; epaisseur, environ 0” 09 ; 
hauteur des figures, 0 m 80; largeur du cadre, en bas, environ 0” 12;en haut, 0“ 20;4 gauche, 
0” 195. 

Dalle rectangulaire encadree d’un large bandeau, lisse 4 la partie inferieure, 
rempli sur les autres cdtes de larges feuilles d’acanthe recourbeesen rinceaux 
(feuille deployee a Tangle) et comprises enlre deux listels ; bas relief; — k 
gauche, un homme imberbe, aux cheveux courts ramenes sur le front, vetu 
d’unetunique et drape dans un manteau entr’ou- 
vert en triangle sur le haut du buste, la tete de 
trois quarts & droite, le corps presque de face, le 
bras gauche pendant sous la draperie, le droit 
pli6 contre la poitrine, la main tenant peut-etre 
un volumen ; a droite, separ^ du precedent par 
un arbre au tronc grele termine par un bouquet 
de trois feuilles de palmier, un autre person¬ 
nage drap6 (tunique et manteau) dont il ne reste 
que la partie inferieure du corps, les contours 
post6rieurs du crane, le bras et le pied droits ; 
son attitude, telle qu’on peut la reconstituer — 
la jambe droite est flechie et le pied exactement 
de profil k gauche ; la jambe gauche devait etre tendue ; la tete 4tail de profil 
a droite, et la main droite est levee a hauteur du visage de la premiere figure, 
la paume ouverte el tournee vers le spectaleur—semble indiquer qu’il suivait 
du regard une scene qui provoquait sa surprise etson admiration ; c’^tait pro- 
bablement un miracle du Christ; la plaque devait done etre assez longue et il 
en manque plus de la moilie. 

C’est il tort, croyons-nous, que M. .1. Strzygowski a rapproche ce monu¬ 
ment d’un relief de Berlin qui provient ausside Constantinople (WulfT, l. infra 
/.); il s’en distingue fortement par le caractere de la decoration, comme par 
la technique des draperies ; Tacanthe ici est tres largement traitee, et, malgre 
quelques maladresses d’execution, avec un beau mouvement etdans un carac¬ 
tere naluraliste qu'on ne retrouve plus dans les maigres rinceaux stylises de 
Tautre relief; nous y reconnaitrions volontiers une influence syrienn e (compa- 




472 


N° 673 - FRAGMENT DE RELIEF LE CHRIST 


rez les beaux mouvements d'acanthe qui se developpent sur le linteau des 
portes a Dana, Vogue, Syrie centrale, architecture civile et religieuse du I er 
au VII e siecle, I, pi. 45; a Kefr Kileh, ibid., II, pi. 121 ; sur la grande pyra- 
mide d’el Barah, ibid., II, pi. 76); nous en rapprocherions aussi les reliefs du 
Stoudion (n os 668-670) : au n° 668, l’acanthe, avec des feuilles d’une autre 
forme, presente une composition analogue ; la feuille deployee & sept dente- 
lures se retrouve a Tangle superieur pour menager le passage du bandeau ver¬ 
tical au bandeau horizontal ici comme au n°669; enfin le seul personnage 
conserve de notre fragment ressemble de tres pres aux apotres du n° 670 ; 
c’est la meme attitude, le meme costume, la meme coupe de cheveux, le merae 
rendu des draperies; les traits du visage sont ici plus grossiers encore, mais 
on en retrouve tous les details caracteristiques, Toeil, sans cavity creusee au 
trepan, mais enorme, avec un globe exorbite, et les levres epaisses, cerates 
d’une gouttiere qui en augmente encore la proeminence. Les reliefs d’lmrahor 
datent, d’apres M. Fantchenko, de la fin du v° ou du vi c siecle; personnellement, 
nous preferons la date la plus recente et serions meme tentes de 1’abaisser un 
peu (fin du vi° ou debuts du vu e siecle): nous croyons pouvoir attribuer a la 
meme epoque celui d’fidirne capoussou. 

J. Strzygowski, Jahrbuch der kgl. preuszischen ICunslsammlungen, XIV, 1893, 
p. 71-72; fig. 2, p. 71 ; — mentionn6 par 0. Wulff, Koenigliche Museen zu Berlin, 
Bildwerke der christlichen Epochen, III, 1, Altchristliche Bildwerke, 1909, au n° 32, 
p. 20; — O.-M. Dalton, Byzantine art and archaeology, 1911, p. 157. 

Photographie n° 1770. 


673 (1592) Fragment de relief: le Christ. 


Constantinople, Mevl£vi capoussou; entreau musde en aodt 1895. 

Calcaire tendre; brise de tous cotes saufen haut; la pierrc a peut-6tre eUt retaillee k 
gauche et en bas ; arOte superieure muliliSe ; le personnage est brise k la taille et au coude 
droit; erosions sur le menton, la poitrine, les bras ; volumen mu tile ; nombreuses Erosions 
superficielles. 

Les traces de peinture ne sont pas anciennes. 

Hauteur actuelle, 0” 50 ; largeur maxima, 0” 41 ; dpaisseur maxima, 0“ 15 ; hauteur du 
bandeau superieur, 0“13. 


Fragment dune dalle rectangulaire; a la partie superieure, bandeau separe 
du relief par un listel saillant; malgr6 les mutilations, on y reconnait encore 
les restes d’une croix inscrite dans une couronne que ferme en bas un 
lemnisque dont les extr6mites ondulent au dessus du listel, quelques traces du 



N° 074 — FRAGMENT DE RELIEF SACRIFICE d’aBRAIIAM 


173 


feuillage, et, 4 droite, les pattes et la queue d’une colombe, tournee de profil a 
gauche et a laquelle devait repondre une autre colombe placee du cote oppose ; 
— au dessous meme de la croix, qui represente evidemment le milieu de la 
plaque, est place un personnage qui ne peut 
etre que le Christ; il est debout, vetu de la 
tunique et du manteau qui couvre le bras gau¬ 
che, et degage la main posee sur la poitrine 
et tenant un volumen; le haul du bras droit 
est baisse; l'avant-bras devait etre releve (il 
n’est pas impossible que la petite masse de 
pierre conservee sur le bord de la cassure 
apparlienne au pouce de cette maini; la tete est 
legerement tournee a gauche; le visage im- 
berbe, gras, avec des yeux enormes (le droit 
creuse d’une cavite circulaire), une bouche lip- 
pue et dilTorme, est encadre d’une abondante 
chevelure dont les boucles floconneuses descendent sur le cou ; a droite, etait 
un second personnage (saint Pierre?) dont il ne reste que le haut du bras droit, 
plie et couvert du manteau ; entre eux se dresse l’arbre de paradis au tronc 
grele, termind par un bouquet de longues feuilles. 

La tete du Christ, quoique plus grossierement traitee, offre une remarquable 
analogie dans le type, les formes du visage, la disposition de la coiffure, avec 
celle du relief d’lmrahor djamissi, n° 668; l’ceuvre, tres mediocre, doit dater 
de la meme epoque, c’est-a-dire, croyons-nous, de la fin du vi e siecle ou des 
debuts du vii®. 

Photographic n* 1745. 



674 (291) Fragment de relief: sacrifice d’Abraham. 


Constantinople ; la date d’entree n’est pas connue. 


Calcaire tendre; revers relaillA ; face latiiralc dressee (legerement retaillee) ; brise A 
droite ; hauteur, 0“ 74 ; largeur maxima actuelle, 0 m 49; epaisseur actuelle, 0" 095 ; hau¬ 
teur du champ, 0 ,n 52; largeur maxima actuelle du champ, 0” 423. 


Dalle rectangulaire, encadree d’un bandeau nu, large en haut de 0 m 12, en 
bas de 0 m 10, a gauche de 0 m 07 (ces mesures comportent une variation de 
0 m 005) ; — & gauche, devant un palmier termine par un bouquet de trois 
feuilles, un b61ier debout, profil a droite ; il ne reste, a la suite, que le bas de 



474 N° 6 73 — FRAGMENT DE RELIEF : RESURRECTION DE LAZARE 


la jambe drapee d'un personnage qui s’avan?ait vers la droite d’une allure ires 
rapide; bien qu’il soit difficile, eu 1’etat actuel, de 
l’affirmer, il semble bien que ce qu’on voit au des- 
sus de cette jambe soit, non pas une draperie, mais 
l’extremite d’une aile, detaillee par quelques sillons; 
d’autre part, l’objet dont il reste une partie pres de 
la cassure, a la partie superieure du champ, ne peut 
guere elre qu’un avant-bras recouvert d’une manche 
et une main incomplete; la scene representee est 
done presque certainement celle du sacrifice d’A- 
braham, avec le belier de substitution, la dexlera 
domini et l’ange qui intervient pour arreter le pa- 
triarche (ou le patrtarche lui-meme) ; cf. plusieurs 
exemples de cette scene avec une composition ana¬ 
logue, a/ 3 . G. Stuhlfaulh, Die Engel in der altchristlichen Kunst ( archaeo- 
logische Studien zum chrisllichen Alterlum und Millelaller, hrsg. von 
J. Ficker, III. Heft), p. 97 sq. ; — travail grossier (vi e -vn e sieele?). 

Photographic n° 1759. 



675 (2245) Fragment de relief: resurrection de Lazare. 


Provenance et date d’entrie inconnues. 


Calcaire dur ; revers retains ; face laterale fruste ; face inferieure dressde; brise en haul 
et a gauche; hauteur maxima actuelie, 0“665; largeur maxima actuelle, 0” 725 ; epaisseur 
actuelle, environ 0“ 11; hauteur de la figure de Lazare, 0" 56. 


Plaque reetangulaire, encadree par un bandeau nu, large en bas de 0 m 09 a 
0 m 10, a droite de 0 m 065 ; — a gauche, est le Christ, dont il ne reste que les 
jambes couvertes dela tunique et du manteau,le pied gauche, la main gauche 
baissee et tenant un pli tombant de la draperie, et l’avant-bras droit avec la 
main ouverte et tendue vers le tombeau; celui-ci est represente par deux 
piliers dont la base et le chapiteau, en forme de pyramide tronquee, sont accu¬ 
ses par quelques sillons horizontaux; le fut s’evase un peu vers le haut et plus 
fortement vers le bas; Lazare se dresse entre eux, Ssosizevoc too? 7toSac *al xa; 
yeipa? xeipiai?, xa't oijuc auTou eouSapEto TtspiEosSETO [Jean, 11,44; cf. aussi la 
description des mosaiques de l'eglise des Saints-Ap6tres par Nicolas Mesarites, 
a/3. Heisenberg, Graheskirche und Apostelkirche, II (die Apostelkirche in 
Konstantinopel), p. 54 ...xat 6 vexpb; w; lx tou jj.vVju.XTo; airav:«TaT«t xa't 



N° G70 - FRAGMENT DE RELIEF 


47 '! 

T(o jz'. rxzi'jzxTX’., osSsasvo; xs'.s’a'.; x*0*“s; = !Ti; ooo/.o? osoroTi/.oo Oe/.ruxTO; 

avsuOev S7i! yinpav irsoo-^av’oy.; axxpiv X7.i /sisottsoi;; xxt -oooxizx:; “iv to <7(7>ux 
T teptAYjsOs:;...] ; la tete est encapuchonnee dans un pan du linceul. qui laisse 
voir l’extremile des cheveux ramenes sur le front; le visage est rond, imberbe 
et d’expression presque enfantine ; les yeux, peut-etre elos, ont le globe en 
amande, saillant et sans paupieres. Lazare 
est, comme toujours, represente beaucoup 
plus petit que le Christ dont la taille se 
trouve a peu pres au niveau de son epaule; 
la hauteur totale du relief complet devait 
d^passer un metre. 

Des piliers de meme forme se retrou- 
vent sur un relief de Constantinople au- 
jourd’hui a Berlin (0. Wulff, Beschrei- 
hung der Bildwerke der chrisllichen 
Epochen, III, 1 , Altchrislliche Bildwerke, 
n° 32) que M. Strzygowski attribue au vn c sifecle (cf. plus haut, p. 471) ; le 
Christ de notre relief, si mutile qu’il soit, est cerlainement d’un style tr£s 
superieur; fermement campe sur la jambe portanle dans une attitude calme et 
noble, il est aussi de proportions beaucoup plus allongees; la draperie est 
traitee d’une maniere plus plastique, qui rappelle a la fois celle de notre n° 072 
et des Apdlres du Stoudion (n° 670); nous croyons pouvoir attribuer 1’oeuvre a 
la fin du vi'ou au debut du vn° siecle. 

J. Laurent, Bulletin de correspondence helUnique, XXII, 1898, p. 560 (communi¬ 
cation de M. Th. Homolle ; —A. Muiioz, Xuovo bulletlino di archeologia crisliana, 
XII, 1906, p. 113-11 i- ; fig. 2, p. 113; — O.-M. Dalton, Byzantine art and archaeology, 
1911, p. 151; — L. BnMiier, Etudes sur Vhisloire de la sculpture byzanline I Archives 
des missions, nonvelle serie, 1911, fasc. 3), p. 1 V [30] ;—V. Schultze, Altchrislliche 
Staedle und Landschaften, 1, Konstantinopel [324-430), 1913, p. 273. 

Photographic n° 603. 

676 (2242) Fragment de relief. 

Provenance et date d’entree ineonnues. 

Marbre blanc & gros grains cristallins ; revers et face lal£rale frustes ; brisi k droite et 
en bas ; tfcte mutilOe ; surface tris usie ; mortaise circulaire sur la tranche superieure et 
rectangulaire au revers ; hauteur maxima, 0" 225 ; largeur maxima, 0 m 29 ; epaisseur, 0“ 07 ; 
largeur du cadre, 0“ 075. 

Angle supferieur gauche d’une dalle rectangulaire; — il ne reste que la tete, 
inclinee & droite, d’un ange nimbe aux longs cheveux, le sommel de l'aile et 
une parlie du bord vertical du cadre, decor6 d’un rinceau de feuillage. 





476 


N° 678 — FRAGMENT D’UNE DALLE SCULPTOR 


677 (178) Fragment de relief: cavalier. 


Constantinople ; le Journal manuscrit de D4thier mentionne, f° 81, n° 380, & la date du 7 
octobre 1880 : « A Balat, dans les mines d’un four parliculier, a ilk trouve un fragment de 
bas relief reprAsentant un guerrier A cheval avec une epee & la main, du temps des byzan- 
tins .. [l’ecriture n’est pas celle de Dethier, mais cello de Limondjian (le dessinateur de 
Goold); cf. t. I, introduction , p. xvn, note 4 de la p. xvi]. 


Marbre blanc; revers Apannele ; face laterale dressde ; brise parlout sauf A gauche ; 
manquent la tete, le pied droit, la main gauche, presque tout le bouclier du cavalier; le 
cheval n’est represents que jusqu’A la naissance de 1’arriArc-lrain ; manquent le museau et 
lajambe anterieure droite, tous deux rapportAs ou ancienncment repares (mortaise circu- 
laire 4 la cassure de l’un et de l autre); erosions superficielles ; les trous entre les lambre¬ 
quins de la cuirasse, la cavite du nombril sont creuses au trSpan ; hauteur maxima, 0“ 44 ; 
largeur maxima, 0“ 36 ; Apaisseur, environ 0™ 085. 


Fragment d’une plaque rectangulaire ; — un cavalier s’avance a droite, 
monte sur un cheval dont le harnais et la selle sont 
indiques plasliquement ; le buste, presque de face, 
est couverl d’une cuirasse souple, garnie en bas et 
aux manches de lambrequins et de langueltes, et 
posee sur une (unique courte qui s’arrete au dessus 
du genou ; les jambes sont nues, les pieds proteges 
par des chaussures montantes ; de la main gauche, 
il tient un bouclier rond, dont l’orbe interieur est 
decore de sillons circulaires, et, de la droite bais- 
see, une epee large et courte, la pointe haute ; le 
fourreau est attache au cote gauche; la petite masse 
de marbre, creusee de quelques stries, qu’on voit sur le fond, au dessous du 
ventre du cheval et en arriere de sa jambe anterieure droite, n’est probable- 
ment que le haut de l’autre jambe, maladroitement indique ; — iv e -v e 
siecle (?). 

S. Reinach, Cat., n° 170. 

Photographie n° 1747. 



678 (1158) Fragment d’une dalle sculpt6e. 


Constantinople ; entre au musAe en 1901. 

Marbre blanc A grains serrAs et peu cristallins ; brise partout, mais retailld en certaines 
parties des tranches ; manquent les pattes droites et l oreille droite de la lionne; Erosions 
au sommet de la tete et sur la gueule ; hauteur maxima actuelle, 0" 46; largeur maxima 
actuelle, 0" 43 ; 4paisseur, 0” 045 ; diamfetre du medaillon, 0" 355. 



N° 6*9 - RELIEF : AGNUS DEI 


477 


Duns un medaillon circuluire, forme d un tore profile, une lionne tournee a 



droite, la patte anterieure gauche dresscc ; la queue 
est relevee et trailee comme une longue palme; il 
se peut que la tete ait ete surmontee d’une corne ; 
la gueule estouverte et les dents indiquees par trois 
cavites circulaires perforees au trepan dans l'epais- 
seur de marbre qui separe les deux machoires ; — 
travail decoratif, probablement du vi*' siecle. 

Photographic n” 1974. 


679 (1655) Relief: agnus dei. 

Constantinople, fidirne capoussou ; entrc au musde cn 1882. 

Calcaire blanc dur ; revers et tranches drcssis ; manquent le museau,les pattes gauches, 
l’extrdmitd de la queue de l’agneau ; quelques cassures aux aretes ; nombreuscs erosions 
superlicielles ; hauteur, O'" 445 ; largeur, 0 m 65 ; ipaisseur, 0 m 08. 

Dalle rectangulaire sans encadrement; — l’agneau divin (Jean, I, 29 et 37), 
pose sur un bourrelet de pierre qui se releve vers la gauche pour indiquer la 
pente du terrain, est de profil a 
gauche, la tete de profil a droite, 
relevee et se detachant sur un grand 
nimbe a croix monogrammatique 
de la forme X ; derriere lui, se 
dresse une houlette terminee par 
un nimbe a croix « carree » et dont 
la hampe est ornee d’une flainme 
qui tlotle sur le fond ; la toison est 
soigneusement indiquee par plu- 
sieurs rangs de boucles regulieres, dont l'extremite se recourbe en point d’in- 
terrogation ; — assez bon travail decoratif, probablement du vi e siecle. 



Photographic n° 1728. 



478 


N° 681 


FRAGMENT d’l'NE DALLE SCULPTliE 


680 (229) Relief: lions d^vorant un taureau. 


Constantinople, Seraskerat; la date d’entree n'est pas connue. 


Marbre bleu, irregulierement cristallise ; revers et tranches dresses ; surface noircie ; 
hauteur, 0” 34 ; largeur, 0 m 95 ; epaisseur, 0” 095. 


Dalle oblongue sans encadrement; — au milieu, un taureau fondant, la lete 
baissee, profil a gauche; de part et d’autre, deux lions, dresses sur leurs patles 

de derriere, lui 
plantent leurs 
griffes et le mor¬ 
dent, l’un sur 
l’encolure, l’au- 
tre sur la croupe; 
leur queue se re- 
leve symetrique- 
ment et forme 

dans chaque angle une boucle qu'elle recoupe ensuite verticalement et hori- 
zontalement, dessinant ainsi une sorte de croix inscrite dans un medaillon 
circulaire et se terminant par une loufle de poils allongee, traitee comme une 
palme. 






II est possible que, comme notre n° 293, qui provient du meme endroit, 
represente un sujet analogue et porte le n° d’inventaire immediatement infe¬ 
rior, ce relief (qui, toutefois, ne se retrouve pas dans le Catalogue de Goold 
ni dans le registre de Terenzio) ait appartenu a la decoration du Tauros; il est 
d ailleurs d un tout autre style — purement oriental — d’une execution beau- 
coup plus mediocre et d’une date sensiblement plus recente, probablement du 
viii s ou du ix e siecle. 


S. Reinach, Cat., n°281. 
Photographic n° 1738. 


681 (2252) Fragment d’une dalle sculptde. 


Provenance et date dentree inconnues. 

Marbre blanc leg&rement bleut4, a gros grains cristallins ; revers dressc ; brise de tous 
cotes ; restent la tete et le col des oiseaux, brisks, celui de droite k la base du cou, l’autre 
sur la poitrine, la vasque et une partie de son support; surface usee et noircie; nombreuses 
erosions superficielies ; hauteur maxima actuelle, 0 m 32 ; largeur maxima actuelle, 0 m 36 ; 
epaisseur, 0 m 05. 



N° 682 — DALLE SCLLPTEE 


170 

A la partie superieure, traces d’un cadre forme d'un bandeau lisse et d une 
baguette ; — deux paons afTrontes boiventdans une vasque portee >ur un sup¬ 
port forme de deux tiges cylindriques accouplees ; — travail grossier. 

Le paon, dont la chair passait pour incorruptible, buvant au vase qui con¬ 
sent 1 eau de la fontaine de vie, est un des symboles d’immortalite les plus fre- 
quemmcnt represents dans l’art chrelien et byzantin (cf. Fr. Bulic, Xuovo bul- 
leltino di archeologia cristiana , XII, 1900, p. 209; ; rappelons qu'il exisle 
une belle plaque avec ce meme sujet a Constantinople meme, a Kvrk Ichesme 
(Boemische Milteilungen, XVIII, 1903, p. 195, fig. 10). 

682 (1052) Dalle sculpt6e. 

Guebzeh (golfe d'Ismid) ; entree au musee en 1907. 

Marbre bleute 4 gros grains cristullins ; reconstitute dc neuf fragments, qui se rajustent 
avec quelques lacunes aux joints ; manquent les angles infdrieur gauche et suptrieur droit; 
quclques lacunes aux joints des fragments ; Erosions superficiclles ; hauteur, 0“ 86 ; largeur, 
l m 06 , epaisseur, O’" 095 (ces dimensions sont approximatives, la dalle ttant aujourd'hui 
placee dans un cadre de bois qui en cache les tranches et les aretes). 

Dalle reclangulaire, encadree d’un bandeau nu double interieurement d'une 
baguette ; bas relief; — un lion a courte criniere, indiquee par un collier de 
longs poils incises, a bondi sur le dos d’une biche qui galope a droite et la 
mord a l’attache du col; le motif 
est compris dans une decoration 
vegelale, formee de deux tiges 
feuillues qui naissent d’une cor- 
beille d’acanthe placee sur le mi¬ 
lieu du bandeau inferieur, passent 
alternativement sur et sous les 
pattes de la biche, qui mord a la 
tige de droite, remplissent les an¬ 
gles du haut et se rejoignent sous 
le milieu du bandeau superieur. 

On rapprochera de cetle repre¬ 
sentation la face anterieure d’une plaque de Berlin provenant de Constanti¬ 
nople (O. WullF, Beschreibung der Bildwerke der chrisllichen Epochen, III, 
2, Millelalterliche Bildwerke, n° 1703, pi. I); on y voit une biche fuyanl sous 
la menace d'un aiglc plante sur sa croupe; elle est entouree de feuillages et 
mord 4 la tige placee devant elle (cf. un relief de Konia, ap. F. Sarre, Erzeu- 
gnisse islamischer Kunst , II, p. 15 ; lig. 21, p. 17:; ce genrede composition est 




480 


N° 683 - DALLE DE PARAPET 


tres frequent: cf. en particulier le relief d’une caisse de bois cople (J. Strzy- 
gowski, Koptische Kunst, n°7211 ; fig. 226, p. 154)etles peinluresde Kouseir 
'Amra (A. Musil, Kusejr 'Amra , Tafelband, pi. XXXIV et XXXIXi ; il est 
pris directement a l’art oriental; la feuille d’aeanthe se presenle d’ailleurs ici 
sous une forme stylisee qui offre une remarquable analogie avec l’un des ele¬ 
ments les plus caraclerisliques de l’arabesque saracene (cf. sur ce point 
A. Riegl, Stilfragen , p. 326 sq.) ; — on trouvera plus bas, n° 690, p. 491, 
d'autres references a des plaques byzantines decorees de combats d animaux ; 
celle-ei est un assez bon travail decoratif, probablement du x c siecle. 


Photographic n° 1726. 


683 (2156) Dalle de parapet: cerfs et lievre. 


Osmanieh-LimAnas tie de Thasos); trouvAe, dit-on, dans un jardin, A 60 metres au nord 
du terrain d’Abdul Fettah oil onl AtA decouvertes nos statues n 0 ’ 130-136 ; cf. t. I, p. 336 ; 
c’esl la region ou les fouilles de MM. Ch. Picard et A.-J. Reinach ont dAgagA les ruines 
d’une eglise et d'un monaslArc byzantins (cf. Comptes rendus de l'Acndimie des inscrip¬ 
tions, 1912, p. 234); entree au musAc au commencement de 1909. 


Marbre thasien, blanc, A gros grains cristallins ; tranches supArieure et infdrieure dres- 
sees ; la tranche gauche presente sur toute sa hauteur, jusqu’a 0“ 045 de 1’arete supArieure, 
une sorte de tenon continu, large de 0“ 04 environ, destinA A s’encastrer dans la gorge d’un 
petit pilier qui encadrait la plaque de ce cotA ; brisAe A droite par une cassure oblique ; du 
cerf conserve, manquent l’cxtremite du museau et le bas de la patte anterieure gauche ; 
Arosions sur la corne droite ; du vase, il ne reste que l’anse gauche, du chien, que la pointe 
du museau ; au revers, il nc reste que la moitic environ du cercle, avec le bras droit et le 
bras superieur de la croix ; hauteur, 0° 89; largeur maxima actuelle (sur la tranche supA- 
rieure), O'" 985 ; largeur sur la tranche infArieure, 0" 535 ; largeur du bandeau supArieur, 
0“ 06 ; gauche, 0” 16 ; inferieur, 0 m 07 ; hauteur du champ, cadre compris, 0“ 755 ; sans le 
cadre, 0" 56. 


Fragment d’une dallerectangulaire ; bandeau nu ala peripherie; — la deco¬ 
ration est placee dans un cadre qui comprend un petit listel et un rang de 
feuilles lanceolees (bord a bourrelet saillant et forte nervure centrale) qui 
semblent une interpretation naturaliste, mais dans des formes tres stylisees, 
des rais de coeur classiques ; a l’angle, la solution est ingenieusement menagee 
par un petit fleuron a trois feuilles ; le motif est sculpte sur un petit talon en 
lAgere saillie sur le champ du relief; le sujet comprenait deux cerfs sym6tri- 
quement disposes de part et d’autre d’un grand vase a anses courbes ou ils 
buvaient; le cerf conserve ne repose sur le cadre que par la patte anterieure 
droite ; les sabots posterieurs sont lAgerement souleves ; les comes sonttraitees 
d’une maniere decorative, comme des fleurons vegetaux; sous le cerf, pousse 
un pied de grenadier, charge de plusieurs fruits; — dans Tangle superieur 



N° 683 - DALLE DE PARAl’ET 


481 


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gauche, un lievre, cion ties pattes poslerieures touchent a sa base l’encolure du 
cerf, s enfuil en bondissanl vers la gauche, poursuivi par un chien dont il ne 

reste, sur le bord de la cassure, que 
f_ : le bout du museau et l'extreme 

if w P ointe de I’oreille. — Au revers, 

| ^ v / ' bandeau nu a la peripherie; cadre 

j : g- •- ^ - y (baguette et petit bandeau) et cer- 

I ig’ ~ ■ cle de faible relief portant une 

t=^ *•" ^ : ~' : y croix longue et pattee. 

[IP ) / ' w Le symbolisme de la face princi- 

'■ &. \j'\ / pale est aisement intelligible : le cerf 

S I i f*t y if V A I f l y 

IXf'o \jf est une reminiscence du psaume 41 

i -** j ! 422: 5v x ^ ov iiemoM *• IXa?o? 

) '~v7Z,.AZf ini -ra; nrj as tcov uSxtwv, o’j~o>; 

i s . ■ iV €7tnto6ei v, Au/v) ijlou itpo; ss, 6 Oeq?; 

buvant au vase qui contient 1’eau 

de la source de vie (cf. Jean, 4, 14), le fans remissionis peccatorum [saint 

Augustin, Enarralio in ps, XL1 (Migne, Pair, lat., XXXVI ; sancli Augustini 

opera omnia, IV, I), col. 464; cf. col. 465: « curre ad fontem, desidera 

fonlem : sed noli utcumque, noli ut qua- ,-- - 

lecumque animal currere; ut cervus _ _i 

curre... invenimus enim insigne veloci- \ j’ 

tatis in cervo. »], il repr^sente l’ame x J \ j j i 

avide du salut eternel [sur le symbolisme V_: ^ j j |i 

du cerf, cf. d’aulre part F. Hermanin, \ i . : (| 

r • . \ j 1 i S 

Alii del 11° congresso internazionale di \ J , ; 

archeologia cristiana (Rome, 1900), 1902, V j ■ f 

p. 333 sq.]; le lievre poursuivi par le -, j 1 

chien rappelle le caractere ephemere et x ' 

fragile de la vie humaine et les dangers - ' ~ -- 

qui la inenacent, et les deux motifs opposenl forlemenl la serenite de la vie 

celeste aux troubles de l’existence terrestre. 


L’ueuvre estd’un travail lourd, de fonnes maladroites et incorrectes; cepen- 
dant, Ton y sent Ires nettement l'influence des motifs et du grand style deco- 
ratif du vi e siecle (la decoration de la face posterieure est courante a cette 
cpoque ; cf., ici meme, notre dalle d'lmrahor djamissi, n° 719); si elle en 
semble un peu la caricature, il faut sans doute tenir compte de l’origine pro¬ 
vincial du sculpteur et il nous parait difficile de la dater plus tard que le 
vii® siecle. 


31 



482 


N° 684 - DALLE DE l’AllAPET 


Th. Macridybey, Jahrbuch des archaeologischen Instituts, XXV, 1910, archaeolo- 
gischer Anzeiger, col. 144, n° 4 ; ibid., XXVII, 1912, p. 18, n° 2 ; fig. 11 et 12, p. 16 
et 17; — mentionne par A.-J. Reinach, Comptes rendus de VAcademic des ins¬ 
criptions, 1912, p. 234. 

Photographies n°* 1660 (face), 1657, 4 droitc (revers). 

684 (2157) Dalle de parapet: Daniel, l'ange et Habacuc. 

Osmanieh-Limenas (lie de Thasos) ; trouvee dans les memes circonstances et entrde au 
musee en meme temps que la precedente. 

Marbre thasien, assez fortement bleute, 4 gros grains cristallins ; tranches superieure 
et inferieure dressces; face laterale gauche epannelee; brisee 4 droite par une cassure 
irregulifere ; manque la main gauche de Daniel; du lion, il ne reste que la t4te avec le col¬ 
lier de la criniire et l'une des pattes anterieures ; l'angle superieur gauche est cntailkS par 
un petit redent, haut de 0“ 02, large de 0'“ 03 : la tranche clle-meme de la plaque s'engageait 
dans la mortaise du petit pilierqui 1’encadrait de ce c6t6 ; hauteur, 0 m 87 ; largeur maxima, 
1“ 12; sur la tranche supirieure, 0“’ 63: sur la tranche inferieure, 0“ 835 ; epaisseur, 0“ 065 ; 
largeur du bandeau sup4rieur, 0” 065 ; gauche, 0'“ 165 ; infirieur, 0“ 075 ; hauteur du champ, 
cadre compris, 0” 73 ; sans le cadre, 0 m 59 ; hauteur de l'ange, 0"' 31; d’Habacuc, 0" 24. 

Fragment d’une dalle semblable a la precedente et provenant d'un meme 
ensemble ; — le cadre n’a pas de lislel exterieur et comprend settlement un 
rang de feuilles du meme type, rnais plus larges el moins serrees; la solution 

adoptee aux angles est le- 
gerernent diflerente; — Da¬ 
niel est represente dans 
l’attilude de l’orant — 
y_E!poiv ixfasetjvar. excTaoei] 
too; 07jpa<; vtx-qeavxa (Greg. 
Naz., Or. XXIV, § 10, ed. 
Migne, Pair, gr., t. XXXV, 
col. 1181) — et sous la 
forme d’un jeune homme 
imberbe, vetu du costume 
oriental : anaxyrides, tu- 
nique a longues manches, 
relevee sur les cotes et 
serree par une ceinture dont l’ardillon est visible, manleau tombant sur ledos 
et fixe sur la poitrine par une large agrafe ronde, chaussures fermees ; une 
tiare en forme de bonnet phrygien couvre ses cheveux courts, abondants et 
boucles; les yeux tres grands et sans paupieres sont indiques par un cercle 




N'° tiSo - DALLE SCI LI'Tlii: 


i S3 


creusd au milieu de la sclerotique, elle-meme limitee par un sillon Ires 
vigotireusement trace ; une lionne au\ pis gonfles est placee a la droite du pro- 
phete et lui leche les pieds ; a sa gauche, un lion s'avance, la tetede face. Dans 
Tangle superieur du relief, deux personnages de taille tres reduite, Habacue 
el Tange, sont representes horizontalement sur le champ, les pieds reposant 
sur le bord vertical du cadre, le profil tourne vers le bas — maniere naive de 
les montrer sTtdv<o tou Xdxxou, selon Texpression du texte cite ci-dessous; Tange 
aile, avec une longue chevelure, vetu de la lunique et drape dans le manteau, 
posant la main droite sur la tete d'Habacuc, le tient par les cheveux et le guide 
vers Daniel; llabacuc, plus petit que Tange et vetu comme lui, barbu avec de 
longs cheveux, eleve des deux mains a hauteur de sa tete un plat circulaire sur 
lequel sont posds deux petits pains ronds, fendus par une incision cruciate ; 
cf. E. Kaulzsch, Die Apokryphen und Pseudepigraphen des alien Testa¬ 
ments, 1900, 1, p. 192; T elus leslamentum graece juxla LXX interprets, ed. 
Tischendorf, 3 e Edition, 1860, II, p. 

506-507 : « ... xat etitev 6 ayyelos xupiou 
Toj ’AjiSaxoup. ’AxeveyxeTi apierov 8 \/t'A 
el? BaSuXuiva tw Aavi4]X ei; t8v Xaxxov twv 
Xsovtgov. xat elitev ’Ap.6axou[z Kupte, Ba- 
6uXfiiva ouy etopaxa, xat t4v Xaxxov ou 
Yivuinxu). xal eiteX&Ge to 6 ayy^Xo? xupi'ou 
TYj? xopujpri; aurou, xat pauvasa? tyjs xopLY,? 

Tij; xstpaXij; auTou sOYptev aorov et? Ba- 
SuXaiva eitavo) tou Xdxxou... » ; — sur le 
sujet en general, cf. Ileuser, ap. Kraus, 

Real-Encyklopaedie der chrisllichen Allertuemer, I, s. Daniel, p. 344, en 
dernier lieu, J. Strzygowski, Oriens chrislianus, I, 1911 (nouvelle serie), 
p. 83 sq. ; — la decoration du revers est semblable a celle de la plaque prd- 
eddente ; les deux reliefs sont contemporains et sortis du meme atelier. 


^-—-*T 



Th. Macridy bey, It. It. au n° precedent, respectivement col. 144, n° 4, et p. 18, 
n° 1; fig. 9 et 10, p. 14 et 15;— A.-J. Reinach, l. t. au n° precedent. 


Photographies n" 1659 if ace', 1657, 4 gauche (revers). 


685 (2248) Dalle sculpt6e. 


Si, comme nous le croyons.ee marbre correspond au n“ 113 du Catalogue de Goold el 
au n” 589 de celui de M. S. Reinach, la provenance en est Konia ; il a fait partie proba- 
blcment de cet envoi d’Abdulrahman pacha, vali de Konia, qui comprenait nos n“ 27-31 
et les deux reliefs seldjoukides, n“ 792 et 793; la date d’entric au music serait done 1870. 




484 


i\’° 685 — DALLE SCDLMfiE 


Marbro blanc a gros grains cristallins; tranche laterale droite fruste, la gauche soigneu- 
sement piquee et leg^rement concave ; la tranche superieure, soigneusement dress6e, pre¬ 
sente deux parties ravages 4 0 m 28, ouvertes toutes deux sur l'arete post6rieure, longues 
chacune de 0“ 36, larges, celle de droite de 0“ 065, celle de gauche de 0 m 06, distantes 
des aretes laterales, celle de droite de 0“ 14, celle de gauche de 0"07, et separees l’unede 
l'autre par un espace de 0” 05, qui se trouve au niveau g£n6ral de la tranche; brisee en 
plusieurs fragments et rajustee ; les angles gauches sont, celui du haut mutil4, celui du bas 
brise; erosions sur la moulure superieure, la tete d'homme et celle du liivre de droite ; 
nombreuses epaufrui-es superficielles; mortaise rectangulaire sur le fond, & gauche de la 
tete humaine; hauteur, 0 ,n 845 ; largeur maxima, 0“ 98 ; epaisseur, 0" 085 ; i. la moulure 
superieure, 0” 155. 


Dalle rectangulaire ; le relief est sculpte sur une dalle reemploy^e, ornee, a 
la partie superieure, d’un corps de moulures qui comprend, de haut en bas, 
un bandeau lisse, une zone de rais de coeur de la forme tridentee qu’on voit 
paraitre des le m e siecle, et un cordon de perles ; le champ, legerement ravale, 
est limile par un cadre nu, reduit a gauche et en bas a un listel tres etroit; a 
la partie inferieure, pose a meme sur le listel, un buste d’homme, silhouette 

barbare avec une face lunaire, ronde, 
plate et glabre, ou les traits sont creu- 
ses avec une extreme grossierete; les 
cheveux ne sont pas indiques; cou et 
poitrine sont confondus en une masse 
tronconique sans aucun modele et sem- 
blent ornes, pres de l’attache de la 
tete, d’une sorte de hausse-col; sur le 
crane, se dresse une colonnette lisse qui 
sert de support a une vasque a profil de 
croissant,hors de laquelle se dresse une tige terminee par une pomme de pin; 
deux lievres y boivent, symetriquement disposes de part et d’autre ; a droite 
et a gauche du buste, nait, sur le listel inferieur, une tige de pampres d’ou se 
detachent quelques feuilles et des grappes de raisins (dontcertaines ressemblent 
a des pommes de pin); elles ornent le fond, au dessous des lievres, et le 
rameau principal, apres avoir passe sous le corps de ces animaux, pousse 
encore une feuille et une grappe qui remplissent les angles superieurs. 

Le symbole des lievres, figure de la fragilite humaine, buvant a la source 
de vie, s entend aisement (sur le motif de la pomme de pin, cf. la bibliographie 
citee Bulletin de correspondance hellenique, XXXIII, 1909, p. 361), mais 
nous avouons ne pas comprendre la signification de cette fontaine placee sur 
une tete d homme ; le travail est barbare, probablement du vm e ou du ix e 
siecle. 

Goold, Cat., n° 113; — S. Reinach, Cat., n° 589. 



Photogi-aphie n» 602. 



N° 686 - BELIEF : LES TROIS IlfiltREt X DAXS LA FOI RNAISE 183 


686 (1233) Relief : les trois jeunes h6breux dans la fournaise. 


Constantinople, Alty mermer ; lrouv£ dans le quartier incendie, pendant des fouilles 
faites pour extraire des pierres ; entr£ au musde en mai 1903. 

Calcaire tendre; revers et faces lat^rales dresses ; brise en cinq fragments et rajuste; 
mutild A la partie supirieure et sommairement restaur^ en ciment: Erosions profondes sur 
le buste du personnage central, dont l’abdomen et le bras droit sont emportes; sa tete et 
celle de 1’hAbreu de droite sont indistinctes ; la surface, surtout vers le haut, est tr£s pro- 
fonddment attaqude, creusce par dc nombreuses drosions, et rongce par 1’humiditd; hau¬ 
teur, 0 m 95 ; largeur, 1” 75 ; dpaisscur, 0 m 13; hauteur des figures, 0” 71. 


Dalle rectangnlaire sans encadrement en haut ni a droite, bordee a gauche par 
un listel etroit, en has par un large bandeau ; relief tres has; —les trois jeunes 
hebreux sont represents de face et dans l’attitude de l’orant; celui du milieu 
et probablement celui de droite ont la tele de profil k gauche ; celui de gauche 
regarde a droite; 
ils reposent, celui 
de droite, sur la 
jambe droite, les 
deux autres, sur 
la jambe gauche; 
lepiedde la jambe 
portante est re¬ 
present de profil 
(a droite chez 
ceux-ci, a gauche 
chez letroisieme), 

et le pied de la jambe libre ne touche la plinthe que des orteils; tous trois sont 
velus du meme costume oriental — longues braies collantes, tunique courle 
a manches longues, serree sur les reins et relevee sur les cotes de maniere a 
degager toute la hauteur de la jambe — et coifles de la tiare a pan tombant 
sur la nuque (visible seulement, en 1’etat actuel, sur l'hebreu de gauche; il 
semble barbu, mais cette apparence n’est due probablement qu’a l’etat de la 
pierre); les feux de la fournaise sont indiqu£s par six llammes recourbees, 
une & chaque extremite et deux entre chaque figure. 

Cette dalle et la suivante proviennent d'un meme ensemble et sont proba¬ 
blement l’oeuvre de la meme main ; celle-ci a plus souffert que l’autre; sur 
loutes deux, le travail est d’une pauvrete qui touche a la barbarie; viii°-ix e 
siecle (?). 



A. Munoz, iVuoro bullettino di archeologia cristiana, XII, 1906, p. 112-113; fig; 
1, p. 112 ; — J. Strzygowski, Byzantinische Zeitschrifl, XVI, 1907, p. 3SK. 


Photographic n* 480. 



486 


N° 687 - RELIEF : JONAS DANS LA BALEINE 


687 (1232) Relief : Jonas dans la baleine. 


Constantinople ; trouve au meme endroit et dans les memes conditions que le prec6- 
dent; enlr4 au mus4e 4 la mOme dale. 


Calcaire tendre ; revers et faces lat4rales dresses ; Tangle sup^rieur droit est brisc et 
rajuste ; lacune au joint sur l'arete superieure; quelques mutilations sur le cadre ; surface 
trfes attaquee et creusce, par Thumiditc, de nombreuses cavites; hauteur, 0" 95 ; largeur, 
l m 73 ; dpaisseur, 0" 095. 


Dalle rectangulaire, semblable a la precedente et provenant clu meme 
ensemble; elle est encadree par un bandeau uni et peu saillant; relief tres bas ; 

— les deux tiers superieurs du champ sont occupes par deux monstres marins, 
tournes de profil l’un vers 1’autre et symetriquement opposes ; ils ont une 
gueule enorme et ouverle, un long cou mince et flexueux, un poitrail etroit 

avec des pattes a 
sabot de cheval 
munies de longues 
nageoires en queue 
d’aronde, de hau- 
tes ailes etroites 
et un corps de ser¬ 
pent replie sur lui- 
meme et 
6galement de na¬ 
geoires ; celui de 
droite a deja avale 

ademi Jonas, dont on ne voit plus que les jambes; le meme Jonas emerge de 
la gueule de celui de gauche, visible jusqu’a la taille, les bras a demi tendus, 
les mains ouvertes; un grand poisson nage vers la gauche dans l’espace vide 
entre les tetes et les pattes des monstres; — le tiers inferieur de la plaque 
est occupe par deux dauphins fantastiques tournes de profil vers le dehors; 

— pour le travail et la date, cf. le n° precedent. 



Mentionne par J. Strzygowski, Byzantinische Zeitschrift, XVI, 1907, p. 388-389. 


Photographic n° 479. 



N° 088 - RELIEF A DOI RI.E FACE 


I SI 


688 (755; Relief A double face. 


HamidiA, village situe A 8 kilometres au sud ouest d’Eski chehir: entre au musAe le 10 
juillet 1896. 


Calcaire bleu dur; brise en deux fragments qui se rajustenl ; incomplet A gauche par 
rapport A la face A ); la pierre est par endroits profondement delitee, en particular pres 
du joint des deux fragments et surtoul sur la face B ; manquent le bras droit el le bas do 
la jambe droile du personnage sculpte en A, le coude droit et les orteils gauches de celui 
en B j nombreuses erosions superficielles ; hauteur, l m 04 ; largeur, environ 0 m 50 * enais- 
seur, 0- 075. ' r 


Dalle rectangulaire, sculptee sur ses deux faces ; les reliefs sont encadres d’un 
bandeau nu ; relief mAplat ; — face A : un homme nu, a tete de chien ou de 
loup, est debout, le corps de face, la tete de profil a droite, tenant de la main 
gauche, k demi tendue sur le cdte, un bouclier ovale decore de cinq petits 
cercles incises ; les parties sexuelles 
sont pendantes; on notera que le 
pied de la jambe gauche est en rea- 
lite un pied droit; dans Tangle su- 
perieur droit, sur un cartouche irre- 
gulier, reserve sur le niveau primi- 
tif de la plaque, Tinscription 

K€<t>A\0 

C 

probablement [xuvojxecpaXo? ou [Aoxo]- 
xscpaXo?; — face B : elle est occupee 
par un personnage semblable, A tete d'ours; le corps est de face, les deux mains 
ramen^es sur la taille, les pieds, non detailles, avec la pointe tres ouverte, ne 
touchant pas le cadre inferieur; la tete, de profil a droite, porte une muse- 
liere a laquelle est fixee une longe que tenait sans doute un homme place h 
droite (la dalle serait done brisee k moitie environ de sa largeur primitive) ; 
ithyphallique; sur le cou une ou deux pelites palmes ont ete incisees, proba¬ 
blement a une epoque posterieure. 

Le travail est barbare; les figures ne sont que de maladroites silhouettes, 
obtenues en ravalant le fond (a 0 m 013 environ) entre le cadre et les contours 
dessines au prealable, sans autre indication que quelques traits incises pour 
marquer les details indispensables; sur la face B, la surface est legerement 
creusde entre les bras et la ligne des pectoraux. 

De cette curieuse representation on rapprochera un relief de Touzla au 
musee de Berlin (Slr/.ygowski, l. infra l., fig. p. 58; O. WullT, /. infra l.) ; 
la mosaique du dome de Cremone ( Revue archeologique , 1876, II, pi. XXIY\ 




488 


N° 689 - RELIEF : LE BON PASTEUR 


la fresque de la cathedrale de Sainte-Sophie a Iiiew [La cathidrale de Sainte- 
Sophie a Kiew (publications de la societe imperiale russe d'archeologie), 
pi. 55, fig. 2; cf. Ai'nalof et Redin, Anciins monuments de lart de Kiew, la 
cathedrale de Sainte-Sophie (extrait des Travaux de la societe historico-phi- 
lologique de Kharkof, section pedagogique, VI, 1899), p. 48, fig. 57]; il s’agil 
probablement de mimes prenant part au ludus gothicus, decrit par Constantin 
Porphyrogenete, de cerimon. aulae byzant., I, 83 (ed. Bonn, I, p. 381) ; cf. 
le commentaire de Reiske [ibid., II, p. 355) qui rappelleun passage de Yopis- 
cus, Carinus, 19 ( Script. hist, aug., ed. Peter, II, p. 244), ou il est preeisement 
question d’ « ursos mimum agenles », sans qu’on puisse d’ailleurs savoir s’il 
s’agit d’ours veritables ou de bateleurs deguises; voyez & ce sujet l’etude de 
H. Reich, Der Mann mit dem Eselskopf, ein Mimodrama vom klassischen 
Altertum verfolgt bis auf Shakespeare, dans le Jahrbuch der deutschen 
Shakespeare-Gesellschaft, XL, 1904, p. 108-128. 

Le relief est probablement le monument funeraire d’un mime qu’on aura 
represente dans ses principaux roles, comme jadis les gladiateurs se mon- 
traient sur leurs steles triomphants ou combattanls ; le travail est d’une 
extreme barbarie, peut-elre du ix e ou du x e siecle (?). 

J. Strzygowski, Jahrbuch der kgl. preuszischen Kunslsammlungen, XIX, 1898, p. 
58-59 ; fig. p. 59; — O. Wulff, Koenigliche Museen zu Berlin, Beschreibung der Bild- 
werke der christlichen Epochen, III, 2, Mittelalterliche Bildwerke, 1911, p. 4, au n° 
t”01; — O.-M. Dalton, Byzantine art and archaeology, 1911, p. 160-161. 

Photographies n°* 731 {face A), 732 (face B). 


689 (903) Relief: le Bon Pasteur. 


Provenance et date d’entr^e inconnues. 


Calcaire dur (ou marbre imparfaitement cristallise?); revers retaille ; tranches Iaterales 
soigneusement cpannelees : manquent la moulure inferieure et t angle sup^rieur droit du 
cadre ; nombreuses Erosions superficielles, en particulier sur le visage (ceil gauche, nez, 
bouche informes . le bas de la tunique, la jambe et le pied gauches, les mains du pasteur, 
la tete de l’agneau ; patine jaune ; hauteur, 0“ 745 ; largeur, 0» 68 ; 6paisseur, 0- 105 ; 
dimensions du champ, 0” 65 x 0“ 645 ; hauteur de la figure, 0"> 665 (la tele d^borde ligfere- 
ment sur le cadre). 


Dalle rectangulaire comprise dans un cadre saillant dont les monlanls sont 
doubles interieurement d’un gros cable strie (cf. n os 690-693) ; moyen relief; 

le Bon Pasteur est represente debout et de face, la jambe gauche tendue, 
la droite fortement ecartee et flechie, les deux pieds tourn^s de profil vers le 



N° 690 - BEI.IKF A REPRESENTATION FANTASTIQl'E 


i89 


dehors, le droit ne touchant le cadre que de la pointe ; la tete, portee sur un 
large cou cylindrique, est inclinee a droite etcoifleede cheveux longs et plats, 
separds par une raie; il est vetu d’une tunique serree aux reins, tombant au 
dessous des genoux et garnie de manches 
qui descendent un peu plus bas que le 
coude; elle est fendue legerement sur le 
haut de la poitrine, et bordee en bas d’un 
lisere ; les jambes sont nues, les pieds 
chausses de bottines montantes ; l'agneau 
(car il ne semble pas cornu), dont il tient 
deux palles dans chaque main, repose 
sur ses epaules, le corps de profil a droite, 
la tete violemment retournee a gauche. 

Les cheveux sont delailles par des inci¬ 
sions qui divergent de part et d’autre de 
la raie; la toison de l’animal et des plis 

de la draperie sur les manches sont traites de meme ; sur le buste et dans le bas 
de la tunique, le sculpteur s’est contente de quelques traits sommaires; — la 
figure n’a ni attitude, ni proportions, ni modele; c’est un travail presque bar- 
bare qui doit dater du vin e ou du ix e siecle. 



Joubin, Sculpt, gr. et rom., n° 46S. 
Photographic n“ 734. 


690 (292) Relief 4 representation fantastique. 


Provenance et date d’entrde inconnues. 

Calcaire blanc, imparfaitement cristallisd ; tranches gauche et inferieure dressies, mais 
mutildes ; incomplet en haut; brisd A droite ; manque une partie de la crinidre, de l'arridre- 
train et de la queue du lion ; hauteur, 0“ 575 ; largeur, 0“ 685 ; dpaisseur, 0“ 12. 


Dalle rectangulaire, encadrde d’un listel etroit double interieurement d’un 
cfible strie (cf. n os 689, 691-693) ; — en haut, un lion bondit, le corps de profil 
■a gauche, la tete de face, sur un petit cervide, plante ses crocs dans le dos de 
la bete, ses grilles anterieures sur la croupe, son arriere-train restant, comme le 
cerf lui-meme, suspendu sans soutiensur le champ ; au dessous, profil & gauche 
et incline tout entier comme s’il allait tomber en avant, un grand coq dont la 
queue se prolonge par un corps de serpent ; un quadrupede a museau pointu, 
it courte criniere, il longue queue, assis — tel un singe — sur son arriere-train 



490 


N o Q90 — RET.TEF A REPRESENTATION FANTASTIQUE 


(profil a gauche; tete de face), tient cette queue replilienne entre ses grilles 
anterieures et la mord ; — pelage et plumage sont indiques : sur le corps et 
les pattes posterieures du lion, par de petites circonferences a point central ; 

sur le corps de serpent, par 
des imbrications, partout ail- 
leurs, sauf sur le cervide dont 
la surface est restee lisse, par 
des stries incisees. 

Nous avions d'abord pense 
pouvoir reconnailre ici les ani- 
maux mentionnes dans le ver- 
set 13 du Psaume 91 (90); les 
Septante traduisent : « kit' 
aaxiBaxai (BasiXtcxov kitt^rfl^ xal 
xaTaitar/jcet? Xeovra xat Bpxxov- 
t« », mais le texte hebreu— ’al 
chahal va-peten tidroh tirmos 
kefir ve-Ianin — parle de lion (chahal), d'aspic ou de vipere (peten), de lion- 
ceau (kefir) et de petit dragon (tanin); pour les grands dragons le mot est suivi 
de l’adjectif gadol (p. ex., Gen., 1, 21) —je dois ces renseignements k l’eru- 
dilion obligeante de S. fim. le Grand Rabbin de Turquie. Nous avons 
renonce a cette interpretation, car il est peu vraisemblable que le modeste 
marbrier qui tailla cette pierre ait eu connaissance du texte hebreu, et, d’autre 
part, elle ne rend pas compte de la presence du cervide. 

Le coq monstrueux qui est represente ici est certainement le basilic, tel qu’on 
le voit sur le socle du « beau Dieu » d’Amiens (E. Male, L'arl religieux du 
XIIP siecle en France , 3® ed., 1910, p. 61, fig. 17) ou sur un chapiteau de 
Vezelay (Cahier-Martin, Melanges d'archeologie, I, 1847-1849, pi. XXV llis ). 
Albert le Grand (cite par Cahier-Martin, l. 1., II, 1851, p. 215) ecrit, de ani¬ 
mal., XXIII, 24 (Opera, t. VI, p. 639) : « quod autem dicunt decrepitum gallum 
ovum ex se generare et hoc in fimo ponere... et quod ovum fimi calore foecun- 
detur in basiliscum qui est serpens in omnibus sicut gallus, sed caudam lon- 
gam serpenlis habet, ego non puto esse verum » [cf. une version un peu diffe- 
rente de la naissance du basilic dans Isai'e, lix, 5, et, de la, dans le Physiologus 
grec a/>. J. B. Pilra, Spicilegium solesmense. III, p. 373, § lxi] ; le meme, 
ibid., XXV, tract, unic. (Opera, t. VI, p. 666): « dicilur autem quod mustela 
interficit eum et quod incolae [terrae Achobor in Nubia]... immittunt mustelas 
in antra eorum et quod... mustela interficit eum » ; cf. la figure publiee par 
Gahieret Martin, l. 1., p. 213, representant le combat du « basile coq » et de 
la belette : on y voit precisement la belette se precipitant sur le basilic et le 
mordant a la naissance de la queue replilienne. Gahier a donne plustard (Nou- 




N° C91 - REI.1EF : CERF 


491 


veaux melanges, I, 1874, p. 133-134) la traduction d'un bestiaire armenien ou 
on lit : a § xwii — L’ichneumon : il est un etre nomme ichneumon, c’est-a- 
dire ddpisteur; il est ennemi du dragon, quelque terrible que soit celui-ci ; il 
s’enveloppe de boue, puis va sans crainte attaquer son adversaire, et, durant 
la lutte, il se couvre laboucheavec sa queue. De meme noire sauveur s'estfait 
homme, secouvrant d’un corps.forme de la terre, il a combattu et tue I'invi- 
sible dragon, le terrible Satan qui disait au Christ : tu es un Dieu, je ne puis 
te r^sister. Ainsi le plus grand se fit le plus petit afin de nous sauver tous. » Il 
nous parait probable que le second sujetde notre relief est emprunte lui-meme 
a quelque bestiaire, et represente la lutte du basilic et de la belette (ou de 
l’ichneumon) avec le sens symbolique que nous venons d’indiquer. Quant au 
combatdu lion et du cervide, c’est un des sujets favoris des decorateurs orien- 
taux qui l’ont transmis aux byzantins commeils avaient fail aux « myceniens » 
et aux grecs : cf. noire n° 682 ; rapprochez une plaque encastree dans la fapade 
estde la vieille metropole a Athenes ( Athenische Mitteilungen, XXXI, 1906, 
p. 304-305 ; fig. 19; ce relief est evidemment celui qu’a dessine Texier et qu’il 
a publie comme provenant de Salonique, Architecture byzanline, p. 115) ; un 
relief d’FIosios Loukas (R. W. Schultz et S. II. Barnsley, The monastery of 
saint Luke of Sliris, pi. 13 A] ; un specimen a l'Athos (mentionne par II. Brock- 
haus. Die Kunst in den Alhoskloslern,' p. 41); les reliefs de Berlin ap., 
0. Wolff, Beschreibung der Bildwerke der chrisllichen Epochen , III, 2, n" s 
1743 el 1753 ; types semblables a Pergame, Alterluemer von Pergamon, I, 
1912, Sladl und Landschafl , t. 2, p. 320, fig. c. Dans notre relief, le lion se 
presenle sous une forme qui parait directement imitee des cuivres sara- 
cenes ; le travail est grossier, probablement du vm e ou du i\° siecle 

Photographic n° 1771. 


691 


(294) Relief: cerf. 

Provenance et date d’entree inconnucs. 


Calcaire; faces lateralcs drcss^cs, mais mutilies: 
manquent 1’extr^mite du muscau, les sabots antericurs, 
une partie des cornes ; partie inferieure mu tilde et 
drodde ; surface noircie et usee ; hauteur, 0 ra 535; lar- 
gcur, 0 ni 585 ; epaisseur, 0 m 105. 


Dalle rectangulaire, comprise dans un cadre 
saillant doubld interieurement d'un cable stri^ 



(cf. n os 689, 690, 692, 693); cerf s’avan?ant a gauche, la tote baissee ; — 
travail barbare ; vm'-ix* siecle (?). 


Photographic n° 107*>. 



492 


K° 693 - RELIEF : ANE ET LION 


692 (293) Relief: chien d6vorant un liSvre. 


Provenance et date d’entree inconnues. 


Calcaire blanc, imparfaitement cristallise ; revers travaillA ou retaille ; la face laterals 
gauche est dressee, la droite semble retaillee sommairement ; brisd on deux fragments qui 
ont eW rajustes, avec quelques lacuncs au joint, en partie remplies en ciment; les moulurcs 
en haut et sur le cote gauche sont endommagees ; les arfites des deux autres cot£s sont 
rabattues, et il manque le bas des pattes du chien et l’extremitd du muscau du liAvre ; 
hauteur, 0 m 35 ; longueur, 0 m 87 : 6paisseur maxima, 0 m 125. 


Dalle reclangulaire, limitee en haut par une moulure saillante, k gauche par 

un cable (cf. n os 689-691, 693); 
relief assez haut; — un chien, 
sans doute un levrier, galope k 
droite, tenant dans sa gueule 
un lievre dont il semble dejk 
avoir avale l’arriere-train ; sa 
queue Ires longue forme une 
boucle et se releve ensuite ver- 
ticalement pour se terminer, sous la moulure superieure, par une toufie de 
poils qui s’acheve en volute ; —travail grossier ; le chien hors nature; vm e -ix e 
siecle (?). 

Photographic n° 1773. 



693 (348) Relief: cine et lion (?). 


Provenance et date d'enlree inconnues. 

Calcaire imparfaitement cristallis^ ; tranches dress^es ; surface erodce ; hauteur, 0 m 275 ; 
largeur, 0” 875 ; epaisseur, 0™ 10. 


Dalle rectangulaire 
encadree par un listel; 
gros cable strie sur l’a- 
rete inferieure (cf. n os 
689-692) ; bas relief; 

— deux quadrupedes, 
reduits a une silhouette sans modele, sont representes passant k gauche et 
ruant d une desjambes posterieures ; le sabot dela jambe avec laquelle le pre- 





N° 6!l i- — PILIER DE BALUSTRADE 


493 


mier (sans doute un ane) lance sa made, semble pris dans la machoire du 
second (peut-etre un lion) ; la queue de ce dernier, ramenee entre les paltes, 
remonte sur le corps et se prolonge horizontalement sous la moulure supe- 
rieure jusqu’aux oreilles ; — travail barbare ; ix' siecle (?). 

Photographic n° 1983. 

694 (916) Pilier de balustrade. 

Constantinople, Top capou; entre au musde en novembre 1894. 

XIarbre blanc 4 grains scrr4s et crislallins ; loutes les letes sont mutilees ; erosions 
superOcielles; quelques depots de ciment ; traces de brfilurcs sur toute la hauteur de la 
parlie gauche de la face principale et sur la face latcrale gauche qui ont passe au brun et 
au noir ; sur les deux faces lateralcs, large coulisse ou s’ins6raient les dalles de la balus¬ 
trade ; celle de gauche dtant plus haute que celle de droite (0 m 88 contre 0“ 81), on a du par 
suite, du c6t4 gauche, entailler d'autant la decoration du panneau superieur qui lui-raeme 
cst plus haul de ce cote qu’4 droite; sur la face supirieure du pilier, est prepare le lit, 
legirement ravald, d’une colonnette qui itait fixee par trois scellements : mortaise circu- 
laire au centre, avec canal de coulee, et deux autres rectangulaires ; en plus, deux raor- 
taises rectangulaires aux angles postdrieurs (celle de gauche rabattue) ; mortaise rectangu- 
laire profonde au milieu de la face inferieure ; hauteur, 1“ 07; largeur, 0“ 27 ; epaisseur, en 
haul, 0“ 24 ; sur le pilier proprement dit, 0“ 19; hauteur du panneau superieur, mesuree sur 
l'ardle dela baguette intirieure du cadre, face, 0“ 215 ; revers, 0” 19 ; face laltiralc droite, 
0“ 185 ; face laterale gauche, 0” 21 ; diam£tre du lit de la colonnette, 0“ 225. 

Pilier rectangulaire ; — face principale : elle est decoree 
d’un gros tore vertical, recouvert d'un rinceau de pampres 
qui nait sous une feuille d’acanthe, placee a la partie infe¬ 
rieure; le premier enroulement du rinceau (a partir du 
bas) est rempli par une feuille de vigne et des grappes ; 
dans le second, un putto nu s’avance a droite, le corps 
courbe sous le poids d’un grand panier rempli de raisins 
qu’il porte sur le dos; dans le troisieme, un putto nu, monte 
sur le dos d’un autre, cueille 4 la treille des grappes de 
raisins ; de chaque cote du tore, le fond est rempli par une 
zone verticale de palmettes ou feuilles 4 trois pointes, pla- 
cees horizontalement, la pointe tournee vers le dehors ; les 
aretes sont motivees par un petit listel nu ; a la partie 
superieure, dans un panneau rectangulaire encadre d’une 
petite moulure et formant sur le nu du pilastre une saillie 
6gale4celle du lore, le combat d’un cavalier (saint Georges ?) 
et d’une lionne : le cavalier, monte sur un cheval har- 
nach6 et galopant 4 droite, vetu d'une lunique courte qui decouvre l’epaule 
et la partie droite du buste, la tele coilTee de la tiare orientale, les pieds 




494 


N° 695 — RELIEF : CAPTIF ET TROPIltiE 


chausses de bottines montantes, tient de la main droite une longue lance 
dont la pointe s’enfonce dans la gorge d’une lionne tombee sur le dos ; — face 
poslerieure : cadre moulure rempli d’une epaisse rudenture lisse ; dans le 
panneau superieur, sans saillie sur le pilastre, une tele d’enfant joufllu, aux 
cheveux courts et boucles, aux yeux incises d’une cavite circulaire ; — les 
faces lalerales presentent aussi, en haut, un panneau decore d'une rosette for- 
mee de quatre feuilles d’acanthe. 

Gracieux travail decoralif, probablement du vi e siecle ; le motif des Eros ou 
des putti vendangeant, familier a la decoration antique depuis l’epoque helle- 
nistique, semblait recommande aux artistes chretiens par l’allegorie meme de 
l’Ecriture : « eyd> slut -q otpjceXo? f) aX^OivT,, xai b itarqp p.ou b yeiopyo? isitv... » 
(Jean, 15, 1); cf. notre n°665 et le sarcophage n° 1169. 

Photographic 11 “ 277. 


695 (102) Relief : captif et trophtie. 


Constantinople; la datcd’enlree n’est pas connue, probablement 1869 ou 1870, puisque le 
relief ne parait pas avoir ctii vu par A. Dumont et se trouve dans le Catalogue de Goold. 


Marbre blanc A gros grains cristallins, traverse de veines noiratres; rovers drcssA; face 
laterale gauche efface supirieurc cpannelees; la face laterale droite, soigneusemcnt drcssee 
encore sur sa partie poslerieure, a ele, dans la suite, ldgOrement ravalie et grossiArement 
piquee sur la partie contiguc a la face anterieure et dans le bas ; les traits du visage du 
captif soot informes; le casque et les boucliers du trophde mutilis ; 
erosions superficielles; grande mortaise rectangulaire (0 m 08 X 0" 07 
X 0 m 05) surla face gauche, a 0 m 76 du bas; Tangle posterieur gauche 
de la face superieure est entaille A une profondeur de 0" 08, formant 
aiusi une cavite d'environ 0" 13 X 0“ 15, ouverte sur deux de ses 
cotes; hauteur, 1” 05; largeur, 0" 36; ipaisseur, 0 m 26; hauteur du 
captif au dessus de la plinthe, 0"54. 

Pilier rectangulaire, sans prolil ni encadrement; plinthe 
en bas; haut relief; — un captif en costume oriental, braies 
serrees (ou relevees) au dessous du genou, tunique serree 
sur les reins et entr’ouverte sur les cuisses, manteau ferme 
sur la poitrine par une agrafe ronde, bonnet rond qui pa¬ 
rait encercle a sa base d’un diademe orne de pierres pre- 
cieuses — le personnage representerait done un roi vaincu — 
est agenouille sur le genou gauche, le buste presque de face, 
les jambes de profil a gauche ; ses bras sont lies derriere 
le dos; la lete, barbue et aux longs cheveux, est rejetee violemment en 
arriere, regardant le troph^e qui se dresse au dessus d’elle: il comprend une 




N° 096 — PILASTIlE DE PARAPET 


P.lo 

cuirasse a cotle, un casque, deux petits boucliers attaches sur 1’ouverture 
axillaire et deux lances qui apparaissent derriere l’epaule gauche; — travail 
decoratif mediocre; v e -vi e siecle (?j. 

Goold, Cal., n° 45; — S. Reinach, Cal., n° 258. 

Photographic n° 1576. 

696 (279) Pilastre de parapet. 

Provenance inconnue ; entre au musee cn ou avant 1868. 

Marbrc blanc A gros grains crislallins ; revers drcsse ; sur toute la hauteur des faces lato- 
ralcs, cst creusee une large coulisse oil s’encastraient les dalles du parapet; raortaise rec- 
tangulaire sur lc tore dc tangle superieur droit et au milieu du revers ; mutile A la partie 
superieurc (voyez la description); Arosions sur le nez et le bonnet du personnage ; surface 
noircie et usAe; hauteur, 1” 11; largeur, 0™ 225; Apaisseur, 0”20; hauteur de la figure, 
0“ 845. 

Pilastre reclangulaire; les angles superieurs, du cote face, sont motives par 
un gros tore horizontal (celui de gauche est brise), qui etait lui-meme sur- 
monte d’un ornement disparu, probablement une boule; ce 
cote est decore d’un relief represenlant, sur une petite plinthe 
convexe, un homme debout, le corps de face, vetu d’une longue 
tunique et d’unc sorte de houppelande, entr’ouverte sur le haut 
de la poitrine et dont le bord rabattu forme corame un large 
ch&le qui couvre les epaules; serree & la taille par une cein- 
ture, fendue en bas sur le devant, elle a d’amples manches, 
extremement longues, dont l’une, pendant naturellement, re- 
couvre le bras droit dont on ne devine pas les formes et dont 
on ne voit pas la main; le bras gauche est plie a angle droit, 
l’avant-bras pose horizontalement sur la taille ; la main, a 
peine indiquee, semble recouverte par l’etoffe; la tete, aux 
longs cheveux flottants, moustaches tombantes, grande barbe 
inculte, est tournee de trois quarts a droite et coiffee d’une 
haute liare dont la forme rappelle celle des bonnets de der- 
viche; — mauvais travail decoratif, peut-etre du vn“ siecle. 

A. Dumont, Musde Sainle-Irine (Revue archiologique, 1868, II), p. 257, n° XXXI. 



Photographic il” 1712. 




496 


N os 697-699 — TROIS PLAQUETTES 


697-699 (919, 920, 918) Trois plaquettes : le Christ etdeux anges. 


Constantinople, Top capou (porte de Saint-Romain) ; les reliefs y ont ctd dcssines par 
C. G. Curtis, lc 21 mai 1869; ils sont entres au rausec en novembre 1894. 


Marbre blanc; re vers et faces laterales dresses ; surface usee et tactile; —n° 697 : le 
visage du Christ est rabattu; de la main droite, il ne reste que des traces ; manque Tangle 
inferieur droit; aretes droite et inferieure, angle supdrieur gauche mutiles, celui-ci partielle- 
ment restaure en ciment; cette plaquette, ainsi que les deux suivantes, porte d’ailleurs sur 
les tranches des traces de ciment qui doivent provenir d’un temps oil elies avaient ete r6u- 
nies dans un meme ensemble ; hauteur, 0” 28 ; largeur, 0” 295; dpaisseur, 0"025 d 0“ 035 ; 
— n° 698 : la tete de Tange a ete martelee et s’est detachee en emportant avec elle une par- 
tie du fond; depot de cliaux ; les draperies strides 4 la ripe; hauteur, 0“ 33 ; largeur, 0" 22; 
epaisseur, 0“ 025 a 0" 03 ; — n“ 699 : la tete de Tange informe ; angles gauches legdrement 
mutilds ; mortaise rectangulaire au revers ; mdmes dimensions que le n“ 698. 


Ces trois plaquettes rectangulaires proviennent d’un meme ensemble; sur 
l’une, le Christ est represente en buste, dans un cadre forme d’une simple 
baguette et arrondi a la partie superieure ; il est v6tu de la tunique a manches 

longues et amples 
et du manleau qui 
couvre I’epaule, le 
bras, la partie gau¬ 
che de la poitrine, 
et donton voit, sur 
l’epaule droite, un 
pan qui passe en- 
suite sous l’aisselle 
et remonte obli- 
quement vers l’e- 

paule gauche, en se perdant sous celui qui descend de cette epaule ; le haut de 
la manche droite est orne d’une sorte de brassard ou de bande, brodee sur 
1 etoffe et creusee de quatre petites cavites, destinees a recevoir un ornement 
en pierre de couleur; il benit de la main droite, et, de la gauche, il tient un 
livre richement relie, muni d’un double fermoir; la tete barbue, aux longs 
cheveux, un peu petite, semble-t-il, pour les formes larges et fortes du buste, 
se detache sur le nimbe crucigere; les croisillons horizontaux sont perces de 
deux trous destines a recevoir un ornement metallique ou en pierre de cou¬ 
leur ; sur le fond, a droite et a gauche de la tete : 



1C XC ’I(vj7Su)i; X(ptffto)? 

Les deux autres plaquettes, qui se placent de part et d’autre de la premiere, 





N° 70(1 


RELIEF : SAtXT DAM (A NOS 


107 

representent, dans une attitude symetrique, deux anges ailes, nimbes, coupes 
4 mi-corps, tournes vers le Christ, la tele inclinee et une main tendue vers 
lui, l’autre main sur la poitrine ; ils sont vetus de la tunique et du manteau 
dont les pans retombent sur les bras ; les mains sont degagees ; la technique du 
n° 698 se distingue de celle des deux autres : les draperies et les ailes y sont 
rtgulierement striees a la rape; aux n os 697 et 699 la surface est lisse; — 
xii e -xm c siecle. 

C. G. Curtis, Broken bits of Byzantium, s. d., part II, au n° 78, figure. 

Photographic n° 477. 

700 (Oil) Relief: saint Damianos. 

Provenance et date d’entrte inconnucs. 

Marbre blanc cristallin; tranches drcssdes; bris6 A gauche et en bas a la naissance des 
cuisses; visage rabattu; erosions profondes sur le bras droit et l’abdomen; mains mulilees; 
surface usde ; hauteur, 0” 45 ; largeur, environ 0 m 40 ; epaisscur, 0" 075. 

Fragment d’une dalle rectangulaire; le fond se relevc pres des bords, for¬ 
mant un bandeau uni qui sert de cadre; moyen 
relief; — le saint, debout et de face, est vetu de 
la tunique a manches longues et du manteau qui, 
post sur les tpaules, retombe sur les bras et les 
cotts du buste dont il degage la partie centrale; 
la tete barbue se detache sur un grand nimbe in- 
dique par un sillon profond, grossierement incise ; 
il tient de la main droite, placte sur la poitrine, 
un objet pareil 4 un court baton, peut-etre un ins¬ 
trument de chirurgie, et de la gauche, poste sur 
la taille, un autre objet oil nous sommes tentts de reconnaitre une trousse de 
chirurgien. 

L’inscription, gravee 4 gauche et 4 droite du relief, doit sans doute etre res¬ 
titute : 

[5 aytog A]ap.tavo; 

Les lettres entre crochets ont entierement disparu; des lettres pointees, il 
ne reste que quelques traces, contre le bord de la cassure, mais correspondant 
tres bien a celles que nous restituons ; on sait que Damianos etait niedecin et 

32 




498 


N° 701 — RELIEF : FIGURE ALL&JORIQUE 


que Cosmas et lui sont veneres dans l’eglise grecque comme les saints anar- 
gyres; — xn e -xm e siecle. 

Photographic n° 1733. 


701 (1653) Relief : allegorie a la hache et a la corne d’abondance. 


Provenance et date d’entree inconnues. 

Calcaire tend re ; tranches dressees; erosions sur lcs 16vres, le menton, les cheveux, la 
couronne, la corne, la main droite, le manche et le fer de la hache ; surface us£e et noircie. 

Traces de rouge sur la couronne, les yeux, les 16vres, la main droite, les bandelettes, la 
bordure du manteau, la corne, les fruits, le manche de la hache, le fond ; filet de m&me cou- 
leur bordant les contours du nimbe. 

Hauteur, 0“ 36 ; largeur, 0"' 31; itpaisseur, O'" 11 ; la saillie du relief atteint jusqu’a 0” 085. 


Petite dalle rectangulaire sans encadrement; haut relief; — la figure est 
representee de face, en buste coupe sous les seins; la tele se detache sur un 
nimbe uni; le visage est petit et d’un travail grossier, les yeux enormes avec 
un globe circulaire tres saillant entre deux lourdes paupieres qui remontent 
fortement vers l’angle externe, le nez long, les levres fortes et droites, les joues 

bouflies ; le cou, trop haut, a la forme d’un tronc 
de cone ; les cheveux, disposes en bourrelet sur le 
front, descendent sur les cdtes du visage et sur le 
cou en deux masses epaisses, detaillees par quel- 
ques sillons ; ils sont ornes d’un diademe a plu- 
sieurs fleurons et d’une bandelette dont les deux 
extremity descendent devant l’epaule gauche ; de 
la main gauche, posee au milieu de la poitrine, 
elle tient une corne d’abondance dontle recipient, 
serre par deux bagues et orne de quelques motifs 
vegetaux, est rempli de trois baies rondes (rai¬ 
sins ?) et de deux « pyramides » ; le bras droit, reduit, faute de place, 
a un boudin tres tenu, est plie, l’avant-bras releve verticalement le long de 
l’arete, la main tenant une double hache. Elle est vetue d’une tunique et 
d'un manteau qui forme, a la base du cou, une collerette rabattue,- garnie sur 
ses bords d’un lisere ; la disposition du vetement n'est pas Ires claire : le man¬ 
teau couvre le milieu de la poitrine, ou les plis en sont indiques par des 
triangles incises iuscrits les uns dans les autres, et le haut du bras gauche ; 
mais l’avant-bras parait pris dans une manche longue, terminee par un pare- 
ment; le sein droit semble nu ; le bord degrafe de la tunique se voit au dessous 
de sa rotondite peu accus6e, et le bras droit aussi estnu, a moins que les deux 
sillons, creuses au poignet, ne doivent etre interpretes, non comme des brace¬ 
lets, mais comme le parement d’une manche. 



... ■. V v’/vijaolS; 



N° 702 — RELIEF : LA VIERGE ENTRE DELX SAINTS i-*9 

Le relief represente, non pas, croyons-nous, une sainte (nous n’en connais- 
sons pas d’ailleurs a qui conviennent ces attributs , mais une allegorie; c'est, 
a ce qu’il nous semble, une Abondance ou une Fortune, executee peut-etre 
d’apres une Tyche dont le gouvernail, mal compris, aura ete travesti en 
double hache; l’art byzanlin a parfois donne le nimbe a ce genre de figures; — 
le travail est barbare ; peut-etre convient-il de l'attribuer au temps de l’em- 
pire lalin. 

A. Dumont, Musie Sainle-Irine (Revue archeologique, 1868, II , p. 256-257, n° 
XXX ; — S. Reinach, Cat., n° 583. 

Photographic n u 1769. 


702 (911) Relief : la Vierge entre deux saints. 


L’inventaire porle Constantinople et ne donne pas de date d’cntrAe ; lcs details suivants 
sont empruntcs A Belin, l. infra l. : « rue Khan-Daq [lisez Hendek = fossd; cf. l'allemand 
Graben], it 56 metres de la tourSaint-Barthelemy, vis-a-vis le poste de Zablie, du cimetiere 
musulman, cn allant vers le pont d’Azab capou [place de Chich hane Karakol], se trouve 
dans lu maison d'Ali elTendi, pris du sommet de la quatriime tour, une pierrc portant 
trois ecussons... [au centre celuide Genes, a dextre celuidu doge Campofregoso, A senestre 
celui du podestat Spinola], surmontant l’inscription suivante... : 

•j- Spectahil(is) ■ el ■ nobilis ■ vir ■ dominus ■ 

Nicolaus-Antonius. Spinulla ■ q(u)ondam d(omi)ni 
Thome ■ poiesla(s) ■ Pere ■ {et) lanuensiu(m) ■ in ■ to 
to • imperio ■ Romanie • conslrui • fecit • hanc 0 ii 

lurri(m) ■ (et) in pauci(s). diebti(s) - co(n)struc[t](ioius) • m • cccc ■ xxxx 
die viii may 

[Cf. L. T. Belgrano, i. infral., p.329, n* 20, pi. XIII; la pierre est au musde imperial 
ou elle portc le n° d'inventaire 961], — Dans les demolitions de cette tour, M. O’Mahony, 
architccle de la nnmicipalite de Pera-Galata, a trouve une grande pierre portant l'image, 
en pied, de la sainte Vierge tenant 1’Enfant Jesus sue son bras gauche, etayant, & chacun 
descs coles, un Saint barbu, nimbi, portant un vitcment ccclesiastique, avec une croix 
stir chuquc cpaule. Ces images grossiirement gravers au trait, sans modcli, se trouvent, 
avec les autres pierres provenant des murailles de Galata, dans le jardin du Vieux Serai, 
autour de Tchnili Kioclik (sic) ». Ce passage est emprunte 4 la seconde idilion du tivre de 
Belin (edition posthume, publiee par le R. P. Arsine de Chatel; Belin etait mort le 16 avril 
1877); nous n’avons pas vu la premiire idition, qui a paru en 1872, sousle litre Histoire de 
fe’i/f/se Inline de Constantinople ; nous ne savons done pas si le passage en question s’y 
trouve; il parait oependant resulter de la suite du texte ,que nous reproduisons en tite du 
n° suivant), qu’il a eti ecrit par le P. Arsene sur des notes de Belin datant de 1875; or, les 
articles de de Launay dans L'univers de Constantinople (cites ci-dessous) sont de 1874-1875 ; 
c’est probablement vers ce temps que ce relief et le suivant furent transports au musee. 


Marbrebleuti 5 grains fins ctpeu cristallins; les tranches presentent, contigue aux aretes 
de 1a face, une partie plane au deli de laquellc se creuse une gorge soigneusement dressee; 
eassure ligire A l’angle infericur gauche etaux angles droits. 

Lcs pclitcs taches de couleur rouge qu’on voit $4 et 14 sur le marbre sont modernes ; les 
(races de couleurs anciennes paraissenl reduites A des restes presque ivanides de rouge sur 
le fond, entre la Vierge et le saint de droite. 

Hauteur, 0“75; largeur, 0“ 87; ipaisseur, 0“ 065 4 0“075; hauteur des figures, sans le 
nimbe : la Vierge, 0“ 675 ; les saints, 0"66. 



oOO 


N° 702 — RELIEF I LA VIERGE ENTRE DEUX SAINTS 


Dalle rectangulaire encadree d’un listel uni; relief meplat; — au milieu, 
debout, le corps eourbe par un fort dehanchement de la jambe droite, la tete 
penchee vers l’epaule droite, le regard baisse vers son fils, la Vierge, vetue 

de la tunique longue et du manteau 
releve sur la tete, porte sur le bras 
droit et maintient de la main gauche 
l’enfant Jesus qui semble nu (peut- 
etre avec un manteau jete sur ledos), 
benit de la main droite et leve le 
bras gauche a hauteur du visage de 
sa mere ; de part et d’autre, un saint 
barbu: celui de droite, vetu d'une 
longue tunique et d’un manteau a ca- 
puchon, la main gauche cachee sous 
la draperie, est un moine; il tient 
peut-etrede la main droite un fleuron indique par une simple incision; l’autre, 
vetu a peu pres de meme, mais sans capuchon (la tete est presque chauve; 
quelques cheveux sont indiques par incisions au sommet du crane), benit de 
la main droite et tient un livre de la main gauche; deux croix creusees sur 
le haut de la poitrine paraissent representer le pallium et le designent au 
moins pour un eveque ; toutes les teles sont nimbees. Les pieds ne sont pas 
sculptes, sauf peut-etre — et tressommairement — le pied droit de la Vierge. 

La technique du relief est remarquable: les figures sont des silhouettes sans 
modele, obtenuesen ravalant le fond en dehors des contours; a l’interieur, les 
details sont indiques par quelques sillons peu profonds ou par des ravalements 
partiels ; les traits des visages sont tres sommairement exprimes ; on notera la 
maniere singuliere dont le visage des saints s’enleve en 16gere saillie sur les 
contours du crane ; l’ccuvre est extremementgrossiere; toutefois, pour la juger, 
il faut se placer uniquement au point de vue pictural, le sculpteur en ayant 
use comme un peintre qui travaille sur un plait et ayant creuse une ombre la 
oil le peintre l’aurait posee avec son pinceau ; la pierre devait etre entierement 
peinte, bien qu’elle n’ait conserve presque aucune trace de couleurs, et c’est, a 
dire vrai, moins un relief peint qu'une peinture en relief ; comparee a la sui- 
vante, elle donne d’ailleurs l’impression de n’etre pas completement achevee; 
elle est sculptee sur une dalle reemployee et date, comme il resulte des cir- 
constances de la decouverte (cf. in pr.), des premiers moisde l’annee 1442. 

S. Reinach, Cat., n° 532 b ; — Joubin, Sculpt, gr. et rom., n° 171; — M. de Lau- 
nay, L'univers, revue orientate, Constantinople, I, 1874-1875, p. 232 [article intitule 
Notice sur le vieux Galata (P6ra des Ginois) paru dans les n os de novembre, p. 25- 
30 ; decembre, p. 105-116; janvier-fevrier, p. 170-178; mars, p. 225-232]; mentionn6 
dans L'ami des monuments, V, 1891, p. 232; cf. aussi 'O Iv KajvdtavTivouicoXst 





N° 703 - RELIEF : LA VIERGE ENTRE DEUX SAINTS SO! 

iXXrjv.zos s'.XoXoyix'j; - j XXoyo;, XI, 1876-1877 (Constantinople, 1878;, p. 160- 
> L. T. Belgrano, Documenli riguardanli la colonia genovese di Pera, Genes, 
1888, p. 330, au n° 23 [les documents contenus dans cet ouvrage avaient At6 publics 
d£j<* par 1 auteur dans le volume XIII des Alii della societk ligure di storia patria en 
1877 et 1884; Belgrano a cru & tort que lun des reliefs mentionnis par de Launay 
6tait un saint BarthAlemy (inventaire du musee imperial n° 953) quil reproduit a la 
pi. XV]; — A. Belin, Histoire de la latiniti de Constantinople , 2 e ed., 1894, p. 146 ; 
— J. L. Ileiberg, Tidsskrift for industri, VII, 1906, p. 167, fig. 45;— A. MuRoz, 
Nuovo bullettino di archeologia cristiana, XII, 1906, p. 118; fig. 4, p. 117; — 
L. BrAhier, fitudes sur I'histoire de la sculpture byzantine ( Archives des missions, 
nouvelle sArie, 1911, fasc. 3), p. 83-84 [99-100], 

Photographies n°‘ 189 (24 X 30), 1741 (18 x 24), 


703 (912) Relief : la Vierge entre deux saints. 


* Dans la mime rue Khan-Daq [Hendek ; cf. ci-dessus, p. 499], coti de terre, a peu pris 
14 ou sc trouvent aujourd’hui (1875) les bureaux du journal La Turqnie, sur la tour Sainle- 
Marie, la deuxiime apris celle du Christ, inscription gothique elegante : trois Acussons, 
de Gines au centre, du doge Campofregoso 4 dextre, du podcstat Spinola 4 senestre ; au 
dessous, on lit : 


Speclabili(s) (et) nobil(is)■ vir • d(omi)n(u)s • Xicolau(s. 
Ant(o)n(iu)s ■ Spinula potest( as) • Peire) (et) fannen- 
siu(m) • in tolo ■ imp(er)io ■ Romanie ■ t(em)p(o)re • su i) • 
regimin(is) ■ anni ■ s(e)(cun)di ■ iuxil • hanc ■ s(e)(cund)am 
tur(r)i(m) ■ ( con)slrui ■ m ■ cccc • xxxxii ■ die xx ■ o 
cl(obris) ■ mandan(s) • vochari ■ s(anctam) ■ Mariam 


[Cf. L. T. Belgrano, I. infra l., p. 330, n“ 22, pi. XIV; la pierrc cst au musee imperial oil 
elle porte le n" d’inventaire 963]. Une pierre 4 fimage de la Vierge, identique 4 celle 
dicrite oi-dessus [noire n° 702], a At<5 Agalement trouvee dans cette sccondc tour... toutefois 
cettc seconde tour ne fut achevAc que i’annec 1443 par le successcur de Spinola, conlme 
t’indique l’inscription ci-aprAs : trois ccussons, celui dc Genes au centre, de (sic) doge 
Bafael Adorno 4 senestre, et celui du podestat Boruel de Grimaldi 4 dextre : 

hec • turris ■ fuit • perficta ■ te 
mpore ■ spectabili s) ■ d otni)ni ■ Borueli(s) 
de ■ Grimaldis . in ■ cccc ■ xxxx iii • 


(A. Belin, I. infra l. ; cf. L. T. Belgrano, l. infra l., p. 331, a” 24; pi. XVI; la pierre cst 
au music imperial oil elle porte le n° d'inventaire 962) ». Ce relief est certainement enlrA au 
musAe cn mime temps que le precedent; sur la date approximative, cf. ci-dessus, p. 499. 


Marbrc bleute A gros grains cristallins; la tranche superieure prescnlc un lislel et one 
gorge ; sur les autres, la gorge parait avoir etc retravaillee, et on lui a substituc un redent 
rectiligne ; brise A gauche, par une cassure irrAguliere qui a emportA toute la partie supe¬ 
rieure du saint place de ce cote, I’anglc infArieur, et n'a rcspecte le cadre que sur une 
hauteur de quelques centimetres; erosions sur les arAtes; hauteur, 0“ 7 15 ; largeur (com- 
plAte , 0“ 91; Apaisseur, 0”07 ; hauteur des figures, sans le nimbe : la Vierge. 0 m 68; le 
saint, 0™ 65. 



502 


N° 701 - EX-VOTO DU MOINE PAUL 


Dalle rectangulaire, encadree en haut et sur les cdtes d’un bandeau nu et 
saillant, en bas d’un elroit listel; relief meplat; — au milieu; la Vierge, 
en tunique et manteau releve sur la tete, portant sur le bras droit l’Enfant 
drape et benissant de la main droite; de part et d’aulre, un saint: celui de 
droite, barbu et chauve (le capuchon n’est pas releve sur la tete), tient de la 

main droite un fleuron au milieu de la 
poitrine; la main gauche est cach^e sous 
la draperie; le saint de gauche — dont il 
ne reste que la partie inferieure — parait 
tenir un livre de la main gauche; toutes 
les tiites sont nimbdes; le nimbe du 
Christ est crucigere ; les figures sont cou- 
pees au dessus des pieds; les types et les 
attitudes sont, sauf quelques differences 
insignifiantes, ceux de la plaque prece- 
dente ; la technique est la meme, mais le 
travail (qui, au n° 702, pourrail bien etre inacheve) est ici plus pousse, les 
traits de details plus nombreux, plus larges el plus profonds ; bien que la tour 
d’ou provienne ce relief ait ete achevee un an apres celle d’ou fut delache le 
n" 702, c’est a peine une hypothese de supposer que les deux reliefs ont 
ete executes en meme temps et dans un meme atelier, sur une commande 
unique du podestat Spinola. 

S. Reinach, Cat., n° 532 c ; — Joubin, Sculpt, gr. et rom., n° 172; — M. de 
Launay, ll. II. au n° precedent; — L. T. Belgrano, Documenti riguardanli la colo- 
nia genovese di Pera, Genes, 1888, p. 330, au n° 23 [cf. la bibliographie du n° prece¬ 
dent]; — A. Belin, Hisloire de la latiniti de Constantinople, 2 C 6d., 1894, p. 147; — 
A. Mufloz, Nuovo bullettino di archeologia cristiana, XII, 1906, p. 118 ; — L. Brehier, 
l. 1. au n° pr6c6dent. 

Photographie n* 1973. 



704 (904) Ex-voto du moine Paul. 


Constantinople, Top hane ; Tinventairc ne donnc pas de date d’entree; nous savons que 
le relief fut trouv£ en 1865 ; la decouverte fut l’objet alors, dans le Courrier d'Orient , 
d une mention rectifiee par Ddthier dans le n° 945 de ce journal; le 12 juin, il en fut ques¬ 
tion dans la cent trente-sixi^me seance du Syllogue grec de Constantinople (cf. Pappado- 
poulos, pr. 1. infra l., 4 qui ces renseignements sont empruntds). 


Marbre blanc 4 gros grains cristallins ; revers piqu4 ; tranches frustes ; manque la moiti6 
sup&ueure; Erosions sur Tangle inferieur gauche ; hauteur maxima actuelle, 0 m 38 ; largeur, 
0 m 35; epaisseur, 0 m 045. 



N u 7(11 


ex-voto nr moine paui. 


:.o:i 


Stile probablement rectangulaire, encadree d’un dtroit bandeau saillant et 
nu I— ur > personnage eccltisiastique, sans doute un saint eveque, est repre¬ 
sents debout et de face; les mains de- 
vaient elre ramenees symStriquement sur 
la poilrine; il est vetu de la tunique, de 
la chasuble (tpeXwvtov) et de letole a franges 
(iiriTpx/-i)}.iov), ornSe d'une Croix et descen¬ 
dant sur le milieu du corps jusqu’a mi- 
cuisses (cf. la forme de l’etole grecque, 1 
ap. J. Braun, Die liturgische Gewandung I, 

im Occident und Orient , 1907, p, 602, r ' 
lig. 285 h). l 

La technique est remarquable : les con- \ 
tours de la figure et les lignes dessinees 
paries plis principauxdela draperie ayant 
ete reserves, le champ, tout autour etentre ces lignes, a ete ravale ; c'est done 
corarae un dessin en relief dont les traits sont representes par des lislels polis 
soigneusement, qui s’enlevent sur le fond pique. 

A droite et a gauche, a hauteur des jambes, on a reserve un petit cartouche 
sur lequel l'inscription suivante est incisee avec une pointe tres fine, en carac- 
teres greles mais assez soignes; la plupart des accents sont indiquds : 

f K(upt)s (3o tq6vj HaaXo) \i.z- 

tw sii> SouXo (sic) va’/io. 



Dans la seance du 27 decembre 1865, Pappadopoulos (alt. I. infra l.) signala 
au Syllogue grec un autre relief, trouve egalement a Top hane et portanl une 
inscription toute semblable : Kupis 6oij0si tiJ a(o 8ouXm Kuvj:iv:!vw 
u.ova y oj ; le personnage represente etait un moine portant un long « combo- 
loghion ». Pappadopoulos n’en ayant donne aucune description, nous igno- 
rons si les deux monuments relevaient de la meme technique ou s’ils n'avaient 
de commun entre eux que la plus banale des acclamations. Par contre, on 
pourra comparer avec notre fragment un relief de saint Barthelemy, trouve a 
Galata et conserve dans notre depot des sculptures franques (inventaire du 
musee imperial, n° 953); il a 6te publie parL. T. Belgrano (Documenti riguar- 
danti lacolonia genovese di Pera, Genes, 1888, pi. XX'; sur la confusion qu’a 
faite Belgrano de ce relief avec fun de nos deux n os precedents, cf. plus haut, 
p. 501); il est d’une execution beaucoup plus grossiere, presque barbare, mais 
c'est dgalemenl un dessin rendu par des listels en relief; il date du xv* siecle 
(la pierre porte les armes de Genes et des Spinola'i; notre fragment est peut- 
dlre un peu plus ancien ; si contestable que soil cette technique, le dessin ici 



504 


N° 705 — FRAGMENT DUNE ARCH1VOETE DE CIBORIUM 


est ferme, schematise avec adresse, et l’execution est Ires minuiieuse ; il ne 
reste aucune trace des couleurs qui certainement recouvraient le fond. 

S. Reinach, Cat., n° 582 I)ls [il faut lire « h. 0.38 » an lieu de « h. 0.88 »]; — Jou- 
bin, Sculpt, gr. et rom., n° 173 ; — Ph. A. Dethier, l. 1. in pr. ; — Ch. Pappado- 
poulos, '0 £v K w vitavx t vou jio'Xe i iXXr)vr/.o$ tp tX oXo y ixo 5 £ uXXo-j-o;, III, 1865, 
p. 78; IV (1865-1870), Constantinople, 1871, p. 188, 

Photographic n° 1583. 

705 (928) Fragment d’une archivolte de ciborium. 

Constantinople (cette provenance est indiquee par M. S. Reinach); la date d’entree n’est 
pas connue. 

Marbre blanc 14g4rement bleute, a gros grains cristallins ; revers fruste ; tranches dres- 
sees; brise 4 gauche par une cassure irreguli&rc ; ce qui reste est en deux fragments rajus- 
tes ; mutilations legires sur les visages; deux mortaises pour crampon sur la face laterale 
droite ; la mortaisc pour crampon, qui entame le champ 4 Tangle inferieur droit, est 
modernc; hauteur, 0” 91; largeur maxima actuelle, en haut, i m 0i; largeur complete, cn bas, 
0 m 435; epaisseur. O'" 07. 

L’arc s’ouvre dans une dalle rectangulaire, bordee par un cadre saillant et 
decore d’entrelacs; sur l'archivolle, decoree d’un motif analogue, sont posds 

plusieurs busies d’apotres au 
nimbe lisse, barbus, v£tus de la 
tunique et du manteau; le pre¬ 
mier tient un volumen des deux 
mains ; le second en tient un de 
la main gauche et benit de la main 
droite posee sur la poitrine (le 
dos de la main tournee vers le 
spectateur) ; le troisieme, des 
deux mains, tient un livre ; il reste 
une parlie du nimbe d’un qua- 
trieme; le tympan de Tangle droit, 
seul conserve, est occupe par un 
buste d’archange qui plane, de face, velu d’une tunique a longues manches 
et d’un manteau qui lui couvre l’6paule gauche et dont un pan flotle, a 
droite, sur le fond ; la tele, coiffee de longs cheveux et tournee 4 gauche, se 
detache sur un nimbe uni ; la main droite est posee sur ou devant la poitrine, 
la paume ouverte et de face (benissant?) ; la main gauche tient un globe; 




N° 706 - FRAGMENT dVn'E ARCH] \ OLTE DE C1BORIUM 


505 


1 aile gauche est baissee verlicalement, la droite deployee horizontalement, 
de maniere a couvrir toute la surface de l'ecoinfon. 

G'est cerlainemenl a tort que MM. Rivoira et Dalton ont atlribue ce frag¬ 
ment au vi" ou au mi" siecle ; cetle forme de dalle et cette composition, neces¬ 
sities par la forme incme du monument ou elles entrent, sont as-urement tres 
anciennes uT. (i.-B. de Rossi, Bulletlino cli archeologia crisliana , IIDserie, 
II, 1877, p. 98 sq.), mais le caractere de la sculpture denonce ici, sans 
aucun doute possible, une origine byzantine tardive ; il nous parait non moins 
certain que ce fragment, souvent rapproche de notre n° 707 et des celebres 
archivoltes du parecclesion de Kahrie djamissi,est sensiblement moins recent; 
la decoration, comme les figures, y sont d’un autre style, plus vigoureux et 
plus precis, et d'une execution plus poussee, en particulier dans le detail des 
draperies ; nous serions tenths de le dater de la fin du xi e ou des debuts du 
xiT’ siecle; le ineme cadre decore d’entrelacs se retrouve Mir le relief du Kairos 
& Torcello (Dalton, I. infra l., jfT 158, fig. 91), qui doit etre posterieur a 1008, 
annee ou Teglise fut restauree. 


S. Reinacli, Cal., n° 634; —Joubin, Sculpt.gr. et rom., n° 178 ; — G. T. Rivoira, 
Le origine dell' architeltura lombarda, I, 1901, p. 201, fig. 274 ; — J. Strzygowski, 
Byzantinische Zeitschrifl, XI, 1902, p. 609 ; — A. Mufloz, Xuuro bulletlino di 
archeologia crisliana, XII, 1900, p. 114-116; —O.-M. Dalton, Byzanline art and 
archaeology, 1911, p. 167 ; — L. Brehicr, Etudes sur Vhisloire de la sculpture byzan¬ 
tine (Archives des missions, nouvelle s6ric, 1911, fasc. 3 1 , p. 44 (60] et 74 90] ; 
pi. XXI, k la p, 86, fig. 2. 

Photographic n° 490. 


706 (1161) Fragment d une archivolte de ciborium. 


Constantinople ; trouve dans l'enceinte du Vioux Serail cn mars 1901. 


Marbre blanc cristallin ; revers epanneio ; 
brise de tous cotes sauf cn bas : manque la 
tetc du pcrsonnage ; Erosions sur les mains: 
hauteur acluollc, 0 m 265 : longueur maxima 
actuelle, 0 m 405; epaisscur, 0 m 125. 


Le fragment conserve appartient au 
sommet de l’archivolte; I’arc est motive 



par tin lore reeouvert de feuilles d'acan- 

the, el le milieu en est marque par un medaillon eirculaire ou est placee une 
rosette cruciforme; immediatemenl au dessus, est pose un buste. probable- 



506 


N° 707 - MOITlfi DE l’aRCIIIVOLTE o’UN CIBORIUM 


ment celui du Christ, vetu d’une tunique echancree a manches longues et 
ornee de quelques motifs incises d'un caractere tout decoratif; les deux mains 
sont ramenees sur la poitrine : la droite benil (avec le dos tourne vers le 
spectateur), la gauche tient un volumen; — ce morceau provient d’un en¬ 
semble analogue au n° precedent, mais il est d’un travail plus sommaire et 
certainement plus recent; une stylisation analogue de la draperie se retrouve 
sur le Christ de l’archivolte de Tornikes, a Kahrie djamissi, qui date de la 
premiere partie du xiv e siecle (cf. les references au n° suivant). 

Photographic n* 1976. 


101 (937) Moitie de l’archivolte d’un ciborium. 


Constantinople (cette provenance est indiquee par M. S. Reinach); la date d’entree est 
inconnuc. 


Marbre blanc A grains semis et peu crislallins ; tranches dresseee ; sur la face laterale 
gauche, qui est mutilee cn son milieu, deux mortaises dans lesqnelles s’inseraient les gou- 
jons qui unissaient les deux moilies de l'ensemble; brisAe en deux fragments qui se 
rajustent (petite reslauration en cimenl au joint sur le cadre) ; visage de l’ange indistinct; 
quelques erosions sur les feuilles d'acanlhe ; certaines parlies du feuillage sont travaillees 
an trepan ; hauteur, O'" 965 ; largeur, en haut, 0“ 76 ; en bas, 0” 29; epaisseur, 0" 10. 


Moitie droite de l’archivolte ; l’arc s’ouvre, commeau n° 705, dans une dalle 

rectangulaire, encadree d’une moulure de- 
coree de palmettes et de fleurons,de forme 
abatardie et d’un travail un peu gros; il 
est de plein cintre, et le sommet de l’ar- 
chivolte touche la moulure horizonlale; 
cette arch ivolte est motivee, sur l’arc 
meme, par un petit tore recouvert de 
feuilles qui semblent sorlir d’une bague 
formee de trois annelets accouples, au des- 
sus, par un rang de denticules sommaire- 
ment indiques et par une large zone de 
feuilles d’acanthe dont la pointe retombe 
tout en restant adherenle au fond; la ner- 
vure centrale de la partie retombante est, 
sur deux de ces feuilles, accusee par plusieurs petits trous creuses au trepan ; 
le tympan dangle est tout entier occupe par un ange drape, tourne de trois 
quarts a gauche, coupe a mi-jambes, et tendanl les avant-bras en avant; bras 




N® 708 - FRAGMENT D ARCIIIVOI.TE li’l'N PETIT CIBORIIM 507 

et mains sont caches sous la draperie, en signe de respect r cf. plus haul, 
p. 400); la tele s’incline vers la poitrine ; les chevcux, longs et epais, des¬ 
cended sur le cou, pareils a deux bourrelets slries ; le nimbe 1 isse et le 
sommet de l’aile gauche, baissee verlicalenient, debordent un peu sur le cadre 
superieur; 1'aile droite est deployee horizontalement. de telle maniere que la 
figure recouvre toute la surface du tympan, sauf les angles aigus que remplit 
un motif vegetal. 

Figure et decoration presentent ici la plus grande analogie avec les archi- 
voltes du parecclesion de Kahrit; djamissi, donl le travail est cependanl plus 
pousse (Th. Schmit, Kahrie djami, publication de I'instilul archeologique 
russe de Constantinople , 1906, pi. lxxxiii et lxxxiv; A. Ruedell, Die Kahrie 
Dschamisi inConstantinopel, ein Kleinod hyzantiniseher Kunst, 1908, pi. 13), 
et avec la lunette — d’un travail encore superieur— qui, dans l’eglise prin¬ 
cipal, couronne la niche ou est placee la mosaique de la Yierge (Schmit, l. L, 
pi. i.xxxvni, 2; Ruedell, l. L, pi. 12). Le Tornikes de l’archivolte est proba- 
blement le peya; xovoorauXo;, ami de Th. Metochiles, mentionne par Canta- 
cuzene en 1320 (I, 11, ed. Bonn, I, p. 54) : par la se trouve datee toute cede 
serie de monuments. 

S. Reinach, Cat., n° 552; — Joubin, Sculpt, gr. el rom., n” 1*9; — G. T. Rivoira, 
Le origini dell’ archilellura lombard a, I, 1901, p. 201, fig. 275; — J. Str/.vgowski, 
liyzanlinische Zeilschrift, XI, 1902, p. 569; — A. Mufioz, Xnovo bullettino di 
archeologia crisliana, XII, 1906, p. 114; — O.-M. Dalton, Byzantine art and 
archaeology, 1911, p. 157. 

* 

Photographie n° 481. 


708 (934; dejk enregistre an n- 69ti ) Fragment darchivolte d’un petit ciborium. 


Constantinople, Psamatia ; onlroau musee le 17 septembrc 1891. 


Murbre MgArcment bleute A grains cristallins ; le revcrs est frusle. les tranches le 
paraissent aussi, mais sont tr6s attaquces; brise A 
gauche et en bas ; ardte superieure et angles droils 
mutilAs ; croftte de ciment en <le nombreux en- 
droits ; hauteur maxima acluellc, 0™ 29 ; largeur 
maxima actucllc, 0"’435; cpaisscur, 0” 095; diame- 
trc du mcdaillon, 0 m 125. 

L’arc s’ouvre sur une dalle rectangulaire 
encadree d’un cordon de grosses perles ; 
l’archivolle est moliveeparun petit bandeau 
nu sur lequel est pose un cordon de perles semblables; le tympan est decore 




508 


X® 709 - FRAGMENT DARCHIVOLTE 


d'arabesques de feuillage qui s’enlevent sur un fond ravale ci 0 m 015; dans 
Tangle droit, on a reserve un medaillon circulaire sur lequel sont sculpt^es les 
lettres d’un monogramme que nous ne savons pas resoudre ; — xiv e siecle. 

Photographie n° 1975. 


709 (1644) Fragment d’archivolte (d’un ciborium ?). 


Constantinople; l’invenlaire portc: « Soultan Ahmed, quartier Nahil bend, maison de 
techrifatdji [maitre des ceremonies] Ahmed bey » ; Xenophon A. SidAridAs, l. infra I., ajoute 
quelques details : « .. .[-Xa? XEOEqiEVTj] ei; xpijvrjv ev tS JtpoauXiw x5); uk ’ aptflpou 41 x?j; oSou 
SestxXt] TOEOpl ev Trj auvoixia Na-^iX-|j.-EVT (ToaxXaxi; x.ajiou) tt]; IIo'Xew;. Ei; xov xpo; x»|v 
<ji8r)po8po|XiXJ]v ypau.ur;v zrj-ov x?|; otxiaj xauxri; r)<iav oi 8uo Xi'Otvoi Xeovtes oi vuv Eipiaxo'pEvot 
ei: to xou ToiviXij xtoax auxoxpaxopixov pouasiov » [t. I, n°* 112 el 143] ; cntre au musee impe¬ 
rial en 1907. 


Marbre blanc legArement bleutd, A gros grains cristallins ; revers, tranches superieure et 
laterale droite epanneles; la pierre, complete a droite et en haut, a ete retaillce a gauche 
el en bas; un trou a cte percd vers le milieu de la plaque pour loger un robinet ou une 
conduite d’cau (cf. le texte grec cite ci-dessus); quelques erosions sur les aretes; hauteur, 
0“ 413; largeur, 0 m 63; dpaisseur, 0“ 10. 


La dalle, encadree d’un bandeau nu et peu saillant, est aujourd’hui a peu 
pres rectangulaire; il ne reste de l’archivolte que, a Tangle inferieur gauche, 
une petite partie de la moulure de l’arc, taillee en biseau et recouverte de 

feuilles stylisees, disposees 
symetriquement de part et 
d’autre d’une tige; a l’excep- 
tion d’un medaillon circu¬ 
laire, place dans Tangle su- 
perieur droit et dans lequel 
est sculpte en relief le mo¬ 
nogramme des Paleologues, 
tout le tympan est recouvert 
d’arabesques dont les enrou- 
lements sont remplis soitpar 
une feuille de vigne a cinq 
lobes profondement decou¬ 
pes, soit par deux demi-feuilles, genre acanthe, vues de profil, posees sur un 
pedoncule unique et adossees en palmette, soit, dans le passage etroit qui 
separe le medaillon du cadre, par une demi-feuille unique du raeme type — 
le tout d’un caractere fortement influence par le style saracene; — bon travail 
deeoratif du xiv e siecle. 




N° 710 — DALLE DE PARE.MENT d6COR£e DE RIMJEAUX 


509 


Xenophon A. Siderides, '0 iv K '>v7 :i» tlvoj"oa = i ctXoXoytxo; 

XjAAoyoj, ’Ap/ aioXo-f ■./.)) Iit orr], des t. XX-XXII, Constantinople, 

1892, p. 17, n° ?’ ; — Halil fidhem bey, Jahrbuch des archaeologischen Institute, 
XXIII, 1908, archaeologischer Anzeiger, col. 112; — L. Brehier, Etudes sur I'histoire 
de la sculpture byzantine (Archives des missions, nouvelle serie, 1911, fasc. 3},p. 43 
[59j. 

Photographic n° 1579. 


710 (1371) Dalle de parement ddcorde de rinceaux. 


Constantinople, Eiwan Serai; entree au musee en mai 1905. 


Marbrc bleutd 4 gros grains cristallins; rovers fruste ; brisee cn bas; probablement 
retaillde en liaut ct k gauche ; erosions sur l’arele gauche et sur la tige du rinceau : il ne reste 
que des traces du bas du panier ct de l’une des poires ; hauteur maxima acluelle, 0“ 61; 
largeur, 0” 51; epaisseur, O’" 08. 


Fragment rectangulaire; la dalle est decoree d’un large rinceau qui se deve- 
loppe verlicalement et dont la feuille a trois lobes est mal caracterisee; la tige 
est tres grele et tres peu fournie; l’enroulement inferieur est occupe par une 
grande feuille (incomplete) striee de nombreuses nervures, probablement une 
feuille devigne; celui du haut par un panier 
tresse dont la panse est indiquee par un motif 
d'imbrications et le bord par un gros bourrelet 
strie; sur ce bord sont posees trois poires; le 
rinceau est limitd 4 droile par un listel, large 
de 0 U1 03, qui le separe d’un rang d’oves dis¬ 
poses verticalement (les dards ont une forme 
tridenlde qui rappelle celle d’un bourgeon 
sortant de son calice); la tranche elle-meme 
de la plaque est, de ce cdte, sommairement 
profilee par un sillon creuse en son milieu ; 
elle dtait done visible ; le fragment appartient 
probablement au monlant d’une porte ou h 

1’encadrement d’une niche ; — le rinceau est d’une maigreur excessive et 
sans valeur decorative ; cependant la fermele avec laquelle il est trace denonce 
l’influence de l’antique; les oves sont au contraire d’un type degenere, et le 
panier est traits d’une maniere lourde et maladroite ; v-vr siecle(?). 



Photographic n° 1978. 




510 


N° 711 


DALLE DE PARAPET 


711 (1565) Dalle de parapet. 


Constantinople, Feri keui; entree au musee en avril 1905. 


Marbre blanc veine de noir; les tranches des longs cotes sont dress£es; celles des petits 
cotes frusles el mulilees; sur la face (b), l’epidermc du marbre a ete atlaque et plus ou 
moins profondement rongc par l'hunridite ; l'autre est intacte ; quelques erosions pris des 
aretes; hauteur, l m 215 ; longueur, 0“ 885; epaisseur, 0” 095. 


Dalle rectangulaire; sur la face (a), dans un cadre forme d’un large bandeau 
nu et de deux lislels plats, mais accuse par une scotie profonde qui le s^pare 

du motif, trois losanges formes d’e- 
paisses moulures et inscrits les uns 
dans les autres ; les angles en sont 
ornes de feuilles qui, sur le losange 
exterieur, sont neltement caracte- 
risees comme des feuilles de lierre; 
au milieu du losange interieur, une 
rosette; les angles du panneau sont 
occupes par des triangles rectan¬ 
gles, indiqu6s de meme et remplis 
par un poisson, une courge, une 
capsule de pavot dont la tige parait sorlir d’une feuille sagittee, trois feuilles de 
lierre reunies a un pedoncule unique; — sur l’autre face (b), rongee superfi- 
ciellement par l’humidite, le panneau est rempli par trois rectangles interieurs 
Tun a l’autre el ornes, aux qualre angles, d’une feuille allongee; le rectangle 
central est tout entier rempli par un epais rinceau sommairement traite. 

Cette dalle est un tres bon specimen d’un decor et d’une mouluralion carac- 
teristiques du vi“ siecle ; autres exemplaires a la grande el a la petite Sainte- 
Sophie (Pulgher, Les anciennes eglises byzanlines de Constantinople , pi. II, 
fig. 3), sur un sarcophage, qui sert de fontaine aux ablutions, dans une petite 
rue au dessous de la Sublime Porte, entre Alemdar djaddessi et Bab el 'Ali djad- 
dessi [Pulgher, ibid., pi. XIV, 3; J. Ebersolt, Rapport sommaire sur une mis¬ 
sion a Constantinople (Missions scientifiques, nouvelle serie, 1911, fasc. 3), p. 16, 
pi. XIV, fig. 22]; a Macri keui (0. Wulff, Beschreibung der Bildwerke der 
christlichen Epochen , III, 1, n° 182), a Nicee (ibid., n° 181 ; deja signale par 
J. Laurent, Bulletin de correspondance hellenique, XXIII, 1899, p. 255, note 1), 
a Ravenne (Laurent, l. L, p. 267, fig. 25), a Venise [Ongania, La basilica di 
S. Marco, pi. 135, n° 194; pi. 290-292 (= pi. 358, a gauche), pi. 359]; cf. ici 
meme, n 05 647, 712. 



Photographic n° 939 (face a). 





N° 712 


DAl.t.E DE PARAPET 


511 


712 (2251) Dalle de parapet: aigle et li&vre. 


Provenance et date d’entrie inconnues. 


Marbrc blanc a gros grains cristallins, traverse de quelques veines noiratres: la dalle esl 
incomplete sur ses quatre coles, mais retaillee partout, sauf en haut; brisce sensiblemcnt 
a moitic de la hauteur primitive; il manque peu de chose de la largeur; un fragment rajuste; 
hauteur maxima actuelle, 0” 18; largeur maxima actuelle, 0" 73 ; epaisscur, 0“ 09. 


Dalle rectangulaire ; sur la face principale, circonference inscrite dans le 
cadre de la plaque et circonscrite a un carre pose normalement; dans ce carre, 
est represente un aigle qui saisit un lievre dans ses serres (il ne reste que les 
pattes, la queue et l’extremite de l’aile de l’oiseau ; le lievre est tres erode) ; 
cadre et figures geom^triques sont formes par 1'entrelacement d’un seul et 
meme ruban; aux angles du cadre, une feuille a trois poinles; — l’autre face 
6tait partag£e par deux 
corps de moulures per- 
pendiculaires en quatre 
quartiers (il ne reste que 
les deux quartiers infe- 
rieurs), egaux et decores 
symetriquement, savoir: 
en bas a droite [et en 
haut a gauche] — par 
rapport au spectateur de 
cette face — un petit lo- 
sange pose normalement, 
orne a ses quatre angles d’une feuille de lierre et inscrit dans un autre losange, 
decore de meme et cantonne sur ses quatre cotes de triangles rectangles; en 
bas a gauche [et en haut a droite], deux rectangles places l’un dans l’autre, le 
rectangle inlerieur etant rempli par une rosette a quatre feuilles; — loutes 
les figures au revers sont oblenues, selon la technique habituelle, par une 
allernance de tores saillants et profiles, et de profondes scoties. 

Le motif de l’aigle chassant le lievre est frequent dans la decoration byzan- 
tine : dalle de Lavra [G. Millet, Ilisloire de I'art (publiee sous la direction de 
A. Michel), I, I, p. 153, fig. 91 ; H. Brockhaus, Die Kunst in den Athoskloes- 
tern , p. il]; du musee d'Athenes(G. Millet, ByzanlinischeZeilschrift, 1, 1892, 
p. 648); de la petite metropole d'Athenes : K. Michel et A. Struck, Athenisehe 
Milteilunyen, XXXI, 1906, p. 303; Beilage aux p. 301 sq., fig. 14); d’Aqui- 
l^e (G. T. Rivoira, Le origini dell' architeltura lomharda , I, p. 335, fig. 112 
etc...; pour les lissus, voyez, par exemple, R. Forrer, Die fruehchristlichen Al- 





512 


N o 7[3 — fragment d'une DALLE de PAREMENT 

terthuemerausdem Graeberfelde von Achmim Panopolis, pi. XVIII,fig. 1. Rap- 
pelons simplement que ce vieux motif oriental esl de ceux qui reviennent le plus 
souvent dans la ceramique ionienne (cf. E. Potlier, Bulletin de correspondance 
hellenique , XVI, 1892, p. 260; Cat. des vases antiques du Louvre , II, 1899, 
p. 536-537; Vases antiques du Louvre , Album, II, pi. 52, E 698; lexte, p. 65; 
references ap. 0. Washburn, Jahrbuch des archaeoloqischen Instituts, XXI, 

1906, p. 121, note 32;; 
les artistes orientaux plus 
recents ont repr^sente plus 
volontiers l’aigle aux pri¬ 
ses avec un cervide ou un 
bovide (cf. Smirnov, Ar- 
genlerie orientate , n os 88, 
pi. LIV, et 162, pi. XG 
Bock, DieMusterzeichner 
des Miltelalters, fig. 11 ; 
A. Pavlovski, Les pein- 
tures de la chapelle pala- 
linedePalerme(en russe), 
1890, fig. 88 sq., p. 200 sq.; Prisse d’Avennes, L'art arabe, II, pi. 84, 2;le 
meme sujet se retrouve sur une plaque de l’eglise Saint-Nicolas de Myra, ou 
les influences seldjoukides se melent aux byzantines (II. Rott, Kleinasiatische 
Denkmaeler, dans J. Ficker, Sludien ueber chrislliche Denkmaeler, 5. und 6. 
Heft, p. 341, fig. 128). — Pour le motif du revers, cf. le n° precedent. 

Bon travail decoratif du vi e siecle. 

Photographies n 01 2375 (face), 2376 (revers). 

713 (921) Fragment d’une dalle de parement: lievre et croix. 

Provenance et date d’entree inconnues. 

Pierre rouge a grains Iris serres et tres fins; revers poli; brisA partout sauf sur une par- 
lie de l’arete superieurc; retailli en bas et 
peut-Atre A droite; hauteur maxima actuelle, 

0" 46; largeur maxima actuelle, 0“68; epais- 
seur, 0“ 065. 

Fragment d’une dalle rectangulaire; le 
cadre en etait forme d’un large bandeau 
sur lequel deux sillons determinent deux 
listels inegaux et une baguette ; au cen¬ 
tre, dans un medaillon circulaire, cerne 










N° 714 - DALLE Dfe PAREMENT SCULPTEE 


SI 3 


d’un large ruban, un lievre en relief meplat, debout et faisant le gros dos, 
mange une pousse It trois feuilles; a droite et a gauche, restes d’une croix 
cantonnee, dans ses quatre quartiers, de rosettes a petales arrondis ou aigus; 
— vi B siecle. 


S. Reinach, Cat., n° S32. 
Photographic n° 1760. 


714 (993) Dalle de parement sculptde. 


Angora [villc ou vilayet ?] ; envoi du gouverneur general; entree au mus£e en decembre 
1898. 


Marbre blanc 4 groa grains cristaliins; tranches dressdes; les angles, sauf Tangle infcrieur 
gauche, sont ligerement mutiles; une cavitd est percee de part en part au dessus du vase 
plac6 dans l’une des imbrications, ct, un peu au dessu3, on voitune large mortaise en queue 
d’aronde : la dalle a d6 etre riemployce dans une fontaine et ccs cavites ont du servir 4 
poser et A fixer le robinet; hauteur, 1“ 115 ; largeur, 1" 08; £paisscur, 0" 115. 


Dalle rectangulaire, encadree d’un 4troil bandeau nu; le champ est tout 
entier recouverl par six rangs d’imbrications dont les elements sont des demi- 
circonferences indiquees par d’e- 
paisses baguettes auxquelles un 
sillon creus6 au milieu de leur 
surface donne l’aspect de deux 
baguettes accoupl^es ; les pan- 
neaux en « champignon » qu’elles 
d6terminent sont orn6s de motifs 
divers qui se r^pondent symStri- 
quement; ils sont repartis selon un 
plan qui reporle k la p6riph6rie 
les motifs vegetaux : demi-feuille 
a trois dentelures dans les pan- 
neauxen «demi-champignon » con- 
tigus aux montants verticaux du 
cadre ; fleuron a trois pointes dans les panneaux en triangle concave places sous 
le bandeau sup^rieur, et, dans les demi-eirconferences du bas, deux feuilles a 
trois lobes, porlant chacune une gousse, et montees sur deux pddoncules qui 
naissent dans les angles inferieurs du panneau et s’inclinent symetriquement 
l’un vers l’autre. Le centre de la composition semble etre, au milieu du 

33 




514 


N° 715 — FRAGMENT DE RELIEF 


deuxieme rang a partir du haut, un vase & deux arises verticales et pause cote- 
lee posee sur un pied bas (assez spirituellement, ceux qui ont reemploye la 
plaque dans une fontaine avaient place le robinet au dessus de ce vase); il est, 
avec la coquille Saint-Jacques placee dans le panneau immediatement infe- 
rieur, le seul motif sans pendant; a droite et a gauche de ce vase, un medail- 
lon concave, a omphalos, decore d’une rosette stylisee a huit petales; au des¬ 
sus, deux oiseaux de profil, qui s’inclinent comme pour y boire; de leur dos 
semble sortir un pedoncule termine par une feuille triple; au dessous, deux 
palmipedes, le corps de profil vers l’interieur, la tete tournee du cote oppose, 
tiennent un poisson dans leur bee; a droite et a gauche de la coquille, deux 
dauphins et, au dessous, deux poissons, tous quatre nageant vers le centre de 
la composition. 

Les sujets memes de la decoration semblent indiquer qu’avanl d’etre reem¬ 
ployee dans une fontaine d’epoque ottomane, cette dalle appartenait a une 
phiale byzantine ; le motif des imbrications est tres frequent des l’antiquite 
dans les fores clalralrae et on le retrouve, des les debuts de l’ere chretienne, 
dans les feneslrellae confessionis; a jour, en relief ou simplement incise, les 
exemples en sont tres nombreux : obelisque de l’At meldan a Constantinople 
(Le Bas-Reinach, Monuments figures , pi. 125-128); Saint-Demetrius de Salo- 
nique (Texier et Pullan, Byzantine architecture, pi. XXI); diptyque de Lam- 
padius, consul e.n 530 (Molinier, Les ivoires, p. 32) ; eglise de Priene ( Priene , 
p. 483, fig. 590); eglise d’Olympie ( Olympia, II, Die Baudenkmaeler , p. 96, 
pi. LXX) ; phiale de Lavra (H. Brockhaus, Die Kunst in den Athoskloestern , 
pi. 7); palais de Warka (M. Dieulafoy, L'art antique de la Perse, V, p. 29, 
fig. 18); Saint-Marc (Ongania, La basilica di S. Marco, pi. 361, 9; 362, 28), 
etc. ; — bon travail decoratif du vi e siecle. 

Photographic n° 1746. 


715 ( 2435 ) Fragment de relief. 


Constantinople, Imrahor djamissi Stoudion); fouilles de l’institut archeologique russe, 
novembre 1908; entre au musee le 10 octobre 1910. 


« Somaki ii; revers poli; brise de tous cotes ; hauteur maxima actuelle, 0"49; largeur 
maxima actuelle, 0" 55 ; epaisseur, 0” 043. 


II reste la joue gauche et la bouche (mutilee), l’epaule et le haut du bras 
gauche, avec une petite partie du dos, d’un homme Sge, barbu, coiffe de 
longs cheveux et vetu d’une tunique sans manches ; le buste s’inclinait legere- 



N° 716 - FRAGMEM' DE RELIEF 


ment en avant (& gauche pour le speclateur) et le bras est baisse dans le meme 
sens; derriere lui apparait un 
jeune homme qu'il recouvre en 
parlie et dont il subsiste la tele, 
imberbe avec de longs cheveux, 
et la ligne du dos sur lequel 
passe une draperie elroite; les 
yeux, petits, sont loges au fond 
d’une orbite large et profonde; 
le nez et les levres sont muliles; 
la surface des cheveux est striee 
k la rape; sur le bord de la cas- 
sure, a gauche, contre la barbe 
du vieillard, est conservee une 
petite masse de pierre informe, qui pourrait correspondre au bras du jeune 
homme ; — v e -vi e siecle (?). 

Photographic n 0 2387. 


716 (2436) Fragment de relief. 

Constantinople, Imrahor djamissi (Stoudion); fouilles de l'institut archeologique russc, 
novembrc 1908 ; entrd au musce le 10 octobre 1910. 


« Somaki »; revers poli; brise do toutes parts; le nez de l’ange est brisi, ses lAvres muti- 
ldes ; hauteur maxima actuelle, 0“ 11; largeur maxima actuelle, 0" 39; dpaisseur du fond, 
0“ 044 A 0” 05. 

II reste la tete, tournee de trois quarts a gau¬ 
che, imberbe et coitTee de longs cheveux, d'un 
ephebe — un ange, si, comme il semble, il faut 
reconnaitre une aile dans l’appendice etroit et 
long, a surface legerement ondulee qui semble 
s’attacher sur son epaule droite; derriere la 
courbure superieure de cetle « aile », apparait, 
tendu horizontalement, un avant-bras gauche, 
dont la main ouverte se place sur (ou devant) 
l'epaule de 1’ « ange », le pouce touchant son 
menton, la paume ouverte et de face ; le style et 
la technique sont les memes qu’au n° precedent; 





516 


K° 718 — dalle de revItement 


les deux fragments proviennent sinon de la meme plaque, du moins d’un 
meme ensemble. 

Photographie n° 2389. 


717 (2400) Dalle de revOtement. 

Constantinople, Imrahor djamissi (Stoudion); fouilles de 1 institut archdologique russc, 
novembre 1908; entree au mus£e le 10 octobre 1910. 

Marbre legferement bleute 4 gros grains cristallins; revers soigneusement pique; retails 

sur trois c6tes (epaufrures pr4s des aretes); tranche 
polie sur le quatridme; hauteur, 0“ 73; largeur, 
0” 53; 6paisseur, 0“ 06. 

Un triple cadre — chacun forme d’un 
tore place sur un bandeau qui le deborde 
exterieurement, double interieurement d’un 
listel et separe du suivant par une scotie — 
delimite un petit panneau central oblong 
occupe par un motif de six feuilles stylis^es 
a trois pointes, disposees verticalement et se 
recouvrant en partie l’une l’autre ; elles sont 
serrees au milieu par un cable horizontal; 
les trois feuilles plac6es au dessus ont les 
pointes tournees vers le haut, les trois autres 
vers le bas; — vi e siecle ap. J.-C. 

Photographic n“ 2378. 


718 (2433) Dalle de revOtement. 

Constantinople, Imrahor djamissi (Stoudion) ; 
fouilles de l’institut archeologique russe, novembre 
1908 ; entree au musee le 10 octobre 1910. 

Marbre legirement bleute 4 gros grains cristal¬ 
lins ; revers soigneusement pique; tranches polies; 
bris4e en deux fragments; incomplete 4 droite ; 
hauteur, 0" 925; largeur maxima actuelle, 0” 745; 
epaisseur, 0“ 06; dimensions du panneau central, 
O'* 355 X 0” 17. 


Fragment d’une dalle semblable 4 la precedente et provenant d’un meme 






N° 719 


DALLE DE PARAPET 


517 


ensemble dlcoratif; les profils son! les mimes, mais d’une execution un peu 
plus molle; le cadre exterieur reste ouvert, les moulures verticales s’arretant 
I quelques centimetres de l'arete suplrieure et s’y achevant sans retour hori¬ 
zontal. 

Photographies 2173,4 gauche (ce cliche, com me not re figure, ne donne quele plus grand 
des deux fragments), 


719 (2399) Dalle de parapet. 

Constantinople, Imrahor djamissi (Stoudion); fouilles de l'inslilut archlologique russe, 
novembre 1908; entree au musiSe le 10 octobre 1910. 

Marbre blanc 4 gros grains cristallins ; retaill4e 4 droile et 4 gauche; manquent, 4 droite, 
toutc la largeur du cadre, 4 gauche les deux listels extericurs; aretes horizontales 16g4re- 
ment mulil4es ; hauteur, 0“ 96 ; largeur maxima actuelle, 0“ 73 ; 4paisseur, 0" 01; diamitre 
de la circonference : face principale, 0" 535 ; face post4rieure, O'” 61. 

Fragment d’une dalle rectangulaire ; — dans un cadre form! de quatre lis¬ 
tels de faible saillie et slparlspardessillons 
peu accuses, cercle en leger relief sur le 
fond, portant une croix longue et pattee; au 
revers, meme disposition (le cadre n’y com- 
prend que deux listels separes par une ba¬ 
guette) ; le cercle en relief n’a d’aulre or- 
nement, ici comme au n° suivant, qu’une 
petite circonference concentrique, de O'" 165 
de diamelre, distingule par un sillon; — 
sur le motif de la face antlrieure, cf. J. 

Laurent, Bulletin de correspondance helle- 
nique, XXI II, 1899, p. 246 sq.; O. Wulff, 

Beschreibung der Bildwerke der christli- 
chen Epochen, III, 2, n° 2236 (zweiter 
Nachtrag) ; — vi° silcle. 



Photographic n“ 2372. 




518 


N° 721 — FRAGMENT d’uNE DALLE DE PARAPET 


720 (2397) Dalle de parapet. 


Constantinople, Imrahor djamissi (Stoudion); fouilles de l'institut archiologique russe, 
novembre 1908; entree au musee le 10 octobre 1910. 


Marbre leg4rement bleute 4 gros grains cristallins ; retaill4e 4 gauche et cn bas; com¬ 
plete en haut et 4 droite oil une sorte de redent a 4te pratiqu4 dans l’epaisseur de la 
tranche; brisee en deux fragments qui se rajuslent; angle inferieur gauche mutile; hauteur, 
0 m 74 ; largeur, 0" 965; 4paisseur, 0" 04 ; dimensions du champ, face principale, 0" 48 x 0” 55; 
au revers, 0” 51 x 0“ 59. 

Dalle rectangulaire ; dans un cadre, forme d’un bandeau nu, a la periph^rie, 
et de trois listels plats separes par des sillons mollement accuses, est inscrit 
un quatre-feuilles dans lequel est placee une croix pattee, reposanl directe- 
ment sur le contour interieur du lobe inferieur; au revers, le cadre, d’un pro- 
fil semblable, mais simplifie, est occupe par un cercle de 0 m 485 de diametre, 
en leger relief sur le fond, et n’a d’autre ornement, ici eomme au n° precedent, 
qu’une circonference concentrique de 0 m 16 de diametre, distinguee par un 
simple sillon ; — vi e siecle. 

721 (2434) Fragment d’une dalle de parapet. 

Constantinople, Imrahor djamissi (Stoudion); fouilles de l’institut archeologique russe, 
novembre 1908; entr4 au musee le 10 octobre 1910, 


Marbre bleuld 4 gros grains cristallins; brise de toutes parts; hauteur maxima actuelle, 
0- 545; largeur maxima actuelle, 0-66; epaisseur du fond, O'” 04; dpaisseur maxima, 
0“ 095 ; hauteur maxima actuelle du paon, O'" 49. 


Sur Tune des faces, un paon en relief meplat est represents sous une forme 

toute conventionnelle et decorative qui rappelle 
celle des oiseaux heraldiques; la tele et les 
pattes sontbrisees; le corps est de face, recou- 
vert d’un motif d’imbrications ; les ailes longues, 
etroites et recourbees en virgule, eployees et 
baissees, sont d6corees en haut d’une sorte de 
trefle, dont les lobes sont creuses d’une cavite 
au trepan, et detaillees dans le bas par trois sil¬ 
lons longitudinaux; elles sont divisees en deux 
par une zone horizontale qui se developpe d'une maniere continue, passant 
sur le corps de la bete du bord exterieur d’une aile a l’autre et ornee d'un 
nnceau stylise sur un fond legerement ravale; l’oiseau est place sur un cercle 




N° 722 - DAI.I.E DE REVfcTEMENT 


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en relief sur lcquel sent sculptees, sous forme de petites tiges rayonnantes et 
portant deux ou trois « yeux », les plumes de la queue eployee en roue; 
autour de ce cercle, dont il ne subsisle qu’une partie a gauche, le fond etait 
recouvert de feuillages dont on voit encore quelques lobes; — au revers, une 
croix « carree » est inscrite dans un quatre-feuilles dont les quatre angles 
rentrants se continuent par autant de fleurons 4 trois pointes remplissant 
chacun le champ dans un des quartiers de la croix ; — sur le motif du paon 
faisant la roue, cf. noire n° 1212; il se presente ici sous une forme stylisee a 
l’extreme, mais Ires decorative ; le motif du revers est d’un relief vigoureu- 
sement accuse et traite avec une fermete remarquable; le fragment date tres 
probablement du vi e siecle. 

Photographic n° 2377. 

722 (2398) Dalle de revGtement. 

Constantinople, Imrahor djamissi (Stoudion); fouilles dc l'institul arch4ologique russe, 
novcmbre 190*; entree au musee le 10 octobre 1910. 


Marbre bleute 4 gros grains cristallins; revers dressd; bris4e et retaillee en bas et 4 
gauche; manquent le bas de la croix, les rubans et la partie gauche du medaillon mono- 
grammatique; ardtes ebrichecs ; trois trous ont et6 perc4s dans la dalle, dont l’un a 
emporte le bras vertical superieur de la croix; hauteur maxima acluelle, 0“ 53 ; largeur 
maxima actuelle, 0°> 745 ; 4paisseur, 0 m 03. 

Fragment d'une dalle rectangulaire; — cadre mollement profile de l’exte- 
rieur 4 l'interieur : large bandeau 
nu, listel 16gerement convexe, ba¬ 
guette de faible saillie, bandeau) ; il 
reste, 4 gauche, la roue monogram- 
matique (medaillon circulaire forme 
de deux bourrelets accouples; le 
chrisme est ddtermind par six feuilles 
de lierre disposees symetriquement, 
la pointe vers le centre, sans pedon- 
cule et simplement incisees); 4 
droite, une croix ; le motif compre- 
nait une autre croix, symetrique 4 celle-ci, et deux liges ou rubans qui se 
d^tachent du bas du medaillon, ondulaient le long de la moulure inferieure et 
se terminent par une feuille de lierre, qui se place exacteinent sous les croix et 




520 


N° 724 — DALLE D UN PARAPET CIRCULAIRE 


semble les supporter; — sur le motif, cf. J. Laurent, l. 1. au n° 719, p. 246- 
262; v° siecle. 

Photographie n° 2371. 

723 (2249) Dalle de parapet. 

Provenance et date d’entree inconnues. 

Marbre blanc 4 petits grains cristallins, traverse de quelques veines noirAtres; brisee 
partout, sauf en haut oil l’arfite est mutil^e; hauteur maxima actuelle, 0” 65; largeur 
maxima actuelle, 0“ 54; epaisseur, 0 m 05. 

Fragment d’une dalle reclangulaire, encadree de larges listels de faible sail- 

lie ; — sur l’une des faces, croix monogramma- 
tique de la forme X> inscrite dans une double 
circonference, formee de deux bourrelets accou- 
pl6s ; les six segments determines par les bran¬ 
ches du monogramme sont remplis chacun par 
une feuille de lierre dont la pointe est tournee 
vers le centre et qui est rattach^e a la circon¬ 
ference interieure par un court pedoncule; — 
sur l’autre face, quatre-feuilles dans lequel est 
inscrite une croix longue et pattee. 

Le motif de la premiere face est int^ressant, 
parce qu’il montre le passage du monogramme 
primitif a la forme decorative de la roue monogrammatique, telle par exemple 
qu’elle se trouve au n° precedent; — cf. J. Laurent, l. 1. au n° precedent; 
v e siecle. 

Photographie n° 2373. 

724 (929) Dalle d’un parapet circulaire. 

Provenance et date d’entrde inconnues, 

Marbre bleute 4 gros grains cristallins ; face interieure soigneusement dressde ; hauteur, 
0“ 75; epaisseur, sur la tranche supdrieure, 0 m 11; sur la tranche laterale, 0 m 09 ; corde 
interieure, 0 m 50. 





N° 725 - DALLE DE PARAPET AJOURfiE 


521 


Dalle convexe, decoree, a la partie superieqre, d’un corps de moulures 
(listel, scotie, tore, listel); elle comprend un pan- 
neau unique bordi, a droite, d’un petit pilastre a 
rudentures; le panneau, encadre par deux listels 
plats, porte une croix longue et pattee, posee sur 
un pedestal 4 qualre degres. 

Le monument — sans doute un ambon — d’ou 
provient cette plaque date vraisemblablement du 
vi" siecle; la mouluration est bien dans le earac- 
tfere de cette epoque ; le motif de la croix sur une 
base a degres se trouve deja sur les monnaies de 
Maurice Tibere ; plus tard, on a grave, dans les 
quatre quartiers de la croix, le monogramme de 
Jean Paliologue, soit Jean V (1341-1376, 1379-1391), soil Jean VIII (1425- 
1448) : 

’lto(avvv)s) IlaXfatoXsYO?) 

B(a«Xeu;) 9(aatXso>v) 

Cf. une inscription au nom de Jean Paleologue, gravee de meme sur une 
balustrade du vi e siecle, 0. Wulff, Beschreibung der Bildwerke der christli- 
chen Epochen, III, 1, n° 184; ces reemplois, comme aussi la gravure mise¬ 
rable de l’inscription, sont bien caracterisliques de l'elat de dinuement ou 
6tait tombe l’empire 4 cette epoque. 

Joubin, Cat., n° 180. 

Photographie n° 94S, & gauche. 



125 (1153) Dalle de parapet ajour^e. 


Elbistan, vilayet de Shvas; enlrie au musie en janvier 1901. 


Calcaire tendre; it est parvenu au music trois fragments, un grand et deux petits (dont 
un iclat superficiel apparlenant au revers) qui se rajustaient ensemble, et trois autres qui 
ne sc raccordaient pas aux precedents ; 1’ensemble a ite reconstitui dans un cadre de fer; 
une partie]’du panneau 4 dicor giometrique a iti restaurce pour y pouvoir replacer les 
fragments independents ; quelques entrelacs, dans la partie gauche du bandeau superieur, 
out iti aussi completes ; les lacunes pris des bords ont etc remplies avec du pt&tre ; au 
rovers, le bandeau supirieur a etc legirement rcstaure vers son extrimite droite (pour le 
spectateur de cette face) ; — en dehors des parties restaurees, il manque toute la decora¬ 
tion centrale du panneau de gauche, l'avant-bras droit, l'arme, la jambe poslerieure droite 
du centaure (arrachcments sur la tile de la lionnc), la bordure infericure du panneau de 




522 


X° 72!') - DALLE DE PARAPET AJOURfiE 


droite tout enticre jusqu’A l’angle.droit du panneau de gauche; la cuisse droitede la lionue 
et celle de l'homme qui lutte contee elle sont mutilAes; le travail est beaucoup moins 
pousse au revers ; —hauteur totale, 0"87; largeur maxima actuelle, 1“09 ; Apaisseur, 0 m 075; 
hauteur des panneaux, 0”62 ; largeur du petit panneau mesuree surl’arAte du cadre, 0“ 235; 
du bandeau qui separe les deux panneaux, 0“ 125 ; hauteur des bandeaux inferieur et supe- 
ricur, 0 m 10 ; largeur maxima actuelle du panneau A decoration gdometriquc, 0 m 54. 


Cette dalle provient d'une decoration qui comprenait une serie de panneaux 
carres, decores de motifs geomelriques, alternant avee des panneaux rectan- 
gulaires decores desujets figures; il reste l’un des premiers et fun des seconds, 
celui-la sans la parlie gauche, celui-ci sans la partie inferieure du cadre ; les 
panneaux sont travailles a jour; 1’ornement du cadre, execute en relief, com- 
prend une suite de cercles entrelaces, formes par deux listels plats accouples ; 
chacun de ces cercles est rempli par une rosette qui a uniformement quatre 
pelalesdans la partie verticale et dans ce qui subsiste du cadre inferieur, qui 
en a quatre, sixet jusqu’a huit sur le bandeau superieur; une arete saillanteet 
un large biseau separenl le cadre du motif principal ; — panneau a decoration 
geometrique (a gauche) : carre (0 m 285) pose norrnalement et cantonne, A ses 
angles exterieurs, d’un petit carre (0 m 105); autre carre (0 m 33) concentrique 

au premier, mais pose 
sur ses angles et can- 
tonn6, de part et d’au- 
tre de chacun de ces 
angles, d'un petit cercle 
evide — ces deux figu¬ 
res etant formees cha- 
cune par le mouvement 
d’un seul ruban, divise 
en deux par un sillon 
et passant alternative- 
menl dessus et dessous; 
le motif central inscrit 
dans ces carres n’est 
pas conserve ; — pan¬ 
neau a decoration figuree : dans le bas, un bestiaire lutte contre une lionne 
dressee sur ses pattes de derriere ; de trois quarts a gauche,- la tele- presque 
de face et inclinee vers l’epaule droite, imberbe avec de longs cheveux 
boucles, nu et chausse de bottines monlantes et lacees, il presse du genou 
droit contre le venire de la bete, el lui enfonce dans la gorge l’epieu qu'il 
tient des deux mains; le pelage de la lionne est indique par des imbrica¬ 
tions legerement incisees qui ressemblent plutot a des ecailles; au dessus, 
est place un jeune centaure, imberbe et a cheveux courts, le corps de cheval 











X° 72:> - DAI.T.E I)E PARAPET AJOI'REE .723 

profil h droile, la tete fortement penchee vers l'epaule droile, la main gauche 
relevde au dessus de la tete, le bras droit a demi tendu sur le cote, la main 
droile tenant une arme, probablemenl une massue, a Textremite de laquelle 
correspondent les arrachements visibles a Tangle superieur gauche du cadre ; 
il combat 6videmment contre le bestiaire, mais il est difficile de dire s’il lutle 
encore ou s’il a deja repu le coup morlel lie geste du bras gauche serait plutot 
en faveur de la seconde interpretation). — Sur la face poslerieure, on voit le 
revers, simplement degrossi, des personnages du panneau a decoration figu- 
ree ; le panneau geometrique y semble aussi d’une execution moins poussee; 
le cadre est orne d’un 6pais rinceau, d’un dessin assez bon mais d’un travail 
sommaire. 

Le bestiaire luttant contre un fauve est un motif frequent ; Tart chretien a 
souvent represents ces jeux, que la religion proscrivait, en leur attribuant une 
valeur symbolique et en faisant des combats du cirque une figure de la vie 
terreslre (on en peut voir ici meme un exemple, dans la grande mosa'ique 
exposee au milieu de la salle ; cf. t. Ill, n° 1306). Plus rare et plus interes- 
sant est le centaure dont notre plaque fournit peut-etre Texemple chretien le 
plus ancien [le centaure luttant avec un lion dans les peintures de la basilique 
de Junius Bassus sur TEsquilin ( Bullellino di archeologia cristiana, deuxieme 
sSrie, II, 1871, pi. III-1V) est un motif pris directement a l’antique et denue 
de valeur symbolique]; dans les additions qu’un byzanlin anonyme a faites au 
Physioloqus, on voit saint Antoine rencontrant un centaure, Tinterrogeanl sur 
Termite saint Paul et luttant contre lui (J.-B. Pitra, Spicilegium solesmen.se, 
III, p. 372, § lix) ; par sa forme double, le centaure symbolise les instincts 
besliaux qui sont dans Thomme et contre lesquels le chretien doit lutter (ibid., 
p. 350, § xv ; cf. in genere, II. Leclercq, dans dom Cabrol, Dictionnaire 
d'archiologie chrelienne el de lilurgie, II, 2, s. v° centaure, col. 3248 sq.). 

Les dalles ajourees sont rares des le vr siecle (Laurent, Bulletin de corres- 
pondance hellenique, XXIII, 1899, p. 254-255); Ton peut comparer a notre 
plaque un ivoire du musee britannique, avec le combat de Bellerophon et de 
la ehimere, que M. 0. Dalton (Cat. of the ivory carvings of the Christian era, 
n° 6, p. 4, pi. Ill) allribue a cetle epoque; Tencadrement de cercles entre- 
lac6s circonscrits h une rosette se retrouve en Syriedes le iv e siecle (cf. Vogue, 
Syrie cenlrale, architecture civile el religieuse du / er au MI 1 ' siecle, I, pi. 24, 
32, 46 ; II, pi. 100, 137); il y aurait done quelques raisons d’attribuer a notre 
dalle une assez haute antiquite, peut-etre le v e ou le \T' siecle. D’autre part, 
les ivoires ajour^s se rencontrent a toules les ^poques, et il est possible que 
des parapets aient ete travailles selon cetle technique bien au dela du regne 
de Justinien ; la fragility dela maliere evidee expliquerait a elle seule la rarete 
ou la disparition des monuments; Tencadrement de la plaque d’Elbislnn 
rappelle celui de toule une serie d'ivoires d’epoque tardive (cf., par exemple, 



524 


N® 726 — DALLE SCDLPT£e 


H. Graeven, Elfenbeinwerke, Italien, n os 4, 16, 18, 35, 37, 52, 53, 79; 
England, n° s 46, 47) ; sur certains d’entre eux figurent precisement des per- 
sonnages mylhologiques, dont le centaure (cf. Graeven, l. 1., Italien , texte 
aux n os 18 et 37); on retrouve le meme cadre a Torcello sur des dalles de 
parapet (Ch. Diehl, Manuel d'art byzantin, p, 428, fig. 205); or aucun de ces 
monuments ne parait plus ancien que le x e siecle ; cette date pourrait egale- 
ment convenir a la plaque d’Elbistan ; les figures geometriques entrelacees du 
panneau de gauche sont dans le gout de ce temps. 

Photographies n 0, 2370 (ensemble, avec les restaurations), 827 (panneau A decoration figu- 
rAe, sans les restaurations). 

726 (HI6) Dalle sculpt^e: croix. 

Constantinople, Kutchuk Aghia Sophia ; entree au nmsAe en juin 1900. 

Pierre rouge ; angles inferieur gauche et superieur droit brises; A droite, le cadre manque 
el 1c rinceau est lAgArement mutilA ; plusieurs fragments rajustAs et cimentAs dans un 
cadre de bois ; hauteur, 1 mlitre; largcur, 1“ 05 (dimensions approxiroatives). 

Dalle rectangulaire limilee par 
un cadre moulure (listel et filet) de 
faible saillie ; — croix longue, imi¬ 
tation d’un travail metallique ; les 
bords en sont motives par un sillon; 
les bras se terminent par une sec¬ 
tion concave dont chaque pointe 
porte une petite boule; dans la 
concavity du bras inferieur, nais- 
sent une feuille et deux tiges qui 
detachent d’abord un rameau ad- 
ventice, puis se divisent elles- 
memes en deux pedoncules, termines par une feuille 4 trois lobes; le motif, 
qui garnit le fond sous les croisillons horizontaux, est tres stylise sans etre 
exactement symetrique : le dessin du rameau adventice differe et la feuille 
extreme de droite n’a que deux lobes ; — vi 8 siecle (?). 



Photographic n° 487. 



K° 728 — DALLE DE PAREMENT SCL'LPT^E 

727 (897) Dalle sculpt6e : eroix feuillue. 

Constantinople, quartier Edirtie capoussou ; entree au mus£e en juin 1898. 

Briche rouge et grise ; revers dressd ; faces lal£rales mutildes; brisie en bas ; hauteur, 
0" 82; largeur, 0™ 825; dpaisseur, 0“ 06. 

Dalle rectangulaire encadree d’un large bandeau, double interieurement 
d’un listel et d’une baguette ; — croix pattee dont le bras inferieur se termine 
par une palmette demi-circulaire ; dans les quatre quartiers, rameaux de feuil- 
lage, naissant, ceux du haut du centre de la croix, ceux du bas de l’extremite 
inferieure du bras vertical ; — ix e -x e siecle. 


728 (2292) Dalle de pareraent sculptde. 


Provenance et date d’entree inconnues. 

Calcaire ; bris4e 4 gauche; retaill6e sommairement 4 droite ; aretes routines; un frag¬ 
ment rajusli 4 l’angle inferieur gauche; la decoration est semee de pelites cavites creusces 
au Wpan ; on voit encore, sur la partie gauche de la plaque, quelques traces d’une rcstau- 
ration en ciment qui paratt avoir 4t6 Ocarlce dans la suite; hauteur, l m 03 ; largeur actuelle, 
0”59 ; dpaisseur, 0” 025 4 0"03 ; hauteur du champ, 0” 865 ; diamdtre inWrieur de la cou- 
ronne, 0 m 46. 

Fragment d’une dalle rectangulaire, encadree haut et bas d’un bandeau 
lisse ; relief m6plat tres bas ; — le motif principal 
est form6 par une grande couronne de feuilles de 
laurier (?), ornee en haut d’un mddaillon ovale, 
nouee en bas par deux bandeleltes dont les extre- 
mites flottent sur le fond, de part et d’autre de 
deux petites tiges terminees par une feuille de lierre 
schematisee en triangle; dans la couronne, est ins- 
crit un carr6 pose normalement, que quatre arcs de 
cercle, recourb^s a leurs extremites, recoupent de 
maniere k y inscrire un quadrilatere aux cotes con¬ 
caves; au milieu de cette figure, une rosette a 
quatre larges petales; aux angles interieurs du 
carrd, un fleuron ; sur le champ, en dehors de la 
couronne, sont sem6s quelques ornements. en 
haut, entre la couronne et le cadre, une petite ro¬ 
sette; en haut, k droite, deux tiges recourbees en crosse; en bas, a droite, 
une tige verticale naissant sur le cadre et sc partageant en deux p^doncules 




:>2C) S° 7-20 — DALLE DE PAREMENT SCULPTEE 

termines chacun par une corolle a deux petales (des motifs symelriques de 
gauche, il ne reste en bas qu’une corolle, en haut que la volute terminale 
d'une des crosses); a Tangle inferieur droit, traces tres reduites d’une sorte 
de petite base sur pied cubique, appartenant a un motif qui ne se laisse plus 
determiner. 

Ce fragment et le suivant n’appartiennent pas a la meme dalle, mais pro- 
viennent evidemment d’un meme ensemble ; le travail est assez soigne, mais, 
par la nature meme du relief, denue de vigueur decorative; — vn® siecle (?). 

Photographie n" 1743. 


729 (2293) Dalle de parement sculptee. 


Provenance et date d’entree inconnues. 


Calcaire; tranches dressees ; retaillde a droite et peut-ctre a gauche; angle superieur 
gauche brisi ; region de Tangle inferieur gauche delitce ; arete interieure mutilee ; la deco¬ 
ration est semee de pelites cavites creusees au trepan ; une partie de la couronne 4 gauche 
est restauree en ciment; hauteur, 1” 03 ; largeur maxima actuelle, 0“ 63 ; epaisseur, 0” 085 ; 
hauteur du champ, 0“89; diametre intirieur de la couronne, 0”46. 



Dalle semblable h la precedente et provenant 
d’un meme ensemble; — meme disposition et 
meme parti decoratif ; dans la couronne, sont in¬ 
serts deux fleurs a quatre petales et deux feuilles 
(de platane ou de vigne); le medaillon place en 
haut est circulaire; le motif interieur comprend 
un carre pose normalement et un carre 6gal posd 
sur ses angles qui determinent ensemble une etoile 
a huit pointes; dans cette etoile, est placee une 
circonference, circonscrite a un carre pose norma¬ 
lement et circonscrit lui-meme a une circonference 
que remplit une rosace a six branches; sur le 
champ, memes ornements qu’au n° precedent. 


Photographie n° 1744. 





730 (22.'il) Dalle sculpt6e. 


Provenance el date d'enlree inconnues. 


Marbre bleute 4 grains serres et cristallins; revers et tranches dresses ; les bras hori- 
•zontaux des croix, sur la partie droitc, ont et6 martcles ; surface noircie ; hauteur, 0” 645; 
longueur, 1“ 715 ; (Spaisscur, 0" 14. 


Dalle rectangulaire oblongue, encadree de deux lislels inegaux que separe 
un cavet; — au milieu, inscrite dans une circonference double baguette et 
listel), une croix a bras egaux et evases, termines par une section concave, 
ornee d’une petite boule a chacune de ses extremites ; cette ligne concave est 
double, exterieurement, par un listel courbe, formant a peu pres une demi- 
circonfdrence qui s’appuie sur la circonference interieure ; dans chaque quar¬ 
ter de la croix, une feuille allongee qui s’attache au centre et se termine a 
peu de distance de la circonference ; — a gauche, dans un losange isocele, 
pose sur ses angles, un quatre-feuilles dont chaque lobe decrit uu arc tres 



surbaisse et dont les pointes rentrantes se prolongent par un fleuron a une 
pointe; dans l’interieur du quatre-feuilles, est inscrite une croix k bras egaux, 
termines par un fleuron a trois pointes ; les angles interieurs du losange, 
places sur l’axe horizontal, sont ornes d'un fleuron a peu pres semblable; les 
quatre espaces triangulaires, compris enlre les cdtes du losange, le cadre 
extdrieur de la dalle et la circonference centrale sont occupes, ceux de gauche, 
par une feuille (d’acanthe ?) qui les remplit entierement, ceux de droiteparune 
rosette 4 six pointes inscrite dans une petite circonference; les angles, que ce 
dernier motif laisse encore vides, sont ornes, soit de petites feuilles de lierre, 
placdes au bout d’un long pedoncule, soit d’un fleuron analogue a celui qu’on 
voita l'int^rieur du losange; — 4 droite, deux arcades contigufis, portees sur 
trois colonnes dont la base et le chapiteau ne sont exprimes qu'en protil ; 
dans chacune de ces arcades, est placee une croix longue dont le bras 













528 


N° 73 i — DALLE SCULPTftE 


superieur est entoure d’un cinlre surhausse, qui repose sur les croisillons 
horizontaux ; de l’extremite basse sort un motif vegetal fortement stylise qui 
remplit les quartiers inferieurs; — lous ces motifs sont indiques par des listels 
lisses, de saillie egale et d’un relief tres faible. 

Cette dalle ne provient pas d’un sarcophage ; ce sont toutefois des dalles de 
ce genre qu’ont du imiter — dans une technique beaucoup plus grossiere — 
les marbriers qui ont sculpte les cuves de certains sarcophages de style lom¬ 
bard ; cf. par exemple, 0. WulfT, Beschreibung der Bildwerke der christli- 
chen Epochen, III, 2, n° s 1714 (revers) et 1715, p. 10 sq., ou Ton trouvera 
quelques aulres references; — vn e siecle. 


Photographic n° 1727. 


731 (1598) Dalle sculptie. 


Constantinople, quartier Ishac pacha ; trouvee devant un bain ture au cours de travaux 
executes pour la canalisation du gaz; entree au musee en octobrc 1905. 


Marbrc legirement blcule a gros grains cristallins ; revers, tranches inferieure et gauche 
dresses ; tranche droite partiellement dressce ou mutilee; brisee en deux fragments qui sc 
rajustent ; les quatre angles et l’arSle superieure mutiles; hauteur, 0" 80 ; longueur, 1“ 93 ; 
epaisseur, 0 m 065 ; lettre de (1) 0“08, et (2) 0“ 037. 


Dalle rectangulaire, encadree, en haut, par un listel surmonte d’un tore, 
sur les autres cotes, par un bandeau plat, large de 0™ 115; au centre, dans une 



circonference faite de rubans tresses, une croix, formee de meme, sorlant d’un 
vase a panse et pied c6teles, duquel sortent egalement deux rameaux de feuil- 
lage qui remplissent les quartiers inferieurs ; a droite et a gauche, une croix 











X® 732 - DALLE A DECORATION OEOMETRIQL'E ‘>20 

semblable esl posee a memo sur Ie champ dont elle occupe loute la hauteur ; 
de la Iresse des bras verlicaux naissent, aux extremites superieure et infe- 
rieure, des rameaux de feuillage qui remplissent les quatre quartiers (sur la 
croix de gauche, le feuillage des quartiers superieurs sort directement, non de 
la croix, mais du cadre; ; dans les quartiers superieurs de chaque croix, les 
sigles 

(1) 1C XC Tr,w3); X(pi7ri) ? 

en grands curacleres en relief (le X est marlele a la croix de gauche et a la croix 
centrale) ; sous les bras horizontaux des croix laterales, on a reserve quatre 
petils cartouches rectangulaires sur lesquels est gravee (avec les accents / l’ins- 
cription : 

(2) Ai(r,7iz) rou SsuXoj | zsj 0(ea)u • Kxa/aIs’sj ; .~ps(;j.:v)xz(c%) ■ x(xi) itv(su- 
p.a-r)ocsu ~{<x-c)p(b)z. 

II serait assez tentant de supposer ici une representation symbolique de la 
Deisis, la croix centrale representant le Christ, les deux autres la Vierge et 
saint Jean ; cependant, a notre connaissance, la croix n’a jamais ele employee 
pour figurer une personne divine autre que Jesus-Christ ; elle est restee tou- 
jours son signe personnel et elle parail bien precisee comme telle sur notre 
plaque par la repetition meme des sigles ; —autres exemples de croix tressees 
ap. Ix. Michel et A. Struck, Athenische Milteilungen, XXXI, 1906, p. 302 ; 
cf. aussi 0. Wulff, Beschreihung der Bildwerke der christlichen Epochen, III, 
2, n° 1728 ; — bon travail decoralif du xiv® siecle. 


L. Br6hier, Etudes sur I'histoire de la sculpture byzantine Archives des missions, 
nouvelle s6ric, 19H, fasc, 3), p. 44-4S [60-61]; pt. IX, a lap. 40 [56J, fig. 2. 

Photographic n° 649. 


732 (2250) Dalle & decoration ggomGtrique et v6g6tale. 


Provenance et date d'cntree inconnues. 

Marbre blcute & gros grains crislallins; manque le liaut du cadre qui est mutile en bas ; 
bris4e et sommairement retaillee 4 droite ct 4 gauche ; erosions pros des aretes ; deux 
mortaiscs rectangulaires ont etc creusees posterieurement vers le milieu de la plaque; 
hauteur, 0“ 93 ; largeur, I” 195; ipaisscur, 0“ 055 4 0“ 06. 


Dalle rectangulaire ; le cadre comprend : en bas, deux bandeaux, Tun lisse, 

31 



530 


N° 133 — FRAGMENT d'cnE PEflTE ARCHITRAVE 


l’autre (exterieur) plus large et qui devait etre profile, mais dont la moulure 
a ete grossierement ravalee au niveau du premier ; la decoration est formee 
de motifs geometriques et de quelques motifs vegetaux ti es stylises ; la plus 
grande partie du champ est occupee par deux groupes de deux circonferences 
concentriques, unis entre eux et au listel qui double int^rieurement les bords 
horizontaux du cadre par de petits cercles entrelaces ; ces circonferences ont 

des contours ondules qui de- 
crivent huit lobes egaux ; la 
circonference exterieure est 
faite d’un double ruba.n; la 
circonference interieure est 
simple ; elles sont reliees entre 
elles par huit petits cercles 
entrelaces, tangents chacun 4 
l’intrados du lobe exterieur et 
a l’extrados du lobe interieur 
correspondant; dans le groupe 
de gauche, la circonference in¬ 
terieure est remplie par une 
eloile a huit rais dont les sommets s’appuient aux angles rentrants des lobes; 
l’octogone central est orne d'une rosette d’acanthe; a droite, les angles rentrants 
des lobes de la circonference interieure se continuent par un carre qui s’en- 
trelace aux carres des angles voisins ; toutes ces figures sont formees par le 
mouvement d’un seul ruban qui passe alternativement dessus et dessous; les 
champs triangulaires qui restent vides entre les deux groupes de circonfe¬ 
rences sont occupes par une large palmette d’acanthe, schematisee pour rem- 
plir tout l’espace disponible ; — les motifs geometriques temoignent, sinon de 
l’imitation directe, du moins de l’influence certaine de la decoration arabe ; le 
vegetal est traile dans le style de l’epoque des Paleologues. 

Photographie n° 1734, 



133 (927) Fragment d’une petite architrave. 


Provenance et date d’entree inconnues. 


Marbre blanc legeremcnt bleute, 4 gros grains cristallins ; la face superieurc est epanne- 
Ice et 1 arete postdrieure y est rabattue ; le revers, soigneusement dresse et poli, etait 
; brisA 4 droite et 4 gauche; sur la face inferieure, est men age un champ rectangu- 
laire (0“ 20 x 0“ 225), poii pres des bords, pique au milieu et creuse d’une mortaise rectan- 
gulaire (lit de pose pour l'abaque d’un chapiteau); hauteur, 0” 225 ; largeur maxima actuelle, 
0" 78 ; epaisseur, en haut, 0“ 26 ; en bas, 0”205 ; lettres de 0" 045 4 O'” 055. 



N® 734 FRAGMENT D I N LIKTK.U .‘»31 

Petite architrave a double face; la face posterieure esl nue ; la face ante- 
ricure, couronuee par un petit corps de moulures (de haut en bas : listel, scotie, 
baguette, petit talon . 1 , est partagee par un listel en deux zones que remplit une 
inscription sculptee en relief : 

[ . . . TG)]v ip.afTM/.WV. 

[. . . ivajGrjvai -vjv siy_[r ( v. . . ] 

Sur la face inferieure, de part et d'aulre du litde pose, qui portait sans doute 
sur un petit chapiteau, deux caissons sont creuses legerement et decores, celui 
de gauche , de 
motifs vegetaux, 
celui de droite, 
d’un paon (man¬ 
que la tete), profil 
& droite, auquel 
devait repondre, 
de l’autre cote 
d'un vase [oud’un 
monogramme (cf. 

le fragment de Bogdan serail dessine par C. G. Curtis, Broken hits of 
Byzantium, part II, n° 60)], un paon symetrique. 

Ce fragment provient sans doute d’une iconostase ; d’apres les earacleres de 
l'inscription, il semble etre du vi e siecle ; un meme motif, dans des formes 
plus raides et plus stylisees, se retrouve sur un linleau du monastere de Saint- 
Luc en Phocidc (R. \Y. Schultz et S. II. Barnsley, The monastery of Saint 
Luke of Stiris in Phocis, pi. 27, ,1). 

A. Dumont, Musee Sainte-Irdnc (Revue archeologigue, 1868, II , p. 261, n° XXXV, 
4° ; — Joubin, Sculpt, gr. el rom., n° 177, 

Photographic n° 1972. 



734 (1562) Fragment d’un linteau. 


Cos ; fouillcs de M. Ilerzog ; entre au musce en septembre 1901. 


Marbre blanc legerement blcutA, 4 pros grains cristallins ; brise [a droite et a gauche ; 
caviles creusAcs au trepan au centre des dilTercnts motifs; hauteur, 0“ 145; longueur 
maxima actuellc, 0” S I ; epaisscur, sur la face superieure (non visible en l'etat actuelj, 
0“ 15; sur la face inferieure .decoree), 0 m 215 ; si Ton admet, comme il parait vraisemblable, 
que le milieu de la composition se trouve au centre du cercle dAcore de triangles entrela- 




532 


N° 731 — FRAGMENT D’UN LINTEAU 


ces en etoile, la longueur du linteau complet, ou tout au moins la largeurde l’ouverture, y 
compris celle des pieds-droits, calcul6e sur la face inferieure, devait etre de 1" 40 ; il nian- 
querait 0“ 515 H droite et O'" 16 k gauche. 

La section du linteau est un long- trapeze isocele dont les angles adjacenls 
au long cote parallele sont abattus et remplaces par un listel vertical; le petit 
cote parallele forme la face inferieure ; il est decore de cercles qui s’entre- 
lacent par l’intermediaire d’un petit cercle tangent; il devait y en avoir cinq ; 
celui du milieu est decore d’une etoile a six pointes formee par l’entrelacement 
de deux triangles equilateraux ; les angles renlrants de la figure sont ornes 
d’un motif ovale, et le centre d'une rosette stylisee a quatre feuilles ; les deux 

cercles voisins de celui-ci 
(celui de droite incomplet) 
sont remplis par une rosace 
a seize petales aigus ; le 
premier cercle, vers 1’ex- 
tremite gauche (le syme- 
trique idroite manque), par 
une rosace semblable k p6- 
tales arrondis et omphalos 
central; en haut et en bas du champ, dans les espaces triangulaires quelaissent 
entre elles les circonferences, petites rosettes a huit petales compacts; a 
l’extremite gauche, un champ rectangulaire, legerement ravale, soigneusement 
dresse, et presentant encore, a la cassure, les traces d’une grande mortaise, est 
destine a reposer sur le pied-droit d’une porte ou le chapiteau d’un support; 
— des faces obliques, l’une est restee lisse ; l’autre porte une decoration qui 
repond a celle de la face inferieure, savoir : au dessus du cercle central, un 
bossage decore d’enlrelacs ; au dessus des cercles voisins de celui-ci, deux 
petites arcades portees sur des colonnes torses et remplies par une feuille de 
lierre posee droit sur un court pedoncule ; au dessus du premier cercle de 
gauche, une fleur a huit petales retombanls formant cabochon sur un medail- 
lon circulaire concave; au dessus du champ ravale de l’extremite, deux 
rosettes cernees de cercles entrelaces et inscrits dans deux panneaux rectan- 
gulaires adjacenls. 

Les dimensions de ce fragment semblent indiquer qu’il provient d’une cons¬ 
truction legere et non de la porte d’un edifice ; il semble assez naturel de 
penser a la porte d une iconostase ; c’est un tres bon travail decoratif, qui, 
tant dans les motifs que dans le style, presente de remarquables analogies 
avec plusieurs des linteaux du monastere de Saint-Luc en Phocide et doit 
dater comme eux du x e siecle (cf. R. W. Schultz et S. H. Barnsley, The 
monastery of Saint Luke of Stiris in Phocis, pi. 22, 27, B) ; types semblables 
k Pergame, Altertuemer von Peryamon, 1,1912, Stadt und Landschaft, Text 2, 





,\° 735 


PILIER RECTANf.LLAIRE 


533 


p. 313 sq. ; cf. aussi fig. 107, p. 319 ; du motif sculpte sur le biseau, rappro- 
chez encore mi fragment deMistra (ti. Millet, Monuments hyzanlins de .hislra, 
pi. 49, 6) et surtout l’architrave encastree dans un mur d’Oulou djami, 4 
Magnesie du Sipyle, et datee de l’annee 967 J. Strzygow-ki, Wiener Sludien, 
XXIV, 1902, p. 443 sq., pi. V el VI, ou sont reunis quelques autres fragments 
de meme type). 

Photographic n° 1748. 


135 (2255) Pilier rectangulaire. 


Provenance ct date d'enlric inconnues. 

Marbre blanc, traverse de quelques veines noiratres, a gros grains crislallins; incomplet 
cn bas; brise en deux fragments rajustes : revcrs epaimele, creuse, jusqu’4 0“ 10 de tarete 
supirieure, d’une gorge peu profonde, large de 0‘" 093, oil s'inserait une dalle ; monogramme 
martele ; epaufrurcs sur les aretes; nombreuses erosions ; eroute de ciment sur la face lati- 
rale droite ; hauteur maxima, au revers. 0“‘ 90 ; en avant, 0“ 683 ; largeur, 0“ 223 : epaisseur, 
0 m 25 ; diamitre interieur du m^daillon monogrammatique, 0” 138. 

Pilier rectangulaire, coupe en hautpar un pan a 45"; — sur la face princi- 
pale, entrelacs de cercles formes de qualre bourreletsconcentriques 
a bouton central; les deux bourrelets exterieurs sont les seuls qui 
s'entrelacent ; sur la face laterale gauche, entrelacs de cercles cir- 
conscrits chacun a une feuille a trois pointes dont la forme, voi- 
sine de celle d’une « lleur de lys «, semble influencee par celle de 
la palmette saracene ; la pointe en est tournee vers le bas dans 
les deux cercles sup^rieurs et vers le haul dans les autres ; le 
meme motif se repete sur la face laterale droite, mais les feuilles 
y semblent avoir ete tournees alternativement vers le haul et vers 
le bas ; — le pan coupe qui termine le pilier est accuse, sur les 
faces laterales, par un triangle rectangle incise et rempli par une 
feuille a deux poinles somniairement traitee ; sur le pan lui- 
meme, un m6daillon circulaire renferme un monogramme sculpte aux qualre 
bras d une croix: 

Y 

N-©-C 



A 



534 


N os 736-737 - DEUX PILASTRES DOUBLES 


Ge pilier motivait tres probablement le depart d’une rampe d’ambon ; — 
x e siecle (?). 

Photographic n" 1977, 4 gauche. 

736-737 (1119, 1120) Deux pilastres doubles. 

Cavalla ; entresau musec en juillet 1900. 

Marbre legerement blente, a gros grains cristallins, sans doute thasien; les faces non 
decodes sont soigneusement dressies; n° 736 : la colonnette octogonale, placee sur lc 
grand pilier, n’est conservce que sur une hauteur de 0 m 20; la pomme qui surmontail le 
petit est brisee et avait (ieja ete ruparee (mortaises crcusces dans les arrachements de la 
cassure); deux trous de scellement au revers du petit pilier (dont l’un, celui du haut, a 
encore conserve une boucle de fer) et un sur la face inferietire; celle-ci a 6te retaillec 
recemment pour assurer l’equilibre; hauteurtotale, 1“ 30; du grand pilier, 1“ 10 ; du petit, 
sans la pomme, 0” 99; cote du grand pilier, 0 m 155; du petit, 0“ 08; — n° 737 : manque 
toute la colonnette octogonale; deux trous de scellement au revers du petit pilier (celui du 
has a encore conserve une boucle defer,celui du haut mutile); la mortaise de la face infe- 
rieure a gardO le plomb du scellement ; hauteur totale, 1” 15 ; du grand pilier, l m 125; du 
petit, avec la pomme, 1"' 125 ; cdt£ du grand pilier, 0“ 155 ; du petit, 0“ 09. 

Chacun d’eux est forme de deux pilastres inegaux, accoles et tallies dans le 
meme bloc; dans chacun, le plus grand, qui etait surmonle 
d’une colonnette a huit pans, est decore, sur sa face ante- 
rieure, d’un entrelacs de cercles, circonscrits a une croix ; le 
plus petit est surmonle d’une pomme et orne d’une rudenture 
sur ses faces anterieure et laterale. 

Les boucles de fer, conservees au revers, sont destinees k 
fixer une chainettequi formait cloture ; il est done probable 
que ces deux pilastres motivaient une porte qui s’ouvrait dans 
une iconostase ou une balustrade ; on en retrouve de meme 
forme au couvent de Saint-Luc (R. W. Schultz et S. II. 
Barnsley, The monastery of Saint Luke of Sliris in Phocis , 
pi. 22); la forme n’en parait pas convenir au bas d’une rampe 
d ambon et d’ailleurs cette hypothese semble exclue par le fait 
que la face de joint (celle qui est opposee au petit pilier) ne 
presente aucune trace de scellement; pour les pieds-droits 
d une porte, la stabilite, augmentee par la pression du linteau, 
etait suffisamment assureepar le goujon de la face inferieure. 



Photographic n" 1977, 4 droite (n° 737). 



N° 738 - SOCLE DE COLONNE 




738 (i 041) Socle de colonne. 


Constantinople, Azub capou, quartier Yoldjou zad4, rue Mekteb, n° 4, maison d'lbrahim 
cllendi; trouvc en ereusant les fondations d'une nouvelle bitisse; entre au nuisee le 10 
avril 1907. 


Marbrc blanc A gros grains cristallins ; de la base de la colonne, taillee dans le meme 
bloc que le socle, il ne reste que le tore inferieur; les angles arrondis par l’usure : grand 
trou de scellemcnt sur la face superieure, el, 4 cot4, mortaise allongee; hauteur maxima 
actuelle, 0“ 15 ; du socle seul, 0 m 36; largeur, 4 la moulure superieure, 0“ 395; 4 la moulure 
inf4rieure, 0” 408 ; au d4, 0“ 345; dpaisseur, 4 la moulure superieure, 0 m 385 ; a la mou¬ 
lure inferieure, 0“ 405 ; au de, 0" 315 ; diametrc de la base, 0” 39. 


Socle rectangulaire, decore haut et bas d’un corps de moulures mollement 
profiles ; — face antdrieure : croix monogrammatique a P ferine ; dans les 
quarliers inferieurs ACO > it droite et a gauche, uo motif forme de deux petites 
colonnettes torses portant un linteau auquel est suspendue une tenture relevee 
sur la colonnette 
de droite ; sur cha- 
cun des chapiteaux, 
est posee une sorte 
de palme, tres som- 
mairement indi- 
qu6e; s’inclinant 
l’une vers 1’autre et 
se touchant 4 leur 
extremity, elles de- 

limitent un espace triangulaire qui semble le tympan d’un fronton ; — face 
posldrienre : au milieu, dans un losange dont le grand axe est horizontal, 
rosette a quatre feuilles perpendiculaires, formant croix; a droite et a gauche, 
une feuille d'acanthe dressee; — face laterale droite : au milieu, un calice a 
pied bas; la panse, munie vers le bas de deux petits appendices perces d’un 
trou, a la forme d’une nacelle dont les extremity, tres relevees, se recourbent 
en anses vers l’interieur ; l’espace eompris entre elles est occupe par une masse 
slriee de sillons paralleles, au dessus de laquelle apparait une petite palmette a 
Irois feuilles ; de part et d’autre, une colombe de profil vers l’interieur : celle 
de gauche semble vouloir boire au vase contre la paroi duquel elle appuie sa 
patte gauche ; l'autre, un peu plus grande, retourne la tete a droite (vers 
l'exterieur’l et picore un petit rameau feuillu place dans Tangle superieur ; 
— face la Id rale gauche : rinceau de feuillage dans un cadre rectangulaire. — 
I,a base de la colonne, taillee dans le meme bloc que le socle, est reduite a un 
tore et a une baguette au dessus de laquelle se ereusait une scolie sans 
doute surmontde d’un second tore sculpte au bas du tut). 



S36 


N° 739 


SOCLE DE COLONNETTE 


Le motif de la face laterale droite ne parait pas etre, comme on l’a cru quel- 
quefois, une representation symbolique de l’Eucharistie (0. Marucchi, Nuovo 
bullettino di archeologia cristiana , III, 1897, p. 149); c’est plutot un symbole 
des jouissances de l’au-dela, du paradis con?u comme refrigeriuni ou locus 
refrigerii : cf. C. M. Kaufmann, Die sepulkralen Jenseitsdenkmaeler der 
Anlike und des Urchristentums, 1900, p. 53 sq.; L. von Sybel, Christliche 
Anlike, I, p. 173 ; on notera toutefois que les deux sens ne sont pas treseloi- 
gnes, le sacrement eucharistique donnant en quelque sorte l’avant-gout et 
constituant le gage des jouissances qu’assurera au juste la contemplation de 
Dieu. 

Travail mediocre du vi e ou du vn e siecle. 


Halil Edhem bey, Jahrbuch des archaeologischen Insliluls, XXIII, 1908, archaeo- 
logischer Anzeiger, col. 112. 


Photographies n*‘ 944, 4 droite (face principale), 949, 4 droite (face latirale droite). 


739 (1646) Socle de colonnette. 


11 ami die keui, pris de Ramy kichla, tchiflic Tsitsos, cercle d’Eyoub; entri au music en 
juin 1907. 


Marbre blanc traverse de quelques veines noir4tres ; entaille riguliire creusie sur 
l'arele qui sipare les deux pans lisses du socle; cassure 4 1a partie infirieure de deux 
autres; trou de scellement au centre des faces superieure et inferieure; hauteur totale, 
0” 285 ; du socle, 0” 155; diamitre inferieur, 0“ 32 ; diametre supirieur, 0 m 275. 


Base et socle sont tallies dans un meme bloc; la base — scotie, accusee par 
deux baguettes et comprise entre deux tores inegaux — est d’un profil mou et 
4 peine en saillie sur l’aplomb de la colonne ; le socle est octogonal; deux pans 
sont lisses ; les autres sont decores alternativement d’une croix « byzantine » 
pattee dont le bras inferieur est prolong^ par un petit cube, et de ce meme 
motif qu’on rencontre frequemment sur les dalles sculptees du vi e siecle ; 
losanges poses verlicalement, ornes d’un medaillon central et cantonnes de 
quatre triangles; tous ces ornements sont sans relief et obtenus par de larges 
sillons incises. 



N® 7 41 


ClIAHTEAi; C0R1.NT111KN 


537 


740 (909 ) Tambour de colonnette. 


Provenance et date d'entriSe inconnues. 


Vert antique; joints piques; bord inferieur mutile; une entaille reguliere, de forme 
trap&toi'dale, est creusee sur la face opposite 4 la croix: hauteur, 0“ 60 ; diametre, 0” 26; 
hauteur de la croi.x, 0" 49a. 


Flit lisse, decore, sur l’un de ses cotes, d’une croix longue et patlee, en 
relief. 


Joubin, Sculpt, gr. et rom., n° 191. 


741 (2367) Chapiteau corinthien. 


Constantinople, Ahyr capou ; entre au musee en 1910. 

Marbre bleute 4 gros grains cristallins ; face superieure et inferieure piquees; fextr^niito 
de toutes les feuilles, sauf une, du rang infOrieur de la corbeille d'acanthc est mutilite ; au 
rang sup^rieur, les mutilations sont plus legeres; le listel qui termine la collerette de 
feuilles est bris6 entierement sur deux faces, partiellement sur les deux autres; dans l'en- 
semble, la conservation est bonne ; trou de scellement sur la face inferieure; hauteur, 
0 m 495 ; cole de l’abaque, 0 m 63; diametre, 0 m 40. 

Sur la face superieure,dans le caractere grdle des graffiti, sont gravees les lettres 
(0“0o2 et 0“>0S) ; +6131 

Type composite, dit theodosien ; a la partie inferieure, lore recouvert de 
petiles feuilles d’acanthe posees 
oblicjuement; corbeille a deux rangs 
de liuil feuilles relombantes d’a- 
canthe epineuse, profondement de¬ 
couples ; les feuilles du rang infe¬ 
rieur so placent entre les feuilles du 
rang superieur qui sont disposees 
exactemenl dans l’axe des faces et 
au dessous des angles de l'abaque; 
imm^dialement sous ces angles, une 
volute donl la tranche antiirieure est 
d^coree d'un motif vegetal variant de l’une a 1 autre ; entre les volutes, collerette 
de feuilles a trois lobes aigus, limitees par un listel qui repose sur leurs 




538 


N° 7i2 - CIIAPITEAU DECORE d’aIOLES 


poinles; la tranche de l’abaque est divisee par un sillon en deux parties dont 
celle du haut est striee de quelques incisions qui lui donnent l’aspect d’un 
cable; au milieu de chaque face, un bossage : trois sont recouverts de feuil- 
lage, le quatrieme d’un gros ove ; toute la partie haute du chapiteau, comnie 
il arrive frequemment, est d’une execution sacrifice ; la eorbeille est au contraire 
d'un bon travail et constitue un excellent specimen de ce groupe; — sur le 
type, cf. J. Strzygowski, Alhenische Mittheilungen, XIV, 1889, p, 281 sq. ; 
Byzantinische Zeitschrift, I, 1892, p. 68; Jahrbuch des archaeologischen 
Inslituts, VIII, 1893, p. 10 et 27; J. Laurent, Bulletin de correspondance 
hellenique, XXIII, 1899, p. 207 sq. ; 0. Wulff, Die Koimesiskirche in, 
Aicaea (Zur Kunslgeschichte des Auslandes, I left XIII), p. 49; G. Millet, 
Ilistoire de I'art , publiee sous la direction de A. Michel, I, 1, p. 153-154; 
autres exemples ici meme, t. Ill, n os 1206-1208 ; — v e sieclc ap. J.-C. 

Photographic n° 1844. 


742 (938) Chapiteau corinthien k decoration animate. 


L’invenlaire porte !« Constantinople », sans date d’entree; le Journal manuscrit de D<5thier, 
f“ 77, n 0 358, 41a date du 23 avril/5 mai 1880, donne les renseignements suivants, extraits 
d’une lettre 4 S. E. Munif pacha, ministrc de l'inslruction publique : n j’ai it4 ce matin 
voir les antiques dicouverts pr4s de la mosqude Lalcli, un peu au dessus de la halte du 
tramway, sur la partie orienlale de la colline, au coin d’une rue ; le proprielaire y fail cons- 
truirc un four; [le quartier s’appelle ?] Kyzyl tachi mahalessi; l’on ya mis au jour une 
quantite de fragments de colonnettes en marbre, d’un diametre d’environ 0“ 39, et un cha¬ 
piteau de marbre, plus large 4 la base de quelques centimetres, et, en haut, de 0“ 51; ily 
a une rangee de feuilles denteldes, presque comme Venghiar [artichaul], et quatre aigles 
enhaul relief opposes deux 4 deux aux quatre coins. De plus, il y a trois plaques en marbre 
4 corniches, reliefs, feuilles d’acanthe, ayant servi soit comme soubassement, soit comme 
base 4 ces colonnes; de plus, on y a trouve un verre 4 longue forme de lacryinatoire aux 
belles couleurs d’arc-en-ciel; une seule brique a marque y a 6t6 trouvee... je crois pou- 
voir lire IM BA MAAAC ». 


Marbre blanc lcgcrement bleute et traverse par endroits de veines noir4tres ; manque la 
tete de trois des aigles; de la tete du quatrieme, le bee scul est bris4, mais la plus grande 
partie du corps et les pattes manquent; plusieurs des ailes, les angles de l’abaque, trois des 
bossages, plusieurs feuilles d’acanthe, quelques parties du tore inferieur sont mutil4s; 
trou de scellement sur la face inferieure; hauteur, 0" 19; diamdtre inferieur, 0” 38 ; c6te de 
l'abaque, 0“ 60. 


A la partie inferieure, petit tore recouvert de feuilles d’acanthe renversees; 
au milieu des tranches — sommairement profilees — de l’abaque, epais bos¬ 
sage decore d'acanthe sur trois des cotes ; sur le quatrieme, la decoration etait 
entierement detachee du fond — e’etait sans doute une tige vegetale — et a 
disparu, laissant apparaitre un bossage nu et irregulier; la eorbeille est for- 
mee de huit feuilles retombantes d'acanthe epineuse; au dessus, sur le fond 






un rang de perles; aux quatre angles, un aigle eploye dont la tele se place 
juste sous 1 angle de 1 abaque et dont les pattes reposent chacune sur une des 
feuilles, le corps a ainsi une inclinaison assez forte, et, vu du bas, l’oiseau 
semblait planer et soutenir le chapiteau sur ses ailes ; les longues plumes sonl 
separees par quatro sillons creuses de petits trous fores avec le trepan (les 
cloisons enlre les trous n ont pas ete ravalees ; dans la decoration vegelale, il 
n a et6 fait que peu d usage de 1 instrument; — types analogues a Constanti¬ 
nople [outre la eolorine de Marcien -j- 457 (J. libersolt, Revue archeolo- 
(jique, 1909, II, p. .ii, cf. C. G. Curtis, Broken bits of Byzantium , part l' 1 . 
fig. 13, chapiteau trouve dans les travaux du chemin de fer, en 1871, a la 
porte du Serail; J. Str/.ygowski, 

Athenische Miltheilungen, XIV, 

1889, p. 287 ; Jahrbuch des archaeo- 
logischen Instituls , VIII, 1893, p. 

27; Byzantinische Denkmaeler, II, 
p. 86, fig. 5; 0. Wulir, l. infra 1.}; 
it Nicee (Bulletin de correspondance 
hellenique, XXXIII, 1909, n° 123, 
p. 362 ; fig. 68, p. 361 = Cat. du 
musee de Brousse, n° 123, p. Ill ; 
fig. 68, p. 113) ; it Trebi/.onde 
(ibid., XIX, 1895, p. 519) ; a Sainl-Demetrius de Salonique (Ch. Diehl, 
Manuel d'arl byzanlin, p. 133, fig. 61); a Athenes ' J. Strzygowski, pr. I. supra 
l., p. 286, fig. 5); plusieurs exemples a Saint-Marc (Ongania, La basilica di 
S. Marco, pi. 18, n° 27; 71, n” 115; 73, n° 118; 94, n“ 131 ; 128, n° 183«) ; a 
Parenzo (W. A. Neumann, Der l)om von Parenzo, pi. 25, 27, 29): a Dabra- 
vina (Bosnie-Herzegovine, Boemische Quartalschrift, IX, 1895, p. 217, fig. g) ; 
le meme motif dans Part roman, L. Brehier, l. infra pi. IV, 1 ‘chapiteau 
de Notre-Dame-du-Port a Clermont), M. Meurer, Vergleichende Formenlehre 
des Ornaments und der Pft.anze, p. 423, fig. 6 (chapiteau de Matera, Italie 
m^ridionale); — pour l’aigle combine avec une corbeille ou canistrum imi- 
lant la vannerie, nombreuses references ap. L. Brehier, l. infra p. 20 [36 
etap. L. Begule et Ii. Berlaux, Bulletin monumental, I,XXV, 1911, p. 199 sq.; 
— cf. aussi notre n° 1209; — bon travail decoratif du v* siecle ap. J.-C. 



S. Reinach, Cal., n° 1144; —Joubin, Sculpt, gr. et rom., n° 180: — L. Brehier, 
Ltndes sur t'hisloire de la sculpture byzantine, Archives des missions, nouvclle serie, 
11)11, fasc. 3), p. 19 [33] ; pi. II, 2; — mentionne par J. Strzygowski, Athenische 
Miltheilungen, XIV, 1889, p. 281 et 287, et par O. WultT, Kgl. Muscat zu Berlin, 
Beschreibung der Bildwerke der christlichen Epochen, III, 1, Altchristliche Bild- 
werke, 1909, n° 101, p. 34. 


Pliotographie n" 913. 



540 


N° 744 


CHAPITEAU DliCORti DE BfiLlERS 


743 (2294) Chapiteau corinthien a decoration animale. 


Provenance et date d’entree inconnues. 

Marbre blanc, Iegerement bleute et traverse de quelques veines noiratres ; tres endom- 
ntage : les quatre angles de l’abaque avec les tetes des aigles sont brisis; les ailes, les 
pattes, les bossages, la corbeille sont mutil^s ; Iron de scellement sur la face inferieure; 
hauteur, 0“ 455 ; cote de 1'abaque, environ 0“ 57; diametre, 0 m 395. 


A la partie inferieure, deux rangs de perles (ou petites baies) placees de 
part et d’autre d'une tige horizontale continue; la corbeille est basseet formee 
par une alternance de feuilles a cinq lobes aigus, placees la pointe en bas, et 
de fleurons trilobes places normalemenl; sous ces ileurons, naissent deux 
demi-palmettes a trois sepales, qui s’inllechissent symetriquement vers la base 

(plaeee en haut) de la feuille a cinq pointes ; 
l’originalite du motif est augmentee par le 
fait que ces demi-palmettes sont traitees 
comme des ailes, sont decorees vers le bas 
de petites plumes imbriquees et s’achevent 
par trois longues plumes detaillees par de 
legeres incisions ; aux quatre angles, est 
pose un aigle eploye; les grandes plumes 
sont separees par de larges sillons creuses 
au trepan (on voit les traces de l’instrument, mais les cloisons entre les cavites 
ont ete ravalees); sur le corps, le plumage est indique par des sillons en dents 
descie, plus etroits, mais executes selon la meme technique ; au milieu dechaque 
face, dans un cornet de feuilles d’acanthe ou (une seule fois) dans une corne a 
recipient torse — une grappe de raisins recouverte d’une feuille et plaeee exac- 
tement sous le bossage qui decore le centre des tranches de 1’abaque ; ce bos- 
sage lui-meme est figure par plusieurs fruits sortant de la corne ; —• cf. le n° 
precedent; ■— v e siecle. 



S. Reinach, Cat., n° o44 bis (?). 
Photographies n°‘ 1819 et 1985. 


744 (1595) Chapiteau corinthien a decoration animale. 

Constantinople ; trouve en creusant les fondations du nouvcl hotel des postes & Stamboul; 
entre au musee en septembre 1905. 

Marbre bleute 4 gros grains cristallins ; trois des angles de 1’abaque sont brisks, le qua- 
tri^me rajust4; la partie du chapiteau plac£e sous Tangle conserve est en assez bon £tat, 



N° 7'G - UIAPITEAC DKi.ORK DE BEI.IERS *>H 

mais tout lc reste cst fort cndommage ; des beliers, sauf un qui cst intact aux cornes pres 
et un second dont la tete (rajuslec) est tres mutilee, il ne rcste que lc poilrail; la ti le des 
aiglcs ct les pattes de deux d’entre eux sont brisees, leur corps plus ou moins mutile ; 
manque la plus grande parlie dc l’oiseau sur lequel repose 1’aiglc place & droite du belier 
conserve; sur la face opposee, on ne distingue plus la nature des animaux sur lesquels 
portent les aiglcs; plusicurs feuilles d acanthe incompletes ; la surface est par endroils 
recouverte d'une crodte dc ciment et ailleurs creusee de petits trous par I'humidite ; trou 
dc scellemenl sur la face inferieure ; l’acanthe est travaillee au trepan ; hauteur, 0“ 58; cole 
de l'abaquc, environ 0” 60 ; diam&tre, 0“ 45. 

A la parlie inferieure, lore decore de pelites feuilles allongees, groupees 
Irois par Irois et placees horizontalement; corbeille de huit feuilles retom- 
banles d’acanthe epineuse; sous chaque angle, une large protome de belier 
fondant; la tete est trop petite et les pattes trop greles pour le poitrail; 
l'aUache du membre anterieur est indiqu^e tres gauchement; la toison n’est 
rendue plastiquement que sur le front; les cornes, tres grandes et detachees, se 
raltachaienl a deux tenons dont on 
voit encore les traces a l’epaule ; les 
pieds s’appuyaient demerae sur deux 
tenons reserves sur la relombee des 
feuilles d’acanlhe; entre les beliers, 
un aigle aux ailes baissees occupe le 
milieu de la face ; leur tete adhere 
au bossage fruste place au centre de 
l’abaque ; ils ont les serres plantces, 
celui qui est & gauche du belier con¬ 
serve, sur une tete de bouquetin ren- 
versee, celui qui est a droite sur un 
oiscau a longue queue d’aronde et aux ailes eflilees, probablement une hiron- 
delle ou un alcyon ; les motifs correspondants de la face opposee ont comple- 
lement disparu; —sur les chapiteaux ornes de beliers, cf. les references citees 
par M. Brehier, /. infra l. (les chapiteaux de Saint-Marc ap. Ongania, La 
Basilica di S. Marco , pi. 52, n« 81; 65, n° 103 ; 66, n° 105 ; 70, n« 112); voyez 
aussi Bulletin de Vinstitut russe de Constantinople , IN', 1, 1899, p. 35, fig. 6 
(chapiteau de l’eglise de la Panaghia, a Nodena); Tolstoi et Kondakof, An- 
tiquiles russes (en russe), IV, 1891, p. 21, fig. 18; Ch. Diehl, Manuel dart 
hi/zanlin, p. 728, fig. 369 (chapiteau d’lviron = G. Millet, La collection 
chretienne ct hyzanline des ffautes Etudes, C. 154); chapiteau de Lavra 
(G. Millet, ibid., C. 147) ; exemplaire copte ap. J. Strzygowski, Kophsche 
Kunst, n° 7345 (^-O. Dalton, Byzantine art and archaeology, p. 33, fig. 18); 
un tres beau specimen romain du temple de la Concorde ap. M. Meurer, 
Vergleichende Formenlehre des Ornaments und der Pflanze , p. 424, fig. 8; 
— cf. nos n os 1210-1213 ; — v" siecle ap. J.-C. 




-U2 S 6 Ur> — CHaMTEAU A EEUiLLES ReTOURNEeS 

L. Brehier, Eludes sur I'hisloire de In sculpture byzantine (Archives des missions, 
nouvelle serie, 1911, fase. 3), p. 18 [34]; pi. I, 2. 

Photographie n° 940. 


745 (2366) Chapiteau corinthien a feuilles retournEes. 


Constantinople, Ahyr capou ; entre au rausee en 1910. 


Marbre legeremenl bleute, traverse de quelques veines noiratres, A gros grains cristal- 
lins ; faces superieure et inferieure piquees ; manquelit un des angles et l’un des bossages 
de l'abaque, l'extremite du bandeau vertical sur 1'une des faces laterales; un autre bossage 
mutile ; quelques erosions sur le feuillage : surface noircie el moussue en quelques endroits; 
trou de scelleraent sur la face inferieure; hauteur, 0“ 575; c6te de l'abaque, environ 0™ 74: 
diametre, environ 0“ 44. 


Le chapiteau est part age en deux parties, anlerieure et posterieure, par un 
bandeau saillant dont la surface est piquee et qui court verticalement sur toute 
la hauteur des faces laterales (cf. n° 748, p. 546); — l’arete inferieure n’est 
pas motivee; la corbeille est formee de deux rangs de feuilles retournees 

comme par un coup de vent, vers 
la gauche sur le rang inferieur, vers 
la droite sur le rang superieur; elles 
tiennent de 1‘acanthe epineuse par 
les dentelures de leur bord, de 
l’acanthe molle par le caractere 
gras de leur matiere ; la nervure 
centrale, sur la partie retournee, 
est accusee par une suite de petites 
cavites creusees au trepan ; les 
dentelures, travaillees aussi au tre¬ 
pan, ont ete reprises au ciseau; 
sous les angles de 1 abaque, une volute, dont la tranche anlerieure est 
decoree d un motif vegetal; la tranche de l'abaque est divisee par un sillon 
mollement trace en deux parties dont celle du haut est striee en cable par 
quelques sillons obliques; gros bossage au milieu des faces anterieure et 
posterieure; specimens du merne type : a Constantinople (fragment dans les 
depots dumusee; C. G. Curtis, Broken bids of Byzantium , part II, n° 56; 
I'orchheimer et Slrzygowski, Die byzantinischen W’asserbehaelter von Kons- 
tanlinopel, Byzantinische Denkmaeler, II, p. 62-63, fig. 5) ; a Salonique 
(Saint-Demetrius) ; a Ravenne (Saint-Apollinaire in classe et basilique 




S 6 *4fi — CH.U’lTEAl' bEcORE b E SKRAPllISS • >i't 

d’Mercule, construiie par Theodoric, ceux-ci reemployfs sur la place 
\ ictor-Emmanuel ou conserves au musee national); a Saint-Marc Ongania, 
La Basilica di S. Marco, pi. 67, n° 106; 74-75, n os I "21-1231; cf. J. Strzygowski, 
Alhenische Mitlheilungen, XIV, 1889, p. 290 sq. ; L. Brehier, Eludes sur 
Vhisloire de la sculpture byzantine (Archives des missions, nouvelle serie, 
1911, fasc. 3), p. 31 [47 j ; — la feuille retournee, avec une autre forme, >e 
retrouve en Syrie : cf. Vogue, Syrie centrale, pi. 48 (Betoursa’, 146 (Kalat 
Seman); van Berchem et Strzygowski, Amida, p. 200, lig. 118 (chapileau 
d’Alep). 

Tres bon travail decoratif de la fin du v* ou du vi* siecle. 

L. Brehier, l. 1. au n° precedent, p. 31 [47J. 

Photographic n“ 1815. 


146 (925) Chapiteau d6eor6 de sdraphins. 


Constantinople ; trouve, ainsi quc le suivant, au cours des travaux dc construction dc la 
ligne dcs chemins de fer oricntaux (cf. Pulgher, l. infra l.), dans la region dc Tchatlady 
capou (ils font probablemcnt partie dc ccs chapiteaux dont la decouvcrle fut signalce par 
Paspatis dAs le 29 novcmbrc 1871 ; clle remontait A la fin de mai ou au commencement dc 
juin [cf. 'O ev KtoveravTivounoXsi cXXy)vixos ^iXoXoyixo; X jXXoyo;, VI '1871- 
1872), 1873, p.52, et le comptc rendu de la 305* seance, ibid., p. 233-231 ; Paspatis. 1! j^xv- 
Ttvat peXsiat, 1877, p. 107 el note 1 A cctte page]; A la dale de cc dernier livre, ce cha- 
pilcau et len° 717 eluient deji au musee. 


Marbre blanc A gros grains cristallius ; la partie inferieure a etc relaillee : il manque le 
tore, qu'on voit au n" suivant, et les pieds dcs siiraphins; leurs tdtes sont mutilAes (sur- 
tout cliez les siiraphins dc droitc); Celle du siiraphin de Tangle poslcrieur gauche, brisee 
avec Tangle (qui cst rcstnure en plAtre avec une partie des cotes adjaccnts), ne se rajuslc 
plus cxactcment sur la cassurc du buste, mais il n’est pas doulcux qu’elle appartienne a 
cettc place ; il ne rcsle rien de la decoration des cabochons; quelques erosions sur les 
autres feuillages ; sur la face supcricure, trois mortaiscs rectangulaircs; les chevcux des 
scraphins, la decoration vegetale sont travailles au tri-pan; hauteur actuelle, 0“30 ; c6tc 
dc Tabaque, O’" 10 ; diumitre actuel, 0™ 27 ; Icltres de O'" 025. 

Sur la face superieure est gravee la lettre d’appareillage A- 

Le chapiteau se rapproche de la forme cubique ; les angles sont occupes 
par un seraphin a tele juvenile, encadree de longs cheveux boucles et coiffee 
d’un bonnet conique ; deux petites ailes, attachees sur l epaule, se relevent 
sur les cotes de la tele ; deux grandes, repliees sur le corps, le recouvrent 
tout enlier jusqu’au bas des jambes ; le plumage est indique par des « yeux » 
incises ; un « ceil » est nussi gravd au <lessus du cou de pied ; de chaque cole 
du corps, surgissenl trois mains: Tune qui semble s’allaeher au sommet de 
l epaule, l'autre sur romoplate, la troisieme au creux des reins ; elles sont 



544 


N° 746 — CHAPITEAU DECORE DE SERAPHIMS 


posees a plat, la premiere paire sur les petites ailes relevees, les deux aulres 
sur les grandes ailes rabattues; — chaque face du chapiteau esl ornee, au 
milieu, d’un medaillon circulaire dans lequel un gros cabochon elait sculptea 
jour; de ce medaillon, rayonnent six feuilles d’acanthe et deux fleurons a 
trois pointes qui recouvrent la corbeille ; la tranche de l’abaque est ornee d’un 
cartouche a queue d’aronde qui, sur la face principale, porte, sculpte en relief, 
le mot -j- "Ay 10 ? -j- 

II importe de corriger ici une erreur qui s’est glissee dans deux publications 
recentes de haute valeur. MM. Diehl et Brehier, trompes sans doute par la 
legende que porte la planche de Pulgher, ont cru que ce chapiteau provenait 
d’Atyk Moustapha pacha djamissi, et s’en sont autorises pour l’attribuer au 
ix e siecle; Pulgher, il est vrai, a compose sa planche d’une maniere un peu 
bizarre, mais il n’en indique pas moins dans son texte la vraie provenance, 

celle que nous avons donnee plus haul. 
D’autre part, il nous paralt certain que 


de M. S. Reinach : « petite tete de 
femmecoiffee d'une maniere tres remar- 
quable ; une main plus grande appar- 
tenant a une autre figure s’appuie sur sa coiffure qui est partagee en zones 
regulieres dans chacune desquelles sont dessines en creux plusieurs yeux... »; 
et c’est encore cette meme tete que C. G. Curtis a dessinee dans ses Broken 
hits of Byzantium, part II, fig. 40, avec la legende : « head of one of the 
cherubim represented on the corners of a capital of a column found in the 
same enclosure [of the seraskierat], preserved now at Tchinli Kiosk... » [il 
n’y a pas lieu, croyons-nous, d’altacher d’imporlance a la provenance donnee 
par Curtis ; son esquisse ne porte pas de dale; son texte semble indiquer qu’il 
a dessine le fragment quand celui-ci etait deja au musee ; on a done de bonnes 
raisons de croire ou a un souvenir inexact ou a un faux renseignement]. 

En fait, ce chapiteau nous parait dater de la fin du v e ou des debuts du 
vi e siecle; l’acanthe, avec sa matiere de plante grasse, ses nervures forees au 
trepan, y a le meme caractere que dans la serie de chapiteaux dite a acanthe 
retournee; en particulier, la feuille qui, placee au dessus du cabochon, semble 
comme une feuille dedoublee et rabattue sur le champ, se retrouve, presque 
exactement semblable, sur le chapiteau de la basilique d’Hercule edifiee a 
Ravenne par Theodoric (cf. L. Brehier, l. infra l., pi. II, fig. 3, et pi. V, 
fig. 3); le motif geometrique que Pulgher a restaure dans ce cabochon nous 
parait tout a fait arbitraire et ne s’accorde pas avec les arrachements conser¬ 
ves sur le bord interieur de la cavite; le decor comprenait en realite quelques 


la tete de cherubin rajustee a Tangle 
posterieur gauche de noire chapiteau 
n’est autre que le n° 147 du Catalogue 





>° ' w — ciiAi'iii:.u decoke di; skraphiss 


pctites ligcs feuillues qui sc delachaicnl sur le fond profondement recreuse 
du medaillon . 

Le mol z y t o ; n’esl pas ici, comme on l’a dit, le debut du Trisagion — 
zy.o; o Osi.;. ay<o; tT/opi;, ayto; zOzvzto?. IIey^ov vju.z? — mais, comme le montre 
le mot -zSz i'v, "rave sur le chapileau suivant, le debut de l'Kpinikion — 
«Y t0 > «Y 10 ? Kzs'o; XzSzwQ, ttAv,!’/,:; o oj'pzvo; stsci y yc, '?'?,? SSS'f,; too ' wizvvi 

sv to:; riiTTos;... — ou d'Isaie, 6 , 3, qui en est la source ; ce second texte n est 
pas moins frequent que le premier dans les inscriptions architecloniques [cf., 
par exemplc, Princeton university archaeological expedition to Syria , divi¬ 
sion 111, section I), part 1, p. 23, n° 839 (= liyzantinische Zeitschrifl, XIV, 
1903, p. 33, n° 32); p. 35, n° 895]. 


S. Keinath, tail., n“ ii't'.l; - Joubin, Sculpt, ijr. el rom., n° 1X3; —D. Pulglier, 
Les ancicntmk ei/lises hijzantir.es de fUmslantinople , 18x0, pi. XIV, fig. 2 ; lexle, p. 20 ; 
— .1. Slrzvgowslsi, . 1 1hrniselle Miltheilungen, XIV, 1KX9, p. 2X1; — Oil . Diehl, 
Manuel d'art Lyzanlin, 1910, p. 1.10 ; lig. 20X, p. DU ; — L. Brehier, Etudes sur 
I'hisloire de la sculpture hyzanline (Archives <les missions, nouvelle serie, 1911, 
fasc. 3 , p. 19-20 :il>-3(j ; pi. II, fig. 3; — J. Bbersolt et A. Thiers, Les eylises 
byzanlines dc Constantinople, 1913, p. 131, note 1. 


Photographic a” 482. 


747 (926) Chapiteau decore de sdraphins. 


Constantinople; trouve au m6me endroit et dans les memos circonstanccs quo le procc 
dent. 


Marbrc blanc & gros grains crista Hills ; les deux angles anlcrieurs et Tangle postericur 
gauche, latete de tous les seraphins sont brises; manquent plusieursde leurs mains ouvertes 
et Tailette du pied droit du scraphin dc Tangle postericur droit; il ne reste rien de la decora¬ 
tion ties cabochons; erosions sur Taeanthe et sur le tore inferieur (face posterieure ; la 


partie antcrieure gauche est rajustoe (quelques res- 
tauralions en platrc au joint); trois morlaises rec- 
tangulaircs sur la face superieure ; Iron de scellc- 
ment avec canal de coulee sur la face infcricurc ; 
feuillage travaille au trepan: hauteur, 0"' 35 ; cote 
dc Tabaque, 0 m 455 ; diametre, 0“'2 l J5; lettres dc 
0-038. 


Meme forme et mime decoration que le 
chapiteau precedent; le tore inferieur, con¬ 



serve sur cet exemplaire, est decore de sillons irreguliers, interrompus, au 
milieu de chaque face, par deux cercles tangents dans chacun desquels est 
inscrite une croix ; les stiraphins des angles soul d'un type analogue; cepen- 

33 



:;i6 N° 748 — CHAPITEAU A DECORATION FIGUREE 

dant la paire de mains inferieure n'est pas posee a plat sur les ailes, mais 
ouverte sur le cotedu corps, la paume en avant; les pieds sont nus et munis 
d’ailettes ; un « ceil » est grave au dessus de la cheville et sur le cou de pied; la 
tranche de l’abaque est ornee, sur les faces anterieure et posterieure, d’un car¬ 
touche a queue d’aronde qui, sur la premiere, porte l’inscription -J- Sa6av>, et 
une feuille de lierre dans la queue d’aronde de droite; — cf. ci-dessus, 
p. 544-545. 

S. Reinach, Cat., n° 554 ['! « h., 0 m 42; chapiteau byzantia ornd de feuillage et 
d’une figure a chaque angle »] ; — Joubin, Sculpt, gr. el rom., n° 184; — cf. en 
outre la bibliographie citee au n° precedent. 

Photographie n" 1982. 


748 (599) Chapiteau k decoration figurde. 


Moudania ; trouve en 1885 ; offert au music imperial par Nasmy bey en aout 1895. 


Marbre gris bleu 4 gros grains cristallins; manque la partie inferieure de la t,6te de 
droite, qui itait rapporlee sans tenon (probablement 4 la suite d'un accident); Tangle 
anterieur gauche de l’abaque est brise ; quelques feuilles mutilees ou erodees; sur la face 
antdrieure, on a fait usage du trepan en laissant substituer de minces tenons de marbre 
entre les dentelures des feuilles ; hauteur, 0 m 60 ; cote de l’abaque, 0” 83 ; diamitre, envi¬ 
ron 0 m 58. 


Le chapiteau a, dans sa partie anterieure, le profil d'un chapiteau corbeille 
convexe, dans sa partie posterieure, le profil concave et evase d’un chapiteau 
corinthien; ces deux parties sont separees par un bandeau de marbre saillant 
et simplement epannele, qui descend verticalement au milieu et sur toute la 
hauteur des faces laterales; on a suppose (J. Strzygowski, Jahrbuch der hgl. 
preuszischen Kunstsammlungen, XIV, 1893, p. 73) que cette disposition etait 
destinee a faciliter le levage et le montage du chapiteau; en reality, elle a 
pour objet de fournir une surface de joint contre laquelle portait soit un 
membre d’architecture, tel l’arc d’une baie geminee, soit une piece de 
charpente, montant de porte en bois ou en fer ; on en peut voir des exemples 
in situ a l’etage de Sainte-Sophie, au rez-de-chaussee des Saints-Serge et 
Bacchus (Kutchuk Aya Sophia) — exemple tres caracteristique ou, au bandeau 
du chapiteau, correspond, sur toute la hauteur de la colonne, une plate-bande 
en legere saillie sur le fut — et dans plusieurs autres eglises de Constanti¬ 
nople ; cet appareil est d’ailleurs tres frequent et l’on en trouvera ici-meme 
plusieurs specimens (cf. n os 745, 755, 1206, 1234); parfois, il semble n’avoir 



N n 7W - UIAPITKAI' A DKCOIUTION Kll.l l!KK 


pas ele utilise, par exemple dans les cilernes, ou il n’esl pas rare cf. 
P. Forchheimer et J. Strzvgowski, Die hyz.inlinischen W asserhehaelter von 
Kuna l:i n lino pel, p. 62-63, fig’. 3 ; p. 76-77. fig. 4) ; sur un chapileau acquis 
recemment par le musee de Berlin, une croix est sculptee sur le bandeau qui, 
d.ms ce cas, ne semble plus avoir d autre objet que de renforcer l’ensemble 
(O. Wulir, Amlliche Berichte xus den kgl. Kunstsammlungen, XXXIII, 1912, 
col. 99-100, fig. 53), 

L’arete inferieure du chapileau est ornee d'un tore reeouvert de feuilles 
trilobees, posees alternativement la pointe en haut et en bas; elles sont 
cerates d’un medaillon forme par l’entrelacement des deux pedoncules — qui 
naissent a la base de chacune d’elles et se redressent ou s’abaissent vers la 
base des deux feuilles voisines 
— avec une tige continue qui 
ondule regulierement en etant 
tangente & la pointe de chaque 
feuille; les angles sont occu¬ 
py par deux tetes colossales, 
representant sans doute Okea- 
nos, sous un type qui tient a 
la fois du salyre et du dieu 
marin : front ride, arcade 
sourciliere relevee, racine du 
nez accusee par un pli transversal de la peau, large arete, narines epatees, 
levres epaisses, l’iris indique par un cercle et creuse d’une cavite circulaire ; 
les cheveux, les sourcils, les moustaches, la barbe sont formes de feuillages 
qui s'etalenl largement soit sur le visage et le front, soil sur le fond tout aulour 
de latete; au milieu de la face, est placee une corne d'abondance ii recipient 
cotele et decore d’une feuille d'acanthe ; une grappe de raisins, une feuille 
de platane, un epi, une gousse pendent de l’orifice sur lequel sont poses trois 
gros fruits ronds (celui du milieu orne d’une petite feuillei qui forment 
bossage au centre de l’abaque (profile haut et bas par un listeli; — au revers, 
la corbeille est tout entiere recouverle par deux rangs d’acanthe molle; 
volutes sous les angles de l’abaque qui porte un bossage en son milieu ; le tra¬ 
vail est restc sommaire. 

Le type du masque feuillu remonte aussi haut que les origines du theatre 
(cf. O. Navarre, dans Saglio-Pottier, Dictionnaire des antiquites, IV, 1, s. v° 
persona , p. i()6i; on sail la faveur que ce motif trouva dans la decoration 
hellenistique d’ou il est passe dans la decoration pompeienne ; applique 
d’abord au salyre, il est transports ensuite a Okeanos (cf. Clarac-Reinach, 
Repertoire de la slatuaire , I, pi. 207 ; pi. 170, 74 ; rapprocher le busle du 
Vatican. M. Gollignon, llistoire de la sculpture grecque, II, p. 3S9, fig. 306); 




518 N° *49 — CHAPITEAU A DECORATION FIGLREE 

dans la sculpture depoque romaine, citons deux autres fragments du Vatican (\Y. 
Amelung, Die Sculpturen des vaticanischen Museums , I, museo Chiaramonti, 
n os 427 et 430, pi. 62), une tete de Bacchus trouvee a Ostie (Saglio-Poltier, 
Dictionnaire des antiquites , I, 1, p. 623, fig. 701), un hermes double trouve 
a Nemi en 1885 et ou I on a voulu reconnaitre le rex nemorensis (Granger, 
Classical rewieiv, XXI, 1907, p. 193-197,2 fig.), les tympans lateraux d’un 
sarcophage du Louvre representant Diane et Acteon (Clarac-Reinach, l.l.., 
pi. 113), un masque de bronze trouve en 1905 a Aphrodisias (Comptes rendus 
de VAcademie des inscriptions , 1906, p. 178), et surtout le grand masque de 
la frise du temple de Bacchus a Baalbek (O. Puchstein et Th. von Luepke, 
Ba’alhek, 30 Ansichlen der deutschen Ausgrahungen , 1905, pi. XXIV); pour 
les mosai'ques, ou le type est tres frequent, cf. les references ap. P. Gauckler, 
dans Saglio-Pottier, l. L, III, 2, s. v° niusivum opus, p. 2115, et fig. 5251, 
p. 2116 (ajoutez le beau specimen qu’olfre, aux angles du cadre, la mosai'que 
exposee au milieu de notre salle ; cf. t. Ill, n° 1306); le motif a d’ailleurs 
passe dans Part industriel (cf. une lampe du musee de Dresde, Jahrhuch 
des archaeologischen Instiluls, IV, 1889, archaeologischer Anzeiger, p. 169, 
fig.), et il a obtenu, dans tout Part decoratif de la Renaissance, un succes qui 
se continue encore aujourd’hui (cf. M. Meurer, Vergleichende Formenlehre 
des Ornaments und der Pflanze, p. 423, fig. 7; 536, fig. 18 ; F. Sales Meyer, 
Handhuch der Ornamenlik , 6 e ed., 1898, p. 109 sq., pi. 62-64). 

Le chapiteau de Moudania nous parait dater du vi e siecle, et peut passer 
pour Pun des chefs-d’ueuvre de la sculpture decorative de cette epoque; par la 
vigueuretla franchise avec lesquelles y est traitee la tete humaine (et malgre 
les differences de technique), il est digne d’etre compare aux plus beaux mas- 
carons qu’a produits Part frangais au xvi e et au xvn e siecle. 


L. Brehier, Eludes sur I'histoire de la sculpture byzanline (Archives des missions, 
nouvelle serie, 1911, fasc. 3), p. 16 [32]. 


Photographie n" 729. 


749 (2253) Chapiteau a decoration figuree. 


Provenance et date d’entree inconnues. 


Marbre bleute 4 gros grains cristallins; quelques erosions sur les tetes (tous les nez briscs 
ou endommages); les angles legferement mutilds ; trou de scellement sur la face inferieure ; 
les dentelures du feuillage sont executies avec l’aide du trepan ; hauteur, 0” 38 ; cote de 
l’abaque, 0" 52a ; diam£tre, 0” 33. 

Chapiteau cubique ; il est decore, sur le tore inferieur, de feuilles allongees 



N° 7.">0 


CHAPITEAU A DKttiRATION AMMAI.R 


19 


(laurier lj, placees symetriquement de part et d'autre d’une tige horizontale 
continue, sur la tranche de l’abaque, d’un rinceau stvlise entre deux lislels; au 
milieu de chaque face, est placee une 
tele de type satyrique; la racine du 
ncz est accusee par une depression pro- 
fonde, les levres sont epaisses et proe- 
minentes, les yeux allonges, l’iris lege- 
rement saillant, cerne d’un cercle incise 
et creuse d’une faible cavite, le regard 
convergent; le front n’est pas indique, 
mais les sourcils sont formes de feuilles 
d’acnnthe dont les unes se dressent comme des cornes au dessus de la tele et 
dont les autres, se developpant largement sur les cotes, remplissent toute la 
partie superieure du fond; les moustaches et la barbe, traitees de meme, en 
garnissent la partie inferieure — bon travail decoratif du vi‘‘ siecle ; cf. le cha- 
piteau precedent. 

Photographic n” 1715. 



750 (2404) Chapiteau corinthien h decoration animale. 


Constantinople ; trouvr cn crcusant les fondations d’une maison dans la petite rue, pcr- 
pendiculairc a l’axc dc l'hippodrome, qui debouchc A I'exlremile sud de la place de l’At 
meidan ; entre au niusee en mars 1911. 


Marbre bleule A jiros grains cristallins ; l'une des faces a bcaucoup plus soulTert quo 
l’antre : les angles de I'nhaquc y sont abaltus, la tote et l'encolure des chevaux brisAes; sur 
1'autre, il lie manque que le muscau des chevaux ; tons les bossages sont cmportes; plusicurs 
des ailcs cassiies A la courbure; la partie retombante de toutcs les feuilles d'acanlhcesl 
nnitilce ; le marbre, en certaines parlies, a conserve intact l'eclat bleute qu'il avait en 
sortant de l'atelicr; par ailleurs, il est reconvert d'une legere couclic de concretions cal- 
caires ; Iron de sccllcment sur la face inferieure : hauteur, 0 m 52; cote de l'abaque, 0 m 7C5 ; 
diamAlrc, 0 a 15. 


A la base, petite corbeille qui nait directement sur l’arele inferieure, formee 
d’un rang unique de huit feuilles retombantes d’acanthe molle (l'extremite 
de la feuille revenait toucher la nervure mediane un peu au dessous de l’en- 
droit oft commence la courbure, comme le prouve le petit tenon que toutes 
out conserve a cet endroil) ; au dessus des quatre feuilles correspondant aux 
angles du chapiteau, surgit une protome de cheval aile, a crinidre courte, sans 
jambes; la tele aux oreilies dressccs, avecdeux touffesde poils releves en llamme, 
vienl se placer cxactement sous les angles Ires saillants de l'abaque ; les ailes, 



550 


N° 7-10 - (MAPITHAU A DECORATION AN1MALK 


recourbees a leur extremite, se deploient symetriquement, formant motif sta¬ 
les quatre faces et debordanl sur la tranche de l’abaque, oil elles encadrent le 

bossage plac6 en son mi¬ 
lieu ; de ce bossage, il ne 
subsiste quelques traces 
que sur la face comprise 
entre les deux protomes 
bien conservees: ony voit 
les restes de ce qui semble 
avoir ete une chevelure 
humaine ou une crinifere 
de lion ; l’abaque, que mo¬ 
tive haut et bas un listel 
divise par un sillon rnolle- 
ment incise, est orne d'oves separes Fun de l'aulre par un dard en forme de 
pointe de fleche; le fut du chapileau, qui apparait nu immediatement au des- 
sous de l’abaque, est lui-meme profile par un double listel d'un travail 
extremement mou. 

Comparez, a Fepoque romaine, le chapiteau des propylees d’Fleusis 
(M. Meurer, Vergleichende Formenlehre des Ornaments und der Pflanze , 
p. 423, fig. 5), et le chapileau de pilastre du temple de Mars ultor a Rome 
(F. Sales Meyer, llandhuch der Ornamenlik, 6 e ed., pi. 132, 8); du temps de 
la Renaissance, un beau specimen publie parM. Meurer, l. /., p. 424, fig. 9; 
a Fepoque by/.anline, nous ne connaissons pas d’autre exemple du cheval aile ; 
assez frequent est au contraire, dans le meme emploi, le motif equivalent du 
griffon [cf. les exemples cites par M. L. Brehier, Eludes sur I’histoire de la 
sculpture byzanline (Archives des missions , nouvelle serie, 1911, fasc. 3), 
p. 21 sq. ; pi. Ill, fig. 2; ajoutez plusieurs exemplaires a Parenzo, W. A. Neu¬ 
mann, Der Dom von Parenzo, pi. 24, 26, 28, 36; a Salone, Cabrol, Diclion- 
naire d'archeologie chretienne el de liturcjie , fasc-. XXV, s. v u chapileau, 
col. 439, fig. 2487], 

Interessant par la belle simplicite, par la noblesse et Fingeniosite du parti 
decoratif, ce chapiteau l’est egalement comme morceau de sculpture ; les 
protomes de chevaux, chez qui la verite anatomique est, il est vrai, un peu 
sacrifice aux exigences decoratives, n en sont pas moins traitees avec un sen¬ 
timent plastique remarquable ; le modele, a la fois vigoureux et enveloppe, 
y a ce meme caractere que nous retrouvons dans nos reliefs n os 671 et 1328, et 
dont nous avons deja signale 1 analogie avec les moulurations du vi e siecle ; 
1 acanthe a la forme attestee a Constantinople ineme par un grand nombre de 
chapiteaux de cette epoque (cf. nos n os 1214 sq.); les oves de Fabaque sont du 
type qu’on retrouve sur Fentablement de Kutchuk Aya Sophia. 




N° 751 - PETIT CHAPITEAU A DECORATION AMMALE 


531 

Th. M.'irrirly bey, Jahrhuch da archaeologischen Instiluts, XXVII, Hi 12, archT'o- 
lorjischnr Anzeigcr, col. 586-587, n° 19. 

Photographic n“ 203a. 


751 (924) Petit chapiteau cl decoration animale. 


Constantinople ; la date d’entree n’est pas connue. 

Marbre blanc A petits grains cristallins; l'une des faces est rabattue et relailtee; les 
angles sont mutilcs; les tetes des oiseaux manquent ou sont endommagees ; toutes les 
pattes, sauf une, sont brisees ; la mortaise, crcusde au centre des faces inf£rieure et supe- 
rieure, a conserve son goujon defer etle plomb du scellemenl; la decoration v£g6tale, les 
yeux dcs oiseaux sont travaillcs au trepan. 

Les traces de couleur blcue sont modernes. 

Hauteur, 0“ 185 ; c6t<5 de l’abaque, 0" 21 ; diaraitre, 0" 12. 

Petit chapiteau cubique; a la partie inf^rieure, tore en c&ble strie ; sur les 
tranches de l’abaque, petites palmettes ; chaque face est decoree de deux 
colombes adossees l’une a l’autre, le corps de profil vers l’exterieur, la tele de 
face; sur le fond, entre les oiseaux, une feuille 
a cinq lobes aigus, travaillee a jour et cernee 
d’une tige vegetale qui dessine un medaillon 
en forme de cceur, la pointe tournee en bas ; 
une pomme de pin Ires allongee, portee sur un 
long pedoncule torse, est posee sur les aretes et 
en occupe toute la hauteur ; comparez (dans des 
dimensions tres superieures) les eelebres cha- 
piteaux du narthex de Saint-Marc, et surtout le 
chapiteau de Trebizonde decrit Bulletin de eorrespondance hellenique , XIX, 
1895, p. 519-520 [ibid., fig. 2, le chapiteau de Venise ; mieux ap. Ongania, 
La basilica di S. Marco, pi. 192 A\ et L. Brehier, Etudes sur I histoire de 
la sculpture byzantine ( Archives des missions, nouvelle serie, 1911, fasc. 
pi. VI] ; — joli travail decoratif du vi e siecle. 





S. Reinach, Cat., n° 5i5; —Joubin, Sculpt, gr. et roni., n° 185. 


Photographic n“ 1721. 



552 


rf° "S3 — CHAPITEAU CUBIQUE 


752 (943) Chapiteau corbeille. 

Constantinople; la date d'enlree est inconnue. 

Marbre blanc; t’interieur a etc pride pour servir de mortier ; angle anlerieur droit brisd ; 
les lettres des monogrammes erodees : concretions calcaires sur le tore ; trou de scelle- 
ment sur la face inferieure ; hauteur, 0™ 34; cole de l’abaque, 0” 43 ; diamdtre, O^OS. 

Toute la surface est couverte par les 
zigzags horizontaux que decrivent huit 
listels en lignes brisees et paralleles; la 
tranche de l’abaque, sans saillie, et le lore 
inferieur sont decores d'une suite de 
feuilles de lierre sans pedoncule, placees 
horizontalement et d’un type unique, mais 
se developpant, haul et has, dans une di¬ 
rection inverse ; — sur la face principale et 
sur la face posterieure, sont inscrits, dans un medaillon circulaire, deux mono¬ 
grammes disposes aux quatre bras d’une croix et qui se resolvent : 

Ivjpii (3ozj0si | ©£OS(i>p<p TtaTplVltti). 

Cf. un chapiteau decore de meme (sans monogramme), provenant des 
environs du Vieux Serail et aujourd’hui a Berlin (0. W’ullf, Beschreihung der 
Bildwerke der christlichen Epochen, III, 1, n° 168, ou Ton trouvera d’autres 
references); — vi 1 ' siecle ap. J.-C. 



Joubin, Sculpt gr. el mm., n° 188; — mentionne par G. Millet dans YWsloire de 
Yart, publiee sous la direction de A. Michel, I, 1, 1905, p. 135. 

Photographic n" 938, 4 droite. 


753 (2751) Chapiteau cubique. 


Provenance et date d'enlree incon- 
nues. 


Marbre bleutc 4 gros grains cristal- 
lins ; les aretes ont ete abattues pour 
ramener la corbeille a une forme a 
peu pres circulaire et la face supe- 
rieure profondement recreusee pour 
en faireun mortier; troude scellement 
sur la face inferieure ; hauteur, 0™ 2i; 
cote de I'abaque, 0 m 435 ; diametre. 
0 “ 213 . 





X° - CHAPITEAI" d’h^RACLILS .'(53 

Lcs quatre faces du chnpiteau, encadrees d’un bandeau lisse double inte- 
rieurement d’une baguette, sont decorees chacune d’un medaillon circulaire 
dans lequel sontinscrits aux quaLre bras d'une croix des monogrammes qui se 
resolvent : 

Kjpis | | KwvTTavTivM | . 

vi 6 siecle ap. J.-C. 

Photographies n°* 1988, 1762 avec le chapitcau n° 755 . 


754 (1211) Ghapiteau imposte. 


Constantinople, Alty Mermer ; entre au musee en 1903. 

Marbre blanc veine dc noir, A pros grains cristallins ; angles dc l'abaque et tore infArieur 
mutilcs ; la face infArieure, trAs attaquee, porte un trou de scellement; une mortaise rec- 
tangulairc est crensAe sur la cornc gauche dc la face laterale gauche; hauteur, 0" 2»; lar- 
geur, 0” 51 ; Apaisscur, 0 n, 3l ; diamelre, environ 0 m 23. 

Chapitcau cubique ; abaque lisse ; tore strie sur l'arete inferieure ; la meme 
decoration se repete sur les 
quatre faces : de deux cornes 
d’abondance croisees, sortent 
des feuillesd’acanthedontdeux 
se recourbent symetriquement 
de maniere 4 former, entre les 
deux recipients, une sorte de 
palmette renversee; aux angles 
inferieurs, une petite corbeille 
d’acanthe donne naissance a une tige posee exactement sur l’arete et terminee 
sous l'abaque par une pomme de pin ; — vf siecle ap. J.-C. 

Photographies n°" 936, A droile (face'. 600 (vue prise sur un angle). 



755 (942) Ghapiteau au nom de l’empereur HSraclius. 

Constantinople; trouvA, d'aprAs C. G. Curtis, dans I’enceinlc du Seraskcrat; la dale 
d'enlrAc n'esl pas connuc. 


Marbre legArenient hleute A pros grains cristallins; les deux angles antericurs de l’abaque 
etl’angle poslerieur droit sont rabattus ; quclques erosions sur le tore inferieur; le trepan 




N° 7aii - CHAPITEAU d’hISrACLU’S 


n’a etc employe que pour le travail de diigrossissage; on en peut bien juger au rovers oi'i 
les ligncs de separation des feuilles de la corbeille et le contour des volutes sont prepares 
par unc suite de petiles cavites creusees avec l’instrument; hauteur, 0" 525 ; cotA de 
l'abaque, environ 0”75; diamAtre inferieur, environ O'” 46 ; lettres mal gravees de 0“015 A 
0 “ 02 . 

Sur le bandeau saillant de la face laterale gauche, est gravee la marque d’appa- 
reillage g. 


Le chapiteau a, dans sa partie anterieure, un profil legerement concave et, 
dans sa partie posterieure, un profd de doucine attenue; ces deux parties sont 
separees par un bandeau de marbre saillant et fruste qui descend verticalement 
au milieu des faces laterales et regne sur loule leur hauteur (cf. plus haul, 
n° 748, p. 546); — la corbeille est decoree, au milieu de la face anterieure, de 
deux cornes d’abondance croisees, dont le recipient cannele el sortant d’un 
cornet d’acanlhe laisse echapper trois gros fruits ronds ; enlre elles, une cou- 
ronne slriee semble pendre, par un court tenon, d’un cartouche encadre d’un 
cable, simple en bas, double sur les cotes et, a ce qu’il semble, ravale en haul 
pour laisser place a l'inscription (voyez le texte ci-dessous); de chaque cote, 

sortant du bandeau fruste, une corne 
semblable est croisee sous une autre 
j , s jr- g| dont on ne voit que 1’extremite infe- 

r'jt ,/■ jfc'Zyip i rieure (mutilee sur la face laterale 

***% jjij ~~ ^roite) > Jes vides sont remplis, de part 

• Tf' et d'autre des angles saillanls de l’a- 

v baque, au dessus des fruits qui sortent 

des cornes, par un motif vegetal, en 
'’V £j\ partie travaille a jour, forme d’une 

sorte de palmette composee d’un petit 
fruit autour duquel s’incurvent des 
feuilles finement decoupees, et, au bas de la corbeille, par une feuille d’acan- 
the eollee au fond ; au dessus de cette feuille, prend naissance un pedoncule 
de section rectangulaire, qui porte a son sommet plusieurs grandes corolles, 
aux bords denteles, inserees les unes dans les autres et formant motif sous 
les angles de 1 abaque — non pas, comme le dit M. Strzygowski, les resles de 
tetes d animaux, mais un motif vegetal, peul-etre l’imitation decorative d’un 
arlichaut (cf. les chapiteaux de Saint-Marc, ap. Ongania, La basilica ili S. 
Marco , pi. 26 a gauche; 59, n° 91; 60, n° 93) ; — la tranche de l’abaque est 
ornee d une tige d olivier aux feuilles regulierement disposees ; elle porte au 
milieu un bossage orne de quelques feuilles du meme type, sommairement 
trailees, et, en avant, d un medaillon ovale qui rappelle celui des couronnes 
imperiales; le tore inferieur est decore d’oves combines avec des feuilles 
tridenlees qui tiennent lieu a la fois de coquille et de dard. 



N° 75l’i - CHAPITEAU A DECORATION FIOUREE 


La moitie poslerieure est sommairement travaillee sur los faces laterales. 
inachevee ou frusle au dela ; toule la corbeille y derail elre couverte de 
hautes feuilles composees qui, sur le revers meme, sont restees a Fetal de 
feuilles simples, avec des contours non decoupes encore, et sont separecs par 
une ligne de pelits Irous, crcuses au trepan et donl les cloisons n'ont pas ele 
ravalees ; enlre les volutes qui s’enroulent sous les angles, se developpe un 
kymation d’oves ; le lore inferieur est decore du meme motif d'olivier (incom- 
pletement execute) que la tranche de l’abaque sur la face principale. 

L’inscription se lit : 

•j* O (-) so); xiov ivi lc,)v £cy)(0)i 'Hpay./.iw -t~> i-zr.zzr,. 

Annees 610-Gil; — cf. un chapiteau de Tchenghel keui (Bosphore), aujour- 
d’hui k Berlin 0. AVulff, l. infra n° 173); on pourra comparer aussi — 
travail byzantin ou imitation seldjoukide d’un chapiteau de ce style ? — celui 
qui est conserve dans la cour de la Tach medresse d'Ak chehir r photographies 
Berggren (Constantinople), n° 85]. 


Joubin, Sculpt, rjr. cl rom., n° 187; — C. G. Curtis, Broken bite of Byzantium, 
s. d., part II, fig. 37 et 38; '0 sv Kovuiovovoa-oln sXXy.vixo: jAoAoysxo? 
S'jXXoyo;, r.azi^'xoL du t. i' 7 ', 1885, p. 27, n» p 6 ' 102,; — J. Strzygowski, Jahrbucb 
der kgl. preuszischcn Kunslsammlungen, XIV, 1893, p. 73-75 ; fig. 3, p. ,3; 

O. WullT, Die Koimesiskirche in Nicaea (.Zur Kunslgeschichte des Auslandes, XIII , 
1903, p. 172, note 3 ; Kgl. Musecnzu Berlin, Beschreibung der Bildwerke der christ- 
liche’n Epochen, III, 1, 1909, Allehristlicbe Bildwerke, au n° 173, p. 59; — O.-M. 
Dalton, Byzantine art and archaeology, 191! , p. 157 et 172 ; — E. llerzfeld, Islam, 
I, 1910, p. 137, note 1. 

Photographies n“ 1762 (face), 730 (,trois quarts A droite). 


756 (2291) Chapiteau iraposte & decoration figurde. 


Provenance et date d’entree inconnues. 


Nlarbre blanc A gros grains erislallins; rovers frusle; quclqucs eassures aux aretes; 
ninnquent la jambe relevee des IVmmcs et la tele des colombes; la tele du sphinx, sur la 
fucc "auche est mulilee ; trou de scellcment surle joint des deux eolonnes; hauteur, 0“31; 
largcur en haul, 0"j6; epuisseur enliaut, 0" 105; diamAtre des eolonnes. environ 0™I6. 


Chapiteau cubique porte sur deux eolonnes donl le joint est accuse par un 
petit tore strid ; Fabaque 11 ’est indique que par un bandeau lisse, de faible 
saillie, surlequel debordent les figures ; — sur la face antericure, deux femmes 
nues, au corps dill'orme et llasque, aux tOtes disproportionnees, s eloiguent 



55G 


N° 7MG — CHAPITEAU A DECORATION FIGUR1CE 


Tune de l’autre dans une attitude symetrique, tenant entreelles un grand vase 
a pied dans l'interieur duquel on apereoit deux colombes qui semblenl couver 
des ccufs (indiques par de legeres incisions sur le bord anterieur) ; de l’autre 
main (celle qui est placee du cote exlerieur), chacune d’elles porte un petit vase 
pansu; toutes deux ont les jambes de profit et relevent tres haut le pied qui 
est en arriere; celle de gauche se presente de dos, mais son visage est lout 
entier visible et tourne legerement k droite, tout comme si le corps etait de 

face ; l’autre se 
montre de face et 
tourne la tete a 
gauche ; elles ont 
de longs cheveux 
quileur descendenl 
sur lesepaules; une 
draperie, relevee 
sur la tete qu’elle 
en cadre comme 
d’un cpais bourre- 

let, relombe et flotte devant un bras et derriere l’autre. — Sur les faces late- 
rales, un sphinx a tete de femme et corps de lion est accroupi sur son arriere- 
Irain et tourne de profil vers la face anlerieure, celui de gauche la tete de face, 
l'autre de trois quarts a gauche ; la queue, ramenee entre les patles, remonte 
sur le corps et se termine sous l’abaque par une louffe bicn fournie. 

La representation de la face anterieure, dont il n'y a pas d aulre exemple, 
croyons-nous, dans l’art byzanlin, doit peul-etre s’expliquer par une influence 
copte; voyezen particulier le relief du Caire, J. Strzygowski, Koptische Kunst, 
n° 7278, p. '21 ; cf. n os 7279, 7289 sq., et, sur les tendances obscenes de l’art 
copte, Bulletin de la sociele archeoloc/ic/ued’Alexandrie, n" V (Ilellenistische 
und koptische Kunst in Alexandria), 1902, p. 42 sq. et p. 81; comparez la 
composition — d’ailleurs tres superieure — d’une soie copte d’Achmim, O. 
von Falcke, Kunslgeschichte der Seidenweherei , 1913, I, pi. a la p. 46, fig. 61; 
— vi°-vn e siecle (?). 

S. Reinach, Cat., n° 517. 



Photographic n° 1740. 



N® *37 — CHAPITEAU A DECOKAIION Ih.UREU 


.).! / 


757 Chapiteau d6cor6 de bustes de saints. 


Constantinople ; trouve duns la lerrasse du musee, en extravant des pierres pour la con¬ 
struction de l'ailc sud, enjoin 1905. 


Marbre blanc, veine de gris-noir; un angle brise; toutes les teles plus ou moins muti- 
lccs; un trou de scellement sur la face inferieurc et quatre sur la face superieure avec 
deux canaux de coulee aboutissant 4 la inortaise ccntrale ; hauteur, 0“3i5 : cote de la face 
superieure, O'" 32 ; de la face infirieure, 0 nl 10. 


Petit chapiteau cubique couronne en haul par un listel sans saillie, legere- 
ment concave, et sur lequel deborde le nimbe des figures ; chaque face est 
deconie d’un buste nimbe de saint guerrier; tous sont drapes de meme, dans 
une chlamyde lixee au dessous de l’epaule droile par une large agrafe ronde, 
couvrant le bras 
et la parlie gauche 
du buste, el lais- 
sanl voir, sur le 
hauldu brasdroit, 
la manche de la 
cuirasse, faite de 
deux rangs de la- 
melles : 1) le 

saint, jeune el imberbe, tient la lance de la main droite; la gauche est posee 
sur la poitrine, les doigts allonges, la paume deface; 2) sur le cote oppose, 
un saint barbu, avec la raeme arrae et dans la meme attitude ; 3 et 4) le saint, 
jeune et imberbe, a la main droite ouverle, dans la meme position que la 
main gauche des precedents, et tient, de la main gauche, le fourreau d une 
epee dont la poignee cruciforme repose sursa poitrine. 

Les chapiteaux a buste d’archange de Kahrie djamissi i A. Ruedell, Die 
Kahrie dschamisi in Conslantinopel , pi. 11 et 14, p. 9-10) paraissent plus 
recenls que celui-ci; le musee de Cluny possede un chapiteau qui, sauf 
quclques variantes insignifiantes, reproduit exaclement le type du notre (salle 
des thermes; s^elld immediatement a droite de l’escalier qui descend de la 
grande salle vilree ; l’une des faces est recouverte de motifs vegetaux) ; — xn 8 
siecle (?). 

L. Brehier, Eludes sur Vhistoire de In sculpture bijzantine ( Archives des missions, 
nouvelle sorie, 1011, fasc. 3), p. 22-2 ! [38-39], 

Photographies n- 935, 919, 4 gauche, 93S, A gauche, 936, a gauche. 




N° "u9 — CHAPITEAU A DECORATION AN1MALE 


i)Oo 

758 (940) Chapiteau ddcord d’un buste de saint. 


Provenance et date d'entree inconnues. 


Marbre Icgercrncnt bleute; la bouche et le menton de la figure sont informes ; erosions 
profondes sur le sommet du crAne, superficielles sur le reste du visage ; surface attaquee et 
noireie; la partie superieure des colonnettes (brisecs 4 la base meme du chapiteau) est 
taillee dans le meme bloc; la cassure ne prescnte pas traces de scellemcnts; hauteur, 
0 m 305 ; largeur, 0 m 275 ; epaisseur, 0 m 195 ; diamOlre des colonnettes, 0 m 075. 


Petit chapiteau imposte, porte sur deux colonnettes ; la convexite de la face 
anterieure etant beaucoup plus aceusee que celle de la face posterieure, l’axe 
des colonnettes se trouve en arriere de celui du chapiteau ; il est decore, sur 

le devant, d’un buste de saint nimbe, vetu d’une 
lunique, et tenant des deux mains un volumen 
deroule qui couvre toute la largeur de la poitrine; 
le visage est joufllu et semble jeune; les yeux 
sont legerement creuses ; les cheveux, ceints d’un 
diademe, tonibent de chaque cote de la lete en une 
masse qui va s’epaississant vers le bas et s’arrete 
au dessus des epaules ; sur les trois autres faces, 
palmettes d’acanlhe encadrees de feuilles lon¬ 
gues ; aux aretes, ces feuilles forment une sorte 
de gerbe nouee en son milieu, de laquelle sort, aux aretes posterieures seule- 
ment, une lige terminee par une porame de pin traitee dans la maniere decora¬ 
tive; l’abaque sans saillie, a peine indique sur la face principale, est, sur les 
faces laterales et au revers, decore d’un rang de petites palmettes sommaire- 
ment travaillees et comprises entre deux listels ; — xii E -xiu e siecle. 

Photograph ie n° 536. 



759 (1574) Chapiteau a decoration animate. 


Constantinople; trouve dans la lerrasse du musee, en extrayant des pierres pour la 
construction de l’aile sud, enjuin 1905. 


Marbre blanc cristallin ; angle anterieur droit rabattu; les trois autres mutiles ; toute la 
face laterale droite gravement attaquee, surtout dans sa partie superieure ; la tOte de la 
colombe de gauche est informe; celle de droite a le bee et le jabot brises ; trou de scelle- 
ment sur la face inferieure ; 1’ « ceil » des palmettes est creusc au trepan ; hauteur, 0“ 22; 
cote de l'abaque, 0 m 42; diametre, 0“25. 



N° 760 - CHAPITEAU A DECORATION l-ANTAS IlnrE 

Chapitcau cubique, baset trapu ; l'abaque, tres developpe par rapport a la 
corbeille, est decore d’un rang de palmcltes ou feuilles a trois poinles som- 
maircment Iraitees ; face principale : au 
milieu, une feuille de vigne ou de pla- 
tane, & cinq lobes; de part et d’autre, une 
colombe de profil vers Tangle, la tele re- 
tournee vers le centre; sur les faces lale- 
rales, une feuille d’acanthe entre deux 
demi-feuilles; aux quatre angles, une 
grande pomme de pin ; le revers est dresse, mais sans decoration ; — travail 
mediocre d’epoque tardive; xn e -xiii'' siecle. 

Photographie n“ 1985. 



760 (304) Chapiteau imposte double ct decoration fantastique. 


Provenance et date d’enlree inconnues. 


Marine blcute a gros grains crislallins ; cassure & I’angle posterieur gauche, au sommct 
de la courbure des ailes des lions ; Iron de scellement sur le joint des deux colonnes ; 
deux morlaises rectangulaircs, couservant une partie du plomb (modernes ou recemment 
relaill6cs ?), sur la face superieure; hauteur, 0 m 285 ; longueur, 0”89; cpaisseur, 0" 105 ; dia- 
metre des colonnes, environ 0” 23. 


C’est en realile un seul chapiteau imposte, porte sur deux colonnes ; en 
haut, l'abaque est conlinu et uniformement decore, sur la face principale et 

sur les cotes, de 
peliles palmelles 
de deux types diffe- 
renls ; la separa¬ 
tion des deux par¬ 
ties n'est accusee 
que par un leger 
evidement, creuse 

sur la face inferieure entre le lit de pose des deux colonnes; a chacune de ces 
colonnes, correspond sur le devant une tele de lion ou d'animal fantaslique 
de laquelle se detaclient deux ailes qui se rabatlent et se croisent au dessous 
d'elles comme les ailes d’un cherubin ; le fond, entre ces deux motifs et aux 
angles, est rempli par du feuillage ; les faces laterales sont entierement cou- 
vertes par une feuille d'acanlhe placee entre deux demi-feuilles ^le travail est 




500 N os 701-768 — HUIT PETITS CHAPITEAUX IMPOSTES 

plus pousse a droile qu'a gauche); le revers est dresse el profile niais sans 
decoration; — bon travail decoratif; xii e -xiii c siecle. 

S. Reinach, Cal., n° 548. 

Photographic n° 1772. 


761-768 (1233) Huit petits chapiteaux irapostes. 


Epivates, 2 lieures au nortl de Silivri, sur le bord de la mer; la premiere mention de ces 
chapiteaux setrouve dans une lettre de M. A. Slamoulis, de Silivri, datie du 9 janvierl872; 
ils etaienl alors « ev 7V/: f^iutcop-vtp t^apito Ivto; too <ppoej!ou, I’vOx ooirovrai zai v/yr\ 
€ixdv(ov »; J. II. Mordtmann ajoutc quelques renseignements : « innerhalb des Schlosses 
liegt die Ruine cincr byzantinischen Ivirch*, wclchc spaeter in eine Moschec — Fethi dja- 
missi — verwandelt vorden war. Die Moschee ist seit Jahren verfallen ; im Innern treten 
die christlichen Stuckmalereien untcr der Tuenche wieder liervor ; an der einen Wand 
ist ein Sarkophag eingemauert gewesen, oflenbar der des Gruenders, und dort standen vor 
Zeiten acht byzantinische Saeulen, welche auf den Capitaelen folgendc Monogramme tru- 
gen »; — entrds au musee en 1903 [ce n" de l’inventaire est ainsi redige : « seize chapi¬ 
teaux, dont huit portent des monogrammes ; (en marge) les huit autres au jardin]; cf. le n” 
771. 


Marbre legerement bleute u gros grains crislallins. 


Ces huit petits chapiteaux proviennent d’un meme ensemble architectural; 
six d entre eux (n° s /61-766) reproduisent la meme forme et la meme decora¬ 
tion, en plan, ils ont une forme de T; en elevation, ils s’^vasent un peu vers 
le haut, avec un profil lateral legerement concave; les angles anterieurs sont 
creuses d un redent dans lequel est reservee une arete saillante; le revers, 
soigneusement dresse, est evide aux angles de maniere a former un petit cube 
saillant de 0“ 08 environ, representant la haste verticale du T; la paroi des 
angles ainsi obtenus est plane; celle qui correspond a la base meme du T pre- 
sente un profil legerement concave, semblable a celui de la face anterieure, 
mais moins creuse ; la largeur de ce cube varie, selon les exemplaires, de 
103 a 0 111 145 , il n est pas loujours place exactemenl dans l’axe de la partie 
anterieure. Les n os /6/ et 768, symetriques entre eux, donnent en plan un 
angle droit ou demi T, evide a gauche au n° 767, a droite au n° 768; ils pre- 
sentent une face laterale fruste qui devait etre appuyee contre une paroi. 

Six de ces chapiteaux portent, sur leur face anterieure, un monogramme 
que deux tiges vegetales entourent comme une sorte de medaillon (au n° 767, 
cette tige n est pas sculptee a droite); le n° 765 comporte deux monogrammes, 
formant deux medaillons contigus; le huitieme, n° 768, est orne d’une croix 
cernee d une tige semblable, naissant de l’extremite du bras inferieur. 



.V' 761-708 — hut petit* uiaphealx impostes 


06 I 


761 : angle anlcrieur droit mutil6: face superieurc dre>scc 4 1 i/i'i avec mor¬ 
tal sc recta ngu la ire et canal dc coulee; face infericure dressee, avec goujon de fer ; faces late- 
ralc ct poslerieure soigneusement dressees ct polies: hauteur, 0"17; largeur, en haul. 
0 m 335; cn has, 0" 213 ; ipaisseur, en haut, 0" 213 et 0” 127; en Inis. 0 m 142 et 0” 09. 

Le monogramme se resout en ’A/.(£/•:.(’ . 



N° 762 : incomplet 5 gauche ; faces superieurc et infericure polies (on y voit encore les 
traits traces 4 la r&gle avec une pointe tres fine pour guider le travail du niarbrier); faces 
lateralcs et poslerieure soigneusement dressees et polies ; pas de trou de scellement sur la 
face superieurc; goujon de fer sur la face infericure ; depot de ciment sur la face anterieure; 
hauteur, 0™ 18; largeur maxima en haul, 0 m 28; largeur complete cn has, 0" 195; epaisseur, 
cnhaul, 0”J1 et 0 m 125; en bas, 0” 13 et 0 ,n 088. 


Meme monogramme. 



N" 763 : face superieure dressee a 1 avxOavxi'.;, avec mortaise rcctangulaire ct canal de 
coulee; face infericure piquee, avec goujon de fer; 
faces lateralcs et poslerieure soigneusement dressees 
et polies ; hauteur, 0"’ 16; largeur, en haul, 0 m 33; en 
bas, 0" 233; epaisseur, cn haut, 0 m 215 et 0"‘ 127 ; en 
bas, 0 nl I i ct 0 m 09. 


Le monogrammese resout en A7j(i)x(au)-/(:;' 1 ,' 


N>" 764 : faces superieurc ct infericure mutilOes ; tous les angles du haut brises ou arron- 
dis ; face superieurc polie, avec mortaise rcctangulaire et canal de coulee ; face inferieure 
dressee, avec mortaise encore remplie de plomb ; faces laterales et posterieure soigneuse¬ 
ment dressees ct polies ; hauteur, 0"’ 115; largeur, cn haut, 0 1 " 33 ; en bas, 0“ 23; epaisseur, 
cn haut, 0 m 215 et 0 m 12 ; en bas, 0 ra 11 et O^OD. 


Me me monogramme. 


N" 765 : face superieurc polic, avec mortaise rcctangulaire ct canal de coulee; face infe¬ 
ricure dressee a ravaOvymat;, avec mortaise encore remplie de plomb; faces laterales et post* 
lerieure soigneusement dressees et polies; quelques depots dc ciment; hauteur. 0" 168; 

36 



,\ os 701-708 — IIUIT PETITS CHAPITEAUX 1MPOSTES 




largeur, cn haut, 0 m > 325 ; cn bas, 0"* 224; epaisseur, en haut, 0 m 213 et 0“ 127 ; cn has, 0 n ' 127 
ct 0"’ 087. 



Deux monogrammes : 

a gauche, le nom d’’Aic(s)x(au)^(o?), 
a droite, son titre 7i(a)p(a)x(ci)p.(to)p.(i)v(ci;). 



X« 766 : face superieure en partie dressee a rivaOuirom, 
en partie polie, sans trou de scellement; face inferieure 
dressee, sauf vers la droite, reslee A l'etat d’epannelage, 
avec goujon de fer; faces lalcralcs et posterieure soi- 
gneusement dressees et polies ; hauteur, 0 m 166 A gauche 
et 0“ 175 A droite (A cause des inegalites de la face infe¬ 
rieure) ; largeur, en haut, 0“ 28 ; en bas, 0“ 203; epaisseur, 
en haut, 0“ 21 et 0 m 128; en bas, 0 m 136 et 0 m 092. 


Le monogramme se lit XTvjTcop. 


N° 767 : cassure 4 Tangle inferieur droit du revers et sur toute la moitie inferieure de la 
face laterale gauche; face superieure dressee 4 Tava0upcoai;, sans trou de scellement; face 
inferieure dpannelee, avec goujon de fer; faces laterale gauche et posterieure soigneusement 
dressees et polies ; face 
laterale droite fruste ; 
hauteur, 0®173; largeur 
en haut, 0® 245 el 0“ 155 
(en bas, les largeurs ne 
se laissent plus deter¬ 
miner) ; Epaisseur, en 
haut, 0 m 215 et 0 m 129 ; 
en bas, 0® 137 et 0 m 09. 



vyss*. 





Meme mono¬ 
gramme. 


plan sur la face 
superieure 


plan sur hi face 
inferieure 


coupe 


N° 768 : erosions sur Tarcte gauche de la face decoree ; face superieure dressee 4 
TavaOupwaic, sans trou de scellement; face inferieure piquee, avec goujon de fer; faces lale- 
rale droite et posterieure soigneusement dressees et polies ; face laterale gauche fruste et 
mutilee ; hauteur, 


0® 17 ; largeur, en haut, 
0® 245 et 0 m 148 ; en 
bas (approximative), 
0“ 20 et 0® 155 ; epais¬ 
seur, en haut, 0® 215 et 
0 m 126 ; en bas, 0® 145 
et 0 m 09. 


Une croix dans 
le medaillon. 




Z \'/s '// 
Y/.yfa';, 





plan sur la face 
superieure 



plan sur la face 
inferieure 



coupe 




N° 7r,!i 


PKTII I.IIAI’ITKAI: UOL'ISLK 


:>«»:{ 

MM. Slamoulis et J. II. Mordtmann avaient fait comiaitre encore deux cha- 
pitcaux de ce type, portantchacun un monograrame pourlequel iIs proposaient 
la resolution ’Iwswr,; OsoXoyo;, qui ne parait guere satisfaisanle ; M. G. Seure 
en a reeeminent publiedeux autres qui appartiennent a la collection Slamou¬ 
lis, a Silivri ( Bulletin de correspondance hellenique , XXXVI, 191:2, p. 572- 

Sur Alexios Apocauchos, par qui fut precisement construite la tour d'ltpi- 
vates d’ou proviennent ces chapileaux, cf. A. G. Paspatis, 0 ev IGovj-xvt!- 
vounoXei eXX-qvtxi; 91 X 0 X 071 x 0 ; XjXXoyo;, XII, 1877-78 iConstantinople, 
I879j, p. 33-34; A. Papadopoulos Kerameus, ibid., Tzxcxp-rf.u.* du t. XVII 
(Constantinople, 1886), p. 71 ; Nicephore Gregoras et Jean Cantacuzene, 
index, s. v° Apocauchus; voyez en particulier, Cantacuzene, I, 51, ed. Bonn, 
I, p. 258, 23 : « . ..xatTaXnrcljv ev S'qXuCpIx Ttapaxotuiop-evov tov ’A—ozz-yov » ; ce 
texte se rapporte a des evenements de l’annee 1327 ; — un autre Apocauchos, 
le due Georges, est menlionne, au siecle precedent, dans une inscription de 
Salonique (Bayet-Duchesne, Mission au mont Athos, n° 107). 

r O ev K<ovaiav t tvo v ieo'Xei eXXrjvcxo; 91 X 0 X 071 x 6 ; SoXXoyo;, VI, 1871-72 
(Constantinople, 1873), p. 243-246 (lettre de M. Anastase Stamoulis, lue a la seance 
du 17 janvier 1872); —J. II. Mordtniann, Archaeologisch-epigraphische Mitlheilun- 
gen aus UEsterreich-Ungarn, VIII, 1881, p. 211-212, n° 28; — Dumoul-lloniolle, 
Melanges d'archMogic et d'tpigraphie, 1892, p. 371, n° 62 1 . 

Photographic n° 1980 ( = chapileaux u"' 701, 703, 70s, 700 . 


769 (936) Petit chapiteau double. 


Provenance et date d'enlrde inconnucs. 


Marbre blanc A petits grains cristallins ; brist 1 4 la naissanee des colonnettes; quclques 
erosions sur les aretes; les yeux des volutes sont indiques par de petiles cavites circulates 
creusees au trepan; mortaise rectangulairc sur la face superieure ; hauteur, 0™ - 1, donl 
0” 01a pour les colonnettes ; largeur, 0 m 21 ; epaisseur, 0"105; hauteur de la zone supe¬ 
rieure, O'" 1 2 ; de la zone inferieure, 0” 07; diamAlre des colonnettes, 0 m 08. 


II surmontait deux petites colonnetles aecouplies, mais detachees l'une de 
l’autre sauf en un point, et tailleesau moins en partie dans le meme bloc que 
lui-meme ; il est divise en deux par un listel horizontal, decore, au milieu de 
la face anterieure, de trois petites cavites creusees au trepan : dans la zone 
inferieure, les deux chapiteaux, decores ehacun d’une palmette, sont distin- 
gues par une entaille angulaire ; la zone superieure forme comme un abaque 
continuou une imposle commune, sans saillie sur les chapileaux; elle est ornee, 



361 


N° 771 — PETIT CHAPITEAU A IIUIT PANS 


en avanl, d'une palmette comprise entre deux feuilles recourbees en volute, 
d’un dessin lourd et maladroit; sur les faces laterales, une meme palmette se 
repete haut et bas ; le revers est soigneusement dresse, mais sans decoration; 
un sillon horizontal y rappelle la separation des deux zones et une enlaille 
angulaire celle des deux chapiteaux; — travail rapide de basse dpoque. 

Joubin, Sculpt, gr. el rom., n° 181. 


770 (922) Petit chapiteau de pilastre. 


Provenance et date d’entree inconnues. 

Marbre blanc & grains serres et peu cristallins; revers dresse dans le haut, fruste dans le 
bas; 1’oeil des volutes est creuse au trepan ; trou de scellement dans la partie droite de la 
face superieure et (encore rempli dc plomb) sur la face infdrieure; hauteur, 0“ 15; Iargeur, 
sur la zone inferieure, 0 m 15; sur la zone supdrieure, 0- 17 ; dpaisseur, 0 m 07; hauteur de la 
zone supdrieure, 0“ 065; de la zone inferieure, 0 m 08. 

Petit chapiteau rectangulaire provenant sans doute d’une iconostase ou d’une 
autre construction iegere ; la face anterieure est divisee par un listel en deux 
zones inegales ; la zone inferieure, qui est la plus haute, est decoree d’une 
palmette a trois feuilles; les volutes, placees a la base de la palmette, se con- 
tinuent par une large tige aplatie qui se releve et se termine sous le listel par 
une autre volute; la zone superieure forme une sorle d’imposte, debordant 
tres legerement sur les faces laterales ; une palmette a trois pointes en rem- 
plit toute la Iargeur ; les petils cotes presentent : a droite, en haut, une feuille 
unique, en bas, un panneau rectangulaire ravale en son milieu;a gauche, vers 
l’arele anterieure, deux cercles superposes, creuses chacun d’une cavite au tre¬ 
pan, dans la partie opposee, une croix sommairement incisee; — travail rapide 
de basse epoque. 

Joubin, Sculpt, gr. et rom., n° 182. 


771 (1233) Petit chapiteau a huit pans. 


Silivri; cest probablement Tun des huit chapiteaux qui, d’aprds une note marginale de 
1'inventaire k ce n”, furent d’abord deposes au jardin (cf. aux n°‘ 761-768, inpr., p. 560) ; 
entre au musde en 1903. ' J 


Marbre bleute 4 gros grains cristallins ; quelques erosions sur l’arete supdrieure; trou de 
scellement sur la face infdrieure et sur la face superieure (celui-ci encore rempli de plomb); 
hauteur, 0" 145 (dont 0-028 pour la colonnette); Iargeur et epaisseur, 0“ 235 ; diamdlrc de 
la colonnette, 0-14. 



N° 773 - PETIT CHAPITEAI QI ADRUPLE 


I.e chapiteau, plactS sur une colonnette octogonale dont la parlie superieure 
est taillee dans le meme bloc, est rectangulaire sur l'abaque, mais, les angles 
de la corbeille etant recoupes par une section oblique qui leur substitue un 
petit pan trapezoidal, il devient, sur sa face inferieure, un octogone dont les 
cotes non adjacents sont egaux entre eux; les quatre faces principales sont 
ddcorees d’une palmette aux feuilles deployees horizontalement, les petits pans 
d’une palmette de petites feuilles disposees en cypres; — travail rapide; xiv c 
siecle If-. 

772 (1636) Petit chapiteau quadruple. 

Constantinople; trotive cn creusant les fondations de l'aile sud du musce, en novembre 
1906. 


Marbre blanc; parlie inferieure mulilee ; face superieure tres attaquee ; nombreuses ero¬ 
sions ; surface noircie cl tr6s us6e; un Iron de scellement sous cliaque chapiteau (I’un 
encore rempli de plomb); hauleur, 0 m 17 ; largeur, 0 m ‘21 j ; 6paisseur, 0“ 205 ; diametre des 
colonncltes, environ 0 m 07. 


Quatre petits chapiteaux en forme de pyramide renversee, dteores de feuilles 
d’acanthe, et accoles l’un a 1’autre sous un abaque commun; — travail rapide 
et tardif. 


773 (939) Petit chapiteau quadruple. 


Constantinople; aneien jardin botaniquc (enceinte du Vien\ Si-rail); entre au musce le 
:» dcccmbre 1891. 


Marbre blanc crislallin ; tris mutile; surface tics profondement attaquee, premie et noir¬ 
cie ; les chapiteaux anterieurs sont brisis au souimctdc la corbeille, les chapiteaux pos- 
terieues A la naissancc des colonnettes ; celles-ci paraissent avoir etc taillccs dans le meme 
bloc, la cassure lie prescntant pas traces de mortaiscs ; hauteur tolale, 0" 2.1; du chapiteau. 
O'" 133 ; larpeur et epaisseur, 0"' 19 ; diametre des colonnettes, 0"' 06. 


II est forme, comme le precedent, de quatre petits chapiteaux decores de 
feuilles d’acanthe et accoles l’un a l’autre sous uu abaque commun; sur 
l’abaque, est assise une figure extrememcnl mutiltJe, qui senible un homnie ou 
un enfant nu ; il ti’en reste que le scant et les cuisses; les jambes devaientetre 
pliees « en tailleur » ; — on no peutque rogretter l’elat miserable oil nous est 
parvenu ce monument, qui nous parait unique ; le motif a pu elre inspire par 
la c6lebrit6 des saints stylitcs. 



K° 771 — CADRAN SOLAIRE SPHlSRIQUE 


rsGG 

774 (702) Cadran solaire sph&ique. 


Selefkie, sandjac d’ltchel, vilayet d'Adana ; trouve par Nedim bey, oflieier de marine ; 
entrd au musec le 1" decembre 1894. 


Marbre blanc; sur la face laterale droite, mortaise profonde de 0“ 07, creusie sur la par- 
tie cvasee du socle circulaire et debordant sur le bloc parallelipipedique ; hauteur totale, 
0” 56; hauteur du bloc du cadran, 0™ 22; largeur (= grand cote du parallelogramme des 
faces anterieure et posterieure), 0” 55 ; epaisseur (= grand c6te du parallelogramme des 
faces laterales), 0“ 45; petit cole de ces parallelogrammes, 0” 245; ouverture du grand 
cadran, 0“ 43 ; du petit, 5 droite, 0™ 17 ; 5 gauche, 0 m 175; diam&tre des cadrans plans, 0“ 19. 


II comprend — le tout taille dans un seul bloc — une dalle epaisse de forme 
parallelipipedique, posee sur une base circulaire qui s’evase legerement vers 
le haut et s’y termine par un listel uni; un sillon trace a 0 m 06 du bas y 
reserve une sorte de socle; le cadran principal est creuse sur l’un des grands 

colds du parallelipipede ; les onze 
lignes horaires sont recoupees par 
deux arcs de cercle, qui determinent 
le segment dans lequel se ddplace 
l’ombre enlre les solstices ; les heu- 
res sont marquees de 1 & 12 (11 et 
12 = Aet B) ; le style etaitscelle sur 
la face superieure, soit horizontale- 
ment, comme parait l’indiquer la 
forme de la mortaise, soit avec un 
dispositif qui lui donnait une direc¬ 
tion parallele a la ligne des poles; 
au dessous de ce grand cadran, la 
base est entaillee par quatre gra- 
dins, dresses de telle maniere que leurs faces non horizonlales se trouvent dans 
des plans paralleles aux grands cotes du parallelipipede; — sur les petits 
cotes de la dalle, sont creuses deux petits cadrans sph^riques (cinq lignes 
horaires recoupees de deux arcs de cercle; le style comme ci-dessus) qui 
servaient en ete a donner, celui de droite, les heures anterieures a 6 heures 
du matin, celui de gauche, les heures posterieures a 6 heures du soir ; sans 
entrer dans des explications qui ne seraient pas ici a leur place, il est aise de 
voir que, par sa disposition merae, le cadran principal n’elait pas eclaire pen¬ 
dant ces heures-la. 

Au revers, sont traces deux petits cadrans plans, demi-circulaires, avec onze 
lignes horaires et style fixe au centre. 

Le bloc de marbre est soigneusement dresse, mais le trace des lignes 





N° 775 - CADRAN SOI-AIRE PI.AX 567 

horaires est grossier et approximate ; cf. E. Ardaillon, dans Saglio-Pollier. 
Dichonnaire des nnliquth's. Ill, |, s. v° hornrium, p. 259 ; voyez aussi la lig.. 
IG, XII, 8, p. 71, n" 210. 

S. Reinach, Revue nrcMologiquc, 180'i, II, p.345. 10"; Chroniques d’Orienl, II, 
p. 454, 10°; — American journal of archaeology, XI, 1800, p. 509, 10". 

Photographic n" 1771. 


775 (905) Gadran solaire plan. 


Arnaout kcui (Arvauitochori), A I’enlree du golfc d'Ismid, non loin de Boz bournou 
(Poseidion acrotirion); trouve dans les ruinesdn monastire de Sainl-Georges, & une heurc 
el demie au dcssus du village ; don de Manuel I. GedOon, 1887. 


Marbre blanc ; brisA en deux fragments qui se rajustent; mulile sur le bord circulaire 4 
gaucheeten bas ; diamAtre actuel, 0 m 48 (le diamAtre completetait de 0" 52 environ :epais- 
seur, 0“ 03. 


Dalle demi-circulaire; les onze lignes horaires son! comprises dans un cadre 
dc merae forme, determine par deux 
sillons paralleles (meme motif au re- 
vers); au centre du diametre interieur, 
est creusee la petite mortaise ou s’in- 
sSrait le style; les heures sont mar¬ 
quees de A & IB le g a la forme g; 
on observera que le lapicide, ayant 
oublie ce dernier signe, avail d’abord 
esquissc d’un trait leger le Z & la place 

qu’il occupe, et l’H sur la place qu’occupe actuellemenl le Z- 



Joubin, Sculpt, gr. el com., n° 174; — Manuel I. Gddeon, ”KtY.' >r° ! '■ xxl 

xepapist, Constantinople, 1893, p. 29; pi. I, it eette page, en haut; — II. Loescli- 
ner, Ueber Sonnenuhren, 1905 [non vidi; cite d a pres Byzantinische Zeitschrift, XIV, 
1905, p. 718-719]. 



568 


N° 777 — fragment de fkesque 


776 (1558) Fragment de fresque. 


Cos; fouilles de M. Herzog; entre au nuisee en scptembre 1904. 


Calcaire poreux reconvert d’un enduit; erosions profondes sur le bas du visage qui a 
presque completement disparu ; nombrcnscs eraflures ; dimensions approximatives (lc 
fragment est enferme sous un cadre vitre et ne peut plus etre mcsui'6 directement) : hau¬ 
teur totale, 0“32; du sommet de la tete 4 la pointc de la barbe, 0™ 22; largeur, 0”42. 


II ne reste que la tete d’un saint moine capuchonne de noir; elle est de 
face, le regard sombre et dirige a gauche; chairs jaunalres; les contours du 
nez et des yeux en rouge brun ; barbe grise, partagee en deux pointes; quelques 
cheveuxgris apparaissent sur le haut du front; grand nimbe jaune, cerne d un 
etroit filet blanc et d’un large filet noir; — xiv e siecle (?). 

Cf. Jahrbuch des archaeologischen Instiluts, XVI, 1901, archaeologischer Anzei- 
ger, p. 139; ibid., XY1II, 1903, p. 12. 


777 (1694, inveniaire des terres cuiies ) Fragment de fresque. 


Constantinople ; trouve en creusant les fondations de l’ailc nord du muscc, en dicembre 
1899. 


Bloc de briques, recouvcrt d'un enduit de khorassan, dont l’4paisseur atteint 0 ,n 03, el 
d’un enduit de platre, epais de 0”02 ; revers plan; brise en haut et & droite; mutil4 en bas 
et 4 gauche ; il ne reste que le bas de la draperie avec les pieds de l’empereur, peints sur la 
face concave, et un panneau decoratif, peint sur la face laterale gauche ; nombreuses ero¬ 
sions superficielles ; les couleurs sont plus attaqu4es sur la face laterale et les motifs y 
sont parfois peu distincts; dimensions du bloc restaure : hauteur maxima, 0 m 69; largeur, 
environ 0” 68; cpaisseur, sur la face laterale gauche, 0 m 39; au milieu du bloc, 0“ 26 ; corde 
de la partie concave. 0“ 53. 


Bloc concave sur sa face anterieure, plan sur sa face laterale gauche; l’arete 
commune est rabattue par un pan coupe, large de 0“ 075; — face concave : 
fond vert; bordure rouge en bas, separee du vert par un filet blanc pose sur 
du noir; un empereur, reconnaissable a ses brodequins de pourpre, etait 
represente debout, vetu d’une tunique rouge, bordee en bas et ornee verticale- 
ment de bandes dorees (en jaune), rehaussees de perles (en blanc) et de diffe- 
rents motifs en noir; — face laterale gauche : fond gris ; bordure verticale 
rouge, separee du gris par un filet noir et un filet blanc; le motif, place au 
milieu de cette face, comprenait une alternance de carres (reposant sur leurs 
angles) et de petits cercles disposes verticalement; les carres presentent a la 



N° 77K - Al TCI. Fl'NgBAIRE d’aI.EXANDROS 


r.6» 

Peripherie une zone verle et noire ; la partie centrale est jaune avec unc 
rosette rouge a quatre pelales; les peti Is cercles sont rouges a la peripherie 
avec un ornement central indistinct, peint en rouge; sur le fond, quelquos 
feuillages verts a retouches jaunes ; — epoque byzantine tardive. 


778 (719) Autel funfiraire d’Alexandros. 


I.'in vcnlaire porte Kara Sandykly ; au temoignagc de M. XV. Ramsay, la pierre sc trou- 
vait en 1881 a Kelendris, devant la mosquee ; ces deux villages, peu eloignes Cun del'autre, 
soul tous deux au nord oucst de Sandykly, dans la vallee du Karadirek tchai, ancien 
Glaucos ; Ilicropolis, la patrie d’Alexandros, est 4 Kotch hissar, & l’ouest de Sandykly ; — 
la dale d'entric n'est pas connue exactemcnt. 


Marbre blanc 4 grains scrrcs et peu cristallins; rovers et faces laterales dresses; les 
angles superieurs de la base rabaltus, l'aretc supericure dufut de colonne mutilde ; hauteur 
totale, 0” 895 ; de la base, O'" 685; du de place entre la base et le tambour de colonne, 0'“ 05; 
du tambour, O'" 16; largeur, sur le champ de la base, 0" 30 ; a la moulure inferieure, O'" 10 ; 
epaisseur, sur la face latcralc, 0“ 25 ; sur la moulure inferieure, 0”375 ; lettres dc 0 m 0 ls 4 
0 m 025. 


Autel rectangulaire, moulure haul et has (au revers, 
que mass^es) et pose sur quatre petits pieds cubiques, 
simplement profiles sur Fepaisseur du marbre ; les 
angles superieurs etaient ornes d’acroteres qui se 
detachenL en relief sur unde rectangulaire ; ce de sert 
de plinthe 4 un tambour de colonne, taille dans le 
merae bloc et creuse de treize cannelures dont la 
partie inferieure est remplie par une rudenlure et 
que s^parent de larges baguettes plates, parlagees en 
deux par un sillon vertical ; sur la face anlerieure 
de l’autel, la partie centrale a ete ravalee, formant 
comme un panneau (0"' ‘JO X O'" 19) encadre d’un 
large bandeau (environ 0“ 0;>5) et destine a recevoir 
Fepitaphe; le graveur n’en a pas tenu compte et ['ins¬ 
cription, qui commence sur le de et se continue sur 
la moulure superieure, deborde sur le cadre et s'a- 
chevc sur la moulure inferieure : 


les moulures ne sont 



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NIOVMAGHTK 7 
ndiKNor,.rs uY' 
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[’Ez]asxt^; its|[Xi](i); e —sXstJ ttjc tIs-jt’ i—si v;|c3j 

f;<ov i jv’ fxv£f[<5;*?| | ffoifvOz | Qstriv ‘ 

covey.* | 'AXi'^avSpe; \Avt(i>|v!ou yaO^T-i;; | r.zvi.v/zz ayveo ' | 



;;70 N° 778 — AUTEL FUNfiRAIRE d’aLEXANDROS 

cj [AsvTOt tu[a6w I -i: e(J.(0 hzp sv Tt|v» Oifaer 
£! s’;yv pu| [XTM'I -X‘J.£[<p O^Oil I 117/sOax ‘/P'JM I 
y.a: KXtptSi | 'IspiraXet -/JtX'.a | /pwa ' 

bfpifr, eT£i t'| 

eip^v/j ^api-j-oua-iv xai | p.vr J oy.ap.svsi$ Mpi fyxwv. 


Aa 300 de lere de Sylla = 215/6 ap. J.-G. ; l’inscription est importante par 
l’analogie de ses formules avec celles de la celebre dpitaphe d’Aberkios, dont 
les fragments, decouverts en 1883 par M. W. Ramsay dans un hammani cons- 
truit pres des sources chaudes qui se trouvent a trois milles au sud de Hiero- 
polis, sont aujourd'hui au musee du Vatican (cf. H. Leclercq, dans Cabrol, 
Dietionnaire d'archeologie chrelienne et de litnrgie, I, 1, s. v° Abercius ; 
Th. Xissen, S. Abercii vita, Teubner, 1900 (bibliographie aux p. xxi-xxiii de 
1’ introduction) ; W. Luedtke etTh. Xissen, Die Grahschrift des Aberkios, ihre 
Ueberlieferung und ihr Text, Teubner, 1910; II. Gregoire, l. infral., n°4l5). 


W. Ramsay, Bulletin de correspondence hellinique, VI, 1882, p. 518, n° 5; VII, 
1883, p. 327-328; Journal of hellenic studies, III, 1882, p. 341 sq.; IV, 1883, p. 427- 
428, n° 37 ; Cities and bishoprics of Phrygia, I, 2, 1897, n° 650, p. 720; fig. p. 721 ; — 
L. Duchesne, Bulletin critique, III, 1882, p. 133-136 ; Revue des questions hisloriques, 
XXXIV, 1883, p. 10 sq.; Melanges d'archeologie et d'liistoire, XV, 1893, p. 156, 164; 
pi. I ; — G.-B. de Rossi, Bullettino di archeologia cristiana, IV” sdrie, I, 1882, p. 77; 
V c serie, IV, 1894, p. 48 [conference d'archeologie chrelienne du 26 fevrier 1893; 
c’est dans celte sdance que Rossi communiqua la nouvelle de l’arrivde au \ atican de 
la pierre d’Aberkios, gracieusement offerte au pape par S. M. I. le Sultan et prdsen- 
tde au Saint Pere par Mgr Azarian, patriarche des armeniens catholiques]; Inscrip- 
tiones chrislianae Urbis Romae, II, 1, 1888, p. xvm, fig.; — F. Cumont, Melanges 
d'archeologie et d’liistoire, XV, 1895, p. 277, n° 178 ; — J. Wilpert, Fraetio panis, 
1895, p. 105, note 7, et p. 121 (qui cite, de lui-meme, Principienfrage der chrislli- 
chen Archaeologie, p. 51) ; — A. Dieterich, Die Grahschrift des Aberkios, 1896, 
p. 6; — Cabrol-Leclercq, Monumenta ecclesiae lilurgica, 1900-1902, I, sectio prima, 
Relliquiae epigraphicae, n° 2790, p. 9*-10*; — II. Ilepding, Attis, seine Mythen und 
sein Kult (Religionsgeschichtliche Versuche und Vorarbeiten, hrg. von A. Dieterich 
und R. Wuensch, 1. Band), 1903, p. 84, n° 18; — II. Leclercq, dans Cabrol, Diclion- 
naire d'archeologie chrelienne el de lilurgie, I, 1, 1907, s. v° Abercius, col. 68-69; 
— [H. Gregoire, Recueil des inscriptions grecques chretiennes d’Asie mineure (sous 
presse), n° 416 (cette reference, et celle de l’inscription d’Aberkios, indiqude plus 
haul, sont donnees d’apres une communication privee de l’auteur, et sous reserve 
des changements qu’il a pu introduire depuis dans la numerotation de son recueil)]. 


Photographie n° 1986. 



N° 77(1 - INSCRIPTION h’arvcanda .'>71 

779 (711) Inscription d’Arycanda. 


Arouf; trouvec et eslampde par M. Hula « untcrhalb des Stadiums, auf einer inner- 
halb der Grundmauern eincs unvollendet gebliebencn Gebaeudes freiliegenden Platte » ; 
entrdc au musi-c le 15 avril 1895. 


Pierre grise ; brisde en baut et k gauche ; revers el tranches £panneles. 

Traces dc rouge dans les lettres. 

Hauteur maxima acluelle, C’Sl ; largeur maxima actuelle, 0“55; epaisseur, o — IS: la 
pierre est K-glic, mais dans l'intcrligne, qui mesurc exactemcnt 0“015, les lettres, lr£s mal 
gravies, varient sensiblement de hauteur. 


L’inscription est au CIL, l. infra l .; — nous donnons la traduction eu 
intervertissant l'ordre de la pierre, ou le rescrit imperial (en latin) precede la 
supplique (en grec) a laquelle il r^pond. 


[SUPPLIQUE] 

Aux sauveurs de loulc nation et de loute race humaine, aux Augustes Clears Gatt- 
rius Valerius Maximinus, [Flavius Valerius Constantinus]et Valerius Licinianus Lici- 
nius : requUe et supplique du peoplepieux des lyciens el des pamphyliens. Les dieux, 
k la race de qui vous apparlenez, ayant manifesto les marques de leur bonti enters 
lous ceux, 6 divins empereurs, qui se consacrenl k leur culle au nom du salul perpi- 
tuel de vos majeslds loujours viclorieuses, il nous a paru bon de nous rkfugier vers 
iasile de voire immortel pouvoir el de vous supplier qu'il soil en/in mis un terme k 
la frinksie ddjk ancienne des chrHiens, obstinis jusqu'k mainlenant dans la meme 
maladie, cl qu'il nc soil plus permis de violer par aucun culle, funeste et novaleur, 
celui qui est dd aux dieux. C'esl ce qui serait aisimcnl rialisi si, par voire divine et 
tlernelle volontk, il klail arriti que toule permission sera dtsormais refusic cl inter- 
dite aux pratiques odieuses des impies, que lous auront k se consacrer au service des 
dieux, k la race de qui vous apparlenez, au nom de voire perpHuelle et immarcescible 
souveraineli, gage certain du plus grand bonheur de lous ros sujets. 


[RESCRIT IMPERIAL' 

Quelle que soil a favour que vous dtsiriez pour prix de voire pieuse requete, 
sachez quelle vous est dds mainlenant accordke et que vous Tobliendrez sans dklais : 
elle timoignera k lous les sikcles x'olre pith? enters les dieux immortels et, en meme 
temps, elle manifeslera devant vos enfants et la posttriti les jusles recompenses que 
vous avez nitritecs dc noire bienveillance. 


La supplique est adressee particulieremenl a Maximin et date des annees 
311 ou 312, probablement de 312; cf. le commentaire de Th. Mommsen et 
l’article de dom Leclercq, ll. infra ll. 



r>72 N os 780-782 - INSCRIPTION DU ML’R MARITIMC 

Tli. Mommsen, Archaeologisch-epigraphische Mittheilungen aus OEslerrcich- 
Ungarn, XVI, 1893, p. 93-102; C1L, III, suppl. II, n° s 12132 et 13625 A; — S. Rci- 
nach, Revue arehMogique, 1893, I, p. 96; II, p. 333; 1893, II, p. 343, 12°; Chro- 
niques d'Orionl , II, p. 174, 263, 434, 12°; — [0. Benndorf et E. Bormann] Archaeo- 
logisch-epigraphische Mitlheilungen aus QEsterreich-Ungarn, XVI, 1893, p. 108; — 
I,. Duchesne, Bulletin critique, XIV, 1893, p. 130; — R. Cagnat, Revue archeologiqne, 
1893,1, p. 23 4-233, n° 11 (ef. Civilta catlolica, 16 septembre 1893); — E. Preuschen, 
Analecta, kuerzere Texle zur Geschichte der a Hen Kirche und des Kanons, 1893, 
p. 87 ; — A. Wagener, Revue de Vinstruction publique en Belgique, XXXVI, 1893, 
p. 181-193 ; — G.-B. de Rossi, Bullettino di archeologia cristiana, V c serie, IV, 
1894, p. 54; — F. Cumont, Melanges d'archeologie et d'histoire, XV, 1893, p. 274, 
n° 94; — American journal of archaeology, XI, 1896, p. 510, n" 12 ; — P. Fourneret, 
Les Liens de I'Eglise aj oris les (idits de pacification ; ressourc.es dont I’Eglise dis¬ 
pose pour rcconstituer son palrimoine, 1902, p. 17 ; — O. von Gebhardt, Acta mar- 
tyrum selecta, ausgewaehlte Marlyreracten und andere Urkunden aus der Verfol- 
gungszeit der christlichen Kirche, 1902, p. 184-186; —A. Linsenmayer, Die Bekaem- 
pfung des Chrislentums durch den roemischen Staat, 1905, p. 224, note 4, et 
Anhang, p. 270, VIII; — G. Rauschen, Die wichtigeren neuen Funde aus deni 
Gebielc der aeltesten Kirchengeschichle, 1903, p. 59-62; — A. Harnack, Die 
Mission und Ausbreitung des Chrislentums, 2 C 6d., 1906, I, p. 406, note 5; II, p. 161, 
note 1; p. 192; — II. Leclercq, dans Cabrol, Dictionnaire d'archeologie chrHienne 
el de liturgie,\, 2, 1907, s. v° Arikanda, col. 2835; — W. Dittenberger, Orientis 
graeci inscriptiones selectae, II, 1903, n° 569, p. 252-255; — [II. Gregoire, Recueil des 
inscriptions grecques chritiennes d'Asie mineure (sous presse), n° 281 (cf. l’obser- 
vation faite a la bibliographie du n° pr6c6dent)]. 


780-782 (1634, 24-7(4, 2363) Inscription du mur maritime. 


Ces trois blocs, qui appartienncnt 4 un memo ensemble ct qui sont porles dans l’invcn- 
taire commc provenant le premier d'Edirn6 capoussou, les deux autres d’Ahyr capon, 
etaient encastres dans le mur de la Marmara, immediatement au nord d’Indjili kiosk ; ils 
sont entr6s au musee le premier en 1S82. le second le 1 i fevrier 1912. le troisieme en aout 
1910. 


X" 780 : marbre hlanc veine de bleu, a gros grains crislallins; brise a gauche ; la pierre 
paralt complete k droite ou elle presente un joint epannele, lcgerement concave ; la sur- 
face inscrite est usee par endroits ; la pierre est reemployee : la face superieurc {par rap¬ 
port a la face inscrite) represente la face antericure du bloc primitif: elle porte, contrc son 
arete superieure, une taenia , haute de 0 m 067, ensaillie de 0 m 03, qui, a Textr^mite gauche, 
vient buter contrc ce qui semble avoir etc un panneau domi-circulaire, de niveau avee 
elle; sous cctte taenia, a l’extremite droite, est placec une regu la, longue de 0" 26 envi¬ 
ron, haute de 0 m 04, et de meme saillie que la taenia ; a 0 m 355 a gauche de cetlc regula , sc 
trouve encore sous la taenia une sortc dc denticulc isole, large de 0 m 015, haul dc 6“ 03, et 
de niveau avec elle ; d autre part, l’arete inferieure dc cette face est evidee par un redent 
k angle droit, qui se prolonge sur toute la largeur du bloc, sauf vers l’extrdmitd droite, 
ou, k 0 m 10 de l’arete, on a reserve une longueur de 0 m 08 du niveau primitif, et k l’extrc- 
mite gauche ou la cassure laisse voir les traces d’une disposition semblable: tel parait 
avoir ete le premier etatdu bloc ; —la face postdrieure par rapport 4 ceile que nous venons 
de d^crire (e’est la face inferieure par rapport a l’inscription) dtant dressde pour etre 
visible (elle est actuellement, sur toute la longueur de son ardte inferieure, grossi^rement 



N°* 7SO-7K2 


INSCRIPTION DC MLR MARITIME 


•">73 


ravalde sur unc hauteur tie 0" 07 4 0 m 08), il semble bicn que ce fragment ait tile pri'* a une 
architrave : il va sans dire que, malgre les termcs employes par nous, il ne saurait etre 
question d'unc architrave provenant d'un ancien edifice dorique : dans son premier elat, la 
piorre dale cerlaincmeut de l’epoquc byzanlinc: dans la suite, ctavant d'etre reprise dans 
lc niur, ellc a etc rcemployee (pcut-clre pour un scuil): cllc porte en elTct plusicurs mor- 
taises : a droilc, une mortaisc cireulaire crcusec sur la taenia cl la ret/ 1 > la : une autre, 
rectangulairc, dans Tangle que forme a gauche la regula avec la taenia: une secomle mor¬ 
taisc cireulaire plus petite sur la taenia mime, entre la retjula et le « dcnticulc » isolo : 
une autre mortaisc rectangulairc dans Tangle que forme la taenia avec le panneau demi- 
circulaire ; la surface du « dcnticulc » el (sur une largeur de 0" 13 la partic de la taenia 
placee au dessus sont lcgiremenl revalues; — le revers du bloc (ancicnne face superieure) 
est pique ; — hauteur, sur la face inscrite, 0 m 38; sur la face posterieure, 0" 41; longueur, 
l™ 20 ; ipaisseur, O'” 385; letlrcs de 0” 135. 

N* 781: marbre bleute a gros grains cristallins ; joint epannele a gauche ; le bloc parait 
rctailli 4 droite ; la face superieure par rapport 4 la face inscrite face principale du bloc 
primitif) est soigneusement polio et presente les memes particularity que le bloc prece¬ 
dent : en haut, taenia (tris mutilee) avec undenticule unique 4 0” 04 de Tarete droite : 4 
0” 35 decc dcnticulc, regula longue de O'" 27, el autre denticule unique4 0“ 36 de la regnla ; 
Tarete infirieure est egalemcnt entaillee par un rodent, sauf sur 0 I “083, 4 0“ 70 de Tarete 
gauche et4 0"3i environ de Tarete droite; une mortaise rectangulairc est creusee dans 
chacun des angles que fait la regnla avec la taenia , une mortaise cireulaire sur la regula 
mime et une secondc, plus petite, sur la taenia, entre la regula et le denticule de gauche; 
la surface de ce denticule et (sur une largeur de 0* 13 la partie du listel placee au dessus 
de luisont legirement ravalces; —d’aulrepart, la face poslirieure face superieure du bloc 
primitif) est piquec et porte, vers Textremite gauche, lc mouogranimc du Christ de la forme 
3 JC, sculpte sur un petit medaillon convexc (diamitre, 0”14), entoure d une couronnc de 
feuillage ornec on haut d'un cam6e el nouce en bas par un lemnisque qui se prohmge de 
part et d'autre (incomplet 4 droite) et se terminc par unc feuillc dc lierre tournee la pointc 
en bas; — la face infericure enlin revers du bloc primitif, est dressie et polio; il reste, 
vers Tcxtrcmiti gauche de cctle face, a peu pres la moitii d’un panneau cireulaire cn legcr 
relief, et portant 4 la peripheric Tinscription : 

Kufi- porjOt T<il xdpirjfrt] 

Hauteur, sur la face inscrite, 0 ,n 37; sur la face posterieure, O'” 115; longueur maxima, 
I “ 35 environ ; ipaisseur, 0™ 39; lettres de 0“ 135 4 0“ 145. 

N“782 : marbre bleute 4 gros grains cristallins; bris4 en deux fragments qui sc rajuslenl; 
joint epanneI4 4 droite ; parait retaille a gauche; ce bloc doit etre pris d’un pilastre reetan- 
gulaire; il porte un profil mollcmenl accuse 4 Textremite droite dc la face superieure qui 
est soigneusement dressce ; le revers est fruste (la face infericure n est p.i- visible cn 
1'etat actucl); la face inscrite est tr6s altaquee par Teau dc mer; le listel superieur a 
pres(|uc entierement disparu ; hauteur, 0“ 403 ; longueur, 3" 42 ; epaisscur, environ 0“ 285; 
lettres de 0”14 (1. 1) el 0”15 (I. 2). 


Chacun de ces blocs porte deux lignes description qui proviennent d’une 
meme dedicace en vers iambiques; les deux lignes sont separees par un listel; 
les lettres sont en relief et polies sur fond pique : 

n° 7 80 n° 7 St 

G0NKPATAIG0CA[€] CnOCANTCONTOVC 
ITGOCMIXAHAtO] A€CTTOTHC: AIABAP 

[n'csf pas au muxee] 

[lA€NOCTTPOCVyOCH€VKOC I 11A 11 TO] 
[CONCXO^CONACaJM^CTIKOVH/////; IP€T€ P] 



N° 783 - INSCRIPTION DU MUR MA1UTTMK 


n° 782 

H 0 €N€ICrHNT 6 IXOC€ 2 €r€PKOTOC 

NONGOPA€ICMATHTTOA€I -V.t'V croix avec dellx rinceaux 

naissant de t'exlrenxili du 
hras infcrieur. 

Restitution proposee par C. G. Curtis el S. Arislarchis, avec les correc¬ 
tions de MM. Mordtmann et van Millingen : 

[IloXXjwv xpara'.o); o[e]7-oa»vTa)v toD <j[»Xsu], 

I aXX’ oilSsvbc r.p'zz [iij'io; r, sr/.oa[p.]!a[v] 

[to gXjvjOsv s’t; yvJv tsr/o; s;[-/;]y[spx]oto;, 

[toivjv M',yar;X 6 csanoTY]; 

oii Bap[ca p-aioTpou t]uv ayoXSW S[s]tj.e!jTix[o'j] 

r,[Ys]ips Tsp[-]vov (bpaswixa -fj noXst. 

Cette inscription parait se rapporter a une restauration de cette partie du 
mur, faite sous le regne de Michel 111 (842-867), par son oncle maternel, le 
celebre Bardas, commandeur des scholes. 


J. von Hammer, Conslantinopolis und tier Bosporos, 1822, I, Inschriften, p. vn, 
n° 14; — CIG, n° 8797 ; — C. G. Curtis et S. Aristarchis, 'O sv KwvotavTivou- 
-dX = ! cXXr,v'x6; (piXoXo-pzos XXjXXoyo;, j;apapTrj|ji.a du t. XVI, Constantinople, 
1887, p. 32, n° 136; — D r A. D. Mordtmann jun r , Esquisse topographique de Cons¬ 
tantinople, 1892, p. 33; — A. van Millingen, Byzantine Constantinople, the walls of 
the city, 1899, p. 183, pi. ala p. 184. 


783 (2477) Inscription du mur maritime. 


Constantinople, Serai bournou ; entree au niusee le 1 i fevrier 1912. 


Marbre bleutc 4 gros grains cristallins ; brisee en deux fragments qui se rajustent; lins- 
cription est sculptee sur une colonnette equarrie sur trois cotAs, encore ronde au rcvers 
oil, 4 1 extremite gauche, est conserve le listel plat qui termine le fut; sur la face laterale 
gauche, trou de scellement rectangulaire (apparlenant A la colonnette); retaillee A l’extre- 
mite droite ; la face inscrite est fortement attaquAe et erodee par l’eau de nier ; hauteur, 
0 m 215 ; longueur, 1® 41 ; Apaisseur maxima, 0“205; lettres de O m l i. 


L inscription estencadree haut et bas d’un listel uni; lettres en relief : 

riupY 5 ? 0eo?tXou [iv X(pt<rr)& aiiexpaTopcs] 

Les inscriptions au nom de Fempereur Theophile (829-842) sont nombreuses 



N° 78:; - INSCRIPTION Dl MLR TERRESTRE 


.47.’> 

sur le mur de la Marmara ; cf. A. van Millingen, Byzantine Constantinople, 
the walls of the city, 1899, p. 182 sq. 


784 (11H9) Inscription des murs. 


Constantinople, fidirnc capoussou (daprds I'invcntaire); entree au muscc en 1882. 


Marbre blcute 4 gros grains cristallins; [ inscription est sculptec sur une colonnette 
4quarrie sur trois cotes ; le revers est resle convexe et porte encore, 4 l'cxtremite droilc, 
la moulure terminate du fill; brisee 4 gauche ; complete 4 droitc ou la tranche laleralc 
presente encore la mortaisc deslineeau scellement du chapitcau; hauteur, 0”26; longueur, 
0” 97 ; Ipaisseur, 0“23 ; lettres de 0” 19. 


L’inscription est encadree haul et bas d’un listel uni; lettres en relief sur 
fond poli: 

•••; • : • 

An du monde 6842 = 1334 ap. J.-C. (regne d’Andronic 111;. 


785 (1618) Inscription du mur terrestre. 


Constantinople; l'invcntaire indique Kdirne capoussou; en realild, linscription etait 
cncastree sur la face de la quatriime tour, aujourd hui ddtruite, apris la porte du Pempton 
(en allant vers la Marmara), entre Soulou koule et Top capoussou (A. D. Mordlmann et 
Paspatisjcf. le plan de Millingen 4 la p. 11); entrde au musde, d’aprds l’inventaire, en 
1882; on observera toutefois quo Goold, Cat., n" 70, mentionne « deux fragments de 
marbre portant inscriptions byzantines ; longueur, 1" 50 ; provenance des murailles pris 
d'&lirnd capoussi », qui pourraient bien ctrc cctte pierre et la suivante; dans ce cas la dale 
1882 serait cclle oil elles ont etc enregistrees 4 nouveau. 


Marbre blano legircment blcute, 4 gros grains cristallins ; faces laterales et supericure 
epannclees ; complete 4 gauche ; angle inferieur droit mutile; hauteur, 0” 103; longueur, 
I™ 61; dpaisseur, 0“21; hauteur maxima des lettres, 0” 13. 


Bloc reemploye; l’arele superieure porte encore les traces d’un rang de 
perles et d’un filet; les lettres profondes qu’on lit aujourd’hui ne sont que les 
alveoles destines tt recevoir des lettres en bronze; quelques uns sont creuses 
de petites mortaises; accents et esprils sont graves : 

-J- ’Avr/.atvns t's xa-tpiv s).:v ’Iu)(avvr,;) iv X(pur:)q> xj- 
Tsxpxrcop ; IIa/,a'j/.5- ; 'j;-iv era p.'':’ «■';>. 

\nnee du monde 6941 = 1433 ap. J.-C. ; l’empereur est Jean VIII Paleo- 
logue (142o-i448), le predecesseur immediat de Constantin Dragases. 



576 


N° 786 


INSCRIPTION DU MUR TERRESTRE 


Goold, Cat., n° 70 L ? cf. in pr. J; — A. D. Mordtmann pere, Belagerung und 
Eroberung Constanlinopels, Stuttgart und Augsburg, J. G. Cotta’ schcr Yerlag, 1858, 
p. 136, 10; —A. G. Paspatis, '0 iv Kwva: i»tivou-oXei eXXrjvizo? (ptXoXoyizo; 
S'jXXofoy, II, 1864, p. 197, n° 16; BuTavrivat jxsXsTat, 1877, p. 44,11° 16; — 
Ph,-A. Dethier, Etudes archiologiques (ceuvre posthume ), 1881, p. 33-34; — A. van 
Millingen, Byzantine Constantinople, the walls of the city, 1899, p. 106. 


786 (1650) Inscription du mur terrestre. 


L’inscription provient du meme endroit que la precedente ; elle etait encastree un peu 
au dessous d’ellc: l’inventaire la porte comrae entree au musee en 1882, mais voyez ce qui 
est dit au n* precedent, in pr. 


Marbre blanc : rovers frustc; tranches sommairement dressees ; hauteur, 0“'295; lon¬ 
gueur, 1“19; epaisseur, 0” 18 ; lettres de 0” 195. 


Dans un cadre forme d’un listel nu — lettres en relief, polies sur fond 
pique, accents et esprits indiques — l inscription : 

Mavouv;), zz’j ’Ix-;zpi : 

Gf. Leonard de Chio (Migne, Pair, gr., t. 159, col. 936) : « o quorum ani- 
mae forte damnantur, Manuelis Giagari dudum inopis, et Neophyti hieroino- 
naci rhodii, si audeo dicere, praedonum, non conservatorum reipublicae, qui- 
bus veluti reipublicae tutoribus, aut ex aviis intestatisque bona relicta, muris 
ascribi debebant, privatis potius commodis impendebant. Primus viginti prope 
millium florenorum servus proditionis monachus, quos posthac reconditos 
urna septuaginta millium gazam relinquunt Teucris. Idcirco urbs praedonum 
incuria in tanta tempestate periit » ; — cf. aussi von Hammer, Hisloire de 
Vempire ottoman, trad. Hellert, II, p. 417; E. Pears, The destruction of the 
greek empire and the story of the capture of Constantinople by the lurks, 
1903, p. 242, et note 1 a cette page; G. Schlumberger, Le siege, la prise et le 
sac de Constantinople par les turcs en i4b3, 1914, p. 37, note 1. 


Goold, Cat., n° 70 [cf. n° 785 in pr.]; — A. G. Paspatis, 'O sv KiovstavTivo j- 
;:o'XGt eXXrjvtzo; o i Xo Xo-j-iz 6; SoXXo^o;, II, 1864, p. 197, n° 17; Bu£avutvai 
psXstai, 1877, p. 43, n° 17 ; — Ph.-A. Dethier, Etudes archiologiques (oeuvre pos- 
thume), 1881, p. 33-3 4 ; — A. van Millingen, Byzantine Constantinople, the walls of 
the city, 1899, p. 108. 



N° 787 - INSCRIPTION DU MUR MARITIME 


577 


181 (1647) Inscription du mur maritime. 

U'inventaire indiquc : « Constantinople, tourde Galata »; en realile, I’inscription provienl 
d'une tour entre Koum capoussou et V6ni capou; cf. Dbthier, Journal manuacrii, f» 67, 
n' 315, 7 mars/23 tevrier 1877 ; « arrive un marbre, large de 0“55, hautde 0" 1 72. provenant 
d’une tour des murailles entre Koumeapou et Jinicapou, et indiquant par I’inscription 
grecquc qu’elles ont rcstaurdes en 6956 du mondc equivalant 4 l'annee 1448,quatre 
anndes avant la conqu6te de Constantinople ». 

Marbre blanc; revers 4pannel4; tranches dressees; la partie inferieure de la pierre tres 
erodie ; hauteur, 0” 755 ; largeur, 0” 545; epaisseur maxima, 0“ 095. 

Dalle rectangulaire sans encadrement; les lettres en creux qu’on lit aujour- 
d’hui ne sont que les alveoles destines a recevoir des lettres de bronze, fixees 
par de petits tenons dans des mortaises dont un grand nombre ont conserve le 
plomb du scellement; les accents et les esprits sont indiques : 

-J- ’Avsxsvta| 6v)v cots; | b x'jpY 5 ? I 4 h itsptwa • 0 |tto ='J Siazbzz'j 

SspCta; •f | ev £tsi iv8(am>vo;) ia' • 

An du monde 6956 = 1448 ap. J.-C. (regne de Constantin XII D ra gases); 
sur Georges Brancovitch, cf. Du Cange, Historia byzanlina, familiae dalma- 
ticae, sclavonicae, turcicae , Paris, 1680, p. 336; il est curieux de rappeler, a 
c6te de ce texte qui commemore, quatre ans avant la prise, la part assumee par 
l’illustre krai de Serbie dans les travaux de defense de Constantinople, que sa 
propre fille, Mara, avait epous6 le sultan Mourad,pere du Conqueranl; veuve, 
elle fut demandee en mariage par Constantin Dragases, dedaigna sa demande 
et se retira dans un cloitre (cf. G. Schlumberger, I. 1. au n° precedent, p. 16-17). 

C. G. Curtis et S. Aristarchis ont publie autrefois ('O £v KtovsTocv-ri- 
vooicdXei jpiXoXoytxd? SuXXoyo?, Trapxpvqpx du t. XVI, 1885, 

n°£>v' [150], p. 38) un fragment d’inscription qu’ils ont lu sur une tour,entre 
fidirne capoussou et figri capou (cf. A. van Millingen, l. infra /., p. 107) : 
/////€NIC0HHKO////l ila l’ont restitue, avec beaucoup de vraisemblance, sur 
le modele de la n6tre : [avsx]svtiOTj 4) xoptt'va—j, et suppose que Georges Bran- 
covitch etait aussi l’auteur de cette restauration. La courtine est, comme on le 
sait, la section de mur comprise entre deux tours; cf. Anne Comnene : << toj; 
itupyou? xal t a? petaSu xoptiva? » [Alex., XI, 1, ed. Bonn, t. II, 18/8, p. /0. n, 
et le commentaire de Du Cange, ibid., p. 617. 

On comparera, pour les caracteres et la technique, une inscription au nom 
de l’empereur Jean X’l 11 Paleologue, datee de 1438, trouvee k Yedi koule et 
aujourd’hui k Berlin (O. WulIT, Koenigliche Mnseen zu Berlin, Beschreibung 
der Bildwerke der chrisllichen Epoehen, III, 2, Millelallerliche Bildwerke, 
n° 2220, p. 126). 


37 



578 


N° 788 — INSCRIPTION DfiDlCATOlRE 


A. D. Mordtmann pere, Belagerung und Eroberung Constantinopels, Stuttgart 
und Augsburg, J. G. Cotta’scher Verlag, 1858, p. 132, 1; — Fr. Miklosich, Monu- 
menla serbica, Vienne, 1858, n° ccliv; — E. de Muralt, Essai de chronographie 
byzantine, 1871, II, p. 865, n° 6; — A. van Millingen, Byzantine Constantinople, the 
walls of the city, 1899, p. 193. 


788 (2245) Inscription d6dicatoire. 


Salonique; cette provenance, qui n'est pas donnee par l’inventaire, resulte avec certi¬ 
tude de ce qui est dit ci-dessous; la date d’entrie n’est pas connue. 


Marbre bleute & gros grains cristallins, probablement thasien ; mutilie A ses extremites ; 
hauteur (de la colonnette), 1“ 625 ; diamdtre, en bas, environ 0“ 28; en haut, 0“ 25 ; hauteur 
du pan iSquarri, en haut, 0“ 215 ; en bas, 0” 24 ; hauteur des lettres, 0“ 11. 


line colonnette monolithe, terminee en haut par un petit tore, a ete dquar- 
rie d’un seul cote; en dressant cette surface plane, on y a menage, sur toute 
la hauteur, un bandeau de peu de saillie, surlequel est sculptee en relief l’ins- 
cription : 

_oXeuj; IlauXso too 6p.oXo*(T,To5 

Cette inscription, que terminail une croix aujourd’hui martelee, se complete 
exactement par deux fragments du musee de Salonique, sculptes comme elle 
sur des colonnettes reemployees et equarries (cf. Bayet-Duchesne, Mission an 
mont Alhos, n° 105) : 

Nab; ssSajp.'.:; -tso ev ayioi; | [iratpo;] xat ap^tsiuaxoirou Ka)vs-T[<mi- 
v;'jz]||oXsw; llauXoo to 5 c;i.5Xoy7]ToD. 

Sur Paul l’homologete, cf. Le Quien, Oriens chrislianus, Paris, 1740, I, 
col. 208-210; H. Delehaye, Synaxarium ecclesiae constantinopolitanae, 
Bruxelles, 1902, col. 197,6 novembre ; il etait originaire de Salonique, fut elu 
patriarche de Constantinople en 340, depose la meme annee par Constance 
qui lui prefera l’arien Eusebe, retabli sur le trfine patriarcal 5 la mort d’Eusebe 
en 342, depose une seconde fois par l’empereur, puis, apres deux exils en 
Italie et un sejour a Salonique, retabli une troisieme fois en 347, depose encore 
par Constance en 351, deporte a Cucuse en Cappadoce et etrangle. 



N° 7‘JO — BELIEF SASSAMDE : DRAGON 


679 


789 (906) Dalle fun6raire. 


Haidar pacha; entree au musee cu 1893. 

Marbre blanc a grains serrds et cristallins ; revcis dresse; faces lateralcs epannelees; la 
pierre est mutilee 4 l'angle supdrieur gauche ct retaillee en bas; hauteur, 0“ 515 ; largeur, 
0"‘ 225; epaisseur, 0 m 05 ; lettres irrdgulidres dc 0 m 013 4 0" 035. 

Dalle rectangulaire, sans encadrement, decoree d’unecroix longue et pattee, 
indiquee par incision; dans les quartiers superieurs, l’inscription : 

['Qjoc ■/.a.-y./.r l -z i Ssu/.j; "0 0(sj;j "AvO’.c. 

Cf. d’autres dalles, avec des inscriptions du meme type, provenant du cime- 
tiere de Phanaraki, up. II. Leclercq, dans Cabrol, Dictionnaire d'archeologie 
chr6tienne et de liturgie , fasc. xxm, s. v° Chalcedoine , col. 125 sq. 


Joubin, Sculpt, gr. el rom., u° 17i>. 

790 (1164) Relief sassanide ; dragon. 


I/invcnlairc porle ; « Stamboul, dans un han » ; ce relief et le suivant a\aient etc mis en 
1889 par M. J. Slrzygowski chez un antiquaire de Cosca sokaghv, 4 Constantinople; la pro¬ 
venance en est done inconnue ; ilssont entrds au musee en mai 1901. 


Marbre blanc ; tranches drcssecs (la tranche inferieurc mutilee'; lerevers est simplcment 
degrossi avec une zone do 0” 05 environ, ravalde et dressde le long des aretes verticales; le 
marbre dtanl fissure 4 l’anglc infdricur gauche, on l’avait consolidd par trois crampons dc 
for dont deux aujourd'hui sont brisds ; manque l’oreille droite, qui dlait rapporlee, fixee 
dans une mortaise peu profonde, niais consolidee sans doute par un goujon melallique 
scelld duns la mortaise visible sur l’oreille gauche ; la partie de la « petite queue » qui des¬ 
cend sur le efitd dc la grande a etc, sans doute par suite dun accident dans la taille du 
marbre ou d’une cassure posldrieure, rapporlee dans une cavitd profonde ou ellc clad fixee 
par un goujon (la mortaise est creusde dans la section de la partie conservde : il se peut que 
I’cxlrdmitd lisse flottant sur le fond (on la voil au n* suivant), atteinte aussi par cclte cas¬ 
sure ait etc ravalde 4 ce moment — on constate encore au toucher un certain relevement 
du fond 4 l’endroit qu’elle devaitoccuper — et remplacde dememe par une piece rapporlee 
4 laouelle correspondraicnt la cavitd ct la mortaise pratiquccs sur l’arcte infeneure de la 
plaque ; gritTcs mutildes; quelqucs drosions sur les aretes et les denticulcs ; quelques traces 
de cimcnt; hauteur, 1“ 065 ; largeur, 1" 105 ; epaisseur de la dalle, environ 0“ 07; la saillie 
du relief atleint 0“ 11. 


Dalle rectangulaire, couronnee par un rang de denlicules qui, contrairement 
a la forme classique, ne supported aucun corps de moulures, mais reposenl 
sur un listel saillanl qui tourne sur les tranches laterales (la dalle, comine le 
prouvent co detail et l’elat du revers, dlait encastree dans un mur, mais de 



580 


N° ;oo — RELIEF SASSAMDE ! LliAGON 


maniere que ces tranches restassent visibles); haut relief; — dragon aile de 
profil a droite; l’avant-train qui a les formes et les griffes du lion se continue 
directement par une enorme queue cylindrique, qui se releve en s’epaississant 
jusqu’a Tangle superieur gauche de la plaque; une petite queue, creusee de 
quatre sillons parallels, semble se detacher derriere Taile, et, comme on le voil 
au n° suivant, devait s’enrouler autour de la grande et s'achever sur le fond 
par une partie lisse ; la tete a un caractere purement fantastique : les narines 
se terminent en volutes ; Toeil est enorme et exorbile, avec l’iris cerne d’un 
large sillon circulate et creuse lui-meme profondemenl; la gueule, entr’ou- 
verte et largement fendue, laisse voir la langue et les crocs , sauf 1 avant-train 

qui est lisse, et la criniere, indiquee par 
quelques incisions qui dessinent un collier 
peu fourni, toutes les parties du pelage et 
du plumage sont traitees dans la maniere 
decorative : le museau est strie de sillons 
obliques; la criniere elle-meme est limitee 
sur Tencolure par un rang de petits cercles 
a point central, separes Tun de Tautre par 
une petite feuille droite; une zone de cer¬ 
cles semblables, mais sans feuille interme¬ 
diate et comprise entre deux petits lis- 
tels, marque Tattache de Taile sur Tavant- 
train et se prolonge sur le devant du poitrail; une autre, identique, partage 
Taile en deux parties, Tune, formee de longues plumes lisses dont la plus 
longue se terinine en volute, Tautre, pres de Tattache, ou les plumes sont 
indiquees par une imbrication de « dents de loup » contenant chacune un 
cercle incise; un motif assez voisin de ce dernier, mais oil les dents de loup 
alternent avec des segments de cercle et qui cherche evidemment a imiter le 
plumage du paon, se repete sur toute la longueur de la grande queue. 

Cet animal fantastique, qui n’est pas un griffon (sur le type du griffon orien¬ 
tal, cf. F. Sarre, Jahrbuch der kgl. preuszischen Kunstsammlungen, XXV, 
1904, p. 61 sq.), a qui le nom d’hippocampe ne convient guere et qu’il vaut 
mieux designer sans doute par le mot vague de dragon, constitue Tun des 
motifs les plus frequents de la decoration orientale : on le retrouve sur les 
tissus, sur les metaux, sur la terre cuite et sur la pierre. 

A. Tissus : haut relief de Chosroes II (591-628) k Taq-i-bostan, sculpte surle vete- 
ment du roi; F. Sarre, Jahrbuch der kgl. preuszischen Kunstsammlungen, XXVI, 
190a, p. 76, fig. 9; Sarre et Ilerzfeld, Iranische Felsreliefs, 1910, texte, p. 208, fig. 96; 
Lessing, Die Gewebe-Sammlung des k. Kunslgewerbemuseums, livr. VI [pi. 19 de la 
numerotation de Falcke]; O. von Falcke, Kunstgeschichte der Seidenweberei, 1913, 
I, p. 79, fig. 91 ; — soie sassanide au Kensington, Victoria and Albert Museum, et a 




n° *00 — relief sassanide : dragon 


:;8i 

Paris, au mus£e des arts decoratifs, Lessing, livr. VI pi. 20]; Sarre, l. /., p. 77, 
fig. 10; Falcke, I, fig. 96, pi. a la p. 80; Allan Cole, Ornament on european silks, 
Londres, 1899, p. 31 ; Cahier et Martin, Melanges d'archiologie, III, 1853, p. 142, 
pi. XIV ; M. Dreger, Kucnstlerische Entivickelung der W'eherei und Slickerei, Vienne, 
1904, pi. 38 A; texte, 1, p. 37 ; G. Migeon, Les arts du tissu, 1909, fig. a la p. 8 ; — 
soie byzantine du musee du cinquantenaire, a Bruxelles, Lessing, livr. XI [pi. 22, 
fig. h ]; Falcke, II, fig. 236, pi. a la p. 10; — soie de la collection F- Lienard, G. 
Schlumberger, L’ipopie byzantine, II, 1900, Basile II, le lueur de bulgares, p. 33, 
fig-; — soie byzantine k Berlin, Kunstgewerbemuseum, Lessing, liv. IX [pi. 61]; 
Falcke, II, p. 11, fig. 237; Ausstellung von Meislerwerken muhammedanischer Kunst, 
amtlicher Kalalog, Munich, R. Mosse [1910], n° 2258 (M. Dreger); —type semblable 
au Bargello, k Florence, et dans la collection de D. Francisco Miquel y Badia, Cata¬ 
logue de la collection des tissue anciens... par D. Jose Pasco, Barcelone, 1900, pi. XVI, 
n° 49 ; M. Dreger, l. L, pi. 37 a ; — soie k New-York (cooper’s union), F. R. Martin, 
A history of oriental carpets before 1800, Londres, B.Quaritch, 1908, p. 3, fig. 5; 
— broderie copte, k Milan, mus6e Poldi-Pezzoli (inedite). 

B. Mi-laux : motif central d’une coupe trouvee en Russie (une provenance plus 
precise n’est pas connue) et conserve dans la collection de la Commission impe- 
riale archeologique de Saint-Petersbourg ; Smirnov, Argenterie orientate, n° 70, 
pi. XLII et CXXV; — vase de la collection Orloff; en frise sur lecol; Smirnov, n° 82, 
pi. XLVIII; — aiguiere, trouvee k Pawlowka, gouvernement de Kharkov, ; collection 
de feu S. A. I. le grand due Alexis ; en m^daillon sur la panse ; Smirnov, n° 83, pi. 
XLIX ; — le meme motif forme toute la decoration d’un plat octogonal de la collec¬ 
tion Botkine, k Saint-Petersbourg; Smirnov, n° 126, pi. I.XX; —gobelet de l’Ermi- 
tage, trouve k Lysiewa, gouvernement de Perm; Smirnov, n° 128, pi. LXX1I ; — 
vase de l’Ermitage, provenantdu Daghestan ; Smirnov, n° 288, pi. CXV (= falcke, 
l. 1., I, p. 83, fig. 104); —cf. aussi les types analogues sur une coupe de l’Ermitage, 
trouv6e k Ilytmanowa, gouvernement de Wiatka; Smirnov, n” 49, pi. XXII; — sur 
une aiguiere de la collection Stroganoff, trouvke k Maltzewa, gouvernement de 
Perm ; Smirnov, n° 84, pi. L; — surun plat de l’Ermitage, trouve k Oukanskole, gou- 
vernement de Wiatka (l’animal a quatre pattes, mais l’avant-train est semblable k 
celui de nos dragons); Smirnov, n° 132, pi. LXXI\ . 

C. Terre cuite : estampille sassanide trouvee k Suse, Diligation en Perse, 
Mimoires, I, p. 73, fig. 88 ; — vase en terre d’^poque islamique, J. Karabacek, Papy¬ 
rus Erzherzog Rainer, Fuehrer durch die Ausstellung, Vienne, 1894, p. 142 [non 
vidi, cit6 ici d’apres F. Sarre, 1.1., p. "8, note 3]. 

D. Pierre : relief de Mschatta ; Strzygowski, l. infra l., p. 311 ; pi. \ III, triangle d; 

_on pourra comparer aussi le dragon sculpts sur l’un des longs cot6s du sarco- 

phage de Th6odota, mise k mort par le roi lombard Cunibert (688-700), qui est con¬ 
serve au mus4e de Pavie (G. T. Rivoira, Le origini dell’ architeltura lombarda, I, 
p. 113, fig. 169); la queue, enroutee sur elle-meme en replis 6pais, est reptilienne 
et terminee par’une extremity trifide, lrait<5e comme une feuille decorative, mais 
les formes de l’avant-train, la stylisation des ailes et du pelage riSvelent clairement 
l’influcnce d’un modele sassanide. 

L’origine sassanide de ce relief et du suivant nous parait certaine; certaine 



582 


n ° m 


RELIEF SELDJOUKIDE : DEUX GUERRIERS 


par suite lerreur qu’a commise M. Strzygowski en y voulant reconnaitre une 
ceuvre seldjoukide ; c'est un bon travail decoratif, probablement du vi e ou du 
vn e siecle. 

J. Strzygowski, MschaUa(Jahrbuch der kgl. preuszischen Kunslsammlungen , XXV, 
1904), p. 312, fig. 89 (reproduit seulemenl le dragon suivant, n° 791); — F. Sarre, 

ibid., XXVI, 1905, p. 78 ;-1. L. Ileiberg, Tidsskrift for induslri, VII, 1906, p. 165, 

fig. 40 (reproduit ce dragon et le suivant). 

Pholographie n° 483, a gauche. 


191 (1163) Relief sassanide : dragon. 


Provenance inconnuc;cf. le n° precedent. 

Marbre blanc; tranches dressees ; angle supdrieur gauche evide par un redent; l'anglc 
supdrieur droit legdrement mutile ; manque l'oreille gauche qui dtait rapportde ; erosions 
legeres sur les griffes; quelques traces de ciment; hauteur, l m 07; largeur, 1™ 125; cpais- 
seur, 0'“ 05; saillie du relief, 0“ 11. 

Dalle semblable a la precedente et destinee a lui faire pendant dans le 

meme ensemble ; le dragon y esttourne 
de profil k gauche ; la « petite queue » 
— sculptee ici dans le bloc meme — 
creusee de cinq sillons paralleles, parait 
s’enrouler une fois autour de la grande, 
si, comme il semble, e’en est bien l’ex- 
tremite qu’on voit reapparaitre, lisse 
et flottant sur le fond, pres de Tangle 
inferieur droit. 


Cf. la bibliographic du n° precedent. 

Photographic n» 483, a droite. 



192 (972) Relief seldjoukide : deux guerriers. 


Konia ; envoi d'Abdulrahman pacha, vali de Konia (cf. n“ 27-31, 685 et le n“ suivant) ; 
entreaumusee en 1870. 


Marbre legerement bleute et veine de noir, a grains serres et cristallins; tranche supd- 
neure dressee ; tranche inferieure epannelce ; tranches verticales frustes; angle inferieur 




X° 792 - BELIEF SELDJOI KIDE : DEUX C.UERR1ERS 


;;83 


gauche mutilc ; taches noires hriilurcs dans le haul; le- croix incis<(c= sur li ~ casques nnt 
4t4 martelies 'voyez plus bas) ; hauteur, 0" 91; largeur, 0“ 895; dpaisseur maxima, 0* 09; 
champ, 0” 68 X 0 m 77; hauteur des personnages, 0*68; saillie du relief, 0” 018 5 0*022; 
largeur du cadre, en haul, 0“ 08 ; 4 droite, environ 0“08 ; en ba>. 0* 13; 4 gauche, 0“ 06. 

Dalle reclnngulaire encadree d’un bandeau nu, double interieurement d'une 
baguette qui n'est plus indiquee dans la moitie inferieure du montant droit ni 
a l’extremite droite du bandeau inferieur; relief meplat; les figures sont de 
simples silhouettes obtenues par ravalement du fond autour des contours et 
detaillees par quelques traits incises a l’interieur; — deux guerriers combat- 
tent tournes l’un vers l’autre; celui de gauche semble sur la defensive; il 
tient, de la main gauche, un petit bouclier rond, et, de la main droite, une 
latte rectiligne, relevee vers l’epaule ; l’autre s’avance dans une attitude 
mena?anle, la main gauche sur le 
fourreau d’ou il vient de tirer une 
epee a lame large et legerement 
courbe, qu’il tient de la main 
droite, la pointe basse et rejetee en 
arriere; ce sont deux silhouettes 
extremement grossidres, sans mo- 
dele ni proportions ; la tete imberbe 
et les jambes, ridiculement courtes 
et dpaisses, sont de profil, le buste 
de face, montrant deux larges 
epaules; la bouche n'est pas indi¬ 
quee ; le menton forme une masse 
osseuse et proeminente qui rejoint 
directement le nez; l’ccil est de face, l'oreille mal placee el indiquee par 
une demi-circonference incisee ; lous deux portent le memecostume: (unique 
courte qui laisse les jambes nues, cotte de mailles — draperie et maillons 
rendus d’une maniere toute schemalique — chaussures montantes, casque 
conique au dessous duquel les eheveux tombent sur la nuque sous forme de 
baguettes rigides. Les deux figures ne sont pas placees symetriquement par 
rapport a l’axe du monument, mais repouss^es un peu vers la gauche; la partie 
droite est remplie par une tige vegetale, de raeme relief que les personnages ; 
elle semble sortir d’un petit monticule qui remplit Tangle inferieur droit ; les 
angles sup^rieurs sont occupes par une palmette a trois feuilles, tres stylisee 
et plus grande a droite qu’4 gauche. 

En traitant ce relief d’icuvre « barbare de l’epoque des croisades », M. S. 
Reinach semble avoir justement senti qu’il n’etait pas byzantin : selon toute 
probabilite, il est seldjoukide, et, par la, il gagne un interet nouveau, bien 
qu’on silt d£j& que les sultans de Roum avaient toujours montre un remar- 




58 i N° 793 — RELIEF SELDJOUKIDE : GRIFFON 

quable liberalisme a legard de la representation de la figure humaine (sur l’in- 
terdiction des images dans l’lslam, cf. en dernier lieu M. van Berchem, dans 
F. Sarre et E. Herzfeld, Archaeologische Reise im Euphrat- und Tigris- 
Gebiet , 1, 1911, p. 36 sq.). Cette hypothese, qui est confirmee par l’armement 
des deux soldals, en particulier par la forme des casques, n’est pas contredite 
par la presence, sur ces casques, de croix martelees; car ces croix sont certai- 
nement une addition posterieure qui, faite par un chretien, a ete supprimee 
plus tard par un musulman. — Cf. d’autres reliefs seldjoukides, Revue de Vart 
ancien et moderne, XII, 1908, t. xxiii, fig. l,p. 11; F. Sarre, Erzeugnisse isla- 
mischer Kunst, II, 1909, fig. 8, p. 8, et fig. 9, p. 9; cf. aussi l’admirable relief 
en stuc, Sarre, ibid., pi. Ill; G. Migeon, Manuel d'arl musulman, II, p. 67 ; 
— xiii" siecle. 


Goold, Cat., n° 112 [« geurrier (sic) en relief, ancien costume mede »; l’identifica- 
tion nous parait certaine ; il faut seulement corriger guerriers-, lesdimensions con- 
cordent: Goold donne 0 m 92X 0 m 90]; — S. Reinach, Cat., n° 588; — A. Munoz 
Nuovo bullettino di archaeologia crisliana, XII, 1906, p. 114; pi. IV, 2 ; — G. Mendel, 
Revue de I'art ancien et moderne, XIII, 1909, t. xxvi, p. 260, et fig. 7 a cette page. 


Photographic n° 472. 


793 (1651) Relief seldjoukide : griffon. 


Konia; envoi de Abdulrahman pacha, vali de Konia (cf. n M 27-31, (085, 792); entri au 
musie en 1870. 


Marbre blanc 4 gros grains cristallins ; tranches dressies et mutilees ; erosions superfi- 
cielles sur la tite, les griffes antirieures, l’extrimite de l’aile; hauteur, 1 mitre; largeur, 
0" 865; ipaisseur, environ 0” 08 ; champ, 0- 75 X 0“ 635 ; hauteur de la figure, 0” 72 ; saillie 
du relief, 0- 018 k 0-023; largeurdu cadre, en haut, 0” 085 ; k droite, 0" 145; en bas, 0-135; 
4 gauche, 0” 06. 


Dalle rectangulaire encadree d’un bandeau nu, dont la largeur varie sur 
chaque cotd et que double interieurement une mince baguette; relief meplat; 

griffon aile, profil k droite, a demi dresse sur ses pattes de derriere ; la tete, 
legerement relevee, est mal caracterisee ; les machoires entr'ouvertes laissent 
voir les crocs et depasser le bout de la langue ; le corps a les formes d’un 
lion; la queue se redresse et se termine par une large touffe de poils qui 
deborde sur la baguette du cadre ; — la figure n’est qu’une silhouette, d’un 
dessin assez juste mais sans aucun modele, a l’interieur de laquelle la ligne 
du ventre et de la cuisse droite, l’attache de l’epaule droite, les contours et 



N° 70i — CHAPITEAU DE COI.ONNE HISTORIC 


:;s.” 

quelques details des ailes, l'oeil, les muscles des pattes, les grilles, la toulle 
terminate de la queue sont pareimonieuse- 
ment indiques par des sillons ; la criniere 
est rendue par un semis de legeres incisions, 
le corps est lisse. 

L’reuvre peut etre attribute au xm e sie- 
cle ; quelle quesoit la nationality de l'artiste 
qui l’ait sculptee, elle nous semble devoir 
etre rangee parmi les produits de l’art seld- 
joukide ; on en rapprochera les animaux qui 
decorent une plaque de l’eglise Saint-Nico- 
las a Myra (H. Rott, Kleinasiatische Denk- 
maeler, dans J. Ficker, Studien ueher chrisl- 
liche Denkmaeler, 5. und 6. Heft, 1908, 
p. 341, fig. 128), et une plaque du musAe de Konia (F. Sarre, Erzeugmsse 
islamischer Kunsl, II, p. 15, et fig. 21, p. 17). 

Goold, Cat., n° 109 ; — S. Reinach, Cat., n° 587. 

Photographie n° 1731. 



194 (822) Chapiteau de colonne historic. 


SAbastieh, prAs de Naplouse ; mosquAe de NAbi labia ; entrA au musAe le 8 dAcembre 
1897, 


Marbre blcute A gros grains cristallins;manquent :Ies angles de l’abaque sur la face his- 
toriee, la partie droite de la tAte, le bras droit, les doigts de la main gauche de la premiere 
femme & gauche avec une grande partie du vase sur lequel elle pose cette main (pied droit 
inutile); l'avant-bras droit, les mains du personnage central et le vase place dcvant lui 
(visage profondemcnt erodA ; couronne mutilec); la tete, les bras du personnage suivantet 
les deux vases qu’il avait devant lui ; la derniAre femme A droite est la mieux eonservee : 
nez, main gauche et vase mutiles ; quelques erosions sur le visage et les cheveux : — au 
revers, l’arete supdrieure est entiArement mutilee: nombreuses erosions sur I'acanthe; — 
la decoration vAgelale est exAcutee A l’aide du trepan; il n'y a de trou de scellement nisur 
la face inferieure ni sur la face superieure; hauteur, 0“495; grand diametre, 0“ 38; petit 
diamAtre, 0”35. 


Le chapiteau eomprend deux parties, une partie anterieure decoree de per- 
sonnages et une partie posterieure ornee de deux rangs d’acanthe ; les surfaces 
eourbes de ces deux parties sont separees par une surface plane et nue, soi- 
gneusement dressee, qui, 4 droite, commence immediatement derriere le dosde 
la derniere figure et regne sur toute la hauteur du chapiteau avec une largeur 



586 


N° 'tit — CHAPITEAU DE COLONNE HISTORIC 


maxima de 0 m 28 en haut et de 0 m 07 environ en bas ; a gauche, cette surface 
de separation a la forme d’un triangle dont la base, longue actuellement de 
0” 1 435 (la longueur complete devait etre de 0 m 48 environ), est sur l'arete de 
l’abaque et dont Ie sommet se tient a 0 m 17 du bord inferieur ; la decoration 
vegetale du revers vient mourir contre l’un des cotes de ce triangle et s’elend, 
sommairement traitee, au dessous de son sommet. 

Le sculpteur s’est inspire sur ce chapiteau et les deux suivants de l’histoire 

de saint Jean Baptiste; d’apres la tradition, 
saint Jean aurait ete enseveli a Samarie 
(Theodoret, Hist, eccles., Ill, 3); la petite 
mosquee de Nebi Iahia, d’ou proviennenl nos 
chapiteaux, est construite precisement dans 
l’eglise du Precurseur; cf. The survey of 
ivestern Palestine , II, 1882, p. 211 sq. (plan 
de l’eglise, p. 211 ; vue perspective, pi. a la 
p. 212); V. Guerin, Description de la Pales¬ 
tine , seconde partie, Samarie, II, 1875, p.188 
sq.; La Terre Sainte, 1882, p. 272; l’6glise 
date du xn c siecle : les marques de tacheron 
qu’on y a relevees sur les pierres se retrouvent sur d'autres edifices de cette 
epoque ( Survey , l. 1., p. 213) ; d'apres M. de Vogue ( Les eglises de Terre 
Sainte , p. 361), elle a ete construite entre 1150 et 1188. 

La scene representee ici est celle du banquet d’Herode : quatre personnages, 
places sur un listel saillant qui constitue le profil inferieur du chapiteau, se 
tiennent derriere une table chargee de vases et de plats et recouverte d’une 
nappe sous laquelle depassent leurs pieds chausses de boltines fermees ; la 
table est basse et ne leur vient qu’aux genoux ; leur buste, suivant le mouve- 
ment du chapiteau, s incline en avant et il n’apparait pas clairement s’ils sont 
assis ou debout ; au milieu est Ilerode, portant la couronne royale dont le 
cercle, ajoure de petits trous, est orne, au milieu et sur les cotes, de trois fleu- 
rons , il pliait le bras droit devant la poitrine et posait la main gauche sur le 
vase qui est devant lui; le visage est large et carre, les yeux (comme ceux des 
autres figures) creuses d une cavite ronde, la barbe courte et bouclee; les 
cheveux, qui forment sur le front deux bandeaux rigides separes par une raie, 
plaques et tires sur les cotes du crane, tombent en torsades epaisses sur les 
epaules ; il est vetu d une tunique ; le manteau, qui couvre lesjambes, est jete 
sur le dos , un pan etroit descend de l’epaule droile, et un autre, plus large, 
sur la partie gauche du buste ; a sa droite est une femme, sans doute Hero- 
diade , de la fete, il ne reste que la moitie gauche du visage avec un bandeau 
de cheveux plats, recreuse de sillons reguliers, et une boucle epaisse qui 
descend derriere 1 epaule ; la poitrine est plate, mais les seins sont indiques 





N° 7CH - C.HAPITEAK DE COLONNE HlSTOBlfi 


oS7 


par la courbe des plis de la draperie; elle porte une tunique a manches 
longues et un manteau qui lui couvre les jambes, peut-elre aussi les epaules, 
et dont l'extr6mile flotte snr le fond a sa droite ; elle pose la main gauche sur 
un grand recipient apode, et baissait le bras droit ("la main droite venait sans 
doule sc placer sur le meme vase, derriere la gauche i; a l'extremite de la table, 
est un autre vase, le seul intact, qui a, en gros, la forme de nos soupieres avec 
un couvercle a bouton spherique ; — a la gauche d’Herode, se tient un per- 
sonnage extremement mutile, sans doute un homme drape dans le manteau ; 
le mouvement des bras est incertain ; il semble qu'ils etaient baisses et les 
mains posees sur les deux recipients, places sur la table devanl lui; — 
ces trois figures remplissent la face anterieure du chapiteau ; la quatrieme, 
placee a la gauche de la precedente, est deja sur la face laterale droite; c'est 
une femme dont le vetement et la coiffure reproduisent ceux d’Herodiade ; 
l’avant-bras droit est tendu et la main, relevee dans un geste de surprise ou 
d’admiration, vient toucher le dos du personnage place devant elle ; le bras 
gauche est ramene sur la taille ; devant elle, sur la table, est un bol profond a 
pied bas ; — le revers est decore de deux rangs d’acanthe ; quelque* feuilles 
sont simplement massees ; h la partie superieure, les caulicolcs se recourbent 
symetriquement vers le centre ; il n'y a pas de lore a la partie inferieure; la 
partie superieure etait couronnee par un listel nu. 

Co chapiteau et les suivanls sont manifestement des cruvres framjaises du 
xii 6 siecle, et, selon toute vraisemblance, de la seconde moitie de ce siecle; le 
style en repond tout a fait a la date assignee a l’eglise par M. de N ogiie. 11 
n’entre pas dans notre competence d'en determiner l’ecole avec plus de preci¬ 
sion ; les anivres languedociennes nous semblent avoir une delicatesse qu on 
ne retrouve pas ici (cf., par exemple, les chapiteaux du musee de loulouse, elu- 
dies par M. Male, Ilevue archeologique, 1892, II, p. 28sq., 176 sq., pi. X\ -XX ; 
comparez au chapiteau que nous venons de decrire celui de Saint-Pons repre- 
sentant le repas cliez Simon le lcpreux, A. Michel, Ilisloire de lari , I, 2, 
p. 630, fig. 349) ; une origine auvergnate nous paraitrait assez vraisemblable. 

On pourra rapprocher de nos chapiteaux ceux de Nazareth, publies par le 
II. P. Prosper Viaud, dans Xazarelh el ses deux eglises de I'Annoncialion et 
de Saint-Joseph, 1910, p. 149-178, fig. 76-90; le petit musee archeologique 
de Notre-Dame de France a Jerusalem en possede du meme type (cf. la Xotice 
du R. P. Germor-Durand, Paris, s. d., maison de la Bonne Presse, p. 29, fig. 
i.iv); sur d’autrcs mines romanes a N'aplouse, cf. le P. Sejourne, Bulletin de 
la sociele des anliguaires de France, 1895, p. 260; Bevue hiblique, IV, 1895, 
p. 619-622; C. Enlnrt, ibid., V, 1896, p. 108-114. 

Mentionne, ainsi que les suivanls, par G. Mendel, Bevue de I’art ancien et moderne, 
XIII, 1909, t. xxvi, p. 205-208; notre n° 795 reproduit fig. 6, p. 205. 

Photographies n°’ 1018, il gauche, 390 ve chapiteau et les trois suivanls sur une mime 
plaque'. 



588 


N° 793 — CHAPITEAU DE COLONNE HISTORIC 


795 (821) Chapiteau de colonne historic. 


Mcme provenance et merae date d'enlrfe que le n“ precedent. 


Marbre bleute a gros grains crislallins ; mutilations profondes au revcrs ou toutc la par- 
tie superieure est informe; sur la face ant£rieurc, manquent la tete, l’avant-bras, le bas 
des jambes du personnage place sous Tangle gauche de l abaque (qui lui-meme est 
cmporte), le coude gauche de Salome (visage et jambe gauche erodes; l’objet qu’elle ticnt 
de la main droite incomplet), le bas des jambes, une partie du tambour et des baguettes 
du personnage place sous Tangle droit (visage inutile) ; la decoration vegetate est executte 
u Taide du trepan; il n’v a de trou de scellement ni sur la face inferieure, ni sur la face 
superieure ; hauteur, 0“ 495; diam&tre, environ O'” 38 (la circonfOrence n’est pas parfaitement 
reguliere). 


La disposition est semblable a celle du chapiteau precedent : les faces latd- 
rales presentent une partie plane, triangulaire a droite, mutilee a gauche ou 
elle semble avoir ete reduite a un bandeau vertical, large de 0 m 09 environ, 
qui regnait sur toute la hauteur. 

Sur la face anterieure, Salome danse au milieu d'un choeur de musiciens; 
elle en occupe le milieu, et sa tete vient se placer sous le bossage tres plat de 
l'abaque ; elle est vetue d’une tunique a longues ma'nches pendantes ; la poi- 

trine est plate, mais les seins sont reve- 
les par la courbe des plis de la drape- 
rie; le corps est de face, la tete tournee 
& gauche, le visage carre, les yeux 
(comme ceux de tous les autres person- 
nages) creus^s d’une petite cavite foree 
au trepan; les cheveux forment sur 
le front deux bandeaux plats, separes 
par une raie, et retombent en boucles 
epaisses sur le bras gauche et derriere 
l’epaule droite ; la main gauche est posee 
sur l’abdomen; la droite, baissee et 
legerement ecartee, tient un objel mutile, sans doute une echarpe; le mouve- 
ment de la danse est sobrement indiqu^ par celui des draperies et par le fle- 
chissement des deux jambes, tournees a droite ; les pieds portent les memos 
chaussures fermees qu’on retrouve chez les autres figures du chapiteau ; — a 
la gauche de Salome, un homme, dont la tete, inclinee en avant et penchee a 
droite, se place sous la volute angulaire de l’abaque, imberbe, avec des che¬ 
veux courts et boucles en « coquilles d’escargot », vetu d’une tunique courte, 
frappe, avec la baguette qu’il tient dans chaque main, le tambour qu’il porte 
suspendu a un ruban qui passe autour du cou; — a la droite de Salome est un 
troisieme personnage, dont la tete a 6te emportee avec l’angle de l’abaque sous 




N° 790 — CHAPITEAU DE CfU.ONM; HISTORIC 


.”89 


lequel elle etait placee ; il est vetu d’une tunique courte a longues manches, 
avec une ceinture roulee en torsade sur la taille ; le bras gauche est plie, le 
coude au corps, l’avant-bras releve, la main tenant de grands crotales ; le bras 
droit parait avoir ete pli£ de merae et tenait sans doute le meme instrument; 
— la quatrieme figure, placee derriere la precedente, sur la face laterale gauche, 
est un jeune homme imberbe : vetu lui aussi d’une tunique courte et serree sur 
les reins, il danse, la jambe 'droite croisee devant la gauche, tout en jouant 
d’une grande flute qu’il tient des deux mains ; les cheveux, qui forment sur le 
front deux bandeaux plats, separes par une raie, sont coupes droit sur la 
nuque; — au revers, l’acanthe, traitee comme au n° precedent, vient mourir 
contre le nu des faces laterales ; — cf. plus haut, p. 586 et 587. 

Photographic n° 1017, u gauche. 


796 (819) Ghapiteau de colonne historic. 


Meme provenance et mime date d’enlrec quo les n“' 791 et 793. 


Marbre blanc a gros grains cristallins, travcrsiS de quelques veines noires : du person- 
nage en buste, manquent la main droite et 1’attribut qu’ellc tenait: li-vres mutilees; 
visage 6rod6 ; du personnage de gauche, il ne rcstc que les jambes : de celui de droite, la 
tetc (erodde), les jambes et une masse confuse correspondent au bras droit et a l’objet 
que tenaient les deux mains; quelques parties du feuillagc sont travaillees au trepan; il u’v 
a de trou de scellement ni sur la face interieure, ni sur la face superieure ; hauteur, 0 m 193 ; 
grand diamitre (la face interieure est 16g4rcment ovale , 0” 38. 


Ce chapiteau est taille a peu pres comme les deux precedents: la moitie 
posterieure du c6te droit et toutle cot6 gauche presentent une surface plane et 
nue, Ires soigneusement dressee ; il n’y a pas de tore sur l’arete inferieure ; — 
sur la face ant^rieure, trois feuilles d'acanthe droites s'appliquent au bas de la 
corbeille, et, dans le haut, des rameaux d'acanthe se rejoignent sous les angles 
saillants de l’abaque et decorent le bossage place en son milieu ; au centre de 
la composition, est place un buste d’homme, saint, eveque ou donateur (la 
tete n’est pas nimbee), drape dans le manteau, tenant de la main droite un 
attribut mutile, et, de la gauche, serrant contre sa poitrine un livre a fermoir 
rabattu sur le plat de la reliure ; le visage est carre et imberbe, les yeux 
creuses d’une petite cavite circulaire, les oreilles presque de face, les cheveux 
plats, separes par une raie et detaillcs par des sillons reguliers ; — a sa droite, 
un personnage drapd semble agenouille sur le genou droit (on notera toute- 
fois que ce genou ne repose sur rien); le pied droit, seul visible, est chausse 
d’une bottine ferm6e; — a sa gauche, un homme debout, vetu de la tunique 
et du manteau, porte devant lui un objet volumineux qu’on ne peut plus 



590 


N° 790 — OHAPITEAU DE COLONNE HISTORIC 


determiner; sa tele, tournee vers le personnage central, parait avoir ete 
encadree d’un collier de barbe courte; le visage est large, carre, l’expression 
bestiale ; les yeux ne sont pas incises ; les cheveux, indiques par des sillons 
qui divergent d'une raie niediane, se terminent sur le front par de petites 
boucles en « coquilles d'escargot » ; — derriere lui, sur la partie travaillee de 




la face laterale droite, qui presente, haut et bas, la meme decoration vege- 
tale que la face anterieure, avec un bossage orne de meme et place a la 
meme distance de Tangle, un lion est accroupi sur son arriere-train ; le corps 
(qui ne porte en realite que sur les grilles) est de profil a gauche, la tete de 

face et baissee, la gueule entr’ouverte ; la cri- 
niere est indiquee par des boucles recourbees 
elles aussi en « coquilles d'escargot » ; la queue 
passe entre les cuisses, remonte sur le flanc et 
se termine par une epaisse touffe de poils a 
droite du bossage ; — le revers est du type corin- 
thien ordinaire et le travail en est peu pousse ; 
le rang inferieur de la corbeille est forme d’une 
unique et large feuille d’acanthe ; le rang supe- 
rieur, de deux feuilles entre lesquelles se dresse 
une capsule de pavot; au dessus, une zone hori- 
zontale, comprise entre deux listels, est ornee de trois petits cartouches contigus, 
celui du milieu en forme de losange avec medaillon circulaire inscrit, les deux 
autres en forme de double hache; au dessus encore, un rang d’oves, de type 
antique, mais en relief meplat; Tabaque est concave et la tranche, divisee par 
un sillon horizontal, porte en son milieu un gros bossage sans decoration ; — 
cf. plus haut, p. 586 et 587. 

Photographies n°’ 1018, & droite (face), 1020 (face laterale droite : le lion), 1019, 4 gauche 
(revers). 





N" *97 — CHAPITKAL DE IMLA8TRE HISTORIC 


501 


797 (820) Chapiteau de pilastre historic. 


Mime provenance et memo date d'cnlrcc que les n" 791-796. 


Calcaire jaunllre ; les deux faces contigues non decorees sont simplemenl epannelees; 
les deux aulres presenlcnl, pres de l'arlltc qui leur est commune avec les premie-res, une 
zone frusle, ctroite ct irreguliirc, qui se termine sur la face a ; 4 0“ 07 environ, sur la face/) 

4 0"'15 environ du bord infdrieur du chapiteau ; — face a : manquent la jambe et le bras 
droits, le bas de la jambe gauche du demon (visage tris erode et, en partie, rabattu), le 
visage, les bras, le bas des jambes de 1' « executeur » (Erosions sur le cr4ne), l'avant-bras 
droit, l’epaule et la jambe gauches du saint dont le visage, l'avant-bras. la cuisse et le pied 
gauches, la jambe et le pied droits sont profondement erodes ou nnitiles ; face b : visages 
informes ; nombreuses erosions superficielles ; manque la plus grande partie des ailes de 
l’ange ; hauteur, 0“ 49; largeur en bas, sur la face a), 0“ 115 ; sur la face b), 0”315. 


Chapiteau rectangulaire ; a la partie inferieure, petite plinthe laillee en 
biseau, sur laquelle sont places les personnages; sur la face a), l’arete supe- 
rieure pr^sente un pan coupe, reste fruste; on notera que le nimbe du saint, 
sur les deux faces, est pose de part et 
d’autre de Tangle saillant du chapiteau, de 
maniere a profiler une sorte de volute 
d’angle ; — face a): un personnage barbu, 
vetu d’une longue tunique serr6e sur les 
reins, s’avance d’un mouvement rapide 
vers la droite, tenant de la main droite, 
relevee et rejet6e en arriere, une £pee dont 
il va frapper un saint qu’il a saisi de 
i’autre main par les cheveux ; le fourreau 
pend sur le cote gauche, attache a un large 
baudrier qui passe sur l’^paule droite; les cheveux, partages sur le front en 
deux bandeaux ondules, laissent voir une grande oreille et retombent sur la 
nuque en une masse qui se releve en volute ; peut-elre portaient-ils une cou- 
ronne annulaire; le saint, tourmS vers son agresseur, llechit sur les jambes, a 
peu pres dans ['attitude d'une personne assise, el tend les brasen avant, comme 
pour se proteger; il est vetu d'une tunique courte; les jambes et les pieds 
sont nus ; la tete est barbue et nimbee; a Textremite gauche, un petit demon, 
nu, barbu et velu, les jambes terminees par des griires de lion, s'avance a 
grands pasderriere le « bourreau », les deux mains appliquees sur le bas de 
son dos, comme s’il le poussait k commettre sou crime ; — face b): un ange, 
tenant le saint entre ses brastendus, s'avance vers la gauche, le corps incline 
en avant, le pied gauche en arriere et lie portant que de la pointe, comme s’d 
aiiait prendre son vol; il est vetu d'une tunique et d un manteau, drape de 
maniere k couvrir les bras el le dos comme un chale et les jambes comme un 




:;92 X° 798 — PYXIS DE TRAVAIL TURC 

tablier ; de grandes ailes, recourbees legerement 4 leur extremite, s’abaissent 
derriere son dos; la tete est nimbee; les cheveux courts sont boucles en 

« coquilles d’escargot », et l’une de ces boucles 
s’enroule en volute derriere l’oreille comme chez 
le « bourreau >» de l’autre face; il tient, sur l’avant- 
bras gauche, une large draperie bordee d'une 
frange et d’un galon orne de petits cercles en 
relief; cette draperie se deploie jusqu’a terre et 
traine sur le sol, cachant pudiquement le corps 
du saint dont on ne voit ainsi que le buste nu 
et de face, les bras avec les mains ouvertessur 
la poitrine, la paume en avant, en un geste de 
surprise et d’adoration, et la tele, nimbee et tour¬ 
nee legerement vers Tange; les cheveux sont 
detailles par des sillons qui divergent d’une raie mediane; on aperpoit au 
dessous de Toreille la meme boucle en volute que nous avons deja signalee 
plus haut. 

Photographies n°* 1017, a droile (face a), 1019, a droite (face b). 



798 (923) Pyxis en marbre d'ancien travail turc (?). 


Provenance et date d’entree inconnues. 


Marbre blanc, veine de noir; la pyxis est brisee en trois fragments qui se rajustent exac- 
tement; hauteur totale, environ 0"'19 ; sans le couvercle, 0"135; diametre de I’orifice, 
0“ 215 4 0“ 22. 


Pyxis circulaire, portee sur un pied 
annulaire tres bas; le profil en est 
presque droit, avec un tres leger eva- 
sement vers la partie inferieure de la 
panse; panse et couvercle sont entie- 
rement revetus d’ornements sculptes ; 
la panse est couverte d’une large zone 
decorative : quatre medaillons circu- 
laires, symetriquement places aux ex- 
tremites de deux diametres perpendi- 
culaires et remplis d’une rosette a huit petales, sont separes Tun de l’autre par 
un panneau decore de motifs geometriques et vegetaux — rhomboides, feuilles 




N° 798 — PYXIS DE THAYAII. TL'RC 


•"93 


de lierre, feuillcs incurvees sans pedoncule — slvlises dans le gout oriental; 
entre cette zone et le pied de la pyxis, un rang de grosses cotes ; entre elle et 
le bord, une zone de pelits motifs en forme de 8, places verticalement ; — le 
couvercle est orne, a la peripherie, d’un rang de petites feuilles sans pedoncule, 
juxtaposees, la poinle tournee vers le dehors et d une saillie assez forte ; en 
de?a, d'un rang de grosses cotes semblables a celles de la panse ; au sonimel, 
est sculptee une sorte de couronne saillanle (diametre, 0 m 125';, de section rec- 
tiligne et a surface striee, qui sert de prise ; le cercle interieur en est occupe 
par une rosette ou sept petales arrondis alternent avec sept feuilles tres elroites, 
qui se prolongent jusqu’a la couronne ; l’espace vide entre l’extremite des 
petales arrondis et la circonference interieure de la couronne est occupe 
chaque fois par un croissant dont la concavite est tournee vers le dehors ; — 
travail turc, du xvi n ou du xvn c siecle (?). 


Photographic n" 1725. 




TABLE DES MATIERES 


Pages 

Avertissemenl . vii 

Salle VII. « 

Falier des petits marbres. 74 

Salle XX. I'b 

Salle XXI . -14 

Salle XXII. d<is 

Salle XXIII. 


MACON, PHOTAT VRKRKS, IMPItl.MM I\>.